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Sacountala, drame en sept actes, mêlé de prose et de vers cover

Sacountala, drame en sept actes, mêlé de prose et de vers

Chapter 4: PROLOGUE
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About This Book

The drama unfolds in a pastoral, courtly world where a young woman raised in a hermitage falls in love with and weds a visiting ruler; their happiness is shattered when a sage’s curse causes him to forget her and a lost token obscures her identity. She survives separation, rears their child, and moves through episodes of lyrical nature description, songs, and small comic or devotional scenes. The play examines memory, fate, and the clash between social ritual and personal devotion, and it resolves with the recovery of evidence that restores recognition and brings a reconciliatory reunion.

SACOUNTALA

PROLOGUE

LE DIRECTEUR.

Nous n’avons pas de temps à perdre… (Regardant du côté de la coulisse.) Madame, si votre toilette est terminée, veuillez approcher.

UNE COMÉDIENNE, entrant.

Maître, me voilà : que faut-il faire ?

LE DIRECTEUR.

Ma belle, voici une réunion de connaisseurs. Nous allons leur offrir une représentation de Sacountalâ, la pièce nouvelle de Câlidâsa : donc, à vos rôles !… Et que chacun fasse de son mieux !

LA COMÉDIENNE.

Notre directeur est si habile !… Avec lui, le succès est d’avance assuré.

LE DIRECTEUR, souriant.

Ma belle, je te le dis en toute humilité…

J’attends l’avis des gens de goût ;
C’est leur jugement qui m’éclaire.
Au théâtre, ce n’est pas tout
D’être un habile homme : il faut plaire.

LA COMÉDIENNE.

Vous avez raison. Avez-vous d’autres ordres à me donner ?

LE DIRECTEUR.

Oui ! Pour disposer favorablement les oreilles de l’assistance, il faudrait commencer par une chanson.

LA COMÉDIENNE.

Que voulez-vous que je chante ?

LE DIRECTEUR.

Chante-nous les plaisirs de l’été : voilà justement l’été qui commence…

Le vent souffle, embaumé par les fleurs qu’il caresse ;
Le lac offre aux baigneurs son flot limpide et frais ;
Les dormeurs sont heureux à l’ombre des forêts,
Et la paix des beaux soirs est pour tous une ivresse.

LA COMÉDIENNE.

CHANSON.

Le Sirîcha[15] s’ouvre pour ta parure :
Je vois encor
Sur ton cou brun briller la ciselure
De la fleur d’or.
Son étamine est pendante, et l’abeille,
Insecte fou,
En bourdonnant lutine à ton oreille
Le frais bijou.

[15] Fleur dont les femmes se font des pendants d’oreilles.

LE DIRECTEUR.

Ah !… Délicieux, ma belle ! Les spectateurs sont encore sous le charme : on dirait un auditoire en peinture. Maintenant,… quelle pièce allons-nous leur offrir ?

LA COMÉDIENNE.

Mais vous l’avez dit tout à l’heure. Ne devons-nous pas jouer la pièce nouvelle, Sacountalâ ?

LE DIRECTEUR.

Tu fais bien de me le rappeler… Je l’avais oublié… Sais-tu pourquoi ?

Je suivais dans l’air ta charmante voix :
Ta voix, dans son vol, m’entraîne après elle !…

(Montrant les acteurs qui entrent en scène.)

Ainsi Douchanta poursuit la gazelle,
S’enfonce et s’égare au milieu des bois.