[568] Acte I, scène V, vers 286.
[569] Acte I, scène IV, vers 260.
[570] Acte I, scène V, vers 282.
[571] Acte I, scène VI, vers 291.
[572] Acte II, scène II, vers 406.
[573] Ceci est moins juste. Arias est parent de don Diègue, et de son parti; mais Corneille préfère le nom le plus sonore, et un moindre nombre de personnages.
[574] Voyez la Notice du Cid, p. 17 et 18.
[575] Acte II, scène I, vers 382.
[576] Que está allí, mots qui, dans la citation de Corneille (voyez ci-dessus, p. 201, vers 398), ne laissent pas d'être un peu embarrassants pour le lecteur.
[577] Plus motivé par la situation que dans Corneille.
[578] Par la colère:
Y que es sangre suya y mia
la que yo tengo en los ojos,
sabes?
—Voir l'interprétation détournée volontairement sans doute par Corneille, vers 401 et 402, le sang porté aux yeux par la colère tenant à une locution tout espagnole.
[579] C'est le vrai sens, plutôt que la réplique: Que m'importe (vers 402)?
Y el saberlo (acorta—razones) qué ha de importar?
[580] Donnons cet exemple, entre tant d'autres, de la singulière rapidité d'expression si goûtée des Espagnols, qui resterait obscure si elle n'était un peu paraphrasée dans la traduction:
Hijo, hijo, con mi voz
te envio ardiendo mi afrenta.
[581] Acte II, scène VIII, vers 668-670.
[582] Acte II, scène VIII, vers 676.
[583] Ibidem, vers 693-696.
[584] Ici un faux sens est donné par l'intelligent traducteur la Beaumelle, d'après une édition fautive, qui devait être aussi celle de Corneille: «Et dût l'État perdre ses plus précieux appuis....» Il lisait probablement, ainsi que Corneille: «y aunque el Reyno....»
[585] Acte II, scène VIII, vers 697.
[586] Acte II, scène VIII, vers 732.
[587] Ibidem, vers 736.
[588] Acte III, scène I.
[589] Acte III, scène III, vers 846-848.
[590] Ceci est la fin du couplet de quatre vers, qui est suivi périodiquement dans ce système d'un couplet de cinq vers, dont l'un est de trois ou quatre syllabes; le couplet de cinq vers commence ici à Seguiréle. La réponse de Chimène est interrompue par Rodrigue, qui vient s'agenouiller devant elle, et lui demander la mort.
[591] Acte III, scène IV, vers 972.
[592] Ibidem, vers 858.
[593] Texte difficile:
Pasa el mismo corazon,
que pienso que está en tu pecho
[594] Le mot canas, «cheveux blancs,» était noblement rendu par vieillesse honorable, dans cette leçon des premières éditions: De la main de ton père[594-a], etc., que Corneille a changée, à regret sans doute, à partir de 1660.
[594-a] Voyez ci-dessus, p. 154, la variante des vers 873 et 874.
[595] Qu'on veuille bien nous pardonner ces rimes, qui seraient un essai fort puéril, si elles n'étaient destinées à donner quelque idée du mètre employé dans cette scène, alternativement avec les quatrains rimés.
[596] C'est ce dont le texte n'avertit point. Cette parenthèse est duc à la Beaumelle; le cri: «Que vois-je?» n'a sans elle aucun sens. Corneille n'a pas trouvé cette indication de scène, ce mouvement de Rodrigue revenant sans doute sur ses pas; mais il a aussi mis beaucoup de larmes dans cette séparation, qui alors en faisait tant couler, en cette première jeunesse de nos émotions théâtrales. Les deux phrases entrecoupées qui précèdent n'ont tout leur sens qu'accompagnées de sanglots.
[597] Acte III, scène IV, vers 852.
[598] Ibidem, vers 856 et 857.
[599] Acte III, scène IV, vers 869-874. La fin, depuis: «De la main de ton père,» se lit dans les éditions de 1637 à 1656. L'avant-dernier vers, meilleur que celui qui l'a remplacé à partir de 1660, se rattache enfin au texte cité par Corneille: malheureusement le vers suivant aura paru faible par l'antithèse des mots déshonoroit et honorable: c'est la remarque d'un habile critique (M. Géruzez, Théâtre choisi de Corneille, p. 59).
[600] Acte III, scène IV, vers 879.
[601] Ibidem, vers 917 et suivants.
[602] Ibidem, vers 921 et 922.
[603] Ibidem, vers 927 et 871.
[604] Corneille, dans l'Examen du Cid (voyez ci-dessus, p. 94 et 95), fait sur cette scène et sur la première du cinquième acte, qui en est comme une variation, des réflexions candides et sages dont nous recommandons la lecture.
[605] Acte III, scène V, vers 1013 et 1014.
[606] Ibidem, vers 1020.
[607] «Je t'ai donné la vie par l'entremise de la nature: toi, tu me l'as rendue par sa seule vaillance (de ta main).» Cela est beau, mais quel éclat incomparable dans ces mots:
«Porte, porte plus haut le fruit de ta victoire:
Je t'ai donné la vie, et tu me rends ma gloire[607-a]!»
[607-a] Acte III, scène VI, vers 1053 et 1054.
[608] Acte III, scène VI, vers 1092-1094.
[609] Ibidem, vers 1086.
[610] Il faut se souvenir que ces premiers romances supposent qu'elle était enfant quand Rodrigue, dont elle n'est pas connue, l'a rendue orpheline. Elle a depuis attendu dans sa maison l'âge convenable pour faire cette démarche devant le Roi.
[611] Acte IV, scène V, vers 1340.
[612] Ibidem, vers 1347.
[613] Cette intervention de don Diègue, s'empressant d'accepter au nom de son fils, est un détail noble et fort bien adapté, qui s'offrait naturellement à l'imitation de Corneille. S'il l'a omis, on peut en entrevoir la raison dans la gêne où le tenaient les considérations dont il va être parlé.
[614] Acte IV, scène V, vers 1450-1453.
[615] Acte IV, scène V, vers 1457-1464.
[616] Ibidem, vers 1391 et 1392.
[617] Acte V, scène I, vers 1559 et suivants.
[618] Un examen trop minutieux relèverait dans les deux vers suivants une petite combinaison de circonstances que l'on ne comprend guère, mais qui est indispensable à cette adroite conduite de la scène:
«Mais puisque mon devoir m'appelle auprès du Roi,
Va de notre combat l'entretenir (Chimène) pour moi[618-a].»
[618-a] Acte V, scène VI, vers 1751 et 1752.
[619] C'est exactement le double sens du grec homérique τιμορως [Grec: timôros], analogie demeurée constante et bonne à noter dans l'histoire des idées humaines.
[620] On voit que l'étude consciencieuse qui précède conduit à des résultats fort différents, sur plus d'un point, de ceux que d'autres sources nous ont fournis (voyez p. 5 et suivantes). Elle nous apprend, par exemple, qu'il y a une édition du Cid de Diamante antérieure à celle de 1659. En outre, nous nous fions volontiers à l'autorité d'un examen attentif qui n'a trouvé dans cette pièce ni beautés du premier ordre, sauf la part de Corneille dans ce qui est faiblement traduit d'après lui, ni emprunt direct fait à Castro. Enfin nous sommes tout disposé à croire qu'il ne faut pas dire de Diamante qu'il a été «un des plus féconds et des plus renommés poëtes dramatiques qu'ait produits l'Espagne dans la seconde moitié du dix-septième siècle.» (Note de l'éditeur.)
[621] Cet avis, qui contient quelques renseignements curieux sur l'accueil qui fut fait au Cid à l'étranger, figure en tête du rare volume qui a pour titre: Le Cid, tragi-comédie nouvelle, par le sieur Corneille. A Leyden, chez Guillaume Chrestien, 1638, in-12.
[622] Storia critica de' teatri, Napoli, V. Orsino, 1788, tomo III, p. 121-126.
[623] Histoire littéraire d'Italie, IIe partie, chapitre XXI, 2e édition, tome VI, p. 128-143.
[624] Voyez ci-après, p. 262-272.
[625] Il y a Tullius, au lieu de Tullus, dans le texte de Laudun.
[626] Journal des débats du 9 juin 1852.
[627]
No vengo con alegria
celebrar este dia,
sino con mi llanto triste.
[628] Acte IV, scène V, vers 1256 et 1257.
[629] Nous nous plaisons à rappeler que M. Viguier a bien voulu relire à notre profit les auteurs dramatiques espagnols qui ont traité les mêmes sujets que Corneille; c'est à lui que nous devons la plupart des considérations qui précèdent.
[631] Voyez ci-dessus, p. 42 et 43.
[632] Recueil manuscrit de lettres de Chapelain appartenant à M. Sainte-Beuve, cité par M. J. Taschereau, Histoire de la vie et des ouvrages de P. Corneille, 2e édition, p. 94.
[633] Recueil manuscrit de lettres de Chapelain appartenant à M. Sainte-Beuve, cité par M. J. Taschereau, Histoire de la vie et des ouvrages de P. Corneille, p. 95.
[634] Histoire du Théâtre françois, tome IX, p. 105.
[635] Voyez ci-dessus, p. 13 et la note 23.
[636] Voyez ci-dessus, p. 13, et tome I, p. 258.
[637] Pages 51-53.
[638] Théâtre françois, par Chapuzeau, p. 93.
[639] Voyez plus loin, p. 305, les vers 533 et suivants, et la note 730.
[640] Œuvres mêlées, 1738, tome II, p. 163 et 164.
[641] Lemazurier cite Mme Lavoy le 30 juin 1705, Mlle Jouvenot en décembre 1718, Mme Poisson en mai 1726, Mlle Rosalie le 14 mars 1759. C'est dans Camille que Mlle Rachel a fait son premier début le 12 juin 1838, avec une recette de sept cent cinquante-trois francs cinq centimes. Voyez plus loin, p. 331, note 782, la manière dont elle interprétait un passage de ce rôle. Enfin c'est encore dans le rôle de Camille que Mlle Karoly a débuté à l'Odéon le 7 septembre 1860.
[642] Voici la description bibliographique de la première édition: Horace, tragedie. A Paris, chez Augustin Courbé.... M.DC.XXXXI, auec priuilege du Roy, in-4o de 5 feuillets et 103 pages, avec un frontispice de le Brun, gravé par Daret, représentant la fin du combat. En haut se trouve un cartouche dans lequel on lit: Horace tragedie. A l'entour est une banderole portant: Nec ferme res antiqua alia est nobilior. Titus Livius, l. Io (voyez ci-après, p. 265). Il y a eu, sous la même date et chez le même libraire, une édition de format in-12.
[643] Relation contenant l'histoire de l'Académie françoise, 1653, p. 218.
[644] Voyez ci-dessus, p. 25 et 41.
[645] Troisième dissertation concernant le poëme dramatique, en forme de remarques sur la tragédie de M. Corneille, intitulée l'Œdipe.... par l'abbé d'Aubignac, réimprimée dans le Recueil de dissertations.... par l'abbé Granet, tome II, p. 8 et 9.
[646] Tome II, p. 162.
[647] Parfois Corneille, mieux avisé, faisait lire ses ouvrages avant le jour de la première représentation, par quelque grand comédien. Tallemant des Réaux nous fait assister à une assemblée de ce genre chez Gédéon Tallemant le maître des requêtes; mais, par malheur, il ne nous apprend pas de quelle pièce il est question: «Il (G. Tallemant) vouloit faire l'habile homme et ne savoit rien. Une fois que Floridor, qui est son compère, lui vint lire, pour faire sa cour, une pièce de Corneille qu'on n'avoit point encore jouée, Mlle de Scudéry, Mlle Robilleau, Sablière, moi et bien d'autres gens étions là; nous nous tenions les côtés de rire de le voir décider et faire les plus saugrenus jugements du monde; il n'y eut que lui à parler: vous eussiez dit qu'il ordonnoit du quartier d'hiver dans une intendance de province, comme il fit ensuite.» (Tome VI, p. 250.)
[648] Voyez ci-dessus, p. 47 et 48.
[649] Page 82.
[650] Voyez plus loin, p. 274.
[651] Pratique du théâtre, p. 433 et 436.
[652] Armand-Jean du Plessis, cardinal et duc de Richelieu, ministre de Louis XIII, né à Paris le 5 septembre 1585, mot le 4 décembre 1642. Nous nous sommes étendu longuement, dans la Notice de la Comédie des Tuileries (tome II, p. 305 et suivantes) et dans la Notice du Cid, sur ses rapports avec Corneille.—Dans l'édition originale et dans l'édition séparée de 1655, le mot Monseigneur est répété: A MONSEIGNEUR MONSEIGNEUR LE CARDINAL, etc.—Cette épître dédicatoire ne se trouve que dans les impressions de 1641-1656.
[653] Nec ferme res antiqua alia est nobilior. (Lib. I, cap. XXIV.)
[654] Le mot seulement est omis dans les recueils de 1648-1656.
[655] A cette époque Corneille habitait encore Rouen; ce ne fut qu'en 1662 qu'il vint s'établir à Paris.
[656] «Je ne sais ce qu'on doit entendre par ces mots être à V. É. Le cardinal de Richelieu faisait au grand Corneille une pension de cinq cents écus, non pas au nom du Roi, mais de ses propres deniers.... Cependant une pension de cinq cents écus que le grand Corneille fut réduit à recevoir, ne paraît pas un titre suffisant pour qu'il dît: j'ai l'honneur d'être à V. É.» (Voltaire.)
[657] On sait que Scipion et Lélius passaient pour les collaborateurs de Térence, et même, aux yeux de quelques-uns, pour les auteurs de ses comédies. Voilà pourquoi Corneille leur prête ici ce que dit Térence lui-même, au commencement du prologue de l'Andrienne:
Poeta quum primum animum ad scribendum appulit,
Id sibi negoti credidit solum dari,
Populo ut placerent quas fecisset fabulas.
«Lorsque notre poëte se décida à écrire, il crut que sa seule tâche serait de faire que ses pièces plussent au peuple.»—Voyez encore les vers 15 à 19 du prologue des Adelphes.
[658] «C'est par ta faveur uniquement (Horace parle à la muse) que les passants me montrent du doigt, comme donnant au théâtre des œuvres qui ont leur prix. Que je respire et que je plaise (si vraiment je plais), c'est à toi que je le dois.» (Livre IV, ode III, vers 21-24.) Dans Horace le troisième vers est:
Romanæ fidicen lyræ.
[659] «Cette expression passionnément montre combien tout dépend des usages. Je suis passionnément est aujourd'hui la formule dont les supérieurs se servent avec les inférieurs.» (Voltaire.)
[660] Var. (édit. de 1647 et de 1656): et très-obligé.
[661] Livre I, chapitres XXIII-XXVI.—Cet extrait de Tite Live ne se trouve que dans les recueils de 1648-1656.—Corneille, après avoir donné, en tête de Cinna, le texte de Sénèque qui lui a fourni le sujet de cette pièce, a eu l'heureuse idée d'y ajouter l'imitation que Montaigne a faite de ce morceau avec son originalité et son indépendance habituelles. A défaut d'un traducteur aussi illustre pour le fragment de Tite Live qui sert d'argument à Horace, nous avons choisi la version de Blaise de Vigenère, la plus récente qui existât au temps où Corneille écrivait sa tragédie.
(XXIII.) «.... Déjà d'un très-grand effort d'une part et d'autre s'apprêtoient à la guerre ressemblant à une civile, entre presque les propres pères et les enfants, tous les deux peuples étant descendus de la race troyenne, parce que la ville de Lavinium avoit été fondée par les Troyens, et de Lavinium, venue et peuplée celle d'Albane, et de la lignée des rois d'Albane, procédés ceux de Rome. Mais l'issue en fin de la guerre retrancha beaucoup de la compassion pitoyable qui eût pu succéder de cette querelle; pour autant qu'il n'y eut aucune bataille donnée; ains seulement l'habitation de l'une des villes étant démolie, les deux peuples furent mêlés et confondus en un seul. Les Albaniens avec une grosse armée furent les premiers à entrer dans le territoire de Rome, où ils se campèrent à cinq mille pas seulement des murailles, se remparant d'une bonne tranchée alentour, qui fut depuis durant quelques siècles appelée la fosse Cluilienne, du nom de leur chef; jusqu'à ce que par succession de temps il s'est aboli et éteint avec l'ouvrage. En ce logis-là Cluilius, roi d'Albane, fina ses jours, et l'armée créa Métius Suffétius dictateur. Cependant Tullus encouragé spécialement de la mort du Roi, et alléguant que la grande justice des Dieux avoit commencé par le chef adversaire de prendre vengeance sur tout le nom albanien de la guerre injustement par eux suscitée, se coule secrètement une nuit avec son armée outre le camp des ennemis, si bien qu'il entre dedans leurs confins à son tour; ce qui rappela Métius du lieu où il étoit campé, pour s'approcher avec ses forces le plus près des Romains qu'il lui fût possible: d'où il dépêcha un héraut à Tullus pour lui faire entendre qu'avant de venir au combat il s'entreverroit volontiers avec lui, et que s'ils parlementoient ensemble, il s'assuroit bien de lui faire quelques ouvertures qui ne lui importeroient moins qu'à ceux d'Albane. Tullus ne le voulant éconduire de cette requête, encore qu'il connût assez clairement que ce n'étoient que cassades, met ses gens en bataille. Les Albaniens sortent aussi à l'encontre, et après qu'ils se furent rangés en ordonnance d'une part et d'autre, tous prêts à s'entre-choquer, les deux chefs avec aucuns des principaux autour d'eux s'advancent au milieu des deux osts, là où celui d'Albane commence ainsi à parler: «Les torts griefs qui ont été faits et les choses qu'on a répétées suivant le traité, lesquelles néanmoins on n'a voulu rendre, il me semble avoir entendu que notre roi Cluilius en a été le seul motif, et par conséquent de la guerre qui s'en est ensuivie, et si ne fais doute, sire Tullus, que vous-même ne le croyez ainsi; mais pour en parler à la vérité, plutôt que de chercher à dire je ne sais quoi de belle et magnifique apparence, c'est une convoitise de régner qui éperonne à prendre les armes deux peuples alliés et voisins. Si à bon droit ou à tort, je ne veux rien gloser là-dessus, le remettant à la conscience et secrète pensée de celui qui a suscité cette guerre, durant laquelle les Abaniens m'ont élu pour leur chef. Trop bien vous avertirois-je volontiers d'un seul point. Le pouvoir des Thoscans combien il est grand tout autour de vous et de nous, et de vous principalement, de tant plus que vous en êtes plus proches, vous le devez tant mieux savoir. Ils ont de grandes forces par terre, et par la mer encore plus; et souvenez-vous que tout aussitôt que vous aurez donné le mot pour venir à la charge, ces deux armées leur serviront de passe-temps et jouet; afin de se ruer tout à coup sur les uns las et harassés du combat, et les autres qui seront mis en route et défaits: le victorieux et vaincu tout ensemble. Par quoi, si les Dieux nous aiment, au lieu que non contents d'une liberté assurée, nous nous voulons de gaieté de cœur précipiter à un douteux hasard de commander ou de servir, cherchons à la bonne heure quelque autre expédient pour décider lequel des deux peuples régnera sur l'autre, sans beaucoup de perte, et sans guère répandre de sang.» Ce langage ne déplut à Tullus, nonobstant que de son naturel, et de l'espérance de la victoire, qui le rendoit tant plus haut à la main, il fût assez difficile à ferrer; et comme ils étoient après d'une part et d'autre à en chercher des moyens, la fortune leur en présenta l'occasion.
(XXIV.) «Car d'aventure se trouvèrent lors en chacune des deux armées trois frères jumeaux ne différant comme en rien d'âge et de force: les Horaces et Curiatiens. De cela on ne fait nulle doute; de tous les anciens beaux faits d'armes n'y en ayant point de plus brave et renommé que cestui-ci. Néanmoins en une chose si manifeste et connue, il se trouve une incertitude des noms: de quel peuple étoient les Horaces et de quel les Curiatiens, car les auteurs varient en cet endroit: la plupart toutefois appellent les Horaces Romains; par quoi je leur veux adhérer. Les rois moyennent envers eux de leur faire accepter le combat, trois contre trois, pour l'honneur et gloire de leur patrie; car la domination demoureroit à celui dont les champions auroient le dessus....
(XXV.) «L'accord passé, les trois jumeaux s'en vont armer, suivant ce qui avoit été arrêté; et comme chacun des deux peuples exhortât les siens à bien faire, leur remettant devant les yeux les Dieux du pays, la patrie, leurs progénitures, ensemble tout ce qui étoit demeuré de citoyens à la ville, tout ce qui en étoit là présent au camp; revisitant tantôt leurs armures, tantôt leurs bras et les mains; eux hardis et de naturel, et renforcés d'abondant par le courage qu'on leur donnoit, s'avancent au milieu des deux osts étant en bataille, qui avoient fait haut d'une part et d'autre devant leurs remparts, plus exempts du péril qui se présentoit que de soin et travail d'esprit; car il y alloit de l'empire et domination; le tout dépendant de la vaillance et fortune de si peu d'hommes. Au moyen de quoi chacun demeure transporté en suspens après ce mal plaisant spectacle. Finalement, le signal donné, ces trois de chaque côté braves jeunes hommes se vont rencontrer la tête baissée, tout ainsi que si c'eussent été deux bataillons qui s'affrontassent, charriant quand et eux la même impétuosité et furie de deux grosses et puissantes armées, sans se soucier ni ceux-ci ni ceux-là de leur propre danger, ni que rien se présentât à leurs cœurs que l'empire ou la servitude et conséquemment la fortune que devoient courir leurs choses publiques, toute telle qu'ils la leur feroient. Dès la première démarche et assaut, que leurs harnois commencèrent à cliqueter et leurs flamboyantes épées à tresluire, une grande horreur saisit soudain les regardants, et ne balançant encore l'espérance de la victoire d'un côté ni de l'autre, chacun demeuroit entrepris et de voix et d'haleine. Étant de là venus aux mains, et que non-seulement l'agilité de leur corps et la remuante escrime des glaives et armes tiroient à soi les yeux de l'assistance, mais les plaies aussi et le sang qui en découloit, les deux Romains, ayant blessé les trois Albaniens, tombèrent tous roides morts l'un sur l'autre. A la chute desquels comme toute l'armée d'Albane eut jeté un haut cri d'allégresse, les légions romaines au rebours, hors de tout espoir de victoire, mais non pas d'un poignant souci, demeurèrent éperdues et comme transies de crainte pour celui qu'ils voyoient entorner par les trois Curiatiens. Mais de bonheur il se trouva sain et entier de ses membres; tellement que s'il n'étoit pour répondre lui tout seul à l'encontre de trois, il leur pouvoit bien néanmoins tenir pied l'un après l'autre. Au moyen de quoi, pour les séparer il se met à fuir, jugeant en soi que chacun d'eux iroit après, selon que leurs blessures le pourroient permettre. Et déjà s'étoit quelque peu éloigné de la place où avoit été le conflit, quand détournant la tête en arrière, il aperçoit qu'ils le poursuivoient fort distants l'un de l'autre, dont le premier n'étoit désormais guère loin de lui. Il retourne sur celui-là d'une très-grande âpreté et furie; et comme l'armée d'Albane écriât à ses frères de le secourir, déjà l'Horace l'ayant mis par terre se préparoit pour donner au second. Les Romains lors par un cri tel qu'ont accoutumé de jeter ceux qui inespérément se reviennent de la peur qu'ils ont eue, donnent courage à leur champion, et il se hâte tant qu'il peut de mettre fin à cette mêlée, si bien qu'avant que le tiers, lequel n'étoit plus guère loin, y pût arriver à temps, il met à mort le second Curiatien. Or par là étoit la partie rendue égale de nombre; car ils ne restoient plus qu'un à un, mais non pas égaux ni d'espérance, ni de force; car le corps de l'un non encore touché de blessure, et sa double victoire, l'amenoient prompt et gaillard au troisième combat, là où l'autre traînant une foible carcasse jà élangourée de plaies, élangourée de courir, tout abattu et déconfit pour la mort de ses frères, fut comme exposé à la gueule d'un ennemi frais et victorieux. Parquoi il n'y eut point de résistance; car le Romain tressaillant de joie: «J'ai, dit-il, jà envoyé là-bas deux des frères; le troisième, avec la cause de cette guerre, je l'y vais dépêcher aussi, à ce que dorénavant le Romain commande sur l'Albanien.» Ce disant, il lui met l'épée à la gorge, qu'à grand'peine pouvoit-il soutenir ses armes, et le dépouille étant tombé du coup. Les Romains triomphants d'éjouissement en leurs cœurs, lui font fort grand fête, et le reçoivent avec autant plus d'allégresse que la chose avoit presque été déplorée; puis se mettent à ensevelir chacun les siens; mais non pas d'une même chère: comme ceux dont les uns avoient accru leur domination, et les autres se voyoient réduits sous la subjection et pouvoir d'autrui. Les sépultures en sont encore debout au même endroit où chacun d'eux vint à rendre l'âme: des deux Romains en un seul tombeau en tirant vers Albane, et des trois Albaniens du côté de Rome, mais à la même distance et selon qu'ils finèrent leurs jours.
(XXVI.) «Avant que déloger de ce lieu, Métius, suivant l'accord fait, demande à Tullus ce qu'il lui vouloit commander; il lui ordonne de tenir la jeunesse en armes, parce qu'il se serviroit d'eux s'il avoit la guerre contre les Veïentes. Et là-dessus les deux armées se retirèrent chacune chez soi. Mais Horace marchoit le premier, portant devant soi la dépouille des trois jumeaux; lequel sa sœur, fille encore, qui avoit été accordée à l'un d'eux, vint rencontrer hors de la porte Capène; et ayant reconnu sur les épaules de son frère la cotte d'armes de son fiancé, qu'elle avoit ouvrée de ses propres mains, se prend à déchirer le visage et arracher ses cheveux, appelant lamentablement le défunt par son nom. De quoi le jouvenceau, tout fier et superbe encore de sa victoire, irrité en son cœur de voir ainsi les pleurs et criailleries de sa sœur troubler une si grande joie publique, mettant la main à l'épée, la lui passe à travers le corps d'outre en outre, en disant ces aigres et piquantes paroles: «Va-t'en doncques trouver ton époux avec ce hâtif et inconsidéré amourachement; oublieuse que tu es de tes frères morts et de celui qui reste en vie; oublieuse de la gloire de ton pays: qu'ainsi en puisse-t-il prendre à quelconque Romaine qui fera deuil pour l'ennemi!» Cet acte-là sembla inhumain et par trop cruel, tant aux patriciens qu'au commun peuple. Mais ses mérites tous récents supportoient aucunement le forfait. Si ne laissa il pas toutefois d'en être appelé devant le Roi, lequel pour non être auteur d'un si piteux jugement, désagréable à tout le peuple, ensemble de l'exécution qui s'en ensuivroit, ayant fait assembler l'audience: «Je commets (ce dit-il) deux hommes pour faire le procès à Horace selon la loi du crime de perduellion.» Cette loi étoit d'une teneur fort horrible pour lui: «Que les duumvirs jugent Horace avoir commis perduellion et crime de félonie: s'il en appelle, qu'il relève son appel, et le soutienne le mieux qu'il pourra. Si la sentence des duumvirs obtient et l'emporte, qu'on lui bande le chef, et soit pendu et étranglé d'un cordeau à un arbre malencontreux, l'ayant auparavant fouetté au dedans des remparts ou dehors.» Par cette loi les duumvirs ayant été premièrement établis, parce qu'ils ne voyoient pas que suivant icelle ils eussent pouvoir d'absoudre, même un innocent, le condamnèrent. Et alors l'un d'eux prononçant la sentence: «Horace, dit-il, je te déclare perduellion et condamne pour tel. Va, licteur, et lui lie les mains.» Le licteur s'étoit déjà approché pour lui mettre la hart au col, quand Horace par l'admonestement de Tullus, favorable et benin interprétateur de la loi: «J'en appelle,» dit-il, et relève quand et quand son appel devant le peuple, où la cause fut de nouveau plaidée. Mais ce qui mut le plus les gens en ce jugement, fut Horace le père du criminel, criant à haute voix qu'il déclaroit sa fille avoir été justement mise à mort; et si ainsi n'étoit, qu'il châtieroit son fils selon le droit et autorité paternelle qu'il avoit sur lui. Requéroit puis après de ne le vouloir point du tout priver d'enfants, lui que naguères on avoit vu avec une si florissante lignée. Et là-dessus le pauvre vieillard embrassant son fils, montroit les dépouilles des Curiatiens, élevées en cet endroit que maintenant on appelle la Pile Horatienne, avec telles autres paroles pleines d'une grand'véhémence: «Pourrez-vous donc, seigneurs Quirites, souffrir de voir celui-là lié, garrotté sous les fourches, expirer parmi les coups de fouet et tourments, que vous avez vu tout présentement marcher en un tel triomphe et honneur de victoire? lequel si horrible et hideux spectacle à grand'peine les yeux des Albaniens sauroient comporter. Va, licteur, et lui lie les mains, qui naguères avec les armes ont acquis la domination au peuple romain. Va lui bander le chef, qui a délivré cette cité de servitude; pends-le par le col et étrangle à un arbre malencontreux; bats-le à coups de verges au dedans des remparts, pourvu que ce soit entre ces dards et dépouille ennemie, ou dehors, pourvu que ce soit entre les sépultures des Curiatiens. Car où pourroit-on mener ce jeune homme que les enseignes de sa gloire, que les marques de son honneur ne le garantissent d'un si cruel et honteux supplice?» Le peuple ne put supporter ne les larmes du père, ne le courage du fils, se montrant égal en l'un et l'autre péril, et l'absolurent plus par admiration de sa vaillance, que pour le mérite et droit de la cause. Mais à ce qu'un meurtre si manifeste fût au moins réparé par quelque forme d'amende et punition, le père eut commandement de purger son fils des deniers publics: lequel après certains sacrifices propitiatoires, dont la charge fut depuis commise à la famille horatienne, ayant tendu une perche au travers de la rue, fit passer le jeune homme dessous, la tête bouchée, tout ainsi que sous un gibet. On l'a toujours maintenu et refait depuis au dépens du public jusqu'à l'heure présente, et s'appelle encore pour le jourd'hui la perche ou chevron de la sœur; à qui l'on dressa une sépulture de pierre de taille au propre lieu où elle expira.» (Les Décades qui se trouvent de Tite Live mises en françois; la première par Blaise de Vigenère, Bourbonnois.... A Paris, chez Nicolas Chesneau, M.D.LXXXIII, in-fol., p. 19-23.)
[662] Corneille n'a pas suivi, pour ces quatre chapitres, le texte, fort amélioré, de son contemporain Gruter, dont le Tite Live avait paru en 1608 et avait été réimprimé en 1619 et en 1628, c'est-à-dire à la veille de la représentation et de l'impression d'Horace. Attachant naturellement peu d'importance, pour l'objet qu'il avait en vue, aux détails de critique et de philologie, il a pris comme au hasard un texte plus ancien, qui se rapproche beaucoup de celui de Badius (Paris, 1537), et où se trouve mainte leçon rejetée depuis; entre autres, vers la fin du chapitre XXIII, l'inintelligible Volscis, que Vigenère n'a pas traduit.
[663] Et dans les précédentes et les suivantes. Voyez les indications qui accompagnent les noms des personnages à la fin de la scène V du IVe acte, p. 340.
[664] D'ailleurs est omis dans les éditions de 1660 et de 1663.
[665] Voyez la Poétique, fin du chapitre XI.
[666] Ne pueros coram populo Medea trucidet.
(Art poétique, vers 185.)
[667] Var. (édit. de 1660 et de 1663): L'adoucissement que j'ai apporté à rectifier, etc.
[668] Voyez tome I, p. 81.
[669] Corneille répond ici à l'abbé d'Aubignac. Voyez la Notice d'Horace, p. 256.
[670] Ce mot chute paraît bien fort et ne s'accorde guère avec ce que nous lisons dans le reste de l'Examen. D'Aubignac a dit, plus exactement sans doute: «La mort de Camille.... n'a pas été approuvée au théâtre» (voyez la Notice d'Horace, p. 256); et Corneille lui-même, un peu plus loin (p. 279): «Tout ce cinquième est encore une des causes du peu de satisfaction que laisse cette tragédie.»
[671] Voyez tome I, p. 29.
[672] Art poétique, vers 126 et 127.
[673] Var. (édit. de 1660): Pour le lieu, bien que l'unité y soit exacte, j'y ai fait voir quelque contrainte, quand j'ai parlé de la réduction de la tragédie au roman (voyez tome I, p. 85 et 86). Il est constant, etc.—Corneille fait remarquer dans le Discours des trois unités (tome I, p. 122) qu'il n'a pu réduire que trois pièces à la stricte unité de lieu: Horace, Polyeucte et Pompée; mais dans son Discours de la tragédie (tome I, p. 85), il dit finement que, même dans Horace, l'unité de lieu est bien artificielle, et que dans un roman on procéderait tout autrement. L'abbé d'Aubignac, dans sa Pratique du théâtre (p. 140 et 141), s'était d'abord exprimé ainsi: «Hors les Horaces de M. Corneille, je doute que nous en ayons un seul (un seul poëme dramatique) où l'unité du lieu soit rigoureusement gardée; pour le moins est-il certain que je n'en ai point vu.» Lorsqu'il se fut brouillé avec notre poëte, il effaça, sans doute en vue d'une nouvelle édition, la première phrase de ce passage sur un exemplaire que possède la Bibliothèque impériale, et après ces mots: «que je n'en ai point vu,» il écrivit ce qui suit: «Quand l'Horace de Corneille fut vu dans Paris, je crus que la scène étoit dans la salle du palais du père, comme tout se peut assez bien accommoder; mais l'auteur m'assura qu'il n'y avoit pas pensé, et que si l'unité de lieu s'y trouvoit observée, c'étoit par hasard, et ce qu'il en a dit longtemps après n'est qu'un galimatias auquel on ne comprend rien, tant nos poëtes ont peu d'intelligence de leur art et de leurs propres ouvrages.»
[674] Horace, Art poétique, vers 242.
[675] Voyez vers 187 et suivants. (fin page 495)
[676] Voyez la Ire scène du Ierr acte d'Andromède, et la IIIe scène du IIe acte d'Œdipe.
[677] Voyez vers 215 et suivants (page 496).
[678] Voyez la IIIe scène du Ier acte de Polyeucte (page 493).
[679] Corneille répond encore ici à l'abbé d'Aubignac. Voyez la Notice d'Horace, p. 256.
[681] Var. C'en est assez et trop pour une âme commune. (1641-56)
[682] Var. Qui du moindre péril n'attend qu'une infortune. (1641-48 et 55 A.)
[683] Var. D'un tel abaissement un grand cœur est honteux. (1641-56)
[684]
Var. Je suis Romaine, hélas! puisque mon époux l'est;
L'hymen me fait de Rome embrasser l'intérêt;
Mais il tiendroit mon âme en esclave enchaînée,
S'il m'ôtoit le penser des lieux où je suis née. (1641-56)
[685] Var. Quand entre nous et toi je vois la guerre ouverte. (1641-56)
[686] «Ce vers admirable est resté en proverbe.» (Voltaire.)
[687]
Var. Je sais qu'il doit s'accroître, et que tes bons destins. (1641-55 et 60)
Var. Je sais qu'il doit s'accroître, et que ces bons destins. (1656)
[688] Var. Que si dedans nos murs vous aviez pris naissance. (1641-56)
[689] Var. Tant qu'on ne s'est choqué qu'en des légers combats. (1656)
[690]
Var. Et garde, en attendant ses funestes rigueurs. (1641-55)
Var. Et garde, en attendant ces funestes rigueurs. (1656)
[691] Var. Et qu'en ceci Camille agit bien autrement! (1641-56)
[692] Var. Le sien irrésolu, tremblotant, incertain. (1641-56)
[693] Var. Une soudaine joie éclata sur son front. (1641-56)
[694]
Var. Je forme des soupçons d'an sujet trop léger:
Le jour d'une bataille est mal propre à changer;
D'un nouveau trait alors peu d'âmes sont blessées,
[Et dans un si grand trouble on a d'autres pensées;]
Mais on n'a pas aussi de si gais entretiens. (1641-56)
[695] Var. Pourquoi fuir, et vouloir que je vous entretienne? (1641-56)
[696] Dans l'édition de 1641 in-12, on a imprimé par erreur contre elle, pour comme elle.
[697] Var. Ou digne de mes pleurs, ou digne de ma haine. (1641-56)
[698]
Var. Envers un ennemi qui nous peut obliger?
CAM. D'un serment solennel qui nous peut dégager? (1641-56)
[699] Var. Lui permet de nourrir un espoir bien plus doux. (1641-56)
[700]
Var. Quelques cinq ou six mois après que de sa sœur
L'hyménée eut rendu mon frère possesseur,
Vous le savez, Julie, il obtint de mon père. (1641-56)
[701] Var. En même instant conclut notre hymen et la guerre. (1641 in-4o)
[702] L'édition de 1641 in-12 porte par erreur fait naître, pour fit naître.
[703] Var. Et contre sa coutume, il ne me put déplaire. (1641-56)
[704] On trouve dans l'édition de 1656 la singulière leçon que voici:
Soit que Rome y succombe, ou qu'Albe aille dessous.
[705]
Var. Mon cœur, quelque grand feu qui pour toi le consomme,
Ne veut ni le vainqueur ni l'esclave de Rome. (1641-48 et 55 A.)
[706] Var. Qu'ainsi dans la maison tu t'oses retirer? (1641 in-12)
[707] Var. Aussi bon citoyen comme fidèle amant. (1641-56)
[708] Var. Dieux! qui l'eût jamais cru? Déjà les deux armées. (1641-56)
[709] «J'ose dire que, dans ce discours imité de Tite Live, l'auteur français est au-dessus du romain, plus nerveux, plus touchant....» (Voltaire.)—Voyez ci-dessus, p. 263-265.
[710] Var. Et le plus beau triomphe est arrousé de pleurs? (1641 et 55 A.)
[711] Var. Que le parti plus foible obéisse au plus fort. (1641-56)
[712] Var. A ces mots il se tait: d'aise chacun soupire. (1641-64)
[713] Ce vers et le précédent, comme Voltaire l'a fait remarquer, se retrouvent, à un mot près, dans la comédie du Menteur (acte V, scène VII).
[714] Var. Et ne nous opposant d'autres bras que les vôtres. (1641-56)
[715] Var. Nous croirons, la voyant tout entière en vos mains. (1641-56)
[716] Var. Ce que je vous dois être et ce que je vous suis. (1641-60)
[717] Var. Vu ceux qu'elle rejette, et les trois qu'elle nomme. (1641-56)
[718] Var. Si Rome et tout l'État perdoient moins à ma mort. (1641-56)
[719] La scène commence à ce vers dans les éditions de 1641-56, où le vers précédent termine la scène I.
[720] Var. Dirai-je au dictateur, qui devers vous m'envoie. (1641-56)
[721] Var. Comme il ne nous prend pas pour des âmes communes. (1641-56)
[722] L'édition de 1682 porte, par erreur, comme, pour contre.
[723] Var. Je vois que votre honneur gît à verser mon sang. (1641-56)
[724] Var. Sur ceux dont notre guerre a consommé la vie. (1641-48 et 55 A.)
[725] «Cette tirade fit un effet surprenant sur tout le public, et les deux
derniers vers sont devenus un proverbe ou plutôt une maxime admirable.»
(Voltaire.)
[726] «A ces mots: «Je ne vous connois plus.—Je vous connois encore,» on se récria d'admiration....» (Voltaire.)
[727] Var. A se ressouvenir qu'elle est toujours ma femme. (1641-60)
[728] Var. Consommez avec lui toute cette foiblesse. (1641-48 et 55 A.)
[729] Cette indication manque dans les éditions de 1641-48 et de 1655 A.
[730] Var. Iras-tu, ma chère âme[730-a], et ce funeste honneur. (1641-56)
[730-a] «Chère âme ne révoltait point en 1639, et ces expressions tendres rendaient encore la situation plus haute. Depuis peu même une grande actrice a rétabli cette expression ma chère âme.» (Voltaire.)—Voyez la Notice, p. 252.
[731] Var. Elle se prend aux Dieux, qu'elle ose quereller. (1641-56)
[732] Var. Autre de plus de morts n'a couvert cette terre. (1641-56)
[733] Var. Et que par mon amour ma valeur endormie. (1641-56)
[734] Voyez tome I, p. 150, note 479-a.
[735] Var. Et vivrai sans reproche, ou finirai sans honte. (1641-56)
[736] Var. Viendras-tu point encor me présenter sa tête. (1641-56)
[737] Voyez Cinna, acte III, scène V, (page 431) vers 1070.—On a aussi rapproché de ce passage des mouvements tout semblables, ou très-voisins, qui se trouvent chez Racine et chez Voltaire: par exemple dans Bajazet, acte III, scène I, et acte IV, scène V; Iphigénie, acte IV, scène I; Britannicus, acte V, scène I; Zaïre, acte II, scène III, et acte IV, scène II.