The same Subject continued, in giving still
farther Views of the Dissolution of the
Earth.
To have an idea of this operation of running water changing the surface of the earth, one should travel in the Alps; it is there that are to be seen all the steps of this progression of things, and so closely connected in the scene which lies before one, that there is not required any chain of argument, or distant reasoning from effect to cause, in order to understand the natural operations of the globe, in the state of things which now appears. So strongly are the operations of nature marked in those scenes, that even a description is sufficient to give a lively idea of the process which had been transacted. With this view, I shall here transcribe, from the Tableau de la Suisse, a description of that remarkable passage by the mountain of St. Gothard, from Switzerland to Italy, hoping, that, even independent of the illustration hereby given to the theory, the reader will be pleased to see such a picture of that country as will either excite new ideas in a person who has not seen such scenes, or call up those which it is proper for a naturalist to have4.
Footnote 4: (return) Tableaux de la Suisse Discours, etc. p. 113. Route d'Altorf au St. Gothard.
«Nous allons donner les observations que nous avons faites, en montant le Saint Gothard par le côté septentrional, et nous terminerons ce que nous avons à dire par la description du haut de cette montagne. Il y a aux environs d'Altorf, chef-lieu du canton d'Uri, de grands terrains couverts de pierres roulées, dont la plus grande partie est amenée par le Schechen, torrent qui descend de la vallée du même nom, et l'autre par la Reuss qui descend du St. Gothard. Sans se donner beaucoup de peines, on y a la facilite de voir et d'examiner une grande variété de pierres d'espèces différentes et de connoître d'avance les rochers qui composent les montagnes qu'on va parcourir; nous répétons ici que toutes les pierres arrondies ont pris cette forme par le roulis qu'elles ont essuyées dans les torrens, en se précipitant avec les eaux qui les ont amenées: plus nous avons parcouru de montagnes, plus nous nous sommes confirmés que cette observation étoit vraie et exact. Si on a la constance de suivre une espèce jusqu'au lieu de son origine ou position premiere, on l'y trouvera anguleuse, et n'ayant subi d'autres changemens que celui que le tems imprime à toutes les substances qui restent en place; on verra qu'à mesure qu'elles s'éloignent de leur premiere position leurs angles et leurs parties saillantes se détruisent, et qu'elles finissent par prendre la forme ronde ou approchante, en raison de leurs dureté et du chemin qu'elles auront parcouru. Nous renvoyons à ce sujet ce qui a été dit vers le commencement de ces observations, en parlant du Trient. Nous ajoutons seulement qu'il n'y a guère d'espèce de pierres roulées dans les montagnes, dont nous n'ayons pas trouvé les rochers analogues, et qu'avec du tems et les courses convenables, en observant bien les directions des montagnes et des torrents, on les trouveroit toutes. Altorf est entouré de très-hautes montagnes, des vallons aboutissent de tous côtes dans ses environs, parce-que c'est le lieu le plus bas où les eaux vont se jetter dans le lac de Wahlasthall ou de Lucerne, à l'extrémité duquel Altorf est situé; le vallon est assez couvert dans le bas, il est cultivé dans quelques parties, et il y a des arbres fruitiers; c'est sur-tout aux environs de Birglen qu'on rencontre beaucoup de pierres roulées et des rochers amenés par les eaux.
«Les rochers sont de pierre calcaire, et continuent jusqu'à Silenen à deux lieues d'Altorf; les montagnes sont fort hautes et fort escarpées des deux côtés du vallon, de beaux près sont dans le bas; quelque arbres fruitiers et sur-tout des noyers sont à mi-côte, et entre les rochers, des forêts de sapins. Avant d'arriver à Silenen, on apperçoit le glacier de Tittlis; il est sur le territoire d'Engelberg, et on trouve encore quelques hêtres; derrière les montagnes boisées il s'en élève d'autre nues et arides. Des points et des vues admirables par la dégradation des montagnes et pour le sauvage, s'offrent de toutes parts. Des chalets, des habitations isolées, sont situés au pied des plus affreux rochers qui les menacent d'une ruine prochaine. L'habitant y vit sans crainte, entouré de son pré et de son petit bien dont il est tranquille possesseur.
«La chaleur concentrée dans ce vallon y fait mûrir différentes productions peu recherchées; à la verité, ce sont des fruits fort communs, excellens pour le pays, parce qu'on n'y en connoit pas de meilleurs. C'est du petit village d'Amsteeg entouré de fort hautes montagnes, qu'on commence à monter ce qu'on nomme le Saint Gothard general: le chemin devient plus roide, la Reuss y est plus resserrés et roule ses eaux dans un lit fort profond et très-escarpé, des torrens des cascades, tombent de différens endroits des deux côtés de ce vallon et de belles forêts de sapin, où il y a des arbres prodigieux pour la hauteur, varient les points de vues; on s'élève beaucoup au-dessus du fond des vallons par des chemins rapides: l'exposition plus heureuse fait cultiver du jardinage et des arbres fruitiers; il y a beaucoup de chanvre dans ces environs. De l'autre côté du vallon, sur la gauche de la Reuss, est une usine ou on fabriquoit de l'alum et du vitriol, les travaux ont cessé, ces établissemens et l'exploitation des mines sont peu connus et peu suivis en Suisse. La Reuss semble toujours s'enfoncer d'avantage, par-tout elle roule ses flots avec bruit et fracas, elle s'est creusée un lit à des profondeurs incroyables; il n'y a point d'endroit ou l'on puisse mieux voir cet étonnant travail des eaux que sur le pont du Pfaffensprung, à une demi-lieue de Vassen; il est à une hauteur si effrayante que le premier mouvement, quand on regarde au bas du pont, est de se tenir au parapet, et le second de le quitter, dans la crainte qu'il ne manque, ce n'est que par réflexion qu'on y revient, On voit la progression et le travail successif de l'eau du haut jusqu'en bas; la roche a des sinuosités où des angles arrondis, rentrans et faillans, alternativement de chaque côté, et dont saillans sont opposes aux rentrans, de façon qu'il reste peu d'espace pour apercevoir l'eau, ce canal ou ce, gouffre n'ayant pas plus de deux toises et demie de large. Depuis Silenen on ne voit plus de pierres calcaires, les rochers sont schisteux argileux, mêlé de beaucoup de quartz; le lit de la Reuss est rempli de granits, mais qui viennent des montagnes supérieures. Au-dessus du pont, dont nous venons de faire mention, on rencontre un passage des plus pittoresques, composé de moulins, de scieries, de chutes d'eau, dominés par le village de Vassen, et entourés de montagnes fort extraordinaire. Une roche argileuse sur un plan incliné, s'est détachée de la hauteur, et a emporté un pont et un moulin.
«On monte beaucoup après avoir passé Vassen; ces environs sont d'une variété étonnante pour la beauté et la singularité des paysages. Des nappes d'eau, des cascades qui se précipitent de roches en roches, forment dix et quinze chutes avant de se perdre dans les sapins qui contrastent avec la blancheur des eaux toutes réduites en écume. Des maisons d'une construction particulière, placées contre les rochers pour les mettre à l'abri des avalanches, des poutres jetées sur différentes masses de rochers pour passer la Reuss et autres torrens dont les eaux sont bouillonnantes et jaillissantes, des arcades de pierres pour joindre des rochers suspendus sur ces précipices, rochers de mille formes bizarres occupent le voyageur, et ne lui donnent plus le tems d'apercevoir les mauvais pas qu'il franchit. Il y a sans doute des hommes assez malheureux, qui ne verroient que des dangers, et ne seroient occupés que de leurs craintes et des terreurs paniques; c'est en effet une grande privation de ne pas sentir les beautés de la nature, elle devient un malheur réel quand ce plaisir se trouve remplacé par des angoisses et de la frayeur. Un tableau d'un autre genre nouveau, et pour lequel les expressions manquent, est une forêt rasée et abattue par une avalanche, il y a quelques années, ces sapins de plus de cent pied de long, ont eu le tems de perdre leurs feuilles et de permettre à la vue de passer à travers cette énorme quantité de bois et de branches entre lacées de mille manières bizarres, et d'apercevoir des rocs épars, des eaux qui circulent autour, et tombent quelque fois en cascades. C'est une spectacle qui devient effrayant quand on pense à la force et à la violence du moyen qui a pu occasionner un pareil effet. On recueille dans ce canton la résine des mélèzes. Quoique Vassen soit déjà fort élevé, on y cultive encore quelque jardinage, et il y a aussi quelque cerisiers sauvages. Il y a environ cinq-lieues jusqu'à Altorf.
«Après avoir passé Vassen, on trouve cinq ou six superbes cascades formées par la Reuss. Elle fait un bruit à étourdir: la chaleur qu'il faisoit, avoit procuré une abondante fonte de neige, et l'eau avoit beaucoup augmenté depuis le matin. Des bouleaux, des sapins, et des mélèzes, groupés ensemble, formoient des contrastes agréables par la variété et le mélange des différens verts. Les chemins sont faits à grand frais et avec beaucoup de soin; on a jetté des arcades en différens endroits pour joindre les rochers, et faire passer les chemins par-dessus; on entend mugir la Reuss sous ses pieds elle écume par-tout, il faut être accoutumé à ce spectacle pour n'en pas être effrayé. Les rochers de droite et de gauche sont par-tout à pic et d'une granit, qui est jaunâtre dans différens endroits; dans d'autres, il est décomposé, passant à l'état d'argile; c'est le felds-path qui subit le premiere ce changement. Des quartiers de rochers des parties de montagnes sont épars; des chalets, des habitations solitaires sont placé aux environs des endroits où il y a quelque pâturage. Il y a un de ces rochers qui est une belle masse de granit, appellée la Pierre du Diable; on n'oublie pas de la faire remarquer, parce qu'il y a un conte populaire à son sujet que de graves auteurs nous ont conservé. Le vallon se rétrécit beaucoup avant d'arriver à Gestinen.
«On a élevé par-tout de murailles à de très-grandes hauteur pour faire le chemin. Tout ce travail, vu le local, est incroyable pour la difficulté; de gros blocs de granits sont rangés sur les bords du chemin pour servir de barrières dans les endroits les plus dangereux. Ces passages sont si étroit qu'il faut peu de chose pour les interrompre. Le pont du Diable est d'une seul arche à plein ceintre de quatre toises d'ouverture deux et demie de large, et de douze toises d'élévation au-dessus de l'eau; le fracas et la rapidité avec laquelle l'eau passe sous ce pont, ne permettent gueres qu'on la considère tranquillement de dessus le pont, on est toujours tenté de s'en éloigner.—La distance depuis Gestinen jusqu'à Teufelsbruck ou pont du Diable, qui est environ deux lieues, suffit pour prouver ce que nous disons; cette vallée, qu'on nomme Schollenen, offre à chaque pas des difficultés vaincues, des rochers franchis, des intervalles comblés par des murailles, où il a fallu employer des montagnes de pierres.
«Les chemins sont pavés partout mieux que dans beaucoup de villes; des chevaux et des mulets chargés les fréquentent toute l'année; et dans quels pays ces grands travaux ont-ils été exécutes? Dans un véritable chaos de rochers et montagnes dont partie sont bouleversés, et l'autre paroît prête à s'écrouler sur le passant, qui ne voit sous ses pieds que des écueils, des gouffres et des précipices, au fond desquels roule un torrent écumant et furieux. Si les rochers sont menaçans, les avalanches sont encore plus dangereuses dans ce redoutable passage; il n'y a point d'année qu'il ne périsse des hommes et des bêtes de somme; on fait voir un endroit où une avalanche transporta à plus de cent toises au-dela de la Reuss, dix-neuf chevaux et mulets chargés ainsi que leurs conducteurs; dans d'autres endroits des quartiers de rochers prodigieux qui ont été déplacés et transportés de même.
«Après avoir passé le pont du Diable, le chemin tourne à gauche, puis à droite, pour monter une rampe assez rapide, très-bien pavée, qui conduit à une ouverture dans le rocher, c'est le seul passage qui se presente, nommé Urner-Loch, trou du pays d'Urner ou Urseren; un rocher fort élevé est sur la gauche, et les cascades de la Reuss à droite; l'entrée du passage est obscure, c'est une galerie souterraine pratiquée dans le roc, haute de neuf pieds environ de façon qu'un homme peut y passer à cheval, de onze pieds de large et trente-deux toises de long; on a pratiqué dans le milieu une ouverture pour donner du jour; cette roche est toute de granit, ainsi que celles qui sont autour du pont du Diable; Il y a environ soixante ans que cette galerie a été ouverte; le chemin passoit auparavant en dehors sur une espèce de pont qui tournoit le rocher, et se trouvoit exactement suspendu et fort mal assuré au-dessus des cascades de la Reuss; de frequens accidens, de grands frais pour reconstruire et entretenir ce pont, souvent entraîné par les eaux, ont necessité l'ouverture de ce passage.
«En sortant de ce passage obscur, on est surpris d'entrer dans une plaine ouverte, riante et couverte de verdure, et de voir couler à côté de soi une onde limpide et tranquille. Ce tableau est d'autant plus frappant qu'on vient de voir le contraste le plus effrayant; ce passage souterrain est comme le rideau qui se lève entre deux décorations, dont l'une representoit le chaos et le bouleversement de la nature, et l'autre celle de la nature naissante et parée des premiers et des plus simples ornemens; cette plaine est unie, de forme ovale, couverte d'un vaste gazon et de pâturages, entre lesquels serpente doucement la Reuss: sur ces bords il y a quelques buissons et peu d'arbres, ce sont des aulnes. Des cabanes de bois, des chalets isolés et solitaires sont répandus ca et là à l'entrée du vallon: à gauche est le village d'In-der-Matt bâti en pierres, et à neuf; dans le fond celui de hospital et situé sur le penchant d'un coteau, il est dominé par une grosse tour: les montagnes du St. Gothard servent de fond au tableau, elles sont trop éloignées pour laisser apercevoir leur aridité; des montagnes nues, couvertes d'une verdure légère sans arbres et sans buissons, bordent les deux côtés du vallon: enfin tout paroît jeune et d'une création nouvelle au premier coup d'oeil, qui met le spectateur dans l'état où est un homme à son réveil après un rêve épouvantable, où il n'a vu que des objets effrayans; il se trouve heureux et content d'être en sûreté et hors des dangers qui le menaçoient, tant les impressions de son rêve lui sont encore présentes.
«Ce vallon offre des remarques intéressantes pour l'histoire naturelle, sa position, sa forme, et son nivellement ne laissent aucun doute que cet emplacement n'ait été le séjour des eaux; en examinant les bords du lit de la Reuss, on reconnoît que le terrain de ce vallon est par couches horizontales de pierres argileuses; le pied des montagnes qui entourent le vallon sur la droite est de pierre calcaire grise, à la même hauteur, et à mi-côte, sur la gauche, on trouve de la pierre ollaire. Voilà encore une de ces circonstances où il seroit intéressant de connoître la hauteur exacte de cette pierre calcaire, et de pouvoir comparer son niveau avec d'autres que nous avons déjà observé être aussi déposées au pied des montagnes dans de petits vallons fort élevés, analogues à celui dont il est question. Quelque secousse aura rompu l'enceinte de rocher qui fermoit ce bassin: l'écoulement des eaux aura achevé de creuser ce passage, où coule actuellement la Reuss, et le vallon qui est au-dessous. Quoique les angles rentrans et saillans des montagnes ayent lieu dans quelque endroits, il s'en faut de beaucoup que ce soit une règle certaine: le vallon qui descend du Saint Gothard à Altorff est une de ces exceptions. Une autre chose remarquable dans ce vallon, c'est qu'au sortir du passage souterrain que nous avons dit être creusé dans le granit, il y a tout à côté sans interruption, et formant la même masse de rocher, de la pierre schisteuse micacée, mêlée de quartz, dont les couches sont perpendiculaire, se fendent et tombent par morceaux, qui ont la forme de poutres ou de bois équarris. Cette espèce de roche est aussi haute que celle de granit, et composée, dans des proportions différentes, des mêmes parties intégrantes que le granit; n'a-t-elle pas été apposée et formée contre celle de granit, qui assurément doit être plus ancienne, puisqu'elle est enveloppée par la roche schisteuse5?
Footnote 5: (return) Here is an example of the junction of the granite with the schistus; and probably here will be a proper opportunity of investigating the formation of those two things. Our author here supposes the granite to be the primary, and the schistus to be the secondary body; on the contrary, I believe that schistus to be the primary in relation to the granite, and that the granite had invaded the schistus, as will be made to appear in its proper place.
Ce vallon, d'une bonne lieue de longueur sur moitié de largeur, peut occasionner bien des réflexions; nous avons été obligé de passer rapidement sur ces objets, nous ne faisons que les indiquer. Au-haut de la montagne rapide, qui est au-dessus du village d'In-der-Matt, il y a un petit bois de sapins, auquel il est défendu de toucher sous peine de la vie. Il est réservé contre les avalanches; ce sont les seules arbres qu'on voie sur les hauteurs environnantes; derrière ce bois on apperçoit un glacier d'où descend un torrent qui va se jetter dans la Reuss; il amène, ainsi que les autres qui descendent de ce coté, des pierres schisteuses micacées, mêlées de quartz, de même nature que celle qui est à coté du passage souterrain. On monte par un beau chemin au village de Hospital, qui dépend aussi du pays d'Urseren: tout ce canton est renommé pour ces excellens fromages. Il n'y a que des pâturages et point d'autre culture. Le bois, qui est de première nécessité dans un pays aussi froid, aussi élevé et toujours entouré de neige, y manque totalement, on est obligé de l'aller chercher dans la vallée de Schollenen, et on traine sur la neige le bois de charpente. Le village de Hospital est situé sur des roches schisteuses mêlées de mica et de quartz, elles sont bleues, verdâtres, et grises. C'est à Hospital qu'est la rencontre de différens chemins pour passer le Saint-Gothard; il y en a un qui venant du Vallais, passe à côté du glacier du Rhône et par la montagne de Fourk. Un second qui vient des Grisons, passe par Disentis et Chiamut entre les sources du bas Rhin. Ce sont des sentiers: qu'on juge de ce qu'ils peuvent être d'après le grand chemin que nous venons de décrire, qui conduit de la Suisse en Italie.
«Sur la droite du village de Hospital est un vallon que nous avons visité jusqu'au village de Zum-d'Orff, à une grand demi-lieue. Il y règne aussi une couche de pierre calcaire à même hauteur, au bas de la montagne qui renferme le vallon, et nous prions de remarquer qu'elle est aussi sur la droite, et que sur la gauche il y à de pierre ollaire; une masse énorme de cette espèce, sous laquelle on travailloit depuis long-tems pour en tirer de quoi faire des poêles, ayant perdu son équilibre, est tombée sur le côté. Les rochers qui dominent, sont des rochers schisteuse micacées avec du quartz. Ce dernier village fait aussi partie de la vallée d'Urseren, c'est le pays habité le plus élevé de l'Europe; les habitons sont forts et robustes; les montagnes de ce canton étant nues, arides, et fort rapide, les avalanches y sont fréquentes.
«C'est au sortir de Hospital qu'on monte véritablement le Mont Saint Gothard: le chemin est escarpé, pavé, et bien entretenu. Par un vallon à droite descend le Garceren, torrent qui vient des glaciers; son eau est blanchâtre, se jette dans la Reuss, et en trouble la limpidité; les rochers sont de plus en plus dépouillés, secs et arides, on trouve les derniers buissons, des aulnes rabougris. La Reuss tombe de rocher en rocher, des blocs et des quartiers énormes, qui remplissent son lit, lui barrent souvent le passage; ses eaux s'élancent par-dessus quand elle ne peut le contourner; on ne voit enfin que des rochers, des abymes et des précipices; on marche néanmoins en sûreté au milieu de ce désordre de la nature; les chemins sont bien pavés, et assez larges pour que deux chevaux ou deux mulets chargés puissent y passer de front. Sur un rocher à droite, à une lieue de Hospital environ, on trouve taillés dans le roc les limites entre le pays d'Urseren, et la partie Italienne ou vallée de Livenen; ainsi tout sommet du St. Gothard appartient à la partie Italienne, qui est actuellement sujette du canton d'Uri. On parvient enfin sur un terrain plus uni, et une espèce de plateau, c'est le haut du Saint Gothard; à une demi-lieue sur la droite, entre des rochers forts hauts, forts escarpés et à pic, est une espèce d'entonnoir, ou se rassemblent les eaux des neiges fondues; elles y forment le petit lac de Luzendro, gelé le trois quarts de l'année, d'ou la Reuss tire sa source en partie; car le glaciers du mont de la Fourche ou Fourk dans le haut Vallais, fournissent aussi un torrent qui est regardé comme la seconde source de la Reuss; le Rhône prend sa source dans la partie opposée du même glacier. Le haut du Saint Gothard est un vrai vallon, puisque des cimes, des pyramides, des montagnes prodigieuses, composées toutes de rochers, s'élèvent au-dessus, et l'entourent de tous côtés. L'espace qui est entre ces rochers a une forme a-peu-prés circulaire; il paroît avoir été un fond qui a été élevé et comblé jusqu'au point ou il est par les débris des montagnes qui le dominent, et qui s'y amoncèlent encore actuellement sous nos yeux; il a une espéce de niveau qui va un peu en pente du côté du midi, et du côté du Nord par lesquels se fait l'écoulement des eaux fournies par la fonte des neiges, dont la Reuss et le Tessin sont les canaux. Des masses étonnantes de rochers remplissent la surface de ce vallon: elles y sont placées dans une désordre qui ne ressemble point aux positions des rochers actuels, et autorise à croire qu'elles y ont été jetées et culbutées au hazard. Ces masses isolées sont toutes de granit, composé de quartz, de feldspath, et de mica verdâtre; le chemin qui traverse ce vallon tourne autour de ces masses. Il faut que les pics élevés qui bordent ce vallon ayent été beaucoup plus hauts qu'ils ne le sont actuellement pour avoir pu fournir à combler cette étendue, qui a une lieue au moins. Il n'est pas douteux non plus, que les vastes montagnes qui font au pied de toutes celles qui forment l'enceinte du Gothard, au moyen desquelles on trouve un accès plus facile, et des rampes moins rapides pour s'élèvent comme par degrés à cette hauteur, qui composent enfin ces montagnes de seconde et de troisieme formation, ne doivent leur existence qu'aux débris de ces colosses qui dominent tout. L'examen de ce qui se passe sous nos yeux journellement, ne peut nous laisser aucun doute sur l'abaissement de montagnes. Il n'y a point de torrent, point d'écoulement d'eaux, quelque petit qu'il soit, qui n'entraîne en descendant des montagnes, des terres, des graviers, ou des sables, pour les porter plus bas. Les grands torrens, les fleuves, les rivières, gonflés par les fontes subites des glaces et des neiges, entraînent des rochers entières, creusent de vastes et profonds ravins; ces masses de rochers diminuent par le choc et le frottement qu'elles essuient entre elles, et sur les rochers sur lesquels elles passent, dont elles occasionnent reciproquement la destruction; ce sont des débris de cette espéce de trituration qui troublent les eaux, et dont le dépôt élève insensiblement les bords des rivières, forme le limon fécondant de nos plaines, et va former jusque dans le sein des mers ces atterrissemens, ces barres, et ces bancs qui en reculent les bornes. Les rochers les plus durs, ces granits que les meilleurs outils ont tant de peine à façonner, ne résistent point au tems et aux intempéries des saisons; leur superficie se dénature et se décompose souvent au point de ne pas les reconnoître: des lichens, des petites mousses s'insinuent dans leur tissu, l'eau y pénètre, et la gelée sépare leurs parties; s'ils se trouvent placé sur une pente de façon à pouvoir être entraîné par les eaux, la plus grosse masse est bientôt réduite à peu de chose, apres avoir parcouru un plan incliné; quels changemens ne doit pas avoir opéré cette marche constante de la nature. A quel point n'est elle pas rendu méconnoissable la superficie du globe que nous habitons. Pour peu qu'on réfléchisse que les montagnes fournissent continuellement aux plaines, et que celle-ci ne rendent rien aux montagnes, on pourra se faire quelque idée des changemens que la révolution des siècles à du opérer. Aussi n'est ce que sur les hautes montagnes qu'on apperçoit encore parmi leurs vastes débris, les matériaux qui ont servi et servent aux créations nouvelles que la nature opère journellement, qu'ils sont grands, qu'ils sont majestueux ces antiques débris! que l'homme est petit, qu'il est confondu quand il ose y porter un regard curieux!»
In this picture of the Alps, there is presented to our view the devastation of solid rocks by agents natural to the surface of the earth; here is the degradation of mountains in the course of time. Of these ruins plains are formed below; and these plains are continually shifting their place, in affording materials to be washed away and rolled in the rivers, and in receiving from the higher grounds the spoils of ruined rocks and mountains. Such operations are general to the globe, or are to be found over all this earth; but it is not every where that we have descriptions proper to give just ideas of this subject, which escapes the common observation of mankind.
As I have given an example in the Alps of Savoy and Switzerland, it may be proper to give some view of the same operation in those of the Pyrénées (Essai sur la Minéralogie des Monts Pyrénées) page 76.
«La vallée d'Aspe est arrosée dans toute sa longueur, par le Gave, qui prend sa source vers les frontières d'Espagne: dans les temps de pluie et d'orage, cette rivière est colorée en rouge par des terres composées de schiste rougeâtre, qui s'éboulent: des montagnes de Gabedaille et de Peyrenère: au reste les eaux du Gave profondément encaissées dans leur lit ne peuvent plus contribuer à la fecondité des plaines qu'elles ont formées.
«On observe, en suivent cette rivière que lorsque les montagnes courent parallèlement, les angles faillans qu'elles forment correspondent aux angles rentrans; cette règle générale sert à établir que les vallées des Pyrénées, qu'il faudroit plutôt appeler de gorges puisqu'elles n'ont qu'une demi-lieue dans leur plus grande largeur, sont l'ouvrage des eaux; mais doit on les ranger parmi celles que M. de Buffon a démontré avoir été creusées par les courans de la mer, ou les supposer formées par les torrens qui se précipitent des montagnes?
«Ne croyez pas, dit M. d'Arcet, en faisant mention des vallées des Pyrénées, que les eaux aient pris ces routes parce qu'elles les ont trouvées frayées antérieurement à leur cours; ce sont les eaux même d'en-haut, qui, se ressemblant peu-à-peu, se sont ouvert de force ces passages: elles se sont creusé ces lits dans le temps passés, comme elles les creusent encore tous les jours. Voyez la Discours sur l'État Actuel de Pyrénées, p.. 10.
(p. 86.) «Les pierres que les eaux du Val de Canfrac entraînent, sont rarement usées dans leurs angles; on en trouve peu dont la figure soit arrondie, comme celle des pierres que roulent les torrens de la partie septentrionale des Pyrénées; le sol des environs de Jacia, plus élevé que celui des plaines du côté de la France, s'oppose a ce qu'elles soient emportées à d'assez grandes distances, et avec la rapidité necessaire pour recevoir, par un long frottement, une figure arrondie: on ne voit point de pierres roulées dans les plaines qui entourent cette ville, les bancs calcaires ne sont couverts que d'une croûte de terre peu épaisse; un telle formation diffère de celle qu'on observe au pied des monts Pyrénées, du côté de la France, ou le sol de plusieurs contrées est composé des débris que les rivières y ont déposés6; une partie de l'Égypte, selon Hérodote, a été pareillement formée des matières que le Nil y a apportées; Aristotle la nomme l'ouvrage du fleuve: c'est pourquoi les Éthiopiens se vantoient que l'Égypte leur étoit redevable de son origine. Les habitans de Pyrénées pourroient dire la même chose de presque toutes les contrées situées le long de la chaine septentrionale, depuis l'océan jusqu'à la Méditerranée, et qui forment cette espace d'isthme qui sépare les deux mers: c'est ainsi que la nature change continuellement la surface de notre globe; elle élève les plaines, abaisse les montagnes; et l'eau est principal agent qu'elle emploie pour opérer ces grandes révolutions; il ne faut que du temps, pour que le mot de Louis XIV. à son petit-fils, se réalise. La postérité pourra dire un jour; il n'y a plus de Pyrénées. On conçoit combien cette époque est éloignée de nous. M. Gensanne a trouvé, par des observations qu'il pretend non équivoques, que la surface de ces montagnes baisse d'environ dix pouces par siècle; ainsi, en les supposant seulement de quinze cens toises au-dessus du niveau de la mer, et toujours susceptibles du même degré d'abaissement, il s'écoulera un million d'années avant leur destruction totale.»
Footnote 6: (return)The notion, that the water-worn gravel, which we so frequently find upon the surface of the earth, had been the effect of rivers transporting the rocks and stones, is not accurate or in perfect science. That stones are thus continually transported is certain; it is also indisputable, that in this operation they are broken and worn by attrition, more or less; but, that angular stones of the hardest substance are thus made into that round gravel, which we find so abundantly in many places forming the soil or loose materials of the surface, is a conclusion which does not necessarily follow from the premises, so far as there is another way of explaining those appearances, and that by a cause much more proportioned to the effect.
The view which I take of the subject is this; first, that those water-worn materials had their great roundness from the attrition occasioned by the waves of the sea upon some former coast. Secondly, that, after having been thus formed by agitation on the shores, and transported into the deep, this gravel had contributed to the formation of secondary strata, such as the puddingstone which has been described in Part I. Chap 5, and 6; and, lastly that it has been from the decay and resolution of those secondary strata, in the wafting operations of the surface, that have come those rounded siliceous bodies, which could not be thus worn by travelling in the longest river.
I do not know in what manner M. Gensanne made his calculation; I would suspect it was from partial, and not from general observations. We have mountains in this country, and those not made of more durable materials than what are common to the earth, which are not sensibly diminished in their height with a thousand years. The proof of this are the Roman roads made over some of those hills. I have seen those roads as distinct as if only made a few years, with superficial pits beside them, from whence had been dug the gravel or materials of which they had been formed.
The natural operation of time upon the surface of this earth is to dissolve certain substances, to disunite the solid bodies which are not soluble, but which, in having been consolidated by fusion, are naturally separated by veins and cutters, and to carry those detached bodies, by the mechanic force of moving water, successively from stage to stage, from places of a higher situation to those below.
Thus the beds of rivers are to be considered as the passages through which both the lighter and heavier bodies of the land are gradually travelling; and it is through them that those moveable bodies are from time to time protruded towards the sea shore. But, in the course of rivers, it often happens that there intervenes a lake; and this must be considered as a repository for heavy bodies which had been transported by the force of running water, in the narrow bed through which it was obliged to pass; for, being arrived in the lake, the issue of which is above the level of its bottom, the moving water loses its force in protruding heavy bodies, which therefore it deposits. Thus the bottom of the lake would be filled up, before the heavy materials which the river carries could be made to advance any farther towards the sea.
Reasoning upon these principles, we shall find, that the general tendency of the operations of water upon the surface of this earth is to form plains of lakes, and not, contrarily, lakes of plains. For example, it was not the Rhône that formed the lake of Geneva; for, had the lake subsisted in its present state, while the Rhône had transported all the matter which it is demonstrable had passed through that channel from the Alps, the bed of the lake must have been made a plain through, which the river would continue to pass, but in a changing channel, as it does in any other plain. We are therefore led to believe, that the passage of the Rhône through the lake, in its present state, is not a thing of long existence, compared with the depredations which time had made by that river upon the earth above the lake. But how far there are any means for judging, with regard to the causes of that change which must have taken place, and produced the present state of things about this lake, can only be determined by those who have the proper opportunity of examining that country.
If lakes are not in the natural constitution of the earth, when this is elevated from the sea into the place of land, they must be formed by some posterior operation, which may be now considered.
There are in nature, that is, in the natural operations of the globe, two ways by which a lake may properly be formed in a place where it had not before existed. One of these is the sliding or overshooting of a mountain or a rock, which, being undermined by the river, and pressed by its weight, may give way, and thus close up the defile through which the river had worn for itself a passage. The other is the operation of an earthquake, which may either sink a higher ground, or raise a lower, and thus produce a lake where none had been before. To which, indeed, may be added a third, the dissolution of saline or soluble earthy substances which had filled the place.
So many must have been those alterations upon the surface of the earth which we inhabit, and so short the period of history by which, from the experience of man, we have to judge, that we must be persuaded we see but little of those operations which make any sensible change upon the earth; and we should be cautious not to form a history of nature from our narrow views of things; views which comprehend so little of the effects of time, that they may be considered as nothing in the scale by which we are to calculate what has passed in the works of nature.
To form an idea of the quantity of the solid land which has been carried away from the surface of the earth, we must consider our land, with the view of a mineralist, as having all the soil and travelled materials removed, so as we might see the terminations of all the strata, where these are broken off and left abrupt. Now, the generality of those strata are declined from the horizontal plane in which they had been formed, and shew that the upper extremity had been broken off and carried away; and the quantity of that which has been carried away, since the time of the formation of those strata, so far as may be judged from the nature and situation of what remains, must be concluded as very great. This is best to be observed in mountainous countries, where not only the causes of this destruction of the land are more powerful, but the opportunities of investigating the effects more frequent, from the washing away of the loose soil or covering.
The correspondent angles of the valleys among mountains is a subject of this nature, in which may be perceived a visible waste of the solid mountain which has those correspondent angles. I am happy to have an authority so much better than my own observations to give on this occasion, where the question relates to what is common or general in these appearances. It is that of M. de Luc, Lettres Physique et Morales, tom. 2. p. 221. «Mais avant de finir sur les montagnes primordiales, il faut que je revienne à ces angles saillans et rentrans alternativement opposés, qui lorsque Mr. Bourguet les annonça, firent un si grand bruit parmi les naturalistes qu'on ne douta plus que toutes les montagnes ne fussent l'ouvrage de la mer. Voici ce que c'est que ce phénomène prétendu démonstratif.
«Lorsqu'on voyage dans les vallées, on va ordinairement en tournoyant; et quand un angle saillant oblige à courber la route, on trouve assez souvent un angle rentrant qui lui fait face, et la vallée conserve à peu près la même largeur. M. Bourguet ayant fait cette remarque, et considérant que les bords opposés d'une rivière qui serpente, offrent la même opposition des angles saillans et rentrans, en conclut en général, que les montagnes avoient été formées par les courans de la mer.
«Si toutes les montagnes, et les Alpes par exemple, avoient tous les autres caractères qu'exige une telle formation celui-là sans doute ne paroîtroit pas les contredire; et l'on ne peut même disconvenir, qu'au premier coup d'oeil, ces zig-zags ne ressemblent beaucoup aux effets des eaux courantes. Cependant ce caractère appartient bien plus aux eaux qui se frayent une route, qu'à celles qui font des dépôts. Un rivière qui creuse son lit, se détourne à la rencontre d'un obstacle, et ronge le côté opposé; c'est ce qui produit ses méandres. Mais on ne voit point les mêmes causes de zig-zags dans les courans au sein de la mer; à moins qu'il n'y ait déjà des montagnes.
«En effet si l'on considère les montagnes et les collines qui par leurs couches et les corps étrangers qu'elles renferment, montrent sans équivoque qu'elles sont l'ouvrage des eaux, on les trouvera le plus souvent rangées sans ordre. Quelquefois elles ne paroissent que des monceaux posés çà et là; comme dans une grand partie du Piémont. Ou si elles sont sous la forme de chaînes continues, on y trouve peu de parallélisme, c'est-à-dire de ces angles rentrans opposés aux angles saillans: tel est le Jura.
«Mais si les courans de la mer ont trouvé des montagnes toutes faites, et qu'ils les ayent traversées, dans quelque sens que ce soit; ils se sont frayé des routes dans les endroits où la resistance étoit moindre, et ont rongé les bords de leurs canaux à la manière des rivières. On doit donc y trouver du parallélisme.
«Si maintenant on considère la chaîne des Alpes, on verra qu'elle répond fort bien à cet effet naturel. Quoique ces montagnes forment une chaîne dans leur ensemble, leurs parties supérieures ne montrent aucune sorte d'arrangement particulier, aucune trace de zig-zags: c'est dans le fond des grandes vallées, ou dans les coupures qui servent à l'écoulement des eaux, que ce parallélisme des côtés opposés se remarque; quoiqu'avec bien des exceptions. Et ce qu'il y a de plus important à considérer, c'est que ces grandes vallées ou les angles saillans et rentrans forment l'engrènement le plus sensible, coupent ordinairement la chaîne en travers, au lieu de la suivre; ce qui annonce plutôt destruction qu'édification.
«Ainsi les angles saillans et rentrans alternativement opposes dans les vallées des montagnes, peuvent bien contribuer à prouver qu'elles ont été toutes sous les eaux de la mer; mais non que la mer les aît toutes faites. C'est ici donc un nouvel exemple de la nécessité de considérer attentivement les idées qui paroissent le plus naturelles au premier coup d'oeil: car cet aperçu étoit bien un de ceux qu'on est tenté d'admettre sans examiner autre chose que la vérité du fait.»
Here we have the testimony of this author concerning the nature of those causes by which the shape of the surface of the earth, in those regular appearances of corresponding parts, had been determined, viz. That these had been destroying operations, and not those by which the mountains had been formed. We differ, however, from this naturalist with regard to the particular agent here employed. It will be shown, in a subsequent chapter, that there is almost as little reason to conclude from this appearance, that the space between the correspondent angles had been hollowed by the currents of the sea, as that those angles had been formed by matters deposited in that shape and situation.
Farther, treating of the calcareous mountains, the same author observes, (Lettre 38. p. 229.)
«Cette chaîne extérieure des Alpes évidemment d'origine marine, a cependant des caractères qui la distinguent de la plupart des autres montagnes de la même classe; et ces caractères semblent annoncer plus d'antiquité. Je crois d'abord pouvoir les regarder comme les montagnes secondaires les plus hautes de notre continent. (Je ne parle ici que des montagnes marines.) Ensuite leur destruction est beaucoup plus grande que celle d'aucune autre montagne de ce genre qui me soit connue: car elles sont presque aussi couronnées de pics que les Alpes primordiales; et ces pics, étant par couches, montrent des restes d'anciens sommets qui devoient avoir une grande étendue. Ce qui, joint à quelques dérangemens dans leurs couches, paroît indiquer que ces montagnes ont été exposées plus longtemps que la plupart des autres montagnes secondaires, aux revolutions qu'essuyoit le fond de la mer; et qu'elles en sont sorties déjà fort altérées.»
There is at present no question concerning the particular shape in which the mountains of the earth had come out of the waters of the sea. We are considering the wasting of those mountains, in being exposed to the atmosphere and waters of the earth; and the operation that the sea may have had upon their surface, is a subject for judging of which we have not the smallest data, unless by taking the thing for granted, or supposing that the present state of things is that former shape after which we inquire. Now, this is a species of reasoning that M. de Luc would certainly explode; for he admits, as we shall afterwards find, great changes among the mountains of the Alps, from the influences of the atmosphere, perhaps more rapid changes than we are disposed to allow. Therefore, to call in the aid of the ocean, for the degradation of these secondary calcareous mountains, holds of no reason that I can see, unless it be that of diminishing the time which otherwise would have been required in bringing about those changes by the atmosphere alone.
To conclude: Whether we examine the mountain or the plain; whether we consider the degradation of the rocks, or the softer strata of the earth; whether we contemplate nature, and the operations of time, upon the shores of the sea, or in the middle of the continent, in fertile countries, or in barren deserts, we shall find the evidence of a general dissolution on the surface of the earth, and of decay among the hard and solid bodies of the globe; and we shall be convinced, by a careful examination, that there is a gradual destruction of every thing which comes to the view of man, and of every thing that might serve as a resting place for animals above the surface of the sea.
Facts in confirmation of the Theory respecting
the Operations of the Earth employed in
forming Soil for Plants.
I have distinguished the mineral operations of the earth, by which solid bodies are formed of loose materials, as well as the resolving or decomposing operations which are proper to the surface exposed to the sun and atmosphere. I have also pointed out the end or intention of those several operations, and likewise the means by which they have been brought about. We may now turn our view to that part of the system in which an indefinite variety of soils, for the growth of plants and life of animals, is to be provided upon the face of the earth, corresponding to that diversity which, in the wisdom of nature, has been made of climates.
In this last view, now to be considered, some confirmation should be given to the Theory, in finding the soil, or travelled materials upon the surface of the land, composed of earth, that is, of sand and clay, of stones and gravel; the earth and stones as arising from the resolution and separation of the solids in the neighbourhood of the place; the gravel, again, as having often travelled from more distant parts.
It would be very improper to adduce any example of a particular, where the force of the argument lies in the generality alone. It is enough to have mentioned the facts which are to be examined: Every person of inquiry and observation will judge for himself how far those facts are true.
But there is one general remark that may be made on this occasion, where the operations of the surface are concerned, and which may assist the investigation of this subject; it is with regard to the gravel or stones worn by attrition, which may have come from a distance. In proportion as hard and insoluble stones are near to their natural beds, they will be found with the sharp angles of their fracture, unless there may have been a cause of agitation and attrition on the spot; they will also be in greater quantity, cet. par. in this place; whereas the farther they may have travelled, they will naturally incline to be more rounded, and, in equal circumstances, will always be more scarce.
We have thus principles by which to judge of every appearance in relation to the travelled materials of our soil. When, for example, we find an immense quantity of the hardest stones worn round by attrition, and collected not far distant from their native place, we cannot suppose that they have acquired their shape by the attrition in the distance they have travelled, but in an agitation which they must have received nearly in the place from whence they came. Such is the gravel in the chalk country of England. Around London, in all directions, immense quantities of gravel are round, which consists almost entirely of flint worn or rounded by attrition; but this is the very centre of the chalk country, at least of England; and no doubt the same appearances will be found in France. We must therefore conclude, that the south of England was under water when that gravel was formed; and that immense quantities of the chalk above had been destroyed by the agitation of the sea in preparing such quantities of gravel which still remain upon the land; besides the immense quantities which must have been dispersed all around during the operation, as well as carried into the sea by the rivers since the elevation of our land. It is not uncommon to find this gravel twenty or thirty feet deep; and masses are found of much greater thickness. Were these masses of gravel formed in a deep hollow place, they would draw to no conclusion beyond the appearance itself; but they are, on the contrary, in form of hills; and therefore they serve as a kind of measure or indication of what had been carried away when these were left remaining.
We may observe a series or a progress in those forming and destroying operations, by which, on the one hand, the flinty bodies, already formed in the mineral region, were again destroyed, in being diminished by their mutual attrition; and, on the other hand, those diminished bodies were again consolidated into one mass of flinty stone, without the smallest pore or interstice. This example is to be found in the puddingstone of England. It consists of flint pebbles, precisely like Kensington gravel, penetrated or perfectly consolidated by a flinty substance. Here are the two opposite processes of the globe carried on at the same time and nearly in the same place. But it must be considered, that our land was then in the state of emerging from the sea, and those operations of subterranean fire fit for elevating land was then no doubt exerted with great energy; at present, no such thing appears in this place. But, from the momentary views we have of things, it would be most unphilosophical to draw such absolute conclusions.
The argument now employed rests upon the identity of the substance of the gravel with that of the entire flint, which is found in the chalk country; and it goes to prove that the sea had worn away a great deal of that chalk country above the place upon which this body of gravel is now resting; consequently that the sea had formerly flowed over that country covered with gravel, and had dispersed much of that gravel in transporting it to other regions, where that species of flint was not naturally produced. By a parity of reasoning, the gravel produced in the neighbouring regions, and which would be proper to those places, as consisting of their peculiar productions, must have been likewise dispersed and mixed with the surrounding bodies of gravel. But as in the country of which we are now treating, there are considerable regions, the different productions of which are perfectly distinct, we have a proper opportunity of bringing those conclusions of the theory to the test of observation.
For this purpose, let us examine the different countries which surround the chalk regions of England, France, and Flanders; if the gravel upon those neighbouring countries contain flint which the country does not naturally produce; and if the mixture of this flint among the gravel, which is proper to the country itself, be with regard to quantity in proportion to the vicinity of the flint country, the Theory will then be confirmed; and there is no doubt that this is so. On the other hand, let us examine the gravel about London, which is far distant from any place that produces quartz; if we shall find a very small proportion of quartz gravel in this flinty soil, we may be assured that the quartz has travelled from a distance, and that the Theory is thus approved. This is actually the case, and I have seen puddingstone containing quartz gravel among the flint.
In confirmation of this view of the travelled soil, it may be observed, that in lower Saxony about Hamburgh, and for a great way to the south-west, the gravel is mostly of broken flint, such as is around the chalk countries: Yet it is at a distance from the chalk of Flanders; there is however at Luxemburgh chalk with flint, the same as in England and France. Therefore the flinty soil of that country, in like manner, demonstrates the great destruction of the solid parts, and illustrates the formation of soil by the remainder of the hard parts below, and the alluvion of other parts.
There is most undoubted evidence that the solid body of our land had been formed at the bottom of the sea, and afterwards raised above the surface of the water; but, in the case which has now been described, it appears that the travelled soil of the surface of our land had been lately under the surface of the sea. We have thus therefore traced the different steps in the operations of nature, of which the last step may be considered as thus exposed to our view almost as much as the operations of man in building the Pyramids of Egypt. But surely there are other documents to be found in examining the different coasts of this island with attention; and there must be a consistency in the general appearance which never fails to attend on truth.
From the south to the north of this island, there are, in many places, the most evident marks of the sea having been upon a higher level on the land; this height seems to me to amount to about 40 or 50 feet perpendicular at least, which the land must have been raised. Some of those facts may now be mentioned.
Upon the banks of the Thames, I have found sea shells in the travelled soil a considerable height above the level of the sea. In low Suffolk there are great bodies of sea shells found in the soil which the farmers call crag, and with it manure their land. I do not know precisely the height above the sea; but I suppose it cannot exceed 100 feet. In the Frith of Forth there are, in certain places, particularly about Newhaven, the most perfect evidence of a sea bank, where the washing of the sea had worn the land, upon a higher level than the present. The same appearance is to be found at Ely upon the Fife coast, where the sea had washed out grottos in the rocks; and above Kinneel, there is a bed of oyster shells some feet deep appearing in the side of the bank, about 20 or 30 feet above the level of the sea, which corresponds with the old sea banks. I have seen the same evidence in the Frith of Cromarty, where a body of sea shells, in a similar situation, was found, and employed in manuring the land. There are many other marks of a sea beach upon a higher level than the present, but I mention only those which I can give with certainty.
We have been considering an extensive country more or less covered with gravel; such is England south of Yorkshire; both upon the east and west sides of the island. This country having no high mountainous part in the middle, so as to give it a considerable declivity towards the shores and rivers, the gravel has remained in many places, and in some parts of a considerable thickness. But in other parts of the island, where the declivity of the surface favours the transportation of gravel by the currents of water, there is less of the gravel to be found in the soil, and more of the fragments of stone not formed into gravel. Still, however, the same rule holds with regard to tracing the gravel from its source, and finding particular substances among the gravel of every region, in proportion to the quantity of country yielding that substance, and the vicinity to the place from whence it came.
Here are principles established, for the judging of a country, in some respects, from a specimen of its gravel or travelled stones. In this manner, I think, I can undertake to tell from whence had come a specimen of gravel taken up any where, at least upon the east side of this island. Nor will this appear any way difficult, when it is considered, that, from Portland to Caithness or the Orkneys, there are at least ten different productions of hard stone in the solid land which are placed at proper distances, are perfectly distinguishable in the gravel which is formed of them, and with all of which I am well acquainted. Let us suppose the distance to be 600 miles, and this to be divided equally into 10 different regions of 60 miles each, it must be evident that we could not only tell the region, which is knowing within 60 miles of the place, but we could also tell the intermediate space, by seeing an equal mixture of the gravel of two contiguous regions; and this is knowing within 30 miles of the place. If this be allowed, it will not seem difficult to estimate an intermediate distance from the different proportions of the mixed gravel. This is supposing the different regions to be in all respects equal, which is far from being in reality the case; nevertheless, a person well acquainted with the different extent and various natures of those regions, may make allowances for the different known circumstances that must have influenced in those operations, although it is most probable there will be others which must be unknown, and for which he can make no allowance.
The author of the Tableaux de la Suisse has entered very much into this view of things; he has given us some valuable observations in relation to this subject, which I would here beg leave to transcribe7.
Footnote 7: (return) Discours sur l'Histoire Naturelle de la Suisse, p. 27.
«Nous avons dit précédemment que c'étoit entre Orfière et Liddes que nous avions vu les derniers granites roulés, on n'en rencontre plus dans tout le reste de la route jusqu'au haut du Mont St. Bernard. Les rochers qui dominent ce sommet ne sont pas composés de granites, et quoiqu'on ne puisse aborder jusqu'à leur plus grande élévation, on peut juger de leurs espèces, par les masses qui s'en précipitent. D'où peuvent donc provenir ces masses roulées de granites qui se trouvent jetés et répandus sur le penchant et au bas de ce mont? Il y a peut-être quelque montagne ou rocher de granite que nous n'avons pas été à portée de voir: il faudroit plus d'un mois pour faire un pareil examen et parcourir les montagnes environnantes, et faute de pouvoir parvenir à certains sommets, examiner scrupuleusement les fonds pour juger des hauts. De pareilles recherches sont plus difficiles et plus longues qu'on ne le croit communement quand on veut réellement voir et observer. Beaucoup de vallons sont comblés à des hauteurs prodigieuses, par les amas et les débris provenant des montagnes supérieures: ils cessent d'être des vallons, pour former ou faire partie de montagnes. Ces déplacement et des bouleversemens, changeant la direction et le courant des torrens, entraînent dans des parties bien opposées des débris qu'on croiroit devoir chercher et trouver ailleurs. On seroit induit en erreur, en voulant suivre toujours le cours actuel des eaux qui descendent des montagnes. Ce n'est pas dans cette occasion seul mais l'Allemagne, la Corse, la Sardaigne, et beaucoup de pays de hautes montagnes, nous out fourni également des exemples de masses de rochers roulés de différentes espèces dont il n'existoit pas de rochers pareils, dans toutes les parties élevées environnantes, à plusieurs lieues, à plusieurs journées de chemin, et souvent totalement inconnus dans les pays d'alentour. Si nous avons remarqué les même espèces de rochers faisant corps, et attachés au sol, à une ou plusieurs lieues de distance; nous avons vu souvent que des montagnes plus hautes étoient entre ces masses roulées et les rochers, d'ou on auroit pu supposer qu'elles ont été arrachées: il repugne à croire que des masses, d'un poids prodigieux, ayent été transportées et roulées en travers d'un vallon profond, pour remonter et passer de l'autre côté d'une montagne. Nous abandonnons, a ceux qui travaillent dans le cabinet, à l'arrangement du globe, la recherche des moyens que la nature a employé pour produire de pareils effets. Nous nous contenterons, ainsi que nous avons promis, de rendre compte de ce que nous avons vu et observé, et d'engager ceux qui auront la facilité de faire des remarques analogues de constater leurs observations en indiquant toujours les lieux fidèlement, ainsi que nous le faisions pour la Suisse.»
Here the experience of our naturalist amounts to this, that, in those operations by which the solid land is wasted, and the hard materials worn by attrition and transported, it is not always evident from whence had come every particular body of stone or mineral which had travelled by means of water; nor the particular route which, in descending from a higher to a lower place, the protruded body had been made to take, although, in general, these facts may be discovered without much difficulty. Now, this state of things is no other than the natural consequence of the great wasting of the surface and solid parts of our land, and the unequal degradation of this surface, by which means the shape of the earth is so changed, that it would often be impossible, from the present state, to judge of the course in which many bodies had been travelled by water.
M. de Saussure has described a very curious appearance of this kind: It is the finding the travelled materials of Mont Blanc, or fragments detached from the summit and centre of the Alps, in such places as give reason to conclude that they had passed through certain openings between the mountains of the Jura. This is a thing which he thinks could not happen according to the ordinary course of nature; he therefore ascribes this appearance to some vast debacle, or general flood, which had with great impetuosity transported all at once those heavy bodies, in the direction of that great current, through the defiles of the Alps, or the openings of those mountains.
In giving this beautiful example of the wasting and transporting operations of this earth, this naturalist overlooks the principles which I would wish to inculcate; and he considers the surface of the earth, in its present state, as being the same with that which had subsisted while those stones had been transported. Now, upon that supposition, the appearances are inexplicable; for, How transport those materials, for example, across the lake of Geneva? But there is no occasion to have recourse to any extraordinary cause for this explanation; it must appear that all the intervening hollows, plains, and valleys, had been worn away by means of the natural operations of the surface; consequently, that, in a former period of time, there had been a practicable course in a gradual declivity from the Alps to the place where those granite masses are found deposited. In that case, it will be allowed that there are natural means for the transportation of those granite masses from the top of the Alps, by means of water and ice adhering to those masses of stone, at the same time perhaps that there were certain summits of mountains which interrupted this communication, such as the Jura, etc. through the openings of which ridges they had passed.
In this case of blocks of alpine stones upon the Jura, the question is concerning the transportation of those stones; but, in other cases, the question may be how those blocks were formed.
That many such blocks of stone are formed by the decay of the rock around them, is clearly proved by the observations of M. Hassenfratz, published in the Annales de Chimie, October 1791. He has particularly mentioned a place on the road from Saint-Flour to Montpellier, where an amazing collection of these blocks of granite is to be seen. It is here particularly that he observes these blocks to be the more durable parts which remain after the rock around them is decayed and washed away. The proof is satisfactory; the operation is important to the present theory; and therefore I shall give it in his own words.
«Tous les blocs de granit dur dégagés et sortis entièrement des masses qui forment les montagnes, posent immédiatement sur le granit friable ou sur d'autres blocs durs qui eux-mêmes sont sur le granit friable.
«Quoique la plupart des blocs de granit dur, que l'on observe sur toute l'étendue de ce terrain granitique, soient entièrement sortis et dégagés de la masse de pierre qui forme la montagne, on en rencontre cependant qui ne sont pas encore tout-à-fait dégagés. Et c'est ici l'observation essentielle qui conduit directement à l'explication du phénomène de l'arrangement, de l'entassement, et de l'amoncellement des blocs d'une manière simple et absolue.
«On voit sur la surface du terrain des portions de blocs durs qui semblent sortir peu à peu, et se dégager de la masse de granit friable; celui-ci se décompose et se réduit en poussière tout autour de cette masse dure que les causes de décomposition du granit friable semblent respecter.
«Quelques-uns de ces blocs durs, sortans de la montagne granitique, sont déjà considérable; on distingue qu'ils n'y tiennent plus que par une très-petite partie; d'autres commencent à paroître se dégager, ils ne saillent, ils ne sortent encore que de quelque pieds, et même de quelques pouces. Enfin, en examinant soigneusement et attentivement toute la surface de ce terrain granitique, on apperçoit tous les intermédiaires entre un bloc de granit dur contenu et enchassé dans la masse totale du granit friable et un bloc entièrement dégagé.
«Ces observations, suivies avec attention, ne laissent aucun doute que les blocs de granit que l'on observe sur toute l'étendue de ce terrain granitique, n'aient fait autrefois partie d'une couche considérable de granit décomposable qui couvroit ces montagnes et exhaussoit leur sol; que cette couche, dont il semble impossible d'apprécier la hauteur, malgré les blocs considérable qui restent et qui attestent son existence, a été décomposée par l'air et l'intempérie des saisons; que la poussière, le sable résultans de cette décomposition, ont été entraînés par les eaux, et déposés à divers points de la surface de la globe; et que ces blocs ont été peu-à-peu dégagés de la couche, ainsi qu'il s'en dégage encore tous les jours.»
To enable the reader to form a notion of what these blocks are, I shall farther give what our author has said in describing this place where they are found.
«C'est après avoir quitté le terrain volcanique, c'est dans le terrain granitique que j'ai trouvé des blocs énormes de granit, qui ont fixé mon attention.
«Toute l'étendue du terrain granitique que j'ai traversée, se trouve presque couverte de ces masses; les uns sur les sommets des montagnes les plus élevées, les autres sur la pente et dans les vallées. Plusieurs de ces masses sont arrangées les uns sur les autres avec un art inimitable, les autres sont isolées et éparses.
«Peu de ces masses m'ont présenté un spectacle plus beau et plus imposant que celles que l'on rencontre à 6 heures de marche de S. Flour, à une petite demi heure avant d'arriver à la Garde.
«Là, sur le sommet d'une montagne, est un amas considérable de blocs de granit, étonnans par leur volume et leur nombre. La grande route passe à travers, et circule autour de ces masses que les constructeurs des chemins n'ont pas osé attaquer.
«Le voyageur est pénétré d'admiration en voyant l'ordre et l'arrangement symétrique de ces blocs monstrueux par leur masse, et qu'il ne cesse d'observer en suivant la trace tortueuse du chemin qui les contourne.
«Quelques-uns de ces blocs sont posés purement et simplement les uns sur les autres, et forment une colonne isolée; le plus gros sert de base, et les autres, graduellement plus petits, son posés dessus. On voit jusqu'à trois de ces blocs immédiatement l'un sur l'autre.
«D'autres fois, le bloc qui sert de base est beaucoup plus petit que celui qui le couvre immédiatement; et s'arrangement de ces deux blocs présente l'aspect d'un champignon.
«Plus souvent plusieurs blocs séparés les uns des autres, forment la base, et un ou plusieurs blocs sont posés immédiatement dessus, sans ordre constant, tantôt inclinés, mais toujours d'une manière stable et fixe, propre à resister aux plus grands efforts.
«Enfin, par fois, des masses plus petites placées entre les grosses, semblent assurer la situation fixe de l'ensemble des blocs; mais ces rencontres sont fort rares.»
Here is a distinct view of this part of nature; a view in which the present state of things plainly indicates what has passed, without our being obliged to raise our imagination to so high a pitch as is sometimes required, when we take the mountains themselves, instead of these blocks, as steps of the investigation. Here is a view, therefore, that must convince the most scrupulous, or jealous with regard to the admitting of theory, first, that those mountains had been much higher; secondly, that they had been degraded in their present place; thirdly, that this continent has subsisted in its present place for a very long space of time, during the slow progress of those imperceptible operations; and, lastly, that much of the solid parts of this earth has been thus travelled by the waters to the sea, after serving the purpose of soil upon the surface of the land.
But though M. Hassenfratz has thus given us a most satisfactory view of the natural history of those blocks of stone which are now upon or near their native place, this will not explain other appearances of the same kind, where such blocks are found at great distances from their native places, in situations where the means of their transportation is not to be immediately perceived, such as those resting upon the Jura and Saleve, and where blocks of different kinds of stone are collected together. These last examples are the records of something still more distant in the natural history of this earth; and they give us a more extensive view of those operations by which the surface of this earth is continually changing. It is, however, extremely interesting to this Theory of the Earth, to have so distinctly ascertained some of those first steps by which we are to ascend in taking the more distant prospect; and these observations of M. Hassenfratz answer this end most completely.
Thus all the appearances upon the surface of this earth tend to show that there is no part of that surface to be acknowledged as in its original state, that is to say, the state in which it had come immediately from the mineral operations of the globe; but that, every where, the effects of other operations are to be perceived in the present state of things. The reason of this will be evident, when we consider, that the operations of the mineral kingdom have properly in view to consolidate the loose materials which had been deposited and amassed at the bottom of the sea, as well as to raise above the level of the ocean the solid land thus formed. But the fertility of the earth, for which those operations were performed, and the growth of plants, for which the surface of the earth is widely adapted, require a soil; now the natural, the proper soil for plants, is formed from the destruction of the solid parts. Accordingly, we find the surface of this earth, below the travelled soil, to consist of the hard and solid parts, always broken and imperfect where they are contiguous with the soil; and we find the soil always composed of materials arising from the ruin and destruction of the solid parts.