[617] Var. Consultez seulement avecque vos appas. (1633-57)
Var. Consultez en vous-même un moment vos appas. (1660)

[618] Var. Avoir sur tout le monde un pouvoir si suprême. (1633-57)

[619] Var. Je m'en voudrois remettre à son commandement. (1633-60)

[620] Var. [Dispensent mon devoir de ces formalités.]
TIRS. Souffre donc qu'un baiser cueilli dessus ta bouche
M'assure entièrement que mon amour te touche.
MÉL. Ma parole suffit.
TIRS. Ah! j'entends bien que c'est:
Un peu de violence en t'excusant te plaît.
MÉL. Folâtre, j'aime mieux abandonner la place,
Car tu sais dérober avec si bonne grâce
Que bien que ton larcin me fâche infiniment,
Je ne puis rien donner à mon ressentiment.
TIRS. Auparavant l'adieu reçois de ma constance
Dedans ce peu de vers l'éternelle assurance.
MÉL. Garde bien ton papier, et pense qu'aujourd'hui. (1633-48)

[621] Var. [Mélite veut te croire autant et plus que lui][621-a].
TIRSIS. Il lui coule le sonnet dans le sein, comme elle se dérobe[621-b].
Par ce refus mignard qui porte un sens contraire,
Ton feu m'instruit assez de ce que je dois faire.
O ciel! je ne crois pas que sous ton large tour
Un mortel eut jamais tant d'heur ni tant d'amour. (1633-48)

[621-a] Mélite te veut croire autant et plus que lui. (1652-64)

[621-b] TIRSIS, lui coulant le sonnet dans le bras. (1644 et 48)

[622] Var. TIRCIS, seul. (1652-60)

[623] Var. Tu l'as gagné, Mélite; il ne m'est plus possible
D'être à tant de faveurs désormais insensible. (1633-57)

[624] Var. Ont charmé tous mes sens de leurs douces promesses. (1633-60)

[625] Var. Un portrait que je veux tellement effacer. (1660)

[626] Var. [Qu'elle puisse gagner au change autant que moi.]
Dites-lui de ma part que depuis que le monde
Du milieu du chaos tira sa forme ronde,
C'est la première fois que ces vieux ennemis,
Le change et la raison, sont devenus amis;
[Dites-lui que Mélite, ainsi qu'une Déesse.] (1633)

[627] Var. Tu me fais trop d'honneur en cette confidence. (1633-60)

[628] Var. [Si l'on peut par tes yeux lire dans ton courage,]
Je ne croirai jamais qu'à force de rêver
Au sujet de ta joie, on le puisse trouver:
[Rien n'atteint, ce me semble, aux signes qu'ils en donnent.] (1633-57)

[629] Var. Belle, honnête, gentille, et dont l'esprit charmant. (1633-57)

[630] Var. Je ne crains pas cela du côté de Mélite. (1633-57)

[631] Var. Dont le feu, gourmandé par une adroite feinte. (1633)

[632] Qui se laisse prendre à.... tromper par....

[633] Var. Fussent d'intelligence avecque le visage. (1633-60)

[634] Peut-être cette prononciation était-elle en usage lorsque la pièce fut représentée pour la première fois, mais elle était certainement abandonnée lorsque Corneille publiait les dernières éditions de son théâtre. Voyez le Lexique.

[635] Var. Doncques, si ta raison ne se trouve déçue. (1633-57)

[636] Var. Et qui te fait juger son amour si parfaite.
TIRS. Une parfaite amour a trop de truchements. (1633-57)

[637] Var. Un clin d'œil, un soupir.... (1633)

[638] Var. Ces choses ridicules
Ne servent qu'à piper des âmes trop crédules. (1633-57)

[639] Var. Les douceurs que la belle, à tout autre[639-a] farouche,
T'a laissé dérober sur ses yeux, sur sa bouche,
Sur sa gorge, où, que sais-je? TIRS. Ah! ne présume pas
Que ma témérité profane ses appas,
Et quand bien j'aurois eu tant d'heur, ou d'insolence,
Ce secret, étouffé dans la nuit du silence,
N'échapperoit jamais à ma discrétion.
PHIL. Quelques lettres du moins pleines d'affection
Témoignent son ardeur? TIRS. Ces foibles témoignages
D'une vraie amitié sont d'inutiles gages;
Je n'en veux et n'en ai point d'autre que sa foi[639-b].
PHIL. Je sais donc bien quelqu'un plus avancé que toi.
TIRS. Plus avancé que moi? j'entends qui tu veux dire,
Mais il n'a garde d'être en état de me nuire:
Ce n'est pas d'aujourd'hui qu'Éraste a son congé.
PHIL. Celui dont je te parle est bien mieux partagé.
TIRS. Je ne sache que lui qui soupire pour elle. (1633-57)

[639-a] On lit dans toutes les éditions indiquées: toute autre, pour tout autre.

[639-b] Je n'en veux et n'en ai point d'autres que sa foi. (1644-57)

[640] Var. J'en connois donc quelqu'un plus avancé que toi. (1663)

[641] Tenir en cervelle, inquiéter, tenir dans l'inquiétude. Voyez le Lexique.

[642] Var. Aussi la pauvre Mélite ne la croit posséder que par faveur. (1633-57)

[643] Affronter, tromper avec audace.

[644] Var. Et par un gentil trait il t'a pris pour moi-même,
D'autant que ce n'est qu'un de deux parfaits amis. (1633-57)

[645] Var. Et pour ton intérêt dextrement te méprendre. (1633-57)

[646] Var. C'est par là qu'il t'en plaît? oui-da; j'en ai reçu
Encore une, qu'il faut que je te restitue.
TIRS. Dépêche, ta longueur importune me tue. (1633-57)

[647] Var. Crois-tu que celle-là s'adresse encore à toi? (1633-57)

[648] Var. Qu'à tes suasions Mélite osant manquer
A ce qu'elle a promis, ne s'en fait que moquer?
Qu'oubliant tes serments, déloyal tu subornes
[Un amour qui pour moi devoit être sans bornes?] (1633-57)

[649] Suborner, séduire, appliqué ainsi aux passions, aux sentiments, est fréquent dans Corneille. Voyez le Lexique.

[650] Var. Avise à te défendre; un affront si cruel
Ne peut se réparer à moins que d'un duel:
[Il faut que pour tous deux ta tête me réponde.] (1633-57)

[651] Var. [Quant à moi, ton trépas me coûteroit trop cher:]
Il me faudroit après, par une prompte fuite,
Éloigner trop longtemps les beaux yeux de Mélite.
TIRS. Ce discours de bouffon ne me satisfait pas:
Nous sommes seuls ici; dépêchons, pourpoint bas[651-a].
PHIL. Vivons plutôt amis, et parlons d'autre chose.
TIRS. Tu n'oserois, je pense. PHIL.Il est tout vrai, je n'ose
Ni mon sang ni ma vie en péril exposer.
Ils ne sont plus à moi: je n'en puis disposer.
Adieu: celle qui veut qu'à présent je la serve
Mérite que pour elle ainsi je me conserve.

SCÈNE III.
TIRSIS.

Quoi! tu t'enfuis, perfide, et ta légèreté. (1633-57)

[651-a] Voyez p. 161, note [542].

[652] Var. [Peux-tu m'abandonner ses faveurs sans mourir?]
Si de les plus garder ton peu d'esprit se lasse,
Viens me dire du moins ce qu'il faut que j'en fasse.
Ne t'en veux-tu servir qu'à me désabuser?
N'ont-elles point d'effet qui soit plus à priser?
[O lettres, ô faveurs indignement placées.] (1633)

[653] Var. Je ne sais qui des trois vous diffamez le plus,
De moi, de ce perfide, ou bien de sa maîtresse;
Car vous nous apprenez qu'elle est une traîtresse,
Son amant un poltron, et moi sans jugement,
De n'avoir rien prévu de son déguisement.
Mais que par ses transports ma raison est surprise!
Pour ce manque de cœur qu'à tort je le méprise!
(Hélas! à mes dépens je le puis bien savoir)
Quand on a vu Mélite on n'en peut plus avoir[653-a].
Fuis donc, homme sans cœur, va dire à ta volage
Combien sur ton rival ta fuite a d'avantage,
Et que ton pied léger ne laisse à ma valeur
Que les vains mouvements d'une juste douleur.
Ce lâche naturel qu'elle fait reconnoître
Ne t'aimera pas moins étant poltron que traître.
Traître et poltron! voilà les belles qualités
Qui retiennent les sens de Mélite enchantés.
Aussi le falloit-il que cette âme infidèle,
[Changeant d'affection, prît un traître comme elle,]
Et la jeune rusée a bien su rechercher[653-b]
Un qui n'eût sur ce point rien à lui reprocher,
Cependant que, leurré d'une fausse apparence,
Je repaissois de vent ma frivole espérance.
Mais je le méritois, et ma facilité
Tentoit trop puissamment son infidélité[653-c].
Je croyois à ses yeux, à sa mine embrasée[653-d],
A ces petits larcins pris d'une force aisée.
Hélas! et se peut-il que ces marques d'amour
Fussent de la partie en un si lâche tour?
Auroit-on jamais vu tant de supercherie,
Que tout l'extérieur ne fût que piperie?
[Non, non, il n'en est rien: une telle beauté.] (1633-57)

[653-a] Ces quatre vers: «Mais que par, etc.,» ne sont que dans l'édition de 1633.

[653-b] Et cette humeur légère a bien su rechercher. (1644-57)

[653-c] Ces quatre vers: «Cependant que, leurré, etc.,» ne sont que dans l'édition de 1633.

[653-d] Cependant je croyois à sa mine embrasée. (1644-57)

[654] Var. Son oracle reçu, je m'en tins assuré. (1633)

[655] Var. Vous voulez me trahir, vous voulez m'abuser: J'ai sa parole en gage et de plus un baiser. (1633-57)

[656] Var. C'est en vain que mon feu ces doutes me suggère. (1633-57)

[657] Var. Je vois très-clairement qu'elle est la plus légère. (1648-57)

[658] Var. Les serments que j'en ai s'en vont au vent jetés,
Et ces traits de sa plume ici me sont restés,
Qui dépeignant au vif son perfide courage,
Remplissent de bonheur Philandre, et moi de rage. (1633-57)

[659] Var. Et ces traits de sa plume, osant encor parler,
Laissent entre mes mains une honteuse image. (1660)

[660] Var. Oui, j'enrage, je crève, et tous mes sens troublés. (1633)

[661] Var. D'un excès de douleur succombent accablés. (1633-60)

[662] Var. [Que je ne puis plus vivre avec un tel martyre:]
Aussi ma prompte mort le va bientôt finir;
Déjà mon cœur outré ne cherchant qu'à bannir
Cet amour qui l'a fait si lourdement méprendre,
Pour lui donner passage, est tout prêt de se fendre[662-a];
Mon âme par dépit tâche d'abandonner
Un corps que sa raison sut si mal gouverner.
Mes yeux, jusqu'à présent couverts de mille nues,
S'en vont les distiller en larmes continues,
Larmes qui donneront pour juste châtiment
A leur aveugle erreur un autre aveuglement;
Et mes pieds, qui savoient sans eux, sans leur conduite,
Comme insensiblement me porter chez Mélite,
Me porteront sans eux en quelque lieu désert,
En quelque lieu sauvage à peine découvert,
Où ma main, d'un poignard, achèvera le reste,
Où pour suivre l'arrêt de mon destin funeste,
Je répandrai mon sang, et j'aurai pour le moins
Ce foible et vain soulas en mourant sans témoins,
Que mon trépas secret fera que l'infidèle
Ne pourra se vanter que je sois mort pour elle. (1633-57)

[662-a] Ces quatre vers: «Aussi ma prompte mort, etc.,» ne sont que dans l'édition de 1633.

[663] Var. Tu manques à la fois de poumon et d'haleine. (1633-60)

[664] Var. Quel accident nouveau te brouille ainsi les sens? (1633-57)

[665] Var. En nos chastes amours de nous deux on se moque. (1633-60)

[666] Var. Adieu, ma sœur, adieu; je ne peux plus parler. (1633)

[667] Var. Lis, puis, si tu le peux, tâche à te consoler. (1633-57)

[668] Var. Non, non, quand j'aurai su ce qui te fait mourir,
Si bon me semble alors, je te lairrai courir. (1633-57)

[669] Var. Elle lit les lettres que Tirsis lui avoit données. (1633, en marge.)—Elle lit les lettres qu'il lui a données. (1663, en marge.)

[670] Var. Apprends que les discours des filles mieux sensées. (1633-60)

[671] Qui vaille la servir, qui vaille qu'on la serve.

[672] Var. Tant d'autres te sauront en sa place ravir,
Avec trop plus d'attraits que cette écervelée. (1633-57)

[673] Var. Par les premiers venus qui flattant ses beautés. (1633-57)

[674] Var. Ainsi Damon lui plut, Aristandre, et Géronte;
Éraste après deux ans n'en a pas meilleur conte. (1633-57)

[675] Voyez ci-dessus, p. 150, la note [497] relative à la première variante.

[676] Var. Et peut-être demain (tant elle aime le change!). (1633-57)

[677] Var. Ce n'est qu'une coquette, une tête à l'évent,
Dont la langue et le cœur s'accordent peu souvent,
A qui les trahisons deviennent ordinaires,
Et dont tous les appas sont tellement vulgaires. (1633-57)

[678] Var. Penses-tu, m'amusant avecque des sottises,
Par tes détractions rompre mes entreprises?
Non, non, ces traits de langue épandus vainement
Ne m'arrêteroient pas encore un seul moment. (1633-57)

[679]

Var. C'est toujours témoigner que leur vaine inconstance
Est pour nous émouvoir de trop peu d'importance.
Aussi ne veux-je pas le retenir d'aller,
Et si d'autres que moi ne le vont rappeler,
Il usera ses jours à courtiser Mélite;
Outre que l'infidèle a si peu de mérite,
Que l'amour qui pour lui m'éprit si follement. (1633-57)

[680] Var. Dans la même sottise une autre embarrassée. (1633-57)

[681] Var. Je meure, s'il n'est vrai que la plupart du monde. (1633)

[682] Var. Elle verra bientôt, quoi qu'elle se propose,
Qu'elle n'a pas gagné, ni moi perdu grand'chose.
Ma perte me console, et m'égaye à l'instant. (1633-57)

[683] Voyez au Complément des variantes, p. 251.

[684] Var. Je les viens de surprendre, et j'y pourrois encore. (1660)

[685] Var. Mais tu n'as pas loisir. Toutefois si tu veux. (1660-64)

[686] Var. Il reconnoît les lettres. (1663, en marge.)[686-a]

[686-a] Voyez plus loin, p. 252 et p. 253, quelle est la variante de ce jeu de scène dans l'édition de 1633, et celle du jeu de scène suivant dans les éditions de 1644-57.

[687] Var. Elle les resserre. (1663, en marge.)

[688] Telle est l'orthographe de ce mot dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille. Voyez le Lexique.

[689] Un des personnages de la Veuve (acte III, sc. III, note [1443]) parle de la comédie de Mélite et mentionne

Le discours de Cloris quand Philandre la quitte.

[690] Var. [M'accuse injustement d'être trop peu discrète.]
MÉL. Vraiment tu me poursuis avec trop de rigueur:
Que te puis-je conter, n'ayant rien sur le cœur?
LA NOURR. Un chacun fait à l'œil des remarques aisées,
Qu'Éraste, abandonnant ses premières brisées,
Pour te mieux témoigner son refroidissement,
Cherche sa guérison dans un bannissement.
Tu m'en veux cependant ôter la connoissance;
Mais si jamais sur toi j'eus aucune puissance,
Par ce que tous les jours en tes affections
Tu reçois de profit de mes instructions[690-a],
Apprends-moi ce que c'est. MÉL. Et que sais-je, Nourrice,
Des fantasques ressorts qui meuvent son caprice?
Ennuyé d'un esprit si grossier que le mien,
[Il cherche ailleurs peut-être un meilleur entretien.] (1633-57)

[690-a] Dans l'édition de 1657, probablement par erreur:

Parce que tous les jours, en tes affections,
Tu reçois du profit de mes instructions.

[691] Var. Rembrase assez souvent une âme dégagée. (1633-57)

[692] Dispenser à.... accorder la dispense, la permission nécessaire pour faire quelque chose, autoriser à....

[693] Var. D'un bien dont un dédain fait mieux savoir le prix. (1633-57)

[694] Var. Faire qu'aux vœux de tous son visage réponde. (1633-57)

[695] Var. Leur faire bonne mine, et souffrir leur discours. (1633, 44 et 52-57)
Var. Leur montrer bonne mine, et souffrir leur discours.

[696]
Var. [Et paroissent ensemble entrer en concurrence:]
Ainsi lorsque plusieurs te parlent à la fois,
En répondant à l'un, serre à l'autre les doigts,
Et si l'un te dérobe un baiser par surprise,
Qu'à l'autre incontinent il soit en belle prise;
Que l'un et l'autre juge, à ton visage égal,
Que tu caches ta flamme aux yeux de son rival.
Partage bien les tiens, et surtout sache feindre,
De sorte que pas un n'ait sujet de se plaindre. (1633-57)

[697] Var. Tiens bon, et cède enfin, puisqu'il faut que tu cèdes,
A qui paiera le mieux le bien que tu possèdes. (1633-57)

[698] Var. [Promptement le motif de cette maladie.]
MÉL. Tirsis est ce motif. LA NOURR. Ce jeune cavalier!
Son ami plus intime et son plus familier!
[N'a-ce pas été lui qui te l'a fait connoître?] (1633-57)

[699] Var. Et si dans ce jourd'hui je l'avois écarté,
Tu verrois dès demain Éraste à mon côté.
LA NOURR. J'ai regret que tu sois la pomme de discorde. (1633-57)

[700] Var. Auprès de sa splendeur toute autre est trop petite. (1633-57)

[701] On lit dans l'édition de 1633: tu te places, pour tu le places; mais c'est évidemment une faute d'impression.

[702] L'édition de 1633 porte, mais ce doit être aussi une faute:

Et d'un riche honteux la richesse suivie.

[703] Var.Qu'avecque tout son bien
Un jaloux dessus moi n'obtiendra jamais rien.(1633-60)

[704] Var. [Et rentre, que je parle à la sœur de Tirsis:]
Je la vois qui de loin me fait signe et m'appelle.
[LA NOURR. Peut-être elle t'en veut dire quelque nouvelle.]
MÉL. [Rentre, sans t'informer de ce qu'elle prétend.] (1633-57)

[705] Mettre en cervelle, inquiéter. Voyez plus haut, p. 192, note [641].

[706] Var. Qu'aux fourbes qu'on leur fait je ne puis consentir. (1633-57)

[707] Var. Mais pour m'en repentir j'ai fait un trop beau choix. (1633-60)

[708] La leçon de 1657:

C'est l'homme qui de tous l'a mérité le moins,

est certainement une faute d'impression.

[709] Var. Mais je m'étonne fort que vous l'osez blâmer,
Vu que pour votre honneur vous devez l'estimer. (1633-57)

[710] Var. Après cela jugez si je le peux haïr. (1633)
Var. Jugez après cela si je le puis haïr. (1644-57)

[711] Var. Puisque sa trahison m'est un grand témoignage. (1633-57)

[712] Var. Vraiment c'est un pouvoir dont vous usez fort mal,
Le poussant à me faire un tour si déloyal. (1633-57)

[713] Var. Quoi! son devoir l'oblige à l'infidélité!
CLOR. N'allons point rechercher tant de subtilité. (1633-57)

[714] Var. Sur un serment commun d'être un jour sa moitié. (1633-57)

[715] Var. Doncques, pour me railler. (1633-57)

[716] Var. Doncques, pour m'éblouir, une âme déloyale. (1633-57)

[717] Voyez plus haut, p. 194, note [649].

[718] L'édition de 1664 donne: vous croiriez, pour vous croirez, ce qui est sans doute une faute d'impression.

[719] Var. Vous en voulez bien croire au moins votre écriture. (1633-57)

[720] Var. Veut savoir par avant le nom de l'imposteur,
Afin que cet affront retombe sur l'auteur.
CLOR. Vous voulez m'affiner; mais c'est peine perdue:
Mélite, que vous sert de faire l'entendue?
La chose étant si claire, à quoi bon la nier? (1633-57)

[721] Var. C'est le brave Lisis, qui tout triste et pensif,
A ce qu'on peut juger, montre un deuil excessif. (1633-57)

[722] Var. Pouvez-vous demeurer auprès d'une personne
Digne pour ses forfaits que chacun l'abandonne?
Quittez cette infidèle, et venez avec moi. (1633-57)

[723] Var. Dedans ce désespoir a rendu sa belle âme.
MÉL. Hélas! soutenez-moi; je n'en puis plus, je pâme. (1633-57)

[724] Les mots: à Lisis, manquent dans les éditions de 1633-60.

[725] Var. Si proche du logis, il vaut mieux l'y porter. (1657)

[726] On lit en marge, dans l'exemplaire de l'édition de 1633 dont il a été parlé à la note [612] de la page 183: Cliton et la Nourrice emportent Mélite pâmée en son logis, où Cloris les suit, appuyée sur Lisis.

[727] Var. CLORIS, à Lisis. (1633, dans l'exemplaire de la Bibliothèque impériale, cité à la note [726] précédente, et 1644-60.)

[728] Var. Mais à quelle raison leurs âmes désunies. (1633-63)

[729] Var. Fuyez de mon penser, inutiles remords;
J'en ai trop de sujet de leur être contraire:
Cloris m'offense trop, étant sœur d'un tel frère. (1633-57)

[730] Var. [N'a que la peine due à sa crédulité.]
Allons donc sans scrupule, allons voir cette belle;
Faisons tous nos efforts à nous rapprocher d'elle,
Et tâchons de rentrer en son affection,
Avant qu'elle ait rien su de notre invention[730-a].
Cliton sort de chez elle.

SCÈNE VI.
ÉRASTE, CLITON.

ÉR. Eh bien! que fait Mélite?
[CLIT. Monsieur, tout est perdu: votre fourbe maudite.] (1633-57)

[730-a] Avant qu'elle ait rien su de notre intention. (1654)

[731] Var. Monsieur, il est tout vrai: le moment déplorable. (1633-60)

[732] Var. Ce pair d'amants sans pair est sous la sépulture. (1633-57)
Var. Ces malheureux amants treuvent la sépulture. (1660)

[733] Var. Tu m'oses donc flatter, et ta sottise estim
M'obliger en taisant la moitié de mon crime? (1633-57)

[734] Var. Achève tout d'un trait: dis que maîtresse, ami. (1633-57)

[735] Var. Par ma fraude a perdu la lumière des cieux. (1633-57)

[736] Var. [Falsifié, trahi, séduit, assassiné,]
Que j'ai toute une ville en larmes convertie:
[Tu n'en diras encor que la moindre partie.]
Mais quel ressentiment! quel puissant déplaisir!
Grands Dieux! et peuvent-ils jusque-là nous saisir,
Qu'un pauvre amant en meure, et qu'une âpre tristesse
Réduise au même point après lui sa maîtresse?
CLIT. Tous ces discours ne font.... ÉR. Laisse agir ma douleur,
Traître, si tu ne veux attirer ton malheur:
Interrompre son cours, c'est n'aimer pas ta vie.
La mort de son Tirsis me l'a doncques ravie!
[Je ne l'avois pas su, Parques, jusqu'à ce jour.] (1633-57)

[737] Var. [Il vous pût commander d'unir aussi leurs trames;]
J'ignorois que, pour être exemptes de ses coups,
Vous souffrissiez qu'il prît un tel pouvoir sur vous.
[Vous en relevez donc, et vos ciseaux barbares]
Tranchent comme il lui plaît les choses les plus rares!
Vous en relevez donc, et pour le flatter mieux
Vous voulez comme lui ne vous servir point d'yeux!
Mais je m'en prends à vous, et ma funeste ruse,
Vous imputant ces maux, se bâtit une excuse;
J'ose vous en charger, et j'en suis l'inventeur,
Et seul de ces malheurs[737-a] le détestable auteur.
Mon courage, au besoin se trouvant trop timide
Pour attaquer Tirsis autrement qu'en perfide,
Je fis à mon défaut combattre son ennui,
Son deuil, son désespoir, sa rage, contre lui.
Hélas! et falloit-il que ma supercherie
Tournât si lâchement son amour en furie?
Falloit-il, l'aveuglant d'une indiscrète erreur,
Contre une âme innocente allumer sa fureur?
Falloit-il le forcer à dépeindre Mélite
Des infâmes couleurs d'une fille hypocrite[737-b]?
[Inutiles regrets, repentirs superflus.] (1633-57)

[737-a] Les éditions de 1633 et de 1644 donnent, mais par erreur sans doute: «ses malheurs,» pour «ces malheurs.»

[737-b] Les quatre derniers vers, depuis: «Falloit-il, l'aveuglant, etc.,» ne sont que dans l'édition de 1633.