PLANCHE XXIII.

(P. 47, 48 et 49, t. VIII de l'Édition royale.)

FIG. I. Cette lampe de terre fracturée a pour entourage une couronne de feuilles, et porte au milieu du médaillon une croix enrichie de divers ornemens, comme seraient des pierreries: ce même signe se retrouve sur cinq lampes publiées par Arringhi (Rom. Sotterr. lib. III, 22), et sur trois autres rapportées par Delachausse ( Mus. Rom. sect. V, tab. I et seq.). Il ne reste aucun doute que la croix représentée sur ces lampes ne soit le symbole du christianisme, qu'il ne faut pas confondre avec d'autres symboles égyptiens qui ont avec celui-ci quelque ressemblance. Le frêle monument que nous publions, trouvé dans les fouilles de Pompéia, serait l'un des plus anciens du christianisme, si l'on pouvait supposer que l'existence de cette lampe a précédé la destruction d'Herculanum par le Vésuve; mais c'est une circonstance dont il est permis de douter. M. Dutheil a lu l'Institut une savante dissertation, où il a prouvé que ces mêmes lieux ne cessèrent pas d'être habités dans les âges suivans, quoique les villes détruites n'aient jamais recouvré leur première splendeur, et que les traces en aient presqu'entièrement disparu sous les villes qui leur ont succédé. Ce fait expliquerait comment des monumens plus modernes peuvent se trouver confondus sous des ruines avec ceux des villes antiques de la Campanie.

FIG. II. Lampe de terre d'un travail grossier, ornée d'un croissant et d'une tête de bœuf, dont cet ustensile emprunte toute la forme. Cette lampe peut offrir l'emblême des grands sacrifices, ou plutôt se rapporter au culte égyptien d'Isis, dont le croissant est le symbole, et à celui du bœuf Apis.

FIG. III. Le bas-relief de cette lampe exprime deux figures nues penchées sur un cratère à hauteur d'appui; l'une, versant l'eau d'un vase dans le bassin, est sans contredit une esclave, tandis qu'on reconnaît dans la seconde la maîtresse attentive à l'exécution de ses ordres: il s'agit sans doute ici de soins relatifs à la toilette.

FIG. IV et V. La même lampe en deux dessins; elle est à deux lumières opposées; du milieu s'élève une anse avec un œil pour la suspendre.

FIG. VI et VII. Lampe de bronze en deux vues; elle est d'un bon travail; l'anse est formée par deux branches qui embrassent le flanc, et viennent se réunir à une feuille de lierre en éventail, d'où pend une chaîne avec le bouchon servant de couvercle.

FIG. VIII et IX. Autre lampe de bronze d'une forme à-peu-près semblable, garnie de trois chaînes pour la suspendre. Sur la partie supérieure, on remarque un rat qui s'avance vers le lumignon; ce qui exprime ingénieusement l'avidité de ces buveurs d'huile, dont Minerve, dans la guerre des rats et des grenouilles, poëme attribué à Homère, refuse d'embrasser la cause, «parce que, dit-elle, ils me font de grands dégâts, qu'ils mangent mes couronnes, et rongent mes lampes pour en avoir l'huile».



PLANCHE XXIV.

(P. 51, t. VIII de l'Édition royale).

Belle lampe de bronze à trois becs. Les trois dessins en offrent la vue sous deux aspects, avec la coupe au trait de l'un des trois becs, jusqu'au milieu du corps de la lampe. Les ornemens en sont recherchés et d'un travail élégant; ils consistent en trois masques et en guirlandes de feuillage tressées avec des bandelettes; trois chaînes qui s'attachent à chaque bec servaient à la suspendre; une quatrième chaîne s'attache le bouton qui ferme le trou du milieu.



PLANCHE XXV.

(P. 50, 52, t. VIII de l'Édition royale.)

FIG. I et II. Lampe de bronze garnie de chaînes pour la suspendre, représentée en deux dessins; elle est à deux becs, dont chacun est surmonté d'un aigle, les ailes étendues, et tenant la foudre dans ses serres, emblême qui semble annoncer que cet ustensile est consacré à Jupiter.

FIG. III. Autre lampe de bronze à deux becs, ornée d'un masque sur les deux faces, et garnie de chaînes.

FIG. IV. Lampe de bronze d'un bon travail; dans l'un des becs, est un lumignon trouvé avec la lampe même. La conservation d'une substance aussi périssable, intacte après un laps de dix-sept siècles, est une singularité qui rend ce monument extrêmement curieux. Il est vrai que ce lumignon n'a point été trouvé à la place qui lui convient, et où il est représenté; il était renfermé dans l'intérieur de la lampe, et la lampe se trouvait hermétiquement fermée par la cendre qui s'était condensée autour du bouchon et dans les ouvertures. La privation de l'air extérieur, et surtout de l'humidité, a permis, comme l'on sait, l'entière conservation d'objets très-corruptibles, sur-tout quand ces objets étaient renfermés dans des corps métalliques, ou quand ils y étaient adhérens; ainsi on a trouvé des bonnets de laine dans des casques de bronze, des morceaux de bois tenant à des poignées de métal, et des monnaies de bronze retenant encore la toile qui les enveloppait. La matière du lumignon est de lin non filé, mais en étoupe tortillée en deux branches, comme une corde imparfaite. Le lin paraît avoir été la matière le plus constamment employée à cet usage, dans une antiquité très-reculée. La culture du coton, très-anciennement en vigueur sur les confins de l'Égypte et de l'Arabie, suivant le témoignage de Pline (L. XIX, I), ne s'était guère répandue en Europe que quelques siècles après cet écrivain, par le moyen des Arabes qui l'introduisirent en Espagne. On se servait encore pour les lampes, de papyrus et de bouillon-blanc. Le chanvre était d'un usage très-commun, mais il servait plus particulièrement pour les lanternes, où le lumignon devait avoir plus de fermeté.

FIG. V et VI. Pincettes dont on se servait pour gouverner le lumignon.

FIG. VII. Crochet faisant office de mouchettes.



PLANCHE XXVI.

(P. 53, 54, t. VIII l'Edition royale.)

Les vases de bronze que nous donnons ici, nous ont paru appartenir au service des lampes, comme destinés à contenir de l'huile. En consultant les ornemens, on trouve cependant à ces vases un caractère bachique; nous nous bornons à en donner la description sans rien affirmer sur leur emploi.

FIG. I. Ce dessin, au trait, offre le profil d'un vase pris du côté de l'anse, qui, dans celui-ci comme dans les suivans, fait le principal ornement. Cette anse est formée par la figure d'un jeune satyre posant sur un panier de raisin, et tenant dans chacune de ses mains une branche qui va, par-dessus son épaule, s'unir au bord du vase. Le corps du vase est absolument semblable à celui qu'on remarque sous le n° VII.

FIG. II et III. Ce vase est plus simple dans sa forme et dans ses ornemens que le premier. L'anse est formée par une branche contournée, ornée de feuillures: elle se termine par un médaillon, d'où sort une tête de jeune homme, coiffée du bonnet phrygien.

FIG. IV, V et VI. L'anse de ce vase a pour sujet un Hermès d'Hercule, proprement dit Herméracle, et se termine par une coquille. Le Dieu est sans barbe: la peau du lion est jetée sur son épaule, et ses bras sont enveloppés dans sa draperie. On rencontre des herméracles pareils exécutés en marbre: le musée Napoléon en possède plusieurs.

FIG. VII, VIII et IX. Sur l'anse de ce vase est encore appliqué un Hermès offrant la figure d'un jeune suivant de Bacchus; ce demi-Dieu joue avec un lièvre, animal qui se trouve souvent dans les sujets bachiques. Les autres attributs qui terminent l'anse sont aussi tous bachiques; c'est le masque d'un jeune faune appliqué sur une peau de panthère dont on voit pendre les pattes.



PLANCHE XXVII.

(P. 55, 56, t. VII de l'Edition royale.)

FIG. I, II et III. Coupe et profil d'un petit vase destiné à recevoir une lumière, dont l'effet était modéré par un couvercle à charnière, percé de plusieurs trous; cette lampe était une espèce de veilleuse. Sur le côté, on voit une petite anse. L'intérieur est rempli de plomb jusqu'à la hauteur désignée par la teinte, dans le premier dessin; ce qui donne au vase une assiette solide. Le cylindre indiqué dans la coupe est de laiton; il est mobile, et faisait, dans le vase, office de lampe. Le trait, n°. II, est celui d'un bassin, dans lequel on plaçait le vase par une attention de propreté.

FIG. IV. Ce dessin représente une lanterne portative de forme cylindrique, et faite de cuivre jaune; les montans sont de métal fondu; le fond est soutenu par trois pieds en forme de boule. Le cercle supérieur est couronné par une calotte percée de quelques trous: cette calotte est mobile à volonté. Pour porter la lanterne fermée, la main devait embrasser les deux branches d'où pendent les chaînes, et qui servent de poignée. Pour ouvrir la lanterne, on élevait la branche supérieure qui faisait monter le couvercle par le moyen du clou qui joue dans la première branche, et de la chaîne attachée à ce clou. Sur le plateau du fond, pose la petite lampe de forme cylindrique: nous en donnons la coupe qui fait voir le lamperon où se plaçait le lumignon. Sur le sommet du couvercle, est une inscription en caractères pointés, que nous répétons au-dessus du dessin d'une manière plus lisible, quoique les lettres mal formées ne permettent pas de la déchiffrer parfaitement. On peut lire TIBURTI CATUS, Tiburtius Catus, et ces noms peuvent être ceux du fabricant. Si on lit TIBURTl CATIS, il se présente deux sens différens: l'un serait TIBURTl CATl Sum, j'appartiens à Tiburtus Catus; ce qui ne s'éloigne pas de la coutume qu'avaient les anciens d'indiquer de cette manière le maître d'objets ou d'êtres de nature à s'égarer; on trouve de semblables inscriptions sur des colliers de chiens, de cerfs et d'autres animaux, sur ceux même qu'on mettait au cou des esclaves; l'autre sens serait TIBURTINUS CATI Servus, Tiburtinus esclave de Catus; et ce Tiburtinus (nom d'esclave, rapporté par Gruter DCCCLXXXIV, n°. II), aurait eu l'emploi particulier de porter la lanterne devant son maître, lanternarius ou lampadarius servus. La lanterne se trouve ici destituée de l'enveloppe transparente qui devait la compléter, comme le désignent précisément les deux bandes de métal fixées par des attaches à une petite distance des montans, et une pareille bande circulaire qui règne sur le fond. La matière le plus communément employée à cet usage paraît avoir été la corne; de-là vient que Plaute désigne une lanterne par le mot même de cornu (Amph. act. I, I. 185). Pline dit à ce sujet que la meilleure corne était celle que donnait une espèce de bœufs sauvages qu'il nomme uri (l. XI. 37). On ne manque point non plus d'autorités prises dans les écrits des anciens, pour avancer qu'on entourait encore les lanternes avec la peau des vessies, ou avec d'autres membranes, ainsi qu'avec de la toile frottée d'huile. On pourrait même soupçonner que la propriété du verre, adaptée au même usage, n'a pas été ignorée des anciens. Le premier des écrivains qui parle des fenêtres de verre, est Lactance, qui florissait sur la fin du troisième siècle: sans entrer à cet égard dans aucune discussion, nous nous contenterons de rapporter une autorité qui parle avec plus de force, c'est-à-dire, la conservation de quelques morceaux de verre trouvés à une fenêtre dans Pompéia, et déposés au musée de Portici.

FIG. V. Nous ne suivons pas les académiciens d'Herculanum dans leurs recherches sur la véritable étymologie du mot lanterna, mais nous rapportons avec eux, comme très-curieux, quoiqu'étranger à la collection d'Herculanum, un monument trouvé dans un village près de Capoue: on voit par l'inscription, qu'il a été érigé par un certain Marcus Hordionius Philargurus Labeo lanternier, à son épouse Flavia Claudia Philumina; outre le titre bien exprimé de la profession, LANTERNARIUS, on en trouve encore sur le monument le signe bien distinct, une petite lanterne entourée de son enveloppe.



PLANCHE XXVIII.

(P. 55, 58, t. VI de l'Edition royale).

FIG. I, II et III. Trépieds en bronze qu'on peut regarder comme destinés à servir de support à des lampes. Nous n'avons rien à faire remarquer dans ces trois pièces, que les ornemens; la gravure les expose avec clarté.

FIG. IV, V et VI. Lampe de bronze à une seule mèche; elle est remarquable par la queue pliante qui sert à la porter; la première partie de cette queue naît à la réunion de deux têtes d'oiseaux qui s'appliquent à la lampe; la seconde partie se termine en patte de lièvre; se pliant en dessus, elle s'arrête en dessous sur l'alignement de la première, qu'elle rencontre à angle droit.



PLANCHE XXIX.

(P. 61, t. VIII de l'Edition royale.)

FIG. I. Lampadaire en bronze; il prend sa forme de deux troncs d'arbres qui s'élèvent sur une plinthe quarrée, portée par des pieds de bœuf; sur le sommet du tronc principal, est posé un disque ou plateau destiné à recevoir la lampe.

FIG. II. Autre lampadaire de bronze avec son plateau; sa forme est prise d'une canne à nœuds, se divisant par le bas en branches qui font trépied.

FIG. III et IV. Lampe de bronze d'un très beau travail, avec des ornemens recherchés. Elle pose sur un support en forme de trépied à griffes de lion, et orné de mascarons sur chaque face.



PLANCHE XXX.

(P. 62, 63, t. VIII de l'Edition royale.)

FIG. I. Le support de cette lampe peut être mis au nombre des candélabres; c'est une colonne cannelée élevée sur une base; la base est formée de trois pattes de lion, et les pattes sont unies par un ornement en arabesques et des coquilles; le chapiteau est de fantaisie; dessus pose un vase à deux anses, lequel porte la lampe dont le couvercle est levé: le tout est de bronze et d'un travail élégant.

FIG. II. Autre Lampe avec son support; il est formé d'un tronc d'arbre, orné de quelques feuilles et de glands. Le socle est fait au tour, et pose sur un trépied à griffes de lion.



PLANCHE XXXI.

(P. 64, tome VIII de l'Edition royale.)

Une figure grotesque sert de principal motif ce lampadaire; c'est une espèce de Silène, dont la physionomie, le geste et l'attitude ont une expression comique et théâtrale. Il a pour tout vêtement un court manteau jeté sur ses épaules; sa chaussure est le socque orné d'une languette; le perroquet perché au milieu des deux branches, n'est point sans rapport avec l'expression ridicule du personnage. Chaque branche du candélabre se termine par un plateau destiné à supporter les lampes. La figure pose sur une base quarrée à trois degrés, qui a pour support des griffes de lion, montées chacune sur de petits socles ronds.



PLANCHE XXXII.

(P. 65, tome VIII de l'Edition royale.)

Ce lampadaire a pour motif le tronc d'un chêne dépouillé et divisé en cinq branches, d'où pendent autant de lampes, toutes d'une forme assez simple. L'arbre est élevé sur une plinthe rectangulaire, ayant pour support des griffes de lion.



PLANCHE XXXIII.

(P. 66, 67, t. VIII de l'Edition royale).

FIG I. La tige de ce lampadaire emprunte sa forme des plantes bulbeuses dont elle imite l'élégante souplesse dans ses contours. Les deux lampes, dans leur forme bizarre, imitent des limaçons, dont l'un est à moitié sorti de sa coquille. Ce n'est pas sans une sorte de convenance que cet insecte est ici rapproché d'une espèce de végétaux qui se plaisent dans les terrains humides. Le socle représente, en quelque sorte, un autel, étant entouré d'un feuillage en festons et orné d'un crâne de bœuf. La plinthe à griffes de lion est d'un travail précieux; sa surface est enrichie d'arabesques damasquinés en argent, comme le sont les ornemens de l'autel. Un semblable lampadaire pourrait être consacré à la nymphe d'une fontaine.

FIG. II. Cet autre lampadaire, d'un travail également beau, est d'un style plus sévère. Une colonne cannelée en fait le motif. L'ornement du chapiteau tient par ses volutes à l'ordre ionique: mais il ne faut point chercher dans ces compositions de fantaisie, les proportions et les règles de l'art. Les artistes usaient sans réserve, dans ces sortes d'ouvrages, du droit de s'abandonner à leur imagination. Au milieu des volutes est un masque comique, et du sommet du chapiteau partent quatre rameaux en arabesques, qui servaient suspendre les lampes. Le dessin n'en montre que deux; le plan du chapiteau fait voir la distribution de tous les quatre.



PLANCHE XXXIV.

(P. 69, tome VIII de l'Edition royale.)

Ce lampadaire offre une composition agréable et animée. Sur une base quadrangulaire s'élève une colonne cannelée en spirales, qui ont peu de profondeur. Sur le chapiteau pose une tête couronnée d'une branche de lierre avec ses corymbes; c'est celle d'un esclave barbare caractérisé par les moustaches: elle sert elle-même de lampe, comme le montre le dessin pris de profil. On introduisait l'huile par le sommet, et de la bouche sortait le lumignon. Près de la colonne, sur un socle rond, est un enfant d'une expression naïve et dans une attitude gracieuse; dans le pouce de sa main gauche est passé un anneau qui réunit trois chaînes, deux servent à suspendre une lampe; à la troisième, qu'il relève de la main droite, pend un crochet propre à gouverner le lumignon. Cette seconde lampe prend sa forme d'un masque scénique orné de pampres.



PLANCHE XXXV.

(P. 68, 70 et 71, t. VIII de l'Edition royale.)

FIG. I et III. Ces deux candélabres sont remarquables par leur mécanisme qu'on saisira facilement à l'inspection du dessin. Le pied est formé par trois traverses horizontales qui se démontent volonté. Le fût du candélabre pose sur un plateau qu'il traverse par un tenon fixé en dessous à l'aide d'une cheville; à partir de sa base, le fût s'élève en forme de pilastre, surmonté d'un Hermès à deux faces. Un vase faisant chapiteau pose sur la tête de chaque Hermès; ce vase couronné d'un plateau, où doit être placée la lampe, s'élève et s'abaisse volonté, au moyen d'une tige qui joue dans le pilastre, et qu'on arrête à la hauteur convenable avec une clef. La figure qui sert d'ornement au premier candélabre est celle de Jupiter; on la reconnaît au diadême et à la barbe épaisse et majestueuse. Au revers, la tête se fait remarquer par les cornes de Jupiter Ammon. L'Hermès de l'autre candélabre est celui de Persée, comme peut le faire penser la tête de Méduse et un instrument crochu qui représenterait la harpé. Sur l'autre face, le buste porte les attributs ordinaires du fils de Maïa, la bourse et le caducée.

FIG. II. Lampadaire en forme de pilastre. La surface de la plinthe qui sert de base, est ornée d'arabesques damasquinés en bronze même. Il est à remarquer que, dans ce lampadaire comme dans tous les autres, et comme le démontre le dessin de la planche précédente, la tige n'est point située au milieu de la base, mais à l'une des extrémités; cette précaution avait, sans doute, pour but de ménager en avant une table commode, où l'on pouvait poser les vases à l'huile, ou d'autres ustensiles nécessaires au service des lampes.

PLANCHES XXXVI—XLV.

(P. 72, 93, t. VIII de l'Edition royale.)

Nous avons précédemment désigné, par le nom de lampadaire, les instrumens propres à porter à-la-fois plusieurs lampes, suspendues: ces ustensiles ont le plus souvent la forme d'un tronc d'arbre, auquel on n'a laissé que quelques branches dépouillées de leurs feuilles. Cette invention nous offre l'imitation des arbres consacrés à un semblable usage, dans les fêtes champêtres. Les candélabres destinés à porter une seule lumière ont une forme plus noble, mais qui doit sans doute aussi son origine à quelque usage familier. Le trait qui distingue particulièrement le candélabre est la canne ou le roseau qui servait à porter la pomme de pin ou la torche allumée: on a fixé le roseau dans le trépied qui la recevait momentanément; on a couronné la tige d'un disque, d'un calice ou d'un chapiteau. L'art s'est ainsi emparé d'une forme grossière; mais en l'embellissant, il a conservé la grâce qu'elle empruntait à la nature; dans le candélabre le plus orné, quelque chose rappelle toujours sa naissance. Souvent là tige est une colonne cannelée; imitation d'un faisceau de cannes. Si c'est une colonne lisse, sa légèreté s'éloigne de la proportion mâle de l'architecture. Peu-à-peu le luxe a déployé des ornemens plus recherchés; le disque destiné à porter la lampe a posé sur un chapiteau: celui-ci a pris la forme d'un vase, et le vase a reçu tous les ornemens qui lui conviennent; il a été embelli de feuilles de chênes et d'acanthe, de pampres, de bas-reliefs saillans, ou de travaux délicats à très-bas-relief. Ces ornemens furent prodigués sur la coupe et sur le disque, et jusque sur la cimaise de la tige. La richesse du travail ajouta encore un nouveau prix à l'élégance; le disque reçut de l'emploi des métaux, l'agrément des couleurs. Sa surface damasquinée offrit des feuillages et des arabesques rendus avec la délicatesse qui appartient à la peinture. Les pieds des candélabres eurent aussi des ornemens plus recherchés. La tige sembla naître d'une touffe de feuillage. Le trépied fut formé avec les pattes et les griffes de divers animaux, mais sur-tout du lion. Des feuilles interposées avec goût entre l'embranchement des pattes, servirent à les lier avec grâce: on sauva aussi la nudité de leur union, en y appliquant des roses ou des masques. Ce pied n'offrait pas un champ assez vaste pour recevoir beaucoup d'ornemens, il fallut y ajouter un disque dont le travail répondit à celui de la partie supérieure. On ne peut, de toutes ces observations, déduire une règle générale pour la composition des candélabres; il faut les ranger parmi les ouvrages qui permettent beaucoup la fantaisie et au goût de l'artiste. Un exemple récent prouve le parti qu'on peut tirer des beaux modèles de l'antiquité, en les appliquant à nos usages modernes; nous voulons parler des candélabres de fonte qui décorent le pont du Louvre, et qui servent, en supportant des lanternes, l'éclairer pendant la nuit.

Les candélabres que nous publions, quelqu'élégans qu'ils soient, étaient d'un usage familier: l'art à porté plus loin ses inventions et la beauté d'exécution dans ceux qui étaient consacrés aux usages religieux. On peut voir ce que l'antiquité nous a laissé de plus admirable en ce genre, dans les œuvres de J.-B. Piranesi, et dans le Musée Napoléon, récemment publié par ses fils à Paris. M. Visconti, dans son musée Pio-Clementino, donne des notions très-intéressantes sur ces monumens religieux, dont nous n'avons point à offrir de modèles dans notre collection. Nous revenons donc aux candélabres dont nous avons exposé les dessins. Ils sont de bronze, à l'exception d'un très-petit nombre qui sont de fer; les ornemens sont de bas, ou très-bas-relief, sortis du jet de la fonte presqu'entièrement finis; en sorte qu'il a fallu peu de travail pour les polir. On ne trouve guère la trace de l'outil que dans les reliefs très-bas dont la tranche demandait à être marquée avec plus de profondeur. Pline nous apprend que les fabriques les plus célèbres étaient celles de Tarente et de l'île d'Égine. En commentant le passage de cet écrivain (lib. LXIV), il paraît que les premières excellaient pour la beauté de la forme; et les secondes, pour la délicatesse et le fini des ornemens: il serait difficile de décider auxquelles de ces fabriques il faut attribuer nos candélabres. Nous avons déjà parlé d'une magnifique habitation voisine d'Herculanum, dont le possesseur avait pris plaisir rassembler une grande quantité d'ouvrages de l'art des Grecs: c'est là qu'on trouva la plus grande partie des statues, et presque tous les bronzes de notre collection; c'est là aussi qu'on a trouvé ceux des candélabres dont le pied est couronné d'un disque. Cette circonstance pourrait faire penser qu'ils sont d'un travail grec, et plutôt des fabriques d'Égine, que de celles de Tarente.

La pl. XLV représente les chapiteaux de divers candélabres, dont nous ne donnons ni le fût, ni le pied, attendu que ces parties n'offrent qu'une répétition de ce qu'on voit dans les autres planches. (XVIII, XIX), et à l'aide des rapprochemens fournis par les connaissances des machines en usage de nos jours, parvenir à donner une idée des pressoirs qui complètent le cellier à l'huile de Stabie; c'est ce qu'on a essayé dans le plan pl. XLIX. Les renvois de ce plan suffiront pour le faire comprendre. Les voici en deux colonnes; dans la première, nous les exprimons en latin pour être plus agréables à ceux de nos lecteurs qui voudraient suivre le texte de Caton.

A
Pavimentum torcularii.
Pavé du cellier.
B
Pavimentum inter binos stipites.
Pavé entre les deux poteaux.
C
Parietes.
Murailles.
D
Vasa instructa juga II.
Vases accouplés.
E
Trapetes.
Meules.
F
Areæ.
Aires.
G
Canales.
Rigoles.
H
Lacus.
Bassins où se rendait l'huile.
I
Fora cum foraminibus.
Cuves avec des trous, où l'on mettait égoûter les olives triturées avant de les jeter sur le pressoir.
K
Arbores.
Arbres jumeaux, ou un seul arbre fendu dans lequel descendait la poutre.
L
Stipites.
Poteaux.
M
Trabes planæ.
Madriers.
N
Trabeculæ vel tigni.
Soliveaux ou aiguilles.
O
Præla.
Poutre ou grand arbre du pressoir.
P
Laigulæ prœlorum.
Languettes des poutres.
Q
Sucula cum senis foraminibus.
Treuil à six trous.

PLANCHE XLVI.—XLIX.

(Préf. de l'Edition royale.)

Nous donnons, dans ces quatre planches, le plan et les détails d'un moulin ou pressoir à huile, découvert en 1779 à Gragnano, l'ancienne Stabie. Nous suivrons le plus succinctement qu'il nous sera possible, les Académiciens d'Herculanum, dans l'explication qu'ils en ont donnée, et dans l'heureuse application qu'ils ont faite, de la description du pressoir de Caton, aux vestiges du pressoir de Stabie.

La planche XLVI offre le plan général du pressoir avec trois coupes du cellier où il était situé, appelé par les anciens cella olearia, cella torcularia, ou bien d'un nom commun à la machine torculum et torcular. La longueur de la pièce était de 46 pieds et demi romains antiques; la largeur, de 16 pieds un quart; le pavé entre les deux vasques portait 17 pieds un quart: il était formé avec un ciment, dont les murs étaient aussi revêtus à la hauteur de 5 pieds et demi2.

Footnote 2: (return)

Nous employons la mesure romaine antique pour faciliter les rapprochemens avec le texte de Caton. Vérification faite sur plusieurs pieds romains conservés à Portici, cette mesure répond à-peu-près, à 11 pouces du pied français; elle se divisait en 16 doigts.

La machine à presser les olives, indiquée dans le plan par la lettre G, est exposée en détail dans la planche XLVII:

Elle est placée dans une cuve assez profonde, fig. I, et consiste en deux meules en forme de segment de sphère, qui se meuvent autour d'un cylindre. Les olives sont pressées entre la partie convexe de ces meules, et les parois de la cuve. Dans le cylindre, est un pivot qui recevait une barre; cette barre était assujétie par la plaque de fer qu'on voit dans le dessin des mêmes parties, pris en dessus, fig. 2; la barre traversait les deux meules percées, comme le montrent les fig. 3 et 4 Ce mécanisme est facile à saisir, et la fig. 5, dont nous renvoyons en note l'explication, le démontrera d'une manière satisfaisante3. Les dimensions des parties étant calculées, il s'est trouvé que le diamètre de la cuve, pris extérieurement, était de 3 pieds 10 doigts, et l'épaisseur du bord, de 5 doigts; l'espace entre le bord et le cylindre, de 14 doigts. La meule a de diamètre 1 pied et 7 doigts; et de grosseur, 12 doigts et demi: chaque côté du trou des meules a, dans la partie convexe, un demi-pied, mais il se rétrécit du côté plat, et diminue jusqu'à 6 doigts et demi.

Footnote 3: (return)

Cette figure offre la construction géométrique de la machine, prise dans une coupe verticale qui passe par son axe. Sur la ligne horizontale AB, égale au demi-diamètre de la cuve en pierre, s'élève du point B, comme point central, la perpendiculaire CD qui représente l'axe. Prenons sur la ligne AB la portion AE égale à 5 doigts du pied romain antique, qui formera l'épaisseur du bord de la cuve; il reste la ligne BE pour rayon interne de la cuve. Tirons une ligne indéterminée HG, qui coupe perpendiculairement en deux parties égales, le rayon BE au point F.—Entre la ligne HG et l'axe de la cuve CD, à la distance de 2 doigts et demi, tirons la ligne IK parallèle à HG, laquelle donnera le côté du cylindre qui s'élève au milieu de la cuve, comme IB en désignera le rayon. Établissons la ligne LM parallèle à la ligne AB, et à la distance du tiers de EI, et nous aurons déterminé la situation de l'axe linéaire des meules. Le centre de la courbure de chacune d'elles, se trouvera au point N de la ligne LM, distante de L, de la huitième partie de BE; de ce centre, et avec le rayon NE, décrivons l'arc GEH qui s'arrête sur la corde GH, et nous aurons formé un segment de sphère qui constituera chacune des deux meules. Dans l'arc EG, prenons le point O distant de E d'une huitième partie de la ligne BE, ou donnant la même mesure que LN; de ce point, tirons par N la ligne indéterminée NO, sur laquelle nous prendrons le point P distant de N de 2 doigts: ce point déterminera le centre de la concavité interne de la cuve, ayant pour rayon PO; enfin, prenant N pour centre avec le rayon NQ égal à LB, nous couperons la ligne CD, et le point de section Q fixera la hauteur du cylindre, dont la superficie plane sera parallèle au bord de la cuve.

Les fig. 6 et 7 font voir de face et de côté, une portion d'un tube formé de deux plaques de fer appliquées l'une sur l'autre, lesquelles ont dû, sans doute, revêtir un morceau de bois que le temps avait tout consumé. On remarque, dans le tube, les pointes d'un grand nombre de clous qui y fixaient le morceau de bois. Ce tube, trouvé dans le trou de l'une des meules, servait probablement de caisse au moyeu. Le fragment, fig. 8, est un anneau qui entourait l'extrémité du moyeu. Les fig. 9 et 10 représentent le pivot enchâssé dans un tube et une plaque de fer: on a vu la situation de ces deux objets dans les fig. 1 et 2.

Caton-le-Censeur, dans son livre de Re rusticâ, donne la description d'un moulin ou pressoir olives, qu'on retrouve très-exactement dans la machine de Stabie. Pour rendre plus sensible ce rapprochement curieux, on reproduit dans la planche XLVIII, la machine de Caton; on a suivi la construction qu'il en prescrit dans les chapitres 20, 21 et 22, et d'après les dimensions du plus petit pressoir, prises dans le chapitre 135 (Édit. de Math. Gesner).

La fig. 1 fait voir la machine entière, prise extérieurement, c'est-à-dire la cuve, dite par Caton trapetum, et plus particulièrement mortarium. Au milieu on voit le cylindre (miliarium), lequel s'élève au-dessus des bords de la cuve. Sur le cylindre, est la barre (cupa) percée au milieu d'un trou où se trouve un tube de fer (fistula ferrea), par lequel passe le pivot (columella ferrea). Aux deux côtés opposés du noyau, sont les deux meules (orbes) qui sont fixées dans leur place par des chevilles de fer (clavi)> enfin, dans le noyau qui se trouve entre les roues, sont deux trous (foramina dextera sinistraque). En dehors de ces trous, sont clouées ces petites plaques que Caton nomme sublaminas pollulas et minutas, et qui ont pour but d'empêcher que les trous ne s'agrandissent, lorsqu'on y fiche les petites barres (cupæ minusculæ), représentées dans la fig. 2, où la machine est dessinée en dessus. Dans les fig. 3 et 4, on a l'une des roues de face et de profil: on y remarque le trou pour le passage de l'axe (foramen orbis), qui va en se rétrécissant vers le côté plat. Caton ne parle point de cette particularité que nous restituons d'après la machine de Stabie, et qui devait exister, afin que le moyeu (modiolus), restât bien ferme dans sa boîte. Cette différence est rendue sensible dans la fig. 5, qui montre la coupe de toute la machine: on voit au milieu le cylindre, ayant au centre le pivot de fer, et le moyeu pris en long et dessiné sous différens aspects, fig. 7, 8 et 9. Enfin, la fig. 6 représente la barre qu'on voit en place dans les fig. 1 et 2; on a fait le noyau quarré, parce qu'il est tel dans la machine de Stabie, et qu'il semble aussi ne devoir pas être autrement. Le dessous est garni d'une plaque de fer (tabula ferrea). La partie de la barre qui entre dans les moyeux, est revêtue de quatre plaques recourbées (imbrices ferrei), clouées avec de petits clous (clavuli); au bout de ces plaques, est un fer (ferrum librarium), qui embrasse la barre, et dans lequel est un trou pour y ficher la cheville qui retient les roues, comme on le voit dans la fig. 1. Entre le clou et la roue, entre celle-ci et la partie quarrée de la barre, sont des rondelles de fer (armillæ ferreæ), qu'on a tâché d'indiquer dans les fig. 1 et 2.

D'après toutes ces descriptions, on conçoit facilement comment le pressoir de Caton était mis en mouvement. Deux hommes placés à chaque extrémité de la barre, la faisaient tourner sur le pivot du cylindre, et les deux meules qui se suivaient, écrasaient les olives contre les parois de la cuve et du cylindre, sans briser le noyau qui étant très-dur, n'éprouvait pas pour cela assez de pression, quand on observait dans la situation des roues la distance prescrite par Caton. Il paraît que les anciens écrivains de l'économie rustique, ont tous eu l'opinion que la trituration du noyau donnait à l'huile un mauvais goût (Voyez Caton, cap. 66—Colum. lib. 12, cap. 50, et autres). On ne doit point en conclure qu'on prenait toujours la précaution indiquée; l'huile plus commune pouvait trouver son usage, sur-tout pour les lampes, Caton parle lui-même de meules de rechange pour remplacer celles qui s'égrenaient: ce qui ne pouvait guère avoir lieu que quand on écrasait les noyaux. Caton, après avoir donné les préceptes sur la manière de construire un pressoir à olives, donne le détail de la dépense qu'il occasionnait; l'incertitude des érudits sur la valeur des signes employés dans ce passage, ne permet pas de le connaître à fond. Le même auteur nous apprend qu'on tirait des meules des carrières situées aux environs de Sessa, qui en fournissent encore aujourd'hui, et de celles de Nola et de Pompéia. On a reconnu, en effet, que notre pressoir était d'une lave très-antique qui se trouve dans la situation de cette ville, très-au-dessus des terrains de Civita et de Rapillo, jusqu'au fleuve Sarno. Indépendamment de la machine que nous avons essayé de décrire avec la plus grande exactitude, on remarquera dans le plan et les coupes (pl. XLVI) les vestiges de deux autres machines ou pressoirs proprement dits, servant à exprimer l'huile des olives déjà triturées. Les deux vasques marquées HI sur le plan, ont dû faire partie de ces pressoirs. Chacune des deux vasques, a, sur le côté opposé au mur, un bord ou marge marquée a, où il restait un conduit de plomb qui aboutissait à un grand vase de terre cuite C. Le plan montre l'orifice du vase; la coupe en montre la forme inférieure sur la ligne AB, et la hauteur au-dessus du pavé sur la ligne CD. Près de la bouche de chaque vase, s'élève un petit massif de maçonnerie dont la surface est un plan incliné; celui de droite est recouvert d'une tuile: ces massifs faisaient probablement l'office d'égoûtoirs. Bans les vasques, sont trois trous d, e, f, tous ayant un bord et une certaine profondeur (comme on le voit dans les deux sections CD, EF) qui arrive à un petit souterrain g, indiqué dans le plan et dans la coupe. On descendait dans ce souterrain par le petit puits h. Chaque puits a un bord qui s'élève un peu au-dessus du plan de la vasque: on voit un bord semblable autour du trou f. À l'un des trous d, on voit un creux en forme de niche, et enfin sur le pavé de la vasque I, s'élèvent quatre cercles de fer, liés deux à deux, i, i. En combinant les traces du pressoir sur le plan, c'est-à-dire les vasques, les vases de terre cuite, les conduits en plomb, les trous, leur communication avec un souterrain, on peut à l'aide de la description donnée par Caton (cap.)




(Cliquer pour agrandir)

PLANCHE XL.

Carte pour servir à l'intelligence des découvertes d'Herculanum, de Pompéia, et des autres Villes antiques détruites par les éruptions du Vésuve.

En publiant cette édition des antiquités d'Herculanum, nous avons cru devoir nous arrêter au même point où l'édition royale de Naples s'est trouvée suspendue. Un ouvragé de cette importance, commencé sur un si beau plan, ne demeurera point, sans doute, imparfait. Les statues en marbre, les ustensiles sacrés et domestiques, et d'autres antiquités, doivent former différentes classes, et fournir la matière de plusieurs autres volumes. Une grande partie de ces objets a été gravée pour l'édition originale; M. Piroli s'était mis en mesure d'en suivre la publication pas à pas; mais il a considéré qu'il serait indiscret de prévenir, pour ainsi dire furtivement, une entreprise digne d'être relevée et encouragée par l'auguste Souverain, devenu le possesseur de ces trésors et des mines non fouillées qui en récèlent encore d'aussi précieux. Nous partageons ce sentiment, et nous espérons que nos lecteurs, en appréciant notre retenue, nous sauront aussi quelque gré de l'empressement que nous mettrons à compléter notre édition, aussi-tôt que nous pourrons nous permettre de le faire.

La carte que nous donnons ici ferme, en quelque sorte, le câdre que nous avons adopté.

Elle montre la situation des villes antiques, détruites par le Vésuve, et desquelles nous avons eu occasion de parler dans cet ouvragé, comme du théâtre des découvertes. Il entre dans notre sujet de donner, sur ces mêmes villes, quelques notions historiques et géographiques; c'est l'objet de l'article qui termine ce volume.