SACOUNTALA
LE DIRECTEUR.
Nous n’avons pas de temps à perdre… (Regardant du côté de la coulisse.) Madame, si votre toilette est terminée, veuillez approcher.
UNE COMÉDIENNE, entrant.
Maître, me voilà : que faut-il faire ?
LE DIRECTEUR.
Ma belle, voici une réunion de connaisseurs. Nous allons leur offrir une représentation de Sacountalâ, la pièce nouvelle de Câlidâsa : donc, à vos rôles !… Et que chacun fasse de son mieux !
LA COMÉDIENNE.
Notre directeur est si habile !… Avec lui, le succès est d’avance assuré.
LE DIRECTEUR, souriant.
Ma belle, je te le dis en toute humilité…
LA COMÉDIENNE.
Vous avez raison. Avez-vous d’autres ordres à me donner ?
LE DIRECTEUR.
Oui ! Pour disposer favorablement les oreilles de l’assistance, il faudrait commencer par une chanson.
LA COMÉDIENNE.
Que voulez-vous que je chante ?
LE DIRECTEUR.
Chante-nous les plaisirs de l’été : voilà justement l’été qui commence…
LA COMÉDIENNE.
CHANSON.
[15] Fleur dont les femmes se font des pendants d’oreilles.
LE DIRECTEUR.
Ah !… Délicieux, ma belle ! Les spectateurs sont encore sous le charme : on dirait un auditoire en peinture. Maintenant,… quelle pièce allons-nous leur offrir ?
LA COMÉDIENNE.
Mais vous l’avez dit tout à l’heure. Ne devons-nous pas jouer la pièce nouvelle, Sacountalâ ?
LE DIRECTEUR.
Tu fais bien de me le rappeler… Je l’avais oublié… Sais-tu pourquoi ?
(Montrant les acteurs qui entrent en scène.)