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L'Afrique centrale française

Chapter 107: DIPTÈRES
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About This Book

The narrative describes a scientific expedition into central Africa that combines botanical and zoological collecting, geographic observation, and ethnographic notes alongside contemporary military and administrative operations. The leader records long, difficult routes through diverse landscapes, inventories plant and forest products, documents local societies and material culture, and reflects on logistical challenges of travel and scientific work. The text interweaves field journals, specimen lists, and practical reflections, and includes appended technical reports by specialists on flora, fauna, and other natural-history findings.

[540]On a découvert des objets polis en rhyolite un peu au sud du lac Fittri, mais beaucoup plus rares que ceux confectionnés avec d’autres roches et surtout des porphyrites qui affleurent dans cette région.

[541]G. Bruel, La Région civile du Haut-Chari (La Géographie, t. V, 1902).

L. Lacoin, Observations sur la géologie du pays de l’Oubangui au Tchad (Bulletin de la Société géologique de France, 4e série, t. III, 1905).

Documents scientifiques de la Mission Saharienne, 1905.

[542]Par suite de la hauteur des eaux il est évident que certaines roches ont dû échapper aux investigations.

[543]Se reporter à la partie pétrographique, le premier chiffre indique le numéro de l’échantillon, le second la page.

[544]Par suite de la hauteur des eaux il est évident que certaines roches ont dû échapper aux investigations.

[545]Voir Comptes rendus de l’Académie des sciences, 30 janvier 1905, t. CXL.

[546]Résultats minéralogiques et géologiques de récentes explorations dans l’Afrique occidentale française et dans la région du Tchad, par A. Lacroix, membre de l’Institut, professeur au Museum, 1905, Revue Coloniale.

[547]Documents scientifiques de la Mission saharienne, 1905.

[548]Bulletin de la Société chimique de Paris, 3e série, t. XXXIII, p. 310 ; 1905.

[549]Il est vraisemblable que tous les terrains de la plaine du Tchad contiennent des diatomées.

[550]Ce caractère étant général ne sera pas reproduit dans les descriptions suivantes.

[551]Ce minéral était autrefois considéré comme très rare, mais l’étude en plaques minces au microscope a démontré qu’il était assez commun dans certains granites. M. Gentil l’a également signalé dans les granites de l’Anahef, dont la mission Foureau a rapporté des échantillons.


DIATOMÉES

Récoltées par la mission CHEVALIER, au Chari-Tchad,

DÉTERMINÉES PAR

Paul PETIT

DIATOMÉES


Quatre échantillons ont été soumis à mon examen, au point de vue de la recherche des Diatomées :

1o Trois fragments d’un calcaire provenant du puits d’Ardèbe ;

2o Deux fragments d’une marne du puits d’Ardèbe ;

3o Trois fragments d’un tuf calcaire de Mondo, no 402 ;

4o Deux fragments d’un dépôt ou Tripoli de Mondo, no 408.

Après lavages avec les acides et décantages selon les procédés employés ordinairement, les nos 1, 3 et 4 m’ont fourni des diatomées qui appartiennent toutes aux Eaux douces et plus spécialement aux Eaux courantes. Ce sont, à part quelques espèces, des Diatomées vulgaires qui se rencontrent dans les cours d’eau douce du monde entier. Les espèces rares sont les suivantes : Cymbella americana ; Navicula obtusa, var. : lata ; un autre Navicula figuré sans nom dans l’Atlas d’Ad. Schmidt ; le Surirella arcta, figuré dans le même atlas, sans diagnose ; et enfin le Stephanodiscus Astræa.

L’abondance de certaines espèces contraste avec la rareté d’autres. C’est ainsi que le Surirella arcta A. S. forme le fond des diatomées du Tuf calcaire de Mondo et que le Navicula oblonga avec les Epithemia forment le fond des diatomées du no 2 du puits d’Ardèbe.

Le Calcaire du Puits d’Ardèbe a présenté un fait assez curieux. Ayant lavé un des trois fragments, dans lequel je n’avais rencontré qu’une très petite quantité de valves de diatomées, brisées pour la plupart, comme cela arrive souvent dans les dépôts fossiles ; je fis le lavage d’un deuxième fragment. J’obtins une assez grande quantité de diatomées renfermant des espèces qui n’existaient pas dans le premier, et manquant, d’autres qui se trouvaient dans le premier. Il est évident que les fragments provenaient de roches appartenant à des couches distinctes, comme le démontre la liste que j’ai établie.

Quant à la marne du puits d’Ardèbe, elle ne renferme qu’un Cyclotella Kützingiana et ce n’est qu’après de longues recherches qu’on peut arriver à en découvrir une valve. On m’a fait observer, avec une préparation de matériaux, non lavés à l’acide, mise à l’appui, qu’il y avait des diatomées dans cette marne. Dans la dite préparation, examinée méthodiquement sans laisser un point inexploré, je n’ai trouvé qu’une seule valve de Cyclotella et un article de Gallionella. J’ai donc lavé toute la marne que je possédais, espérant avoir un résultat. La masse s’effrite complètement dans l’acide nitrique et laisse un dépôt de sable brun très abondant, qui fut lavé à l’acide sulfurique et chlorate de potasse. Le dépôt a été bien lavé et les eaux de lavage décantées avec précaution et réunies. Monté au baume et à sec le dépôt ne m’a fourni que quelques valves très rares des Diatomées indiquées ci-dessus. Il est certain que ces diatomées ont dû être apportées par le vent, en même temps que le sable et qu’elles ne forment pas un dépôt fossile.

I. — CALCAIRE PROVENANT DU PUITS D’ARDÈBE
ÉCHANTILLONS No
1 ET No 2

No 1 No 2
Gomphonema intricatum K. CC. + +
 —  subclavatum Grun. A. S. atlas, t. CCXXXVII, f. 36. CCC. + +
Les Gomphonema sont très abondants.
Amphora libyca Ehr. R. + +
Cocconema cymbiforme Ehr. C. + +
 —  lanceolatum Ehr. C. + +
Cymbella Cucumis (A. S., t. IX, fig. 21-22) Clève Nav. Diat., I, p. 165 + »
Encyonema gracile Rabenh. + »
 —  prostratum K. » +
 —  ventricosum (Ag.) Grun. + +
Epithemia ocellata K. C. + »
 —  turgida K. C. + +
 —  gibberula K. AR. + +
 —  Zebra K. R. + »
 —  Sorex K. R. » +
Rhopalodia gibba (K.) O. Müll. CC. + +
 —   —  var. : parallela Grun. AR. + +
 —   —  var. : tumida Schaar. R. » +
Navicula oblonga K. Très abondant CCC. » +
 —  limosa K. AR. + +
 —  viridis (Ehr.) K. var. : A. S. atlas, t. XLII, f. 22. RR. » +
 —  radiosa K. C. » +
 —  obtusa Ehr. var. : lata Rattr. (North Tolsta, p. 422, pl. XXIX, f. 1, 2) RR. + +
 —  æquatorialis (A. S. atlas, t. L, f. 48, sans nom et sans diagnose). Valves linéaires-elliptiques à extrémités cunéiformes arrondies ; long. 76 μ, largeur 24 μ ; area longitudinale étroite, légèrement dilatée au centre ; stries très fines, non ponctuées, 11 dans 10 μ, perpendiculaires à l’axe vers le centre et faiblement rayonnantes aux extrémités.
Je n’ai vu qu’une seule valve de cette espèce, qui n’a encore été trouvée que dans l’Orégon. » +
Mastogloïa Grevillei W. Sm. AR. + +
Surirella bifrons Ehr. + +
Cymatopleura Solea W. Sm. R. » +
Synedra Ulna (Nitzs) Ehr. C. + +
Odontidium Tabellaria W. Sm. AR. + +
Eunotia gibbosa V. H. Syn., pl. XXXV, f. 13. Long. 48 μ. R. + »
Stephanodiscus Astræa Ehr. var. : minutulus Grun. R. + +
Cyclotella Meneghiniana K. C. + +
 —  Kützingiana Thw. + +
Gallionella granulata Ehr. CC. + +
 —  distans Ehr. CC. + +
 —  crenulata Ehr. R. » +

II. — TUF CALCAIRE DE MONDO, No 402

Gomphonema intricatum Kg. CC.
Cocconema cymbiforme (Kg.) Ehr. C.
 —  lanceolatum Ehr. C.
 —  parvum W. Sm. AR.
Cymbella heteropleura Ehr. (A. S. atlas, t. IX, f. 51) R.
 —  Cucumis A. S. (ut suprà) long. 91 μ, larg. 24 AR.
 —  americana A. S. atlas, t. IX, f. 15 et 20, var. : acuta. Diagnose dans Clève Nav. Diat., I, p. 164.
 —  delecta A. S. atlas, t. IX, f. 17 et t. LXXI, f. 80. Diagnose dans Clève, l.c.
Epithemia Argus (Ehr.) K. AR.
 —  Sorex K. R.
 —  ocellata Ehr. AR.
Rhopalodia gibba (K.) O. Müll. C.
Encyonema turgidum Grun. C.
 —  prostratum (Berk) Ralfs. C.
 —  gracile Raben R.
Amphora libyca Ehr. R.
Navicula sphærophora K. R.
 —  rynchocephala K. var. : amphiceros (K.) Grun. R.
 —  viridis Nitzs. var. : commutata Grun. AC.
 —  rupestris Hantz. AR.
Stauroneis anceps Ehr. R.
Mastogloia Grevillei W. Sm. R.
Surirella arcta A. S. atlas, t. XXIII, f. 23 (sans diagnose). Valves longuement linéaires à extrémités cunéiformes et à partie centrale fortement contractée ; longueur 160 à 204 μ, plus grande largeur 35 μ 20 à 36 μ 80 ; axe longitudinal formé par une ligne ; côtes robustes, 1 1/4 dans 10 μ, atteignant l’axe longitudinal, perpendiculaires vers le centre et rayonnées vers les extrémités CCC.
Cette espèce, qui malheureusement est sous forme de fragments dans le tuf de Mondo, ne se rencontre entière que rarement dans les préparations, dont elle forme le fond. Elle est très abondante. Jusqu’ici cette espèce n’a été rencontrée que dans Demerara river et figurée par le Révérend Ad. Schmidt dans son Atlas der Diatomaceenkunde.
Cymatopleura elliptica W. Sm. et ses variétés C.
 —  Solea W. Sm. AC.
Nitzschia amphioxys W. Sm. variété : vivax AR.
 —  stagnorum Raben R.
Synedra Ulna (Nitzs.) Ehr. CC.
Stephanodiscus Astræa Ehr. var. : minutulus. Grun. R.
Cyclotella Kützingiana Thw. R.
Gallionella granulata Ehr. AC.
 —  distans Ehr. AC.

III. — TRIPOLI DE MONDO, No 408

Amphora libyca Ehr. AR.
Encyonema turgidum (Greg) AC.
Rhopalodia gibba (K.) O. Müll, variété : tumida Schaar. R.
Navicula anglica Ralfs. RR.
Odontidium Harrissonii W. Sm. R. variété minus Roper.
Cyclotella Meneghiniana K. CCC.
 —  operculata Hantz. AC. Abondants, formant le fond de la préparation.
 —  Kützingiana Thw. CC.
Gallionella distans Ehr. CC.
 —  granulata Ehr. CC.

IV. — VASE DU LAC TCHAD RÉCOLTÉE A KOUKIA

La vase du Lac offre l’aspect de la tourbe desséchée, elle ne fait pas effervescence sous l’action des acides forts, elle ne contient donc pas de carbonates calcaires. Après lavages par les procédés ordinaires, on obtient un dépôt renfermant une grande quantité de sable brun, qu’il faut éliminer pour avoir les diatomées, ce qui nécessite des lavages et des décantages longs et délicats.

Par suite d’une cause inexplicable et rare même dans les dépôts fossiles, la plus grande quantité des valves se trouve réduite à l’état de fragments, ce qui nécessite un grand nombre de préparations pour pouvoir trouver un échantillon complet et encore, sur 15 préparations, il n’a pas été possible de rencontrer une Surirella robusta entière.

Le dépôt est assez riche en Surirellées et en Naviculées ; il renferme deux espèces très rares : Navicula americana Ehr. et Navicula Perrotetii Grun. ; cette dernière a été découverte au Sénégal, et en outre une variété nouvelle très abondante de la Surirella Kittonii A. S.

Espèces rencontrées dans la vase.

  • Cocconeis Pediculus Ehr.
  • Gomphonema acuminatum Ehr. variété Turris.
  •  —  capitatum Ehr.
  •  —  gracile Ehr. variété minor Grun.
  •  —  Turris Ehr.
  • Cymbella bengalensis Grun.
  • Cocconema cymbiforme Rabh.
  • Amphora ovalis Kg.
  • Epithemia Sorex Kg.
  • Rhopalodia gibba O. Müll.
  •  —  parallela O. Müll.
  • Navicula americana Ehr. (Très rare).
  •  —  Cardinalis Ehr.
  •  —  cuspidata Kg.
  •  —  elegans W. Sm.
  •  —  elliptica Kg.
  •  —  macilenta Ehr.
  •  —  major Kg.
  •  —  Perrotetii Grun.
  •  —  viridis (Nitz.) Kg.
  • Stauroneis acuta W. Sm.
  •  —  Phœnicenteron (Nitz.) Ehr.
  • Surirella arcta A. S.
  •  —  bifrons Ehr. variété : tumida O. Müll.
  •  —  Kittoni A. S. var. nov. elliptica.
  •  —  robusta Ehr.
  •  —  tenera Greg.
  •  —   —  variété nervosa A. S.
  • Cymatopleura elliptica (de Bréb) W. Sm.
  •  —  Solea (de Bréb) W. Sm.
  • Eunotia Arcus Ehr.
  •  —  gibbosa V. Hk.
  • Himantidium pectinale Kg.
  • Stephanodiscus Astræa (Ehr) Kg.
  • Cyclotella Meneghiniana Kg.
  •  —  operculata (Ag.) Kg.
  • Gallionella crenulata Ehr.
  •  —  distans Ehr.
  •  —  granulata Ehr.
  •  —  lyrata Ehr. Variété tenuior. Grun.
  •  —  varians Ehr.

NOTE
SUR LES
COLLECTIONS D’INSECTES

rapportées par la Mission CHARI-TCHAD


ARACHNIDES, MYRIAPODES ET CRUSTACÉS

PAR

M. BOUVIER
Professeur au Muséum d’Histoire naturelle.

ARACHNIDES ET MYRIAPODES

Très nombreux sont les matériaux recueillis dans ces deux groupes, mais aucun spécialiste n’a pu encore les étudier. D’un examen sommaire de ces matériaux, on peut conclure toutefois que certaines espèces à très large distribution se trouvent constamment représentées jusqu’au centre de l’Afrique. Dans la classe des Arachnides, c’est le cas des grands Scorpions noirs, Pandinus imperator C. L. Koch et Pandinus dictator Pocock ; dans le groupe des Myriapodes de la Scolopendre géante, Scolopendra subspinipes Leach et d’une espèce plus petite, la S. morsitans L. qui remonte jusqu’en Algérie.

CRUSTACÉS

Tous les Crustacés recueillis par la mission appartiennent naturellement à la faune des eaux douces. Ils ne sont pas très nombreux en espèces, mais présentent presque tous un fort grand intérêt.

Parmi les Crevettes d’eau douce, il convient de citer deux espèces : d’abord un Palémon d’une grande taille, le Palemon macrobrachion Heiklots qui paraît identique à une espèce américaine, le P. acanthurus Wiegm., qu’on avait signalé en divers points de l’Afrique occidentale et qui fut capturé par M. Decorse à Brazzaville. En second lieu une petite espèce de la tribu des Stynier, la Caridina togoensis var. Decorsei Bouvier. Cette forme nouvelle a été découverte au cours de la mission et paraît très commune dans l’Afrique centrale et occidentale, où elle représente, peut-être à elle seule, le genre Caridina. M. Decorse l’a prise à Krebédjé, à Fort-Archambault, au Bangoran, mais on la trouve bien en dehors de ces régions centrales ; M. Chevalier vient d’en recevoir des exemplaires recueillis au Fouta-Djalon, et le Muséum du capitaine Cotte de la mission Sud-Kameroun.

Les Crabes d’eau douce ne manquent pas dans les régions tropicales, où ils sont d’ordinaire assez étroitement localisés. Parmi ceux capturés au cours de la mission, il convient de citer le Potamonautes Aubryi Edw. trouvé à Bessou, mais déjà connu dans l’Afrique occidentale. Un jeune voisin du P. Sidneyi Rathbun connu seulement dans l’Inde, et trois beaux spécimens qui tiennent à la fois du P. Johnstoni Miers et du P. perlatus Edw. Il est bon d’observer que ces exemplaires proviennent du Chari, tandis que le P. Johnstoni se trouve au Kilimandjaro et le P. perlatus dans l’Afrique méridionale.


COLÉOPTÈRES

PAR

M. Pierre LESNE
Assistant au Muséum d’Histoire naturelle.

Les collections de Coléoptères recueillies au cours de la mission Chari-Tchad sont fort riches et permettront d’entreprendre une étude approfondie de la faune des vastes régions explorées par MM. A. Chevalier et le Dr J. Decorse. La détermination de ces importants matériaux est seulement commencée, mais on peut noter dès maintenant quelques remarques qui se dégagent de leur examen sommaire.

Le caractère le plus frappant de la faune du Chari moyen et inférieur et de la région du Tchad réside dans sa grande analogie avec celle du Sénégal et du Soudan occidental. Il est assurément remarquable de retrouver communément aux environs de Fort-Archambault les espèces qui comptent aussi parmi les plus fréquentes à Saint-Louis-du-Sénégal. Tels sont les :

  • Tetragonoderus quadrum Ol. (Carabides).
  • Sternocera interrupta Ol. (Bupestides).
  • Sinoxylon senegalense Karsch (Bostrychides).
  • Thalpophila abbreviata Fabr. (Ténébrionides).
  • Entomoscelis cincta Ol. (Chrysomélides).
  • Hoplostomus fuliginosus Ol. (Cétonines).
  • Etc.

Les espèces suivantes, qui ont été recueillies en divers points du bassin moyen et inférieur du Chari, sont également sénégalaises :

  • Cicindela Dumolini Dej. (Cicindélides).
  • Luperca Goryi Guér. (Carabides).
  • Harpalus ephippium Dej. (Carabides).
  • Bradybænus scalaris Ol. (Carabides).
  • Sternocera castanea Ol. (Buprestides).
  • Bostrychopsis Reichei Mars. (Bostrychides).
  • Epicanta flavicornis Dej. (Méloïdes).
  • Rhyxiphlæa corticina Ol. (Cétonines).
  • Etc.

D’une façon générale, les affinités avec la faune du Sénégal sont particulièrement marquées dans la région même du Tchad. Plus au sud, sur le Chari inférieur et moyen apparaissent des formes paraissant propres à l’Afrique centrale, tels le Sternocera Colmanti Kerremans (Bupestides) déjà connu du Bahr-el-Ghazal, le Thalpophila reticulata Fairmaire (Ténébrionide) primitivement décrit du pays de Nyams-Nyams, un Onitis géant, apparenté à l’On. Castelnani Harold, de l’Afrique australe, etc. C’est ce mélange de formes centre-africaines avec des espèces sénégalaises en nombre prédominant qui imprime un cachet spécial à la faune des régions riveraines du Chari. Mais si l’on s’écarte du fleuve, pour pénétrer dans les pays Saras qui s’étendent à l’O. de Fort-Archambault on constate la présence dans ces contrées de types tout particuliers révélant la proximité d’un centre faunistique distinct. De remarquables espèces qui paraissent être inédites et qui appartiennent aux genres Myrmecoptera parmi les cicindélides, Anthia, Graphipterus, Pheropsophus parmi les Carabiques caractérisent notamment cette faune dar-sarienne dont on doit la découverte à M. le Dr J. Decorse.

Parmi les captures intéressantes faites par le même naturaliste il faut citer celle d’un petit carabique, le Somotrichus elevatus Fabr. dont le pays d’origine était resté jusqu’ici inconnu. L’insecte se rencontre de temps à autre dans les ports de commerce et paraît vivre à demeure dans les cales de certains navires. Sa découverte aux environs de Fort-Archambault permet d’affirmer qu’il est d’origine africaine.

Les récoltes faites sur le cours de la rivière Gribingui ont été moins fructueuses que celles effectuées dans les régions dont nous venons de parler ; mais plus au sud, au-delà de la ligne de partage des eaux entre le Chari et le Congo, sur la Kémo et ses affluents, la mission a rencontré en abondance les Cétoines du genre Gnathocera et une foule d’autres formes à affinités guinéennes prononcées, faisant pressentir la proximité de la faune gabonaise proprement dite. Il est à noter d’ailleurs que dans toute l’étendue des régions explorées dans le bassin du Chari ont été rencontrées les formes à aire de dispersion très étendues en Afrique comme les Opilo gigas Cost., Tenebrio guineensis Hid., Xystrocera nigrita Serv., etc.

En résumé, les points que met en évidence un examen rapide de l’ensemble des Coléoptères de la mission Chari-Tchad sont :

1o L’existence d’une ligne de démarcation importante au point de vue faunistique dans la région de la rivière Gribingui. Au nord de cette région les espèces sont en grande majorité soudanaises ; au sud, elles se rattachent à la faune congolaise ou à la faune guinéenne.

2o La présence, dans le bassin du Chari, de formes qui paraissent être propres à l’Afrique centrale.

3o L’existence d’une faune très spéciale, à affinités soudanaises, dans les pays Saras s’étendant à l’Ouest de Fort-Archambault.


HYMÉNOPTÈRES, ORTHOPTÈRES ET NÉVROPTÈRES

PAR

M. R. DU BUYSSON

HYMÉNOPTÈRES

Les Hyménoptères récoltés par M. A. Chevalier pendant ses voyages dans l’Afrique centrale et occidentale sont peu nombreux, mais leur diversité permet de déduire quelques renseignements sur la faune des pays où ils ont été trouvés.

Comme on le sait, les Hyménoptères vivent en général de matières sucrées provenant des nectaires des fleurs ou des miellées produites soit par les Pucerons et les Coccides, soit par les stigmates des feuilles des plantes sous l’influence de certaines conditions climatériques. Une des plus grandes familles, celle des Mellifères, a la spécialité de recueillir le miel et le pollen. Aussi les insectes appartenant à cette famille peuvent être comptés parmi les principaux facteurs de la fécondation des plantes. Leur présence est donc d’un intérêt capital pour le colon. Une région riche en fleurs nourrit toujours beaucoup d’Hyménoptères mellifères et inversement : l’abondance des unes permet de calculer le nombre des autres. Parmi les Mellifères, on peut signaler l’Abeille mellifique qui se rencontre, à l’heure actuelle, dans toutes les parties du monde, soit comme patrie normale, soit qu’elle ait été importée par l’homme. En Casamance, comme dans la région parcourue par la mission Chari-Tchad, M. A. Chevalier a rencontré la variété fasciata Latr. de l’Abeille domestique. C’est un nouveau point à enregistrer dans la dispersion de ce précieux animal sur le continent africain. En effet l’Apis mellifica L. var. fasciata Latr. habite l’Égypte : Le Caire, Ramlé, Suez, les environs de Kartoum, Obock. On l’a rapportée de Dakar, de la Guinée : Bissao, de Libéria : Monrovia, de la Sierra-Leone, du Haut-Niger et du Bénoué, du Congo, de la Cafrerie, du pays des Basoutos et E. Foa l’a retrouvée dans la vallée du Haut-Zambèze. Dans bien des endroits, cette abeille est plus ou moins cultivée par l’indigène, mais elle vit à l’état sauvage dans beaucoup d’autres. C’est une ressource qui attend qu’elle soit mise en valeur, modeste sans doute mais qui n’en existe pas moins.

D’autres Hyménoptères sont chasseurs de grillons, de criquets, de chenilles, de papillons et d’autres insectes nuisibles à l’agriculture. D’un coup d’aiguillon, ils paralysent leur proie et l’emmagasinent pour nourrir leur progéniture. A cette catégorie appartiennent les Eumenes tinctor Christ et caffra Olivier qui approvisionnent leurs nids de terre gâchée avec des chenilles. M. Chevalier a reconnu leur présence dans plusieurs localités du Baol oriental, de Thiès à N’djourbel. Ils ont comme ennemi un autre Hyménoptère, aux couleurs étincelantes, la Chrysis stilboides Spin. qui dépose ses œufs dans leurs cellules. La larve de la Chrysis dévore celles des Eumènes. Cette Chrysis se rencontre partout où vivent les gros Eumènes. Elle est signalée d’Égypte, d’Abyssinie, de Saint-Louis du Sénégal, de la Casamance, de la Sénégambie, du Congo français, des environs du Tanganyika, du Zambèze et du Zanzibar. Les récoltes de M. A. Chevalier viennent ajouter de nouvelles localités d’habitat à celles déjà connues et nous prouver une fois de plus que certaines espèces d’insectes ont une aire de dispersion bien plus étendue qu’on ne le suppose. M. Chevalier a rapporté vingt-huit espèces de Fourmis qui, si elles sont de peu d’intérêt pour le colon, nous serviront de jalons pour la géographie zoologique.

Je dois indiquer aussi quelques Guêpes : Belonogaster junceus Oliv. et Polistes marginalis F. Elles peuvent être considérées comme des animaux utiles. En effet, elles vivent en sociétés parfois nombreuses et elles nourrissent leurs larves avec de petits lépidoptères, de petites chenilles et autres menus insectes nuisibles aux plantes et aux fruits.

Enfin pour terminer l’étude des Hyménoptères recueillis par M. A. Chevalier, je parlerai d’un Ichneumon, fort beau par son coloris, le Cryptus vittatus Tosq., mais qui malheureusement a des mœurs fort préjudiciables pour les chenilles dont on a cherché à utiliser la soie dans l’Afrique occidentale, la Faidherbia Bauhiniæ Guérin et les Anaphe qui vivent des feuilles du Tamarinier.

ORTHOPTÈRES

Il y a peu de chose à signaler dans ce groupe, d’abord parce qu’ils sont en trop petit nombre, ensuite parce qu’on ne connaît pas assez leurs habitudes. Nous devons dix-neuf Acridiens à M. Chevalier, appartenant tous aux petites espèces non migratrices, qui vivent sédentaires dans les herbages et dont les dégâts n’ont pas encore été signalés, sans doute parce qu’ils sont insignifiants. En effet, les Acridiens se nourrissent de plantes et ils ne deviennent nuisibles que par leur nombre. Il en est de même des deux Gryllides rapportés par M. Chevalier. Ces animaux peuvent être malfaisants dans les habitations, mais on ne connaît pas leur manière de vivre. D’autres Orthoptères, les Mantides, sont carnassiers ; ils se nourrissent de proies vivantes qu’ils saisissent avec habileté et maintiennent avec les pattes antérieures puissamment armées à cet effet. M. A. Chevalier en a recueilli quatre espèces, des Harpax, dont l’aire de dispersion est encore fort mal connue.

Il n’en est pas de même des Blattides ; car, en outre des petites Phyllodromies sans beaucoup d’intérêt au point de vue agricole, M. Chevalier a rencontré, dans plusieurs localités du Soudan et du Baol oriental, de Thiès à N’djourbel, la grande Blatte qui porte le nom de Rhyparobia maderæ F. Ce gros insecte est connu de Madère, de Ténériffe, des Comores, du Sénégal, de la Guinée, du Congo, de Madagascar et même de la Guadeloupe. Partout où il a été signalé, on a reconnu ses méfaits. Sa voracité et sa fécondité le font redouter des colons et des voyageurs.

NÉVROPTÈRES CORRODANTS

Parmi les Névroptères, on classe dans un sous-ordre les Termites, qui pratiquent la vie en société. Leur existence n’est pas encore connue dans le détail, mais tous les voyageurs savent que beaucoup construisent avec de la terre et des débris végétaux des dômes de forme variable suivant les espèces. Leurs téguments délicats les forcent à ne sortir que la nuit, car les ardeurs du soleil les feraient mourir promptement et leurs ennemis, les oiseaux en particulier, les auraient vite détruits. Les uns s’établissent sous le sol, les autres dans les bois morts et même dans le tronc des arbres. Ils se façonnent des galeries couvertes pour pouvoir impunément monter sur les arbres à la recherche de leur nourriture. Dans les branchages, ils construisent des nids de refuge où ils peuvent s’abriter le jour et attendre ainsi la complète exploitation du feuillage dont ils font usage.

La Mission Chari-Tchad a récolté un certain nombre d’espèces parmi lesquelles se trouvent les Termes natalensis Hav., bellicosus Smeath, et l’Eutermes fungifaber Sjœstedt.


DIPTÈRES

PAR

M. SURCOUF

Parmi les diptères piqueurs qui ont été recueillis par MM. le Dr Decorse et Chevalier dans la mission Chari-Tchad, il y a lieu de mentionner les espèces suivantes :

1o Un Tabanus latifer Macquart.

Ce taon est étroitement allié au T. africanus Gray du S. et du S.-E. de l’Afrique, qui n’en diffère que par une fascie noirâtre à l’extrémité des ailes hyalines. Son aire comprend la boucle du Niger et les bords du Bénoué, affluent de droite.

2o Tabanus Chevalieri nov. sp. Surcouf, provenant du Fouta Djalon.

Cette espèce appartient au même groupe que T. gratus et T. rujens de Cep. Ces trois espèces sont de petite taille et rares dans les collections.

3o Un grand nombre de Tabanus ditæniatus Moquart répartis sur toute la région comprise entre l’archipel Kouri et le Fort Lamy. On le rencontre d’autre part depuis Gilgil (Afrique orientale anglaise) et l’île Maurice jusqu’à Tombouctou au N. et la Guinée française à l’O. Le Dr Chapuis avait déjà mentionné que sa piqûre faisait périr les chameaux.

4o Tabanus tæniola Pal-Beauv.

Espèce répandue dans toute l’Afrique intertropicale.

5o Tabanus sufis Jænnicke.

Espèce rare dans les collections et dont les quelques exemplaires possédés manifestent une extension considérable : Egypte, Nubie, Congo, Sénégal.

Outre ces Tabanides, la mission a rapporté de nombreux Simulium damnosum Theobald.

Cette simulie appelée : mouche de Jifa dans l’Afrique orientale anglaise, pullule sur la rive droite du Nil et vers le Tanganyika elle s’étend dans l’Uganda et existe beaucoup plus à l’O. sous le nom indigène de fourou.

Elle a été retrouvée au Congo par M. le Dr Brumpt. Sa présence au Fouta-Djalon où elle a été prise par M. Chevalier démontre que le Simulium damnosum est une espèce équatoriale dont l’aire d’habitat comprend toute la largeur de l’Afrique.

La description de Tabanus Chevalieri paraîtra avec plusieurs autres dans le Bulletin du Muséum.


QUESTIONS AGRICOLES & DIVERSES

PAR

Aug. CHEVALIER et H. COURTET

QUESTIONS AGRICOLES ET DIVERSES

Indépendamment de ce qui a été dit dans divers chapitres de la première partie de ce livre au sujet de l’agriculture et des plantes cultivées, nous avons cru devoir réunir ici un certain nombre de questions éparses qui intéressent également l’agriculture des régions parcourues.

LISTE DES PLANTES CULTIVÉES PAR LES PEUPLADES ANTHROPOPHAGES DE L’OUBANGUI

Espèces dont on mange les fruits.

  • Musa paradisiaca (Banane).
  •  —  sapientum (Banane).
  •  —  sinensis (Banane).
  • Carica papaya (Papaye).
  • Ananas sativa (Ananas).
  • Solanum Pierreanum.
  •  —  melongena (Aubergine)
  • Lycopersicum cerasiformis (Tomate cerise).
  • Tomate amère (employée comme condiment).
  • Capsicum frutescens (Piment).
  •  —  anthropophagorum (Piment).
  • Cucurbita maxima (Potiron).
  •  —  moschata (Giraumon).
  • Cucumis citrullus (Pastèque).
  •  —  species (Courge).
  • Hibiscus esculentus (Gombo).
  • Canarium Nsafu (Nsafu).

Espèces dont on mange les graines.

  • Zea maïs (Maïs).
  • Andropogon Sorghum (Sorgho ou gros mil).
  • Penicillaria spicata (Petit mil).
  • Eleusine coracana (Eleusine).
  • Sésamum indicum (Sésame).
  • Hyptis spicigera (Labiée à graine oléagineuse).
  • Vigna Catjang (Haricot).
  • Phaseolus lunatus (Haricot de Lima, petite et grosse variété).
  • Voandzeia subterranea (Pois de terre).
  • Arachis hypogea (Arachide).

Espèces dont on mange les tubercules.

  • Manihot utilissima (Manioc amer).
  •  —  var. dulcis (Manioc doux).
  • Dioscorea anthropophagorum (Igname à tubercules aériens).
  •  —  alata (Igname).
  •  —  sativa (Igname).
  • Ipomœa batatas (Patate douce, plusieurs variétés).
  • Coleus rotundifolius (Ousonifing ou Pomme de terre de Madagascar).
  •  —  dazo (Dazo).
  •  —  langouassiensis (Dazo).
  • Colocasia antiquorum (Colocase).

Espèces dont on mange les feuilles.

  • Hibiscus sabdariffa (Oseille de Guinée).
  • Corchorus olitorius (Jute).
  • Rumex (Oseille).
  • Solanum guineensis.

Pour fumer ou Plantes à parfums.

  • Nicotiana tabacum (Tabac).
  •  —  rustica (Tabac).
  • Canabis sativa (Chanvre).
  • Ocymum viride (Basilic).
  •  —  basilicum (Basilic).

Plantes textiles.

  • Gossypium barbadense (Coton).
  •  —  herbaceum (Coton).

Espèces donnant des matières grasses.

  • Ricinus communis (Ricin).
  • Jatropha curcas (Pignon d’Inde ou Pourguère).

BANANIERS

La banane constitue le fond de la nourriture des peuples de la forêt congolaise. Avant l’introduction du manioc venu en Afrique à la suite de la découverte de l’Amérique, elle devait jouer un rôle plus grand encore.

On cultive plus particulièrement le Musa paradisiaca. Le nombre des variétés est très grand. Chez certaines, les fruits atteignent jusqu’à 30 centimètres de long.

Entre le 4e et le 5e degré de lat. N., chez les Bondjos, les bananiers sont encore très abondants. On les cultive exclusivement autour des villages car ils exigent un sol très riche. Le grand bananier ne donne des fruits que 18 mois après que le rejet a été mis en terre. Dans les bananeraies indigènes on ne trouve des fruits en abondance que dans la saison humide. On les cueille ordinairement bien avant leur complète maturité. En temps de famine les Bondjos vivent aussi des racines de leurs bananiers qui sont ainsi sacrifiés.

D’après les missionnaires que nous avons interrogés, le nombre des variétés qui existent dans les villages de la forêt est presque illimité. Les Bondjos ne savent pas les cultiver séparément, de sorte que dans une seule plantation elles sont ordinairement mélangées.

Entre Bangui et La Kémo prédominent les deux variétés suivantes :

1o Zimbala (mot à mot la dent de l’éléphant, c’est-à-dire la pointe d’ivoire en banda). Tronc s’élevant jusqu’à 3 mètres et 4 mètres. La gaine des feuilles et par suite le tronc sont complètement noirs. Se nomme Benza en balari.

On a vu à Bessou des régimes de cette variété pesant jusqu’à 40 kilogrammes.

2o Ndon. Pieds de 3 à 4 mètres de haut. Tronc d’un vert glauque, pétiole vert profondément canaliculé avec un étroit liseré rose. Limbe des feuilles ordinairement très déchiré. Bananes serrées arquées d’une longueur moyenne de 15 à 20 centimètres. Régimes longs de 1 mètre, très chargés de fruits pesant jusqu’à 30 ou 40 kilogrammes.

Il existe enfin dans divers villages de la forêt (de Brazzaville à Bangui) un Bananier à feuilles et tronc rouges donnant en petite quantité des bananes longues et sucrées.

On cultive aussi à Brazzaville une variété ornementale à feuilles pourpres qui ne produit jamais de fruits.

Les fruits du Musa paradisiaca, nommés encore Bananes cochon, se mangent ordinairement rôtis sur la cendre ou bien les indigènes les préparent en farine. A maturité très avancée la peau de ces bananes noircit, les fruits deviennent blets à la surface et beaucoup d’Européens les préfèrent en cet état comme fruits de dessert aux bananes sucrées.

Ces dernières, qui n’excèdent pas ordinairement 15 centimètres de long, sont produites par le Musa sapientum également cultivé par les indigènes dans tout le Congo, mais en beaucoup moins grande quantité. Les bananes sucrées (les seules connues en Europe) sont surtout recherchées des enfants et consommées sans être cuites.

Cette espèce porte le nom de Toto dans la plupart des langues du Congo, les Banziris l’appellent Benza.

Le bananier nain Musa sinensis (M. Cavendishii) commence à se répandre au Congo même chez les indigènes.

Il paraît qu’il fut introduit en 1878 à Landana au Congo portugais de pied venant du Muséum. L’introducteur était le P. Duparquet. Depuis il a été transporté par les missions dans toutes les directions. La mission de Liranga l’a propagé chez les indigènes du moyen Congo, aussi les peuples du Haut-Oubangui l’appellent le Bananier des Mangala, peuplade chez laquelle il est aujourd’hui abondant.

Il réussit très bien dans les terres fertiles. A la mission de Bessou on a vu des régimes de cette espèce d’un poids considérable. Cependant les missionnaires n’en étendent pas la culture plus que celle des autres variétés. Ils trouvent que les bananiers occupent beaucoup de place et mettent longtemps à produire. Aussi donnent-ils la préférence comme grandes cultures au manioc, au maïs, aux patates et au dazo.

Dans chaque village banda et mandja on trouve encore quelques pieds de Musa paradisiaca et de M. sapientum cultivés, mais leurs fruits tiennent très peu de place dans l’alimentation des indigènes.

Le Musa sinensis n’existait pas encore dans le pays ; la mission a apporté les premiers pieds au Jardin de Fort-Sibut. Dans le pays de Senoussi on ne trouve plus que le Musa paradisiaca et en très petite quantité.

C’est à Damtar vers le 10e parallèle que nous avons vu les derniers beaux bananiers dans un jardin européen. Plus au N. ils ont beaucoup de peine à vivre en Afrique centrale à moins de soins très spéciaux (abris contre le vent et le soleil, fréquents arrosages).

Aug. Chevalier

CAFÉIER DES BORDS DE L’OUBANGUI (Coffea congensis).

Ce caféier croît en abondance dans les parties boisées des rives de l’Oubangui. On le suit sans interruption de Bangui à Zangha et d’après les renseignements fournis, bien au-delà de Mobaye.

Ses endroits préférés sont les terrains plats ou en pente douce inondés à la saison des hautes eaux et couverts de grands arbres dont l’ombre lui est favorable. Dès que les grands arbres s’espacent ou que le feuillage s’éclaircit, le caféier disparaît. On le rencontre dans les mêmes conditions au pied de quelques berges élevées, comme à Fort-de-Possel, par exemple, entre le poste et la factorerie, au sommet de ces berges il ne végète plus. Certains pieds à la saison des hautes eaux sont dans l’eau sur plus de 1m50 de hauteur. Un peu en aval de Bangui sous les grands arbres des bords du fleuve, on rencontre de véritables petits taillis de caféiers.

Aux environs de Fort-de-Possel la hauteur de certains arbustes atteint environ 4 mètres, ils sont rarement verticaux, très flexible ce caféier se courbe. Les pieds sont souvent ramifiés à quelque distance du sol.

Parmi les arbustes de 2 à 4 mètres de développement un pied sur 5 peut seul être considéré comme fructifié, les autres n’ont qu’un nombre insignifiant de fruits, quelquefois nul.

La moyenne des pieds que l’on peut considérer comme fructifiés donne 221 fruits par pied. Les fruits ont généralement deux graines, mais quand les conditions de végétation ne sont pas normales, il y a un certain nombre de fruits qui n’ont qu’une graine et les autres fruits sont plus petits.

Cent grammes de grains décortiqués et secs contiennent 820 grains. Si on rapproche ce chiffre de la moyenne donnée plus haut, un caféier produirait normalement 442 grains soit 53 grammes de café par an.

Ces chiffres ne se rapportent évidemment qu’à l’année où l’étude a été faite et à la région de Fort-de-Possel.

Dans les parties boisées de la plaine de Fort-de-Possel, parties situées en général dans les terrains bas et marécageux on ne trouve plus ce caféier.

Les indigènes de la région n’utilisant pas le café, se soucient très peu de la conservation des pieds et les coupent sans scrupules pour les utiliser aux mêmes usages que les autres bois flexibles.

Plus en amont, les Européens ont appris aux indigènes à récolter ce café qui est alors utilisé.

Quoique ce caféier n’ait jamais été cultivé ni à Fort-de-Possel ni à Fort-Sibut, en 1902, l’administrateur commandant le cercle n’a pas hésité, en réponse à une dépêche ministérielle du 29 octobre 1901, dans une notice no 977 datée du 28 août, à s’exprimer ainsi : « En isolant les pieds et en les cultivant on arrive à des résultats appréciables. Cet essai a été tenté avec succès à Fort-de-Possel. Il a donné de moins bons résultats à Fort-Sibut (Krébedjé), à 100 kilomètres environ de l’embouchure de la Kémo dans l’Oubangui. » Ceux qui s’intéressent à cette question se trouvent donc indignement induits en erreur par cette notice.

Dans le cimetière de Bangui ce caféier a été planté et a donné d’assez beaux pieds ramifiés, mais en 1903 la production de ces pieds a été nulle, et il doit être de même pour les autres années, car il ne se trouve pas, quoique assez ombragé, dans ses conditions normales de végétation, aucun renseignement n’a été trouvé à ce sujet dans les archives du poste.

H. Courtet.

L’AGRICULTURE CHEZ LES SARAS

Le Sara est cultivateur et cultiverait au delà de ses besoins si les produits qu’il récolte avaient un débouché commercial, mais ce débouché n’existe pas. Cependant chez les Saras Mbanga et les Saras Ngaké il se fait quelques transactions, c’est-à-dire que des habitants du pays Salamat, et des Ouled Rachid (arabes) viennent s’approvisionner de mil chez eux, apportant en échange des lances, des perles, des vêtements confectionnés avec des bandes d’étoffe de leur pays et quelques autres objets. Le Sara se contente donc en général de cultiver la surface nécessaire pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille et pour boire copieusement le Sam (bière de mil) qu’il apprécie beaucoup. Aussi dans chaque village, chaque jour de l’année ou à peu près, quand la récolte a été bonne, il y a toujours quelque part grande beuverie de Sam, souvent avec accompagnement de danses et de chants. Chaque famille possède pour la fabrication du Sam de grandes marmites en terre cuite et certaines cases sont de véritables brasseries.

Culture chez les Tounias (tribu Sara)

Une famille composée de 5 personnes cultive en mil une surface de 1 hectare 90 ares, et un petit champ de 20 ares environ de haricots, pois de terre, ou arachides, soit une superficie totale de 2 hectares 10 ares, ce qui donne par tête une superficie de 42 ares.

La surface cultivée en mil lui rapporte 38 hectolitres environ de mil, soit 20 hectolitres par hectare qui au poids moyen de 80 kilos l’hectolitre donne un rapport de 1600 kilos à l’hectare.

Aux champs l’homme, c’est-à-dire le chef de famille, travaille avec les femmes et les enfants, la durée du travail est en moyenne de 6 heures par jour et la culture exige un travail de 5 mois par an, soit 1357 heures de travail par hectare. (Ce chiffre ne comprend que le travail de 3 personnes, les enfants pouvant être en bas âge et ne faire aucun travail.) Il reste donc aux indigènes 7 mois de liberté pour les travaux accessoires consistant dans la réparation ou la réfection des cases leur prenant environ un mois par an, pour la chasse, et pour fabriquer et boire le Sam.

Tout le mil récolté est donc consommé sauf une petite quantité servant à faire quelques menus échanges avec les pêcheurs, les gens du poste de Fort-Archambault et à payer l’impôt, quantité évaluée à 300 kilos. La récolte totale étant de 3.000 kilos, il reste à la famille pour sa consommation directe 2.700 kilos, soit 1kgr,525 par tête et par jour. En admettant une consommation moyenne de 0kgr,800 par jour pour la nourriture, il reste 0kgr,725 de mil disponible. (La ration de nos tirailleurs est fixée à 1 kilo.)

Tout le mil disponible et en particulier le gros mil est consommé en bière de mil, ce qui explique pourquoi les indigènes ont toujours une grande quantité de cette bière en consommation.

La culture se fait soit à labour plat soit à labour en ados ; quand il y a des vides trop considérables dans les champs, ces vides sont comblés en y repiquant des jeunes plants enlevés aux endroits où les champs sont trop touffus. L’indigène dissémine en outre dans les champs de mil, des haricots, des courges, la petite courge à huile et la pastèque dont la graine lui sert également à faire de l’huile.