Note 96: La démarche eut peu de succès: «L'opinion a tué Dumouriez lorsqu'il a quitté la France, répondit Rivarol. Dites-lui donc en ami de faire le mort. C'est le seul rôle qu'il lui convienne de jouer. Plus il écrira qu'il vit, plus on s'obstinera à le croire mort.» (Voir l'intéressant volume de M. de Lescure sur Rivarol.)[Retour au Texte]

Note 97: C'était avant que M. de Caraman eût été accrédité à Saint-Pétersbourg comme représentant du roi de France.[Retour au Texte]

Note 98: Elle fut signée le 18 octobre.[Retour au Texte]

Note 99: Cette lettre et la suivante, datées l'une et l'autre du 20 février 1800, figurent dans l'ouvrage de Thiers (tome II, pages 200 et 201). De la manière dont il les présente, résulte la preuve qu'il a ignoré que la seconde était adressée à Le Brun, et qu'il a supposé que toutes deux étaient adressées à Bonaparte. Il eut dû cependant être frappé de ce double fait qu'elles portent la même date, et que, dans l'une, le destinataire est appelé Monsieur, tandis que dans l'autre, il est appelé Général. En tous cas, il a tourné la difficulté en imaginant qu'elles ont été écrites à quelque intervalle l'une de l'autre pour le même personnage. Afin qu'on ne le contestât pas, il a supprimé la date de l'une d'elles, ce qui lui permet de raconter que Louis XVIII, après avoir écrit une première fois, se choqua d'être sans réponse, et, «impatient comme un émigré, écrivit une seconde lettre encore plus empreinte de la crédulité de son parti, encore plus regrettable pour sa dignité.» La vérité, c'est que la lettre que Thiers publie la première avec sa date était pour Le Brun, dont nous donnons plus loin la réponse, et la seconde, où la date a été supprimée, pour Bonaparte.[Retour au Texte]

Note 100: Elle fut arrêtée au mois de novembre 1800. Il y avait deux ans que la police la recherchait comme «correspondante à Paris de tous les centres révolutionnaires». Des rares pièces conservées d'elle aux Archives, et qui ne nous disent pas ce qu'il advint d'elle après son arrestation, il résulte qu'on avait été amené à la soupçonner de conspiration en recherchant le sieur La Chapelle, émigré, trente ans, originaire du Berry, accusé d'avoir participé à des arrestations de diligences. «Elle déménage tous les trois mois pour dépister la police.» À la nouvelle de son arrestation, qui fut annoncée à Mitau par la lettre d'un sieur Nicole, chirurgien, le roi écrivit lui-même à d'André pour recommander de ne rien épargner pour la délivrer.[Retour au Texte]

Note 101: Les preuves en abondent dans la correspondance elle-même. Nous n'en citerons ici qu'une seule. À la mort de Frotté et de ses compagnons, Mme d'Anjou avait écrit à Mitau une lettre toute vibrante de colère et de douleur. D'Avaray y répondit avec effusion en s'associant aux regrets qu'elle exprimait, et en formulant les siens sous des formes assez mystérieuses, employées à dessein pour dépister la police consulaire. «Leur faillite est glorieuse, disait-il pour finir, et vous pouvez recueillir pour eux des hommages et des larmes, bien sincères. Quant à vous, chère Henriette, mon respect et mon intérêt vous sont acquis pour toujours.» À cette réponse, le roi ajoute en post-scriptum: «J'enlève la plume à mon ami pour dire à notre chère Henriette, que je partage bien vivement et avec bien de l'amertume les sentiments de M. Guérin (d'Avaray) pour elle et pour ses amis. Henriette ne connaît peut-être pas ma main; mais je me flatte qu'elle ne méconnaîtra pas mon cœur.»[Retour au Texte]

Note 102: Lettre au comte de Panin, 8 avril 1800.[Retour au Texte]

Note 103: Rivarol avait promis beaucoup et donna peu ou même rien. Le 4 septembre 1800, d'Avaray écrit à Thauvenay, l'agent royal à Hambourg: «Je suis vivement affligé de voir M. de Rivarol manquer du courage le plus nécessaire à sa situation et à la nôtre, et je ne vois que trop que, s'il s'éloigne de vous, nous courrons grand risque de n'entendre plus parler ni de lui ni de sa plume. Faut-il donc qu'un homme qui a tant de talent ait si peu de caractère et de bonne volonté! J'espère que, parmi les moyens que vous aurez employés pour le déterminer, vous aurez fait une attaque à sa délicatesse. En effet, il est peu digne d'un homme qui aurait des sentiments de se faire donner de l'argent, et d'oublier aussitôt des engagements pris en conséquence.» Le 18 septembre, nouvelle lettre. Pour combattre la paresse de Rivarol, on lui a donné un secrétaire, M. des Entelles, à qui il a dicté un prospectus très alléchant annonçant un journal. Il veut faire imprimer ce prospectus à Berlin. D'Avaray juge que ce n'est là qu'une attrape, «un os très sec à ronger.» Il soupçonne Rivarol de n'aller à Berlin que pour toucher la pension due aux académiciens qui s'y sont établis. «Ce n'est pas là notre compte. Je ne vois pas qu'il ait fait imprimer et répandre son prospectus; il aurait pris un engagement solennel envers le public. L'amour-propre et l'honneur se ligueraient contre sa paresse, et c'est ce qu'il veut éviter. Tout l'ensemble de cette conduite est peu noble, peu délicat, sent la plume et non l'épée.» Enfin, huit jours plus tard, d'Avaray déclare que, si le silence de l'écrivain se prolonge, il ne s'en étonnera pas, puisqu'il y est préparé. Les historiens de Rivarol, même le plus complet d'entre eux, M. de Lescure, ont ignoré ces incidents.[Retour au Texte]

Note 104: Ces détails et ceux qui suivent nous sont fournis par les lettres qu'adressaient au roi l'abbé de Montesquiou, Clermont-Gallerande et Royer-Collard.[Retour au Texte]

Note 105: Dans le texte que donne Thiers, il y a: cinq cent mille cadavres. Nous avons préféré le texte de Montesquiou, qui avait sous les yeux la lettre originale de Bonaparte, en en traçant la copie qu'il envoya au roi. Quant à celle de Le Brun, nous rappelons que Thiers ne l'a probablement pas connue, et qu'en tous cas il ne l'a pas publiée.[Retour au Texte]

Note 106: Le comte de Warwick, un des personnages les plus fameux de l'histoire d'Angleterre au XVe siècle, lors de la lutte entre les York et les Lancastre. Il avait enlevé la couronne à Henri VI pour la donner au fils du duc d'York, qui régna par sa protection sous le nom d'Edouard IV, et la reprit à ce dernier pour la rendre à celui qu'il en avait dépouillé.[Retour au Texte]

Note 107: En route pour l'Égypte, Bonaparte, en 1798, avait occupé l'île de Malte, où, depuis, des troupes tenaient garnison. En 1800, désireux de se rapprocher de la Russie et voulant disposer favorablement le tsar, il lui offrit cette possession. Mais, avant que son offre aussitôt acceptée eût pu être suivie d'effet, les Anglais avaient mis le siège devant Malte. Après une héroïque défense, la garnison dut capituler.[Retour au Texte]

Note 108: C'est-à-dire pour se ménager un moyen de renouer la négociation.[Retour au Texte]