Title: Dictionnaire historique universel
Author: Robert Arnault
Release date: March 8, 2010 [eBook #31559]
Most recently updated: January 6, 2021
Language: French
Credits: Produced by Mireille Harmelin, Hélène de Mink, and the
Online Distributed Proofreading Team at https://www.pgdp.net
(This file was produced from images generously made
available by the Bibliothèque nationale de France
(BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr)
Note de transcription:
Les erreurs clairement introduites par le typographe ont été
corrigées. L'orthographe a été standardisée en utilisant l'orthographe la plus
utilisée dans le livre, même lorsqu'il ne s'agit pas de l'orthographe
courante. L'orthographe des noms propres a été conservée. Les dates
manifestement erronnées sont soulignées en rouge. Pour voir le
commentaire, placez votre souris sans cliquer sur la date soulignée
et le commentaire devient visible. Les numéros des pages blanches
n'ont pas été repris dans cette version électronique.
Les Chronologies de tous les peuples, depuis l'antiquité la plus reculée jusqu'à nos jours, avec une Esquisse de leurs différens cultes; la Chronologie de l'Ancien-Testament; celle des Papes, des Antipapes, des Conciles, des Schismes et des Hérésies, etc.; celle des Hommes célèbres, de tous les siècles, dans les arts et dans les sciences; enfin celle des Inventions et Découvertes, et des Institutions françaises les plus importantes;
AUTEUR DE DIVERS OUVRAGES CHRONOLOGIQUES, ET MEMBRE
DE PLUSIEURS SOCIÉTÉS SAVANTES.
«Indocti discant, et ament meminisse periti.»
On trouve à la même Adresse:
Le Tableau chronologique de l'Histoire générale des Peuples et de leurs Cultes, depuis la plus haute antiquité jusqu'à nos jours, par M. Arnault Robert; 2e édition, 1830; une feuille grand aigle (3 pieds et demi sur 2 et demi), imprimée sur une seule planche, en caractères typographiques fondus exprès. Avec enluminure, et brochure explicative, prix 8 fr.
Le Tableau des Victoires et Conquêtes des Français, depuis le temps de l'origine des Francs (plus de 1000 ans avant Pharamond) jusqu'à l'an 1830; une feuille grand colombier (3 pieds sur 2 et demi), avec enluminure, prix 3 fr.
IMPRIMERIE DE J. SMITH,
L'histoire occupe de nos jours un rang fort élevé parmi les connaissances humaines; elle devient l'objet d'une multitude d'ouvrages qui en attesteraient assez l'importance, s'il n'était point honteux aujourd'hui d'ignorer les élémens d'une science aussi généralement répandue; et ces élémens sont la chronologie. Quoi de plus ridicule, en effet, que ces anachronismes sans nombre, que commettent à chaque instant les personnes peu instruites dans l'histoire chronologique, en transposant les faits par l'ignorance des dates.
L'utilité de l'histoire est incontestable, et l'on convient généralement que la chronologie doit servir d'introduction à l'étude qu'on doit en faire, car autrement l'esprit s'égarerait dans la multiplicité des faits. Les époques de cette science sont comme des points d'appui sur lesquels la mémoire se repose, ou comme autant de points de réunion autour desquels les autres faits viennent se ranger dans l'esprit. Par là, on parvient sans travail à embrasser à la fois une foule d'événemens, de même qu'on saisirait d'un coup d'œil toutes les parties d'un vaste tableau.
Divers savans se sont exercés avec succès sur la chronologie; mais les livres des uns sont hérissés d'épines, et ceux des autres sont diffus et surchargés de colonnes embarrassantes, ou trop volumineux. On est effrayé lorsqu'il faut lire, pour s'instruire des élémens d'une science, plusieurs gros volumes en petit caractère, qui demandent une attention suivie, et qu'il faut avoir médités pour trouver tout de suite ce que l'on cherche.
Ainsi qu'on l'a fait pour les autres sciences, il était nécessaire que l'histoire chronologique fût présentée sous la forme d'un dictionnaire-manuel, pour suivre le goût de l'époque, et pour être mieux à la portée de tous. C'est ce que l'on a voulu faire en composant ce petit livre, qui sera distingué des grands dictionnaires historiques, en ce que ces derniers tendent toujours à multiplier les articles, et que celui-ci tend au contraire à les choisir, en rejetant ceux qui sont peu importans, et en évitant les dissertations, pour ne présenter que des précis et des résultats. Il sera aussi distingué de la plupart des abrégés, en ce que, plus complet peut-être qu'aucun autre, il contient toutes les chronologies anciennes et modernes, profanes et sacrées, même celles des peuples qui ne sont que très-peu connus, et celles des états les plus modernes. Des chronologies des hommes célèbres, des découvertes, etc., en font un complément utile, qui dispense de beaucoup d'autres livres. Il offre encore un avantage par la disposition des matières, qui sont rangées tout à la fois suivant l'ordre géographique et suivant l'ordre chronologique, et de plus accompagnées d'une table générale alphabétique. Ces trois moyens rendront les recherches infiniment faciles.
Un objet qui devait surtout attirer l'attention de l'auteur, dans la composition de ce petit dictionnaire, c'est la chronologie de l'histoire de France. Quelques chronologies se bornent à présenter l'ordre de succession des soixante et quelques rois qui nous ont gouvernés, ce qui est insuffisant sans la chronologie des autres faits mémorables dans notre histoire; d'autres offrent des détails trop nombreux, ou des récits trop développés, ce qui gêne dans la recherche des dates, objet essentiel de la chronologie. Il fallait donc prendre le milieu entre ces deux extrêmes, c'est-à-dire n'omettre aucun fait important à consigner dans l'histoire, et s'abstenir de toute réflexion sur la moralité des événemens dont on ne doit que constater l'ordre chronologique. C'est dans cette intention qu'a été conçue la chronologie de l'histoire de France qui fait partie de ce petit ouvrage; elle commence au temps de l'origine des Francs, plus de 1000 ans avant Pharamond, et descend jusqu'à nos jours.
Il n'est pas hors de propos de rapporter ici qu'il existe un très-grand nombre de systèmes chronologiques différens, touchant le calcul des années depuis la création jusqu'à la naissance de Jésus-Christ. On en compte soixante-dix principaux, mais on se bornera à en citer les plus remarquables.
SELON LA VULGATE:
| Le P. Petau compte | 3984 ans |
| Rabbi Nahasson | 3740 |
| Joseph Scaliger et Ubbo Emmius | 3950 |
| Usserius | 4004 |
| Le P. Torniel, Salian et Sponde | 4052 |
| Le P. Labbe et Muller | 4053 |
| Riccioli | 4184 |
SELON LES SEPTANTE:
| Eusèbe et le Martyrologe romain. | 5200 |
| Isaac Vossius. | 5590 |
| Riccioli. | 5634 |
| Les Tables alphonsines. | 6984 |
Tous les autres calculs y sont renfermés entre 3740 et 6984 ans.
Pour fixer le calcul des chronologistes, Joseph Scaliger a inventé, au seizième siècle, la période julienne; mais elle est peu en usage et l'on aime mieux se servir du calcul qui commence à la création, comme on l'a fait pour ce petit dictionnaire, ou qui rétrograde, en commençant par l'année de la naissance de Jésus-Christ.
Selon Newton, qui par ses profondes recherches a répandu tant de lumière sur l'antiquité, le monde est moins vieux que ne le croient les chronologistes. Les preuves qu'il donne sont de deux espèces: les premières roulent sur l'évaluation des générations; la seconde espèce de preuves est tirée de l'astronomie. Mais il faut avouer que ce système n'a point réussi. Il a été attaqué avec force par Fréret et le P. Souciet; il a cependant trouvé des défenseurs en France et en Angleterre.
L'année de la naissance de J.-C. est aussi fort disputée; il y a sept à huit ans de différence, sur ce point, entre les auteurs. Mais, depuis ce temps la chronologie commence à devenir plus certaine, par la quantité des monumens; et les différences qui peuvent se rencontrer dans les calculs sont beaucoup moins considérables.
Comme l'histoire ancienne est ténébreuse, parce que les matériaux nous manquent, et que les chronologies sont contradictoires les unes avec les autres, on doit en conclure que les nombreux systèmes que nous possédons sont plutôt le tableau des opinions de leurs auteurs que celui des faits réels. Il serait inutile alors de se fatiguer à les concilier ou à en imaginer de nouveaux; il suffit d'en choisir un et de le suivre. Tel a été le sentiment de l'auteur de cet ouvrage; il a adopté, pour les époques principales, comme l'a fait M. le comte de Las-Cases, dans la composition de son Atlas, le système du P. Petau, parce qu'il est le plus généralement suivi, qu'on l'emploie dans l'application des nouvelles méthodes d'enseignement, et qu'il s'écarte peu de celui d'Usserius, autre système assez répandu.
| Page | ||
| I. | Europe. | 2 |
| II. | Asie. | 143 |
| III. | Afrique. | 197 |
| IV. | Amérique. | 211 |
| Hémisphère nord. | 213 | |
| Hémisphère sud. | 214 | |
| V. | Océanie. | 215 |
| VI. | Chronologie de l'Ancien-Testament. Patriarches.—Juges.—Rois.—Prophètes.—Pontifes. | 219 |
| VII. | Chronologie des Papes, des Antipapes, des Conciles, des Schismes, des Hérésies, etc. | 225 |
| VIII. | Chronologie des Hommes célèbres de tous les siècles, dans les arts et dans les sciences. | 237 |
| IX. | Chronologie des Découvertes et Inventions,
depuis les temps les plus reculés, et des Institutions françaises les plus importantes. |
249 |
| Page | |
| Alains. | 107 |
| Allemands. | 89 |
| Angleterre. | 93 |
| Arabes anciens. | 168 |
| Arabes modernes. | 170 |
| Argos (Grèce, première époque). | 4 |
| Arragon. | 81 |
| Assyriens ou Chaldéens. | 155 |
| Athènes (Grèce, première époque). | 5 |
| Autriche. V. Allemands, à la fin. | 89 |
| Bactres ou Bactriens. | 190 |
| Batave (République). Voy. Hollande. | 139 |
| Bavière. V. Allemands, à la fin. | 89 |
| Bithynie. | 185 |
| Bohémiens. | 110 |
| Bourguignons. Bourgogne. | 103 |
| Brandebourg. | 134 |
| Bretagne (Angleterre). | 92 |
| Cappadoce. | 183 |
| Carthaginois. | 208 |
| Castille. | 83 |
| Celtes ou Gaulois. | 48 |
| Chaldéens. V. Assyriens. | 155 |
| Chananéens. Voy. Phéniciens et Tyriens. | 162 |
| Chinois. | 145 |
| Cisalpine (République) | 141 |
| Corinthe (Grèce, première époque). | 13 |
| Danois. | 114 |
| Découvertes et Inventions (Chronologie des). | 249 |
| Écosse. | 96 |
| Égypte première époque, depuis la fondation du royaume d'Égypte jusqu'au temps de la conquête des Perses, sous Cambyse. |
200 |
| Égypte, deuxième époque, depuis la conquête de Cambyse jusqu'au temps de celle des Romains. |
203 |
| Égypte, troisième époque, depuis la conquête par les Romains jusqu'à nos jours. | 205 |
| Élis (Grèce, 1re époque). | 15 |
| Épire. | 29 |
| Espagne. | 76 |
| Éthiopiens. | 207 |
| Étrurie ancienne. Voyez Italie (2e époque). | 32 |
| Étrurie (Royaume d') (Italie, quatrième époque). Voy. Toscane. | 136 |
| Francs ou Français. | 52 |
| Galatie. | 189 |
| Gaulois ou Celtes. | 48 |
| Germains. | 87 |
| Goths. | 100 |
| Grec (Empire) ou d'Orient (Grèce, deuxième époque). | 21 |
| Grèce, première époque, depuis l'origine jusqu'au temps de la conquête par les Romains. |
3 |
| Grèce, deuxième époque, depuis le temps de la conquête des Romains jusqu'à la prise de Constantinople par les Mahométans, et la fin de l'empire d'Orient. |
21 |
| Grèce, troisième époque, ou Grèce moderne, depuis la prise de Constantinoplejusqu'à nos jours. |
27 |
| Grèce (Grande) (Italie, deuxième époque). | 33 |
| Hanovre. | 140 |
| Hébreux.—Patriarches. Juges. Rois. Prophètes. Pontifes. Voy. Chronologie de l'Ancien-Testament. |
219 |
| Hollande. | 139 |
| Hommes célèbres (Chronologie des). | 237 |
| Hongrois. | 112 |
| Indiens. | 158 |
| Inventions et Découvertes (Chronologie des). | 249 |
| Israël (République d'). Voyez Chronologie de l'Ancien-Testament. | 219 |
| Israël (Royaume d'). Voyez Chronologie de l'Ancien-Testament. | 219 |
| Italie, première époque, depuis l'origine jusqu'à la fondation de Rome. |
30 |
| Italie, deuxième époque, depuis la fondation de Rome jusqu'au temps de la conquête des Hérules, sous Romulus Augustulus. |
32 |
| Italie, troisième époque, depuis la conquête de Rome par les Hérules jusqu'à la fin de l'empire d'Italie, fondé par les Francs. |
42 |
| Italie, quatrième époq., depuis le partage de l'empire d'Italie jusqu'à nos jours. |
44 |
| Italie (Empire d'). Voyez Italie, troisième époque, à la fin. | 42 |
| Italie (Royaume d'). Voy. République Cisalpine. | 14 |
| Japonais. | 153 |
| Jérusalem (Royaume de). | 192 |
| Juda (Royaume de). Voy. Chronologie de l'Ancien-Testament. | 219 |
| Lacédémone ou Sparte (Grèce, re époque). | 8 |
| Latins (Empire des) en Grèce (Grèce, 2e époq.). | 25 |
| Léon (Royaume de). | 80 |
| Lombards. | 98 |
| Lombard-Vénitien (Royaume). Voyez Venise, à la fin. | 122 |
| Lydiens. | 175 |
| Macédoine (Grèce, première époque). | 17 |
| Macédoniens et Grecs (Grèce, 1re époque). | 18 |
| Mèdes. | 182 |
| Mésopotamiens. | 165 |
| Moabites. | 166 |
| Mogols. | 193 |
| Mycène (Grèce, première époque). | 16 |
| Naples. | 131 |
| Navarre. | 79 |
| Norvégiens. | 120 |
| Occident (Empire d') (Italie, 2e époque). | 39 |
| Orient (Empire d') ou Grec (Grèce, 2e époq.). | 21 |
| Ostrogoths. | 100 |
| Papes (Chronologie des), Antipapes, Conciles, Schismes, Hérésies. | 225 |
| Parthes. | 187 |
| Pays-Bas (Royaume des). Voyez Hollande. | 139 |
| Pergame. | 186 |
| Perse, première époque, depuis l'origine jusqu'au temps de la conquête par Alexandre. |
176 |
| Perse, deuxième époque, depuis la fondation du second empire par Artaxerxès, jusqu'au temps de la conquête de la Perse par les Arabes mahométans. |
179 |
| Perse, troisième époque, ou Perse moderne, depuis la fondation du nouvel empire par Ismaël Sophi jusqu'à nos jours. |
181 |
| Phéniciens. | 162 |
| Philistins. | 167 |
| Phrygiens. | 174 |
| Polonais. | 124 |
| Pont (Le). | 184 |
| Portugal. | 85 |
| Prussiens. | 129 |
| Rome (Italie, 2e époque). | 33 |
| Russes. | 126 |
| Sardaigne. Voy. Savoie. | 185 |
| Sarmates. | 97 |
| Savoie. | 135 |
| Saxe (Royaume de). Voy. Allemands, à la fin, page 89, et Saxons, à la fin. |
109 |
| Saxons. | 109 |
| Scythes. | 191 |
| Sicile. | 45 |
| Sicyone (Grèce, première époque). | 3 |
| Sparte. Voyez Lacédémone (Grèce, première époque). | 8 |
| Suédois. | 117 |
| Suèves. | 108 |
| Suisses. | 133 |
| Syriens. | 160 |
| Tartares. | 195 |
| Testament (Chronologie de l'Ancien). | 219 |
| Thèbes (Grèce, première époque). | 12 |
| Thrace. | 28 |
| Toscane. | 136 |
| Troyens. | 173 |
| Turcs ou Ottomans en Asie. | 194 |
| Turcs ou Ottomans en Europe. | 137 |
| Tyriens. | 162 |
| Vandales. | 106 |
| Venise. | 122 |
| Visigoths. | 101 |
| Westphalie. Voy. Hanovre. | 140 |
| Wurtemberg. Voy. Allemands, à la fin. | 89 |
Depuis l'origine de la Grèce, jusqu'au temps de la conquête de ce pays par les Romains.
Ans
du monde.
Voyez Macédoniens et Grecs, page 18
Le déluge ou inondation de l'Attique, appelé déluge d'Ogygès, a eu lieu vers l'an 2218 du monde, sous le règne d'Ogygès. C'est la première mention de ce pays dans l'histoire.
Voyez Macédoniens et Grecs.
Vers l'an 2420 du monde, Lelex fonde Lacédémone.
Depuis cette époque, jusqu'au partage de la succession d'Alexandre-le-Grand, l'an 3677, la Laconie, comme toute la Grèce, resta dans la composition du grand empire des Macédoniens et Grecs.
Vers l'an 3680, la Laconie reprend une forme de gouvernement indépendant, sous Archidamus III.
La race d'Hercule finit à Lacédémone la même année 3779.
Voyez Macédoniens et Grecs.
L'histoire n'apprend plus rien du gouvernement de Corinthe pendant les deux siècles suivans. Cette république a cependant pris part aux évènemens généraux de la Grèce, tels que la guerre contre les Mèdes, celle du Péloponèse, celle de Thèbes, et la guerre sacrée.
Voyez Macédoniens et Grecs.
Voyez Macédoniens et Grecs.
Voyez Égypte, deuxième époque; Cappadoce, Parthes, Syriens, le Pont, Bythinie, Galatie, Pergame, Lacédémone, Argos, Corinthe.
Les premiers hommes qui ont habité la Grèce ne reconnaissaient point d'autres dieux que le ciel, les astres et les élémens. Le polythéisme qu'ils reçurent ensuite des Égyptiens, et qu'ils agrandirent eux-mêmes, peut se réduire à l'unité d'un seul principe. Jupiter est, selon eux, l'âme du monde, qui prend des noms différens selon les effets qu'il produit; dans les espaces éthérés, on l'appelle Jupiter; dans la mer, Neptune; dans la terre, Pluton; aux enfers, Proserpine; dans l'élément du feu, Vulcain; dans le soleil, Phœbus; dans les devins, Apollon; dans la guerre, Mars; dans la vigne, Bacchus; dans les moissons, Cérès; dans les bois, Diane; dans l'air, Junon; dans les sciences, Minerve. Toute cette foule de dieux et de déesses adorés par les Grecs ne sont que le même Jupiter, dont on exprime les différentes vertus par des noms différens.
La nation grecque, la plus polie de toutes les nations idolâtres, était la seule qu'on ne qualifiât pas du nom de barbare. Les Grecs avaient leurs fêtes, leurs mystères, leurs prêtres, leurs prêtresses, leurs sibylles et leurs prophètes qui rendaient des oracles; leurs augures qui devinaient les choses futures par le chant et le mouvement des oiseaux; des temples, dont les plus fameux étaient celui de Jupiter olympien en Elide, celui d'Apollon à Delphes, à cause des oracles qu'on y rendait, celui de Minerve à Athènes, et celui de Diane à Éphèse. Les Grecs sacrifiaient à leurs dieux des victimes d'animaux, et l'on voit à regret qu'ils leur offraient aussi quelquefois des victimes humaines.
Depuis la conquête de la Grèce par les Romains jusqu'à la prise de Constantinople par Mahomet II, qui a mis fin à l'Empire d'Orient.
L'an 3838 du monde, toute la Grèce est conquise par les Romains, qui en forment diverses provinces de leur empire. L'an 330 de J.-C., Constantin-le-Grand, empereur de Rome, fixe sa demeure à Bysance ou Constantinople, et prépare ainsi la division de l'empire, qui s'accomplit l'an 395 entre Arcadius et Honorius. Arcadius possède l'empire d'Orient ou grec, composé de la Grèce, de l'Égypte et de toutes les possessions d'Asie; Honorius possède l'empire d'Occident, composé de l'Italie, de l'Espagne, de la Gaule et de la Bretagne.
Voyez Empire d'Occident.
Voyez Empereurs latins, ci-après.
Voyez Grèce, troisième époque.
Dès les premiers temps du Christianisme, l'Évangile est répandu dans la Grèce; mais le culte catholique n'y est autorisé que l'an 324, époque de la conversion de l'empereur Constantin-le-Grand, qui abolit l'idolâtrie et détruit les temples dans tous les pays de son empire. L'an 857 il s'opère en Grèce un schisme fameux à l'occasion de l'intrusion de Photius, faux patriarche de Constantinople qui, ayant été déposé par un concile et ne pouvant se faire reconnaître par le Pape, se mit à la tête de l'Église grecque. Les schismatiques grecs nient la divinité du Saint-Esprit, et ne reconnaissent point la primauté du Pape, qu'ils ne regardent que comme le patriarche des Latins. Ils ont quatre patriarches, celui de Constantinople, celui d'Alexandrie, celui d'Antioche et celui de Jérusalem.
Les Russes, qui se sont faits chrétiens l'an 988, ont embrassé le schisme des Grecs, qui existait alors depuis 131 ans, et qui dure encore.