[738] Var. Vous pleurez, ma chère âme? (1641-56)

[739] Var. Et lorsque notre hymen allume son flambeau. (1641-60)

[740] Var. N'attaquez plus ma gloire avecque vos douleurs. (1641-56)

[741] On lit, dans l'édition de 1682, des crimes, pour de crimes.

[742] Var. Votre zèle au pays vous défend de tels soins. (1641-60)

[743] Var. Femme[743-a], que t'ai-je fait, et quelle est mon offense. (1641-56)

[743-a] Voltaire fait ici, au sujet du mot femme, une remarque qu'on ne songerait plus, ce nous semble, à faire aujourd'hui: «La naïveté, dit-il, qui régnait encore en ce temps-là dans les écrits permettait ce mot. La rudesse romaine y paraît même tout entière.»

[744] Var. Que t'a fait mon honneur, femme, et pourquoi viens-tu. (1641-56)

[745] Var. Du moins contente-toi de l'avoir offensée. (1641)

[746] Var. Et si notre foiblesse avoit pu les changer,
Nous vous laissons ici pour les encourager. (1641-64)

[747] Var. Allons, ma sœur, allons, ne perdons point de larmes. (1641-48 et 55 A.)

[748] Var. Contre tant de vertu ce sont de foibles armes. (1641, 48, 55 et 60)

[749] Voltaire fait ici une critique dont nous ne reproduisons les termes que parce qu'ils ont trait à l'histoire de la scène française: «Ce monologue de Sabine est, dit-il, absolument inutile, et fait languir la pièce. Les comédiens voulaient alors des monologues. La déclamation approchait du chant, surtout celle des femmes; les auteurs avaient cette complaisance pour elles....»

[750] Var. La nature ou l'amour parlent pour chacun d'eux. (1641 et 55 A.)

[751] Var. Et puis voir maintenant le combat sans terreur. (1641-56)

[752] L'édition de 1663 porte de miens, pour des miens: c'est très-vraisemblablement une erreur.

[753] Var. Ou si le triste sort de leurs armes[753-a] impies
De tous les combattants a fait autant d'hosties? (1641-56)

[753-a] L'édition de 1656 porte, par erreur, âmes, pour armes.

[754] Var. De tous les combattants fait-il autant d'hosties[754-a]? (1663 et 64)

[754-a]«_Hostie_ ne se dit plus, et c'est dommage; il ne reste plus que le mot de _victime_....» (_Voltaire._) Voyez le Lexique.

[755] Var. Pour tous tant qu'ils étoient m'a condamnée aux pleurs. (1641-56)

[756] Var. Et l'un et l'autre camp s'est mis à murmurer. (1641-56)

[757] Var. Et prenant pour affront la pitié[757-a] qu'on a d'eux. (1656)

[757-a] Il y a piété, au lieu de pitié, dans l'édition de 1656, mais c'est évidemment une erreur.

[758] Var. Et mourront par les mains qui les ont séparés,
Que quitter les honneurs qui leur sont déférés. (1641-56)

[759] Var. Quoi? dans leur dureté ces cœurs de fer s'obstinent! (1641-60)

[760] Var. Ils le font, mais d'ailleurs les deux camps se mutinent. (1641-64)

[761] Var. Les mêmes Dieux à Tulle ont inspiré ce choix. (1641-48 et 55 A.)

[762] Var. Et de qui l'absolue et sainte autorité. (1641-56)

[763] Var. Que de chercher leurs lois ailleurs qu'en leurs oracles. (1655 A.)

[764] On lit dans Psyché (acte II, scène III):

Un oracle jamais n'est sans obscurité:
On l'entend d'autant moins que mieux on croit l'entendre.

[765] Var. Comme vous je l'espère. CAM. Et je n'ose y songer.
JUL. L'effet nous fera voir qui sait mieux en juger. (1641-56)

[766] Var. Je ne puis approuver tant de trouble en notre âme. (1641 in-4o, 48-54 et 56)
Var. Je ne puis approuver tant de trouble en mon âme. (1655 A.)

[767] L'édition de 1641 in-12 donne deux maux, pour des maux: c'est évidemment une erreur.

[768] Var. On ne compare point des nœuds si différents. (1641-56)

[769] Var. Le peuvent mettre hors de votre fantaisie;
Ce qu'elles font souvent, faites-le par raison. (1641-56)

[770] L'édition de 1682 porte: connoissiez, pour connoissez.

[771] Var. Ne nous consolez point: la raison importune. (1641-56)

[772] Var. Quand elle ose combattre une telle infortune. (1641-54, 55 B. et 56)
Var. Quand elle ose combattre une telle fortune. (1655 A.)

[773] Var. Qui peut vouloir mourir peut braver les malheurs. (1641-56)

[774] Var. La vouloir contrefaire est une lâcheté. (1641-56)

[775] Var. Et nos soldats trahis ne l'ont pas achevé? (1641-60)

[776] «Voilà ce fameux qu'il mourût, ce trait du plus grand sublime, ce mot auquel il n'en est aucun de comparable dans toute l'antiquité[776-a]; tout l'auditoire fut si transporté, qu'on n'entendit jamais le vers faible qui suit; et le morceau:

N'eût-il que d'un moment retardé (lisez: reculé) sa défaite,

étant plein de chaleur, augmente encore la force du qu'il mourût....» (Voltaire.)

[776-a] Cela est vrai, et c'est en vain, nous le croyons, qu'on a cherché un mot semblable dans les auteurs anciens. Le moriamur, de Calpurnius (voyez Tite Live, livre XXII, chapitre XCIX), n'a aucun rapport avec la réponse sublime du vieil Horace, et nous ne comprenons pas qu'on l'en ait rapproché. Le moreretur, inquies, de Cicéron, dans le Discours pour C. Rubirius Postumus (chapitre X, § 29), peut bien se traduire par: «Que vouliez-vous qu'il fît?—Qu'il mourût, direz-vous;» mais la ressemblance est toute superficielle: la pensée, le sentiment, la situation, tout est différent.—Un rapprochement plus opportun, mais bien propre à faire ressortir, quoiqu'au fond l'idée soit semblable, l'originalité de Corneille, ce serait peut-être celui de ces vers de la tragédie des Juives (acte IV, vers 33 et suivants) de notre vieux poëte Garnier:

C'est vergongne à un roi de survivre vaincu:
Un bon cœur n'eût jamais son malheur survécu.
—Et qu'eussiez-vous pu faire?—Un acte magnanime,
Qui malgré le destin m'eût acquis de l'estime.
Je fusse mort en roi, fièrement combattant,
Maint barbare adversaire à mes pieds abattant.

[777] Var. Eh! mon père, prenez un plus doux sentiment. (1641-48 et 55 A.)

[778] Var. Eût-il fait avec lui périr le nom d'Horace! (1641-56)

[779] Voltaire rapproche cet endroit d'Horace de la scène V du Ve acte du Cid: «Je ne sais s'il n'y a pas dans cette scène un artifice trop visible, une méprise trop longtemps soutenue. Il semble que l'auteur ait eu plus d'égards au jeu de théâtre qu'à la vraisemblance. C'est le même défaut que dans la scène de Chimène avec don Sanche dans le Cid....»

[780] Var. Le combat par sa fuite est-il pas terminé?
VAL. Albe ainsi quelque temps se l'est imaginé;
Mais elle a bientôt vu que c'étoit fuir[780-a] en homme. (1641-56)

[780-a] L'édition de 1655 A. porte fait, au lieu de fuir, et au premier vers de la variante la fuite, pour sa fuite.

[781] Var. Il sait bien se tirer d'un pas si hasardeux[781-a]. (1641-63)

[781-a] Voltaire a donné dans son édition l'ancienne leçon hasardeux, au lieu de dangereux.

[782] Depuis ce cri jusqu'à la scène IV il y a, suivant la remarque que Voltaire fait sur le commencement de cette dernière scène, «un long silence de Camille dont on ne s'est pas seulement aperçu, parce que l'âme était toute remplie du destin des Horaces et des Curiaces et de celui de Rome.» Mlle Rachel le faisait bien apercevoir. «Elle a souvent créé des effets nouveaux, dit à cette occasion M. Véron dans les Mémoires d'un bourgeois de Paris (tome IV, p. 165). Je citerai surtout la scène du fauteuil dans le quatrième acte d'Horace. Sa pantomime, alors qu'elle apprend la mort de son amant, est d'un grand effet scénique; mais elle excite plutôt encore dans cette situation la terreur que les larmes. Je tiens d'ailleurs de Mlle Rachel elle-même que ce fut à un état de malaise physique qu'elle emprunta l'idée et les moyens d'exécution de cette pantomime: elle venait d'être saignée; elle ne fit que reproduire sur le théâtre l'abattement profond et les menaces douloureuses de syncope qu'elle éprouva.»

[783] Voyez plus haut, p. 266 et suivantes, le récit de Tite Live.

[784] Dans l'édition de 1656, on lit l'horreur, pour l'erreur.

[785] Var. Et remet à demain le pompeux sacrifice
Que nous devons aux Dieux pour un tel bénéfice. (1641-56)

[786] Var. Cette belle action si puissamment le touche,
Qu'il vous veut rendre grâce, et de sa propre bouche,
D'avoir donné vos fils au bien de son État. (1641-56)

[787] Var. Du service de l'un, et du sang des deux autres.
VAL. Le Roi ne sait que c'est d'honorer à demi. (1641-56)

[788] Var. Fait qu'il estime encor l'honneur qu'il vous veut faire. (1641-60)

[789] Var. Tous nos maux à ce prix nous doivent être doux. (1641-56)

[790] Voyez ci-dessus, p. 162, vers 1058 et note 432.

[791] Var. Je m'en vais à Sabine en porter la nouvelle. (1641-56)

[792] Var. Un oracle m'assure, un songe m'épouvante;
La bataille m'effraie, et la paix me contente. (1641-56)

[793] Var. Les deux camps mutinés un tel choix désavouent;
Ils rompent la partie, et les Dieux la renouent. (1641-56)

[794] Var. Dieux! sentois-je point lors des douleurs trop légères. (1641-56)
Var. Ne sentois-je point lors des douleurs trop légères. (1660)

[795] Var. Pour le malheur de Rome et la mort des deux frères? (1641 in-12)

[796] Var. Me flattois-je point trop quand je croyois pouvoir. (1641-56)
Var. Ne me flattois-je point quand je croyois pouvoir. (1660)

[797] Var. Mais ce n'est encor rien au prix de ce qui reste. (1641-48 et 55 A.)

[798] Var. On demande ma joie en un coup si funeste. (1641-56)

[799] Var. C'est gloire de passer pour des cœurs abattus,
Quand la brutalité fait les hautes vertus. (1641-56)

[800] Var. Procule et deux autres soldats[800-a] portant chacun une épée des Curiaces. (1641-60)

[800-a] Et les deux autres soldats. (1641 in-12 et 47)

[801] Voyez la Notice d'Horace, p. 248 et note 627.

[802] Var. O d'une indigne sœur l'insupportable audace! (1641-60)

[803] Var. Tigre affamé de sang, qui me défends les larmes. (1641-48 et 55 A.)

[804] Var. Puissent de tels malheurs accompagner ta vie. (1641-56)

[805] «Ces imprécations de Camille, dit Voltaire, ont toujours été un beau morceau de déclamation, et ont fait valoir toutes les actrices qui ont joué ce rôle.» Voyez la Notice d'Horace, p. 253 et note 641.

[806] Var. Que le courroux du ciel allumé par mes yeux. (1656)

[807] Var. Puissé-je de mes yeux voir tomber cette foudre. (1641-56)

[808] Var. Mettant l'épée à la main. (1641-48 et 55 A.)

[809] Var. Va dedans les enfers joindre ton Curiace. (1641-56)

[810] Var. CAMILLE, derrière le théâtre. (1663)

[811] Voyez la Notice d'Horace, p. 252 et 253.

[812] Var. La plus prompte vengeance est la plus légitime. (1647)

[813] Racine a dit dans Andromaque (acte IV, scène V)

Que peut-on refuser à ces généreux coups?

[814] Var. Que je te plaise mieux tombé dans l'infamie? (1641-56)

[815] Var. Mais aussi je renonce à la vertu romaine. (1641-48 et 55 A.)

[816] Var. N'importe: tous ses traits me sembleront fort doux. (1641-56)

[817] Var. Disposez de mon sort, les lois vous en font maître;
J'ai cru devoir ce coup aux lieux qui m'ont vu naître.
Si mon zèle au pays vous semble criminel. (1641-56)

[818] Var. Reprenez votre sang de qui ma lâcheté
A si mal à propos souillé la pureté. (1641-56)

[819] Var. Et ne les punit point, pour ne se pas punir. (1641-60)

[820] Var. TROUPE DES GARDES. (1655 A. et 56)

[821] Entre ce vers et le suivant, Voltaire a ajouté cette indication qui n'est point inutile: montrant Valère.

[822] Var. Je sais que peut ce coup sur l'esprit le plus fort. (1641-56)

[823] Var. Quelque soulagement à votre affliction. (1641 in-12 et 47)

[824] Var. Et que Tulle vous plaint autant comme il vous aime. (1641-56)

[825] On lit les hauts faits, pour ses hauts faits, dans l'édition de 1682.—L'édition de 1655 A. porte: «ses beaux faits.»

[826] L'édition de 1682 et celle de 1665 A. sont les seules qui aient le méritent; toutes les autres portent: les méritent.

[827] Var. Vu le sang qu'a versé cette guerre funeste,
Et tant de nœuds d'hymen dont nos heureux destins
Ont uni si souvent des peuples si voisins,
Peu de nous ont joui d'un succès si prospère,
Qu'ils n'aient perdu dans Albe un cousin, un beau-frère,
Un oncle, un gendre même, et ne donnent des pleurs. (1641-56)

[828] L'édition de 1655 A. porte trouble, au lieu de bonheur.

[829] Var. Et ne peut excuser la douleur véhémente. (1641-56)

[830] Les éditions de 1641 et de 1660 ont seules rejaillir: toutes les autres portent rejallir.

[831] Var. Et croyez avec nous qu'en tous ces trois combats. (1652, 54 et 56)

[832] Var. Vous savez l'action, vous le venez d'entendre. (1641 et 55 A.)

[833] Var. Et le plus innocent que le ciel ait vu naître,
Quand il le croit coupable, il commence de l'être. (1641-56)

[834] Var. Qu'en amant de sa sœur il accuse le frère. (1652, 54 et 56)

[835] Var. Prend droit par ses effets de juger de sa force,
Et s'ose imaginer, par un mauvais discours,
Que qui fait un miracle en doit faire toujours. (1641-56)

[836] Var. Si l'on n'en veut déchoir, il ne faut plus rien faire. (1641-56)

[837] Les éditions de 1641-56 ajoutent JULIE aux personnages de cette scène.

[838] Ce jeu de scène et les suivants, jusqu'à la fin de la pièce, manquent dans les éditions de 1641-48 et dans celle de 1655 A.

[839] Var. Toi qui par des douleurs à tes devoirs contraires. (1641 et 55 A.)

[840] Var. Veux quitter un mari pour rejoindre les frères. (1641 in-12)

[841] Don Arias dit au Comte dans le Cid, acte II, scène I, vers 390:

Avec tous vos lauriers craignez encor le foudre.

[842] Voyez plus haut, p. 271 et 272, le discours du vieil Horace dans Tite Live.

[843] Var. Dis, Valère, dis-nous, puisqu'il faut qu'il périsse. (1641-48 et 55 A.)

[844] Var. Et Rome avec ses pleurs y mettra trop d'obstacle. (1641-60)

[845] L'édition de 1682 porte vous le préviendrez, pour vous les préviendrez; c'est sans doute une erreur.

[846] Var. Ce qu'il a fait pour elle, il le peut encor faire:
Il la peut garantir encor d'un sort contraire. (1641-60)

[847] Ces deux vers rappellent, bien que la pensée soit toute différente, la fin de cette phrase de Malherbe (voyez l'édition de M. L. Lalanne, tome I, p. 188):

Apollon à portes ouvertes
Laisse indifféremment cueillir
Les belles feuilles toujours vertes
Qui gardent les noms de vieillir;
Mais l'art d'en faire les couronnes
N'est pas su de toutes personnes....

[848] Var. Ta chaleur généreuse a produit ton forfait. (1647 et 55 A.) Var. Sa chaleur dangereuse a produit ton forfait. (1656)

[849] Var. Le Roi se lève, et tous le suivent hormis Julie.

SCÈNE IV.

JULIE.

Camille, ainsi le ciel t'avoit bien avertie
Des tragiques succès qu'il t'avoit préparés;
Mais toujours du secret il cache une partie
Aux esprits les plus nets et les mieux éclairés.
Il sembloit nous parler de ton proche hyménée,
Il sembloit tout promettre à tes vœux innocents;
Et nous cachant ainsi ta mort inopinée,
Sa voix n'est que trop vraie en trompant notre sens:
«Albe et Rome aujourd'hui prennent une autre face;
Tes vœux sont exaucés, elles goûtent la paix;
Et tu vas être unie avec ton Curiace,
Sans qu'aucun mauvais sort t'en sépare jamais[849-a].» (1641-56)

[849-a] Ce commentaire de Julie sur le sens de l'oracle, dit Voltaire, est visiblement imité de la fin du Pastor fido.

[850] Voyez la Notice biographique.

[851] M. Rathery, Des anciennes institutions judiciaires de la Normandie, dans la Revue française du mois de mars 1839, p. 269.—Voyez aussi l'Introduction du Diaire, ou Journal du chancelier Seguier en Normandie après la sédition des nu-pieds, et documents relatifs à ce voyage et à la sédition, publiés pour la première fois par A. Floquet. Rouen, 1842, in-8o.

[852] Tallemant des Réaux, tome II, p. 47.

[853] M. Rathery, p. 271.—M. Édouard Fournier, Notes sur la vie de Corneille, p. CXVII-CXIX, en tête de Corneille à la Butte Saint-Roch.

[854] Remarques sur Cinna, acte V, scène III, vers 1701.

[855] Anecdotes dramatiques, p. 103.

[856] Histoire du Théâtre françois, tome V, p. 92.

[857] Voyez la Notice d'Horace, p. 249 et 250.

[858] Mercure de France, p. 847.

[859] Page 123.

[860] Pièce de Scarron, représentée en 1653.

[861] Voyez ci-dessus, p. 251.

[862] Voyez ci-après, p. 385, note 906.

[863] Tome VI, p. 94, note a.

[864] Tome I, p. 47.

[865] Acte V, scène II, vers 1562 et 1563.

[866] Voyez ci-dessus, p. 51.

[867] Voyez ci-dessus, p. 52.

[868] Voyez ci-après, p. 379 et 380.

[869] Voyez tome I, p. 120.

[870] Tome III, p. 66 et 67.

[871] Le récit de Sénèque est traduit en entier dans l'Histoire romaine de Coeffeteau (1621), fort goûtée au temps de Corneille, et de l'autorité de laquelle il s'appuie à la fin de l'avertissement de Polyeucte. Voyez plus loin, p. 478.

[872] Ces extraits, contrairement à l'usage ordinaire de Corneille, se trouvent en tête de l'édition originale. La première édition du Cid n'a point les romances; ni la première d'Horace, l'extrait de Tite Live.

[873] Voyez tome II, p. 4.

[874] Voyez plus loin, p. 378 et note 892.

[875] Voyez ci-dessus, p. 17 et 107 note 250.

[876] Cette épître dédicatoire, ainsi que l'extrait de Sénèque qui la suit, ne se trouvent que dans l'édition originale et dans les recueils de 1648-1656.—Pierre du Puget, seigneur de Montauron ou Montoron, des Carles et Caussidière, la Chevrette et la Marche, premier président des finances au bureau de Montauban, mourut à Paris le 23 juin 1664. Tallemant des Réaux nous apprend dans son Historiette sur Louis treizième (tome II, p. 248) que «Montauron avoit donné deux cents pistoles à Corneille pour Cinna.» Ce témoignage, qui émane d'un allié de Montauron, car sa fille naturelle avait épousé Gédéon Tallemant, est beaucoup plus digne de confiance que l'assertion du Journal de Verdun (juin 1701, p. 410), qui porte à mille pistoles le présent de Montauron. La libéralité de ce financier envers les gens de lettres et leur empressement à lui adresser des dédicaces étaient devenus un sujet de plaisanteries et d'allusions de toutes sortes. Dans son Parnasse réformé (p. 132 et 133), Guéret propose les réformes suivantes: «Article X. Défendons de mentir dans les épîtres dédicatoires. Article XI. Supprimons tous les panégyriques à la Montoron....» Ailleurs, dans sa Promenade de Saint-Cloud (imprimée dans les Mémoires historiques et critiques de Bruys, Paris, 1751, in-12, tome II, p. 238), Guéret se commente ainsi lui-même: «Si vous ignorez ce que c'est que les Panégyriques à la Montoron, vous n'avez qu'à le demander à M. Corneille, et il vous dira que son Cinna n'a pas été la plus malheureuse de ses dédicaces.»—Du reste, à cette époque, comme le fait remarquer Tallemant (tome VI, p. 227, note 2), «tout s'appeloit à la Montauron.» Pierre Gontier, dans un passage de ses Exercitationes hygiasticæ (Lyon, 1688, p. 111), cité par M. Paulin Paris, parle de petits pains au lait à la Montauron; et Tallemant nous raconte une sanglante allusion à cette façon de parler, qui tombe fort directement sur un membre de sa famille: «Une fois, dit-il, aux Comédiens du Marais, Monsieur d'Orléans y étant, quelqu'un fut assez sot pour dire qu'on attendoit M. de Moutauron. Les gens de Monsieur d'Orléans le firent jouer à la farce, et il y avoit une fille à la Montauron qu'on disoit être mariée Tallemant quellement.» La fortune de Montauron ne suffit pas longtemps à ses prodigalités insensées, et bientôt Scarron put écrire le passage suivant, rapporté par M. Paulin Paris dans son commentaire sur Tallemant des Réaux (tome VI, p. 235):

Ce n'est que maroquin perdu
Que les livres que l'on dédie
Depuis que Montauron mendie;
Montauron dont le quart d'écu
S'attrapoit si bien à la glu
De l'ode ou de la comédie.

[877] Var. (édit. de 1648-1656): Cela étant, ne puis-je pas avec justice donner le portrait de l'une de ces héroïques vertus à celui qui....

[878] Var. (édit. de 1648-1656): tout ensemble la cause et l'effet l'une de l'autre? Je le puis certes d'autant plus justement que je vois votre générosité, comme voulant imiter ce grand empereur, prendre plaisir à s'étendre sur les gens de lettres, en un temps, etc. (voyez p. 372).

[879] C'est cette flatterie, supprimée par Corneille dès 1648 (voyez la note précédente), qui a fait dire à Scarron: «Soit que la nécessité soit mère de l'invention, ou que l'invention soit partie essentielle du poëte, quelques poëtes au grand collier ont eu celle d'aller chercher dans les Finances ceux qui dépensoient leur bien aussi aisément qu'ils l'avoient amassé. Je ne doute point que ces marchands poëtiques n'ayent donné à ces publicains libéraux toutes les vertus, jusques aux militaires.» (Dédicace A très-honnête et très-divertissante chienne dame Guillemette, petite levrette de ma sœur, en tête de: la Suite des Œuvres burlesques de Mr Scarron, seconde partie. Paris, T. Quinet, 1648, in-4o.)

[880] «Il y en a, dit Scarron dans la dédicace que nous venons de citer, qui rendent de l'encens pour de l'encens, et des louanges pour des louanges.»

[881] Ces deux premiers mots de la phrase manquent dans les éditions de 1648-1656.

[882] Var. (édit. de 1648-1656): de sorte qu'il n'en est point.

[883] Var. (édit. de 1648-1656): Trouvez bon.

[884] Voyez p. 369, note 876.

[885] Var. (édit. de 1656): Votre très-humble, très obéissant et très-obligé serviteur.

[886] Corneille a omis ici quelques mots. Voici quel est le texte de Sénèque: In communi quidem republica gladium movit: quum hoc ætatis esset quod tu nunc es, duodevicesimum, etc. Dans le reste du morceau l'édition suivie par Corneille ne diffère que par un petit nombre de leçons, insignifiantes pour la plupart, du texte des impressions les plus modernes.

[887] L'édition originale de Cinna porte Salvidientium, pour Salvidienum.

[888] L'entretien d'Auguste et de Livie est beaucoup plus long dans Dion Cassius, où il s'étend depuis le chapitre XIV jusqu'au chapitre XXII du livre LV.

[889] Nous suivons le texte de la première édition de Cinna, qui a une virgule après impedio; c'est bien la ponctuation que veut le sens. Dans l'impression de 1648, au lieu de la virgule, il y a un point, ce qui altère la pensée de Sénèque, mais est conforme à la traduction de Montaigne.

[890] Cet extrait des Essais de Montaigne ne se trouve que dans la première édition d'Horace. Corneille ne l'a pas reproduit à la suite de l'extrait latin, dans ses recueils de 1648-1656. Il tiendra lieu ici d'une traduction du morceau de Sénèque.

[891] «Affranchi, du mot latin libertus, ou libertinus; car ce dernier ne veut pas dire, comme on l'a cru longtemps, fils d'affranchi.» (Note de M. le Clerc sur Montaigne.)

[892] Quand Corneille fit imprimer Cinna dans la seconde partie de ses Œuvres, en 1648, il le fit précéder d'une lettre de Balzac, qui se trouve encore dans l'édition de 1656. Cette lettre, qui est du 17 janvier 1643, avait déjà été comprise dans le tome II des Lettres choisies du sieur de Balzac. Paris, Aug. Courbé, 1647, in-8o, p. 437 et suivantes. Dans notre édition elle figurera à sa date parmi les Lettres de Corneille, auxquelles nous avons joint celles qui lui ont été adressées.

[893] Corneille revient dans le Discours des trois unités (tome I, p. 105) sur ces «illustres suffrages» accordés à Cinna.

[894] Voyez le commencement du Discours du poëme dramatique, tome I, p. 14 et suivantes; et le Discours de la tragédie, p. 81 et suivantes.

[895] Ici Corneille répond à une question directe que lui avait posée d'Aubignac: «Je ne puis approuver que dans la salle d'un palais, où apparemment il y a toujours des gens qui vont et qui viennent, on fasse une longue narration d'aventures secrètes et qui ne pourroient être découvertes sans grand péril; d'où vient que je n'ai jamais pu bien concevoir comment Monsieur Corneille peut faire qu'en un même lieu Cinna conte à Émilie tout l'ordre et toutes les circonstances d'une grande conspiration contre Auguste, et qu'Auguste y tienne un conseil de confidence avec ses deux favoris; car si c'est un lieu public, comme il le semble, puisqu'Auguste en fait retirer les autres courtisans, quelle apparence que Cinna vienne y faire visite à Émilie avec un entretien et un récit de choses si périlleuses, qui pouvoient être entendues de ceux de la cour qui passoient en ce lieu? Et si c'est un lieu particulier, par exemple le cabinet de l'Empereur, qui en fait retirer ceux qu'il ne veut pas rendre participants de son secret, comment est-il vraisemblable qu'il soit venu faire ce discours à Émilie? et moins encore qu'Émilie y fasse des plaintes enragées contre l'Empereur? Voilà une difficulté que Monsieur Corneille résoudra quand il lui plaira.» (La Pratique du théâtre, p. 396 et 397.)

[896] Var. (édit. de 1660 et de 1663): de cette entreprise, dont il étoit un des chefs.—Le reste de la phrase manque dans l'édition de 1660, qui continue ainsi: «et bien loin de pouvoir, etc.»

[897] Voyez l'Examen de Médée, tome II, p. 337.

[898] Var. (édit. de 1660-1664): Émilie a joie d'apprendre.

[899] L'édition de 1660 a de plus, au commencement de ce paragraphe, la phrase suivante: «C'est ici la dernière pièce où je me suis pardonné de longs monologues: celui d'Émilie ouvre le théâtre, Cinna en fait un au troisième acte, et Auguste et Maxime chacun un au quatrième.

[900] Voltaire, par un scrupule de clarté, a ainsi modifié, dans son édition du Théâtre de Corneille (1764), le commencement de ce paragraphe: «Comme les vers de ma tragédie d'Horace....»

[901] Var. (édit. de 1660): on peut dire que ceux-ci ont quelque chose de plus achevé.

[902] Var. (édit. de 1660): et de raisonnement, ou de sentiments.

[903] Sénèque dit simplement petit-fils, mais c'est Dion (livre LV, chapitre XIV) qui a appris à Corneille que Cinna, auquel il donne le prénom de Cneius, et non de Lucius, comme Sénèque, était fils d'une fille de Pompée.

[904] Suétone nous apprend, dans sa Vie d'Auguste (chapitre XXVII), qu'Octavien proscrivit C. Toranius, son tuteur, qui avait été le collègue de son père dans l'édilité; Valère-Maxime (livre IX, chapitre XI, 5) raconte qu'une fois proscrit, Toranius fut livré par son propre fils, lequel indiqua aux centurions qui le cherchaient, la retraite où il était caché, son âge et les marques auxquelles ils pourraient le reconnaître. Toranius avait été préteur.

[905] Pour le lieu particulier de chaque acte, voyez ci-dessus, p. 366, 379 et 380.

[906] L'édition originale a pour titre, comme nous l'avons dit dans la Notice, Cinna, ov la clemence d'Avgvste.

[907] Émilie ne se trouve pas sur le théâtre; elle y entre au commencement de la pièce; c'est Corneille qui nous l'apprend en ces termes dans le Discours des trois unités (tome I, p. 108 et 109): «L'auditeur attend l'acteur; et bien que le théâtre représente la chambre ou le cabinet de celui qui parle, il ne peut toutefois s'y montrer qu'il ne vienne de derrière la tapisserie, et il n'est pas toujours aisé de rendre raison de ce qu'il vient de faire en ville avant que de rentrer chez lui, puisque même quelquefois il est vraisemblable qu'il n'en est pas sorti. Je n'ai vu personne se scandaliser de voir Émilie commencer Cinna sans dire pourquoi elle vient dans sa chambre: elle est présumée y être avant que la pièce commence, et ce n'est que la nécessité de la représentation qui la fait sortir de derrière le théâtre pour y venir.»—Voyez sur ce monologue le Discours du poëme dramatique (tome I, p. 45).—«Plusieurs actrices, dit Voltaire, ont supprimé ce monologue dans les représentations. Le public même paraissait souhaiter ce retranchement.... Cependant j'étais si touché des beautés répandues dans cette première scène, que j'engageai l'actrice qui jouait Émilie à la remettre au théâtre, et elle fut très-bien reçue.»

[908] Var. A qui la mort d'un père a donné la naissance. (1643-56)
Var. Que d'un juste devoir soutient la violence. (1660)

[909] Var. Vous régnez sur mon âme avecque trop d'empire[909-a]:
Pour le moins un moment souffrez que je respire. (1643-56)

[909-a] Ce vers, par une erreur d'impression, a été omis dans l'édition de 1656.

[910] Var. Quand je regarde Auguste en son trône de gloire. (1643-56)

[911] Var. Quand il faut, pour le perdre, exposer mon amant. (1643-56)

[912] Var. Te demander son sang, c'est exposer le tien. (1643-56)

[913] Var. Souvent dessus ton chef renverser l'entreprise,
Porter sur toi les coups dont tu le veux frapper. (1643-56)

[914] Var. Il te peut, en tombant, accabler sous sa chute. (1643-56)

[915] Var. Et je tiens qu'il faut mettre au rang des grands malheurs
La mort d'un ennemi qui nous coûte des pleurs. (1643-56)

[916] Var. Que cette passion dût être refroidie. (1643-56)

[917] Var. Ont encore besoin que vous parliez pour eux. (1643-56)

[918] «Ce sentiment atroce et ces beaux vers ont été imités par Racine dans Andromaque (acte IV, scène IV):

Ma vengeance est perdue
S'il ignore en mourant que c'est moi qui le tue.»

(Voltaire.)

[919] Var. Quand je songe aux hasards que je lui fais courir. (1643-56)

[920] Sénèque a dit dans sa IVe épître: Quisquis vitam contempsit, tuæ dominus est. «Quiconque méprise la vie est maître de la tienne.»

[921] Var. Des grandeurs du péril n'est-elle point troublée? (1643-56)

[922] Var. Jamais de telle ardeur on ne jura sa mort. (1643-56)

[923] Var. Qu'ils semblent, comme moi, venger une maîtresse. (1643)

[924] Var. Vous eussiez vu leurs yeux s'allumer de fureur. (1643-56)

[925] On raconte que lorsque Michel Baron reparut au mois de mars 1720, à l'âge de soixante-huit ans, dans le rôle de Cinna, on le vit, dans la même minute, pâlir et rougir comme le vers l'indiquait.—Larive, dans son Cours de déclamation (tome II, p. 6), nie obstinément la possibilité du fait; il semble toutefois que les comédiens du dix-septième siècle aient eu le secret de pâlir à volonté. Tallemant dit en parlant de Floridor (tome VII, p. 176): «Il est toujours pâle, ainsi point de changement de visage.»

[926] Var. Où le but des soldats et des chefs les plus braves,
C'étoit d'être vainqueurs pour devenir esclaves[926-a];
Où chacun trahissoit, aux yeux de l'univers,
Soi-même et son pays, pour assurer ses fers,
Et tâchant d'acquérir avec le nom de traître
L'abominable honneur de lui donner un maître. (1643-56)

[926-a] Étoit d'être vainqueurs pour devenir esclaves. (1648-56)

[927] Var. De leur concorde affreuse, horrible, impitoyable. (1643-56)

[928] «Dufresne employa un jour une petite adresse qui produisit un grand effet. En commençant ce récit, il cacha derrière lui une de ses mains dans laquelle il tenait son casque surmonté d'un panache rouge; et lorsqu'il fut arrivé à ces vers, il montra subitement le casque et le panache rouge; et les agitant vivement, il sembla présenter aux spectateurs la tête et la chevelure sanglante dont il est question dans les vers de Corneille. Les spectateurs furent saisis de terreur: Dufresne avait réussi. Mais ces sortes de jeux de théâtre, fruits de la combinaison et du calcul, ne peuvent être répétés.» (Galerie historique des acteurs du théâtre français, par Lemazurier, tome I, p. 510.)

[929] Var. Sans exprimer encore avecque tous ces traits[929-a]. (1643-56)

[929-a] Les éditions de 1652-56 portent, par erreur, ses traits, pour ces traits.

[930] Var. Ces illustres proscrits, ces demi-dieux mortels. (1643-56)

[931] Voltaire, dans l'édition de 1764, a remplacé «dans le trône» par «sur le trône.»