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Notes d'un voyage en Corse cover

Notes d'un voyage en Corse

Chapter 47: TABLE.
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About This Book

An inspector of historical monuments presents a systematic survey of Corsican remains, organizing buildings and ruins by presumed epochs while noting frequent uncertainties in attribution. The text opens with a compact historical overview of successive populations and external influences, then describes pre-Roman vestiges, possible Greek and Etruscan traces, a modest Roman presence, and numerous medieval churches, fortifications, and communal structures. Attention is paid to characteristic architectural forms, states of decay, and the scarcity of documentary evidence, and the account closes with practical observations and occasional recommendations for targeted excavations and further study.

Avea voluto fane.
Era culato nella pieve
Teso avea lu cannochiale;
E poi mi avea scelta voi,
’O pegno particolare.
O Alto quanto lu sole!
O largo quanto lu mare!
Bastava che voi fosse stato
Men’ che voi di meditani.
Le ricchezze in questo luogo
Fossene state amare;
Con vosco, la sua surella,
Mene fosse andata à zappane.
Perche non avesse pianto
Fratello, ai questo male.
Se la fosse per la robba,
Per impegni, o per danari,
O Caro della surella,
Non vi lasciava mandà;
Che insu v’era lu fiume
E ciù’ v’era lu mare.

monté au village—avait braqué sa lunette[86] (pour vous voir venir),—et vous m’aviez choisi—comme un objet de prédilection.

Vous étiez haut comme le soleil,—vaste comme la mer;—il eût suffi que vous fussiez—la moitié moins grand que vous n’êtes.

Les richesses en votre endroit—me furent amères:—avec vous, votre sœur—aurait pioché la terre;—elle n’aurait pas versé tant de larmes;—frère, pour un tel malheur.—Ni les biens—ni les relations, ni l’argent—époux chéri—ne vous ont pas séduit;—là, (chez moi) c’était un fleuve (de biens),—ici (chez vous) c’était une mer.

O Mamma siete la mia.
Mi era informata di tutto.
Era lu arbore forte
Caricato d’ogni frutto;
E per me, la sventurata
Non c’è che ruine e lutto.
Eju nun c’agio fatto letto,
No meno impastato pane;
Eju ci son’ ’ntrata jer’sera;
Mene vo’ anda’ stamane.
Come me la sventurata
Nata nun ne’ sia mai!
Sta mattina mi so’ messa
Tutta bijoux e di fiora.
Ma mi l’agio da leva.
Fratello s’appressa l’hora.
M’ agio da mettè a dosso
Eju la tinta vitriola,
Fin tanto che la vita dura
Vestita da capo à coda.

Mère[87], vous devenez la mienne.—Je m’étais informée de tout. (?)—Il était l’arbre fort—chargé de tous fruits,—et pour moi, malheureuse,—il n’y a que ruines et deuil.

Moi qui n’avais point fait (encore) le lit—ni pétri le pain,—moi qui suis entrée hier,—je m’en vais ce matin.—Malheureuse que je suis,—pourquoi suis-je née!—Ce matin je me suis parée;—j’étais toute fleurs et bijoux:—voilà qu’il faut que je les ôte.—Frère, l’heure est venue,—il faut que je revête—les noires couleurs;—tant que ma vie durera[88],—j’en serai vêtue des pieds à la tête.

Eju da mercordi dàmane
Erane aspettativa,
Sempre guardando la strada
Se eju vi vedia venire,
Non pensando che voi fossi,
En bocca degli assessini.
Ah! chi mi l’avessi dettu
La mattina dei natali,
Quando che à Levie
Voi volesti alzani;
E poi d’una occhiata sola
Voi ci voleste cascani.
Se non vi fossi piaciuta
Quanto daria stammane!
De tutti li miei fratella
Ci n’agio uno ne’ cumpagnia,
Antonio alla campagna,
Pierruccio alla Bastia.
Quanto da cui a colà
Che, ahi me! piove ruine.

Mercredi dès le matin—j’attendais impatiente—les yeux fixés sur la route—espérant vous voir venir:—las! je ne pensais pas que vous étiez—dans les piéges des assassins.

—Ah! qui me l’eût dit—cette matinée de Noël—quand à Levie—vous voulûtes monter—et qu’en un clin d’œil[89]—vous tombâtes!—Pour ne vous avoir pas plu—combien je donnerais aujourd’hui!

De tous mes frères—pas un n’est auprès de moi:—Antonio erre en proscrit;—Pierruccio est à Bastia.—D’ici, de là—hélas! le malheur pleut sur moi.

Bestemmià voglio il rè,
Maladì lu tribunale.
Perche il disarmamento.
Nun l’aviate da fà.
Lo tempo degli assessini
A punto e questo d’avale.
Se l’avia le suoi arme,
Giacomo non avia mala.
Temuto piu che lu fuoco,
Stimato piu che lu mare.
Ahi me! nun mi n’importa
Fate pur’ come vi pare.
A contar le so’ bravezze
Nun vorrei ser una donna;
Ci sarei voluto ser poeta
Andato a gli collegi a Romma;
In mano trattar la piumma
In testa portar la comma.
Se l’avessi da scrivini,
Se l’avessi da stampani,
D’argento vorrei la piumma
E d’oro lu caramare.

Je veux blasphémer contre le roi,—maudire le tribunal:—ce désarmement,—vous n’eussiez pas dû le prescrire[90];—le temps des assassins—c’est le temps d’aujourd’hui:—s’il avait eu ses armes,—Giacomo vivrait encore,—plus redouté que le feu,—plus honoré que la mer.—Hélas! rien ne m’importe plus;—faites de moi ce que vous voudrez.

Pour conter ses vaillantises—je ne voudrais pas être une femme;—j’aurais voulu être poète,—avoir étudié à Rome,—manier la plume,—porter en tête une perruque (comme un docte abbé):—Si j’avais à les écrire,—si j’avais à les imprimer,—je voudrais une plume d’argent,—un encrier d’or;—pour encre je voudrais toute l’eau de la mer;—pour papier je voudrais—la plaine de Mariana.

Per inchiostro ci vorria,
Tutta l’acqua di lu mare,
Pè papele ci vorria
La piana di Mariana.
Cio che s’è fatto in Tallano
Non l’ha fatto mai nessuno.
Perche l’avete ammazati
Senza aver’ fatto male alcuno?
L’avete pigliati innocenti
Come Dio omnipotenti.

Ce qui s’est fait à Tallano—personne ne l’a jamais fait:—pourquoi les avez-vous tués—eux qui n’avaient point fait de mal?—vous les avez pris innocents—comme Dieu le tout-puissant.

TABLE.

MONUMENTS ANTÉRIEURS AUX ROMAINS.
STAZZONE ET STANTARE.
 Pages.
Stazzona de Taravo.14
Stantare du Rizzanese.23
Stantare de la Bocca de la Pila.24
Stazzona de la vallée de Cauria.25
Urnes funéraires.47
Statue d’Apricciano.53
MONUMENTS ROMAINS.
Bains romains.69
Ruines d’Aleria (incertaines).70
Carrière de l’île de Cavallo.83
Tombeaux de Cervarico et de Bonifacio.88
MONUMENTS DU MOYEN-AGE.
Des églises de la Corse en général.91
ÉGLISES ROMANES DU XIᵉ-XIIᵉ SIÈCLE.
La Canonica.96
San-Perteo.108
Églises de Saint-Jean-Baptiste et de San-Quilico.—Carbini.112
Église de Saint-Jean.117
Ancienne cathédrale de Nebbio.121
Saint-Michel.125
Saint-Nicolas près de Murato.132
Saint-Césaire.136
Monastère de Saint-Martin.137
ÉGLISES DU XIVᵉ ET DU XVᵉ SIÈCLE.
Sainte-Marie de Bonifacio.138
Église des Dominicains.142
Chapelle de Sainte-Catherine.148
Chapelle de Santa-Cristina.154
Églises modernes.161
Tours, chateaux, fortifications, etc.164
Ponts.175
Bas-reliefs, sculptures, etc.177
Notes.193

FIN.

NOTES:

[1] Salluste, Fragments, lib. II, 157.

[2] Hérodote, Clio, 165-7.

[3] Κύρνον κατεχομένην ὑπὸ Τυρρηνῶν. Diod., lib. XI, 88.

[4] Cons. ad Helv. 7. Sextus Avienus place le séjour des Ligures dans le S.-O. de l’Espagne (l’Estramadure ou les Algarves). M. Amédée Thierry suppose qu’ils ont quitté ce pays à la suite d’une invasion des Celtes, qui aurait eu lieu vers le XVIᵉ siècle, avant J.-C. Mais Sénèque ne fait venir les Ligures en Corse qu’après les Étrusques, précédés eux-mêmes par les Grecs; or les Phocéens ne s’établirent en Corse que vers l’an 550. Il s’ensuit que les Ligures de la Corse durent arriver de la Gaule ou de la côte N.-O. de l’Italie.

[5] Lib. X, cap. 17.

[6] Polybe, lib. III, 5.

[7] Cons. ad Helv., 7: in causâ non fuisse feritatem accolarum.

[8] Lib. V, 14.

[9] X, 17.

[10] Ils gardaient le nom de Corses, au temps d’Auguste. Voir l’inscription nº 153, Orel. coll. inscrip.

[11] Au rapport de Pausanias (loc. cit.) Aristée, gendre de Cadmus, aurait émigré en Sardaigne, voyage qui aurait pu avoir lieu dans le XVIᵉ siècle avant J.-C. Après lui, seraient venus des Ibères, puis des Thespiens et des Grecs de l’Attique, enfin des Troyens fugitifs. Longtemps après, tous ces étrangers auraient été expulsés de la Sardaigne par les Carthaginois, à l’exception des Troyens et des Corses, dont Pausanias mentionne la présence sans la rattacher à d’autres événements, sinon à celui de leur résistance aux Carthaginois. Si les Ibères étaient venus en Sardaigne immédiatement après Aristée, c’est-à-dire vers le XVIᵉ siècle, avant notre ère, il est probable qu’ils se seraient également établis en Corse. Mais Sénèque parle au contraire de l’arrivée des Espagnols (Ibères) dans cette dernière île, comme d’un fait à date certaine, positivement postérieur à la venue des Phocéens. On pourrait concilier Pausanias et Sénèque en admettant deux immigrations des Ibères, ou bien en supposant que les Ibères ne passèrent en Corse qu’après avoir été chassés de la Sardaigne par les Carthaginois.

[12] Strabon, lib. V.

[13] Notitia imperii occident.

[14] Voir la note A.

[15] Au milieu du siècle dernier des Barbaresques enlevèrent encore des hommes dans le cap Corse.

[16] Voir dans Filippini la légende de la Mouche de Freto, tome 2, 86.

[17] Il est à remarquer que cette révolution s’opéra dans la partie de l’île où existèrent des colonies romaines.

[18] Robiquet, Recherches hist. et stat. sur la Corse, p. 117.

[19] Filippini, tome 2, p. 91.

[20] En 1284.

[21] Mémoires de l’Académie celtique, tome 6.

[22] D’après la description de M. Mathieu, il semblerait que, de son temps, le dolmen était intact. Aujourd’hui, cependant, personne à Sollacaro ne se souvient d’avoir vu le toit en place.

[23] Voir la note B.

[24] Voici un exemple entre mille:

S’il est un point sur lequel les archéologues soient d’accord, c’est que les dolmens servaient aux sacrifices humains. Vingt fois des gens très-instruits m’ont montré, sur la table de ces monuments, certaines cavités dans lesquelles on couchait la victime, disaient-ils, au moment de l’égorger. J’ai déjà dit que j’avais eu le malheur de ne jamais voir là que des accidents naturels. Or, cette tradition, si bien établie, est en contradiction évidente avec le témoignage de Diodore de Sicile qui affirme que la victime était debout, puisque c’était d’après sa chute que les Druides tiraient leurs présages, «Πέσοντος τοῦ πληγέντος, ἐκ τῆς πτώσεως...... τὸ μέλλον νοοῦσι. Lib. V, 31.

[25] Les Basques auxquels ce signalement convient dans la plupart de ses détails, se distinguent cependant par la saillie des pommettes et la plus grande largeur de la face, surtout par la longueur et la proéminence singulière du menton.

[26] Histoire des Gaulois. Introduction, p. 5.

[27] Puisque j’ai parlé de vengeance, je demanderai la permission d’entrer dans quelques explications sur ce point, car ce sentiment, encore si vif chez les Corses aujourd’hui, n’est point chez les Galls de nos jours un trait de caractère, et l’on peut dire que leur excessive mobilité leur fait oublier facilement les injures. Mais doit-on appeler la vengeance une passion? N’est-elle pas plutôt un des effets de la vanité. La vengeance corse n’est, à proprement parler, qu’une forme ancienne et sauvage du duel, que je crois parfaitement national et enraciné chez nous. En Corse, le riche n’est point séparé du pauvre par une haute barrière comme en France. Nulle part, peut-être, on ne rencontrera moins de préjugés aristocratiques, et nulle part les différentes classes de la société ne se trouvent en relation plus fréquente et je dirai plus intime. Les riches, étant tous propriétaires, vivent sur leurs terres, au milieu de leurs fermiers et de leurs bergers, qu’ils traitent avec beaucoup plus de politesse qu’on ne le fait en France. Souvent on voit le maître assis à table avec ses ouvriers qui l’appellent par son nom de baptême et se considèrent comme membres de la famille. Cet amour de l’égalité, qui, pour le dire en passant, n’est pas un des traits les moins prononcés du caractère français, produit ce résultat, que riche et pauvre ont les mêmes idées, parce qu’ils les échangent sans cesse. Sur le continent, les gens aisés des villes se battent, mais s’ils vivaient avec le peuple, le peuple se battrait aussi. Deux de nos paysans s’injurient et ne se battent pas; soldats l’un et l’autre ils iront sur le terrain pour une insulte légère, parce qu’ils vivent alors dans une société où le point d’honneur existe. J’ajouterai que la vengeance fut autrefois une nécessité en Corse, sous l’abominable gouvernement de Gènes, où le pauvre ne pouvait obtenir justice des torts qu’on lui faisait. Aujourd’hui même, un procès précède presque toujours l’assassinat. La vengeance s’est perpétuée dans l’île, mais comme une habitude, un préjugé que partagent les étrangers établis à demeure sur le territoire corse, car j’ai vu cette année un cas notable de vengeance parmi les Grecs de Cargèse qui s’étaient fait longtemps remarquer par la douceur de leurs mœurs. Je le répète, l’usage, le préjugé atroce, qui porte un homme à s’embusquer avec un fusil pour tuer son ennemi à coup sûr, est une forme du duel, comme l’épée et le pistolet, et quelque détestable que soit ce préjugé il ne faut pas le juger par ses effets, surtout lorsqu’il s’agit d’en faire le trait caractéristique d’un peuple: il faut plutôt remonter à sa cause, et examiner si elle n’est pas un des vices de notre nature. On doit regretter que nos formes humaines du duel n’aient pas été introduites en Corse. La bravoure et la vanité des insulaires les auraient fait, sans doute, promptement adopter, et, suivant toute apparence, elles auraient eu pour résultat de rendre les querelles infiniment moins sanglantes. (Voir, dans l’ouvrage de M. Robiquet, l’anecdote d’un duel défendu par l’autorité, d’où résultèrent quatre assassinats, page 437.)

[28] Κατοικοῦσι δ’ αυτὴν βάρβαροι τῆν διάλεκτον ἔχοντες ἐξηλλαγμένην καὶ δυσκατανόητον. Lib. V, 14.

[29] Diodore appelle les Celtes: βαρυηχεῖς καὶ παντελῶς τραχύφωνοι.

[30] Un seul nom de lieu m’a paru avoir une racine ibérique. C’est Aïtona. Aïtz (basque), rocher, vent; ona, bon.

[31] Transierunt deinde Ligures, transierunt et Hispani, quod et similitudine ritus adparet; eadem enim tegumenta capitum, idem genus calceamenti, quod Cantabris est, et verba quædam, nam totus sermo conversatione Græcorum Ligurumque a patrio descivit. Cons. ad Helv., 8.

[32] M. Grégori a bien voulu me communiquer un texte curieux de Scymnus de Chio, d’après lequel on pourrait croire que ce géographe regardait la Corse comme une île dépendant de la Celtique.

Ἔπειτα χώρα Κελτικὴ καλουμένη
Μέχρι τῆς θαλάσσης τῆς κατὰ Σαρδώ κειμένης.

ΣΚΥΜΝΟΥ ΧΙΟΥ περιήγησις. Vers 166, Hudson, geographi Græci minores.

[33] Le symbole de la clef s’expliquerait facilement dans un rite funèbre.

[34] Ἴδιον δέ τι ποιοῦσι καὶ παντελῶς ἐξηλλαγμένον περὶ τῆς τῶν τετελευτηκότων ταφῆς. Συγκόψαντες γὰρ ξύλοις τὰ μέλη τοῦ σώματος εἰς ἀγγεῖον ἐμβάλλουσι καὶ λίθους δαψιλεῖς ἐπιτιθέασιν. Lib. V, 18.

[35] Voir les idoles sardes dessinées par M. della Marmora, et reproduites dans les Religions de l’antiquité, etc., par M. Guignaud; planche LVI bis.

[36] Je ne connais ces monuments que par les dessins que M. Della Marmora a bien voulu me communiquer.

[37] Consul l’an de Rome 494.

[38] Ἢ γὰρ οὐχ ὑπομένουσι ζῆν, ἢ ζῶντες, ἀπαθείᾳ καὶ ἀναισθησίᾳ τοὺς ὠνησαμένους ἐπιτρίβουσιν.

[39] Une inscription, rapportée par Muratori, a pu établir l’opinion contraire, mais il est évident qu’elle s’applique aux Corsi de la Sardaigne.


SEX IVLIVS SEX. F. POL. RVFVS
EVOCATVS DIVI AVGVSTI PRAE
FECTVS I. COHORTIS CORSORVM
ET CIVITATVM BARBARIAE IN SARDINIA

Muratori propose, avec raison, de lire BALARIAE au lieu de BARBARIAE.

[40] La plupart du Haut et Bas Empire. Celles de Constantin sont les plus communes. Je n’ai vu dans l’île que deux médailles de la République, un denier de M. Brutus—M BRUTI. rev. AHALA; un autre de la famille Tullia—ROMA. rev. M TULLI; c’est à Levie qu’ils me furent montrés, mais ils avaient été trouvés l’un et l’autre à Aleria.

[41] M. le préfet de la Corse en possède une assez curieuse; c’est une cornaline sur laquelle est gravée en creux une tête de jeune homme dont les cheveux frisés paraissent enveloppés d’une espèce de résille, semblable à celles qu’on a trouvées à Saint-Jean et qui, peut-être, étaient une coiffure nationale.

[42] A la sortie du village et à droite du chemin qui conduit à Sisco par la Marine.

[43] Rhotanus des anciens.

[44] Peut-être aussi a-t-on abandonné cette portion de la ville à une époque où la population d’Aleria avait diminué, ou bien lorsque les invasions des Maures obligèrent à se retrancher dans la partie la plus aisée à défendre. Lillebonne offre un exemple d’un quartier ainsi abandonné.

[45] Le pilier est placé légèrement de biais à quelques mètres de l’angle nord de l’enceinte.

[46] On trouve de fréquents exemples de cette pratique; mais on ne peut arrêter une opinion à cet égard, tant qu’on n’aura pas complètement déblayé le souterrain.

[47] J’ai attribué ces constructions aux musulmans, mais elles peuvent encore être l’ouvrage des chrétiens du VIIᵉ au VIIIᵉ siècle, époque de barbarie, s’il en fut.

[48] Voir note C.

[49] Depuis la rédaction de ce Mémoire, j’ai lu une dissertation intéressante de M. Robiquet, qui établit, par la comparaison des distances, que Bonifacio doit être le Portus Favoni de l’itinéraire. Palla aurait été située vers la cale de Tizzano. Voir Recherches sur la Corse, p. 15.

[50] On en a pris seulement quelques-uns, il y a peu d’années, pour faire des bornes d’amarrage dans le port de Bonifacio.

[51] M. Della Marmora a reconnu une exploitation analogue dans un des îlots sardes, voisins de la Maddalena.

[52] Les colonnes qu’on voit à l’apside de San-Perteo, d’un granit tirant sur le rose, diffèrent essentiellement de celui qu’on exploitait dans l’île de Cavallo.

[53] Beaucoup de Corses avaient embrassé la religion musulmane.

[54] Voyez plus bas la description de l’église de Sainte-Christine, à Cervione.

[55] Elle ne se reproduit pas avec régularité, et n’a d’ailleurs ni la grâce ni la richesse de l’architecture romane, dans le midi de la France.

[56] V. note D.

[57] On serait tenir de croire, d’après cette irrégularité, que la nef aurait été reconstruite en entier, les murs latéraux des bas-côtés subsistant seuls après l’incendie. Mais si l’on remarque d’un côté la similarité parfaite de l’appareil, de l’autre les traces de la voûte en bois construite après l’incendie, on sera forcé de n’attribuer la position excentrique des fenêtres de la nef qu’à la maladresse des ouvriers.

[58] On voit autour de la Canonica quelques restes d’une enceinte que je crois contemporaine de l’église, et qui avait sans doute une destination militaire.

[59] Filippini, tome 2, p. 194.

[60] Les moellons, en granit, fort bien taillés, ont de 0ᵐ,30 à 0ᵐ,40 d’échantillon.

[61] Il a 3 m. en œuvre. L’épaisseur du mur est de 1 m.

[62] En France, lorsque le mur a une certaine épaisseur, les retombées des arcades reposent sur deux colonnes accouplées. Si l’on ne les appuie que sur une seule colonne il faut nécessairement lui donner un chapiteau dont le diamètre soit égal à celui du mur.

[63] Nebbio, autrefois ville de quelque importance, passe pour avoir été détruit par les Sarrazins. L’église, élevée après leur expulsion, dépendait d’un monastère.

[64] Les pilastres de l’apside n’ont point de chapiteaux.

[65] Calcaire blanc et très-fin.

[66] On se rappellera que l’ogive, introduite de bonne heure dans les voûtes et les arcades du midi, ne paraît dans les fenêtres que fort longtemps après que son emploi était exclusif dans le Nord.

[67] V. la note E.

[68] Le voyage est assez long pour rendre la tradition peu croyable.

[A] Je remarquerai, en passant, que dans l’apside les chiffres romains sont séparés par des points, placés entre chaque ordre de chiffres, dans le but évident d’en faciliter la lecture: M. CCCC. LXX. III. N’est-ce point un acheminement vers le système de numération arabe? Cette disposition est fréquente dans les chiffres romains au moyen-âge, et j’en ai observé cette année un exemple assez notable dans l’inscription encastrée dans les murs de l’église de Crest (Drôme), relatant les franchises accordées à cette ville en 1188.

[69] L’appareil de ce clocher, d’ailleurs assez moderne, mérite d’être cité pour sa bizarrerie. Les assises, formées de gros blocs de granite, ne sont point horizontales. On dirait une imitation de l’appareil cyclopéen.

[70] V. la note F.

[71] Le rocher sur lequel est bâti Bonifacio est complètement à pic et surplombe même la mer de presque tous les côtés. On montre encore deux escaliers taillés dans le roc et aboutissant à la grève étroite, souvent couverte par les flots. L’un servait aux moines du couvent de Sainte-Marie, pour descendre au bord de la mer, au moment où rentraient les pêcheurs qui leur devaient la dîme du poisson. L’autre escalier, suivant une tradition, aurait été taillé par les soldats d’Alphonse d’Aragon, qui prétendaient par ce moyen surprendre la ville, lors du mémorable siége qu’elle soutint en 1420. Mais il suffit de considérer la hauteur du rocher, qui s’élève abruptement de plus de 200 pieds, pour se convaincre qu’un semblable travail était absolument impossible à exécuter en présence d’un ennemi. On connaît la disposition singulière du port de Bonifacio dont l’entrée est si étroite qu’on la prendrait pour une rivière débouchant entre deux masses de rochers. Bloquer ce port, le fermer était chose facile. Les Aragonnais y parvinrent en tendant une chaîne d’un bord à l’autre de la passe. Sans doute les assiégés avaient prévu le danger longtemps d’avance, et s’étaient ménagé le moyen de communiquer avec la mer du côté opposé au port. C’est évidemment dans ce but que fut taillé l’escalier qu’on attribue aux Aragonnais. Probablement les courageux Bonifaciens qui vinrent annoncer l’arrivée de la flotte génoise montèrent par ce chemin, au lieu de se faire guinder par des poulies, eux et leur esquif, ainsi que le prétend Petrus Cyrneus, dans sa relation, beaucoup trop poétique, du siège de Bonifacio. P. Cyrnei, de Rebus Corsicis, p. 262.

[72] J’aurais dû citer plus tôt deux bas-reliefs curieux, et d’une saillie assez forte, qui se trouvent dans le village d’Aleria, enlevés, comme il semble, à quelque église détruite aujourd’hui. L’un, encastré dans le mur d’une maison moderne, représente deux monstres, liés par le milieu du corps, ayant deux avant-mains et point de croupe. Sur l’autre, on voit deux monstres fantastiques s’entrebattant. C’était un sujet favori des sculpteurs du moyen-âge. Je crois ces deux bas-reliefs du commencement du XIIIᵉ siècle: l’exécution en est grossière, mais supérieure cependant à celle de la plupart des sculptures que j’ai déjà décrites.

[73] Canari, Descriptio Corsicæ. Manuscrit communiqué par M. Gregori.

[74] Anonim. de gesta Pisan, apud Muratori, rerum Italic. script. 2, 69.

[75] Vitalis, Sanctuario di Corsica, pag. 195.

[76] Premendo l’estemità degli scogli che spingono la fronte in mare, una torre denominata sagro che anticamente dicevasi Sauro e quivi era fondata un abazia col titolo di Santa-Maria-Maddelena della Chiesa, pur ora sene osservano le semplici mura.

Semidei, descrizione del regno di Corsica, pag. 472, 1 vol. in-4, Napoli, 1737.

(Note communiquée par M. Gregori.)

[77] Canari, descriptio Corsicæ, Mss.

(Note communiquée par M. Gregori.)

[78] L’usage des sérénades se passe. Il y a peu d’années encore elles était très fréquentes: on chantait avec un accompagnement de guimbarde, et entre chaque couplet tous les musiciens faisaient une décharge de leurs armes à feu.

[79] La chemise sanglante d’un homme assassiné est gardée dans une famille comme un souvenir de vengeance. On la montre aux parents pour les exciter à punir les meurtriers. Quelquefois, au lieu de chemise, on garde des morceaux de papier trempés dans le sang du mort, qu’on remet aux enfants lorsqu’ils sont d’âge à pouvoir manier un fusil.

Les Corses se laissent pousser la barbe en signe de vengeance ou de deuil. «Personne n’attend pour se faire couper la barbe;» c’est-à-dire, il n’y a personne qui se charge de te venger.

[80] Abréviation du nom d’Hilarion.

[81] Allusion à la chemise sanglante. L’improvisatrice veut dire qu’elle aurait recueilli le sang du juge de paix, et l’aurait montré à ses amis des Piazzole pour les exciter à la vengeance.

[82] Ces deux lamentations m’ont été communiquées par M. Capel, conseiller à la cour royale de Bastia, qui prépare en ce moment un travail du plus haut intérêt sur les mœurs et les usages de la Corse.

[83] En Corse, le terme d’affection entre époux est fratello, surella, frère, sœur. En Espagne, c’est hijo, hija, fils, fille.

[84] La mort. On ne la nomme pas, pour éviter un mot néfaste. C’est par un motif semblable que les Grecs ont nommé les Furies, Euménides, et les paysans écossais, les fées guid folk, les bonnes gens.

[85] C’est une expression tout homérique.

[86] L’habitude de se mettre en garde contre les surprises a rendu commun, en Corse, l’usage des lunettes d’approche. Presque tous les bandits en portent.

[87] Je suppose qu’elle s’adresse à sa belle-mère.

[88] On porte le deuil d’un mari toute la vie. Il est excessivement rare qu’une veuve se remarie.

[89] Je ne suis pas sûr d’avoir saisi le sens de ces deux vers. On peut aussi traduire: que d’un seul regard—vous devîntes amoureux de moi.

[90] Allusion à la défense de porter des armes, hors le temps de la chasse.