Récolté le 13 mars 1860, dans les environs du Chott-Melghîgh.
Sans emploi connu.
Ranunculus muricatus L.
Kosberbîr (arabe).
Récolté le 13 mars 1860, dans les environs du Chott-Melghîgh.
Sans emploi connu. Croît dans les terrains humides.
Nigella sativa L.
Sahnoudj, Habbet-es-soûda (arabe).
Cultivé dans quelques jardins des oasis.
« Procurez-vous de la graine noire (mot à mot, habbet-es-soûda), a dit le prophète Mohammed : c’est un préservatif contre toutes les maladies. »
En exécution de cette prescription, les bons musulmans prennent volontiers, le matin, une pincée de graine de nigelle dans une cuillerée de miel, à l’effet de préparer les voies digestives et d’ouvrir l’appétit.
FUMARIACÉES.
Fumaria capreolata L.
Guerîn-djedey, Sibân (arabe).
Récolté le 13 mars 1860, dans les environs du Chott-Melghîgh.
Cette plante est employée par les indigènes en lotion contre les démangeaisons et en fumigations contre les douleurs.
CRUCIFÈRES.
Matthiola livida DC.
Guelguelân (arabe) d’après M. le docteur Cosson ; Tamadé (temâhaq).
Récolté le 2 mars 1861, à Tîn-Arrây.
Cette plante vient dans les sables.
Matthiola oxyceras DC.
Hârra (arabe) ; Tânekfâït (temâhaq).
Récolté le 7 mars 1860, au S.-O. de Nafta, entre Guettâra-Ahmed-Ben-’Amâra et Gâret-Djâb-Allah.
Affectionne les terres de heycha.
Anastatica Hierochuntica L.
Akarba (temâhaq) ; Kômecht-en-Nebî (arabe fezzanien) ; Kerchoûd (au Bergou).
Reconnu entre Ghadâmès et Rhât.
Cette plante est vulgairement connue sous le nom de rose de Jéricho.
Malcolmia Ægyptiaca Spreng.
El-Maroûdjé, El-Hamâ (arabe) ; Almaroûdjet (temâhaq).
Récolté le 2 janvier, les 8, 21 et 29 février 1861, sur l’Ouâdi-Alloûn et à Aghelâd. Reconnu en huit stations entre Ghadâmès et Rhât.
Cette plante donne un excellent fourrage que tous les animaux recherchent. Elle vient dans les sables.
Senebiera lepidioides Coss. et DR. in Bull. Soc. bot.
Harharha (arabe et temâhaq).
Récolté à Sâghen, le 1er janvier 1861.
Peu commun, comestible.
Moricandia suffruticosa Coss. et DR. Brassica suffruticosa Desf.
Foûl-el-djemel, Foûl-el-ibel (arabe) ; Afarfar (temâhaq).
Récolté aux environs de Ghadâmès et sur l’Ouâdi-Tînzeght, les 12 et 13 novembre 1860. Peu commun. Plus abondant dans les montagnes du Ahaggâr, entre Rhât et In-Sâlah.
Plante recherchée par les chameaux, ainsi que l’indique son nom indigène : fève du chameau.
Henophyton deserti Coss. et DR. in Bull. Soc. bot.
Alga, Allegommo (arabe).
Récolté dans les dunes de l’’Erg, entre ’Erg Boû-Delîl et Medhaheb-ech-Cherguîya ; sur la route de Merhayyer à Gomâr, le 5 février 1860, et entre El-Ouâd et Ouarglâ, sur l’Ouâdi-Çîdah, le 16 février 1860.
Cette plante recherche les sables.
Diplotaxis Duveyrierana Coss. sp. nova.
Hârra (arabe) ; Tânekfâït (temâhaq).
Récolté les 9 et 18 février 1861, sur l’Ouâdi-Alloûn et l’Ouâdi-Târât. Rencontré en onze stations entre Ghadâmès et Rhât.
Cette espèce nouvelle, désormais destinée à rappeler le souvenir de mon voyage, grâce à l’extrême bienveillance de M. le docteur Cosson, est une de ces nombreuses plantes de la famille des Crucifères dont les Touâreg font usage pour leur alimentation. A défaut d’autres provisions, j’ai été souvent heureux de la mettre à contribution pour l’approvisionnement de ma table et de celle de mes serviteurs. Son usage délassait mon estomac fatigué des légumes secs, les seuls à la disposition des caravanes. Je ne me doutais pas alors que je mangeais un plante qui plus tard porterait mon nom.
Diplotaxis pendula DC.
Récolté le 12 mars 1860, dans les montagnes de Kerîz.
Comestible comme la précédente.
Eruca sativa Lmk. E. stenocarpa Boiss. et Reut.
Hârra (arabe) ; Tânekfâït (temâhaq).
Récolté à Sâghen et sur l’Ouâdi-Alloûn, les 1er janvier et 29 février 1861. Commun.
Cette plante est également comestible et mangée par les Touâreg.
La graine et le suc de cet Eruca, concurremment avec les mêmes parties des deux Diplotaxis ci-dessus, sont employés comme remède contre la gale des chameaux.
Schouwia Arabica DC.
Alouâs (temâhaq).
Trouvé et récolté à Tikhâmmalt, le 27 janvier, et à Tîn-Têrdja, le 2 mars 1861.
Plante rare, spéciale aux déserts d’Arabie et non encore trouvée en Berbérie.
Zilla macroptera Coss. in Bull. Soc. bot.
Chobrom, dans l’Est ; Chebreg, dans l’Ouest (arabe) ; Oftozzon (temâhaq).
Récolté à Aghelâd, le 8 février, et sur l’Ouâdi-Alloûn, les 28 et 29 février 1861, entre Ghadâmès et Rhât ; signalé sur le plateau de Tâdemâyt, entre le Touât et le pays des Benî-Mezâb.
Cette plante épineuse, qui croît en touffes larges, est avidement mangée par les chameaux.
Brassica Napus L. ?
Left (arabe) ; Afrân (temâhaq).
Le navet est cultivé dans les jardins de toutes les oasis, où il vient très-bien.
Sa racine, crue ou cuite, sert à l’alimentation.
Sa graine est employée comme médicament.
Brassica oleracea L. ?
Kronb (arabe).
Le chou ne paraît pas très-bien réussir dans les oasis, à moins que la variété qui y est cultivée ne soit inférieure à celle de nos jardins d’Europe.
CAPPARIDÉES.
Cleome Arabica L.
Mekhînza, Oumm-el-djelâdjel (arabe) : le premier usité à Ghadâmès, le second au Fezzân ; Ahôyyarh, Wôyyarh (temâhaq).
Récolté le 26 août 1859, dans l’Ouâd-Mezâb ; le 6 septembre 1860, aux environs de Ghadâmès ; le 7 février 1861, à Aghelâd ; le 2 mars 1861, à Tîn-Têrdja.
Cette plante croît dans les sables et dans les pierres.
Mærua rigida R. Br.
Sarah (arabe) ; Adjâr (temâhaq).
Récolté le 1er avril 1861, à Ouarâret.
Cet arbre, assez rare, vit toujours isolé.
Son tronc a de 3 à 4 mètres de hauteur et de 0m 70 à 1m de circonférence en moyenne.
Ses branches, noueuses, peu nombreuses, ne retombent pas comme dans les autres arbres, mais se dressent verticalement vers le ciel. Elles partent de terre et donnent à l’arbre l’aspect d’une grande broussaille.
Ses feuilles sont petites.
Il était en fleur le 1er avril.
Par son port et sa taille cet arbre rappelle le Balanites Ægyptiaca, mais il n’a pas d’épines et ses feuilles sont différentes.
Capparis spinosa L. var. coriacea.
Kebbâr (arabe).
Récolté le 24 août 1859, dans une ravine aride montant au Qaçar-Sîdi-Saád. Reconnu dans les vallées de l’Ouâd-Mezâb et entre Methlîli et El-Golêa’a, où il est commun.
Les belles fleurs roses de cet arbrisseau rampant et épineux distraient agréablement la vue de la monotonie des solitudes désertiques.
Les médecins arabes font un grand usage du bois de câprier dans les maladies chroniques et notamment dans la dyssenterie.
CISTINÉES.
Helianthemum sessiliflorum Pers.
Semhari, Reguîg (arabe) ; Tahaouat, Tahesouet (temâhaq).
Reconnu en cinq stations dans la région de l’’Erg, entre El-Ouâd et Ghadâmès ; commun aux environs de Ghadâmès, dans les plaines au pied du Ahaggâr et entre El-Golêa’a et Methlîli.
Récolté dans la Hamâda de Tînghert, près de la Gâra de Tîsfîn, le 16 septembre 1860.
Plante de sables, mangée par les chameaux.
Helianthemum Cahiricum Delile.
Rega (arabe) ; Aheo (temâhaq).
Récolté dans l’Ouâd-Mezâb. Commun dans les environs de Ghadâmès.
Plante sans importance.
Helianthemum Tunetanum Coss. et Kral. in Bull. Soc. bot.
Récolté le 18 mars 1860, entre El-Hâmma et Gâbès, dans un pays aride et rocheux.
Cette plante est sans importance pour l’alimentation des animaux.
RÉSÉDACÉES.
Reseda stricta Pers.
Récolté dans les montagnes de Kerîz, le 12 mars 1860.
Plante sans importance.
FRANKÉNIACÉES.
Frankenia pulverulenta L.
Guenoûna, Melêfa (arabe).
Récolté autour des mares des dattiers, dans les jardins de Ghardâya, en 1859, et dans ceux de Sîdi-Khelîl, le 5 juin 1860.
Cette plante aime l’ombre et les endroits humides. Sans importance.
Frankenia pallida Boiss. et Reut.
Melêfa (arabe).
Récolté sous les dattiers de Sîdi-Khelîl, le 5 juin 1860.
Même observation que ci-dessus.
MALVACÉES.
Malva parviflora L.
Khoubbîz (arabe).
Récolté en 1859, dans les jardins de Ghardâya.
Plante émolliente, employée comme médicament par les indigènes.
Hibiscus esculentus L.
Meloûkhîa (arabe).
Le meloûkhîa (gombo des Européens) est le légume favori des Orientaux, aussi le cultive-t-on dans tous les jardins potagers des oasis. C’est un fruit très-mucilagineux, sain et d’une digestion facile.
On le mange en ragoût avec la viande.
On l’emploie également cru en salade.
Gossypium vitifolium Lmk.
Koton-bernâoui (arabe) ; Tâbdoûq (temâhaq).
Récolté le 24 juin 1861, à Mourzouk, où ce cotonnier est cultivé.
Ce cotonnier, cultivé dans tout le Fezzân, a été importé du Bornou (Afrique centrale), ainsi que l’indique son nom arabe. Il est à courte soie. Dans les graines que j’en ai rapportées, M. Hardy, directeur du jardin d’acclimatation d’Alger, a reconnu deux variétés : l’une blanche et l’autre nankin.
Gossypium herbaceum L.
Koton-fezzâni (arabe) ; Tâbdoûq (temâhaq).
Récolté le 22 mai, à Tekertîba, oasis de l’Ouâdi-el-Gharbî, et à Mourzouk, le 24 juin 1861, où il est cultivé.
Le cotonnier du Sahara ne peut figurer ici que pour mémoire, en raison du peu d’importance de sa production. Cependant, il y est cultivé et à très-bas prix ; c’est là un point important, car le bas prix résulte de l’abondance de la main-d’œuvre et des conditions climatériques qui rendent cette culture certaine, sans exiger aucun travail sérieux autre que celui de la cueillette, conditions qui ne peuvent être modifiées.
Au Fezzân, j’ai trouvé le cotonnier en fleur au mois de juin, c’est-à-dire à l’époque où il commence à sortir de terre sur le littoral algérien.
Il en est de même au Touât.
Dans ces deux archipels d’oasis, rien ne sollicite la production, limitée aux besoins des ménages ; car on y reçoit de l’Europe et de l’Afrique centrale des étoffes qu’il est plus commode d’acheter. Mais, dans ces deux districts, il y a un excédant de population qui est forcé d’émigrer pour aller demander des moyens d’existence à d’autres contrées, et il préférerait trouver sur place l’emploi de ses bras. Il s’adonnerait donc volontiers à la culture du coton, si ce produit avait un débouché régulier et assuré.
L’espace non plus ne manque pas, car avec des puits on peut créer des oasis partout où la terre végétale recouvre la roche et les sables.
Si le Touât et le Fezzân paraissaient trop éloignés des ports de l’Algérie, ou si leur situation en dehors de notre colonie devait être un obstacle à des encouragements directs à une culture développée, il y a, dans le Sahara algérien même, la zone des puits artésiens, qui peut produire le coton courte soie dans des conditions climatériques et de main-d’œuvre analogues à celle du Fezzân et du Touât.
Là, le nègre est dans son climat de prédilection, et dès qu’il saura qu’un gouvernement capable de le faire respecter y creuse des puits pour cultiver le coton, il y viendra, et il suffira de lui donner de bonnes graines et de lui enseigner les meilleures méthodes de culture.
J’ai rapporté des graines du cotonnier fezzanien et du cotonnier soudanien, pour être ensemencées au jardin d’acclimatation d’Alger. On ne tardera pas à être fixé sur leur valeur comme semences à propager en Algérie.
| Pl. V. | Page 155. | Fig. 10 et 11. |
AURANTIACÉES.
Citrus medica L.
Chedjret-el-Lîm (arabe).
Un seul citronnier existe dans l’oasis de Ghadâmès. Je ne pense pas qu’il y en ait à Rhât. Au Fezzân, on en compte quelques-uns. Au Touât, ils doivent être rares aussi.
Si un arbre, dont le fruit est si précieux dans la saison des grandes chaleurs, n’est pas plus répandu dans les oasis, c’est que probablement il y résiste à l’acclimatation.
Citrus Aurantium L.
Chemmâm (arabe).
L’oranger réussit un peu mieux que le citronnier et il y est un peu plus commun, sans cesser d’être rare cependant.
Les oranges des oasis, même celles du Zibân, sont loin de valoir celles du littoral méditerranéen.
AMPÉLIDÉES.
Vitis vinifera L.
Dâlia (arabe).
La vigne est cultivée dans toutes les oasis. Le 12 juillet 1861, les raisins étaient mûrs à Trâghen, au moment de mon passage.
Le raisin frais, ’aneb, qui en provient, de qualité inférieure, est mangé en fruit. Le raisin sec, zebîb, qui entre comme condiment dans le couscoussou, est tiré du Nord.
D’après les renseignements qui me sont fournis, il existerait dans les montagnes du Ahaggâr trois variétés de vignes sauvages auxquelles les Touâreg donnent les noms de tezzebibt, de tâlekat et telôkat.
Le raisin des vignes sauvages, toujours petit, est de qualité inférieure.
Le Touât paraît posséder quelques bonnes variétés de raisin.
Les musulmans ne font jamais de vin, mais ils conservent des raisins cuits et confits dans le sucre ; ils donnent à cette préparation le nom de robb-el-’aneb.
GÉRANIACÉES.
Erodium glaucophyllum Ait.
Sa’adân (arabe).
Récolté le 7 mars, entre Guettâra-Ahmed-ben-’Amâra et Nafta, et le 12 mars dans les montagnes de Kerîz.
Cette petite plante affectionne les terres de heycha.
ZYGOPHYLLÉES.
Tribulus megistopterus Kral. in Ann. sc. nat. var. macrocarpus.
Bôriel (temâhaq).
Trouvé et récolté dans une station unique, le 5 mars 1861, à Tiferghasîn, entre Ghadâmès et Rhât.
Sans importance.
Zygophyllum Geslini Coss. in Bull. Soc. bot.
Bou-grîba, Agga (arabe).
Récolté le 13 mars 1860 sur les bords de la Sebkha de Sedâda.
Affectionne les terres salines des sebkha.
Fagonia Sinaica Boiss.
Choreïka (arabe).
Récolté le 12 mars 1860, dans les montagnes de Kerîz et près de la Gâra de Tisfîn, aux environs de Ghadâmès. Abondant dans les dunes.
Malgré ses épines, les chameaux ne dédaignent pas cette plante.
Fagonia fruticans Coss. in Bull. Soc. bot.
Chega’a, Reguîg (arabe).
Récolté en septembre 1859, entre Hâssi-Dhomrân et Chaábet-Timedaqsîn, sur la route de Methlîli à El-Golêa’a, et sur la hamâda, près de la Gâra-Tîfsîn, aux environs de Ghadâmès, le 16 septembre 1860.
Assez commun, quoique rare dans le Sahara algérien.
Balanites Ægyptiaca Delile.
Hadjilidj (arabe local), Heglig (arabe d’Égypte), Tebôraq (temâhaq), Tchaïchot (au Touât), Addaoua (au Haoussa).
Trouvé, chargé de fleurs et de fruits, le 3 mars à In-Ezzân, et le 4 mai 1861 à Tîterhsîn.
Sa limite Nord est au pied des montagnes du Tasîli. On le trouve aussi dans le Ahaggâr et au Touât, mais à l’état isolé, sans être rare.
Son tronc, d’une circonférence de 1m à 1m 50 environ, s’élève à 5 mètres de hauteur sous branches. Dans les pays où cet arbre est le plus commun, son bois est employé à faire des planchettes, des colliers, ce qui indique qu’il est fin et très-dur. Chez les anciens Égyptiens, on en faisait des statues. On dit aussi qu’il sert à l’éclairage à la façon du bois résineux.
Ses feuilles, persistantes, sont petites et charnues ; quand elles sont nouvelles, on les cueille pour en assaisonner les aliments, surtout dans les contrées où le sel manque. Elles sont aussi employées pour déterger les plaies de mauvaise nature.
Des épines formidables défendent les feuilles et les branches contre les attaques de la dent des animaux.
Son fruit, iborâghen, qui a la grosseur d’une forte jujube allongée, est enveloppé dans une écorce jaune, mince, qu’il faut enlever pour arriver au noyau.
Le noyau, de nature cornée, très-dense, jaunâtre, est recouvert d’une pulpe brune qui s’enlève facilement avec l’ongle et se délaye dans l’eau.
L’amande que contient le noyau, de la grosseur d’une arachide ordinaire, d’un jaune verdâtre, a un goût d’amertume légère.
Avec la pulpe, d’une amertume plus prononcée encore, on prépare une pâte à laquelle on attribue la propriété de guérir les maladies de la rate et de tuer le ver de Guinée (vena medensis).
Avec le fruit, débarrassé de son amertume par la macération, on prépare une pâte, sucrée avec du miel.
RUTACÉES.
Ruta bracteosa DC.
Djell, Jell, Fîdjel (arabe) ; Issîn (temâhaq).
Récolté le 7 novembre 1860, sur l’Ouâdi-Tîji, près de Djâdo.
Dans les oasis, on attribue à l’odeur de cette plante la propriété d’éloigner les scorpions des habitations.
Ses feuilles et ses graines sont employées comme médicaments.
Haplophyllum tuberculatum Adr. de Juss.
Chedjret-er-rîh (arabe).
Récolté le 17 septembre 1860 sur l’Ouâdi-Aouâl, au Nord-Est de Ghadâmès.
Cette plante, ainsi que l’indique son nom arabe, l’arbre au vent, est employée contre les douleurs causées par les refroidissements.
Peganum Harmala L.
Harmel (arabe) ; Bender-tifîn (temâhaq).
Très-commun dans l’Ouâd-Mezâb, où je l’ai récolté. Signalé en plusieurs stations, dans les montagnes, entre Rhât et In-Sâlah.
Cette plante, dont « chaque racine, chaque feuille, dit le Prophète, est gardée par un ange, en attendant qu’un homme y vienne chercher sa guérison, » est très-employée par les indigènes dans tout le Sahara.
Avec sa graine on fait une huile, zît-el-harmel, qui s’exporte au loin.
J’aurai l’occasion de revenir sur les propriétés de cette plante.
RHAMNÉES.
Zizyphus Spina-Christi Willd.
Zegzeg (arabe), même racine que zizyphus ; Korna (au Fezzân) ; Abaka (temâhaq) ; Nabq (en Égypte) ; Sidr (traducteurs et commentateurs du Coran).
Cet arbre est cultivé dans le Fezzân, et particulièrement dans l’Ouâdi-el-Gharbî, près de Djerma. C’est de Tekertîba, dans la même oasis, que provient l’échantillon de mon herbier. Je l’ai également récolté à Nafta, le 9 mars 1860.
Ainsi que l’indique son nom scientifique, cet arbre passe pour avoir fourni la couronne d’épines qui ensanglanta la tête de Jésus. Pour ce motif et malgré le triste souvenir qu’il rappelle, ce jujubier est l’objet d’un certain culte chez les chrétiens d’Orient.
Chez les musulmans, il est non moins vénéré, car, d’après le prophète Mohammed, le sidr est un arbre du paradis, et il y en a même un dont la tête est assez considérable pour qu’un cavalier, en un siècle, ne puisse traverser l’ombre qu’il projette.
Au chapitre 66, verset 17 du Coran, il est dit :
« Le sidr est un arbre sous lequel les élus du paradis feront leur séjour. »
Ainsi, à des titres bien différents, cet arbre se recommande à la mémoire des hommes religieux de l’Orient et de l’Occident. Les pèlerins de Jérusalem en rapportent des branches pour orner leurs oratoires, les musulmans en récoltent les feuilles, dont ils font une décoction pour lotionner les morts, afin de donner à leurs dépouilles terrestres un avant-goût des jouissances du paradis.
Indépendamment du culte dont il est l’objet, ce jujubier forme un bel et grand arbre qui contribue à l’embellissement des oasis.
Son fruit est d’un goût assez savoureux quand il est frais. Il est recherché comme aliment.
Ses feuilles sont employées comme anthelminthiques.
Le jujubier couronne du Christ est aussi cultivé dans la Tunisie et même en Algérie, dans le Zibân. En cette dernière contrée, il atteint des proportions assez considérables pour être remarqué.
Zizyphus Lotus L.
Sedra (arabe) ; Tâbakat (temâhaq).
Ce jujubier nain, si commun dans le Tell de l’Algérie et dont les épines sont si redoutables pour les vêtements, apparaît de temps à autre, jusqu’au pied des montagnes du Tasîli. Près de Djerma, dans le Fezzân, j’en ai retrouvé un pied unique, vers la même latitude que sur la route de Ghadâmès à Rhât. Je l’avais également rencontré dans le Mezâb et entre Methlîli et El-Golêa’a.
Mes itinéraires par renseignements le signalent sur le versant Nord du Ahaggâr, mais pas au delà.
Son fruit est comestible, il a un goût sucré légèrement acidule, agréable pendant la saison des chaleurs, mais pas assez pour faire perdre aux étrangers le souvenir de leur patrie, ainsi que le dit Homère.
Ce fruit est-il bien le même que celui qui a donné son nom aux Lotophages ? Il est permis d’en douter, car la description de l’arbre et du fruit que nous donnent Polybe et Hérodote se rapporte peu à la baie que les Arabes appellent nabqa et les Touâreg ibakâten.
Mohammed (le prophète), qui devait se connaître en botanique désertique, autant que les savants qui ont assimilé le nabqa au Lotus des anciens, ne se trompe pas quand il qualifie le saveur du fruit du sedra.
Les habitants de Saba s’étant rendus coupables de pacte avec l’erreur, il les punit en convertissant leurs jardins, couverts de fruits délicieux, en d’autres jardins produisant des fruits amers, et au nombre de ces fruits figure celui du sedra.
TÉRÉBINTHACÉES.
Rhus dioica Willd.
Djedârîa, Djedâri (arabe) ; Dezougguert (berbère-nefoûsien) ; Tehônaq (temâhaq).
Récolté le 18 novembre 1860, sur l’Ouâdi-Tirhît ; le 3 mars 1861, à In-Ezzân, affluent du bassin de Tîterhsîn ; trouvé en trois stations entre Ghadâmès et Rhât ; signalé dans les montagnes entre Rhât et In-Sâlah, ainsi que sur le plateau de Tâdemâyt, entre In-Sâlah et Methlîli.
Antérieurement, j’avais constaté la présence de cet arbuste dans les vallées du Djebel tripolitain, dans le Sud de la Tunisie et même autour de quelques rhedîr du Sahara algérien.
L’écorce des racines et de la tige de ce sumac est recherchée pour le tannage des peaux de moutons. On en fait un commerce assez important par Gâbès. Les Touâreg l’emploient aussi aux mêmes usages. Ils l’appellent aoufar.
LÉGUMINEUSES.
Crotalaria Saharæ Coss. sp. nova.
Observé en une station unique, sur la Hamâda de Tînghert, près Ghadâmès, et récolté le 13 septembre 1860.
Cette espèce nouvelle, dénommée par M. le docteur Cosson, n’a encore été ni décrite ni publiée.
Retama Rætam Webb in Ann. sc. nat.
Retem (arabe) ; Telit (temâhaq).
Récolté dans le Sahara algérien ; reconnu sur onze points de ma route, entre Ghadâmès et Rhât, où, avec le Calligonum comosum, il fournit le seul bois de chauffage à l’usage des caravanes ; signalé comme étant commun dans les montagnes du Ahaggâr.
Cet arbrisseau atteint de 1 à 2 mètres de hauteur, rarement 3.
Les branches du retem, nous apprend M. le docteur Cosson, ont été utilisées à Géryville par le Génie militaire pour remplacer les lattes dans la construction des plafonds et des terrasses.
Ses feuilles recherchées par les chèvres et les chamelles communiquent à leur lait un goût d’amertume prononcé.
Ses racines sont employées en décoction comme vermifuges.
Genista Saharæ Coss. et DR. in Bull. Soc. bot.
Merkh (arabe).
Récolté dans le Sahara algérien, le 20 février 1860.
Cet arbuste ne paraît pas s’étendre dans le Sud. Dans le Nord, il forme de gros buissons.
Genista ?
Hana (arabe) ; Asabay (temâhaq).
Sur ma route, de Ghadâmès à Rhât, de Rhât à Mourzouk, j’ai rencontré, en trois stations, notamment le 3 mars 1861, à In-Ezzân, un genêt très-connu des indigènes, sous ses noms arabe et temâhaq. Je ne l’ai pas récolté, parce qu’il n’avait ni fleurs ni fruits. On le signale comme étant plus commun dans les montagnes entre Rhât et In-Sâlah.
J’appelle l’attention des voyageurs sur cette espèce ligneuse, si, plus heureux que moi, ils peuvent la récolter dans des conditions qui permettent de la déterminer.
Par sa forme, cet arbuste rappelle celles du Retama Rætam et des Ephedra.
Le 3 mars, les gousses vides tenaient encore à la plante.
Ononis angustissima Lmk.
Récolté le 12 mars 1860, dans les montagnes de Kerîz.
Plante sans importance.
Trigonella anguina Delile.
Nefel (arabe) ; Ahazès (temâhaq).
Trouvé en sept stations, entre Ghadâmès et Rhât ; récolté le 9 février 1861, dans l’Ouâdi-Târat.
Bon fourrage. Quelquefois cette Légumineuse forme des prairies dans lesquelles les caravanes font des provisions de route.
Trigonella laciniata L. var. ?
Handegoûg (arabe) ; Ahazès (temâhaq).
Récolté à Sâghen, en fleurs, mais sans fruits, le 3 janvier 1861 ; reconnu en dix stations, entre Ghadâmès et Rhât ; signalé sur quelques points, entre Rhât et In-Sâlah.
Cette plante, qui croît volontiers dans les lits des ouâdi après les pluies, est très-recherchée par les animaux.
Lotus Creticus L.
Récolté les 17 et 21 mars 1860, aux environs de Gâbès.
Petite plante.
Lotus corniculatus L.
Nedjem (arabe).
Récolté dans la Ghâba de Sedâda, aux environs du Chott-el-Djérîd, le 13 mars 1860.
Petite plante fourragère.
Indigofera argentea L.
Nîla (arabe) ; Bâbba (temâhaq).
Récolté le 4 juin 1861, dans les jardins de Tessâoua. Cultivé dans le Fezzân et au Touât.
La culture de l’indigotier n’est pas très-développée dans les oasis, non qu’elle n’y réussisse, mais parce que les Oasiens, se procurant facilement l’indigo par les caravanes du Soûdân, préfèrent réserver leurs terres pour des céréales.
On prépare l’indigo par la macération de la plante et par l’évaporation à l’air de sa partie aqueuse qui surnage au-dessus du résidu.
On verra plus loin quel usage particulier en font les Touâreg.
Astragalus Gombo Coss. et DR. in Bull. Soc. bot.
Foggoûs-el-Hamîr (arabe).
Récolté dans l’Ouâd-Mezâb où il est assez commun.
Sans usage.
Astragalus prolixus Sieber.
Adreylal (temâhaq).
Récolté à Tîn-Têrdja, le 2 mars 1861, sur la route de Ghadâmès à Rhât, reconnu aussi sur deux autres points.
Petite plante fourragère rampante.
Astragalus Hauarensis Boiss.
Tâmerazraz (temâhaq).
Récolté à Tîn-Têrdja, le 3 mars 1861. Station unique.
Hippocrepis elegantula Hochst. in Schimp. Pl. Arab. exsicc.
Têskart (temâhaq).
Récolté à Tîn-Têrdja, le 3 mars 1861. Station unique.
Alhagi Maurorum DC.
’Agoûl (arabe).
Reconnue en six stations, dans la Cherguîya, entre Mourzouk et Zouîla, où cette plante est assez abondante pour qu’elle couvre, sur plusieurs lieues d’étendue, tous les espaces que la culture ne lui dispute pas.
Elle ne figure pas dans mon herbier. J’ai cru inutile de recueillir une espèce dont les caractères sont tellement reconnaissables, qu’elle porte le même nom indigène dans toutes ses stations, de la Perse au Sénégal. Je ne crois pas, d’ailleurs, être le premier voyageur qui signale son existence dans l’Est du Fezzân, car l’’agoûl y constitue un fait de peuplement si exceptionnel, qu’il a dû appeler l’attention de tous ceux de mes devanciers qui ont reconnu, exploré ou simplement traversé la Cherguîya.
Les indigènes du Fezzân mangent les longues racines de cette plante. A cet effet, ils les font sécher ; après quoi, ils les réduisent en farine par la mouture.
Tous les ruminants domestiques et même les sauvages, chameaux, chèvres, moutons, gazelles, mangent les sommités de l’’agoûl malgré les épines qui les défendent. L’âne lui-même ne les dédaigne pas.
Il ne paraît pas que cette plante fournisse aux Fezzaniens la sécrétion qu’on a appelée dans l’Orient la manne des pèlerins ; car cette production ne m’a pas été signalée au nombre des produits utiles de cet arbuste.
Il était en fleur en juillet.
Lupinus varius L.
Djezey-Fôk, regarde soleil (temâhaq).
Récolté le 5 mars 1861 à Tîterhsîn. Reconnu seulement en deux stations entre Ghadâmès et Rhât.
Acacia albida Delile ?
Ahadès, Ahatès (temâhaq) ; Agawô (en haoussa).
Récolté le 4 mai 1861 près des ruines du château de Serdélès, sur un arbre gigantesque, mais unique dans le pays des Touâreg Azdjer.
Signalé comme étant plus commun, mais toujours à l’état isolé, dans les montagnes du Ahaggâr.
La cime de cet acacia atteint 15 mètres au moins de hauteur. Son tronc colossal, duquel s’élèvent cinq grands rejetons remarquables par leurs énormes dimensions, semble avoir été couché par les vents depuis fort longtemps. (Voir la planche ci-contre.)
D’après la tradition, il y a un trésor enfoui là où s’arrête l’ombre de l’arbre à l’’aser (3 heures du soir) ; mais on ne l’a pas encore trouvé.
Acacia Arabica Willd. ; Benth.
Talha (arabe) ; Absaq (temâhaq) ; Guerodh (au Fezzân).
Récolté le 7 mars 1861 dans les jardins du Fezzân, mais il croît aussi spontanément en forêts, car j’ai constaté qu’il constitue seize massifs entre Ghadâmès et Rhât, et vingt-deux entre Rhât et Mourzouk, et j’ai déterminé sur mes cartes itinéraires l’étendue de chacun des trente-huit bois qu’il forme.
J’ai acquis aussi la certitude que le talha existe en forêts dans le Tasîli des Azdjer, dans les montagnes du Ahaggâr, sur le plateau de Tâdemâyt et dans tout le Touât, ce qui est confirmé, pour cette dernière station, par M. le commandant Colonieu, qui l’a trouvé dans les oasis du Gourâra.
Plus au Nord, M. Pélissier avait antérieurement constaté son existence au Boû-Heudma, dans le Sud de la régence de Tunis, où il constitue une forêt de plus de 30 kilomètres de longueur.
Ce n’est pas d’aujourd’hui que le talha est signalé dans les mêmes contrées. Voici ce qu’en disait Léon l’Africain il y a trois siècles :
« Et-talche est un grand arbre épineux, ayant les feuilles comme le genèvre, et jette une gomme semblable au mastic, lequel est pour les apothicaires africains sophistiqué avec cette gomme, pour ce qu’elle est de semblable couleur et odeur. Il s’en trouve au désert de la Numidie, de la Libye, et au pays des noirs : mais les arbres qui croissent en la Numidie estant ouverts apparaissent de telle blancheur au dedans que les autres arbres et ceux de Libye sont violets et très-noirs : mais ceux de la terre des noirs sont très-noirs, et du cœur d’iceus (que les Italiens appellent sangu) l’on fait de très-beaux et gentils instruments de musique. Le bois violet est aujourd’huy en usage entre les médecins pour guérir le mal de Naples, au moyen de quoy le bois prend son nom de l’effet : bois guérissant de la vérole. »