356 Hercule Vauquelin, fils de Guillaume, devint intendant de Languedoc. (Voyez les Origines de Caen, par Huet, au lieu déjà cité.)
357 Jeanne de Schomberg, mariée en secondes noces en 1620 à Roger Du Plessis de Liancourt, duc de La Roche-Guyon. Sa fille, Jeanne Charlotte Du Plessis Liancourt épousa en 1659 François VII, duc de La Rochefoucauld, prince de Marsillac, fils de l'auteur des Maximes. C'est par ce mariage que la terre de Liancourt ainsi que l'hôtel de ce nom passèrent dans la maison des La Rochefoucauld.
358 L'hôtel de Liancourt y touche. (T.)—L'hôtel de La Rochefoucauld, sur l'emplacement duquel la rue des Beaux-Arts a été percée en 1828.
359 Le curé de Saint-Sulpice étant allé voir Des Yvetaux et lui faisant des réprimandes sur sa conduite si peu chrétienne, il lui répondit sans s'émouvoir: «M. le curé, il ne faut pas croire tout ce que l'on dit, il y a bien de la médisance; l'on me disoit l'autre jour que vous aimiez les garçons, mais je n'en voulois rien croire.» Le curé, offensé d'un tel compliment, ne jugea pas à propos de lui parler davantage et s'en alla. (Extrait d'un manuscrit du même temps.)
360 Ce fut Tambonneau, le président, en ce temps-là amoureux de la Sacy, qui l'y fit aller. (T.)
361 Marie d'Hautefort fut aimée de Louis XIII, après la retraite de mademoiselle de La Fayette. Elle épousa en 1646 Charles, depuis maréchal de Schomberg.
362 A la maison du financier Rambouillet.
363 Elle le connoissoit bien, à ce qu'elle dit, mais elle ne put éviter de l'épouser: il a bien eu sa revanche depuis. (T.)
364 Gabriel de Rochechouart, marquis de Mortemart, créé duc de Mortemart par lettres-patentes de décembre 1650, enregistrées au parlement le 15 décembre 1663. C'est le père de madame de Montespan.
365 Il chante aussi bien que qui que ce soit, et s'en pique. Cela est pourtant ridicule à son âge, et avec son cordon bleu et son brevet de duc. Il compose même et fait des airs. (T.)
366 C'est-à-dire que chez madame de Sacy on appeloit M. de Mortemart, M. le Marquis, nonobstant son brevet de duc. «Quand on dit monsieur, sans queue, on entend le maître de la maison.» (Dict. de Trévoux.)
367 Diane de Grandseigne, duchesse de Mortemart. Elle mourut à Poitiers en 1666.
368 Charles de Lorraine, duc de Guise, né le 20 août 1571, mort en 1640.
369 Le comte de Tonnerre avoit fait peindre la belle de Châteauneuf sur un trône, et lui humilié devant elle qui lui mettoit le pied sur la gorge. (T.)
Cette belle Châteauneuf ne seroit-elle pas la maîtresse de Charles IX dont Dreux du Radier a vainement cherché le nom? (Voyez les Anecdotes des Reines et Régentes, Paris, 1808, tom. 5, pag. 30.)
370 Je sais cela d'un parent de la dame, mais il ne l'a jamais voulu nommer. (T.)
371 Un M. de Montpensier, aîné du père de celui-ci, mais qui n'eut point d'enfants, par je ne sais quelle bizarrerie, étant prince et marié, alloit toujours vêtu de long. (T.) C'est-à-dire en habit long, en robe et simarre.
372 Première femme de Gaston, duc d'Orléans, et mère de mademoiselle de Montpensier.
373 On conte de ce Fouilloux qu'étant nouveau venu de sa province de Saintonge, les filles de la Reine le prirent pour un bon campagnard; il n'étoit pourtant pas si niais. Elles lui demandèrent bien des choses à quoi il répondit en innocent. «Eh! ma compagne, qu'il est bon! se disoient-elles l'une à l'autre.—Mais à quoi vous divertissez-vous dans votre voisinage?—Eh! dit-il, je nous entre-f.....» Les voilà toutes à fuir: depuis elles ne se jouèrent plus à lui. (T.)
374 Raphaël Corbinelli, père de Jean Corbinelli, qui a été plus célèbre par l'amitié que lui portoit madame de Sévigné, que par les ouvrages qu'il a laissés. Raphaël, secrétaire du maréchal d'Ancre, fut enveloppé dans sa disgrâce. (Voyez le Mercure français, tom. 4, deuxième partie, pag. 205.)
375 Variante du manuscrit: «Les gens de notre maison ne se repentent jamais de leurs libéralités.»
376 Il y a dans les Quatrains:
Sois juste et droit et en toute saison;
De l'innocence prends en mais la raison.
377 M. de Guise ne donna pas loisir à Saint-Paul de mettre l'épée à la main. (T.) C'est ce qu'on appelle un assassinat.
378 Edme de Malain, baron de Lux, lieutenant du Roi en Bourgogne.
379 Ce n'étoit qu'un prétexte; on vouloit se défaire à tout prix du baron de Lux. On lit de très-curieux détails sur cette affaire dans les Mémoires de Fontenay-Mareuil, tom. 50, pag. 199 de la première série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France.
380 Il s'appeloit Cauchon, et il prit un surnom, comme c'étoit alors l'usage. Charles Cauchon de Maupas, baron Du Tour, étoit né en 1566. Son père étoit grand-fauconnier de Henri IV, lorsque ce prince n'étoit que roi de Navarre. Il devint conseiller d'État, et fut chargé de plusieurs ambassades. On a publié à Reims, en 1638, quelque poésies du baron Du Tour.
381 Henri de Cauchon de Maupas Du Tour, évêque du Puy en 1641, fut transféré en 1661 à l'évêché d'Évreux. On a de lui une Vie de saint François de Sales et d'autres ouvrages.
382 Qui est gouverneur de Châlons et l'a été de Perpignan, et qui est lieutenant de roi des Trois-Évêchés. (T.)
383 Ceci rappelle les regrets que Brienne fait si bien exprimer au cardinal Mazarin dans sa dernière maladie. (Mémoires de Brienne, 1828, tom. 2, pag. 127.)
384 On appelle ces toiles de la noyale. (T.) Elles prennent leur nom de Noyal-sur-Vilaine, bourg situé auprès de Vitré, où on les fabrique.
385 François de Cossé, duc de Brissac, mort le 3 décembre 1651, avoit épousé Guyonne Ruelan, fille de Gilles, sieur du Rocher Portail, et de Françoise de Miolaix. De ce mariage sont sortis les ducs de Brissac et les comtes de Cossé.
386 Voyez dans l'article de la maréchale de Thémines, des détails curieux sur Le Pailleur.
387 Charles d'Albert, duc de Luynes, né le 5 août 1578, mort le 14 décembre 1621.
388 On lit des détails analogues à ceux que donne Tallemant, dans les Mémoires du cardinal de Richelieu, sous l'année 1614. (V. ces Mémoires, t. 10, pag. 354 et tom. 21 bis, pag. 212, de la 2e série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France.) Cette partie de Mémoires, sous le titre de l'Histoire de la mère et du fils, a été publiée à Amsterdam, comme l'ouvrage de Mézerai. M. Monmerqué possède un manuscrit de ce dernier ouvrage en 2 vol. in-4o, qui porte de nombreuses corrections de la main du cardinal. Il est intitulé: l'Histoire de la mère et du fils, c'est-à-dire de Marie de Médicis, femme du grand Henri et mère de Louis XIII. La maison de Luynes a la prétention de descendre d'une famille Alberti de Florence. On peut voir dans le Moreri tout l'échafaudage généalogique qui a été dressé pour établir les temps fabuleux de cette maison. L'opinion commune, conforme à celle des contemporains, est que le connétable de Luynes étoit un fort petit gentilhomme. On peut voir aussi, sur les commencements de sa fortune, les Mémoires de Fontenay-Mareuil, tom. 50, p. 131, de la 1re série des Mémoires relatifs à l'histoire de France.
389 Suivant le cardinal Richelieu, ce chanoine s'appeloit Guillaume Ségur, et Aubert ou Albert étoit le nom de la concubine.
390 C'est ce qui fut cause que le comte Du Lude, après M. de Brèves, fut gouverneur de M. d'Orléans; puis le maréchal d'Ornano le fut, et ensuite M. de Bellegarde eut soin de sa conduite, sans qualité de gouverneur. (T.)
391 Ordinaire, c'est-à-dire gentilhomme ordinaire de la chambre du Roi.
392 Jacques de Souvré, fils de Gilles de Souvré, maréchal de France. Il devint grand-prieur de France, en 1667. C'est lui qui a fait bâtir le palais du Temple. Le nom de cette maison s'écrivoit Souvré, nous avons sous les yeux une quittance signée par le maréchal; mais il est souvent écrit Souvray dans les Mémoires du temps.
393 Marie de Rohan, morte le 12 août 1679.
394 Marie de Rohan, duchesse de Luynes, étoit surintendante de la maison de la Reine; devenue veuve en 1621, elle se remaria avec le duc de Chevreuse, sous le nom duquel elle est célèbre par ses intrigues, et surtout par l'amitié dont Anne d'Autriche l'honora. Celle-ci pouvoit bien avoir ses motifs de ne concevoir aucune inquiétude des empressements du Roi pour la belle connétable. Nous lisons, t. 13, p. 633, du Recueil manuscrit de Conrart (Bibliothèque de l'Arsenal, 902, in-fol.), que Louis XIII disant à madame de Chevreuse qu'il aimoit ses maîtresses de la ceinture en haut, elle lui répondit: «Sire, elles se ceindront donc comme Gros Guillaume: au milieu des cuisses.»
395 Anne-Marie de Luynes, morte sans alliance.
396 Claude de Lorraine, né le 5 juin 1578, mort le 24 janvier 1657.
397 Le mari de cette dame, pour guérir une religieuse possédée, lui fit donner un lavement d'eau-bénite. Elle étoit d'Allègre. (T.)
398 Henriette-Marie de France, fille de Henri IV, qui épousa Charles Ier.
399 Suivant le comte de Brienne, les caprices de la Reine allèrent plus loin que de vouloir voir le cardinal vêtu de toile d'argent gris de lin. «La princesse, dit-il, et sa confidente (madame de Chevreuse sans aucun doute) avoient en ce temps l'esprit tourné à la joie pour le moins autant qu'à l'intrigue. Un jour qu'elles causoient ensemble et qu'elles ne pensoient qu'à rire aux dépens de l'amoureux cardinal: «Il est passionnément épris, madame, dit la confidente, je ne sache rien qu'il ne fît pour plaire à Votre Majesté. Voulez-vous que je vous l'envoie un soir, dans votre chambre, vêtu en baladin; que je l'oblige à danser ainsi une sarabande; le voulez-vous? il y viendra.—Quelle folie!» dit la princesse. Elle étoit jeune, elle étoit femme, elle étoit vive et gaie; l'idée d'un pareil spectacle lui parut divertissante. Elle prit au mot sa confidente, qui fut, du même pas, trouver le cardinal. Ce grand ministre, quoiqu'il eût dans la tête toutes les affaires de l'Europe, ne laissoit pas en même temps de livrer son cœur à l'amour. Il accepta ce singulier rendez-vous: il se croyoit déjà maître de sa conquête; mais il en arriva autrement. Boccau, qui étoit le Baptiste d'alors, et jouoit admirablement du violon, fut appelé. On lui recommanda le secret: de tels secrets se gardent-ils? c'est donc de lui qu'on a tout su. Richelieu étoit vêtu d'un pantalon de velours vert: il avoit à ses jarretières des sonnettes d'argent; il tenoit en mains des castagnettes, et dansa la sarabande que joua Boccau. Les spectatrices et le violon étoient cachés, avec Vautier et Beringhen, derrière un paravent d'où l'on voyoit les gestes du danseur. On rioit à gorge déployée; et qui pourroit s'en empêcher, puisqu'après cinquante ans, j'en ris encore moi-même?» (Mémoires de Brienne, 1828, t. 1, p. 274-6.)
400 C'est un sobriquet jouant sur le nom de l'archevêque; mais comme anagramme, il seroit inexact.
401 Ceci se passoit en 1687, époque à laquelle La Porte, porte-manteau de la Reine, soupçonné d'avoir servi d'intermédiaire aux correspondances de cette princesse, fut mis à la Bastille. (Voyez les Mémoires de La Porte, tom. 59 de la deuxième série des Mémoires relatifs à l'histoire de France.)
402 Nous lisons l'épisode suivant de la fuite de la duchesse dans le Recueil précité de Conrart: «Étant arrivée un soir proche des Pyrénées, en un lieu où il n'y avoit de logement que chez le curé, qui encore n'avoit que son lit, elle lui dit qu'elle étoit si lasse qu'il falloit qu'elle se couchât pour se reposer: parlant néanmoins comme si elle eût été un cavalier; et le curé contestant et disant qu'il ne quitteroit point son lit; enfin ils convinrent qu'ils s'y coucheroient tous trois ensemble, ce qui se fit en effet. Le matin les deux cavaliers remontèrent à cheval, et la duchesse de Chevreuse, en partant, donna au curé un billet par lequel elle l'avertissoit qu'il avoit couché la nuit avec la duchesse de Chevreuse et sa fille, et qu'il se souvînt que s'il n'avoit pas usé de son avantage, ce n'étoit pas à elles qu'il avoit tenu.»
403 Sur l'air de la belle Piémontaise dont la reprise est:
Elle est
Au régiment des gardes
Comme un cadet. (T.)
404 Charles de Lorraine, duc de Guise.
405 Henriette de Lorraine-Chevreuse, abbesse de Jouarre, née en 1631, morte en 1694. Elle avoit servi d'intermédiaire à Anne d'Autriche pour les correspondances que cette Reine entretenoit avec la maison de Lorraine. (Voyez les Mémoires de La Porte, tom. 59, pag. 335 de la deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à L'histoire de France.)
406 Louis-Charles d'Albert, duc de Luynes, né le 25 décembre 1620, mort le 10 octobre 1690. On a de lui beaucoup d'ouvrages ascétiques, dont on trouve l'indication dans le Dictionnaire des ouvrages anonymes de Barbier, tom. 4, tables, pag. 379, Paris, 1827.
407 Louise-Marie Seguier, marquise d'O, fille unique de Pierre Seguier, maître des requêtes, marquis de Soret.
408 Elle avoit raison de parler ainsi, car cet homme étoit le plus indigne de vivre qui fut jamais. Il avoit été conseiller au parlement. Son père étoit mort président à mortier; mais il quitta la robe et prit l'épée, lui qui n'étoit qu'un poltron. Il épousa la fille du procureur-général de La Guesle, de cet homme qui pensa mourir de regret d'avoir introduit, quoique innocemment, le moine qui tua Henri III[408-A]. Or, M. de La Guesle étoit gentilhomme et avoit un frère qui parvint à commander le régiment de Champagne. C'étoit beaucoup en ce temps-là. Cet homme fit quelque fortune et acheta le marquisat d'O. Il n'avoit point d'enfants. Madame de Soret étoit une de ses héritières, car elle avoit une sœur. Soret, d'impatience d'avoir le bien de cet homme, le chicana en toutes choses, et enfin lui fit tirer un coup d'arquebuse, comme il revenoit de Saint-André, dont un gentilhomme qui étoit avec lui fut tué. On avéra que Soret avoit fait le coup. Mais l'oncle de sa femme ne le voulut pas perdre, et même, Soret étant mort, il fit madame de Soret son héritière, et la terre d'O lui vint. Depuis on l'appela la marquise d'O. (T.)
408-A Voyez la Lettre d'un des premiers officiers de la cour du Parlement, écrite à un de ses amis sur le sujet de la mort du Roi, dans le Recueil de pièces servant à l'histoire de Henri III; Cologne, P. du Marteau, 1663, page 141. On regrette de ne point trouver cette lettre à la suite du Journal de Henri III dans la Collection des Mémoires relatifs à l'Histoire de France.
409 Le duc de Luynes, sans doute après que Tallemant eut écrit cet article, convola en secondes noces avec Anne de Rohan, dont il eut, comme de sa première femme, un très-grand nombre d'enfants; et après la mort de celle-ci, il épousa en troisièmes noces Marguerite d'Aligre.
410 François Annibal d'Estrées, duc, pair et maréchal de France, né en 1573, mort le 5 mai 1670. On a de lui: Mémoires de la régence de Marie de Médicis, 1666, in-12. Ils font partie du tom. 16 de la deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'Histoire de France.
411 On appeloit ainsi le carrefour formé par les rues du Four et de l'Arbre-Sec, dans la rue Saint-Honoré.
412 Son aîné fut tué au siége de Laon, et lui, qui étoit nommé à l'évêché de Noyon et au cardinalat, prit l'épée; le chapeau fut pour son cousin de Sourdis. (T.)
413 Cet événement eut lieu en 1617; on en trouve le détail dans les Mémoires de Déageant; Grenoble, 1668, in-12, pag. 74 et suiv. Le gentilhomme y est appelé Gignier. Levassor a suivi le récit de Déageant dans son Histoire de Louis XIII, liv. 2e; Amsterdam, 1757, in-4o, tom. 1er, pag. 681. Les Mémoires de Déageant n'ont pas été réimprimés dans la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, mais on les trouve dans le tom. 3 des Mémoires particuliers, publiés en 1756 en 4 vol. in-12.
414 Le barisel, en italien barigello, est un officier chargé de veiller à la sûreté publique et d'arrêter les malfaiteurs. Il est le chef des sbires. Ses fonctions correspondent à celle que le chevalier-du-guet remplissait autrefois à Paris.
415 Il s'appeloit François-Annibal. (T.)
416 Charles Duret, seigneur de Chevry, conseiller d'Etat, intendant et contrôleur-général des finances, président à la Chambre des comptes de Paris.
417 Voir précédemment, page 72.
418 Léon Albert, seigneur de Brantes, duc de Luxembourg et de Piney, frère du connétable de Luynes.
419 On trouvera ci-après l'Historiette de cette femme singulière.
420 Perreau, trésorier à Soissons. (T.)
421 Raphaël Corbinelli. (Voy. la note sur lui plus haut, sous l'article du duc de Guise, fils du Balafré.)
422 Le président de Chevry fut pourvu de la charge de greffier des ordres du Roi, le 6 mars 1621.
423 Nous n'avons pas trouvé cette ballade dans les Œuvres de Voiture.
424 J'en doute. (T.)—Cette action, si elle étoit vraie, seroit digne d'Angoulevent, l'archipoète des pois pilés, ou d'un saltimbanque des boulevards.
425 Jeune paysanne des environs de Paris. On les appeloit ainsi du nom de leur coiffure. Elle étoit formée d'un linge fin empesé qui avoit une longue queue pendante sur les épaules. (Dictionnaire de Trévoux.)
426 Les Mémoires de Sully nous apprennent que le médecin Duret fut un des confidents de Marie de Médicis, et fit quelque temps partie de son conseil privé de régence.
427 Antoine d'Aumont, marquis de Nolai, baron d'Estrabonne, chevalier des Ordres, gouverneur de Boulogne-sur-Mer, mourut à l'âge de soixante-treize ans, en 1635.
428 Marie Hotman, femme de Vincent Bouhier, seigneur de Beaumarchais, trésorier de l'Epargne.
429 Fille de Montmor, homme d'affaires. (T.)
430 François de La Mothe-le-Vayer, membre de l'Académie française, mourut à l'âge de quatre-vingt-cinq ans, en 1672. On a de lui un grand nombre d'ouvrages, dont plusieurs jouissent d'une estime méritée.
431 Louise-Isabelle d'Angennes-Maintenon, veuve d'Aumont, mourut en 1666, à l'âge de soixante-dix-neuf ans.
432 Antoine d'Aumont avoit épousé en premières noces Catherine Hurault de Chiverny, fille du chancelier.
433 Vanini fut exécuté à Toulouse, le 19 février 1619.
434 Théophile Viaud, poursuivi pour la part qu'on l'accusoit d'avoir prise au Parnasse des vers satiriques, fut condamné au feu, par contumace, suivant un arrêt du parlement de Paris, du 19 août 1623. Arrêté ultérieurement, il subit un long procès, par suite duquel il ne fut condamné qu'au bannissement. Il est très-douteux que Théophile ait contribué à la publication du recueil des poésies obscènes pour lequel il a été poursuivi.
435 Ranchin étoit conseiller à la chambre de l'édit. Ses poésies, négligées, mais faciles, n'ont pas été réunies. On lui attribue le joli triolet qui commence par ces vers:
Le premier jour du mois de mai
Fut le plus heureux de ma vie.
436 Ses amants; se mourant d'amour.
437 Ce Cayrol est ici, et fait des vers pour attraper quelque chose du cardinal. (T.)
438 Racine avoit sans doute entendu conter cette anecdote quand il a fait donner audience à son Dandin, des Plaideurs, par une lucarne du toit.
439 Les Taxis sont généraux des postes aussi dans les Etats de l'Empereur. (T.)
440 Philippe IV.
441 «Plus elle s'élève, moins on peut la retrouver.»
442 «Profitez de l'exemple d'autrui.» (T.)
443 Le sujet de cette pièce est emprunté de l'Amadis de Gaule.
444 C'est Elisabeth de France, fille de Henri IV, épouse de Philippe IV, qui fit naître chez le comte cette passion si espagnole. C'est dans son propre palais que ce seigneur, que Tallemant nous fait, le premier, bien connoître, avoit reçu la reine et la cour. C'est sa propre habitation et les riches ornements qui la décoroient que Villa-Medina livra aux flammes pour tenir la Reine embrassée. La Fontaine a dit à son sujet (liv. IX, fable 15):
J'aime assez cet emportement;
Le conte m'en a plus toujours infiniment:
Il est bien d'une âme espagnole,
Et plus grande encore que folle.
445 Véritable orthographe du nom de l'auteur des Mémoires pour servir à l'histoire d'Anne d'Autriche, qu'on écrit plus souvent Motteville (Voir la Biographie universelle, tom. XXX, p. 293.)
446 «Il peut bien avoir des ailes puisqu'il vole si haut.»
447 François Viète, né en 1540, mort en 1603. Un de nos plus célèbres mathématiciens.
448 Isagoge in artem analyticam.
449 C'est plutôt Marin Getkalde, de Raguse, qui a publié l'Apolonius ressuscité.
450 On lit dans la Biographie universelle de Michaud un article très bien fait sur François Viète.
451 Pomponne de Bellièvre, né en 1529, mort le 5 septembre 1607.
452 Nicolas Brulart de Sillery, mort en 1624, âgé de quatre-vingts ans.
453 Le château de Berny étoit en effet placé à l'autre côté du chemin d'Orléans, sur la paroisse d'Antony. Il ne reste plus de cette terre que quelques murs du parc.
454 Le cordon demeura à Pisieux. (T.)
455 On appelle le lieu où l'on le nourrit Rivière. (T.)
456 Depuis Cazindre a acheté cette terre, et elle a vécu de six mille livres que le Roi (1647) lui donna. (T.)
457 C'est celui qu'on appelle Patte-Blanche. Il se pique d'avoir de belles mains.
458 Il a le bien de France, et s'est fait d'église. Il est à cette heure chanoine de Notre-Dame, et bon ami des jansénistes. (T).
459 Jacqueline de Harlay, fille du baron de Sancy, mariée à Charles de Neufville, marquis d'Alincourt, gouverneur de Lyon, etc., le 11 février 1596.
460 On appeloit alors de ce nom le village de Vincennes, qui n'a été pendant long-temps qu'un hameau dépendant de la paroisse de Montreuil. Il y avoit une chapelle qui fut érigée en succursale, en 1547, et ne devint paroisse que vers l'année 1669. On n'y comptoit encore en 1709, que cinquante feux et deux cent vingt-huit habitants. (Voyez l'Histoire du diocèse de Paris, par l'abbé Lebeuf, Paris, 1755, tom. 5, pag. 94 et suivantes)
461 Et même mal volontiers. (T.)
462 Notez que ce sont toutes bicoques. (T.)
463 Il y a plusieurs éditions de ce livre. La plus recherchée est celle que les Elzévirs ont donnée en 1641.
464 Cette erreur a déjà été réfutée. (Voyez la note page 193 de ce volume.)
465 L'expédient étoit un arbitrage sommaire auquel on renvoyoit les causes d'une légère discussion. On obligeoit ainsi les avocats à en passer par l'avis d'un confrère plus ancien.
466 Cet avocat étoit si mordant qu'on l'appeloit Gaultier la Gueule. C'est de lui que Despréaux a dit:
Je ris quand je vous vois, si foible et si stérile,
Prendre sur vous le soin de réformer la ville,
Dans vos discours chagrins plus aigre et plus mordant
Qu'une femme en furie, ou Gaultier en plaidant. (Satire IX.)
467 La sienne pouvoit compter pour quelque chose, car elle le faisoit souvent enrager. (T.)
468 Les sacs du procès. (T.)
469 Charles de Cossé, marquis d'Acigné.
470 Les autres sont: Josué, David, Charlemagne, Artus, Godefroi de Bouillon. (T.)
471 Hélène de Beaumanoir, marquise d'Acigné.
472 François de Cossé, duc de Brissac, mourut à l'âge d'environ soixante-dix ans, le 3 décembre 1651.
473 Guyonne Ruelan. (Voyez ci-dessus l'article de Rocher-Portail, son père, pag. 237 de ce volume.)
474 Henri, père du dernier mort. (T.)
475 Il a fait le Traité de l'action et de la prononciation de l'Orateur. (T.)
476 Émilie de Solms, fille de Jean-Albert, comte de Solms-Brunsfelds, femme de Henri-Frédéric de Nassau, prince d'Orange, mourut en 1675.
477 François de l'Aubespine, marquis d'Hauterive, gouverneur de Bréda, mourut en 1670.
478 On fait deux ou trois plaisants contes de ce M. d'Hauterive. Il avoit un cuisinier qui épiçoit toujours trop. Il le menaça long-temps de l'envoyer aux Moluques chercher des épiceries, puisqu'il aimoit tant à épicer. Enfin cet homme ne se corrigeant point pour tout cela, il lui commanda de faire des pâtés et de les porter dans un vaisseau qui alloit aux Indes orientales. Il feignoit que c'étoit un présent qu'il faisoit à quelqu'un de ce navire. Cependant il avoit donné le mot au capitaine de faire boire le cuisinier et de lever pendant ce temps-là les ancres. Ainsi le pauvre cuisinier fit le voyage, et après il faisoit tout trop doux, tant il avoit peur d'y retourner.
Une fois il avoit un valet à tête frisée qui ne faisoit que coqueter tout le jour. Il le menaça de le faire tondre, s'il ne se tenoit davantage au logis. Enfin ce garçon ne se pouvant captiver, un beau matin il fit venir un barbier, et fit tondre le galant si ras que de six mois il ne sortît de sa garde-robe.
La maison de l'Aubespine, dont est ce M. d'Hauterive, est, je pense, la meilleure de Paris. L'oncle de M. d'Hauterive et de M. de Châteauneuf étoit secrétaire d'État, et portoit l'épée. Il mourut sans enfants. Son frère, qui étoit un vieux conseiller d'État fut son héritier. D'Hauterive prit l'épée et l'autre la robe. Étant venu à Paris pour la succession de M. de Châteauneuf, il donna un jour à dîner à M. de Turenne, et comme on étoit à table, au lieu de se moucher avec son mouchoir, il se presse une narine et fait autant de bruit qu'un pistolet. Rumigny, qui étoit auprès de M. de Turenne, s'écria à ce bruit: «Monsieur, n'êtes-vous point blessé?» Ce fut un éclat de rire le plus grand du monde. (T.)
479 Le prince Maurice mourut le 23 avril 1625.
480 On conte d'un prince d'Allemagne fort adonné aux mathématiques, qui, interrogé à l'article de la mort par un confesseur s'il ne croyoit pas, etc.: «Nous autres mathématiciens, lui dit-il, croyons que 2 et 2 sont 4, et 4 et 4 sont 8.» (T). C'est mot pour mot ce que dit Sganarelle de Don Juan, acte 3, scène 2 du Festin de Pierre, dans les exemplaires non cartonnés de l'édition des Œuvres de Molière de 1682.
481 Marie de Médicis.
482 Henriette-Marie Stuart, fille de Charles Ier, épousa Guillaume, fils de la princesse d'Orange et de Frédéric-Henri dont l'Historiette suit celle-ci. Ce prince mourut en 1650, laissant sa femme enceinte d'un fils qui régna en Angleterre sous le nom de Guillaume III.
483 Charles Ier.
484 Charles II.
485 A cause de l'entreprise du dernier mort sur Amsterdam; apparemment il se vouloit faire souverain. On a cru même qu'il avoit été empoisonné dans sa petite-vérole, d'autres disent que la limonade l'a tué. (T.)
486 Frédéric-Henri de Nassau, prince d'Orange, stathouder de Hollande, frère du célèbre Maurice de Nassau, né à Delft le 28 février 1584, mort à Munster le 14 mars 1647. Il a laissé des Mémoires (de 1621 à 1646); Amsterdam, 1733, in-4o.
487 Il ne recevoit auparavant que la qualification d'Excellence.
488 Henri de Lorraine, duc de Mayenne, grand-chambellan de France, gouverneur de Guienne, fils du ligueur, mort sans postérité en 1621, à l'âge de quarante-trois ans, au siége de Montauban.
489 Adrien de Montluc, comte de Cramail, prince de Chabannais, né en 1568. Mis à la Bastille après la Journée des Dupes, il y demeura enfermé pendant douze ans. Il n'en sortit qu'en 1642, et mourut le 22 janvier 1646. Il est auteur, entre autres ouvrages, de la Comédie des Proverbes, farce très-gaie, souvent réimprimée.
490 Publié sous le pseudonyme de Devaux; Paris, 1630.
491 Voir ci-après l'explication que Tallemant donne de cette dénomination au commencement de l'Historiette du cardinal de Richelieu (pag. 344).
492 Le valet de chambre La Porte dit dans ses Mémoires, en parlant du comte de Cramail: «C'étoit un fort honnête homme, très-sage, qui avoit si bien acquis l'estime de la Reine, que j'ai ouï dire à Sa Majesté long-temps auparavant, que si elle avoit des enfants dont elle fût la maîtresse, il en seroit le gouverneur.»
493 Louis XIII.
494 La charge et le titre de Nain du Roi ne furent supprimés qu'en 1662, par Louis XIV. Le 28 août 1660, un musicien nommé Pierre Pièche reçut du Roi le brevet d'intendant des instruments musicaux servant au divertissement du Roi. Deux ans après, le 3 mars 1662, le même Pierre Pièche fut nommé musicien et garde des instruments de la musique de la chambre du Roi: «Et,» dit son brevet pour cette nouvelle charge, lequel se trouve aux archives générales du royaume, «affin de n'estre point obligé d'ordonner un nouveau fonds pour l'appoinctement que Sa Majesté desire estre affecté à ladicte charge, elle entend que les gages qu'a ledict Pièche par la mort de Baltazard Pinson, nain, ne soient plus receus soubs le tiltre de nain, mais qu'ils luy soient dellivrez soubs le tiltre de musicien et garde des instruments de la musique de sa chambre, qui, pour cet effect, sera désormais employé dans les estats de sa maison au lieu dudict tiltre de nain.»
495 Armand-Jean Du Plessis, cardinal, duc de Richelieu, né à Paris le 5 septembre 1585, mort dans cette ville le 4 décembre 1642.
496 Après son évasion du château de Blois, où Louis XIII l'avoit reléguée, dans la nuit du 21 au 22 février 1619.
497 Paul V (Camille Borghèse), élu pape le 16 mai 1605, mort le 19 janvier 1621.
498 Jean-Baptiste (et non Toussaint) Legrain, auteur de la Décade contenant l'Histoire de Louis XIII, depuis l'an 1610 jusqu'en 1617; Paris, 1619, in-folio.
499 Voici ce que dit du livre de Legrain, et de manière à le confirmer en ceci, l'auteur de la Bibliothèque françoise, Sorel, qui bien qu'écrivant après la mort du cardinal, semble ne pouvoir user de trop de ménagements: «Le maréchal d'Ancre et ceux de son parti y sont très-maltraités. Les bons serviteurs de la Reine-mère n'y sont pas même épargnés, tellement qu'autrefois cela faisoit fort rechercher ce livre, que les uns vouloient garder par curiosité, et les autres avoient dessein de faire supprimer. On remarque principalement qu'en ce qui touche l'évêque de Luçon, qui depuis a été le cardinal de Richelieu, cet auteur rapporte de lui une lettre adressée au maréchal d'Ancre, laquelle on prétend être en termes fort soumis, et que cela montroit bien les déférences qu'on rendoit à un homme duquel plusieurs attendoient un grand avancement; mais les termes n'en sont point si bas, que cela pût faire tort à celui qui les écrivoit, puisqu'on sait bien le langage ordinaire des cours, et ce que les lois de la bienséance obligent de dire aux personnes élevées en crédit. On s'est encore arrêté à ce que l'historien raconte que quand le feu Roi aperçut l'évêque de Luçon dans sa chambre, quelque temps après la mort du maréchal, il lui dit quelques paroles fâcheuses qui l'obligèrent à se retirer. Mais pour ce qu'il n'y a que cet auteur qui en fasse le rapport, on n'est pas obligé d'y ajouter foi. De plus on sait que s'il est vrai que le feu Roi ait dit quelque chose de semblable, ce n'étoit que selon les impressions qu'on lui avoit suggérées. Il a bien reconnu depuis combien les conseils de ce fidèle ministre lui étoient utiles. Je crois aussi que comme le cardinal de Richelieu a triomphé de son vivant de la haine et de l'envie, il étoit fort au-dessus de ces choses, et se soucioit peu de ce qui étoit dans ce livre, en voyant tant d'autres qui étoient à sa gloire.» (Edition de 1664, p. 320.)
Du reste, bien que Richelieu dût au maréchal d'Ancre la position où il se trouvoit déjà, Louis XIII soupçonnoit bien à tort qu'il en eût quelque reconnoissance à celui-ci. C'est ce que prouve plus que suffisamment le passage suivant des Mémoires du comte de Brienne: «Le Roi poussé secrètement, par de Luynes son favori, et depuis long-temps las du joug du maréchal, résolut de s'en défaire. L'entreprise, quoique toujours très-mystérieusement conduite, avoit échoué déjà plusieurs fois. Richelieu..., évêque de Luçon..., étoit logé chez le doyen de Luçon, lorsque Février remit au doyen un paquet de lettres, en lui recommandant de le porter à l'instant à son évêque. Il étoit plus de onze heures du soir. Richelieu venoit de se mettre au lit quand le paquet lui fut rendu; il l'ouvrit, et parmi ces lettres s'en trouvoit une dans laquelle on lui donnoit avis que le maréchal d'Ancre seroit assassiné le lendemain. Le lieu, l'heure, le nom des complices, et toute l'entreprise, s'y trouvoient si bien circonstanciés, que l'avis venoit assurément de gens bien instruits: un des conjurés pouvoit seul avoir écrit ce billet. L'évêque de Luçon ne parut pas y ajouter foi. Il tomba dans une méditation profonde qui dura quelques minutes, puis, mettant le paquet sous son chevet: Rien ne presse, dit-il au doyen de son église, la nuit portera conseil. Cela dit, il se recoucha et s'endormit. Le lendemain, à son réveil, il apprit l'assassinat de son bienfaiteur, et se repentit, mais trop tard, de l'avoir laissé égorger. Le doyen de Luçon ne put s'empêcher de lui en faire le reproche. Richelieu s'excusa mal: comment l'eût-il pu faire? n'étoit-il pas coupable, en quelque sorte, de la mort du maréchal?» (1828, I, 250-1.)
500 Le Pont-de-Cé fut attaqué et pris par les troupes du Roi sur les troupes de la Reine-mère, le 8 août 1620 selon quelques historiens, le 7 selon d'autres.
501 Les Aventures du baron de Fœneste divisées en quatre parties, par d'Aubigné, 1630, in-8o. L'édition la plus estimée est celle de Cologne, chez les héritiers de Pierre Marteau. 1729, 2 vol. in-8o.
502 C'est aujourd'hui madame d'Aiguillon. (T.)
503 M. de Luynes voulut obliger le Père Arnould à lui révéler la confession du Roi; le Père n'y voulut jamais consentir, quoique sa Société l'y voulût obliger; enfin on fit prendre un autre confesseur au Roi. (T.)
504 Allusion au mariage de mademoiselle de Vignerot Pont-Courlay, nièce du cardinal de Richelieu, avec Antoine de Beauvoir Du Roure, seigneur de Combalet, neveu du duc de Luynes. Cette union fut en effet le principal résultat de l'affaire du Pont-de-Cé.
505 Je mettrai en passant ce que c'étoit que le chancelier d'Aligre. Il étoit de Chartres et d'assez médiocre naissance. Il fut du conseil de M. le comte de Soissons le père. C'étoit un homme fort laborieux, un vrai cul de plomb, et un esprit assez doux et assez timide. Après la mort de son maître, insensiblement on le mit du nombre de ceux à qui on pourroit donner les sceaux, et en effet on les lui donna. Le cardinal de Richelieu ne le goûta pas, et l'envoya à sa maison de La Rivière, auprès de Chartres. Comme ce n'étoit pas un grand génie, on disoit qu'on l'avoit envoyé à la rivière. M. de Marillac eut les sceaux. (T.)
506 Le cardinal donnoit des rendez-vous à madame Du Fargis chez le cardinal de Bérulle à Fontainebleau et ailleurs, de peur de faire trop d'éclat, si c'étoit chez lui-même, et aussi à cause que ce cardinal passoit pour un béat. Bérulle croyoit que c'étoit pour quelque autre chose; il parla aussi d'amour à madame Du Fargis, et lui mit le marché au poing.
Ce fut la cabale des Marillac qui fit Bérulle, leur ami, cardinal et ministre. Le feu Roi disoit que c'étoit le plus vilain homme botté de tout le royaume. Malleville disoit qu'en trois semaines, qu'il fut au cardinal de Bérulle à l'Oratoire, il apprit plus de fourberies qu'en tout le reste de sa vie. Il avoit bien de l'hypocrisie; on l'a vu passer dans le fond d'un carrosse, par le milieu du Cours, son Bréviaire à la main, lui qui ne pouvoit quasi lire au grand soleil, tant il avoit la vue courte. (T.)
507 Les Mémoires de madame de Motteville, ceux du duc de La Rochefoucauld (première partie), et ceux de La Porte, offrent beaucoup de détails sur cette affaire. Les pièces de ce singulier procès, acquises tout récemment par la Société des Bibliophiles françois, vont bientôt être rendues publiques.
508 Mirame fut représentée en 1641, à l'ouverture de la grande salle du Palais-Cardinal. Mirame, héroïne de la pièce, méprise l'hommage du roi de Phrygie, et lui préfère Arimant, favori du roi de Colchos. Cette allusion à la reine Anne d'Autriche et aux sentiments que le comte de Buckingham avoit osé témoigner ne nous semble pas avoir été indiquée jusqu'à présent.
509 Il arriva une chose assez bizarre en ce temps-là. Le jour que le cardinal alla à Luxembourg, où la Reine et lui rompirent, le procureur-général Molé, qu'il avoit dessein de faire premier président, n'ayant pas trouvé M. le cardinal chez lui, alla le chercher à Luxembourg. Par malheur le cardinal, descendant par le grand escalier, le vit qui montoit par le petit. Il crut que cet homme venoit offrir son service à la Reine-mère, et il ne s'en désabusa que long-temps après, qu'il le fit premier président. Il fut trompé au jugement qu'il fit de lui et du président Mélian. Ce Mélian, président des enquêtes, avoit plus de réputation qu'il n'en méritoit. Le cardinal le fit procureur-général, et il se trouva que ce n'étoit nullement un habile homme, et au contraire, le procureur-général qui fut premier président, parce qu'il ne passoit pas pour un grand clerc, se trouva plus habile qu'on ne croyoit. (T.)
510 Elle ne baisa pas une fois le Roi en toute la régence. (T.)
511 Mademoiselle de Verneuil, sœur de M. de Metz. Cette madame de La Valette étoit fort bien avec la Reine-mère. La Verneuil, sa mère, dit un jour à la Reine: «Madame, mais qu'est-ce que ma fille a donc pour vous plaire? Cela me surprend, car le feu Roi étoit un fort bon homme, mais il a bien fait les plus sots enfants du monde.» Madame de Verneuil devint si grosse, que Bautru, en l'allant voir, vouloit payer à la porte comme pour voir la baleine. Elle ne s'amusa plus qu'à faire des ragoûts quand elle vit Henri IV mort. Elle ne lui a pas été infidèle: c'est la seule. (T.)
512 Cette madame Du Vernet fut chassée pour cela; mais comme elle avoit gagné du bien, feu M. de Bouillon La Marck l'épousa. On disoit que ce Du Vernet avoit été violon, et avoit montré à danser aux pages du connétable de Montmorency en Languedoc. Cependant ils le firent gouverneur de Calais. (T.)
513 On a su du cardinal Spada, alors nonce en France (il l'a dit à M. de Fontenay-Mareuil, quand celui-ci étoit ambassadeur à Rome), que la France et l'Espagne étoient sur le point de se liguer pour attaquer l'Angleterre. C'étoit le cardinal de Bérulle, alors général de l'Oratoire, et non encore cardinal, qui pressoit cette alliance. Le comte d'Olivarès avertit le duc de Buckingham du dessein, et cela le fit venir dans l'île une campagne plus tôt qu'il n'avoit résolu. L'Espagne vouloit que les Huguenots brouillassent toujours la France. (T.)
514 La Reine régnante avoua qu'on lui pouvoit faire un méchant tour en cette occasion; car elle avoit été au Val-de-Grâce, où l'ambassadeur d'Espagne, Mirabel (contre la défense qu'on lui avoit faite d'aller plus au Louvre comme il faisoit, car il y alloit sans cesse, et auparavant la Reine-mère l'admettoit au conseil), avoit été parler à elle, et elle en avoit quelque reconnoissance. Sur cette affaire de l'ambassadeur d'Espagne, au commencement elle dit bien des sottises: que son frère la vengeroit, etc., et a toujours eu intelligence avec lui. Elle ne pouvoit cacher le chagrin qu'elle avoit des prospérités de la France, quand c'étoit au préjudice de sa maison. (T.)
515 Aigre est un bourg de la province de Saintonge, qui fait aujourd'hui partie du département de la Charente.
516 Son nom s'écrit ordinairement Vitré.
517 Le Cours-la-Reine, aux Champs-Élysées.
518 Celui qui a tant écrit contre le cardinal. Il s'appelle de Mourgus, et est de Paris. (T.)
519 Il lui prenoit assez souvent des mélancolies si fortes qu'il envoyoit chercher Bois-Robert, et les autres qui le pouvoient divertir, et il leur disoit: «Réjouissez-moi, si vous en savez le secret.» Alors chacun bouffonnoit, et, quand il étoit soulagé, il se remettoit aux affaires. (T.)
520 Ce fut pour l'attraper qu'il lui fit épouser sa parente.
M. d'Épernon, pour avoir mal vécu avec sa femme, s'est attiré toutes les calamités qu'il a eues.
On a dit que Puy-Laurens avoit été empoisonné avec des champignons, et on disoit que les champignons du bois de Vincennes étoient bien dangereux. Mais il mourut comme le grand prieur de Vendôme et le maréchal d'Ornano, à cause de l'humidité d'une chambre voûtée, et qui a si peu d'air que le salpêtre s'y forme. Madame de Rambouillet disoit plaisamment que cette chambre valoit son pesant d'arsenic, comme on dit son pesant d'or. Le cardinal de La Valette lui redisoit toujours cela. (T.)
521 L'écrit qui l'a le plus fait enrager depuis cela, a été cette satire de mille vers, où il y a du feu, mais c'est tout. Il fit emprisonner bien des gens pour cela: mais il n'en pu rien découvrir. Je me souviens qu'on fermoit la porte sur soi pour la lire. Ce tyran-là étoit furieusement redouté. Je crois qu'elle vient de chez le cardinal de Retz; on n'en sait pourtant rien de certain. (T.)—Cette pièce est connue sous le nom de la Milliade, parce qu'elle se compose de mille vers. Son véritable titre est: le Gouvernement présent, ou Éloge de Son Éminence. Barbier, qui, dans son Dictionnaire des Anonymes, en indique une édition de Paris, 1643, in-8o, dit à l'occasion de cet ouvrage: «Cette satire, publiée vers 1633, existe aussi sans indication de ville, sans nom d'imprimeur et sans date. On n'est pas bien certain du nom de son auteur: les uns l'attribuent à Favereau, conseiller à la cour des aides; les autres à d'Estelan, fils du maréchal de Saint-Luc; d'autres au sieur Brys, bon poète du temps. Cette dernière opinion paroît la plus fondée.» (Voyez la Bibliothèque historique de la France, t. 2, no 32485.)
522 Le cardinal a affecté de se faire appeler Monseigneur. (T.)
523 Lambert le riche. Ce Lambert est mort, et se tua tellement à amasser du bien qu'il n'en a point joui. Il laissa cent mille livres de rente à son frère. Ce sont les fils d'un procureur des comptes. (T.)
524 Bernard de Saxe, duc de Weimar.
525 Où il fut battu le 7 septembre 1654 par les Impériaux; il commandoit l'armée suédoise.
526 Jean Filesac, docteur de Sorbonne, et curé de Saint-Jean en Grève, mourut en 1638. Il a laissé un assez grand nombre d'ouvrages, écrit sans méthode, mais pleins de recherches.
527 Edmond Richer, docteur de Sorbonne, principal et supérieur du collége du cardinal Le Moine, a été un des plus zélés défenseurs de nos libertés gallicanes; il résista courageusement au nonce Ubaldini et au cardinal Du Perron, qui voulurent, en 1611, faire soutenir chez les Dominicains des thèses sur l'infaillibilité du pape, et sa supériorité sur le concile. Son livre, de Ecclesiasticâ apostolicâ potestate, composé pour le premier président de Verdun, a donné lieu à bien des disputes.
528 Voyez la description que fait La Fontaine du château de Richelieu dans une lettre adressée à sa femme le 27 septembre 1663. Cette lettre a été publiée en 1820, pour la première fois, par l'un des trois éditeurs à la suite des Mémoires de Coulanges.