1 A la fin de 1657. (T.)

2 Si Tallemant n'a pas renoncé au projet dont il parle ici, et il est peu vraisemblable qu'il l'ait fait, car il renvoie souvent le lecteur à ses Mémoires sur la Régence, il est fort à craindre que l'ouvrage n'ait été perdu; c'est un malheur pour l'histoire.

3 Dont les succès ressemblèrent fort à ceux d'un officier de fortune.

4 Henri IV, né au château de Pau, le 13 décembre 1553, roi de Navarre en 1572, et de France en 1589, assassiné à Paris le 14 mai 1610.

5 C'est ce qui a fait dire à Bayle: «Si la première fois qu'il débaucha la fille ou la femme de son prochain, on l'eût traité comme Pierre Abélard, il seroit devenu capable de conquérir toute l'Europe, et il auroit pu effacer la gloire des Alexandre et des César... Ce fut son incontinence prodigieuse qui l'empêcha de s'élever autant qu'il auroit pu le faire.» L'article entier de Tallemant peut faire croire qu'il partageoit cette opinion si vivement relevée par Voltaire, et traitée de plaisanterie par Condorcet.

6 Elle se trouvoit alors en Gascogne, à une distance assez grande du théâtre de la guerre.

7 Gabrielle d'Estrées. Henri IV avoit érigé pour elle le comté de Beaufort en duché-pairie.

8 Sigogne[8-A] en fit cette épigramme:

Ce grand Henri, qui souloit estre
L'effroi de l'Espagnol hautain,
Fuyt aujourd'huy devant un prestre,
Et suit le c.. d'une p..... (T.)

—Mézerai dit que peu après qu'il eut amené Gabrielle au siége de la ville, «il fut contraint d'éloigner ce scandale de la vue des soldats, non-seulement par leurs murmures qui venoient jusqu'à ses oreilles, mais aussi par les reproches du maréchal de Biron.» (Abrégé chronologique de l'Histoire de France, édition de 1682, tome 6, page 170.)

8-A Voir sur ce poète une note (183) placée ci-après dans l'Historiette de mademoiselle Du Tillet.

9 Henri IV étant près de se faire catholique, ses favoris lui disoient: «Sire, avertissez-nous quand vous changerez de religion.» Il faisoit alors l'amour à une religieuse de Passy, il s'en lassa et s'en alla faire autant à Maubuisson; ils lui dirent: «Vous aviez promis de nous avertir.»

10 Sébastien Zamet étoit de Lucques; il fut naturalisé françois. Plaisant et enjoué, il s'étoit fait aimer de Henri IV, qui avoit choisi sa maison pour faire ses parties de plaisir. D'Aubigné est de ceux dont Tallemant parle comme croyant à l'empoisonnement de Gabrielle par Zamet; il dit qu'après s'être rafraîchie chez lui en mangeant d'un gros citron, ou selon d'autres d'une salade, elle sentit aussitôt un grand feu au gosier, et des tranchées furieuses à l'estomac.

11 Voyez à ce sujet les Mémoires de M. de Sully, liv. 9. (T.)

12 Henri de Bourbon, prince de Condé, père du grand Condé.

13 François de Bourbon, prince de Conti, fils de Louis de Bourbon Condé, premier du nom.

14 Madame de Montafier, mère de feue madame la comtesse (de Soissons). (T.)

15 Le premier M. d'Estrées, grand-maître de l'artillerie (mais en ce temps-là ce n'étoit pas officier de la couronne), étoit un brave homme qui fit sa fortune. Il était de la frontière de la Picardie; on l'appeloit La Caussée en picard, pour La Chaussée, et étoit un peu dubiæ nobilitatis. Mais après il se fit appeler d'Estrées, et dit qu'il étoit d'une bonne maison de Flandre. Son fils, par la faveur de madame de Beaufort, fut aussi grand-maître de l'artillerie. J'ai ouï dire que ce premier M. d'Estrées étoit gendarme dans la compagnie d'un M. de Rubempré, et qu'il sauva la vie à son capitaine. On l'appeloit Gran-Jean de La Caussée; cela servit à sa fortune. (T.)

16 Le 31 décembre 1593. (Voyez Anselme, tome 4, page 599.)

17 On dit qu'une madame de la Bourdaisière se vantoit d'avoir couché avec le pape Clément VII; à Nice, avec l'empereur Charles-Quint, quand il passa en France, et avec François Ier (T.)

18 Les Babou écarteloient en effet au 1er et 4e d'argent au bras de gueules, sortant d'un nuage d'azur, tenant une poignée de vesce en rameau de trois pièces de sinople. (P. Anselme, tome 7, page 180.)

19 Ce mot étoit alors synonyme de femme éhontée. (Dictionnaire de Trévoux.)

20 La Pourpointerie étoit, sans doute, le lieu où étaloient les marchands de vieux habits.

21 Il y a du vrai et de l'inexact dans ce souvenir de Tallemant. Françoise Ra, veuve de Laurent Babou, se remaria, le 26 janvier 1504, avec Jean Salar, lieutenant-général de Bourges. Philibert Babou, son fils aîné, épousa en 1510 Marie Gaudin, dame de la Bourdaisière, qui apporta cette terre à son mari. Ce dernier est l'aïeul de Françoise Babou, mère du maréchal d'Estrées. (P. Anselme, loco cit.)

22 Il mourut à Paris le 5 mai 1670.

23 Louise, bâtarde de La Valette, abbesse de Sainte-Glossine ou Glossinde de Metz, en 1606, morte en 1647. (Gallia christiana, tome 13, page 933; le P. Anselme, tome 3, page 857.)

24 Catherine, princesse de Navarre, sœur de Henri IV, mariée au duc de Bar, en 1599.

25 Balagny, fils de Montluc, évêque de Valence. Il vint avec cinq cents chevaux et huit cents fantassins levés à ses dépens, trouver Henri IV, lorsqu'il ne savoit comment s'opposer au grand commandeur de Castille et à M. de Mayenne, qui venoient pour faire lever le siége de Laon. Ce service fut si agréable au roi, qu'il fit Balagny maréchal de France, et lui fit épouser la sœur de madame de Beaufort. Ce Balagny avoit été prince de Cambray, dont il s'étoit rendu maître en suivant le duc d'Alençon. Sa première femme, la sœur du brave Bussy d'Amboise, avoit tant de cœur, qu'elle creva de dépit de n'être plus la princesse de Cambray, où ils faisoient grande dépense. Elle eut un fils qui fut le Bouteville de son temps; Puymorin le tua dans la rue des Petits-Champs. Il est vrai qu'un valet le blessa par-derrière d'un coup de fourche, comme il se battoit. Le Balagny qui est venu de la sœur de madame d'Estrées n'est qu'un coquin. (T.)

26 On conte encore une chose fort jolie de cette madame de Neufvic. Quoique déjà assez âgée, elle aimoit fort les fleurs, et portoit souvent des bouquets. Le comte de Sardini, alors jeune, la trouva un jour chez madame de Bar, avec un bouquet; c'étoit durant le siége d'Amiens. Il se mit à chanter ce couplet de Ronsard:

Quand ce beau printemps je voy,
J'aperçoy
Rajeunir la terre et l'onde,
Et me semble que l'amour,
En ce jour,
Comme enfant renaisse au monde.

Elle, sur-le-champ, se mit à chanter:

Moi je fais comparaison
D'un oison
A un homme malhabile,
Qui, d'un sang par trop rassis,
Cause assis,
Quand son roi prend une ville. (T.)

27 A cause de sa charge de grand-écuyer.

28 Un jour M. de Praslin, capitaine des gardes-du-corps, depuis maréchal de France durant la régence, pour empêcher le Roi d'épouser madame de Beaufort, lui offrit de lui faire surprendre Bellegarde couché avec elle. En effet, il fit lever le Roi une nuit à Fontainebleau; mais quand il fallut entrer dans l'appartement de la duchesse, le Roi dit: «Ah! cela la fâcheroit trop.» Le maréchal de Praslin a conté cela à un homme de qualité de qui je le tiens. (T.)

29 L'anecdote du médecin Alibour, rapportée dans les Mémoires de Sully, rend vraisemblable le récit de Tallemant. (Voyez les Œconomies royales, tome 2, page 355 de la deuxième série des Mémoires relatifs à l'Histoire de France.)

30 Locution du temps dont on comprend suffisamment le sens.

31 Louis XIII.

32 A l'hôtel de la Force. (T.) Cet hôtel, ainsi que celui de Longueville, avoit été construit près du Louvre, sur le terrain de l'ancien hôtel d'Alençon (Jaillot, Recherches sur Paris, quartier du Louvre, p. 55.) L'ancien palais du roi de Sicile n'a pris le nom d'hôtel de la Force que sous Louis XIV. (Ibid., quartier Saint-Antoine, p. 119.)

33 Brantôme a prétendu que Marie Touchet étoit fille d'un apothicaire d'Orléans; mais suivant Le Laboureur, dans les Additions sur les Mémoires de Castelnau, et Dreux du Radier, dans les Reines et Régentes, le père de Marie Touchet auroit été lieutenant particulier au bailliage d'Orléans.

34 Cet événement arriva le 9 juin 1606. (Mercure françois, tom. I. fol. 107.)

35 Tallemant se tait sur la conspiration d'Entragues et du comte d'Auvergne, où madame de Verneuil trempa, si elle n'en a pas été le principal moteur.

36 La Reine-mère revint de l'éloignement qu'elle avoit témoigné pour ce genre de punition. (Voyez les Mémoires de l'Estoile, dans la Collection des Mémoires, première série, tome 49, page 26.)

37 Ces accusations tombent devant les faits. Le président Jeannin interrogea Ravaillac le 14 mai, jour même du parricide. Ce monstre subit deux autres interrogatoires devant le premier président Achille du Harlay et d'autres magistrats. Il soutint, même dans la question, que personne ne l'avoit excité à commettre son crime. Ces interrogatoires, tirés des manuscrits de Brienne, ont été imprimés dans le Supplément aux Mémoires de Condé, édition de Lenglet du Fresnoy, in-4o; 1743 ou 1745.

38 Jacqueline Levoyer, dite de Comant, femme d'Isaac de Varennes, accusa le duc d'Épernon et la marquise de Verneuil d'avoir trempé dans l'assassinat du Roi. Elle fut condamnée à une prison perpétuelle. (Mémoires de l'Estoile, audit lieu, t. 49, p. 170 et 218.) Voyez plus bas l'Historiette de mademoiselle Du Tillet.

39 Il étoit amateur de bons mots: un jour, passant par un village, où il fut obligé de s'arrêter pour y dîner, il donna ordre qu'on lui fît venir celui du lieu qui passoit pour avoir le plus d'esprit, afin de l'entretenir pendant le repas. On lui dit que c'étoit un nommé Gaillard. «Eh bien! dit-il, qu'on l'aille quérir.» Ce paysan étant venu, le Roi lui commanda de s'asseoir vis-à-vis de lui, de l'autre côté de la table où il mangeoit. «Comment t'appelles-tu? dit le roi.—Sire, répondit le manant, je m'appelle Gaillard.—Quelle différence y a-t-il entre gaillard et paillard?—Sire, répondit le paysan, il n'y a que la table entre deux.—Ventre saint-gris, j'en tiens, dit le Roi en riant. Je ne croyois pas trouver un si grand esprit dans un si petit village.» (T.)

40 On dit que La Vieuville ayant fait quelque raillerie d'un brave de la cour, ce brave lui envoya faire un appel, et celui qui lui portoit la parole ajouta que ce seroit pour le lendemain à six heures du matin. «A six heures? reprit La Vieuville, je ne me lève pas de si bon matin pour mes propres affaires; je serois bien sot de me lever de si bonne heure pour celles de votre ami.» Cet homme n'en put tirer autre chose. La Vieuville de ce pas en alla faire le premier le conte au Louvre; et, parce que les rieurs étoient de son côté, l'autre passa pour un ridicule. (T.)

41 Zamet, comme un notaire lui demandoit ses qualités, dit: «Mettez seigneur de dix-huit cent mille écus.» (T.)

42 C'est à cette princesse que son époux contrefait disoit, au moment de faire une absence: «Surtout, madame, ne me faites pas c... pendant que vous ne me verrez pas.—Partez en paix, monsieur, répondit-elle; je n'ai jamais tant envie de vous le faire que quand je vous vois.»

43 Tallemant écrivoit ceci vers l'année 1657.

44 L'hôtel de Nevers étoit situé près du Pont-Neuf entre la rue de Nevers et le palais de l'Institut. Il a fait place à l'hôtel de Conti, qui a été détruit vers la fin du règne de Louis XV, quand on a construit l'Hôtel de la Monnoie.

45 Le comte de Soissons. (T.) Madame, sœur du roi, avoit été recherchée par le comte de Soissons; mais Henri IV ne voulut jamais consentir à ce mariage. Dans le seizième siècle, et même encore dans le dix-septième, on écrivoit indifféremment conte ou compte.

46 Cette maison pourroit bien être l'ancien hôpital de la Charité d'Avon, fondé en 1662 par Anne d'Autriche. Cet hospice est aujourd'hui un petit séminaire. Les bâtiments et les jardins font une hache dans la partie du parc qui longe le canal.

47 Charles de Gontaut, duc de Biron, né vers 1562, décapité à Paris en 1602.

48 Le vieux maréchal s'effrayoit beaucoup de l'activité et de l'ardeur de son fils: «Biron, lui disoit-il, je te conseille, quand la paix sera faite, que tu ailles planter des choux en ta maison, autrement il te faudra perdre la tête en Grève.»

49 Il étoit difficile à contenter, celui dont Henri avoit dit: «Voilà le maréchal de Biron que je présente, avec un égal succès, à mes amis et à mes ennemis.»

50 Est-ce à la fausse honte, à la dissimulation de Biron sur ce point, qu'il faut attribuer le crédit qu'a trouvé généralement parmi les contemporains du maréchal l'opinion toute contraire à celle que Tallemant exprime ici? «Je ne puis m'empêcher de remarquer, dit Sully, à l'avantage des lettres, qu'autant que le maréchal de Biron le père avoit de lecture et d'érudition, autant le fils en avoit peu. A peine savoit-il lire.»

51 Père du conseiller qui a écrit. (T.) Claude Sarrau, conseiller au parlement de Rouen, a été en relation avec beaucoup de savants, et son fils Isaac a publié, en 1654, un choix de ses lettres.

52 C'est sans doute parce que les détails de la malheureuse fin de Biron, décapité dans l'intérieur de la Bastille, à l'âge de quarante ans, le 31 juillet 1602, sont trop connus, que Tallemant ne les a pas donnés ici.

53 Antoine, baron de Roquelaure, d'une ancienne famille de l'Armagnac, né vers 1543, mort à Lectoure, le 9 juin 1625, dans sa quatre-vingt-deuxième année.

54 Du mot italien ruffiano, proxénète de la nature la plus honteuse.

55 Jean de Vivonne, marquis de Pisani. C'est un caractère fort remarquable et un personnage de l'obscurité historique duquel on se rend difficilement compte après avoir lu cette historiette. Son nom ne se trouve dans aucune des Biographies modernes. Le marquis de Pisani est mort en 1599.

56 Charles d'Angennes de Rambouillet, né en 1530, ambassadeur de France à Rome, cardinal en 1570, mort à Corneto, dont il étoit gouverneur pour le pape, en 1587.

57 Cette fille a été la marquise de Rambouillet, l'une des femmes les plus distinguées de son siècle. Tallemant, admis dans l'intimité de cette dame, tenoit d'elle tous ces détails, ainsi qu'on le verra plus tard.

58 Jacques-Auguste de Thou dit dans ses Mémoires que l'année 1599 lui fut funeste, par la perte qu'il fit des trois hommes illustres qui étoient ou ses alliés ou ses meilleurs amis. «C'étoient le comte de Schomberg, le chancelier de Chiverny, et le marquis de Pisani, qui moururent tous trois en ce temps-là.» (Pag. 336 de l'édition d'Amsterdam, 1713.)

59 Henri II, prince de Condé.

60 Roger de Saint-Lary, duc de Bellegarde, grand-écuyer de France, né vers 1563, mort le 13 juillet 1646.

61 Voir ci-après son Historiette (pag. 138).

62 Mémoires très-particuliers du duc d'Angoulême pour servir à l'histoire du règne de Henri III et Henri IV. (T.)—Tallemant cite ces Mémoires d'après la première édition qui en fut publiée à Paris, en 1662. (Voyez la Collection des Mémoires relatifs à l'Histoire de France, première série, tom. 44, pag. 566.) On y remarque quelques différences de langage.

63 Espèce de chanson du temps.

64 Peintre de portraits dont on lira l'Historiette plus bas.

65 La Biographie universelle, tom. II, pag. 228, donne pour acteurs à cette scène Henri IV et Desportes, ce qui n'a nulle vraisemblance, car Desportes, titulaire de plusieurs abbayes, jouissoit d'un revenu considérable (voir ci-après son Historiette), et n'avoit pas besoin qu'on doublât son revenu pour être vêtu convenablement.

66 De là est venu M. Benoise de Paris. (T.)

67 Célèbre médecin et mathématicien, né en 1497, mort le 26 avril 1558.

68 Madame de Dampierre étoit tante de Brantôme, qui en a parlé fréquemment dans ses Mémoires.

69 Elisabeth d'Autriche, femme de Charles IX. Brantôme en a tracé un charmant portrait dans ses Dames Illustres (Tom. 5 de l'édition Foucault de 1823).

70 Frère de Roger de Saint-Lary, maréchal de France et duc de Bellegarde.

71 Louise de Lorraine, fille du duc de Guise, dit le Balafré, femme de François de Bourbon-Conti, troisième fils de Louis de Bourbon, premier du nom, prince de Condé. Née en 1577, elle épousa le prince de Conti en 1605, et mourut à Eu en 1631.

72 Antoinette de Bourbon. C'étoit une honnête femme; ce conte ne lui convient pas trop bien. (T.)

73 Voyez l'histoire d'Alcippe, dans le deuxième livre de la première partie de l'Astrée.

74 Elle étoit de Clèves, cadette de madame de Nevers, mère de M. de Mantoue. (T.)

75 Madame de Mayenne étoit héritière de Tende (le comte de Tende, bâtard de Savoie). Elle étoit veuve de M. de Montpézat. Devenue héritière, M. de Mayenne l'épousa. (T.)

76 Bellegarde prit un homme qui se sauvoit de Paris. Cet homme lui donna le portrait au crayon de mademoiselle de Guise. Elle n'avoit que quinze ans quand on fit ce portrait. Ce fut par là qu'il commença à en devenir amoureux. Six ans devant que de mourir, elle recouvra ce portrait et le vit à madame de Rambouillet qui la fut voir ce jour-là même; elle en avoit une grande joie. (T.)

77 Dans les Amours d'Alcandre on voit la naissance de cette galanterie. (T.)

78 Dariolette étoit la confidente de l'infante Elisenne, mère d'Amadis de Gaule. Le rôle que joue Dariolette dans l'ancien roman a fait donner son nom aux suivantes qui se font entremetteuses d'amour. Scarron, dans le livre 4 du Virgile travesti, dit de la sœur de Didon que:

En un cas de nécessité
Elle eût été Dariolette.

79 Celui qui après fut le tyran de Lyon. Il étoit frère de mère de M. de Guise, tué à Blois. Leur mère, fille de la duchesse de Ferrare (Renée), qui étoit fille de France, avoit épousé M. de Guise, puis M. de Nemours. (T.)

80 Il étoit de la maison d'Anglure. (T.)

81 François de Bourbon-Conti, mort en 1614.

82 Henri IV s'étoit en effet senti un doux penchant pour mademoiselle de Guise. Mais il vit Gabrielle, et n'eut plus d'yeux que pour elle; c'est alors que la beauté délaissée, pour se consoler, peut-être aussi pour diminuer les reproches qu'Henri pouvoit se faire, lia intrigue avec Bellegarde. Ce quadrille amoureux figure dans l'Histoire des amours du grand Alcandre.

83 Les Adventures de la cour de Perse, où sont racontées plusieurs histoires d'amour et de guerre arrivées de notre temps; Paris, Pomeray, 1629, in-8o. Jusqu'à présent on avoit attribué cet ouvrage à Jean Baudouin. (Voy. le Dictionnaire des Anonymes de Barbier.) On s'accorde à regarder la princesse de Conti comme l'auteur de l'Histoire des amours du grand Alcandre, insérée dans le Recueil de diverses pièces servant à l'histoire de Henri III; Cologne, P. du Marteau, 1663, in-12. Cet ouvrage contient le tableau des galanteries de Henri IV, sous le nom du grand Alcandre; la princesse de Conti y est désignée sous le nom de Milagarde. (Voyez le Recueil A B C, vol. S, pag. 1.)

84 Le Petit-Bourbon s'élevoit sur l'emplacement où l'on a construit depuis la colonnade du Louvre.

85 «Après la mort de Charles de Bourbon, on fit peindre de jaune la porte et le seuil de son hôtel à Paris, devant le Louvre. C'étoit la coutume du temps passé, pour déclarer un homme traître à son roi, de peindre sa porte de jaune, et de semer du sel dans sa maison, comme on fit dans celle de M. l'amiral de Châtillon.» (Dictionnaire de Trévoux.)

86 Elle l'a été depuis. (T.)

87 Ancien roman de chevalerie, cent fois réimprimé dans la Bibliothèque bleue.

88 Philippe Desportes, né à Chartres en 1546, mort dans son abbaye de Bonport le 5 octobre 1606.

89 On lit dans les Anecdotes historiques et littéraires sur Philippe Desportes, abbé de Tiron, et ses ouvrages, par Dreux du Radier, insérées au Conservateur de septembre 1757: «Cléonice fut la troisième dame à qui la muse de Desportes fut consacrée à l'âge de trente-deux ou trente-trois ans. Cette Cléonice étoit Héliette de Vivonne de la Châtaigneraie... Il est parlé de cette demoiselle dans le sonnet de Ronsard, imprimé à la suite des amours de Cléonice, où il lui donne le nom véritable d'Héliette, et Desportes a fait l'épitaphe d'Héliette de Vivonne de la Châtaigneraie à la fin de ses Diverses Amours.» Accorde qui pourra les historiens des amours de Desportes.

90 Œuvres de Desportes. Rouen, Raphaël du Petit-Val, 1611, pag. 518.

91 N'est-ce pas plutôt les Rencontres des Muses de France et d'Italie, 1604, in-4o? Desportes, s'il éprouva du déplaisir de ce rapprochement, comme le dit Tallemant, eut l'art de le déguiser, et répondit de bonne grâce «qu'il avoit pris aux Italiens plus qu'on ne disoit, et que si l'auteur l'avoit consulté, il lui auroit fourni de bons Mémoires.»

92 Desportes étoit chanoine de la Sainte-Chapelle, abbé de Tiron, de Bonport, de Josaphat, des Vaux-de-Cernai, et d'Aurillac. (Dreux de Radier, loc. cit.)

93 Le roi appeloit ainsi madame la princesse de Conti, quand il vouloit l'obliger. (T.)

94 Mademoiselle de Vitry, fille d'honneur de Catherine de Médicis, dont il vient d'être question dans cet article.

95 Mademoiselle de Vitry, sa sœur, qui ne fut point mariée. Il en est parlé précédemment dans l'Historiette de la princesse de Conti.

96 Tansillo (Louis), poète italien, né à Venosa vers 1510, mort à Teano, dans le royaume de Naples, en 1568. Ses principaux ouvrages sont: Il Vendemmiatore, poème dont la première édition parut à Naples, in-4o, 1534; le Lagrime di san Pietro; il Podere, poèmes, et des Sonetti et Canzoni.

97 Du Perron (Jacques Davy, cardinal) né le 25 novembre 1556, d'une famille protestante réfugiée, mort le 5 septembre 1618.

98 Quand le cardinal fut grand seigneur, il signa d'Avit pour se dépayser et faire croire qu'il étoit d'une maison qui s'appeloit Avit.

99 Le poète Desportes, dont l'Historiette précède immédiatement celle-ci.

100 Léonor d'Estampes-Valencay, évêque de Chartres, transféré à l'archevêché de Reims en 1641. Son Historiette se trouve plus bas.

101 Il ne paroît pas que Léonor d'Estampes ait publié sur cette matière un traité ex professo; c'est plutôt dans une déclaration qu'en 1626 il fit conjointement avec l'évêque de Soissons, qu'il aura avancé ce fait. (Voyez la Bibliothèque chartraine de Liron. Paris, 1719, in-4o, pag. 245.)

102 Du Perron (Jean Davy), archevêque de Sens, mort en 1621.

103 «M. de Bautru a fait une satire contre l'Ambigu. L'Ambigu étoit frère de M. le cardinal du Perron. On ne pouvoit pas, disait-il, décider s'il étoit jour ou nuit lorsqu'il vint au monde. Il étoit hermaphrodite, et la sage-femme, lors qu'il fut né, dit à la mère: «Madame, votre fils est une fille, et votre fille est un garçon.» On le nomma Lysique, afin qu'on ne pût distinguer si c'étoit le nom d'un homme ou d'une femme. Il mit un ouvrage en lumière, mais on ne pouvoit pas dire pour cela qu'il fût auteur, parce que c'étoit une traduction.» (Menagiana, édit. de 1762, tom. 1, pag. 339.)

104 J'ai tiré la plus grande part de ceci d'un manuscrit qu'a fait feu M. Marbault, autrefois secrétaire de M. Duplessis-Mornay, sur les Mémoires de M. de Sully, dont il montre presque partout la fausseté pour les choses qui concernent l'auteur. J'ai extrait de cet écrit ce qu'on n'oseroit publier, quand on l'imprimera. (T.)—Si nous avions besoin de prouver que les Mémoires de Tallemant ne sont pas une reproduction fastidieuse des autres Mémoires du temps, il nous suffiroit de citer à l'appui de notre assertion l'article Sully. Certes, ce ministre y est peint sous un jour tout nouveau. Est-il également vrai? Nous sommes très-portés à croire qu'un peu de passion a pu parfois rembrunir le tableau; mais il ne nous paroît pas moins constant par les mots cités par Tallemant, de Henri IV sur Sully, mots qui portent évidemment le cachet de ce prince, que, fort attaché à son ministre dont il appréciait l'habileté, Henri IV regardoit son dévoûment et ses services comme loin d'être complètement désintéressés.

105 Henri III.

106 Mémoires de Sully, liv. 22.

107 Mémoires de Sully, liv. 7.

108 Mémoires d'Etat de messire Philippe Hurault, comte de Chiverny, 1636, in-4o.

109 Mémoires, liv. 4 et 7.

110 Mémoires, liv. 7.

111 Marguerite de France, reine de Navarre, épouse divorcée de Henri IV. Tallemant lui consacre un article peu après.

112 La duchesse de Beaufort, Gabrielle.

113 Harlay de Sancy, pour procurer des secours à Henri IV, mit en gage chez des Juifs de Metz un très-beau diamant. Cette pierre a été réunie aux diamants de la couronne. Il ne faut pas la confondre avec le Pitt ou le Régent, qui est d'un poids beaucoup plus considérable.

114 Ange Cappel, seigneur du Luat, est auteur d'un livre intitulé: l'Abus des Plaideurs, Paris, 1604, in-folio. Il nous a été impossible de découvrir dans aucune bibliothèque de Paris, et dans aucun catalogue, le petit livre, ayant pour titre: Le Confident, dont parle Tallemant. Ange Cappel a son article dans la Biographie universelle de Michaud; on trouve aussi des renseignemens sur lui dans les Remarques sur le chapitre 11 de la Confession de Sancy. (Voyez le Recueil de diverses pièces servant à l'histoire de Henri III. Cologne, P. Marteau, 1699, t. 2, p. 555.)

115 Cette facétie orne le frontispice de l'Abus des Plaideurs. On répondit à Cappel par un quatrain lourd et grossier, attribué à Rapin, que cite la Biographie. Ce donneur d'avis obtint le 27 septembre 1612 un arrêt du conseil qui lui accordoit le vingtième denier d'un nouveau fonds qu'il proposoit sur le ménage du domaine du roi. Une copie collationnée de cet arrêt existe dans le manuscrit du roi 8778, in-folio. Fonds de Béthune, p. 64.

116 Mémoires, liv. 12.

117 «J'ai appris de la vieille madame Pilou, dit Sauval, qu'il n'y a point eu de carrosse à Paris avant la fin de la Ligue... La première personne qui en eut étoit une femme de sa connoissance et sa voisine, fille d'un riche apothicaire de la rue Saint-Antoine, nommé Fayereau, et qui s'étoit fait séparer de corps et de biens d'avec Bordeaux, maître des comptes, son premier mari.» (Antiquités de Paris, tome 1er, p. 191.)

118 On trouvera plus bas un article sur cet Arnauld; on y donne la raison du surnom bizarre qu'il portoit.

119 Ceci doit être entendu de Louis XIII et non de Henri IV. François Du Val, marquis de Fontenay-Mareuil, élevé auprès du dauphin, comme enfant d'honneur, n'avoit que quinze ans à la mort de Henri IV. Il épousa en novembre 1626 Suzanne de Monceaux. Fontenay-Mareuil s'est rendu célèbre dans la carrière des ambassades; il a laissé des Mémoires importants qui ont été publiés pour la première fois dans la première série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, tomes 50 et 51.

120 Grand m... du roi (T.)—Cette assertion de Tallemant sur les fonctions secrètes de La Varenne ne paroît pas dénuée de vraisemblance. Son premier office avoit été celui de cuisinier chez Madame: il excelloit à piquer les viandes. Quand il eut fait fortune et quand Guillaume Fouquet (c'étoit son nom) eut gagné le marquisat de La Varenne, Madame le rencontrant un jour, lui dit: «La Varenne, tu as plus gagné à porter les poulets de mon frère qu'à piquer les miens.» Il fut fait porte-manteau du Roi, puis conseiller d'état et contrôleur général des postes; toutefois ces différentes charges ne le détournèrent jamais du soin de ses missions amoureuses. Mais l'âge du Roi diminuoit chaque jour l'importance du rôle de son confident; aussi La Varenne ayant obtenu une grâce nouvelle du prince, comme le chancelier de Bellièvre faisoit quelques difficultés d'en sceller l'expédition, La Varenne lui dit: «Monsieur, ne vous en faites pas tant accroire: je veux bien que vous sachiez que si mon maître avoit vingt-cinq ans de moins, je ne donnerois pas mon emploi pour le vôtre.»

121 M. de Rohan; le comte de Vertus d'Avaugour. (T.)—Henri, duc de Rohan, épousa en 1605 Marguerite de Béthune-Sully, et Claude de Bretagne, comte de Vertus, avoit épousé Catherine Fouquet, fille du marquis de La Varenne.

122 Par allusion au supplice du maréchal de Biron, décapité le 31 juillet 1602.

123 Duret de Chevry, sur lequel on verra plus bas un article dans ces Mémoires, et La Clavelle de Chevigny avoient été secrétaires de Sully. (Voyez l'avertissement qui précède les Mémoires de Sully, Tome 1er, p. 3, de la 2e série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France.)

124 Tout ceci contraste fort avec le caractère d'austérité de convention qu'on a prêté à Sully. Il est surtout une pointe qui traîne dans tous les ana historiques et qui se trouve révoquée en doute par le récit de Tallemant. Si l'on en croit les conteurs, après la mort de Henri IV le prince de Condé témoigna un jour le désir que le marquis de Rosny, fils de l'ex-surintendant, figurât dans un ballet qu'il montoit. Sully lui aurait répondu avec cette sévérité théâtrale que la tradition lui prête: «Rosny est marié, il a des enfants, ce n'est plus à lui à danser.—Je vois bien ce que c'est, auroit repris le prince, vous voulez faire de mon ballet une affaire d'Etat.—Nullement, monsieur, lui répondit Sully, tout au contraire: je tiens vos affaires d'Etat pour des ballets.» Cela est bien digne, mais Tallemant est plus naturel, et il étoit rapproché des sources.

125 Présenter, donner les gants, locutions tirées de l'ancien usage de donner une paire de gants à celui qui apportoit le premier une bonne nouvelle, et par extension faire un cadeau en échange d'un service, d'une faveur. Cet usage venoit d'Espagne, où il s'appeloit la paraguante.

126 Livre 9.

127 Mémoires, liv. 3.

128 Sully, veuf d'Anne de Courtenay, se remaria à Rachel de Cochefilet, veuve elle-même en premières noces de Châteaupers.

129 Sully se retira en effet, à la mort de Henri IV, dans la terre de son nom; mais étant rentré en possession du château de Villebon qu'il avoit cédé au prince de Condé, il en fit son habitation principale, et il y est mort. Tallemant, dans cet article, montre plus qu'ailleurs son esprit mordant et porté au dénigrement. On voit dans les Mémoires de Sully de l'abbé de l'Ecluse, Londres, 1747, in-4o, tom. 3, pag. 414, le grand état que le ministre de Henri IV conserva jusque dans ses terres. Le château de Sully est un curieux monument du moyen âge; il a été sous Charles VII la demeure de La Trémouille. Il étoit avant la révolution flanqué de tours, mais il n'en subsiste qu'une seule aujourd'hui. On voit au milieu de la cour la statue en marbre que Rachel de Cochefilet, duchesse de Sully, fit élever à Villebon à la mémoire de son mari; on regrette que cette statue n'ait pas encore été placée sur son piédestal, et qu'elle soit encore couchée dans la caisse qui a servi à la transporter de Villebon à Sully.

130 Le connétable de Lesdiguières, né à Saint-Bonne de Champsaut, le 1er avril 1543, mort à Valence en 1626.

131 En partant pour s'aller marier, il dit à sa maîtresse: «Allons donc faire cette sottise, puisque vous le voulez» (T.)

132 Charles, maréchal de Créqui, épousa Madeleine de Bonne, fille du connétable de Lesdiguières. Il mourut en 1638, à l'âge d'environ soixante et onze ans.

133 Il étoit garde-des-sceaux du parlement de Grenoble.

134 Catherine Henriette, légitimée de France, fille de Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, fut mariée au duc d'Elbœuf en 1619, et mourut en 1663.

135 Charles de Lorraine, deuxième du nom, duc d'Elbœuf, mourut le 5 novembre 1657. Cette date et quelques autres, particulièrement celle que Tallemant a mise à la marge de son introduction, font connoître principalement l'époque à laquelle il écrivoit ses Mémoires.

136 Turenne, comme chacun sait, se trouva dans une circonstance toute pareille, et tint la même conduite.

137 Je ne dirai que ce qui n'est point dans ses Mémoires, ni dans ceux que M. de Peiresc a laissés à M. Dupuy. (T.)—Marguerite de France, reine de Navarre, première femme de Henri IV, née en 1552, morte le 27 mars 1615. On a d'elle des Mémoires fort curieux, qui ont eu beaucoup d'éditions.

138 Cette pièce ne paroît pas avoir été imprimée.

139 Margot étoit le nom abrégé et familier que Charles IX donnoit à sa sœur Marguerite. «En donnant ma sœur Margot au prince de Béarn, je la donne à tous les huguenots du royaume.» En effet, les faveurs de la princesse passoient déjà pour être partagées par un assez grand nombre d'élus.

140 Bassompierre en a parlé. «Le soir (du 5 août 1628), ce capucin, fils de la feue reine Marguerite et de Chauvalon, nommé Père Archange, me vint trouver et me dit force impertinences.» (Mémoires de Bassompierre, deuxième série des Mémoires relatifs à l'Histoire de France, t. 21, pag. 162.)

141 Marie de Médicis, qui l'avoit remplacée dans la couche de Henri IV, et au couronnement de laquelle Henri IV exigea qu'elle parût.

142 M. de Souvray, ou de Souvré, étoit gouverneur de Louis XIII.

143 Il étoit sous-gouverneur et premier écuyer de la grande écurie. (T.)

144 Ce M. de Souvray, à ce qu'on prétend, disoit Bucéphale en lieu de Céphale, en cet endroit de Malherbe (Ode à la Reine-mère du Roi, sur sa bienvenue en France) où il y a:

Quand les yeux même de Céphale
En feroient la comparaison. (T.)

145 Elle avoit fait bâtir un hôtel à l'entrée de la rue de Seine (sur l'emplacement des maisons qui commencent la rue à droite). Les jardins s'étendoient le long de la rivière jusqu'à la rue des Saints-Pères. La première fois que Henri alla la voir, il lui dit, en la quittant, qu'il la prioit d'être plus ménagère. «Que voulez-vous, répondit-elle, la prodigalité est chez moi un vice de famille.»

146 On ne donnoit alors que la qualification de demoiselle aux femmes bourgeoises; celle de madame n'appartenoit qu'aux femmes de qualité.

147 Madame de Retz étoit galante. (T.)—Ménage, qui croyoit cette anecdote plus récente, la rapporte ainsi: «Madame Loiseau, bourgeoise, étoit à Versailles. Le Roi, voyant qu'elle s'avançoit fort près du cercle, dit à madame la duchesse de ***: «Questionnez-la un peu, madame.» «Madame la duchesse de ***, l'ayant fait approcher, lui dit: «Madame, quel est l'oiseau le plus sujet à être cocu?» Elle lui répondit «C'est un duc, madame.» (Menagiana, édition de 1762, tom. 1, pag. 264.)

148 Jacqueline de Bueil, comtesse de Bourbon-Moret.

149 Ce fait, indiqué dans les Amours du grand Alcandre, est rapporté à la date du 5 octobre 1604 dans le Journal de l'Estoile, tom. 47, pag. 476 de la première série des Mémoires relatifs à l'histoire de France. Barclay, dans l'ingénieuse satire de l'Euphormion, rapporte de la manière la plus spirituelle les conditions du mariage de Jacqueline qu'il désigne sous le nom de Casina. Nous en rapporterons ce passage: Nescio quis antistes in candidâ veste connubii legem ad hunc modum recitavit, novam sanè, et quam ideò in tabulâ descripserat, ne inter pronunciandum laberetur: Ut tu Olympio hanc Casinam conjugem tuam nec attigeris, nec osculum retuleris, nisi peregrè proficiscens et trinundinum abfuturus, ut à sinu curiosam abstineas manum, nec adsis molestus noctium arbiter, aut antè sextam diei horam uxoris thalamum temerariâ manu recludas; si quam intereà prolem tibi genuerint Dii, illam protinùs tollas, et gratuito hærede felicissimam augeas domum. Si hæc faxis, tum tibi in uxoris nomen venire licebit, bonisque avibus juncto per exterarum gentium urbes celeberrimis itineribus volitare. (Euphormionis Lusinini, sive Joannis Barclaii satiricon. Lugd. Bat. apud Elzevirios 1637, pag. 196.) Plus d'un de nos lecteurs recourra à l'ouvrage que nous citons pour y voir les conditions imposées à l'épouse. La longueur de cette note ne nous a pas permis de les insérer ici.

150 Chrétienne de France, fille de Henri IV.

151 Le duc de Savoie.

152 C'étoit ce qu'il lui falloit, car elle fait assez la princesse. Les Courtenay, depuis quelques années, ont prétendu être princes du sang. (T.)

153 Des chaises des rues. (T.)—Le Pont-Rouge étoit établi devant la galerie du Louvre, en face de la rue de Beaune.

154 Antoine de Bourbon, comte de Moret, né à Fontainebleau en 1607, légitimé en 1608. Il étoit abbé de Savigny, de Saint-Victor de Marseille, de Saint-Etienne de Caen et de Signy; il n'en porta pas moins les armes.

155 Il devint amoureux terriblement de madame de Chevreuse. M. de Chevreuse en étoit fort jaloux. En ce temps-là, madame de Chevreuse et Buckingham prièrent madame de Rambouillet de leur faire entendre mademoiselle Paulet, la plus belle voix de son temps. M. de Moret se trouva par hasard à l'hôtel de Rambouillet, où ils se devoient rendre. Quand l'heure vint, elle le pria de se retirer, parce qu'elle ne vouloit point que M. de Chevreuse, son voisin, pût l'accuser de quelque chose. M. de Moret fit ce qu'il put pour la fléchir, mais il s'en alla enfin, et ne lui en voulut aucunement.

Un jour, chez madame des Loges, il jugeait de bien des choses d'esprit en jeune homme de qualité, Gombauld lui fit cette épigramme:

Vous choquez la nature et l'art,
Vous qui êtes né d'un crime;
Mais pensez-vous que d'un bâtard
Le jugement soit légitime?

Il étoit d'une comédie que les enfants d'Henri IV jouèrent; il n'y eut que lui qui fit bien. (T.)

156 Au combat de Castelnaudary. L'opinion que le comte de Moret fut tué sur le champ de bataille, ou mourut de ses blessures quelques heures après, est la plus générale. D'autres cependant ont cru qu'ayant été pansé secrètement et guéri de ses blessures, il passa en Italie, se fit ermite, parcourut divers pays sans se faire connoître, vint enfin prendre retraite à l'ermitage des Gardelles, près de Saumur, sous le nom de frère Jean-Baptiste, et y mourut le 24 décembre 1692. Cette version sent bien le roman.

157 On voit par ce passage que la comtesse de Moret mourut vers l'an 1650. Nous avons vainement cherché cette date ailleurs.

158 Henri, duc de Montmorency, fils de Anne de Montmorency, maréchal de France en 1566, connétable en 1593, mort à Agde le 1er avril 1614.

159 Monnoie d'argent qui valoit environ douze sous; elle étoit grande comme le sont aujourd'hui les pièces de trente sous.

160 Louise de Budos, fille du vicomte de Portes, née le 13 juillet 1575, mariée le 13 mars 1593, morte à Chantilly le 30 avril 1598.

161 Laurence de Clermont, fille de Claude de Clermont, comte de Montoison. Ce mariage fut contracté en 1601.

162 Elle mourut le 14 septembre 1654, âgée de quatre-vingt-trois ans.

163 Charlotte-Marguerite de Montmorency, née vers 1593, épousa le 3 mars 1609 Henri de Bourbon, deuxième du nom, prince de Condé. Elle mourut à l'âge de cinquante-sept ans, à Châtillon-sur-Loing, le 2 décembre 1650.

164 On trouvera ci-après des détails sur le marquis de Sourdis dans l'article de madame Cornuel.

165 Elle avoit épousé, en premières noces, le duc de Castro, frère du duc de Parme, Alexandre Farnèse. Elle n'eut point d'enfants. Puis elle fut maréchale de Montmorency. On lui donna, quand elle fut veuve, le domaine d'Angoulême, et monseigneur le duc d'Auvergne lui succéda. On conte une plaisante chose de cette princesse. Etant venue en hâte de Tours à Paris, elle laissa tout son train chez un chanoine, en dessein de retourner aussitôt à Tours. Ceux qu'elle avoit amenés avec elle à Paris lui disoient: «Mais, madame, nous ne sommes pas assez pour vous servir; prenez donc quelqu'un.» Insensiblement on fit un nouveau train à Paris. Elle écrivoit toujours à Tours: «Je pars la semaine qui vient.» On tenoit ce train en bon état. Cela dura vingt-huit ans. (T.)

166 Bassompierre dit positivement dans ses Mémoires que la main de mademoiselle de Montmorency lui étoit accordée par le connétable, et que le Roi descendit jusqu'à le prier en ami de renoncer à cette belle alliance. Le récit de Bassompierre est en partie confirmé par celui de Fontenay-Mareuil. (Mémoires de Bassompierre, deuxième série des Mémoires relatifs à l'histoire de France, tom. 19, pag. 385 et suiv.; et Mémoires de Fontenay, première série de la même collection, tom. 50, pag. 15.)

167 Ce ballet eut lieu au mois de février 1609. (Lettres de Malherbe à Peiresc. Paris, Biaise, 1822, pag. 62.)

168 «Sous le ciel il n'y avoit lors rien de si beau que mademoiselle de Montmorency, ni de meilleure grâce, ni plus parfait.» (Mémoires de Bassompierre, ibid., pag. 388.)

169 La femme d'un président des comptes. Elle étoit demoiselle. (T.)

170 On dit qu'il n'avoit en fonds de terre que dix mille livres de rente. (T.)

171 Cette anecdote est racontée avec des différences dans les Mémoires de Fontenay-Mareuil, tom. 50, pag. 16 de la première série de la collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, et dans les Mémoires des Lenet, tom. 53, pag. 139 de la deuxième série de la même collection.

172 Charlotte-Catherine de La Trémouille, veuve de Henri de Bourbon, prince de Condé.

173 Charlotte des Essars, comtesse de Romorantin. Henri IV en eut deux filles, qui furent toutes les deux abbesses, l'une de Fontevrault, l'autre de Chelles.

174 Madame Quelin eut depuis pour galant un maître des comptes qu'on appeloit Nicolas. Il se rencontra en ce temps-là que M. Quelin, conseiller de la grand'chambre, son mari, rapporta un procès pour un nommé Nicolas Fouquelin. Le président de Harlay, qui aimoit à rire, fut ravi de cette rencontre, et pour se divertir, toutes les fois qu'il pouvoit faire venir cela à propos, il faisoit redire le fait à ce bonhomme, afin d'avoir le plaisir de lui entendre dire Nicolas Fouquelin. Quelin, conseiller à la grand'chambre, dit qu'il est fils de Henri IV. Il est vrai qu'il fait assez de tyrannies aux marchands de bois de l'île Notre-Dame pour n'être pas fils d'un particulier: mais il n'a que cela de royal. (T.)

175 Le grand Condé.