Tseu-lou rapporta ces paroles à KHOUNG-TSEU. KHOUNG-TSEU dit: «Il y a un mandat du ciel, une destinée.» KHOUNG-TSEU ne recherchait les fonctions publiques que selon les rites ou les convenances, il ne les quittait que selon les convenances. Qu'il les obtînt ou qu'il ne les obtînt pas, il disait: Il y a une destinée. Mais s'il avait logé chez un homme qui guérissait les ulcères et chez l'eunuque Tsi-hoan, il ne se serait conformé ni à la justice ni à la destinée.
KHOUNG-TSEU n'aimant plus à habiter dans les royaumes de Lou et de Weï, il les quitta, et il tomba dans le royaume de Soung entre les mains de Houan, chef des chevaux du roi, qui voulait l'arrêter et le faire mourir. Mais, ayant revêtu des habits légers et grossiers, il se rendit au delà du royaume de Soung. Dans les circonstances difficiles où il se trouvait alors, KHOUNG-TSEU alla demeurer chez le commandant de ville Tching-tseu, qui était ministre du roi Tcheou, du royaume de Tchin.
J'ai souvent entendu tenir ces propos: «Vous connaîtrez les ministres qui demeurent près du prince, d'après les hôtes qu'ils reçoivent chez eux; vous connaîtrez les ministres éloignés de la cour, d'après les personnes chez lesquelles ils logent.» Si KHOUNG-TSEU avait logé chez l'homme qui guérissait les ulcères et chez l'eunuque Tsi-hoan, comment aurait-il pu s'appeler KHOUNG-TSEU?
9. Wen-tchang fit encore cette question: Quelques-uns disent que Pe-li-hi[23] se vendit pour cinq peaux de mouton à un homme du royaume de Thsin qui gardait les troupeaux; et que pendant qu'il était occupé lui-même à faire paître les bœufs, il sut se faire reconnaître et appeler par Mou-koung, roi de Thsin. Est-ce vrai?
MENG-TSEU dit: Aucunement; cela ne s'est pas passé ainsi. Ceux qui aiment les inventions ont fabriqué celles-là.
Pe-li-hi était un homme du royaume de Yu. Les hommes du royaume de Thsin ayant, avec des présents composés de pierres précieuses de la région Tchoui-ki, et de coursiers nourris dans la contrée nommée Kiouë, demandé au roi de Yu de leur permettre de passer par son royaume pour aller attaquer celui de Kouë, Koung-tchi en détourna le roi; Pe-li-hi ne fit aucune remontrance.
Sachant que le prince de Yu [dont il était ministre] ne pouvait pas suivre les bons conseils qu'il lui donnerait dans cette occasion, il quitta son royaume pour passer dans celui de Thsin. Il était alors âgé de soixante et dix ans. S'il n'avait pas su, à cette époque avancée de sa vie, que de rechercher la faveur de Mou-koung en menant paître des bœufs était une action honteuse, aurait-il pu être nommé doué de sagesse et de pénétration? Comme les remontrances [au roi de Yu] ne pouvaient être suivies, il ne fit pas de remontrances; peut-il pour cela être appelé un homme imprudent? Sachant que le prince de Yu était près de sa perte, il le quitta le premier; il ne peut pas pour cela être appelé imprudent.
En ces circonstances il fut promu dans le royaume de Thsin. Sachant que Mou-koung pourrait agir de concert avec lui, il lui prêta son assistance; peut-on l'appeler pour cela imprudent? En étant ministre du royaume de Thsin, il rendit son prince illustre dans tout l'empire, et sa renommée a pu être transmise aux générations qui l'ont suivi. S'il n'avait pas été un sage, aurait-il pu obtenir ces résultats? Se vendre pour rendre son prince accompli est une action que les hommes les plus grossiers du village, qui s'aiment et se respectent, ne feraient pas; et celui que l'on nomme un sage l'aurait faite!
[1] Ode Nan-chan, section Kouë-foung.
[2] Parce qu'il n'aurait pas obtenu leur assentiment, et qu'il n'aurait pas voulu leur désobéir.
[3] Commentaire.
[4] Frère cadet de Chun, mais d'une autre mère.
[5] Chapitre du Chou-king.
[6] Ode Pe-chan, section Siao-ya.
[7] Ode Yun-han, section Ta-ya.
[8] C'est Li-wang qui est ici designé. (Glose.)
[9] Ode Hia-wou, section Ta-ya.
[10] Chapitre Ta-yu-mo, pag. 52, des Livres sacrés de l'Orient.
[11] Pe-chin, littéralement, les cent esprits; ce sont les esprits du ciel, de la terre, des montagnes et des fleuves, (Glose.)
[12] Tchoung-kouë, c'est-à-dire, le royaume suzerain qui se trouvait placé au milieu de tous les autres royaumes feudataires qui formaient avec lui l'empire chinois.
[13] Un des chapitres du Chou-king, pag. 84, lieu cité.
[14] Pour le philosophe chinois, les intentions du ciel concernant la succession à l'empire se manifestaient par le vœu populaire, qui se produisait sous trois formes: l'adhésion des grands vassaux; celle du commun du peuple, qui se choisit le dispensateur de la justice; et enfin les chants des poëtes, qui sanctionnent, pour ainsi dire, les deux premières formes du vœu populaire, et le transmettent à la postérité. La question serait de savoir si ces trois formes du vœu populaire sont toujours véritablement et sincèrement produites.
[15] Ming, ordre donné et reçu, mandat.
[16] Où était élevé le monument funéraire du roi son père.
[17] En s'introduisant près du prince sous le prétexte de bien cuire et de bien découper les viandes, comme on le supposerait de Y-yin. (Glose.)
[18] Chapitre du Chou-king, qui rapporte les faits de Y-yin.
[19] Mou-kong, palais de Kie, ainsi nommé.
[20] Po, la capitale de Thang.
[21] Homme d'une sagesse reconnue, et premier magistrat du royaume de Weï.
[22] Il était le favori du roi de Weï.
[23] Sage du royaume de Yu.
CHAPITRE IV,
COMPOSÉ DE 9 ARTICLES.
1. MENG-TSEU dit: Les yeux de Pe-i ne regardaient point les formes ou les objets qui portaient au mal; ses oreilles n'entendaient point les sons qui portaient au mal. Si son prince n'était pas digne de l'être[1], il ne le servait pas; si le peuple [qu'on lui confiait] n'était pas digne d'être gouverné, il ne le gouvernait pas. Quand les lois avaient leur cours, alors il acceptait des fonctions publiques; quand l'anarchie régnait, alors il se retirait dans la solitude. Là où une administration perverse s'exerçait, là où un peuple pervers habitait, il ne pouvait pas supporter de demeurer. Il pensait, en habitant avec les hommes des villages, que c'était comme s'il se fût assis dans la boue ou sur de noirs charbons avec sa robe de cour et son bonnet de cérémonies.
A l'époque du tyran Cheou-(sin), il habitait sur les bords de la mer septentrionale, en attendant la purification de l'empire. C'est pourquoi ceux qui par la suite ont entendu parler des mœurs de Pe-i, s'ils étaient ignorants et stupides, sont [par son exemple] devenus judicieux, et, s'ils étaient d'un caractère faible, ont acquis une intelligence ferme et persévérante.
Y-yin disait: Qui servirez-vous, si ce n'est le prince? Qui gouvernerez-vous, si ce n'est le peuple?
Quand les lois avaient leur cours, il acceptait des fonctions publiques; quand l'anarchie régnait, il acceptait également des fonctions publiques.
Il disait[2]: «Lorsque le ciel fit naître ce peuple, il voulut que ceux qui les premiers connaîtraient les principes des actions, ou les devoirs sociaux, instruisissent ceux qui devaient les apprendre d'eux; il voulut que ceux qui les premiers auraient l'intelligence des lois sociales la communiquassent à ceux qui devaient ne l'acquérir qu'ensuite. Moi je suis des hommes de tout l'empire celui qui le premier ai cette intelligence. Je veux, en me servant des doctrines sociales de Yao et de Chun, communiquer l'intelligence de ces doctrines à ce peuple qui les ignore.»
Il pensait que si parmi les populations de l'empire il se trouvait un seul homme ou une seule femme qui ne comprît pas tous les avantages des institutions de Yao et de Chun, c'était comme s'il les avait précipités lui-même dans une fosse ouverte sous leurs pas. C'est ainsi qu'il entendait se charger du fardeau de l'empire.
Lieou-hia-hoëi ne rougissait pas de servir un prince vil, il ne repoussait pas une petite magistrature. S'il entrait en place, il ne retenait pas les sages dans l'obscurité, et il se faisait un devoir de suivre toujours la droite voie. S'il était négligé, délaissé, il n'en conservait point de ressentiment; s'il se trouvait jeté dans le besoin et la misère, il ne se plaignait point, ne s'en affligeait point. S'il lui arrivait d'habiter parmi les hommes du village, ayant toujours l'air satisfait, il ne voulait pas les quitter pour aller demeurer ailleurs. Il disait: Vous, agissez comme vous l'entendez; moi j'agis comme je l'entends[3]. Quand même, les bras nus et le corps sans vêtements, vous viendriez vous asseoir à mes côtés, comment pourriez-vous me souiller?
C'est pourquoi ceux qui par la suite ont entendu parler des mœurs de Lieou-hia-hoëi, s'ils étaient pusillanimes, sont [par son exemple] devenus pleins de courage; et s'ils étaient froids et insensibles, ils sont devenus aimants et affectueux.
KHOUNG-TSEU, voulant quitter le royaume de Thsi, prit dans sa main une poignée de riz passé dans l'eau, et se mit en route. Lorsqu'il voulut quitter le royaume de Zou, il dit: «Je m'éloigne lentement.» C'est le devoir de celui qui s'éloigne du royaume de son père et de sa mère[4]. Quand il fallait se hâter, se hâter; quand il fallait s'éloigner lentement, s'éloigner lentement; quand il fallait mener une vie privée, mener une vie privée; quand il fallait occuper un emploi public, occuper un emploi public: voilà KHOUNG-TSEU.
MENG-TSEU dit: Pe-i fut le plus pur des saints; Y-yin en fut le plus patient et le plus résigné; Lieou-hia-hoeï en fut le plus accommodant; et KHOUNG-TSEU fut de tous celui qui sut le mieux se conformer aux circonstances [en réunissant en lui toutes les qualités des précédents][5].
KHOUNG-TSEU peut être appelé le grand ensemble de tous les sons musicaux [qui concourent à former l'harmonie]. Dans le grand ensemble de tous les sons musicaux, les instruments d'airain produisent les sons, et les instruments de pierres précieuses les mettent en harmonie. Les sons produits par les instruments d'airain commencent le concert; l'accord que leur donnent les instruments de pierres précieuses termine ce concert. Commencer le concert est l'œuvre d'un homme sage; terminer le concert est l'œuvre d'un saint, ou d'un homme parfait.
Si on compare la prudence à quelque autre qualité, c'est à l'habileté; si on compare la sainteté à quelque autre qualité, c'est à la force [qui fait atteindre au but proposé]. Comme l'homme qui lance une flèche à cent pas, s'il dépasse ce but, il est fort; s'il ne fait que l'atteindre, il n'est pas fort.
2. Pe-koung-ki[6] fit une question en ces termes: Comment la maison de Tcheou ordonna-t-elle les dignités et les salaires?
MENG-TSEU dit: Je n'ai pas pu apprendre ces choses en détail. Les princes vassaux qui avaient en haine ce qui nuisait à leurs intérêts et à leurs penchants ont de concert fait disparaître les règlements écrits de cette famille. Mais cependant, moi KHO, j'en ai appris le sommaire.
Le titre de Thian-tseu, fils du Ciel[7] [ou empereur], constituait une dignité; le titre de Koung, une autre; celui de Heou, une autre; celui de Pe, une autre; celui de Tseu ou Nan, une autre: en tout, pour le même ordre, cinq degrés ou dignités[8].
Le titre de prince (kiun) constituait une dignité d'un autre ordre; celui de président des ministères (king), une autre; celui de premier administrateur civil d'une ville (ta-fou), une autre; celui de lettré de premier rang (chang-sse), une autre; celui de lettré de second rang (tchoung-sse), une autre; celui de lettré de troisième rang (hia-sse), une autre: en tout, pour le même ordre, six degrés.
Le domaine constitué du fils du Ciel[9] était un territoire carré de mille li détendue sur chaque côté[10]; les Koung et les Heou avaient chacun un domaine de cent li d'étendue en tous sens; les Pe en avaient un de soixante et dix li; les Tseu et les Nan, de cinquante li: en tout quatre classes. Celui qui ne possédait pas cinquante li de territoire ne pénétrait pas [de son propre droit][11] jusqu'au fils du Ciel. Ceux qui dépendaient des Heou de tous rangs étaient nommés Fou-young ou vassaux.
Le domaine territorial que les King, ou présidents des ministères, recevaient de l'empereur, était équivalent à celui des Heou; celui que recevaient les Ta-fou, commandants des villes, équivalait à celui des Pe; celui que recevaient les Youan-sse (ou Chang-sse), lettrés de premier rang, équivalait à celui des Tseu et des Nan.
Dans les royaumes des grands dont le territoire avait cent li d'étendue en tous sens[12], le prince [ou le chef, Koung et Heou] avait dix fois autant de revenus que les King, ou présidents des ministères; les présidents des ministères, quatre fois autant que les Ta-fou, ou premiers administrateurs des villes; les premiers administrateurs des villes, deux fois autant que les Chang-sse, ou lettrés de premier rang; les lettrés de premier rang, deux fois autant que les Tchoung-sse, ou lettrés de second rang; les lettrés de second rang, deux fois autant que les Hia-sse, ou lettrés de troisième rang. Les lettrés de troisième rang avaient les mêmes appointements que les hommes du peuple qui étaient employés dans différentes magistratures. Ces appointements devaient être suffisants pour leur tenir lieu des revenus agricoles qu'ils auraient pu se procurer en cultivant la terre.
Dans les royaumes de second rang dont le territoire n'avait que soixante et dix li d'étendue en tous sens, le prince [ou le chef, Pe] avait dix fois autant de revenus que les King, ou présidents des ministères; les présidents des ministères, trois fois autant que les premiers administrateurs des villes; les premiers administrateurs des villes, deux fois autant que les lettrés de premier rang; les lettrés de premier rang, deux fois autant que les lettrés de second rang; les lettrés de second rang, deux fois autant que les lettrés de troisième rang. Les lettrés de troisième rang avaient les mêmes appointements que les hommes du peuple qui étaient employés dans différentes magistratures. Ces appointements devaient être suffisants pour leur tenir lieu des revenus agricoles qu'ils auraient pu se procurer en cultivant la terre.
Dans les petits royaumes dont le territoire n'avait que cinquante li d'étendue en tous sens, le prince [ou chef, Tseu et Nan] avait dix fois autant de revenus que les présidents des ministères; les présidents des ministères, deux fois autant que les premiers administrateurs des villes; les premiers administrateurs des villes, deux fois autant que les lettrés du premier rang; les lettrés du premier rang, deux fois autant que les lettres du second rang; les lettrés du second rang, deux fois autant que les lettrés du troisième rang. Les lettrés du troisième rang avaient les mêmes appointements que les hommes du peuple qui étaient employés dans différentes magistratures. Ces appointements devaient être suffisants pour leur tenir lieu des revenus agricoles qu'ils auraient pu se procurer en cultivant la terre.
Voici ce que les laboureurs obtenaient des terres qu'ils cultivaient. Chacun d'eux en recevait cent arpents [pour cultiver]. Par la culture de ces cent arpents, les premiers ou les meilleurs cultivateurs nourrissaient neuf personnes; ceux qui venaient après en nourrissaient huit; ceux de second ordre en nourrissaient sept; ceux qui venaient après en nourrissaient six. Ceux de la dernière classe, ou les plus mauvais, en nourrissaient cinq. Les hommes du peuple qui étaient employés dans différentes magistratures recevaient des appointements proportionnés à ces différents produits.
3. Wen-tchang fit une question en ces termes: Oserais-je vous demander quelles sont les conditions d'une véritable amitié?
MENG-TSEU dit: Si vous ne vous prévalez pas de la supériorité de votre âge, si vous ne vous prévalez pas de vos honneurs, si vous ne vous prévalez pas de la richesse et de la puissance de vos frères, vous pouvez contracter des liens d'amitié. Contracter des liens d'amitié avec quelqu'un, c'est contracter amitié avec sa vertu. Il ne doit pas y avoir d'autre motif de liaison d'amitié.
Meng-hian-tseu[13] était le chef d'une famille de cent chars. Il y avait cinq hommes liés entre eux d'amitié: Yo-tching-khieou, Mou-tchoung; j'ai oublié le nom des trois autres. [Meng]-hian-tseu s'était aussi lié d'amitié avec ces cinq hommes, qui faisaient peu de cas de la grande famille de Hian-tseu. Si ces cinq hommes avaient pris en considération la grande famille de Hian-tseu, celui-ci n'aurait pas contracté amitié avec eux.
Non-seulement le chef d'une famille de cent chars doit agir ainsi, mais encore des princes de petits États devraient agir de même.
Hoeï, Koung de l'État de Pi, disait: Quant à Tseu-sse, j'en ai fait mon précepteur; quant à Yan-pan, j'en ai fait mon ami. Wang-chun et Tchang-si [qui leur sont bien inférieurs en vertus] sont ceux qui me servent comme ministres.
Non-seulement le prince d'un petit État doit agir ainsi, mais encore des princes ou chefs de plus grands royaumes devraient aussi agir de même.
Ping, Koung de Tçin, avait une telle déférence pour Haï-tang[14] que lorsque celui-ci lui disait de rentrer dans son palais, il y rentrait; lorsqu'il lui disait de s'asseoir, il s'asseyait; lorsqu'il lui disait de manger, il mangeait. Quoique ses mets n'eussent été composés que du riz le plus grossier, ou de jus d'herbes, il ne s'en rassasiait pas moins, parce qu'il n'osait pas faire le contraire [tant il respectait les ordres du sage][15]. Ainsi il avait pour eux la déférence la plus absolue, et rien de plus. Il ne partagea pas avec lui une portion de la dignité qu'il tenait du ciel [en lui donnant une magistrature][16]; il ne partagea pas avec lui les fonctions de gouvernement qu'il tenait du ciel [en lui conférant une partie de ces fonctions][17]; il ne consomma pas avec lui les revenus qu'il tenait du ciel[18]. En agissant ainsi, c'est honorer un sage à la manière d'un lettré, mais ce n'est pas l'honorer à la manière d'un roi ou d'un prince.
Lorsque Chun eut été élevé au rang de premier ministre, il alla visiter l'empereur. L'empereur donna l'hospitalité à son gendre dans le second palais, et même il mangea à la table de Chun. Selon que l'un d'eux visitait l'autre, ils étaient tour à tour hôte recevant et hôte reçu [sans distinction d'empereur et de sujet]. C'est ainsi que le fils du Ciel entretenait des liens d'amitié avec un homme privé.
Si, étant dans une position inférieure, on témoigne de la déférence et du respect à son supérieur, cela s'appelle respecter la dignité; si, étant dans une position supérieure, on témoigne de la déférence et du respect à son inférieur, cela s'appelle honorer et respecter l'homme sage. Respecter la dignité, honorer et respecter l'homme sage, le devoir est le même dans les deux circonstances.
4. Wen-tchang fit une question en ces termes: Oserais-je vous demander quel sentiment on doit avoir en offrant des présents[19] pour contracter amitié avec quelqu'un?
MENG-TSEU dit: Celui du respect.
Wen-tchang continua: Refuser cette amitié et repousser ces présents à plusieurs reprises est une action considérée comme irrévérencieuse; pourquoi cela?
MENG-TSEU dit: Lorsqu'un homme honoré [par sa position ou sa dignité] vous fait un don, si vous vous dites, avant de l'accepter: Les moyens qu'il a employés pour se procurer ces dons d'amitié sont-ils justes, ou sont-ils injustes? ce serait manquer de respect envers lui; c'est pourquoi on ne doit pas les repousser.
Wen-tchang dit: Permettez; je ne les repousse pas d'une manière expresse par mes paroles; c'est dans ma pensée que je les repousse. Si je me dis en moi-même: «Cet homme honoré par sa dignité, qui m'offre ces présents, les a extorqués[20] au peuple: cela n'est pas juste;» et que, sous un autre prétexte que je donnerai, je ne les reçoive pas: n'agirai-je pas convenablement?
MENG-TSEU dit: S'il veut contracter amitié selon les principes de la raison, s'il offre des présents avec toute la politesse et l'urbanité convenables, KHOUNG-TSEU lui-même les eût acceptés.
Wen-tchang dit: Maintenant, je suppose un homme qui arrête les voyageurs dans un lieu écarté en dehors des portes de la ville, pour les tuer et les dépouiller de ce qu'ils portent sur eux: si cet homme veut contracter amitié selon les principes de la raison, et s'il offre des présents avec toute la politesse d'usage, sera-t-il permis d'accepter ces présents, qui sont le produit du vol?
MENG-TSEU dit: Cela ne sera pas permis. Le Khang-kao dit: «Ceux qui tuent les hommes et jettent leurs corps à l'écart pour les dépouiller de leurs richesses, et dont l'intelligence obscurcie et hébétée ne redoute pas la mort, il n'est personne chez tous les peuples qui ne les ait en horreur.» Ce sont là des hommes que, sans attendre ni instruction judiciaire ni explication, on fait mourir de suite. Cette coutume expéditive de faire justice des assassins sans discussions préalables, la dynastie Yn la reçut de celle de Hia, et la dynastie des Tcheou de celle de Tin; elle a été en vigueur jusqu'à nos jours. D'après cela, comment seriez-vous exposé à recevoir de pareils présents?
Wen-tchang poursuivit: De nos jours, les princes de tous rangs, extorquant les biens du peuple, ressemblent beaucoup aux voleurs qui arrêtent les passants sur les grands chemins pour les dépouiller[21]. Si, lorsque avec toutes les convenances d'usage ils offrent des présents au sage, le sage les accepte, oserais-je vous demander en quoi il place la justice[22]?
MENG-TSEU dit: Pensez-vous donc que si un souverain puissant apparaissait au milieu de nous, il rassemblerait tous les princes de nos jours et les ferait mourir pour les punir de leurs exactions? ou bien que si, après les avoir tous prévenus du châtiment qu'ils méritaient, ils ne se corrigeaient pas, ils les ferait périr? Appeler [comme vous venez de le faire] ceux qui prennent ce qui ne leur appartient pas, voleurs de grands chemins, c'est étendre à cette espèce de gens la sévérité la plus extrême que comporte la justice [fondée sur la saine raison][23].
KHOUNG-TSEU occupait une magistrature dans le royaume de Lou [sa patrie]. Les habitants, lorsqu'ils allaient à la chasse, se disputaient à qui prendrait le produit de l'autre, et KHOUNG-TSEU en faisait autant[24]. S'il est permis de se disputer de cette façon à qui prendra le gibier de l'autre lorsque l'on est à la chasse, à plus forte raison est-il permis de recevoir les présents qu'on vous offre.
Wen-tchang continua: S'il en est ainsi, alors KHOUNG-TSEU, en occupant sa magistrature, ne s'appliquait sans doute pas à pratiquer la doctrine de la droite raison?
MENG-TSEU répondit: Il s'appliquait à pratiquer la doctrine de la droite raison.
—Si son intention était de pratiquer cette doctrine, pourquoi donc, étant à la chasse, se querellait-il pour prendre le gibier des autres?
—KHOUNG-TSEU avait le premier prescrit dans un livre, d'une manière régulière, que l'on emploierait certains vases en nombre déterminé dans le sacrifice aux ancêtres, et qu'on ne les remplirait pas de mets tirés à grands frais des quatre parties du royaume.
—Pourquoi ne quittait-il pas le royaume de Lou?
—Il voulait mettre ses principes en pratique. Une fois qu'il voyait que ses principes pouvant être mis en pratique n'étaient cependant pas pratiqués, il quittait le royaume. C'est pourquoi il n'est jamais resté trois ans dans un royaume sans le quitter.
Lorsque KHOUNG-TSEU voyait que sa doctrine pouvait être mise en pratique, il acceptait des fonctions publiques; quand on le recevait dans un État avec l'urbanité prescrite, il acceptait des fonctions publiques; quand il pouvait être entretenu avec les revenus publics, il acceptait des fonctions publiques.
Voyant que sa doctrine pouvait être pratiquée par Ki-houan-tseu (premier ministre de Ting, Koung de Lou), il accepta de lui des fonctions publiques; ayant été traité avec beaucoup d'urbanité par Ling, Koung de Weï, il accepta de lui des fonctions publiques; ayant été entretenu avec les revenus publics par Hiao, Koung de Wei, il accepta de lui des fonctions publiques.
5. MENG-TSEU dit: On accepte et on remplit des fonctions publiques, sans que ce soit pour cause de pauvreté; mais il est des temps où c'est pour cause de pauvreté. On épouse une femme dans un tout autre but que celui d'en recevoir son entretien; mais il est des temps où c'est dans le but d'en recevoir son entretien.
Celui qui pour cause de pauvreté refuse une position honorable reste dans son humble condition, et en refusant des émoluments il reste dans la pauvreté.
Celui qui refuse une position honorable, et reste dans son humble condition; qui refuse des émoluments, et reste dans la pauvreté: que lui convient-il donc de faire? Il faut qu'il fasse le guet autour des portes de la ville, ou qu'il fasse résonner la crécelle de bois [pour annoncer les veilles de la nuit].
Lorsque KHOUNG-TSEU était directeur d'un grenier public[25], il disait: Si mes comptes d'approvisionnements et de distributions sont exacts, mes devoirs sont remplis. Lorsqu'il était administrateur général des campagnes[26], il disait: Si les troupeaux sont en bon état, mes devoirs sont remplis.
Si lorsqu'on se trouve dans une condition inférieure on parle de choses bien plus élevées que soi[27], on est coupable [de sortir de son état][28]. Si lorsqu'on se trouve à la cour d'un prince on ne remplit pas les devoirs que cette position impose, on se couvre de honte.
6. Wen-tchang dit: Pourquoi les lettrés [qui n'occupent pas d'emplois publics][29] ne se reposent-ils pas du soin de leur entretien sur les princes des différents ordres[30]?
MENG-TSEU dit: Parce qu'ils ne l'osent pas. Les princes de différents ordres, lorsqu'ils ont perdu leur royaume, se reposent sur tous les autres princes du soin de leur entretien; c'est conforme à l'usage établi; mais ce n'est pas conforme à l'usage établi que les lettrés se reposent sur les princes du soin de leur entretien.
Wen-tchang dit: Si le prince leur offre pour aliments du millet ou du riz, doivent-ils l'accepter?
—Ils doivent l'accepter.
—Ils doivent l'accepter; et de quel droit[31]?
—Le prince a des devoirs à remplir envers le peuple dans le besoin; il doit le secourir[32].
—Lorsqu'on offre un secours, on le reçoit; et lorsque c'est un présent, on le refuse; pourquoi cela?
—Parce qu'on ne l'ose pas [dans le dernier cas].
—Permettez-moi encore une question: On ne l'ose pas; et comment cela?
—Celui qui fait le guet à la porte de la ville, celui qui fait résonner la crécelle de bois, ont, l'un et l'autre, un emploi permanent qui leur donne droit à être nourris aux dépens des revenus ou impôts du prince. Ceux qui, n'occupant plus d'emplois publics permanents, reçoivent des dons du prince, sont considérés comme manquant du respect que l'on se doit à soi-même.
—Je sais maintenant que si le prince fournit des aliments au lettré, il peut les recevoir; mais j'ignore si ces dons doivent être continués.
—Mou-koung se conduisit ainsi envers Tseu-sse: il envoyait souvent des hommes pour prendre des informations sur son compte [pour savoir s'il était en état de se passer de ses secours][33]; et il lui envoyait souvent des aliments de viande cuite. Cela ne plaisait pas à Tseu-sse. A la fin, il prit les envoyés du prince par la main et les conduisit jusqu'en dehors de la grande porte de sa maison; alors, le visage tourné vers le nord, la tête inclinée vers la terre, et saluant deux fois les envoyés, sans accepter leurs secours, il dit: «Je sais dès maintenant que le prince me nourrit, moi Ki, comme si j'étais un chien ou un cheval.» Or, de ce moment-là, les gouverneurs et premiers administrateurs des villes n'ont plus alimenté [les lettrés]; cependant, si lorsqu'on aime les sages on ne peut les élever à des emplois, et qu'en outre on ne puisse leur fournir ce dont ils ont besoin pour vivre, peut-on appeler cela aimer les sages?
Wen-tchang dit: Oserais-je vous faire une question: Si le prince d'un royaume désire alimenter un sage, que doit-il faire dans ce cas pour qu'on puisse dire qu'il est véritablement alimenté?
MENG-TSEU dit: Le lettré doit recevoir les présents ou les aliments qui lui sont offerts par l'ordre du prince en saluant deux fois et en inclinant la tête. Ensuite les gardiens des greniers royaux doivent continuer les aliments, les cuisiniers doivent continuer d'envoyer de la viande cuite, sans que les hommes chargés des ordres du prince les lui présentent de nouveau[34].
Tseu-sse se disait en lui-même: «Si pour des viandes cuites on me tourmente de manière à m'obliger à faire souvent des salutatious de remercîment, ce n'est pas là un mode convenable de subvenir à l'entretien des sages.»
Yao se conduisit de la manière suivante envers Chun: il ordonna à ses neuf fils de le servir; il lui donna ses deux filles en mariage; il ordonna à tous les fonctionnaires publics de fournir des bœufs, des moutons, de remplir des greniers pour l'entretien de Chun au milieu des champs; ensuite il l'éleva aux honneurs et lui conféra une haute dignité. C'est pourquoi il est dit avoir honoré un sage selon un mode convenable à un souverain ou à un prince.
7. Wen-tchang dit: Oserais-je vous faire une question: Pourquoi un sage ne va-t-il pas visiter les princes[35]?
MENG-TSEU dit: S'il est dans leur ville principale, on dit qu'il est le sujet de la place publique et du puits public; s'il est dans la campagne, on dit qu'il est le sujet des herbes forestières. Ceux qui sont dans l'un et l'autre cas, sont ce que l'on nomme les hommes de la foule[36]. Les hommes de la foule qui n'ont pas été ministres, et n'ont pas encore offert de présents au prince, n'osent pas se permettre de lui faire leur visite; c'est l'usage.
Wen-tchang dit: Si le prince appelle les hommes de la foule pour un service exigé, ils vont faire ce service. Si le prince, désirant les voir, les appelle auprès de lui, ils ne vont pas le voir; pourquoi cela?
MENG-TSEU dit: Aller faire an service exigé est un devoir de justice[37]; aller faire des visites [au prince] n'est pas un devoir de justice.
Par conséquent, pourquoi le prince désirerait-il que les lettrés lui fissent des visites?
Wen-tchang dit: Parce qu'il est fort instruit, parce que lui-même est un sage.
MENG-TSEU dit: Si parce qu'il est fort instruit [il veut l'avoir près de lui pour s'instruire encore][38], alors le fils du Ciel n'appelle pas auprès de lui son précepteur; à plus forte raison un prince ne l'appellera-t-il pas. Si parce qu'il est sage [il veut descendre jusqu'aux sages][39], alors je n'ai pas encore entendu dire qu'un prince, désirant voir un sage, l'ait appelé auprès de lui.
Mou-koung étant allé, selon l'usage, visiter Tseu-sse, dit: Dans l'antiquité, comment un prince de mille quadriges[40] faisait-il pour contracter amitié avec un lettré?
Tseu-sse, peu satisfait de cette question, répondit: Il y a une maxime d'un homme de l'antiquité qui dit: «Que le prince le serve [en le prenant pour son maître], et qu'il l'honore.» A-t-il dit, qu'il contracte amitié avec lui?
Tseu-sse était peu satisfait de la question du prince; n'était-ce pas parce qu'il s'était dit en lui-même: «Quant à la dignité, au rang que vous occupez, vous êtes prince, et moi je suis sujet[41]; comment oserais-je former des liens d'amitié avec un prince? Quant à la vertu, c'est vous qui êtes mon inférieur, qui devez me servir; comment pourriez-vous contracter des liens d'amitié avec moi?» Si les princes de mille quadriges qui cherchaient à contracter des liens d'amitié avec les lettrés ne pouvaient y parvenir, à plus forte raison ne pouvaient-ils pas les appeler à leur cour.
King, Koung de Thsi[42], voulant aller à la chasse, appela les gardiens des parcs royaux avec leur étendard. Comme ils ne se rendirent pas à l'appel, il avait résolu de les faire mourir.
«L'homme dont la pensée est toujours occupée de son devoir [lui représenta KHOUNG-TSEU] n'oublie pas qu'il sera jeté dans un fossé ou dans une mare d'eau [s'il le transgresse]; l'homme au courage viril n'oublie pas qu'il perdra sa tête.»
Pourquoi KHOUNG-TSEU prit-il la défense de ces hommes? Il la prit parce que les gardiens n'ayant pas été avertis avec leur propre signal, ils ne s'étaient pas rendus à l'appel.
Wen-tchang dit: Oserais-je vous faire une question: De quel objet se sert-on pour appeler les gardiens des parcs royaux?
MENG-TSEU dit: On se sert d'un bonnet de poil; pour les hommes de la foule, on se sert d'un étendard de soie rouge sans ornement; pour les lettrés, on se sert d'un étendard sur lequel sont figurés deux dragons; pour les premiers administrateurs, on se sert d'un étendard orné de plumes de cinq couleurs qui pendent au sommet de la lance.
Comme on s'était servi du signal des premiers administrateurs pour appeler les gardiens des parcs royaux, ceux-ci, même en présence de la mort [qui devait être le résultat de leur refus], n'osèrent pas se rendre à l'appel. Si on s'était servi du signal des lettrés pour appeler les hommes de la foule, les hommes de la foule auraient-ils osé se rendre à l'appel? Bien moins encore ne s'y rendrait-il pas, si on s'était servi du signal d'un homme dépourvu de sagesse[43], pour appeler un homme sage!
Si, lorsqu'on désire recevoir la visite d'un homme sage, on n'emploie pas les moyens convenables[44], c'est comme si en désirant qu'il entrât dans sa maison on lui en fermait la porte. L'équité ou le devoir est la voie; l'urbanité est la porte. L'homme supérieur ne suit que cette voie, ne passe que par cette porte. Le Livre des Vers[45] dit:
«La voie royale, la grande voie, est plane comme une pierre qui sert à moudre le blé;
Elle est droite comme une flèche;
C'est elle que foulent les hommes supérieurs;
C'est elle que regardent de loin les hommes de la foule[46].»
Wen-tchang dit: KHOUNG-TSEU, se trouvant appelé par un message du prince, se rendait à son invitation sans attendre son char. S'il en est ainsi, KHOUNG-TSEU agissait-il mal?
MENG-TSEU dit: Ayant été promu à des fonctions publiques, il occupait une magistrature; et c'est parce qu'il occupait une magistrature qu'il était invité à la cour.
8. MENG-TSEU, interpellant Wen-tchang, dit: Le lettré vertueux d'un village se lie spontanément d'amitié avec les lettrés vertueux de ce village; le lettré vertueux d'un royaume se lie spontanément d'amitié avec les lettrés vertueux de ce royaume; le lettré vertueux d'un empire se lie spontanément d'amitié avec les lettrés vertueux de cet empire.
Pensant que les liens d'amitié qu'il contracte avec les lettrés vertueux de l'empire ne sont pas encore suffisants, il veut remonter plus haut, et il examine les œuvres des hommes de l'antiquité; il récite leurs vers, il lit et explique leurs livres. S'il ne connaissait pas intimement ces hommes, en serait-il capable? C'est pourquoi il examine attentivement leur siècle[47]. C'est ainsi qu'en remontant encore plus haut, il contracte de plus nobles amitiés.
9. Siouan, roi de Thsi, interrogea MENG-TSEU sur les premiers ministres (King).
Le Philosophe dit: Sur quels premiers ministres le roi m'interroge-t-il?
Le roi dit: Les premiers ministres ne sont-ils pas tous de la même classe?
MENG-TSEU répondit: Ils ne sont pas tous de la même classe. Il y a des premiers ministres qui sont unis au prince par des liens de parenté; il y a des premiers ministres qui appartiennent à des familles différentes de la sienne.
Le roi dit: Permettez-moi de vous demander ce que sont les premiers ministres consanguins.
MENG-TSEU répondit: Si le prince a commis une grande faute [qui puisse entraîner la ruine du royaume][48], alors ils lui font des remontrances. S'il retombe plusieurs fois dans la même faute sans vouloir écouter leurs remontrances, alors ces ministres le remplacent dans sa dignité et lui ôtent son pouvoir.
Le roi, ému de ces paroles, changea de couleur. MENG-TSEU ajouta: Que le roi ne trouve pas mes paroles extraordinaires. Le roi a interrogé un sujet; le sujet n'a pas osé lui répondre contrairement à la droiture et à la vérité.
Le roi, ayant repris son air habituel, voulut ensuite interroger le Philosophe sur les premiers ministres de familles différentes.
MENG-TSEU dit: Si le prince a commis une grande faute, alors ils lui font des remontrances; s'il retombe plusieurs fois dans les mêmes fautes, sans vouloir écouter leurs remontrances, alors ils se retirent.