[932]
Var. Rendons toutefois grâce à la bonté céleste,
Que de nos trois tyrans c'est le seul qui nous reste. (1643-56)
[933] Antoine et Lépide.
[934] C'est une allusion à une circonstance historique, à la dignité sacerdotale qu'Auguste avait conférée à Cinna: voyez ci-dessus, p. 374. Sénèque nous apprend aussi (voyez p. 373) que les conjurés voulaient attaquer Auguste pendant qu'il célébrerait un sacrifice: Sacrificantem placuerat adoriri.
[935] On lit ayeuls dans l'édition de 1656.
[936] Var. César celui de[936-a] prince ou bien d'usurpateur. (1643-56)
[936-a] L'édition de 1656 porte, par erreur, du prince, pour de prince.
[937] «Cette expression sublime: mourir tout entier, est prise du latin d'Horace (Livre III, ode XXX, vers 6) non omnis moriar, et tout entier est plus énergique. Racine l'a imitée dans sa belle pièce d'Iphigénie (acte I, scène II):
Ne laisser aucun nom et mourir tout entier.»
(Voltaire.)
Pompée dit de même dans la Pharsale de Lucain (livre VIII, vers 266 et 267):
Non omnis in arvis
Emathiis cecidi,
«Je n'ai pas succombé tout entier dans les champs de l'Émathie.»
[938]
Var. Ont-ils perdu celui de derniers des Romains?
Et sont-ils morts entiers avecque leurs desseins? (1643-56)
[939] Var. Et que.... Mais quel sujet mène Évandre vers nous? (1643-56)
[940] Var. Et puisque désormais tu ne me peux venger. (1643-56)
[941] Var. Et ne lui permets point de m'ôter mon amant. (1643-56)
[942] Var. Heureux pour vous servir d'abandonner la vie. (1643-56)
[943]
Var. Dans un si grand péril vos jours sont assurés:
Vos desseins ne sont sus d'aucun des conjurés;
Et décrivant tantôt les misères romaines. (1643-56)
[944] Var. La mort de Toranius, père d'Émilie.
[945]
Var. De peur que trop d'ardeur touchant vos intérêts
Sur mon visage ému ne peignît nos secrets:
Notre amour n'est connu que d'Évandre et Fulvie. (1643-56)
[946] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1643-60.
[947] Fénelon, dans sa Lettre à l'Académie sur l'éloquence, dit: «Il me semble qu'on a donné souvent aux Romains un discours fastueux; je ne trouve point de proportion entre l'emphase avec laquelle Auguste parle dans la tragédie de Cinna et la modeste simplicité avec laquelle Suétone le dépeint.» Il est vrai; mais ne faut-il pas quelque chose de plus relevé sur le théâtre que dans Suétone? Il y a un milieu à garder entre l'enflure et la simplicité. Il faut avouer que Corneille a quelquefois passé les bornes. L'archevêque de Cambrai avait d'autant plus raison de reprendre cette enflure vicieuse, que de son temps les comédiens chargeaient encore ce défaut par la plus ridicule affectation dans l'habillement, dans la déclamation et dans les gestes. On voyait Auguste arriver avec la démarche d'un matamore, coiffé d'une perruque carrée qui descendait par devant jusqu'à la ceinture; cette perruque était farcie de feuilles de laurier et surmontée d'un large chapeau avec deux rangs de plumes rouges. Auguste, ainsi défiguré par des bateleurs gaulois sur un théâtre de marionnettes, était quelque chose de bien étrange. Il se plaçait sur un énorme fauteuil à deux gradins, et Maxime et Cinna étaient sur deux petits tabourets. La déclamation ampoulée répondait parfaitement à cet étalage, et surtout Auguste ne manquait pas de regarder Cinna et Maxime du haut en bas avec un noble dédain, en prononçant ces vers:
Enfin tout ce qu'adore en ma haute fortune,
D'un courtisan flatteur la présence importune.
Il faisait bien sentir que c'était eux qu'il regardait comme des courtisans flatteurs. En effet, il n'y a rien dans le commencement de cette scène qui empêche que ces vers ne puissent être joués ainsi. Auguste n'a point encore parlé avec bonté, avec amitié, à Cinna et à Maxime; il ne leur a encore parlé que de son pouvoir absolu sur la terre et sur l'onde.» (Voltaire.)
[948] Var. Cette grandeur sans borne et ce superbe rang. (1643-56)
[949] «Remarquez bien cette expression, disait Racine à son fils. On dit aspirer à monter; mais il faut connoître le cœur humain aussi bien que Corneille l'a connu pour pouvoir dire de l'ambitieux qu'il aspire à descendre.»—Chaulmer écrivait en 1638, dans sa Mort de Pompée (acte I, scène I), ces vers qui, bien qu'ils contiennent une idée fort différente, ont une grande analogie d'expression avec ceux de notre poëte:
Gardons la liberté de la chose publique,
Déjà presque soumise au pouvoir tyrannique
D'un enfant sans respect, ou d'un tigre plutôt
Qui sortant de son antre, ose aspirer si haut;
Qu'il sache en se perdant que qui veut y prétendre,
Plus il cherche à monter, plus il trouve à descendre.
[950]
Var. Sylla s'en est démis, mon père l'a gardé,
Différents en leur fin comme en leur procédé:
L'un, cruel et barbare, est mort aimé, tranquille. (1643-56)
[951] Voyez dans le livre LII de Dion Cassius, chapitres I-XLI, la délibération d'Auguste avec Agrippa et Mécène, et les longs discours de ses deux conseillers. Cinna ouvre ici le même avis que Mécène; et Maxime, le même qu'Agrippa.
[952]
Var. Si vous laissant séduire à ces impressions,
Vous-même condamnez toutes vos actions. (1643-56)
[953]
Var. Lorsque notre valeur nous gagne une province,
Gouvernant justement, on devient juste prince. (1643-56)
[954]
Var. Mais sa mort vous fait peur? Seigneur, les destinées
D'un soin bien plus exact veillent sur vos années. (1643-56)
[955] Les éditions de 1652-56 portent:
L'empire où sa vertu l'a fait seul arriver.
[956] Var. Par la même vertu la gloire est donc flétrie. (1643-56)
[957] Var. Si de ses plus hauts faits l'infamie est le prix! (1643-56)
[958] Var. Mais ce n'est pas un crime indigne de pardon. (1643-56)
[959] L'édition de 1655 seule porte: «Il passe,» au singulier.
[960] Var. Quand nous avons pu vivre avecque plus de gloire. (1643-56)
[961]
Var. Avecque jugement punit et récompense,
Ne précipite rien de peur d'un successeur,
[Et dispose de tout en juste possesseur.] (1643-56)
[962] Var. Les magistrats donnés aux plus séditieux. (1643-56)
[963] Var. Dedans le champ d'autrui largement ils moissonnent. (1643-56)
[964] Var. Le pire des États est l'État populaire[964-a]. (1643)
[964-a] Bossuet, dans son cinquième Avertissement aux protestants, a dit presque dans les mêmes termes: «L'État populaire, le pire de tous;» et Cyrano de Bergerac, dans sa Lettre contre les frondeurs: «Le gouvernement populaire est le pire fléau dont Dieu afflige un État quand il le veut châtier.» Voyez les Notes sur la vie de Corneille, que M. Édouard Fournier a placées en tête de sa comédie de Corneille à la Butte Saint-Roch (p. CXX).
[965]
Var. Est une heureuse erreur dont elle est idolâtre,
Par qui le monde entier, rangé dessous ses lois. (1643-56)
[966] L'édition de 1655 porte: «la monarchique.»
[967] Var. S'il est vrai que du ciel la prudence infinie. (1643-56)
[968] Var. Il est certain aussi que cet ordre des cieux. (1643-56)
[969]
Var. Ce que tous ses consuls n'ont pu faire deux fois,
Et qu'a fait avant eux le second de ses rois. (1643-56)
[970] Var. De nous vendre bien cher les grands biens qu'ils nous font. (1643-64)
[971] Souvenir de Virgile (Énéide, livre II, vers 291 et 292):
Si Pergama dextra
Defendi possent, etiam hac defensa fuissent.
«Si Pergame (dit Hector) eût pu être défendu par la droite d'un guerrier, elle l'aurait été par celle-ci.»
[972] Var. Et devoit cet honneur aux mânes d'un tel homme. (1643-56)
[973]
Nec quemquam jam ferre potest, Cæsarve priorem,
Pompeiusve parem.
(Lucain, Pharsale, livre I, vers 125 et 126.)
«Et César ne peut plus souffrir de supérieur, ni Pompée d'égal.»
[974] On a rapproché de ces vers la phrase suivante de Tacite (Annales, livre I, chapitre IX): ....non aliud discordantis patriæ remedium fuisse, quam ut ab uno regeretur, «il n'y eut pas d'autre remède pour la patrie en discorde que d'être gouvernée par un seul;» et celle-ci de Florus (livre IV, chapitre III): Aliter salvus esse non potuit (populus romanus), nisi confugisset ad servitutem, «le peuple romain ne put être sauvé qu'en ayant recours à la servitude.»
[975] Var. Et si votre bonté la veut favoriser. (1643-56)
[976] Var. Que le malheur du temps ne nous eût pas fait voir. (1643 in-4o)
[977] C'est une flatterie semblable à celle que Lucain (Pharsale, livre I, vers 37 et 38) adresse à Néron:
Jam nihil, o Superi, querimur: scelera ipsa nefasque
Hac mercede placent.
«Nous ne nous plaignons plus de rien, ô Dieux: les forfaits mêmes et le crime nous plaisent à ce prix.»
[978]Var. Conservez-vous, Seigneur, lui conservant un maître. (1643-56)
[979]
Var. Et daignez assurer le bien commun de tous,
Laissant un successeur qui soit digne de vous. (1643-56)
[980] Var. Je sais bien que vos cœurs n'ont point pour moi de fard. (1643-56)
[981] Var. Votre amour pour tous deux fait ce combat d'esprits. (1643-56)
[982] Var. Et je veux que chacun en reçoive le prix. (1643-60)
[983] Var. Vous n'êtes pas pour elle un homme à dédaigner. (1643-60)
[984] Var. Je présume plutôt qu'elle en sera ravie. (1643-56)
[985] Var. Adieu: j'en vais porter la nouvelle à Livie. (1643 in-4o)
[986] Var. Auguste aura soûlé ses damnables envies. (1643-56)
[987] Voyez tome I, p. 148, note 3.
[988] Var. Ont fait tomber l'État sous des lois tyranniques. (1643)
[989]
Var. [Donc pour vous Émilie est un objet de haine,]
Et cette récompense est pour vous une peine?
CINNA. Oui, mais pour le braver jusque dans les enfers,
Quand nous aurons vengé Rome des maux soufferts,
Et que par son trépas je l'aurai méritée. (1643-56)
[990]
Var. Sa ligue se romproit s'il en étoit démis. (1643)
Var. Sa ligue se romproit s'il s'en étoit démis. (1648-56)
[991] Var. Ils servent, abusés, la passion d'un homme. (1643-56)
[992] Var. Mon amour inconnue, avant que d'éclater. (1643-56)
[993]
Var. Un exemple à faillir n'autorise jamais.
EUPH. Sa faute contre lui vous rend tout légitime. (1643-56)
[994] Var. Va; devant qu'il soit peu, je t'irai retrouver. (1643-56)
[995] Var. Pour t'aller dire après ce que je me propose. (1643-64)
[996] Var. D'un penser si profond quel est le triste objet? (1643-56)
[997]
Var. Plût aux Dieux que César, avecque tous ses soins,
Ou s'en fit plus aimer, ou m'aimât un peu moins! (1643-56)
[998] Var. Je sens dedans le cœur mille remords cuisants. (1643-56)
[999] Var. Je crois que Brute même, à quel point qu'on le prise. (1643-56)
[1000] Var. Et qu'avant que frapper elle lui fit sentir. (1643-63)
[1001] Var. Qui même fait en lâche un acte généreux. (1643-64)
[1002] Var. Que tu sais mal nommer le glorieux empire. (1643-56)
[1003] Var. Mais plutôt qu'à bon droit tu le nommes foiblesse. (1643-56)
[1004]
Var. Ou s'il l'ose combattre, il n'ose en triompher. (1643)
Var. Et que s'il le combat, il n'ose en triompher. (1648-64)
[1005] Var. Mais voici de retour cette belle inhumaine. (1643-56)
[1006]
Var. Tes amis généreux n'ont point manqué de foi,
Et ne m'ont point réduite à m'employer pour toi. (1643-56)
[1007] Var. Et si nos cœurs étoient conformes en desirs. (1643-56)
[1008] Var. Mais je n'ose parler, et je ne me puis taire. (1643-56)
[1009] Var. Que peut un bel objet attendre d'un grand cœur! (1643-60)
[1010] Var. Jeter un roi du trône, et donner ses États. (1643-60)
[1011] «Voilà une imitation admirable de ces beaux vers d'Horace (livre II, ode 1, vers 23 et 24):
Et cuncta terrarum subacta,
Præter atrocem animum Catonis.
«Et tout l'univers subjugué, hormis l'âme indomptable de Caton.»
(Voltaire.)
[1012] Var. Aussi n'est-ce qu'à vous que je le veux devoir. (1643-56)
[1013] Var. J'obéis sans réserve à tous vos mouvements. (1643-56)
[1014] Var. Et quand il faut répandre un sang si malheureux. (1643-56)
[1015] Var. Et le sang et la vie à qui le fait servir. (1643-56)
[1016] Var. Implorer la faveur d'esclaves tels que nous. (1643-56)
[1017]
Var. Aux deux bouts de la terre en est-il d'assez vain
Pour prétendre égaler un citoyen romain? (1643-56)
[1018]
Var. Je saurai bien sans toi, dans ma noble colère,
Venger les fers de Rome et le sang de mon père. (1643-56)
[1019] Var. Je t'aime toutefois, tel que tu puisses être. (1643-60)
[1020] Var. Tu te plains d'un amour qui te veut rendre traître. (1643-56)
[1021] Voyez tome I, p. 328, note 1083.
[1022]
Var. Je l'ai juré, j'y cours, et vous serez vengée;
Mais ma main, aussitôt dedans mon sein plongée. (1643-56)
[1023] Var. A ce crime forcé joindra le châtiment[1023-a]. (1643-56)
[1023-a] Racine s'est rappelé ce passage dans Andromaque (acte IV, scène III)
Et mes sanglantes mains, sur moi-même tournées,
Aussitôt, malgré lui, joindront nos destinées.
[1024] Var. Recouvrera sa gloire aussitôt que perdue. (1643-56)
[1025] GARDES manque dans l'édition de 1643.—TROUPE DE GARDES. (1648-60)
[1026] Var. On ne conçoit qu'à force une telle fureur. (1643-56)
[1027]
Var. Encore pour Maxime, il m'en fait avertir[1027-a],
Et s'est laissé toucher à quelque repentir. (1643-56)
[1027-a] Unus ex conseiis deferebat, «c'était un des complices qui dénonçait la conjuration:» voyez ci-dessus, p. 373.
[1028] Var. Que sur les conjurés fait un juste remords. (1643-56)
[1029] Var. O le plus déloyal que l'enfer ait produit! (1643-56)
[1030] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1643-60.
[1031] Ce jeu de scène manque dans les deux éditions de 1643. Il se trouve deux vers plus haut dans les éditions de 1648-60.
[1032]
Var. Il l'a jugé trop grand pour se le pardonner:
A peine du palais il a pu retourner. (1643-60)
[1033] Var. Que de tous les côtés lançant un œil farouche. (1643-56)
[1034] Var. Que je n'ignore pas ce que j'ai mérité. (1643-60)
[1035]
Var. Et l'eau grosse et rapide, et la nuit survenue,
L'ont dérobé sur l'heure à ma débile vue.
AUG. Sous ses justes remords il a trop succombé. (1643-56)
Var. Dont l'eau grosse et rapide et la nuit assez noire. (1660-64)
[1036] Var. Sous le pressant remords il a trop succombé. (1660)
[1037] AUGUSTE, seul. (1648-60)
[1038] Sextus Pompée.
[1039] Dans la guerre entre Octave et les adhérents d'Antoine, après la bataille de Philippes.
[1040] Voyez p. 384, note 903.
[1041]
Var. Et puis ose accuser ton destin d'injustice,
Si les tiens maintenant s'arment pour ton supplice,
Et si par ton exemple à ta perte guidés. (1643-56)
[1042] Var. Ils violent les droits que tu n'as pas gardés! (1643-64)
[1043] Ce vers rappelle, mais par les mots et par le son plutôt que par la pensée, la fin de la première strophe des Larmes de saint Pierre de Malherbe:
Fait de tous les assauts que la rage peut faire
Une fidèle preuve à l'infidélité.
(Voyez le Malherbe de M. Lalanne, tome I, p. 4.)
[1044] Voyez ci-dessus, p. 373: Quid ergo! ego percussorem meum securum ambulare patiar, me sollicito?
[1045] Quis finis erit suppliciorum? quis sanguinis? (P. 374.)
[1046] Var. Rome a pour ma ruine un hydre trop fertile. (1652-56)
[1047] Ego sum nobilibus adolescentulis expositum caput, in quod mucrones acuant. (P. 374.)
[1048] Non est tanti vita, si, ut ego non peream, tam multa perdenda sunt. (Ibidem.)
[1049] Var. Éteins-en le flambeau dans le sang d'un ingrat. (1643-60)
[1050] Toutes les éditions publiées du vivant de Corneille portent nous-mêmes, avec une s, à l'exception de celle de 1643 in-4o, qui donne nous-même.
[1051] Voyez la Notice, p. 365.
[1052] Admittis muliebre consilium? (P. 374.)
[1053]
Var. Seigneur, jusques ici votre sévérité
A fait beaucoup de bruit, et n'a rien profité. (1643-56)
[1054]
Var. N'a point mis de frayeur dedans l'esprit d'Égnace[1054-a],
Dont Cinna maintenant ose imiter l'audace. (1643-56)
[1054-a] Tous ces noms sont aussi empruntés à Sénèque: voyez p. 374.
[1055] Voyez tome I, p. 169, note 560.
[1056] Nunc tenta quomodo tibi cedat clementia. (P. 374.)
[1057] Jam nocere tibi non potest, prodesse famæ tuæ potest. (Ibidem.)
[1058] Var. Aussi dedans la place où je m'en vais descendre. (1643-56)
[1059]
Var. Je sais les soins qu'un roi doit avoir de sa vie,
A quoi le bien public, en ce cas, le convie. (1643-56)
[1060] L'édition de 1682 porte, par erreur, conjecture, pour conjoncture.
[1061] Les éditions de 1643 in-4o, de 1648-54, de 1656 et de 1660 portent il fait, pour il faut. Quel que soit le nombre des éditions qui reproduisent cette leçon, ce ne peut être qu'une faute typographique.
[1062] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1643-60.
[1063] Var. Il m'échappe: suivons, et le forçons de voir. (1643-56)
[1064]
Var. Faire un second effort contre ce grand courroux;
J'en rendois grâce aux Dieux, quand soudain Polyclète. (1643-56)
[1065] Var. Mais ce qui plus m'étonne, et que je viens d'apprendre. (1643-56)
[1066] Var. Une vaine frayeur m'a pu tantôt troubler. (1643-56)
[1067] Var. Que d'abord son éclat vous fera reconnoître. (1643-56)
[1068] Var. Est de voir que César sait tout votre secret. (1643-56)
[1069] Var. Nous avons un vaisseau tout prêt dessus la rive. (1643-56)
[1070] Les éditions de 1668 et de 1682 portent, par erreur, de fortune, pour la fortune.
[1071] Var. Quoi! si ton amitié pour Cinna t'intéresse. (1643-63)
[1072] Les éditions de 1652-56 portent ta maîtresse, pour sa maîtresse, ce qui est certainement une erreur.
[1073] L'édition de 1643 in-4o porte sans loi, pour sans toi.
[1074] Var. Si c'est te faire tort que de me défier. (1643-56)
[1075] Var. Et porte avec son nom à la postérité. (1643-56)
[1076] Var. Il te reste autre fruit que la honte et la rage. (1643 et 48)
[1077] Var. Mais que peut-on attendre aussi de tes pareils? (1643-56)
[1078] Var. Et pour changer d'état, il ne change point d'âme. (1643-56)
[1079] Var. N'a su prendre un rayon de générosité. (1660)
[1080] Voyez ci-dessus, p. 374: Quum alteram poni Cinnæ cathedram jussisset: «Hoc, inquit, primum a te peto, ne me loquentem interpelles, ne medio sermone meo proclames; dabitur tibi loquendi liberum tempus.»
[1081]
Var. Ce fut dedans leur camp que tu pris la naissance;
Et quand après leur mort tu vins en ma puissance,
Leur haine héréditaire, ayant passé dans toi,
T'avoit mis à la main les armes contre moi. (1643-56)
[1082] Ego te, Cinna, quum in hostium castris invenissem, non factum tantum mihi inimicum, sed natum, servavi. (P. 374)
[1083]
Var. Et le sang t'ayant fait d'un contraire parti,
Ton inclination ne l'a point démenti:
Comme elle l'a suivi, les effets l'ont suivie. (1643-56)
[1084] Patrimonium tibi omne concessi. (P. 374.)
[1085] Sacerdotium tibi petenti, præteritis compluribus quorum parentes mecum militaverant, dedi. (Ibidem.)
[1086]
Var. M'ont conservé le jour qu'à présent je respire,
Et m'ont de tout leur sang acheté cet empire. (1643-56)
[1087] Hodie tam felix es et tam dives, ut victo victores invideant. (P. 374.)
[1088]
Var. Après tant de travaux montrer un peu de haine. (1643 in-4o)
Var. Après tant de faveurs montrer un peu de haine. (1643 in-12 et 48-56)
[1089] Quum sic de te meruerim, occidere me constituisti. (P. 374.)
[1090] Quum ad hanc vocem exclamasset Cinna, procul hanc ab se abesse dementiam: «Non præstas, inquit, fidem, Cinna; convenerat ne interloquereris. Occidere, inquam, me paras.» (P. 374 et 375.)
[1091]
Var. Assurée au besoin du secours des premiers.
Te dirai-je les noms de tous ces meurtriers? (1643-56)
[1092] Monvel comptait ici les conjurés sur ses doigts; après le nom de Maxime, il laissait retomber sa main en disant la fin du vers, puis il semblait s'apprêter à reprendre son compte, qu'il abandonnait définitivement en disant:
Le reste ne vaut pas l'honneur d'être nommé.
Talma admirait fort ce jeu de scène très-familier, mais d'un effet saisissant, et il fut longtemps avant d'oser le pratiquer.
[1093] Et quum defixum videret, nec ex conventione jam, sed ex conscientia tacentem: «Quo, inquit, hoc animo facis?» (P. 375.)
[1094] Ut ipse sis princeps? Male, mehercule, cum republica agitur, si tibi ad imperandum nihil præter me obstat. (Ibidem.)
[1095] Var. Mais en un triste état on la verroit réduite. (1643-56)
[1096] «Ces vers et les suivants occasionnèrent un jour une saillie singulière. Le dernier maréchal de la Feuillade, étant sur le théâtre, dit tout haut à Auguste: «Ah! tu me gâtes le soyons amis, Cinna.» Le vieux comédien qui jouait Auguste se déconcerta et crut avoir mal joué. Le maréchal, après la pièce, lui dit: «Ce n'est pas vous qui m'avez déplu, c'est Auguste, qui dit à Cinna qu'il n'a aucun mérite, qu'il n'est propre à rien, qu'il fait pitié, et qui ensuite lui dit: «Soyons amis.» Si le Roi m'en disait autant, je le remercierais de son amitié.» (Voltaire.)
[1097] Cedo, si spes tuas solus impedio, Paulusne te et Fabius Maximus et Cossi et Servilii ferent, tantumque agmen nobilium, non inania nomina præferentium, sed eorum qui imaginibus suis decori sunt? (P. 375.)
[1098] Var. Cette stupidité s'est enfin dissipée. (1643-56)
[1099]
Var. Oui, Seigneur, du dessein je suis la seule cause:
C'est pour moi qu'il conspire, et c'est pour moi qu'il ose. (1643-56)
[1100] Var. Ces flammes dans nos cœurs dès longtemps étoient nées. (1643-56)
[1101] Var. Mon père l'eut pareil de ceux qu'il vous a faits. (1643-64)
[1102] Voyez acte III, scène IV, (page 535) vers 1035 et 1036.
[1103] Var. Ayant avec un père un amant à venger. (1643-56)
[1104] Var. A mes chastes desirs la trouvant inflexible. (1643-60)
[1105] Var. Mais enfin le ciel m'aime, et parmi tant de maux Il m'a rendu Maxime, et l'a sauvé des eaux. (1643-56)
[1106] Voltaire, dans l'édition de 1786, a remplacé enlevé par arraché. Il fait commencer la scène au vers 1665.
[1107]
Var. A vos bontés, Seigneur, j'en demanderai deux,
Le supplice d'Euphorbe, et ma mort à leurs yeux. (1643-56)
[1108] Il y a destin dans toutes les éditions de Corneille, et même encore dans celle de 1692. Le mot paraît être pris dans un sens conforme à celui de se proposer, résoudre, qu'avait autrefois le verbe destiner (voyez le Lexique). Voltaire a substitué dessein à destin.
[1109] Voyez ci-dessus, p. 375: Vitam tibi, inquit, Cinna, iterum do, prius hosti, nunc insidiatori ac parricidæ. Ex hodierno die inter nos amicitia incipiat. Contendamus utrum ego meliore fide vitam tibi dederim, an tu debeas.
[1110] Post hæc detulit ultro consulatum. (P. 375.)—Cinna fut consul l'an 5 avant Jésus-Christ.
[1111] Var. Apprends, à mon exemple, à vaincre ta colère. (1643-56)
[1112] Var. Et pour preuve, Seigneur, je ne veux que moi-même. (1643-56)
[1113] Ce jeu de scène manque dans les éditions de 1643-60.
[1114] Nullis amplius insidiis ab ullo petitus est. (P. 375.)
[1115] L'édition de 1682 porte, par erreur, tout, pour trop.
[1116] Voyez ci-dessus, p. 38. Le passage que nous reproduisons ici est extrait de la page 87 de cet ouvrage.
[1117] Voyez ci-dessus, p. 254 et 255.
[1118] Œuvres, Paris, B. Brunet, 1742, tome III, p. 103.
[1119] Note de Voltaire sur la scène VI de l'acte II de Polyeucte.
[1120] M. Guizot, Corneille et son temps, p. 200.
[1121] Voyez la fin de la note 1 de la page suivante.—Lemazurier, Galerie des acteurs du théâtre français, tome I, p. 317.—Aimé Martin, Œuvres de Corneille, tome I, p. XLI, note 1.—M. Édouard Fournier, Notes sur la vie de Corneille, p. XL.
[1122] On trouve dans l'édition de M. Lefèvre la distribution de rôles suivante, qui, si elle était authentique, établirait que la pièce a été jouée au Marais: Polyeucte, d'Orgemont; Sévère, Floridor; Néarque, Desurlis; Pauline, Mlle Duclos; mais nous avons déjà eu bien souvent l'occasion de voir que les renseignements de ce genre ne reposent dans cette édition sur aucun document certain. Nous ne citerons que pour mémoire une autre source tout aussi peu sûre: un Journal du Théâtre françois manuscrit qui se trouve aujourd'hui à la Bibliothèque impériale et qui appartenait autrefois à M. Beffara. Une note de cet amateur, placée en tête du premier volume, attribue avec beaucoup de vraisemblance l'ouvrage à de Mouhy, auteur des Tablettes dramatiques. On y lit (tome II, folio 804 recto): «Les acteurs qui jouèrent d'original dans Polyeucte furent Baron, Champmeslé, la Thuillerie, Hauteroche, Beauval, Guérin, Hubert, le Comte, et les demoiselles le Comte et Guyot.»
[1123] Pratique du théâtre, livre IV, nouveau chapitre VI manuscrit, intitulé: des Discours de piété, dirigé principalement contre Polyeucte et Théodore, et ajouté à l'exemplaire que nous avons déjà cité ci-dessus, p. 276, note 2.
[1124] Note sur la scène III de l'acte IV.
[1125] Note sur la scène VI de l'acte V.
[1126] Voyez, dans les Mémoires d'Hippolyte Clairon (p. 110 et suivantes), une Étude de Pauline dans Polyeucte, et dans les Mémoires pour Marie-Françoise Dumesnil en réponse aux Mémoires d'Hippolyte Clairon (p. 168 et suivantes), une critique très-vive, mais fort juste, de cette Étude.
[1127] Lettre à Mylord*** sur Baron et Mlle Lecouvreur, p. 23-25.
[1128] Histoire du Théâtre françois, par C. G. Étienne et B. Martainville, tome III, p. 56 et note.
[1129] Page 215.
[1130] Le 1er mai 1794.—Lemazurier, tome I, p. 555.
[1131] Anne d'Autriche, fille aînée de Philippe III, roi d'Espagne, mariée à Louis XIII le 25 décembre 1615, devint régente du royaume quatre jours après la mort du Roi, le 18 mai 1643, c'est-à-dire entre l'époque où Corneille obtint le privilége de Polyeucte et celle où cette pièce fut imprimée (voyez plus haut, p. 468). On trouve ici l'expression fort naturelle de la reconnaissance de Corneille envers la Reine, qui s'était montrée très-favorable au Cid et à son auteur (voyez ci-dessus, p. 15 et 16). C'était d'abord à Louis XIII que cette dédicace devait être adressée. On lit dans l'Historiette que lui a consacrée Tallemant des Réaux (tome II, p. 248): «Depuis la mort du Cardinal, M. de Schomberg lui dit que Corneille vouloit lui dédier la tragédie de Polyeucte. Cela lui fit peur, parce que Montauron avoit donné deux cents pistoles à Corneille pour Cinna. «Il n'est pas nécessaire, dit-il.—Ah! Sire, reprit M. de Schomberg, ce n'est point par intérêt.—Bien donc, dit-il, il me fera plaisir.» Ce fut à la Reine qu'on la dédia, car le Roi mourut entre deux.»—Cette épître et l'Abrégé du martyre, qui la suit, se trouvent dans les éditions antérieures à 1660 et dans une édition in-12 de 1664 que possède la Bibliothèque impériale.
[1132] Var. (édit. de 1648-1656 et de 1664 in-12): et quelque respect.
[1133] Var. (édit. de 1648-1656 et de 1664 in-12): mais une pièce de théâtre qui....
[1134] Les éditions de 1648-1655 portent: «hommage,» au singulier.
[1135] Le 18 août 1643.
[1136] Var. (édit. de 1648-1656 et de 1664 in-12): sur le bord.
[1137] Siméon Métaphraste, ainsi nommé parce qu'il a paraphrasé les vies des saints, est né dans le dixième siècle, à Constantinople. Ce fut, dit-on, Constantin Porphyrogénète qui l'engagea à rassembler les vies des saints. Louis Lippomani, né à Venise vers 1500, publia, de 1551 à 1558, 6 volumes in-4o de vies des saints. Les deux derniers contiennent la traduction latine de celles qui avaient été recueillies par Métaphraste; enfin Laurent Surius, né en 1522 à Lubeck, publia en 1570 un recueil en 6 volumes in-folio intitulé: Vitæ sanctorum ab Aloysio Lipomanno olim conscriptæ, qui fut ensuite augmenté par Mosander.—Nous n'avons pas besoin de faire remarquer que le titre: Abrégé du martyre de saint Polyeucte, ne s'applique qu'aux deux paragraphes de cet Avertissement qui commencent l'un par: «Polyeucte et Néarque,» et l'autre par: «Son beau-père Félix.»
[1138] Melitinæ, in Armenia, sancti Polyeucti martyris, qui, in persecutione ejusdem Decii, multa passus, martyrii coronam adeptus est.
[1139] Nicomediæ vero in Bithynia Quadratus est passus, Melitinæ in Armenia Polyeuctus. (Annales ecclesiastici.... Romæ, 1594, in-fol., tome II, p. 459, ann. 254.)
[1140] L'édition de 1656 et celle de 1664 in-12 portent, par erreur, Superius, pour Surius.
[1141] Var. (édit. de 1648-1656 et de 1664 in-12): Néarque étoit chrétien, et Polyeucte suivoit encore la secte des gentils, mais avec toutes les qualités....
[1142] Var. (édit. de 1648-1656 et de 1664 in-12): lui dit Polyeucte.
[1143] Var. (édit. de 1648-1656 et de 1664 in-12): de votre Messie.
[1144] Voltaire, dans l'édition de 1764, a ainsi modifié ce passage: «Néarque l'ayant éclairci sur l'illusion du scrupule où il était.»
[1145] «Il (Décius) commença son voyage, qui lui fut si heureux, qu'il remporta une glorieuse victoire sur les Perses et apaisa les tumultes qui s'étoient élevés en Orient.» (Paris, N. et J. de la Coste, 1637, in-fol., livre XVII, p. 716.)
[1146] L'édition de 1664 in-12, conforme en ceci aux éditions antérieures à 1660, et non au recueil de même date, qu'elle contient, comme nous l'avons dit, les deux pièces préliminaires qui précèdent, et ne contient pas l'Examen.
[1147] Voyez tome I, p. 59.
[1148] Les éditions de 1660 et de 1663 portent: «Mirturnus.»
[1149] «Mors.... illa salutaris, quam Christus, ut vitam mortalibus restitueret, non invitus ac libenter sane oppetivit, non esset profecto tragice deploranda, si minus in theatrum afferri deberent quæ viro probo accidissent, ac ferenda indigne potius quam miseranda esse viderentur. Quum enim ille sit Deus, est etiam is homo, quem quid probum, quid justum, quid summa virtute præditum dicam?...» etc. (Antonii Sebastiani Minturni de Poeta.... libri sex. Venetiis, 1559, in-4o, livre III, p. 182 et 183.)