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Les Touâreg du nord

Chapter 26: Vents.
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About This Book

The narrative records an exploratory mission across the central Sahara among northern Tuareg and neighboring oases, combining geographical surveys, route reconnoissances, and ethnographic observations of languages, customs, and social organization. The author recounts travel itineraries between key desert towns, interactions with indigenous authorities and guides, and the practical difficulties of extended desert stays, while presenting maps, illustrations, and analyses of caravan routes and commerce. The account aims to inform future political and commercial relations and to serve as preparation for further exploration toward the southern regions.

NOTA. — Cette série de tableaux a été dressée principalement en vue de mettre sous les yeux du lecteur les éléments d’après lesquels les altitudes ont été déterminées.

M. O. Mac Carthy, dont la précision comme météorologue est justement appréciée, a bien voulu mettre à ma disposition ses observations correspondantes au niveau de la mer à Alger. On peut donc considérer l’ensemble des altitudes comme aussi exactes que possible, au moyen d’observations barométriques.

Quant aux détails qui vont suivre sur la température, l’hygrométrie, la pression atmosphérique, les vents, la lumière, l’electricité, ils ont été empruntés à l’ensemble de mes observations météorologiques.

En général, excepté dans les marches ou dans le cas de maladie, j’ai fait quatre observations, souvent cinq, par jour : une avant le lever du soleil, une après son coucher, et deux ou trois dans la journée.

J’ai toujours veillé au bon fonctionnement de mes instruments, et toutes les observations que je livre à la publicité sont ramenées à zéro et corrigées des erreurs des instruments.

Températures.

Instruments employés : Les divers thermomètres dont j’ai fait usage sont :

Des thermomètres Baudin : no 204, no 329, no 660, no 663 ; no 665 pour les minima, et no 662 pour les maxima ;

Des thermomètres Salleron : nos 300 et 302 ;

Un thermomètre Fastré, qui m’a été envoyé par M. Mac Carthy avec la note très-bon.

En voyage, le 18 décembre 1860, à Timelloûlen, j’ai pu contrôler la marche de ces divers instruments au moyen de la glace fondante. De plus, j’ai comparé tous mes thermomètres avec l’étalon Baudin, une première fois à Tougourt, le 29 février 1860, et une seconde fois à Serdélès, le 2 mai 1861.

Température de l’air : L’ensemble de mes observations sur la température de l’air donne les constatations suivantes :

Marche diurne : Dans la journée, le plus grand abaissement de la température a lieu le matin avant le lever du soleil, et la plus grande élévation entre deux et trois heures de l’après-midi.

Un tableau, ci-après (voir le § Pression atmosphérique, page 121), indique la marche des différents thermomètres, de 15 en 15 minutes, entre le lever et le coucher du soleil. Il peut être considéré comme donnant approximativement la marche diurne moyenne.

Variations suivant les saisons : Quelles que soient la latitude et l’altitude, dans tout le Sahara, du moins sur le versant Nord du plateau central, les températures les plus basses sont obtenues de décembre à mars, et les plus hautes de juin à septembre. C’est ce que démontre le journal météorologique de mon voyage, complété par celui que tient M. J. Auer à Tougourt.

Influences : L’altitude et l’éloignement de la mer, bien plus que la latitude, exercent une influence sur le thermomètre.

Si l’on compare la température du plateau du Tasîli des Azdjer, d’un degré et quart au Nord du tropique du Cancer, avec celle de Tougourt, ville située à huit degrés plus au Nord, et sous l’influence probable de la Méditerranée, on trouve rarement chez les Azdjer les fortes chaleurs de l’Ouâd-Rîgh, mais, en revanche, on constate même dans les vallées abritées du Tasîli des gelées inconnues ou exceptionnelles dans l’Ouâd-Rîgh.

Chez les Touâreg même, suivant l’altitude des lieux, il y a de grandes différences : entre la température du Ahaggâr, où les neiges persistent pendant trois mois de l’année, et celle du Tasîli, où elles durent à peine quelques jours ; entre les plateaux élevés, où l’on retrouve la végétation de la côte européenne de la Méditerranée, et les basses dépressions des plaines, en contre-bas des montagnes, où la végétation désertique s’allie à celle des tropiques.

Extrêmes de température : Ils sont fournis par les deux chiffres suivants :

Maximum + 44°,6, à Mourzouk, les 5 et 26 juillet 1861 ;
Minimum − 2°,1, à Timelloûlen, le 18 décembre 1860.

La plus grande amplitude des oscillations thermométriques constatée dans mon voyage chez les Touâreg a donc été de 46°,7.

Maxima (saison d’été) : Les observations comprises entre les dates du 7 juin au 7 juillet et du 27 juillet au 11 août 1861 ont été faites à Mourzouk, les autres en route sur divers points. (Voir, pour les stations correspondantes, le tableau général qui précède.)

1860.
8 août 42°,2
9 » 40 ,6
10 » 40 ,7
11 » 40 ,8
12 » 41 ,6
13 » 42 ,3
14 » 41 ,8
15 » 40 ,1
16 » 40 ,2
4 septembre 40 ,4
1861.
24 mai 40 ,5
25 » 40 ,3
10 juin 41 ,0
19 » 37 ,8
20 » 38 ,2
21 » 37 ,8
22 » 37 ,6
23 » 36 ,1
25 » 38 ,1
26 » 38 ,8
28 » 42 ,5
29 » 39 ,4
30 » 39 ,0
1 juillet 40 ,0
2 » 41 ,3
3 » 42 ,4
4 » 44 ,3
5 » 44 ,6
16 » 40 ,6
17 » 40 ,5
18 » 41 ,7
26 » 44 ,6
27 » 42 ,6
28 » 42 ,6

Maxima (saison d’hiver) : Je regrette de ne pas avoir de série d’observations maxima pour la saison d’hiver. Il sera facile d’y suppléer approximativement par les indications du thermomètre fronde, dans les observations générales quotidiennes.

Minima (saison d’hiver) : Je n’ai que peu d’observations de minima de la température en hiver. Je donne ci-dessous le nombre des jours où j’ai observé la congélation de l’eau.

1860.
17 décembre − 2°,0
18 » − 2 ,1
28 » + 1 ,9
1861.
11 janvier Eau gelée.
12 » Id.
13 » Id.
14 » Id.
15 » Id.
16 » Id.
20 » Id.
22 » Id.
10 mars Id.
11 » Id.
12 » Id.

Minima (saison d’été) : Ces observations appartiennent toutes à l’année 1861, savoir :

20 juin 18°,6
21 » 19 ,7
22 » 20 ,9
23 » 19 ,2
24 » 17 ,5
26 » 16 ,6
27 » 17 ,6
30 » 22 ,4
2 juillet 23 ,6
3 » 28 ,6
4 » 23 ,4
5 » 24 ,4
25 » 21 ,6
26 » 25 ,2
30 » 23 ,1
7 août 20 ,6
8 » 22 ,4
9 » 20 ,6
10 » 21 ,2

Si, pour la saison d’été, je compare le chiffre le plus bas de la température de l’air, 16°,6, obtenu le 26 juin à Mourzouk, avec le chiffre le plus élevé, 44°,6, constaté dans la même localité et dans la même année, les 5 et 26 juillet, je trouve une différence de 28° à quelques jours d’intervalle.

Température du sol : Les observations relatives à la température du sol ont été prises à l’ombre et au soleil, en hiver et en été.

Maxima à l’ombre : Pendant le jour, pas d’observations faute de temps, mes instants étant pris par d’autres études.

Minima à l’ombre : Toutes les observations qui suivent ont été faites, le thermomètre étant recouvert d’une légère couche de sable ou de terre.

Saison d’hiver.

1860.
14 décembre − 3°,0
28 » − 1 ,4
1861.
10 janvier − 1 ,4
11 » − 0 ,4
12 » − 0 ,4
16 » − 2 ,4
19 » − 2 ,2
22 » − 4 ,7
25 » − 3 ,2
26 » − 3 ,2
27 » + 1 ,3
30 » + 1 ,1

Saison d’été. — 1861

12 août 20°,8
13 » 18 ,3
14 » 18 ,9
15 » 23 ,3
16 » 21 ,5
19 » 19 ,6
20 » 23 ,6
21 » 20 ,6
22 » 24 ,6
24 » 18 ,6
25 » 20 ,6
26 » 18 ,1
27 » 20 ,8
28 » 19 ,6
30 » 19 ,9
1 septembre 18 ,7
2 » 19 ,1
3 » 16 ,6
4 » 19 ,8
5 » 18 ,6
7 » 14 ,2
8 » 15 ,1
9 » 21 ,6
10 » 15 ,3
11 » 14 ,0
12 » 18 ,1
13 » 16 ,3
15 » 19 ,8

Maxima au soleil : L’ombre n’existant pas dans le Sahara, ni pour le sol ni pour les plantes qu’il nourrit, ni pour les hommes ni pour les animaux qui l’habitent, il était important de déterminer, dans les différentes saisons, la température du milieu au soleil.

C’est à ce besoin que correspondent les deux séries d’observations qui suivent :

Saison d’hiver. — 1861.

18 janvier. 29°,00, la température de l’air à l’ombre étant 17°,8
19 » 26 ,05  »  »  »  17 ,35
22 » 30 ,15  »  »  »  16 ,6
31 » 19 ,8  »  »  »  14 ,0
14 février. 39 ,65  »  »  »  29 ,35

Saison d’été. — 1860 et 1861.

13 avril. 42°,55, la température de l’air à l’ombre étant 31°,85
20 juin. 58 ,22  »  »  »  42 ,52
28 » 65 ,12  »  »  »  38 ,62
20 juillet. 65 ,12  »  »  »  37 ,50
» » 66 ,42  »  »  »  38 ,32

La moyenne de la différence des températures est de 9°,89 pour la saison d’hiver et de 23°,1 pour la saison d’été.

Si, à défaut d’observations quotidiennes de la température du sol au soleil, j’ajoute la moyenne différentielle de 23°,1 aux températures de l’air pendant les journées des 5 et 26 juillet 1861, soit 44°,6, = 67°,7 ; si j’augmente ce dernier chiffre de − 4°,7, minimum du sol le 22 janvier, j’obtiens un total de 72°,4 représentant l’écart annuel entre les extrêmes de la température du sol, et cet écart ne saurait être un maximum.

On s’étonne moins alors si la flore et la faune d’un pareil climat sont limitées à des espèces créées pour lui ; on comprend comment Hérodote a pu dire que la chaleur consume les hommes et le fonds même de la contrée. Il faut, en effet, des roches très-dures et très-compactes pour résister à des dilatations de − 5° à + 67°,7. Bien certainement, les extrêmes constatés dans une seule année ne représentent pas les extrêmes absolus d’une période centenaire. Probablement l’écart est souvent de 75° et peut-être de 80°.

Température des puits ordinaires : J’ai apporté le plus grand soin à la constatation de la température des puits et de leur profondeur, en vue d’aider à la détermination de la moyenne de la température annuelle de chaque contrée.

Voici, pour chaque région, les résultats constatés :

Dunes de l’’Erg.

Température. Profondeur.
El-Ouâd (16 juin) Bîr-es-Soûk 23°,5 12m,5
Bîr-el-Djâma’ 23 ,2 10 ,2
Bîr-Oulâd-Khalîfa 23 ,5 12 ,1
Bîr-el-Azâzla 23 ,4 14 ,6
Gomâr (19 juin) Bîr-djâma’-el-Gharbî 21 ,9 7 ,3
Bîr-djâma’-el-Akhouân 21 ,7 6 ,2
Bîr-sîdi-’Abd-er-Rahman 22 ,2 6 ,5
Bîr-tâbet-Cheria’a 21 ,6 6 ,6
Mouï-el-Ferdjân Premier puits (14 juillet) 22 ,7 3 ,9
Deuxième puits (id.) 22 ,6 3 ,4
Premier puits (21 juin) 21 ,7 3 ,9
Mouïet-el-Kâid (15 juillet) 22 ,3 6 ,5
Choûchet-el-Guedhâm (28 juillet) 23 ,1 13 ,7
Bîr-ez-Zouâit (29 juillet) 23 ,5 14 ,8
Mâleh-ben-’Aoûn (30 juillet) 22 ,7 13 ,3
Moûï-er-Rebah (31 juillet) 21 ,8 8 ,8
El-’Ogla (id.) 22 ,8 10 ,4
Ma’atîg (1er août) 23 ,7 20 ,6
Berreçof (2 août) 23 ,2 23 ,0

Plateau de Tînghert.

Timelloûlen Premier puits (16 décembre) 17 ,7 1 ,3
Deuxième puits (20 décembre) 17 ,3 3 ,3

Vallée des Igharghâren.

Asouîtar (26 janvier) 11 ,4 4 ,0

Vallée de l’Ouâdi-el-Gharbi.

In-Tafarat (15 mai) 22 ,7 4 ,2
Oubâri (18 mai) 20 ,3 2 ,5
Brêg (20 mai) 24 ,2 1 ,2
Takertîba 21 mai 23 ,4 10 ,0
22 mai 25 ,7
27 mai 23 ,8

Dunes d’Edeyen.

Mandara (28 mai) 23 ,5 ?
Gabr’aoûn 29 mai 22 ,4 4 ,0
30 mai 22 ,5 1 ,8
Bîr-en-Nechoûa’ 22 ,4 2 ,4
Bîr-el-Wouchka 23 ,7 2 ,5
Bîr-Sâlah-ber-Rekheyyis (16 août) 25 ,5 2 ,9
Gourmêda (19 août) 22 ,0 2 ,8
Oumm-el-’Abîd (21 août) 24 ,9 1 ,2
Gottefa (26 août) 24 ,7 3 ,7
’Aïn-el-Hamâm (2 septembre) 24 ,2 1 ,5

Température des sources : Je donne comparativement la température de l’air au moment de l’observation.

Ghadâmès (9 décembre) 30°,15, la température de l’air étant 17°,7
Tâdjenoût (29 janvier) 11 ,95  »  »  »  13 ,1
Ahêr (23 février) 20 ,35  »  »  »  26 ,6
Serdélès (4 mai) 25 ,55  »  »  »  21 ,4
Ganderma (11 juillet) 22 ,55  »  »  »  24 ,4
Ayâl-Slîmân (id.) 25 ,05  »  »  »  24 ,4
Bel-Hasan (13 juillet) 23 ,95  »  »  »  37 ,0

M. Isma’yl-Boû-Derba avait antérieurement constaté les températures de trois autres sources, au pied N. du Tasîli, que je n’ai pas visitées, savoir :

’Aïn-Tabelbâlet (10 septembre) 23°,0, l’air étant 30°,0
’Aïn-el-Hadjâdj (12  id. ) 24 ,0 » 35 ,0
Tihoûbar (24  id. ) 26 ,0 » 35 ,0

La source de Ghadâmès est thermale ; il y en a d’autres d’ailleurs dans le pays.

Température des puits artésiens : Dans le voisinage des dunes les puits artésiens sont très-nombreux, car dans le seul district de l’Ouâd-Rîgh, il y en a 335 qui arrosent 600,000 palmiers ; dans l’oasis d’Ouarglâ, il y en a aussi en quantité. Pour le groupe de l’Ouâd-Rîgh, je me bornerai à donner la température de quelques puits seulement.

Température. Profondeur.
Tougourt ’Aïn-Bâ-Mendîl Premier puits 24°,71 57m,0
Deuxième puits 24 ,75 58 ,10
’Aïn-el-Amîra 24 ,83 57 ,95
’Aïn-Boû-’Alem Premier Puits 24 ,40 54 ,0 
Deuxième puits 24 ,82 52 ,0 
’Aïn-Azaz 24 ,75 53 ,0 
’Aïn-el-Bîr 23 ,85 64 ,0 
’Aîn-es-Soûk 24 ,65 55 ,0 
Merhayyer ’Aïn-Mellâha 24 ,85 39 ,0 
’Aïn-Battâh 24 ,91 39 ,0 
Ouarglâ (nombreux puits, pas d’observations).
Ihanâren (l’un des puits) 24 ,95 1 ,25
Serdélès Un puits 26 ,42 5 ,50
Un autre puits 26 ,52 5 ,50

M. Isma’yl-Boû-Derba a trouvé, le 25 septembre, une température de 26° pour le puits d’Ihanâren et le même chiffre pour le puits artésien de Timâssanîn (6 septembre) ; mais j’ignore s’il a tenu compte des corrections à faire à son thermomètre.

Température des eaux pluviales : Le 25 août 1861, à Gottefa, la pluie qui tombait me paraissant aussi chaude que celle des bains ordinaires, j’en déterminai la température, qui se trouva être à 29°,4, celle de l’air étant seulement de 25°,52.

Température des rhedîr ou flaques d’eau : Le 3 juin, la température de l’air étant 29°,95, le thermomètre plongé dans l’eau du Rhedîr de Setîl marqua 21°,8.

Température moyenne mensuelle de l’air a Tougourt. — M. le lieutenant J. Auer, commandant supérieur de la garnison indigène de Tougourt, fait des observations thermométriques depuis son installation dans la capitale de l’Ouâd-Rîgh. A mon arrivée dans le Sahara, j’ai calculé les moyennes de 42 mois de ses observations, et je crois utile de les publier pour permettre la comparaison entre un climat encore sous l’influence maritime de la Méditerranée et celui tout continental des hauts plateaux qu’habitent les Touâreg.

Le thermomètre à alcool de M. Auer était exposé au Nord, à l’ombre, dans un courant d’air. M. Renou, secrétaire de la Société météorologique, craint qu’un thermomètre à alcool, exposé dans une embrasure de fenêtre, ne donne des chiffres trop élevés de plusieurs degrés.

ANNÉES. MOIS. Un quart d’heure avant le lever du soleil. 2 heures 30 m. de l’après-midi. COUCHER du SOLEIL. PRINCIPAUX PHÉNOMÈNES ATMOSPHÉRIQUES.
1855. Septembre 26,7 41,6 35,8 4 siroccos, 2 petites pluies.
Octobre 20,1 32,7 28,8 4 siroccos.
Novembre 10,3 20,2 17,7 3 pluies.
Décembre  7,8 15,6 12,5 5 pluies, 1 tonnerre.
1856. Janvier  9,3 18,8 15,9 1 pluie.
Février 10,1 19,4 16,5 3 pluies.
Mars 11,8 23,3 18,9 7 pluies, 1 orage, 1 sirocco.
Avril 16,3 29,6 25,4 1 petite pluie, 6 siroccos.
Mai 21,7 36,7 31,9 2 orages, 1 pluie, 8 siroccos.
Juin 25,8 39,3 33,7 1 petite pluie, 7 siroccos.
Juillet 27,3 46,6 27,9 1 tempête avec pluie, 10 sir.
Août 23,3 41,3 35,5 1 tempête, 2 orages, 2 petites pluies, 7 siroccos.
Septembre 24,8 38,2 34,1 1 orage avec petite pluie, 7 sir.
Octobre 16,7 27,1 23,1 6 siroccos.
1857. Janvier  8,6 18,2 13,8 2 petites pluies, 1 avec orage.
Février  8,6 18,2 13,7 1 orage.
Mars 12,5 21,4 16,0 1 orage.
Avril 17,8 28,4 23,2
Mai 19,0 38,2 25,7 3 orages, 1 tempête, 1 sirocco.
Juin 24,0 41,3 36,3
Juillet 27,8 45,2 39,2 2 pluies, 1 orage, 10 siroccos.
Août 28,8 45,9 40,6 18 siroccos.
Septembre 24,2 40,0 36,0 1 petite pluie, 3 siroccos.
Octobre 18,5 32,5 26,1 3 pluies.
Novembre 13,3 24,9 21,4 4 pluies.
Décembre  7,4 14,6 11,6 4 petites pluies.
1858. Janvier  4,3 12,3  9,2 9 pluies.
Février  8,7 19,6 14,7 4 pluies.
Mars 11,0 24,4 19,8 1 pluie, 1 orage.
Avril 17,7 32,1 23,7 3 pluies, 1 orage.
Mai 22,4 29,8 27,7 1 sirocco.
Juin 26,6 34,8 32,7 1 pluie avec tempête, 3 orages, 5 siroccos.
Juillet 29,1 39,1 35,4 1 pluie, 2 orages, 4 siroccos.
Août 29,2 38,2 35,0 5 siroccos avec 4 orages.
Septembre 23,5 32,8 29,6 1 petite pluie.
Octobre 20,2 29,4 26,5 1 pluie.
Novembre 14,1 21,9 18,7 2 pluies.
Décembre 8,9 14,7 12,0 4 pluies.
1859. Janvier 5,9 12,2 8,8 6 pluies.
Février 8,0 14,5 14,6 9 pluies.
Mars 12,3 20,8 16,1 3 pluies.
Avril 18,3 28,3 23,7 3 pluies, 6 siroccos.

Les deux extrêmes constatés ont été : minimum + 2, maximum + 51 = 49, chiffre supérieur de 2° 3 à celui que j’ai trouvé sur le plateau central du Sahara.

Les variations, suivant les saisons, diffèrent peu : les plus basses températures, sur le plateau central, ont lieu de décembre à mars ; la même période, dans les bas fonds de l’Ouâd-Rîgh, est limitée à décembre, janvier et février. Les hautes températures, sur le plateau central, se répartissent sur quatre mois : juin, juillet, août et septembre ; dans l’Ouâd-Rîgh, juin et juillet sont les deux mois les plus chauds.

Mais quelles différences dans les extrêmes : ici + 2° 3, là − 2° pour minimum ; ici 51° 9, là 44° 6 pour maximum.

Ajoutons l’influence d’une quantité de journées de pluies, dans toutes les saisons, sur un sol alluvionnaire empreigné de divers sels, pendant que la même période ne compte pas une seule pluie sur le plateau central, et on comprendra comment les hommes de race noire peuvent seuls supporter le climat de l’Ouâd-Rîgh, pendant que les blancs jouissent d’une santé florissante dans le Sud.

Hygrométrie.

Au moment de mon arrivée chez les Touâreg, il y avait neuf années qu’aucune pluie sérieuse n’était tombée sur leur territoire ; mais à peine étais-je entré dans leur pays (décembre 1860), que les pluies commencèrent : conséquemment, la série de celles de mes observations destinées à faire apprécier la sécheresse ou l’humidité du climat peut être considérée comme représentant une période relativement humide.

Vapeur d’eau de l’atmosphère. — Les observations ont été faites au moyen de deux thermomètres stables : l’un mouillé, l’autre sec ; elles embrassent deux périodes : l’une du 16 août au 15 septembre 1860, l’autre du 26 juin au 5 juillet 1861. A mon grand regret, j’ai dû négliger ce genre d’observation en route, faute de temps suffisant.

A défaut de tables de réduction s’appliquant au climat saharien, je ne puis calculer ni la force élastique de la vapeur d’eau ni l’humidité relative pour quelques-unes de mes observations : je me borne donc à livrer les expériences elles-mêmes, en indiquant les différences entre les deux thermomètres.

PREMIÈRE PÉRIODE (GHADÂMÈS).

DATES. OBSERVATIONS DE 6 A 7 HEURES DU MATIN. OBSERVATIONS DE 2 A 3 HEURES DU SOIR.
Thermom. sec. Thermom. mouillé. Différence. Thermom. sec. Thermom. mouillé. Différence.
Août.
16 23°77 16°64 7°13 40°57 24°64 15°93
17 27.47 19.94 7.43 » » »
18 24.47 18.84 5.63 39.77 29.14 10.63
19 23.67 19.04 4.63 37.97 24.54 13.43
20 24.07 19.14 4.93 39.37 26.34 13.03
21 24.07 19.34 4.73 39.47 27.14 12.33
22 22.67 16.94 4.73 38.97 25.54 13.43
23 23.27 16.94 6.33 38.07 25.14 12.93
24 23.67 18.24 5.43 40.47 26.34 14.13
25 22.87 17.04 5.83 37.37 26.04 11.33
26 » » » 39.07 28.54 10.53
27 22.47 18.64 3.83 36.87 28.14 8.73
28 » » » 35.77 23.84 11.93
29 20.17 15.34 4.73 36.77 25.74 11.03
30 20.17 15.24 4.93 37.87 23.24 14.63
31 22.07 15.44 6.63 38.37 22.94 15.43
Septembre.
1 23.97 17.14 6.83 39.17 24.84 14.33
2 » » » 38.87 20.84 18.03
3 24.47 18.94 5.53 38.77 21.84 16.93
4 23.07 14.54 8.43 39.67 22.34 17.33
5 22.87 14.74 8.13 37.97 22.14 15.83
6 23.47 17.84 5.63 37.77 21.54 16.23
7 20.97 17.14 3.83 » » »
8 » » » 36.87 21.94 14.93
9 24.57 15.04 9.53 38.67 21.34 17.33
10 24.07 21.14 2.93 37.47 21.74 15.73
11 23.87 18.74 5.13 35.17 24.64 10.53
12 21.07 17.14 3.93 36.07 20.14 15.93
13 19.37 13.64 5.73 37.57 22.14 15.43
14 22.17 15.14 7.03 39.27 22.84 16.43
15 22.77 15.44 7.33 39.07 22.84 16.23

Je ne dois pas négliger de faire remarquer que l’oasis de Ghadâmès est une des plus riches en eaux de tout le Sahara, et qu’elles y circulent en ville et dans les jardins, la nuit et le jour, dans des conditions qui, sous une température élevée, permettent une grande évaporation.

DEUXIÈME PÉRIODE (MOURZOUK).

DATES. OBSERVATIONS DE 6 HEURES DU MATIN. OBSERVATIONS DE 2 A 3 HEURES DU SOIR.
Thermom. sec. Thermom. mouillé. Différence. Thermom. sec. Thermom. mouillé. Différence.
Juin.
26 36°32 16°02 20°30 » » »
27 37.32 17.22 20,10 20.22 9.22 11,00
29 38.32 17.52 20,80 » » »
30 36.22 17.22 19,00 » » »
Juillet.
1 37.72 16.82 20,90 » » »
2 39.92 18.52 21,40 » » »
3 40.77 18.82 21.95 30.12 14.57 15.55
4 40.62 17.92 22,70 28.47 14.52 13.95
5 41.72 18.52 23,20 » » »

L’altitude et la latitude de Mourzouk expliquent seules la différence hygrométrique des observations de cette dernière station comparées à celles de Ghadâmès, car Mourzouk comme Ghadâmès est assise au milieu de plantations de palmiers arrosées deux fois par mois, au moins. Il est vrai que l’eau est moins abondante à Mourzouk.

Par comparaison, je donne les différences constatées sur d’autres points du Sahara, mais plus au Nord.

A Mouï-el-Ferdjân, près de l’Ouâd-Rîgh, par un violent vent du Sud, j’ai constaté, les 20 et 21 juin 1860, des différences de 19° 4 et 21° 5.

A Tougourt, dans l’Ouâd-Rîgh, du 22 juin au 1er juillet inclus, même année, j’ai constaté les différences suivantes : 6° 7, 6° 9, 7° 5, 7° 7, 10° 8, 10° 9, 12° 5 et 13° 15.

Antérieurement, en juillet et août 1859, j’avais obtenu sur le plateau des Benî-Mezâb des différences de 16° 20, 16° 99, 17° 68, 18° 28, 19° 05, 19° 56 et 19° 71.

Malheureusement, mes observations n’embrassent que la saison d’été et ne comprennent pas les parties les plus arides du Sahara, celles où la sécheresse de l’atmosphère est la plus grande.

Rosée. — Dans la série de 310 jours d’observations applicables au pays des Touâreg, je n’ai constaté de rosée que les jours suivants : 22 et 23 décembre 1860, 23, 24, 26 août, et 1er, 3, 4, 7, 8, 9, 10, 11, 12 septembre 1861. En tout 14 rosées sur 310 jours. Les cinq premières suivaient des journées de pluie ; les autres coïncidaient avec un abaissement notable de la température du sol, sous l’influence des vents.

Gelée blanche. — Quoique la température de l’air ou du sol, du 14 décembre au 12 mars, soit descendue 26 fois au-dessous de zéro, je n’ai jamais constaté ni gelée blanche, ni rien qui pût y ressembler, et je m’autorise de cette observation négative pour conclure que l’air atmosphérique, sur les grands plateaux sahariens, ne contient pas plus d’humidité en hiver qu’en été.

Brouillard. — Deux fois seulement j’ai vu le brouillard se produire : d’abord le 30 août 1860, dans les jardins de Ghadâmès, mais limité aux jardins ; puis dans les sables d’Eguélé, après deux jours de pluie, le matin du 30 décembre de la même année. Cette fois le brouillard était épais et paraissait embrasser tout le pays. Une heure après le lever du soleil, il était dissipé.

Pluie. — Depuis longtemps, les pluies semblent être devenues plus rares dans la partie centrale du Sahara habitée par les Touâreg. La dernière période de sécheresse, qui a cessé vers le milieu de l’été 1860, avait duré neuf ans. Elle avait été précédée de plusieurs autres de dix à douze années. A In-Sâlah, au pied du Ahaggâr, on avait même, dit-on, traversé une série de vingt années sans qu’une seule pluie y eût été constatée.

Mon journal de voyage, d’El-Ouâd à Tripoli, signale comme journées dans lesquelles il est tombé plus ou moins de pluie celles des 31 juillet, 20 et 21 décembre 1860, 27 et 30 janvier, 28 et 29 avril, 6, 7, 9 et 25 mai, 21 et 25 août 1861.

Au dire des Touâreg, la quantité d’eau tombée dans les montagnes, en 1860 et 1861, avait été considérable et, depuis mon retour, j’ai appris que les pluies avaient continué jusqu’au printemps de 1862.

Je dois faire remarquer que l’ouverture de cette période de pluies a coïncidé avec une humidité excessive en France, et avec les crues extraordinaires du Nil en 1860 ; ce qui implique que le Sahara central n’est pas complétement en dehors de l’action des grands mouvements atmosphériques qui ont lieu dans les autres contrées et particulièrement dans les régions tropicales.

La coïncidence des pluies sur le plateau central du Sahara avec les grands débordements du Nil d’Égypte a été constatée par d’autres et ne paraît pas dater de nos jours seulement, car Pline, qui vivait au commencement de l’ère chrétienne, en fait mention dans deux passages de son Histoire naturelle.

« La crue du Nigris (l’Igharghar moderne) se fait aux mêmes époques que celles du Nil : iisdem temporibus augescit. » (L. V, 8.)

« En outre, on a observé que la crue du Nil correspond à l’abondance des neiges et des pluies en Mauritanie. Præterea observatum est, prout in Mauritania nives imbresve satiaverint, ita Nilum increscere. » (L. V, 10.)

Probablement, nous ne tarderons pas à apprendre que les pluies tombées chez les Touâreg en 1860, en 1861, en 1862, se sont prolongées jusqu’en 1863 sous l’influence des pluies tropicales qui viennent de produire un nouveau grand débordement du Nil.

Les orages qui amènent les pluies, disent les indigènes, se produisent dans toutes les saisons et viennent indistinctement de tous les points de l’horizon ; mais, d’après eux, ceux qui donnent de l’eau en plus grande abondance sont toujours le résultat du choc de nuages de l’Est contre d’autres venant de l’Ouest.

D’après mes observations personnelles, la pluie du 31 juillet a été amenée par le vent du N., celles des 21 et 22 décembre par le vent d’E., celles des 27 et 30 janvier par le N.-E., celles des 28 et 29 avril, des 6, 7 et 9 mai, par une lutte entre les vents de l’E. et du N.-E. contre le S.-O., celle du 25 mai par le S.-E. et celle du 21 août par le N.-O.

Quand les pluies sont générales et abondantes, les rivières débordent, couvrant de leurs inondations les vallées dans lesquelles elles déposent leurs alluvions, seules terres de culture que les Touâreg connaissent.

Presque toutes les rivières des montagnes agissent à la façon des torrents, ravageant et dévastant tout sur leur passage. Malheur à ceux que ces avalanches liquides surprennent dans leur chute désordonnée !

Il ne m’a pas été permis d’apprécier les quantités variables d’eau que donne chaque pluie ; mais, d’après les indigènes, je dois croire que, dans certains cas, les pluies sahariennes sont de véritables déluges.

Neige. — Non-seulement il tombe de la neige chez les Touâreg, mais encore elle s’y conserve pendant trois mois de l’année, du mois de décembre au mois de mars. Les sommets du Ahaggâr, il est vrai, jouissent seuls de ce privilége. J’ignore si ce bienfait est annuel ou s’il est limité aux seules années de pluie.

J’ai estimé l’altitude de Ahaggâr à 2,000 mètres au-dessus du niveau de la mer, amené à cette détermination par la comparaison avec l’Adrâr du Tasîli et avec l’Anhef qui ne conservent pas les neiges, bien qu’atteignant des hauteurs de 1,500 et 1,800 mètres.

Pression atmosphérique.

Observations barométriques. — Pendant les 29 mois de mon exploration dans le Sahara, j’ai fait chaque jour plusieurs observations barométriques, principalement en vue de déterminer les altitudes des points visités.

Les baromètres dont je me suis servi successivement et quelquefois concurremment, pendant toute la durée de mon voyage chez les Touâreg, sont l’anéroïde et un baromètre Fortin, qui m’a été envoyé en route par M. O. Mac Carthy.

Ces deux instruments ont été contrôlés, à mon retour à Alger, par M. O. Mac Carthy, et les observations que je publie sont corrigées de toutes les erreurs constatées.

Quoique des marches et des déplacements journaliers soient peu favorables pour tirer quelques conclusions sur les variations diurnes, mensuelles ou annuelles du baromètre dans le Sahara, je trouve cependant dans mon journal météorologique quelques détails utiles à publier.

Oscillations diurnes. — A Ghardâya, le 22 août 1859, à la suite d’un violent orage qui avait duré une partie de la nuit, j’ai consacré toute la journée, du lever au coucher du soleil, à constater les oscillations barométriques de 15 en 15 minutes.

Pour cette observation spéciale, je me suis servi du baromètre Fortin no 892, construit par M. Tonnelot.

Les résultats de cette étude sont consignés dans le tableau qui suit.

HEURES. BAROMÈTRE FORTIN à zéro. THERMOMÈT. sec. THERMOMÈT. mouillé. THERMOMÈT. fronde. ÉTAT DU CIEL ET VENTS.
h. m.
6.40 719.38 26°,1 Cumulus pommelés au zénith N.-N.-E. et au N.-O. sur un quart du ciel.
7.30 719.43 29°,5 18°,9 28 ,5 Vent N. frais (force 1) ; cumulus pommelés au zénith ; bande de cumulus au S.-S.-E ; cumulus en bande du N. (du N.-O. au S.-E.).
7.45 719.60
8.» 719.62 30 ,2 18 ,8
8.15 719.69
8.30 719.65 31 ,0 18 ,2 31 ,8
8.45 719.66
9.» 719.76 31 ,6 18 ,1
9.15 719.69
9.30 719.68 32 ,7 18 ,4 32 ,8
9.45 719.90
10.» 719.77 33 ,1 18 ,4
10.15 719.65
10.45 719.46
11.» 719.31 34 ,0 18 ,6 34 ,3
11.15 719.49
11.30 719.36 34 ,5 19 ,4
11.45 719.13
12.» 718.84 35 ,1 19 ,2 35 ,3 Vent N. faible ; cumulus légers sur la moitié du ciel.
12.15 718.92
12.30 718.93 35 ,9 19 ,8
12.45 718.91
1. s. 718.77 35 ,5 19 ,0 34 ,9
1.15 718.71
1.30 718.62
1.45 718.52
2.» 718.08
2.30 717.73 35 ,3 18 ,9 34 ,9 Cumulus couvrant les 2/3 du ciel. Vent N. toujours très-faible.
2.45 717.72
3.» 717.69 35 ,8 18 ,9 35 ,0
3.15 717.50
3.30 717.47 36 ,0 18 ,7
3.45 717.31
4.» 717.18 36 ,7 19 ,8 36 ,3
4.15 716.92
4.30 717.03 36 ,2 18 ,5
4.45 716.89
5.» 716.87 36 ,3 18 ,7 36 ,0
5.15 716.50
5.30 716.75 36 ,0 19 ,1
5.45 716.46
6.» 716.51 35 ,5 19 ,0 35 ,0 Vent très-faible, toujours N. ; horizon S. nuageux ; petits cumulus au N. et au N.-E.
6.15 716.60

Dans cette journée, le baromètre atteint son maximum d’amplitude 719,90 à 9 heures 45 minutes du matin, et son minimum 716,46 à 5 heures 45 minutes du soir.

L’oscillation diurne du 22 août 1859 a donc été, à Ghardâya, de 3mm 44.

A Tougourt, une période de 21 jours d’observation, du 23 juin au 13 juillet 1860, donne pour maximum des oscillations diurnes 12mm 22, le 27 juin, et une moyenne de 2mm 78.

A Ghadâmès, une seconde période de 33 jours d’observation, du 12 août au 15 septembre 1861, donne un maximum de 20mm 41, le 3 septembre, et une moyenne de 5mm 84.

Une troisième période de 16 jours, à Afara-n-Wechcheran, du 6 au 21 janvier 1861, donne un maximum d’oscillation de 12mm 19 pour la journée du 9 janvier, et une moyenne de 5mm 26.

Une quatrième période de 15 jours, à Toûnîn, faubourg de Rhât, du 14 au 28 mars, donne un maximum de 10mm 78, le 28 mars, et une moyenne de 7mm 04.

Une cinquième période de 31 jours, à Tarz-Oûlli, du 8 mars au 29 avril 1861, donne un maximum de 9mm 75, le 25 avril, et une moyenne de 4mm 87.

Enfin, une sixième période de 34 jours, à Mourzouk, du 7 juin au 11 juillet 1861, donne un maximum de 3mm 77 et une moyenne de 1mm 73.

La moyenne de ces six séries d’observations est de 4mm 59 ; mais, si on défalque de chaque série les chiffres accidentels et exceptionnels donnés par les maxima, on arrive à une moyenne d’oscillations diurnes qui se rapproche beaucoup de celle de la journée du 26 août 1859 à Ghardâya.

Extrêmes pour chaque période d’observation. — Je prends pour termes de comparaison les observations du matin, au lever du soleil ; celles du milieu de la journée, à l’heure où le thermomètre est le plus haut ; et celles du soir, au coucher du soleil.

Les plus grands abaissements de la colonne mercurielle sont indiqués, dans le tableau qui suit, pour chaque heure d’observation en regard des plus hautes élévations : la colonne de gauche représentant les minima, celle de droite les maxima.

STATIONS. MATIN. 2h. 1/2 SOIR. SOIR.
Période de Tougourt 753,63 761,66 749,22 765,82 750,82 761,35
 —  de Ghadâmès 730,08 737,92 731,29 748,55 728,14 738,85
 —  d’Afara 710,71 716,93 698,61 715,32 705,10 716,25
 —  de Toûnîn 698,36 706,90 692,05 706,37 695,91 706,67
 —  de Tarz-Oûlli 696,69 709,37 691,72 707,11 693,77 707,68
 —  de Mourzouk 711,67 721,97 701,21 725,39 718,96 720,19

Moyennes pour chaque période. — A défaut d’autres observations barométriques connues pour la région saharienne, j’ai pensé qu’il n’était peut-être pas sans intérêt d’établir la moyenne, à diverses altitudes, des 150 jours de stations que comprennent les six périodes. Voici ces moyennes :

STATIONS. ALTITUDE. MATIN. 2h. 1/2 SOIR. SOIR.
Période de Tougourt 89[84] 757,15 756,06 755,49
 —  de Ghadâmès 351 733,13 737,43 733,53
 —  d’Afara 543 715,04 710,34 711,36
 —  de Toûnîn 726 702,55 697,70 702,22
 —  de Tarz-Oûlli 766 703,18 696,99 700,94
 —  de Mourzouk 559 720,11 719,36 719,47

Instruments. — Quoique je me sois servi le plus souvent du baromètre anéroïde exclusivement, on peut cependant avoir confiance aux chiffres qu’il a fournis, parce que j’ai pu en faire usage concurremment avec trois baromètres Fortin, et pendant assez de temps, avant que ces derniers aient été brisés, pour bien étudier les dilatations de l’anéroïde et le corriger de ses erreurs.

A dater de Serdélès jusqu’à Tripoli, je me suis servi du baromètre Fortin que j’ai reçu en route.

La marche de cet instrument avait été contrôlée avant son expédition par M. Mac Carthy, qui a eu la généreuse obligeance de me l’envoyer pour remplacer ceux que des accidents de voyage avaient mis hors de service.

Vents.

Le tableau suivant, résumé du tableau général placé en tête de ce chapitre, indique la direction principale des vents, suivant les saisons, et leur force moyenne. Quoique restreint aux observations qui ont servi à déterminer les altitudes, il n’en représente pas moins la moyenne de l’état de l’atmosphère.

DIRECTION MENSUELLE ET FORCE MOYENNE DES VENTS.

VENTS. J F M A M J J A S O N D TOTAL par nature de vents. FORCE MOYENNE.
Calme 8 6 4 » 7 6 8 11 » » » 8 58 0,0
N. 2 4 » 3 5 1 1 5 1 » » » 22 1,8
N.-N.-E. 2 » 1 » 3 » 1 1 » » » » 8 3,0
N.-E. 5 » 5 3 3 1 4 4 7 » » 1 33 2,7
E.-N.-E. 2 1 1 1 1 4 4 » » » » 2 16 2,4
E. 2 4 4 4 3 13 9 8 7 » » 2 56 2,3
E.-S.-E. 1 3 1 1 1 » » 2 » » » 1 10 2,2
S.-E. 3 2 2 2 5 2 1 8 » » » » 25 2,7
S.-S.-E. 1 1 3 1 1 » 1 9 » » » 1 18 2,6
S. 1 3 3 4 » 2 » 4 » » » 1 18 1,7
S.-S.-O. 1 1 » 2 » » » 3 » » » 1 8 3,2
S.-O. » 3 1 2 » » 1 » 1 » » 3 11 2,5
O.-S.-O. » 1 » » » » » » 1 » » 2 4 1,5
O. 1 1 2 3 1 1 » » » » » » 9 2,4
O.-N.-O. 1 » » » » » 2 » » » » » 3 2,3
N.-O. 3 » 5 3 2 1 2 2 » » » » 18 2,2
N.-N.-O. » 2 1 1 » » » 2 » » » » 6 2,8
TOTAUX mensuels. 33 32 33 30 32 31 34 59 17 » » 22 323