Le Tchad S.-E. ; 4 échantillons.
Famille des AMPULLARIIDÆ
Genre Ampullaria de Lamarck[423].
Ampullaria speciosa Philippi.
1849. Ampullaria speciosa Philippi, Zeitschr. für Malakozool., p. 18.
1851. Ampullaria speciosa Philippi, in : Martini et Chemnitz, Syst. conchyl. Cabinet ; Ampullaria, p. 40, taf. XI, fig. 2.
1856. Ampullaria speciosa L. Reeve, Conchol. Icon., Ampull., X, fig. 33.
1864. Ampullaria speciosa Dohrn, Proceed. zoolog. society London, p. 117.
1879. Ampullaria speciosa Bourguignat, Mollusques Egypte, Zanzibar, etc., p. 32.
1889. Ampullaria speciosa Bourguignat, Mollusques Afrique équat., p. 168.
1895. Ampullaria speciosa Martens, Ann. Mus. civ. Genova. XV, p. 65.
1898. Ampullaria speciosa Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik., p. 153 (pars.).
1905. Ampullaria speciosa Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, XI, no 5, p. 328 ; et XII (1906), no 1, p. 59, no 3, p. 171.
Cette grande et belle espèce d’Ampullaire, assez abondante dans les cours d’eau de l’Afrique orientale, habite également le bassin du Chari, le lac Tchad, et même le Niger moyen. Son aire de dispersion est donc considérable puisqu’elle comprend toute l’Afrique équatoriale. J’ai signalé trois fois déjà la présence de ce Mollusque dans le lac Tchad, où il a été successivement recueilli par MM. les lieutenants Lacoin et Moll, et par M. le capitaine Duperthuis.
Avec des exemplaires parfaitement typiques, la mission Chevalier a rapporté un échantillon d’une variété minor qui ne mesure que 74 millimètres de hauteur pour 66 millimètres de diamètre maximum. L’ouverture a 56 millimètres de hauteur pour 36 millimètres de largeur.
Koulikoro, sur le Niger moyen, Soudan français, octobre 1899 [Mission du général de Trentinian] ; deux exemplaires.
Mamoun, territoire du Chari [A. Chevalier] ; 1 exemplaire.
Kousri [Dr Decorse].
Ampullaria Chevalieri Germain[424].
1904. Ampullaria Chevalieri Germain, Bullet. Muséum hist. nat. Paris, X, no 7, p. 468 ; et id. XI, 1905, no 5, p. 329.
Coquille très grande, assez largement ombiliquée, renflée, globuleuse un peu allongée, solide quoique médiocrement épaisse, légèrement brillante ; test très finement strié, presque lisse sur les premiers tours (stries très fines, à peine onduleuses, très rapprochées et bien régulières sur la première moitié du dernier tour, devenant plus fortes et plus irrégulières sur la seconde moitié du dernier tour) ; spire composée de 6-7 tours assez convexes, un peu étagés, croissant d’abord lentement, puis rapidement, si bien que le dernier tour est relativement énorme ; dernier tour très grand, présentant, en largeur, un développement maximum voisin de la partie supérieure, formant les 3/4 de la hauteur totale de la coquille ; sommet très obtus, comme écrasé ; suture médiocrement profonde, non bordée comme chez l’Ampullaria speciosa ; ouverture à peine oblique, médiocrement échancrée, oblongue, subpyriforme ; péristome droit, aigu ; bord columellaire subarqué, notablement réfléchi sur l’ombilic ; bords marginaux réunis par une callosité médiocre.
Hauteur : 105-107 millimètres ; diamètre : 91-97 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 78-80 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 50 millimètres.
Test d’un marron olivâtre assez foncé, orné d’un grand nombre de zonules spirales (réunies en douze groupes) d’une teinte plus sombre ; intérieur de l’ouverture d’un bleu brillant, bordé de jaune. Quand l’animal est mort, la coquille devient blanche et les zonules, plus apparentes, sont d’un rouge vineux plus ou moins foncé.
Cette Ampullaire, que je considère comme l’espèce représentative de l’Ampullaria speciosa dans le bassin du Chari, se distingue de cette dernière :
Par sa forme plus élevée ; par son dernier tour relativement plus haut et plus développé en largeur à la partie supérieure ; par son ouverture plus grande et plus régulièrement ovalaire ; etc... L’aspect du dernier tour est très particulier : ce dernier tour, dont le développement maximum est très voisin de la partie supérieure, conserve une grande largeur sur la presque totalité de son développement, ce qui fait que la partie opposée à l’ouverture présente un profil d’abord rectiligne, qui s’atténue seulement à la hauteur de la naissance de l’ombilic, rappelant ainsi l’aspect, si caractéristique, de l’Ampullaria dolium Philippi[425] de la Guyane.
Territoire du Chari, cercle de Krébedjé, octobre 1902.
M. Foureau, au cours de sa Mission Saharienne, a constaté la présence de cette espèce dans le lac Tchad, aux environs d’Arégué[426].
Ampullaria ovata Olivier.
1804. Ampullaria ovata Olivier, Voyage dans l’Empire Ottoman, II, p. 39, Pl. XXXI, fig. 1 [non Savigny].
1851. Ampullaria ovata Philippi, Monogr. Ampull., in : Martini et Chemnitz, Syst. Conchyl. Cabin. ; p. 49, Taf. XIV, fig. 5.
1857. Ampullaria ovata Martens Malakozool. Blätter, IV, p. 187.
1863. Ampullaria ovata Bourguignat, Mollusques nouv. litig. peu connus ; décembre 1863, p. 79, Pl. X, fig. 11.
1866. Ampullaria ovata Martens, Malakozool. Blätter, XIII, p. 1.
1874. Ampullaria ovata Jickeli, Land- und Süssw. Mollusk. Nordostafrikas, p. 230 [Excl. synonym.].
1879. Ampullaria ovata Bourguignat, Mollusques Egypte, Abyssinie, etc., p. 32.
1881. Ampullaria ovata Crosse, Journal de Conchyl., XXIX, p. 110 et 280.
1880. Ampullaria ovata Smith, Proceed. zoolog. society London, p. 348.
1885. Ampullaria ovata Billotte, Bullet. soc. malacol. France, II, p. 110.
1886. Ampullaria ovata Pelseneer, Bullet. Mus. hist. natur. Belgique, IV, p. 104.
1888. Ampullaria ovata Bourguignat, Iconogr. malacolog. lac Tanganika ; Pl. VI, fig. 1.
1889. Ampullaria ovata Bourguignat, Mollusques Afrique équator. ; p. 168.
1890. Ampullaria ovata Bourguignat, Hist. malacolog. lac Tanganika ; p. 74, Pl. VI, fig. 1 ; et Annales sciences natur., 7e série, X ; même pagin.
1898. Ampullaria ovata Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrikas ; p. 158.
1904. Ampullaria ovata Smith, Proceed. malacolog. society London ; VI, no 2, p. 100.
L’Ampullaria ovata est une espèce incontestablement voisine de l’A. Kordofana Parreyss[427], ne s’en distinguant que par sa forme plus élevée, plus franchement ovalaire et à spire plus haute.
La mission Chevalier a recueilli, dans le Chari, sept échantillons de cette espèce en parfait état de conservation. Leur test est vert olive assez foncé, un peu plus jaunâtre vers la partie supérieure du dernier tour de spire, orné de bandes rougeâtres peu apparentes, assez variables en nombre et en dimensions. L’intérieur de l’ouverture est d’un brun rougeâtre, très brillant. Hauteur : 52-57 millimètres ; diamètre : 43-50 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 36-44 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 23 1/2-28 millimètres.
Cette espèce est fort répandue en Egypte et en Abyssinie ; on la connaît également des lacs Victoria Nyanza et Tanganika ; enfin elle a été signalée jusque dans le Niger[428]. Comme l’A. speciosa, ce Mollusque fournit donc un excellent exemple d’espèce nilotique rayonnant dans toute l’Afrique équatoriale.
Ampullaria gradata Smith.
1881. Ampullaria gradata Smith, Proceed. zool. society London ; p. 289, Pl. XXXIII, fig. 22-22a.
1885. Ampullaria gradata Billotte, Bullet. soc. malacolog. France ; II, p. 109.
1889. Ampullaria gradata Bourguignat, Mollusques Afrique équator. ; p. 167.
1898. Ampullaria gradata Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik. ; p. 158.
1905. Ampullaria gradata Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris ; XI, no 4, p. 256.
C’est avec beaucoup de raison que E. A. Smith considère son espèce comme très voisine des formes nilotiques qui, comme les Ampullaria Wernei Phil., A. speciosa Phil., et A. lurida Parreyss, sont impossibles à distinguer à l’aide d’un caractère précis[429]. La distinction de toutes ces espèces n’est, en effet, qu’une question de « galbe », et, comme telle, fort sujette à caution. Une étude anatomique attentive sur une série suffisante d’individus permettrait seule d’émettre une opinion définitive.
Les échantillons recueillis par la mission sont adultes et bien typiques. Leur test est assez solide, un peu épais, crétacé, d’un vert olive, orné de stries d’acroissement un peu irrégulières coupées de très fines stries spirales.
Hauteur max. : 56-59 millimètres ; diamètre max. : 53-55 millimètres ; rapport du diamètre max. à la hauteur maximum : 94/100 ; hauteur de l’ouverture : 45-47 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 27-30 millimètres ; rapport du diamètre de l’ouverture à la hauteur de l’ouverture : 60/100 à 64/100.
Dans le « rahat » du Baguirmi ; septembre 1903 ; 1 exemplaire.
Région avoisinant le S.-E. du lac Tchad, octobre 1903 [A. Chevalier] ; 1 exemplaire.
Le Gribingui, mars 1904 [Chevalier et Decorse] ; 1 exemplaire.
Pays de Corbol, au S. du Baguirmi, territoire du Chari ; juillet 1903. Un exemplaire jeune. Cet échantillon se rapporte exactement à un individu, également jeune, offert par Bourguignat au Muséum en 1886 et provenant du Kondoa[430]. Il est d’une teinte jaune olivâtre, plus claire que chez les spécimens adultes et mesure : hauteur : 42 millimètres ; diamètre : 37 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 31 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 21 millimètres.
Ampullaria chariensis Germain.
1905. Ampullaria chariensis Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris ; XI, no 6, p. 486.
1906. Ampullaria chariensis Germain, Mém. soc. zoolog. France ; XIX ; p. 232, Pl. IV, fig. 10.
Un seul exemplaire jeune ne mesurant que 32 1/2 millimètres de hauteur pour 26 millimètres de diamètre. L’ouverture a 26 millimètres de hauteur sur 10 millimètres de largeur. Il a été recueilli par M. Chevalier, dans le lac Tchad, près des îles Kouri (octobre 1903).
Ampullaria Rucheti Billotte.
1885. Ampullaria Rucheti Billotte, Bull. soc. malacolog. France ; II, p. 105, Pl. VI, fig. 1.
1889. Ampullaria Rucheti Bourguignat, Mollusques Afrique équator. ; p. 168.
Cette espèce est surtout caractérisée par son dernier tour, très développé vers la région supérieure et bien atténué en bas, ce qui donne à la coquille un aspect subtriangulaire. Le test, un peu épais, est presque lisse, légèrement brillant à l’état frais ; l’intérieur de l’ouverture est rougeâtre.
Hauteur : 50-54 millimètres : diamètre : 51 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 42-44 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 24-27 millimètres.
Territoire du Chari, Mamoun, pays de Senoussi ; mars 1903 ; 1 exemplaire.
Lac Tchad, archipel Kouri, octobre 1903 ; 1 exemplaire.
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* *
Les espèces suivantes, qui n’ont pas été recueillies par M. A. Chevalier au cours de sa mission, habitent également la région dont nous étudions la faune.
Ampullaria Wernei Philippi[431]. — Grosse espèce voisine de l’Ampullaria speciosa et à laquelle il faut rapporter, ainsi que je l’ai montré précédemment[432], l’Ampullaria Charmesi Billotte[433]. Le test épais, solide, d’un vert olive assez brillant, est orné de stries peu régulières, devenant fortes et parfois saillantes aux environs de l’ouverture.
Hauteur : 88-91 millimètres ; diamètre maximum : 74-80 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 65-70 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 43 millimètres.
Les îles de l’Oubangui, en aval du fort de Possel (juillet 1900) ; bords du Gribingui (janvier 1900) [Mission F. Foureau].
Le Bas Chari, entre Bougouman et Fort-Lamy ; 3 exemplaires adultes et 3 échantillons jeunes [M. le lieutenant L. Lacoin].
Ampullaria erythrostoma Reeve[434]. — Belle espèce des environs de Zanzibar qui n’a pas encore été recueillie dans l’intérieur du continent africain.
Le Dr von Martens a décrit, sous le nom de variété Stuhlmanni[435] une magnifique variété mesurant 83-84 millimètres de hauteur, 72-77 millimètres de grand diamètre et 58-62 millimètres de petit diamètre. L’ouverture a 61-63 millimètres de hauteur sur 38-41 millimètres de diamètre. Cette variété, découverte par le Dr Stuhlmann dans le lac Albert-Nyanza, en novembre 1891, se rapproche beaucoup, par sa forme très globuleuse avec un dernier tour bien régulièrement ventru formant presque toute la coquille et son ouverture relativement étroite, de certaines variétés de l’Ampullaria speciosa et notamment de la variété globosa Germain. On la retrouvera donc, probablement, dans le bassin du Chari.
L’Ampullaria speciosa Phil. var. globosa Germain[436] (fig. 90), est une coquille de très grande taille qui se sépare du type par son dernier tour notablement plus globuleux et sa suture moins nettement canaliculée. Elle atteint les dimensions suivantes : Hauteur : 103 millimètres ; diamètre maximum : 99 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 82 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 53 millimètres. Elle a été recueillie sur les bords du Congo, en juillet 1900, par M. F. Foureau.
Enfin je signalerai l’Ampullaria leopoldvillensis Putzeys[437], bien que cette espèce n’ait encore été recueillie que dans le Stanley-Pool, près de Léopoldville, parce qu’elle appartient à la même série que les précédentes. C’est une coquille de grande taille (hauteur : 88 millimètres ; diamètre maximum : 77 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 73 millimètres), globuleuse, étroitement ombiliquée, possédant 5 1/2 tours de spire convexes et une ouverture un peu oblique, oblongue, allongée, relativement étroite. Cette espèce, qui est extrêmement voisine de la variété Stuhlmanni Martens, se rapproche également de l’A. speciosa var. globosa et il est probable que de nouveaux matériaux permettront de réunir ces trois formes.
Genre Lanistes Denys de Montfort[438].
Lanistes procerus Martens.
1866. Lanistes olivaceus var. procerus Martens in Pfeiffer, Novitates Concholog., II, p. 292, pl. LXXI, fig. 1-2.
1879. Meladomus procerus Bourguignat, Mollusques Egypte, Abyssinie, Zanz., etc., p. 34.
1886. Lanistes magnus Furtado, Journal de Conchyliol., XXXIV, p. 147, pl. VI, fig. 3.
1889. Meladomus procerus Bourguignat, Mollusques Afrique équator., p. 172.
1898. Lanistes olivaceus var. procerus Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik., p. 164.
1901. Lanistes olivaceus var. procerus Dupuy et Putzeys. Bullet. séances soc. malacol, Belgique, XXXVI, p. LVIII, fig. 29.
Espèce de très grande taille, atteignant jusqu’à 105 millimètres de hauteur, pour 80 millimètres de diamètre maximum ; spire un peu haute, composée de 6-7 tours bien convexes séparés par des sutures profondes ; ouverture atteignant à peu près la moitié de la hauteur totale ; test solide, épais, d’un marron olivâtre plus ou moins foncé. Les stries dont le test est orné sont grossières et irrégulièrement distribuées ; elles deviennent nettement pliciformes aux environs de l’ouverture.
Le Lanistes magnus, décrit par Furtado est, sans aucun doute, une forme major du Lanistes procerus dont le dernier tour est un peu plus ventru. Il existe également une variété minor qui possède exactement les caractères du type mais ne mesurant que 54 millimètres de hauteur pour 38 millimètres de diamètre maximum[439]. Elle a été recueillie, par MM. Chevalier et Decorse dans le Mamoun (pays de Senoussi), en mars 1903.
M. le lieutenant Lacoin a également recueilli cette espèce dans le Bas-Chari et dans le Bar-el-Ghazal.
Lanistes ovum Peters.
1835. Ampullaria ovum Peters, Archiv. f. naturgesch., XI, p. 215.
1851. Ampullaria ovum Philippi in : Martini et Chemnitz, Syst. Conch. Cab., Ampull., p. 22, no 27, pl. VI, fig. 2.
1860. Lanistes ovum Martens, Malak. Blätt., VI, p. 216.
1866. Lanistes ovum Pfeiffer, Novitates Conchol., II, p. 290.
1868. Ampullaria ovum Morelet, Voy. Wellwitsch, p. 41, p. 44 et p. 95.
1874. Lanistes ovum Jickeli, Land- und Süssw. Moll. N.-O. Afrik., p. 230.
1877. Lanistes ovum Smith, Proceed. zoolog. soc. London, p. 715.
1879. Meladomus ovum Bourguignat, Mollusques Egypte, Abyssinie, Zanzib., etc., p. 36.
1889. Meladomus ovum Bourguignat, Mollusques Afrique équatoriale, p. 173.
1898. Lanistes ovum Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik., p. 166.
1906. Lanistes ovum Germain, Mém. soc. zoolog. France, XIX, p. 233.
Cette espèce bien connue est abondante dans toute l’Afrique tropicale ; elle est assez polymorphe, tant au point de vue de la forme générale qu’au point de vue de la taille, pour qu’on y puisse distinguer les variétés suivantes :
Variété Lacoini
Germain[440].
PLANCHE V, fig. 16.
1906. Lanistes ovum var. Lacoini Germain, Mém. soc. zoolog. France, XIX. p. 234.
Coquille de forme plus ventrue-globuleuse ; spire moins haute à tours plus convexes ; dernier tour notablement plus développé en largeur ; ombilic à peine plus large ; test plus finement et plus régulièrement strié.
Hauteur : 42-46 millimètres ; diamètre : 35-36 1/2 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 27-28 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 17 1/2-19 millimètres.
Territoire du Chari : Mamoun (Pays de Senoussi) ; mars 1903 ; 2 exemplaires.
Variété elatior Pfeiffer.
1866. Lanistes ovum var. elatior Pfeiffer, Novitates Conchol., p. 291, taf. LXX, fig. 7-8.
1874. Lanistes ovum var. elatior Jickeli, Land- und Süssw. Moll. N.-O. Afrik., p. 230.
1879. Meladomus elatior Bourguignat, Mollusques Egypte, Abyss., Zanzib., p. 35.
1889. Meladomus elatior Bourguignat, Mollusques Afrique équat., p. 173.
1906. Lanistes ovum var. elatior Germain, Mém. soc. zoolog. de France, XIX, p. 234.
Coquille de forme plus élevée ; spire plus haute, composée de 6 tours convexes à croissance assez rapide séparés par des sutures profondes ; test épais, solide, assez finement strié, d’un brun marron ou d’un vert noirâtre un peu brillant.
Territoire du Chari : Mamoun (Pays de Senoussi) ; 1 exemplaire.
Bourguignat a donné, au Muséum d’histoire naturelle de Paris, deux exemplaires de Lanistes ovum qui, par leur forme un peu haute, sont intermédiaires entre le type ovum et la variété elatior. Ils ont été recueillis aux environs de Zanzibar par M. Bloyet [1886].
L’espèce type a été récoltée par le Dr Decorse dans le Mamoun (mars 1903), à Kousri, et dans un ruisseau près de Koga-Pongourou [6 décembre 1903] ; 6 exemplaires.
Lanistes ellipticus Martens.
1866. Lanistes ellipticus Martens, in : Pfeiffer, Novitates Concholog., II, p. 294, taf. LXX, fig. 9-10.
1879. Meladomus ellipticus Bourguignat, Mollusques Egypte, Abyssinie, Zanzibar, etc..., p. 35.
1886. Lanistes Zambesianus Furtado, Journal de Conchyl., XXXIV, p. 148, pl. VII, fig. 1.
1889. Meladomus ellipticus Bourguignat, Mollusques Afrique équatoriale, p. 123.
1898. Lanistes ellipticus Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik., p. 168.
Le Lanistes ellipticus est une espèce primitivement découverte dans la région du Mozambique, puis dans le bassin du Zambèse (Capello et Ivens ; prof. Peters, 1884-1885), enfin dans le lac Nyassa [J.-A. Simons, etc.]. Le Dr Decorse a également constaté la présence de ce Lanistes à Kousri. L’unique exemplaire recueilli est d’ailleurs conforme à la figuration donnée par Pfeiffer[441].
Lanistes
gribinguiensis Germain.
PLANCHE V, fig. 15.
1905. Lanistes gribinguiensis Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris, XI, no 6, p. 487.
Coquille d’assez petite taille, senestre, ventrue, pourvue d’une perforation ombilicale assez large, non circonscrite par une angulosité ; spire très brève, subconoïde, à sommet très obtus ; 5 tours à peine convexes, à croissance très rapide, présentant une région méplane relativement large contre la suture qui est à peu près linéaire ; dernier tour très grand, renflé, bien ventru-arrondi, formant les 6/7 de la hauteur totale ; ouverture peu oblique, médiocrement échancrée, subelliptique, à bord externe largement convexe, anguleuse supérieurement, arrondie inférieurement ; columelle presque droite, très légèrement réfléchie sur l’ombilic ; péristome droit et aigu ; bords marginaux convergents réunis par une faible callosité d’un blanc bleuâtre.
Opercule médiocre, profondément enfoncé dans l’intérieur de la coquille, légèrement concave extérieurement, orné de stries concentriques assez fines ; nucleus à peine saillant, presque situé contre le bord columellaire.
Hauteur : 20 millimètres ; diamètre maximum : 19 1/2 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 14 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 11 millimètres.
Test solide, relativement épais, opaque, assez grossièrement strié [le dernier tour présente des costulations émoussées relativement grosses, onduleuses et assez régulières, sauf vers l’ouverture], d’un marron assez foncé, orné de bandes peu visibles, étroites, plus sombres que le fond de la coquille. Intérieur de l’ouverture d’un rouge vineux brillant.
Cette espèce se rapproche surtout du Lanistes lybicus Morelet[442], tant par son enroulement que par la position de sa carène spirale ; mais elle s’en distingue par un caractère essentiel : tandis que, chez le Lanistes lybicus et toutes les formes de ce groupe, la fente ombilicale est entourée par une angulosité plus ou moins saillante mais toujours très visible, la perforation ombilicale est ici simple, sans aucune trace d’angulosité. Le Lanistes gribinguiensis présente aussi assez l’aspect du L. stuhlmanni Martens[443], mais cette dernière espèce n’est pas ombiliquée.
Le Gribingui, dans l’Oubangui.
*
* *
En dehors des espèces que nous venons de passer en revue, la région du Chari et le bassin du Tchad nourrissent encore les Lanistes suivants :
Lanistes Vignoni Bourguignat[444]. — Cette espèce, qui a été très exactement figurée par Pfeiffer[445] comme variété du Lanistes bernardianus Morelet[446], habite le lac Tchad, dans la région de Woudi, où elle a été recueillie par M. F. Foureau. C’est une coquille globuleuse, à spire peu haute composée de 5 tours très étagés et ornés d’une carène saillante. L’ombilic est entouré d’une angulosité bien marquée ; enfin l’ouverture, peu oblique, ovalaire-allongée, atteint environ les 2/3 de la hauteur totale.
Hauteur : 34 millimètres ; diamètre maximum : 32 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 22 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 15 millimètres.
Lanistes Foai Germain[447]. — Cette espèce, qui se rapproche surtout de la précédente, s’en distingue nettement par sa spire beaucoup plus déprimée et son ouverture plus régulièrement ovalaire. La perforation ombilicale n’est pas entourée par une carène, mais présente seulement une fausse apparence d’angulosité ; enfin le Lanistes Foai est remarquable par sa forme écourtée, sa hauteur étant plus faible que son diamètre maximum.
Hauteur : 25 millimètres ; diamètre maximum : 28 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 18 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 12 millimètres.
Test solide, épais, opaque, un peu pesant, d’un marron foncé, orné, sur le dernier tour, de 6-7 bandes étroites plus sombres que le fond de la coquille ; stries très fines, irrégulièrement distribuées.
Recueillie par M. E. Foa dans le Haut-Congo.
Enfin MM. Dupuis et Putzeys ont décrit une coquille du Lualaba qui appartient à la même série que les deux précédentes. C’est le Lanistes lybicus var. nseudweensis Dupuis et Putzeys[448] caractérisé par sa forme déprimée, ses tours présentant, à leur partie supérieure, une carène saillante ; enfin par son ombilic entouré d’une carène nettement accusée.
Hauteur : 21 millimètres ; diamètre maximum : 22 millimètres ; hauteur de l’ouverture : 13 1/2 millimètres ; diamètre de l’ouverture : 10 1/2 millimètres.
Famille des MELANIIDÆ
Genre Melania de Lamarck.
Melania tuberculata Müller.
1774. Nerita tuberculata Müller, Verm. terr. et fluv. hist., p. 191.
1779. Strombus tuberculatus Schröter, Geschichte d. flusconchyl., p. 373.
1779. Strombus costatus Schröter, loc. cit. ; p. 373, Taf. VIII, fig. 14.
1804. Melanoïdes fasciolata Olivier, Voyage empire Ottoman, II, p. 40, Pl. XXXI, fig. 7.
1822. Melania fasciolata de Lamarck, An. sans vertèbres ; VI, 2e part., p. 174.
1847. Melania pyramis Buch in : Philippi, Abbild. Conchyl., II, p. 172, Taf. IV, fig. 16.
1852. Vivipara fasciolata Raymond, Journ. Conchyl., III, p. 326.
1853. Melania tuberculata Bourguignat, Catal. rais. Mollusques Orient, p. 65.
1861. Melania Rothiana Mousson, Coq. Roth, p. 61.
1864. Melania tuberculata Bourguignat, Malacol. terr. fluv. Algérie, II, p. 251, Pl. XV, fig. 1-11.
1865. Melania tuberculata Dohrn, Proceed. zoolog. soc. London, p. 234.
1865. Melania rubropunctata Tristam, Proceed. zoolog. soc. London, p. 541.
1865. Melania tuberculata Martens, Malakozool. Blätter, XI, p. 205.
1869. Melania tuberculata Martens, Nachrichtsbl. d. Malak. ges., I, p. 154.
1874. Melania tuberculata Jickeli, Land- und Süssw. Mollusk. Nordostafrik., p. 251.
1874. Melania abyssinica Ruppel in : Jickeli, loc. cit. ; p. 253.
1877. Melania tuberculata Smith, Proceed. zoolog. soc. London ; p. 712.
1879. Melania tuberculata Martens, Sitz. ber. d. ges. natur. Freunde in Berlin, p. 104.
1881. Melania tuberculata Smith, Proceed. zoolog. soc. London ; p. 291.
1882. Melania tuberculata Bourguignat, Mollusq. terr. fluv. mission Revoil au pays Çomalis, p. 90.
1883. Melania Rothiana Locard, Malacol. lacs Tibériade, Antioche, etc., p. 32.
1883. Melania tuberculata Bourguignat, Hist. malacol. Abyssinie ; p. 102 et 131.
1884. Melania tuberculata Bourguignat, Hist. Melaniens syst. europ., p. 5 et Ann. malacologie, II, p. 5.
1887. Melania tuberculata Bourguignat, Bullet. soc. malacol. France ; IV, p. 267.
1888. Melania tuberculata Pollonera, Bollettino della Società malacologica Italiana ; XIII, part. II, p. 34.
1888. Melania tuberculata Smith, Proceed. zool. soc. London ; p. 52.
1888. Melania tuberculata Bourguignat, Iconogr. malacol. lac Tanganika ; p. 27. Pl. XI, fig. 26-27.
1889. Melania tuberculata Bourguignat, Bullet. soc. malacol. France, VI, p. 5 et 51.
1889. Melania tuberculata Bourguignat, Mollusq. Afrique équator. ; p. 182.
1890. Melania tuberculata Smith, Ann. magaz. natur. history ; 6e série, VI, p. 149.
1890. Melania tuberculata Bourguignat, Hist. malacol. lac Tanganika ; p. 163, Pl. XI, fig. 26-27 ; et Ann. sc. natur. ; 7e série, X, même paginat.
1891. Melania tuberculata Smith, Proceed. zoolog. soc. London ; p. 310.
1892. Melania tuberculata Martens, Sitz. bericht. d. ges. nat. Freunde Berlin, p. 173.
1893. Melania tuberculata Bourguignat, Mollusques Nyanza-Oukéréwé, p. 4.
1894. Melania tuberculata Ancey, Mém. soc. zoolog. France ; VII, p. 224.
1896. Melania tuberculata Sturany in : Baumann, Durch Massailand zur Nilquelle, p. 10.
1898. Melania tuberculata Martens, Beschalte Weichth. Ost-Afrik. ; p. 193.
1898. Melania tuberculata Pollonera, Bollet. Musei zoolog. anat. comp. R. univers. Torino, XIII, no 313, p. 12 (4 mars 1898).
1904. Melania tuberculata Smith, Proceed. malacolog. soc. London ; VI, p. 100.
1904. Melania tuberculata de Rochebrune et Germain, Mém. soc. zoolog. France ; XVII, p. 7.
1904-1906. Melania tuberculata Germain, Bullet. Muséum hist. natur. Paris ; X, p. 353 ; XI, p. 257 et p. 328 ; XII, p. 54, p. 59 et p. 297.
Cette espèce cosmopolite est extrêmement abondante dans certaines régions de l’Afrique. Elle habite particulièrement le lac Tchad où tous les voyageurs qui ont exploré ces régions en ont recueilli de nombreux exemplaires. Le plus souvent on trouve le Melania tuberculata sur les plages sableuses où l’accumulation des individus forme parfois une couche atteignant plusieurs centimètres d’épaisseur. Les échantillons ont, dans ce cas, entièrement perdu leur épiderme. Il est d’ailleurs relativement rare de trouver des exemplaires vivants ou simplement en bon état de conservation.
Région de Tombouctou, abords des lacs Daouna. [Mission du général de Trentinian] août 1899.
Lac Tchad, archipel Kouri, octobre 1903. Une centaine d’exemplaires.
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Melania (Plotia) scabra Müller[449]. — Bien qu’elle n’ait pas été recueillie, au cours de la Mission, cette coquille est si répandue dans l’O. africain qu’on la rencontrera sans doute un jour dans le Chari. Sous le nom de Plotia Leroyi, Bourguignat[450] a décrit une espèce qui ne diffère pas du M. scabra. Quant au Plotia Bloyeti du même auteur, ce n’est qu’une variété minor de la même espèce. Elle n’en diffère en effet, dit Bourguignat, que « par sa taille moitié plus petite, par sa forme plus ventrue, moins oblongue, par sa spire moins allongée »[451].
Un assez grand nombre de Mélanies ont été découvertes, dans ces dernières années, dans le cours du Haut-Congo et de quelques-uns de ses affluents. Elles ont été décrites et figurées par Dupuis et Putzeys dans un travail auquel je renvoie le lecteur, aucune de ces espèces n’ayant été signalée dans le Chari ou ses tributaires[452].
PÉLÉCYPODES
Famille des UNIONIDÆ
Genre Unio Philippsson[453].
§ 1. — Unio sensu stricto.
Unio mutelæformis
Germain.
PLANCHE LITHOGR., fig.
3-4.
1906. Unio mutelæformis Germain, Bull. Muséum hist. natur. Paris ; XII, no 1, p. 60, note 1 [sans descript.].
1906. Unio mutelæformis Germain, Mém. soc. zoolog. de France ; XIX, p. 336.
Coquille de petite taille, d’une forme subrectangulaire très allongée ; valves médiocrement solides, peu bombées ; bords supérieur et inférieur tout à fait parallèles ; bord supérieur rectiligne ; bord inférieur presque droit, à peine subsinueux en son milieu, légèrement remontant à son extrémité ; région antérieure médiocre, bien arrondie ; région postérieure fort allongée dans le sens horizontal, à peu près trois fois aussi longue que l’antérieure, conservant la même hauteur jusqu’au niveau de l’angle postéro-dorsal, puis s’atténuant, surtout supérieurement, en une partie rostrale aiguë ; sommets assez antérieurs (mais très notablement moins que dans l’Unio Monceti Bourguignat), médiocrement ventrus, comprimés latéralement ; crête dorsale bien accentuée ; charnière présentant : sur la valve droite une cardinale double et deux latérales très longues et peu saillantes ; sur la valve gauche une cardinale très haute, subquadrangulaire, nettement denticulée, et une latérale très longue, médiocrement saillante ; empreintes musculaires : antérieure profonde, postérieure superficielle.
Longueur maximum : 24-26 millimètres ; hauteur max. : 9-10 millimètres ; épaiss. max. : 5 millimètres.
Test d’un marron jaunacé ou ocracé[454], parfois très sombre[455], légèrement excorié vers les sommets ; stries d’accroissement assez délicates, régulières, plus fortes postérieurement ; nacre assez irisée, bleu de prusse clair.
Cette espèce ne peut se rapprocher que de l’Unio Monceti Bourguignat[456] ; on l’en distinguera :
Par son test non chevronné ; par sa forme beaucoup plus allongée quoique la région postérieure ne soit, comme dans le type Monceti, que trois fois aussi longue que l’antérieure, mais l’Unio Monceti présente une région antérieure remarquablement écourtée, très arrondie, avec des sommets tout à fait antérieurs ; par ses sommets bien moins proéminents ; par sa forme beaucoup plus comprimée.