[738]
Var. Et que par ma main propre un juste sacrifice
De mon coupable chef venge mon artifice[738-a].
Avançons donc, allons sur cet aimable corps
Éprouver, s'il se peut, à la fois mille morts.
D'où vient qu'au premier pas je tremble, je chancelle?
Mon pied, qui me dédit, contre moi se rebelle.
[Quel murmure confus! et qu'entends-je hurler?] (1633-57)
[738-a] Ces deux vers, ainsi que les vers 1301 et 1302 du texte, manquent dans les éditions de 1644-57.
[739]
Var. Et dont les neuf remplis ceignent ces tristes lieux,
Ne te colère point contre mon insolence,
[Si j'ose avec mes cris violer ton silence.]
Ce n'est pas que je veuille, en buvant de ton eau,
Avec mon souvenir étouffer mon bourreau;
Non, je ne prétends pas une faveur si grande;
Réponds-moi seulement, réponds à ma demande:
As-tu vu ces amants? Tirsis est-il passé?
Mélite est-elle ici? Mais que dis-je? insensé!
Le père de l'oubli, dessous cette onde noire,
Pourroit-il conserver tant soit peu de mémoire?
Mais de rechef que dis-je? Imprudent! je confonds
Le Léthé pêle-mêle et ces gouffres profonds;
Le Styx, de qui l'oubli ne prit jamais naissance,
De tout ce qui se passe a tant de connoissance,
Que les Dieux n'oseroient vers lui s'être mépris.
Mais le traître se tait, et tenant ces esprits
Pour le plus grand trésor de son funeste empire,
De crainte de les perdre, il n'en ose rien dire.
Vous donc, esprits légers, qui, faute de tombeaux. (1633-57)
[740] Var. Dites, et je promets d'employer mon crédit. (1633-60)
[741]
Var. Monsieur, que faites-vous? Votre raison s'égare:
Voyez qu'il n'est ici de Styx ni de Ténare;
Revenez à vous-même. [ÉR. Ah! te voilà, Charon.] (1633-57)
[742] Var. Monsieur, rentrez en vous, contemplez mon visage. (1633-57)
[743] Fondre, aller au fond, s'engloutir.
[744]
Var. [Il n'en aura que trop d'Éraste et de ses crimes][744-a].
CLIT. Il vaut mieux esquiver, car avecque des fous[744-b]
Souvent on ne rencontre à gagner que des coups:
Si jamais un amant fut dans l'extravagance,
Il s'en peut bien vanter avec toute assurance.
ÉRASTE, se jetant sur ses épaules[744-c].
Tu veux donc échapper à l'autre bord sans moi?
[Si faut-il qu'à ton cou je passe malgré toi.] (1633-57)
[744-a] Il n'en aura que trop d'Éraste, de ses crimes. (1657)
[744-b] Il vaut mieux se tirer, car avecque des fous. (1644-57)
[744-c] Il se jette sur les épaules de Cliton, qui l'emporte du théâtre. (1633, en marge.)
[745] Ce jeu de scène est omis dans l'édition de 1660; dans celle de 1664, il est placé entre les deux derniers vers de la scène. Voyez note [744-c].
[746] Var. Rival injurieux, dont l'absence importune. (1633-57)
[747]
Var. [Retarde le succès de ma bonne fortune,]
Et qui, sachant combien m'importe ton retour,
De peur de m'obliger n'oserois voir le jour,
As-tu sitôt perdu cette ombre de courage
Que te prêtoient jadis les transports de ta rage?
Ce brusque mouvement d'un esprit forcené
Relâche-t-il sitôt ton cœur efféminé?
[Que devient à présent cette bouillante envie.] (1633)
[748] On lit dans l'édition de 1654: «Il ne tient plus à toi,» pour «qu'à toi.» C'est évidemment une faute, ainsi qu'à la page suivante, la leçon de 1657 v. 1359: «Détachez Ixion;» et au vers 1360 le singulier mégère, pour mégères, dans les éditions de 1660-64.
[749]
Var. Ai-je, prenant le front de cet audacieux. (1633-57)
Var. Ai-je, prenant le front de cet ambitieux. (1660-64)
[750] Var. Vous travaillez en vain, bourrelles Euménides. (1633-60)
[751] Var. Il semble à ces discours qu'il ait perdu le sens. (1633-57)
[752]
Var. Car des lettres qu'il a de la part de Mélite,
Autre que cette main n'en a pas une écrite. (1633-57)
[753]
Var. Je te laisse impuni, perfide, tes remords. (1633)
Var. Je te laisse impuni, traître, car tes remords. (1644-57)
Var. Je te laisse impuni, de si cuisants remords. (1660)
[754] Bien que Claveret ne conteste pas à Corneille l'invention de la frénésie d'Éraste (voyez plus haut, p. 128), on pourrait être tenté de croire que notre poëte en a pris l'idée dans la Climène de C. S. sieur de la Croix, représentée, suivant les frères Parfait, en 1628 (Histoire du théâtre françois, tome IV, p. 401). Le berger Liridas, pensant que Climène est morte, devient fou de chagrin; dans son délire, il veut obliger un magicien, qu'il prend pour Pluton, à rendre la vie à son amante, et lui dit:
Toi seul dedans ces lieux sentiras les tourments,
Sans pouvoir prendre part à nos contentements;
J'épouserai Climène, et pour ma concubine
Je prendrai, s'il me plaît, ta femme Proserpine.
[755] Var. N'en doute aucunement, ton frère n'est point mort. (1633-57)
[756] Var. Si ce cœur, recevant quelque légère atteinte. (1633)
[757]
Var. Dont les plus furieux et plus rudes assauts
Avoient bien de la peine à m'émouvoir à faux. (1633-57)
[758] Var. Qu'à cause que j'étois parfaitement honteuse. (1633-57)
[759] Var. Qu'un autre[759-a] en témoignât plus de ressentiment. (1633-60)
[759-a] Il y a plus loin un semblable emploi du masculin dans le vers 1387 p. 437 de Clitandre. Voyez le Lexique; voyez aussi la première variante de la p. 241 (note [796]) et la huitième de la p. 365 (note [1214]).
[760] Var. Mais avec tout cela confesse franchement. (1633-57)
[761]
Var. D'aller vite d'un mot ranimer sa maîtresse;
Autrement je saurois te rendre ton paquet.
LIS. Et moi pareillement rabattre ton caquet. (1633-57)
[762] Var. Derrière la tapisserie. (1633-57)—Il est derrière le théâtre. (1663 en marge.)
[763] Var. Et moi, quand je devrois passer pour Proserpine. (1633-63)
[764] Var. Adieu; soûle à ton dam ton curieux desir. (1633-57)
[765] Var. ÉRASTE, l'épée au poing. (1633-57)—L'épée à la main. (1660)
[766] Var. La honte et le devoir leur parle de m'attendre. (1657)
[767]
Var. La peur renverse tout, et dans ce désarroi
Elle saisit si bien les ombres et leur roi. (1633-57)
[768]
Var. De leurs flambeaux puants ont éteint la lumière.
Et tiré de leur chef les serpents d'alentour,
De crainte que leurs yeux fissent quelque faux jour,
Dont la foible lueur, éclairant ma poursuite,
A travers ces horreurs me pût trahir leur fuite.
Éaque épouvanté se croit trop en danger,
Et fuit son criminel au lieu de le juger;
Clothon même et ses sœurs, à l'aspect de ma lame,
De peur de tarder trop n'osant couper ma trame,
A peine ont eu loisir d'emporter leurs fuseaux,
Si bien qu'en ce désordre oubliant leurs ciseaux. (1633-57)
[769] Var. D'où vient qu'après Éraste il n'a passé personne. (1633-60)
[770] Var. Le déplorable coup du malheur advenu. (1633-60)
[771] Var. Aux dépens de vos jours aggrave mon supplice. (1633-57)
[772]
Var. [Sans le triste secours de ce dur souvenir.]
Souvenir rigoureux de qui l'âpre torture
Devient plus violente et croît plus on l'endure,
Implacable bourreau, tu vas seul étouffer
Celui dont le courage a dompté tout l'enfer.
Qu'il m'eût bien mieux valu céder à ses furies!
Qu'il m'eût bien mieux valu souffrir ses barbaries,
Et de gré me soumettre, en acceptant sa loi,
A tout ce que sa rage eût ordonné de moi!
Tout ce qu'il a de fers, de feux, de fouets, de chaînes,
Ne sont auprès de toi que de légères peines. (1633)
[773] Var. Oui, ce qu'ont les enfers, de feux, de fouets, de chaînes. (1644-63)
[774] Var. De grâce, un peu de trêve, un moment, un moment. (1633)
[775] Var. Il montre son épée. (1633, en marge.)—Ce jeu de scène n'est point indiqué dans les éditions de 1644-60.
[776] Var. Nourrice, et qui t'amène en ces lieux pleins d'effroi? (1633-60)
[777] Var. Cliton la vit pâmer, et se troubla de sorte. (1660)
[778]
Var. Cet enfer, ces combats, ne sont qu'illusion.
ÉR. Je ne m'abuse point; j'ai vu sans fiction
Ces monstres terrassés se sauver à la fuite. (1633-57)
[779]
Var. [De vrai, ce que tu dis a beaucoup d'apparence.]
Depuis ce que j'ai su de Mélite et Tirsis,
Je sens que tout à coup mes regrets adoucis
Laissent en liberté les ressorts de mon âme;
Ma raison par ta bouche a reçu son dictame.
Nourrice, prends le soin d'un esprit égaré,
Qui s'est d'avecque moi si longtemps séparé:
[Ma guérison dépend de parler à Mélite.] (1633-57)
[780]
Var. [Donnez-vous le loisir de changer de visage;]
Nous pourvoirons après au reste en sa saison.
ÉR. Viens donc m'accompagner jusques en ma maison;
Car si je te perdois un seul moment de vue,
Ma raison, aussitôt de guide dépourvue,
M'échapperoit encor. LA NOURR. Allons, je ne veux pas. (1533-57)
[781]
Var. Je ne veux point d'un cœur qu'un billet aposté
Peut résoudre aussitôt à la déloyauté. (1633)
[782] Var. Ma maîtresse, mon heur, mon souci, ma chère âme. (1633-57)
[783]
Var. [Par ces feux qui voloient de vos yeux dans les miens,]
Par mes flammes jadis si bien récompensées,
Par ces mains si souvent dans les miennes pressées,
Par ces chastes baisers qu'un amour vertueux
Accordoit au desir d'un cœur respectueux,
[Par ce que votre foi me permettoit d'attendre....] (1633-57)
[784]
Var. Aucun jusqu'à ce point n'est encor parvenu;
Mais je te changerai pour le premier venu.
PHIL. Tes dédains outrageux épuisent ma souffrance. (1633-57)
[785] Var. Adieu: Mélite et moi nous avons de quoi rire. (1644-64)
[786]
Var. Ce que c'est que d'aigrir un homme de courage.
CLOR. Sois sûr de ton côté que ta fougue et ta rage,
Et tout ce que jamais nous entendrons de toi,
Fournira de risée, elle, mon frère et moi[786-a]. (1633-57)
[786-a] C'est la fin de la scène III dans les éditions indiquées.
[787]
Var. Que par le souvenir de nos travaux passés,
Chassons-le, ma chère âme, à force de caresses;
Ne parlons plus d'ennuis, de tourments, de tristesses
Et changeons en baisers ces traits d'œil langoureux
Qui ne font qu'irriter nos desirs amoureux.
[Adorables regards, fidèles interprètes
Par qui nous expliquions nos passions secrètes,]
Je ne puis plus chérir votre foible entretien:
Plus heureux, je soupire après un plus grand bien.
Vous étiez bons jadis, quand nos flammes naissantes
Prisoient, faute de mieux, vos douceurs impuissantes;
Mais au point où je suis, ce ne sont que rêveurs
Qui vous peuvent tenir pour exquises faveurs:
Il faut un aliment plus solide à nos flammes,
Par où nous unissions nos bouches et nos âmes.
[Mais tu ne me dis mot, ma vie; et quels soucis.] (1633-57)
[788] Var. Fit dessus tous mes sens un véritable effort. (1633-57)
[789] Var. De revivre avec toi je pris aussi l'envie. (1633-57)
[790] Var. Lui faisant consentir notre heureux hyménée. (1633-57)
[791]
Var. Nous trouve toutes deux à sa dévotion;
Et cependant l'abord[791-a] des lettres d'un faussaire. (1633-57)
Var. Ne trouve plus d'obstacle à ta prétention;
Et le premier aspect des lettres d'un faussaire. (1660)
[791-a] L'édition de 1657 donne, par erreur, d'abord, pour l'abord.
[792]
Var. Furieux, enragé, tu partis de ce lieu.
TIRS. Mon cœur, j'en suis honteux, mais songe que possible,
Si j'eusse moins aimé, j'eusse été moins sensible. (1633-57)
[793] Var. La voix de la raison qui vient pour le dompter. (1633-57)
[794] Var. Foible excuse pourtant, n'étoit que ma bonté. (1633-57)
[795]
Var. MÉL. Mais apprends-moi l'auteur de cette perfidie.
TIRS. Je ne sais quelle main pût être assez hardie. (1633-57)
[796]
Var. [L'amour a fait au sang un peu de trahison;]
Mais deux ou trois baisers t'en feront la raison.
Que ce soit toutefois, mon cœur, sans te déplaire.
CLOR. Les baisers d'une sœur satisfont mal un frère:
Adresse mieux les tiens vers l'objet que je voi[796-a].
TIRS. De la part de ma sœur reçois donc ce renvoi.
MÉL. Recevoir le refus d'un autre[796-b]! à Dieu ne plaise!
TIRS. Refus d'un autre, ou non, il faut que je te baise,
Et que dessus ta bouche un prompt redoublement
Me venge des longueurs de ce retardement.
CLOR. A force de baiser vous m'en feriez envie:
Trêve. TIRS. Si notre exemple à baiser te convie,
Va trouver ton Philandre, avec qui tu prendras
De ces chastes plaisirs autant que tu voudras.
CLOR. A propos, je venois pour vous en faire un conte.
Sachez donc que, sitôt qu'il a vu son méconte,
[L'infidèle m'a fait tant de nouveaux serments.] (1633-57)
[796-a] Dans les éditions de 1644-57; le morceau qui suit remplace les douze vers précédents: «Adresse mieux les tiens, etc.,» qui ne sont que dans celle de 1633:
TIRS. Autant que ceux d'un frère une sœur, et je croi
Que tu baiserois mieux ton Philandre que moi.
CLOR. Mon Philandre, il se trouve assez loin de son conte.
TIRS. Un change si soudain lui donne un peu de honte,
[CLOR. L'infidèle m'a fait tant de nouveaux serments.] (1644-57)
[796-b] Il y a le masculin: d'un autre, à ce vers et au suivant, dans l'édition de 1633, qui seule donne ces deux vers. Voyez la variante (note [759]) du vers 1425 de Mélite.
[797] Var. Au moins tous ses discours n'ont encor rien gagné. (1633-57)
[798] Var. Qu'inférez-vous par-là? [CLOR. Que son humeur volage] (1633-57)
[799]
Var. Paravant que l'hymen, d'un joug inséparable. (1633)
Var. Avant que de l'hymen le joug inséparable. (1644-57)
[800]
Var. Me soumettant à lui, me rendit misérable.
Qu'il cherche femme ailleurs, et pour moi, de ma part. (1633-57)
[801] Var. Si vous veux-je pourtant remettre bien ensemble. (1633-57)
[802] Var. Ne l'entreprenez pas, possible qu'après tout. (1633-44 et 52-57)
[803] Il y a NOURRICE, sans article, dans les éditions de 1633-52.
[804] En marge, dans l'édition de 1633: La Nourrice paroît à l'autre bout du théâtre, avec Éraste, l'épée nue à la main, et ayant parlé à lui quelque temps à l'oreille, elle le laisse à quartier (voyez p. 93, note [382]), et s'avance vers Tirsis.
[805]
Var. Tous nos pensers sont dus à ces chastes délices
Dont le ciel se prépare à borner nos supplices:
Le terme en est si proche, il n'attend que la nuit.
Vois qu'en notre faveur déjà le jour s'enfuit,
Que déjà le soleil, en cédant à la brune,
Dérobe tant qu'il peut sa lumière importune,
Et que pour lui donner mêmes contentements
Thétis court au-devant de ses embrassements.
LA NOURR. Vois toi-même un rival qui, la main à l'épée,
Vient quereller sa place à faux titre occupée,
Et ne peut endurer qu'on enlève son bien,
Sans l'acheter au prix de son sang ou du tien.
MÉL. Retirons-nous, mon cœur. TIRS. Es-tu lassé de vivre?
CLOR. Mon frère, arrêtez-vous. TIRS. Voici qui t'en délivre:
Parle, tu n'as qu'à dire. ÉRASTE, à Mélite. Un pauvre criminel,
[A qui l'âpre rigueur d'un remords éternel.] (1633-57)
[806] Var. LA NOURRICE, montrant Éraste. (1644-57)
[807]
Var. De sortir de torture en sortant de la vie,
Vous apporte aujourd'hui sa tête à l'abandon,
Souhaitant le trépas à l'égal du pardon.
Tenez donc, vengez-vous de ce traître adversaire,
Vengez-vous de celui dont la plume faussaire
Désunit d'un seul trait Mélite de Tirsis,
Cloris d'avec Philandre. MÉLITE, à Tirsis. A ce compte, éclaircis
Du principal sujet qui nous mettoit en doute,
Qu'es-tu d'avis, mon cœur, de lui répondre? (1633-57)
[808] A quartier, à l'écart: voyez la note [612] de la p. 93.
[809] Var. Vite, dépêchez-vous d'abréger mon supplice. (1633)
[810] Toutes les éditions portent: «Nous nous sommes rendus.» Voyez l'introduction du Lexique.
[811] Var. Et de ce que l'excès de ma douleur amère. (1633-57)
[812] Var. Ils tiennent le passé dedans l'indifférence. (1633-57)
[813] Var. Celui qui l'en tira pût entrer en sa place. (1633-60)
[814]
Var. Éraste, qu'un pardon purge de tous forfaits,
Est prêt de réparer les torts qu'il vous a faits.
Mélite répondra de sa persévérance:
Il ne l'a pu quitter qu'en perdant l'espérance;
Encore avez-vous vu son amour irrité
Faire d'étranges coups en cette extrémité;
Et c'est avec raison que sa flamme contrainte. (1633-57)
[815] Var. Ses amoureux desirs, vers elle superflus. (1633-57)
[816] Var. Bien que dedans tes yeux tes sentiments se lisent. (1633-57)
[817]
Var. Excusable pudeur, soit donc, je le consens,
Trop sûr que mon avis s'accommode à ton sens. (1633-57)
[818] En marge, dans l'édition de 1633: Il parle à Éraste et lui baille la main de Cloris.
[819] Var. Jusqu'à ce que ma belle après vous m'ait permis. (1633-57)
[820]
Var. Oui, jusqu'à cette nuit, qu'ensemble, ainsi que nous,
Vous goûterez d'Hymen les plaisirs les plus doux.
CLOR. Ne le présumez pas, je veux après Philandre[820-a]
L'éprouver tout du long de peur de me méprendre.
LA NOURR.[820-b] Mais de peur qu'il n'en fasse autant que l'autre a fait,
Attache-le d'un nœud qui jamais ne défait.
[CLOR. Vous prodiguez en vain vos foibles artifices.] (1633-57)
[820-a] Ne le présumes (sic) pas, je veux après Philandre. (1633)
[820-b] LA NOURRICE, à Cloris. (1648)
[821] Var. Vous vous rendrez sensible à son naissant amour. (1660)
[822] Var. Dont un destin meilleur m'a mise en impuissance. (1633-57)
[823] Var. LA NOURR.[823-a] Tu ferois mieux de dire: A ses propres plaisirs. (1633-57)
[823-a] LA NOURRICE, à Mélite. (1648)
[824] Var. ÉRASTE, à Cloris. (1648)
[825]
Var. Et dans un point où gît tout mon contentement,
Comme partout ailleurs, suivez leur jugement. (1633-57)
[826] Var. CLORIS, à Éraste. (1648)
[827]
Var. Ayant eu son avis, sans craindre un repentir,
Ton mérite et sa foi m'y feront consentir. (1633-57)
[828] Var. Nourrice, va t'offrir pour nourrice à Philandre. (1633)
[829] Cette indication manque dans les éditions de 1633-60.
[830]
Var. Vous êtes bien pressés de me laisser ainsi. (1633-48)
Var. Vous êtes bien hâtés de me quitter ainsi. (1664 et 68)
[831]
Var. Allez, je vais vous faire à ce soir telle niche,
Qu'au lieu de labourer, vous lairrez tout en friche[831-a]. (1633-48)
[831-a] Ces deux vers terminent la pièce dans les éditions indiquées.
[832] Le chiffre placé au commencement d'une variante marque à quel vers du texte elle se rapporte.
[833] Si bien qu'il en reçoit à grand'peine une lettre. (1644-57)
[834] Non, il les faut avoir des mains de ce bravache. (1648)
[835] Et laver dans son sang cette honteuse tache. (1644-57)
[836] Je le vais quereller jusque dans sa maison. (1644-57)
[837] Ce jeu de scène manque dans l'édition de 1633.
[838] Je m'en vais de ce pas le voir chez cette belle. (1644-57)
[839] Qu'est-ce que par leur vue ils me pourroient apprendre? (1644-57)
[840] Il reconnoît les lettres et tâche de s'en saisir, mais Cloris les resserre. (1633, en marge.)
[841] Ce jeu de scène n'est pas indiqué dans l'édition de 1633.
[842] De les avoir jamais que des mains de Mélite. (1648)
[843] En marge, dans l'édition de 1633: Elle lui ferme la porte au nez.
[844] Dans les éditions de 1644-57: SCÈNE VIII.
[845] Ici finit le IIIe acte.
[846] Henri II, duc de Longueville, né en 1595, se maria à vingt et un ans à Louise (fille de Charles de Bourbon Soissons), qui mourut en 1637. Ce fut seulement en 1642 qu'il épousa la sœur du grand Condé, dont Villefore a esquissé la vie et que M. Cousin nous a si bien fait connaître. «M. le duc de Longueville, dit Segrais, faisoit pension aux gens de lettres et particulièrement aux habiles généalogistes, comme à M. de Sainte-Marthe et M. du Bouchet.» (Œuvres, tome II, Mémoires anecdotes, p. 53.) Il mourut à Rouen en 1663—L'Épître dédicatoire figure dans toutes les impressions antérieures à 1660: nous nous conformons au texte de l'édition de 1632; c'est la seule qui donne la Préface et l'Argument.
[847] Var. (édit. de 1644-1657): qu'à les produire.
[848] Les mots: «de ma part» ne sont que dans l'édition de 1632.
[849] Dans l'Art poétique, où les mots «au poëte qu'il instruit» nous invitent à chercher cette citation, il n'y a guère qu'un passage qui ait quelque rapport avec la pensée exprimée ici; c'est l'hémistiche: cui lecta potenter erit res, qui, d'après plusieurs commentateurs, signifie que le sujet doit être choisi de manière à ne pas surpasser les forces de l'auteur et à pouvoir être gouverné, dominé par lui. Mais n'est-il pas possible que cette fois encore Corneille ait cité de mémoire et que confondant une idée toute morale avec un précepte littéraire, il ait eu en vue ce vers bien connu de la 1re épître du 1er livre d'Horace (v. 19):
Et mihi res, non me rebus subjungere conor?
[850] Période, employé d'une manière absolue, dans le sens de la locution ordinaire: le plus haut période.
[851] Appliquer l'esprit.
[852] Valère Maxime (livre VIII, chap. II) ne nomme pas le peintre. Pline (livre XXXV, chap. XL) attribue le fait à Néalcès; Sextus Empiricus (Hypotyposes pyrrhoniennes, livre I, chap. XII), à Apelle.
[853] A partir de l'édition de 1644, Corneille a déterminé le lieu de la scène en faisant du Roi, dans la liste des acteurs, un roi d'Écosse.
[854] Concurrences, rencontres, ici rencontres d'idées, d'expressions.
[855] Dans l'édition de 1632 on lit: «qu'il la tue.» C'est une faute d'impression: voyez la scène VII de l'acte III.
[856] Ce sont, à peu près, les deux vers qui terminent la pièce:
Ainsi nous verrons lors cueillir en même jour, etc.
[857] Var. (édit. de 1660): vingt-quatre. De même six lignes plus bas.
[858] Var. (édit, de 1660): de ce que le style étoit.
[859] Voyez la Notice, p. 258.
[860] Var. (édit. de 1660): il est encor mêlé.
[861] Var. (édit. de 1660-1668): tout ce qui doit y arriver.
[862] Var. (édit. de 1660-1668): dont je me fais.
[863] Var. (édit. de 1660-1664): et l'on ne peut pas.
[864] Var. (édit. de 1660-1664): l'on.
[865] Capital, substantivement, affaire principale, principal intérêt.
[866] Var. (édit. de 1660-1664): monoloques.
[867] Var. (édit. de 1660): Théodore, Nicomède et Pertharite.—Corneille avait d'abord compris Nicomède dans cette énumération, parce qu'il oubliait le court monologue qui termine le IVe acte.
[868] L'édition de 1663 est la première qui donne les noms propres Alcandre et Floridan. Dans l'édition de 1632, on lit simplement: le Roi; dans celles de 1644-1660: le Roi d'Écosse. Pour le second personnage, les éditions de 1632-1660 portent: le Prince, fils du Roi.
[869] Cette indication paraît pour la première fois dans l'édition de 1644.
[870] Var. CALISTE, regardant derrière elle. (1632)