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Leçons d'histoire, / prononcées à l'École normale; en l'an III de la République Française; Histoire de Samuel, inventeur du sacre des rois; État physique de la Corse. cover

Leçons d'histoire, / prononcées à l'École normale; en l'an III de la République Française; Histoire de Samuel, inventeur du sacre des rois; État physique de la Corse.

Chapter 51: NOTES:
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About This Book

This work presents a series of historical lessons delivered at a French educational institution during the early years of the Republic. It explores the nature of history, emphasizing its role in shaping societal beliefs and prejudices. The author critiques the reliability of historical narratives, arguing that many misconceptions arise from unverified accounts. Various methods of composing history are discussed, including chronological and thematic approaches, with a preference for a philosophical analysis that relies on verified facts. The text advocates for a critical examination of historical sources and encourages readers to question the validity of accepted narratives, ultimately aiming to foster a more discerning approach to historical knowledge.

NOTES:

[1] Les professeurs de cette école, devenue célèbre en peu de mois, étaient:

      MM.
Lagrange}Mathématiques.
Laplace
HauyPhysique.
MongeGéométrie descriptive.
DaubentonHistoire naturelle.
BertholletChimie.
ThouinAgriculture.
Buache}Géographie.
Mentelle
VolneyHistoire.
Bernardin-de-St.-Pierre    Morale.
SicardGrammaire.
GaratAnalyse de l'entendement.
LaharpeLittérature.

[2] Le lecteur observera que les professeurs de l'École Normale s'étaient imposé la loi de faire leurs leçons sur de simples notes, à la manière des orateurs. Ces leçons, recueillies à l'instant par des écrivains aussi prompts que la parole, étaient légèrement révisées, et de suite envoyées à l'impression; mes trois premières sont dans ce cas, et je n'eus que 15 jours pour m'y préparer.

[3] Ce fut la séance d'ouverture, dans laquelle furent lus tous les programmes.

[4] Par exemple, analysez le principe fondamental des mouvements actuels de l'Europe: Tous les hommes naissent égaux en droits; qu'est-ce que cette maxime, sinon le fait collectif et sommaire déduit d'une multitude de faits particuliers, d'après lesquels, ayant examiné et compare un à un la totalité, ou du moins une immense multitude d'individus, et les ayant trouvés munis d'organes et de facultés semblables, l'on en a conclu, comme dans une addition, le fait total, qu'ils naissent tous égaux en droits..... Reste à bien définir qu'est-ce qu'un droit; et cette définition est plus épineuse qu'on ne le pense généralement.

[5] Hérodote, liv. 4, § XLII, traduct. de Larcher.

[6] Suétone, Vie de César, § LIV.

[7] La liberté, et non la licence.

[8] Voyez le 1er chapitre du Qoran, verset 1er et suivants.

[9] Voyez le début des Confessions de J.-J. Rousseau; il n'est peut-être aucun livre où tant d'orgueil ait été rassemblé dans aussi peu de lignes que dans les dix premières.

[10] Il y a cette différence caractéristique entre Rousseau et Voltaire considérés comme chefs d'opinions, que si vous attaquez Voltaire devant ses partisans, ils le défendent sans chaleur, par raisonnement et par plaisanterie, et vous regardent tout au plus comme un homme de mauvais goût. Mais si vous attaquez Rousseau devant les siens, vous leur causez une espèce d'horreur religieuse, et ils vous considèrent comme un scélérat. Ayant moi-même dans ma jeunesse éprouvé ces impressions, lorsque j'en ai recherché la cause, il m'a paru que Voltaire, parlant à l'esprit plutôt qu'au cœur, à la pensée plutôt qu'au sentiment, n'échauffait l'ame d'aucune passion; et parce qu'il s'occupait plutôt de combattre l'opinion d'autrui que d'établir la sienne, il produisait l'habitude du doute plutôt que celle de l'affirmation, ce qui mène à la tolérance. Rousseau, au contraire, s'adresse au cœur plutôt qu'à l'esprit, aux affections plutôt qu'au raisonnement; il exalte l'amour de la vertu et de la vérité (sans les définir), par l'amour des femmes, si capable de faire illusion; et parce qu'il a une forte persuasion de sa droiture, il suspecte en autrui d'abord l'opinion, et puis l'intention: situation d'esprit d'où résulte immédiatement l'aversion quand on est faible, et l'intolérance persécutrice lorsque l'on est fort. Il est remarquable que parmi les hommes qui, dans ces derniers temps, ont le plus déployé ce dernier caractère, le grand nombre était ou se disait disciples et admirateurs de J.-J. Rousseau.

[11] Fraternité ou la mort, c'est-à-dire, pense comme moi ou je te tue; ce qui est littéralement la profession de foi d'un mahométan.

[12] L'on sait que Rousseau est mort dans cet état, rendu évident par ses derniers écrits.

[13] L'amphithéâtre de chimie au jardin des Plantes donnant sur la rue de Seine.

[14] Ce sujet est si important, que le lecteur ne trouvera pas mauvais que j'insère ici les résultats de mes observations sur les différentes salles où je me suis trouvé.

L'objet principal, même unique d'une salle délibérante, est que les discutants se parlent avec aisance, s'entendent avec clarté; décoration, construction, règles de l'art, tout doit être subordonné à ce point final. Pour l'obtenir, il faut:

1º Que les délibérants soient rapprochés les uns des autres, dans le plus petit espace conciliable avec la salubrité et la commodité; sans cette condition, ceux qui ont des voix faibles sont dépouillés de fait de leur droit de voter, et il s'établit une aristocratie de poumons, qui n'est pas l'une des moins dangereuses;

2º Que les délibérants siégent dans l'ordre le plus propre à mettre en évidence tous leurs mouvemens; car, sans respect public, il n'y a point de dignité individuelle; ces deux premières conditions établissent la forme circulaire et amphithéâtrale;

3º Que les rangs des délibérants forment une masse continue, sans division matérielle qui en fasse des quartiers distincts; car ces divisions matérielles favorisent et même fomentent des divisions morales de parti et de faction;

4º Que le parquet de la salle soit interdit à toute autre personne qu'aux secrétaires et aux huissiers; rien ne trouble plus la délibération, que d'aller et venir dans ce parquet;

5º Que les issues d'entrée et de sortie soient nombreuses, indépendantes les unes des autres, de manière que la salle puisse s'évacuer ou se remplir rapidement et sans confusion;

6º Que l'auditoire soit placé de manière à ne gêner en rien les délibérants.

Comme cette dernière condition pourrait sembler un problème, voici le plan que j'ai calculé sur ces diverses données, et qu'il n'appartient qu'à des architectes de rectifier dans l'exécution.

Je trace une salle en fer à cheval, ou formant un peu plus que le demi-cercle; je lui donne une aire suffisante à placer cinq cents délibérants au plus; car des assemblées plus nombreuses sont des cohues, et peut-être trois cents sont-ils un nombre préférable. J'élève cinq ou six rangs de gradins en amphithéâtre dont le rayon est de trente-six à quarante pieds au plus: dans chacun de ces rangs, je pratique une foule d'issues dites vomitoires, pour entrer et sortir. Autour du parquet, règne une balustrade qui l'interdit au dernier gradin. A l'un des bouts du demi-cercle, et hors des rangs, est le siége du président; derrière lui, hors du cercle, est un appartement à son usage, par où il entre et sort: devant lui sont les secrétaires; à l'autre bout en face, aussi hors des rangs, est la tribune de lecture, destinée seulement à lire les lois et les rapports; chaque membre devant parler sans quitter sa place: cette tribune et le siége du président n l'amphithéâtre. Au-dessus des rangs, en retraite dans le mur, sont des tribunes où siégent les preneurs de notes, dits journalistes, qui, dans un gouvernement républicain me paraissant des magistrats très-influants, sont élus partie par le peuple, partie par le gouvernement: enfin, j'admets quelques tribunes grillées pour les ambassadeurs et pour divers magistrats.

La voûte de cette salle est non pas ronde, mais aplatie et calculée pour des effets suffisants d'audition: nombre de châssis y sont pratiqués pour rafraîchir l'air de la salle, et pour y jeter de la lumière. Aucune fenêtre latérale, aucune colonne ne rompt l'unité de l'enceinte. S'il y a trop d'écho, l'on tend des draperies. Le long des murs sont des thermomètres pour mesurer et tenir à un même degré la chaleur des poêles souterrains en hiver, et des conduits d'air en été; cette partie est sous l'inspection de trois médecins; car la santé des délibérants est un des éléments des bonnes lois.

Jusqu'ici l'on ne voit point d'auditoire, et cependant j'en veux un avec la condition commode de le faire plus ou moins nombreux, selon qu'on le voudra: pour cet effet j'adapte à l'ouverture du demi-cercle ci-dessus, un autre demi-cercle plus petit, ou plus grand, ou égal, qui représente une salle de spectacle sans galeries. Les délibérants se trouvent à son égard comme dans un théâtre élevé qui domine d'assez haut le parterre. Ces deux salles sont séparées par un passage et une balustrade, presque comme l'orchestre, pour s'opposer, au besoin, à tout mouvement. L'on entre par ce passage pour se présenter à la barre située entre le président et la tribune de lecture: enfin, une cloison latérale mobile vient, dans les cas de délibération secrète, isoler en un clin d'œil les délibérants, sans déplacer la masse des spectateurs. Il y a tout lieue se regardent pas, mais sont un peu tournés vis-à-vis le fond de croire qu'un tel édifice ne coûterait pas 100,000 francs, parce qu'il exclut toute espèce de luxe; mais dût-il coûter le double, sa construction est la chose la plus praticable, même dans nos circonstances; car sans toucher au trésor public, une souscription de 12 à 15 fr. par mois, de la part de chaque membre des Conseils, remplirait l'objet qu'ils désirent également, sans être une charge onéreuse sur leur traitement.

[15] Ainsi encore les détails des négociations, de qui dépendent les grands événements de la paix et de la guerre, sont de tous les faits historiques les plus instructifs, puisque l'on y voit à nu tout le jeu des intrigues et des passions; et ces faits seront toujours les moins connus, parce qu'il n'est peut-être aucun de leurs agents qui osât en rendre un compte exact, pour son propre honneur ou son intérêt.

[16] Et en général, toute l'histoire n'est-elle pas les faits tels que les a vus le narrateur, et n'est-ce pas le cas d'appliquer ce mot de Fontenelle: L'histoire est le roman de l'esprit humain, et les romans sont l'histoire du cœur?

[17] Lorsque j'écrivais ceci, en ventôse de l'an 3, je venais de traverser la France depuis Nice, et j'avais vu très-fréquemment les enfants lanternant les chats, guillotinant les volailles et imitant les tribunaux révolutionnaires.

[18] Ces paroles manquent dans l'édition in-12, qui est pleine de fautes.

[19] Avant thermidor de l'an 2.

[20] Les prêtres l'ont si bien senti, que, par une contradiction digne de leur système, ils ont toujours interdit à la jeunesse, et en général au peuple, la lecture des Bibles pleines de récits grossiers et atroces, et pourtant dictés par le Saint-Esprit.

[21] C'est le gouz oriental, dont le g représente notre r grasseyé.

[22] Wednesday chez les Anglais.

[23] Voyez le Common Sense, par Thomas Payne.

[24] C'est-à-dire directrice et conductrice, qui sont les sens du mot norma.

[25] Voyez l'Histoire de 1793.

[26] La totalité des pays désignés sous le nom de Grèce contient environ 3,850 lieues carrées; de ce nombre 1,100 composent la Macédoine qui, selon Strabon, contenait, au temps d'Alexandre, c'est-à-dire au plus haut degré de prospérité, 1,000,000 de têtes; c'est un peu moins de 1,000 ames par lieue carrée, et cette proportion est en effet celle des pays les plus peuplés: je l'applique à toute la Grèce, afin de n'avoir pas de contestation avec les adorateurs de l'antiquité; elle est d'ailleurs le cas le plus favorable des portions de la Grèce moderne; car, d'après des recherches faites avec beaucoup de soin et d'intelligence, par Félix, consul de Salonique, la Macédoine actuelle n'a que 700,000 ames, ce qui donne en moins trois dixièmes; la Morée n'en a que 300,000 pour 700 lieues carrées; l'Attique 20,000, et toute la Grèce réunie pas 2,000,000, ce qui ne donne que 500 ames par lieue carrée, et ce terme est plus fort que l'Espagne.

[27] Maintenant que j'ai vu les sauvages d'Amérique, je persiste de plus en plus dans cette comparaison, et je trouve que le premier livre de Thucydide, et tout ce qu'il dit des mœurs des Lacédémoniens, conviennent tellement aux cinq nations, que j'appellerais volontiers les Spartiates, les Iroquois de l'ancien monde.

[28] Lorsque je songe que l'église dite Sainte-Geneviève, aujourd'hui le Panthéon, a coûté plus de 30 millions; que Saint-Sulpice, et vingt autres églises dans Paris en ont coûté depuis cinq jusqu'à dix; qu'il n'est pas de ville de 10,000 ames en France qui n'ait pour 1,000,000 en construction d'églises, pas de paroisse qui n'en ait pour 60 à 80,000 francs, je suis porté à croire que la France a employé dix milliards à entasser de petits monceaux de pierres sans utilité; c'est-à-dire, quatre ans de son revenu actuel, et plus du double de son revenu au temps des constructions: et voilà la sagesse des peuples et des gouvernements!

[29] Il existait chez l'ancien intendant des bâtiments (d'Angivilliers), un volume manuscrit superbement relié, qui était le registre des frais de la construction de Versailles, et dont le résumé au dernier feuillet, était de 1,400,000,000 de livres tournois: mais l'argent était à 16 francs le marc, il est de nos jours à 52 francs.

[30] Par la main de Charlotte Corday: cependant il est vrai que chez les Juifs l'assassinat des tyrans fut inspiré et protégé par l'Esprit saint; que chez les chrétiens il a été enseigné et recommandé par saint Thomas d'Aquin, et par les jésuites, qui l'ont pratiqué sur des princes qui n'étaient pas tyrans... Aujourd'hui, que deux empereurs effrayés de cette doctrine en d'autres mains veulent rétablir l'ordre des jésuites, il pourra se faire, s'ils y réussissent, qu'ils aient un jour plus de peine à se débarrasser de ces bons pères, que n'en ont eu les rois de France, d'Espagne et de Portugal; car ils n'auront plus à leur secours Voltaire, Helvétius, d'Alembert, et tant d'autres philosophes anti-fanatiques, haïs maintenant par les rois, quoique Frédéric II fût de leur nombre.

[31] L'auteur, après dix mois de détention (jusqu'au 6 fructidor an 2), se trouvait exilé de Paris, par le décret contre les détenus, lorsqu'il reçut à Nice, au mois de frimaire, sa nomination inopinée à l'une des places de professeur, et l'invitation du comité d'instruction publique de venir sur-le-champ la remplir.

[32] En ce moment tout Paris, grace à l'art de M. Prévost, voit ou peut voir Jérusalem aussi bien que notre voyageur: l'illusion du Panorama est complète, mais elle détruit celles de l'imagination; chacun se dit: Quoi! c'est là Jérusalem! Les réflexions de notre auteur n'en seront que mieux appréciées. Il est fâcheux que la vérité du tableau de M. Prévost soit gâtée par une notice triviale, pleine d'erreurs populaires et de contes de pèlerins.

[33] Au temps d'Alexandre, la ville de Tyr, selon les Grecs, avait 46,000 habitants, entassés dans des maisons à quatre étages, construction rare chez les anciens.

[34] Courtier.

[35] Dans l'Itinéraire à Jérusalem, tome II, le poétique auteur cite, page 129, le village de Saint-Jérémie comme étant la patrie du prophète de ce nom, et il reconnaît que cette tradition est fausse, puisque la Bible établit Anatot.

Page 123, selon les habitants, tous les monuments du pays seraient dus à sainte Hélène, et il convient que cela n'est pas vrai....., etc. L'auteur eût pu en citer bien d'autres exemples, mais ce n'était ni son intention ni son but.

[36] La circoncision.

[37] C'était aussi le nom des deux consuls de Kartage, dont le peuple, né phénicien, parlait un langage tout-à-fait analogue à l'hébreu.

[38] Samuel ou Rois, liv. I, chap. I.

[39] Ce nom est le même que l'arabe Ali, lettre pour lettre. Le latin a introduit l'h pour exprimer l'ain.

[40] Le texte emploie ce mot, quoiqu'il n'y eût point encore de temple comme celui de Salomon: c'était ou ce dut être un bâtiment provisoire, assez simple, comme le furent les premiers temples chez les anciens.

[41] Beaucoup d'ouvrages critiques et philosophiques ont été composés sur l'origine, le droit, le mérite ou l'abus de la royauté; sur les vexations, les vices, les scandales des rois: n'est-il pas singulier que l'on en ait si peu composé de tels sur l'origine, le droit, l'abus de la prêtrise, sur les vices, les scandales des prêtres? Pourquoi cela, quand le sujet est si riche?—Parce qu'en tout pays, la plupart des écrivains ont été de la caste des prêtres.

[43] Les Hébreux s'étaient éclairés par quelques progrès de civilisation.—Voyez une note relative, à la fin de cette histoire.

[44] L'auteur des Paralipomènes (présumé être le prêtre Ezdras) nous dit positivement, liv. 1, chap. 29, v. 29: «Toutes les actions du roi David, tant les premières que les dernières, sont écrites dans le livre du prophète Samuel, dans celui du prophète Nathan et dans celui du prophète Gad

[45] De nos jours, c'est encore le même usage chez les Druzes et leurs voisins du Kasraouan. Des hommes se placent le soir sur les hauteurs, et se transmettent de l'un à l'autre un cri, qui, en moins de deux heures, est répandu dans tout le pays.

[46] L'ancien et indélébile usage de ces pays, l'usage de tous les peuples arabes, est, comme l'on sait, de ne jamais se présenter devant quelqu'un sans lui offrir un cadeau quelconque: ici le quart de sicle est connu pour avoir pesé 21 grains d'argent fin, valant un peu moins de 5 sous de France; mais à cette époque, l'argent plus rare pouvait valoir dix fois plus qu'aujourd'hui; ce quart a pu représenter en denrées 40 de nos sous.

[47] Païens, pagani, gens du village, paysans.

[48] Et les illuminés de l'Allemagne et du Nord, l'auteur les oublie-t-il? Voyez la note nº 3, à la fin de cette histoire.

[49] Tout récemment M. Clavier, dans son livre des Oracles.

[50] L'épaule et le bras étaient l'emblème et même l'expression de la force active et du pouvoir.

[51] Le mot hébreu habl signifie positivement un câble; un cordon, une chaîne.

[52] Et nous autres Français, ne le voyons-nous pas aujourd'hui dans les prédications des comédiens missionnaires qui parcourent les villes et les campagnes de nos provinces du Midi, où ils exploitent la sottise populaire avec tous les raffinements d'escamotage et de pantomime qu'a inventés l'Italie? Nos pères, dans le siècle dernier, ne l'ont-ils pas vu dans les scènes extravagantes, devenues si célèbres, des miracles opérés au faubourg Saint-Marcel par les sectateurs du diacre Pâris, etc.?

[53] Ce mot est équivoque; est-ce des prophètes, est-ce de Kis et de Saül dont on demande cela? Si c'est de Kis et de Saül, cela voudra dire: sont-ils lévites? Si c'est des prophètes, cela voudra dire, qu'eux-mêmes n'y avaient pas plus de droit par naissance que Saül, et que la confrérie était formée de gens de toutes classes. Ce dernier sens nous paraît le véritable; autrement cette phrase ne serait que la répétition de la précédente.

[54] Comme les rois de France de la première race.

[55] Composé du radical scafat, il a jugé, il a rendu sentence.

[56] Dans l'hébreu, il n'y a pas deux mots divers pour esclave et serviteur, c'est toujours abd.

[57] Il ne faut pas s'y méprendre: c'est ici la véritable royauté patriarcale des anciens temps; chez les peuples de race arabe, le père de famille a toujours eu et a encore le droit de vie et de mort dans sa maison; ses enfants, ses femmes sont à sa discrétion. Voyez comme Abraham se dispose à égorger son fils sans aucun obstacle humain, et comme il force tout son monde, plus de 300 mâles, esclaves ou libres, à se faire la douloureuse amputation du prépuce. On ne remarque point assez que le despotisme oriental a ses bases dans le despotisme domestique qui tire son origine de l'état sauvage primitif.

[58] L'historien Justin remarque qu'à une époque qui dut être 11 ou 1,200 ans avant notre ère, les Philistins s'étaient emparés de Sidon, et que ce fut à cette occasion que des émigrés de cette ville bâtirent la ville de Tyr.

[59] Lorsque Saül retourne de la maison de Samuel chez son père, il est dit qu'il doit trouver sur sa route un corps-de-garde philistin, et la ligne de cette route est tout-à-fait dans l'intérieur du pays.

[60] Mot impropre: on ne fait jamais ici mention de cavaliers, tout est piéton.

[61] Le manuscrit alexandrin porte seulement dix mille de l'un, dix mille de l'autre, ce qui est le seul raisonnable.

[62] Voyez la note 4, à la fin de cette histoire.

[63] Ce mot est remarquable: votre Dieu! il y avait donc chez les Hébreux d'autres dieux accrédités et vivant au pair du dieu Jehowh.

[64] Tous les textes et anciens interprètes sont d'accord sur ce point: la Vulgate latine dit: In frusta concidit; le grec dit: Jugulavit; le syriaque et l'arabe portent: Coupa en morceaux. Le seul anglais Walton, auteur de la Polyglotte, a pris sur lui de traduire par fit couper, le mot hébreu qui ne pourrait avoir ce sens que par une forme arabe qui n'a pas lieu en hébreu: Samuel coupa de ses propres mains.

[65] Meuble du pays, encore à ce jour où le verre est si commun: il était très-rare alors.

[66] Shalam bouâk.... la paix sur votre arrivée.

[67] Voyez la note nº 5, à la fin de cette histoire.

[68] Voyez la note nº 3, à la fin de cette histoire.

[69] Le texte n'est pas clair à ce sujet, le mot hébreu shamn, signifiant toute matière grasse, onctueuse, huileuse; et le mot samn, dans l'arabe, restant affecté au beurre fondu.

[70] Voyez la note nº 6, à la fin de cette histoire.

[71] Qu'est-ce que croire? je le demande au plus habile métaphysicien; n'est-ce pas voir comme existant ce qu'on nous dit exister? Mais ce tableau que l'on voit ou que l'on se figure voir, peut n'exister que dans notre cerveau: par exemple, d'anciens savants ont cru que le ciel était une voûte de cristal: il est clair que ce cristal, que cette voûte n'existaient que dans leur cerveau où ils la voyaient, et non dans le firmament. Toute la question des croyances est là. Voir dans son cerveau: cela ne dérange rien dans la nature. Josué ou son historien a-t-il vu autrement le soleil s'arrêter? Répondez-moi, biblistes.


(Note de l'éditeur.)

[72] C'est encore par ce mécanisme, que l'on voit souvent dans la vieillesse reparaître les impressions de l'enfance, qui avaient dormi pendant tout l'âge mûr. Par exemple, le physicien Brisson, élevé dans le patois poitevin, l'avait perdu de vue dans sa très-longue résidence à Paris..... Devenu vieux, il eut une attaque d'apoplexie, qui, en lui laissant d'ailleurs ses facultés physiques, effaça toutes ses idées et connaissances acquises par l'étude, même le souvenir de la langue française: mais les impressions premières du patois de l'enfance reparurent et continuèrent jusqu'à sa mort, arrivée quelques mois après. Dans l'âge mûr, notre raison tendue, repousse avec mépris les loups-garous et les esprits-revenants. Dans la vieillesse, nos nerfs retombés dans l'état de végétation purement animale, reprennent les terreurs de l'enfance: que d'exemples dans ce fameux siècle de Louis XIV, riche en arts d'imagination, pauvre en sciences exactes et physiques!


(Note de l'éditeur.)

[73] Liv. II de Samuel ou des Rois, chap. v.

[74] Un volume in-8º, publié en 1809, à Paris, par Joseph-Eugène Beauvoisins, chef d'escadron, et juge militaire au tribunal spécial de Naples.

[75] On trouvera, dans le tableau suivant, les principaux sommets de cette chaîne avec leurs positions géographiques, leurs hauteurs au-dessus du niveau de la mer, et leurs distances du rivage le plus près.

Noms des sommets. Latitude. Longitude
prise
du méridien
de Paris.
Hauteur
au-dessus
du niveau
de la mer.
Distance
du rivagex
le plus
près.
Indication du
rivage.
  °   '   "     °   '   " to. to.  
Monte-Stello au cap Corse 42 47 21 7 04 26 710 2500 Est.
Monte-Asto 42 34 56 6 51 57 719 6300 Nord.
Monte-Grosso 42 30 08 6 34 41 954 6400 Ouest.
Monte-Paglia-Orba 42 20 34 6 32 08 1360 8800 Ouest.
Monte-Rotondo 42 13 00 6 42 55 1418 15700 Ouest.
Monte-Renoso 42 03 37 6 47 30 1158 13300 Est.
Punta la Cappella 41 59 49 6 52 29 1051 8600 Est.
Monte-l'Inardine du Coscione 41 51 01 6 51 58 1055 8100 Est.
Punta della Calva 41 43 16 6 53 01 803 6400 Est.
Punta d'Ovace, sommet le plus élevé des montagnes de Cagna 41 34 59 6 44 26 766 6000 Sud.
Monte-Sant'Angelo de Casinca 42 27 52 7 03 53 573 5300 Est.
Monte-San-Pietro 42 23 51 6 59 »  851 8700 Est.

[76] C'est cette double question d'action et de réaction réciproque que l'auteur se proposait d'examiner dans les chapitres qui devaient suivre celui qu'on vient de lire;—la mort l'a surpris au milieu de son travail; et c'est d'autant plus à regretter, que nous sommes encore à attendre un bon ouvrage sur la Corse.

M. de Volney écrivait peu; il se contentait de prendre quelques notes en forme d'argument et comme pour se prémunir contre les infidélités de sa mémoire.—Un ouvrage était tout entier dans sa tête avant qu'il en jetât les premières lignes sur le papier; et lors qu'il commençait à écrire, il le faisait avec tant d'ordre et de suite, qu'on aurait cru qu'il copiait.—Il était rare qu'il changeât quelque chose à cette rédaction unique, qu'il se contentait de faire recopier par son secrétaire.

Nous sommes réduits à déplorer cette force de tête et cette facilité de rédaction, puisqu'elles nous privent de plusieurs ouvrages entièrement terminés, que M. de Volney se disposait à écrire, lorsqu'il fut enlevé, en peu de jours, à ses amis et à ses concitoyens.


(Note des éditeurs.)

[77] Je n'ai pu me procurer cet article que par approximation.

[78] Id.

[79] Id.

[80] Oui, Paoli a encore en ce moment des gardes, et est généralement traité d'excellence.


Note de l'auteur. Mars 1793.

[81] Les sociétés populaires de Marseille et de Toulon, qui ont dénoncé Paoli, doivent bien remarquer cette circonstance, afin de ne pas prendre le change sur les auteurs des troubles de la Corse.


(Note de l'auteur. Mars 1793.)

[82] Voyez le livre de Dupuis, table des matières, au mot Cadmus, où sont les renvois appropriés à chacun des deux formats, l'in-4º. et l'in-8º.

[83] Nos poètes ne célèbrent-ils pas encore le belier, qui est hors de signe depuis plus de 2,200 ans?

[84] Le ſ représente la lettre schin.

[85] Voyez Dupuis, tome III, in-4º, page 40.

[86] Ici, comme en tant d'autres passages, aucune traduction n'a été fidèle.

[87] Voyez Hérod., lib. II.

[88] Voyez Dupuis, in-4º, tome. 3, page 40.

[89] Il a plu à nos modernes faiseurs de planisphères de placer le taureau et le belier tête contre tête. Le fait est précisément l'opposé chez les anciens qui placent ces deux figures dos à dos. Cependant, comme aucun de leurs atlas n'a été fait plus de 400 ans avant notre ère, j'ai des raisons de croire que jadis la tête du belier fut où ils ont placé sa queue.

[90] Geogr., lib. I, page 41 et 42; édition de Casaubon.

[91] Ce que les Allemands appellent langue semitique, quoique Kanàan et Kush en fassent partie.

[92] Voyez Supplément à l'Hérodote de Larcher; 80 pages, in-8º, 1808. Chronologie d'Hérodote. 1 vol. in-8º, 1809.

[93] Voyez Recherches nouvelles sur l'Histoire ancienne; 2 vol. in-8º. Le second volume se compose de ce qui avait déja paru, en 1808 et 1809, sous le titre ci-dessus. Seulement, j'ai écarté quelques personnalités.