Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente Ligdamon combattant dans une arène contre des lions, en présence de trois juges et de plusieurs autres personnages (ce frontispice porte le titre de la pièce, le nom et l'adresse de Targa, et deux marques très-curieuses de ce libraire);—titre imprimé;—2 ff. pour l'a dédicace à M. le duc de Montmorency;—1 p. pour un Sonnet à luy mesme;—8 pp. pour un avis A qui lit;—12 pp. pour des hommages à Scudéry, signés: de Rotrou, Scarron, A. Hardy, Corneille, de la Crette Bellenger, du Ryer, Guerente, Belleville, il Cavalier Grambosco, Dom Ivan Florimond, de Chandeville-Sarcilly;—3 pp. pour le Privilége;—3 ff. pour l'Argument; 1 f. pour l'erratum et les Acteurs.

La tragi-comédie occupe les 133 premières pages du volume; on trouve ensuite le second titre que nous avons reproduit ci-dessus, et la pagination reprend de 137 à 264.

Le privilége, daté du 17 juillet 1631, est accordé à Targa pour dix ans; l'achevé d'imprimer est du 18 septembre 1631.

Le verso du 11e feuillet prélim. contient un quatrain adressé par Corneille à Scudéry. Ce quatrain, signalé déjà par les frères Parfaict (Histoire du Théatre françois, t. IVe, p. 443), puis inséré par M. Edouard Tricotel dans le Bulletin du Bouquiniste (1er août 1859), a été ajouté aux œuvres de notre poëte, par M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 57). Il est ainsi conçu:

Encor que Ligdamon en dépeignant Silvie

Lui donne assez d'appas pour charmer l'Univers,

Sa beauté toutefois dont la France est ravie

Ne me toucheroit point sans celle de tes vers.

181. Le Trompevr pvny, ov l'Histoire septentrionale, Tragi-Comedie par Monsieur de Scudery. A Paris, Chez Pierre Billaine. M.DC.XXXIII [1633]. In-8.

Nous n'avons pas vu cette édition mentionnée au Catalogue Soleinne sous le no 1070.

Au verso du 12e feuillet se trouve le madrigal suivant, signé Corneille:

Ton Cleonte, par son trespas,

Jette un puissant appas

A la supercherie;

Vu l'esclat infini

Qu'il reçoit de ta plume, apres sa tromperie;

Chacun voudra tromper pour estre ainsi puny;

Et quoy qu'il en perde la vie,

On portera tousjours envie

A l'heur qui suit son mauvais sort;

Puis qu'il ne vivroit plus s'il ne fust ainsi mort.

182. Le || Trompevr || puny. || Ov l'Histoire septentrionale. || Tragi-Comedie || Par || Monsieur de Scudery. || A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, au Palais, || dans la petite Salle à l'Escu de France. || M.DC.XXXV [1635]. || Auec Priuilege.—Avtres ||Œvvres || de Monsievr || de Scvdery. In-8 de 16 ff. et 168 pp., sign. A-L.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente deux personnages assis, dont l'un écrit, tandis que l'autre tient un livre; un tableau, placé derrière eux, reproduit une autre scène de la pièce; enfin l'on aperçoit dans le lointain, à travers une porte ouverte, deux hommes qui se battent en duel; ce frontispice, signé de Michel Lasne, porte le titre de la pièce, l'adresse de Sommaville et la date de 1635;—portrait de Scudéry par Michel Lasne, autour duquel on lit sa fameuse devise:

«Et Poëte et Guerrier,

Il aura du laurier;»

—titre imprimé;—7 pp. pour la dédicace «A Madame de Combalet»;—4 pp. pour la «Préface par Monsieur de Chandeville, sur les Œuvres de Monsieur de Scudery»;—12 pp. occupées par divers hommages en vers, signés: Du Ryer, Mairet, d'Inville, Boisrobert, Corneille, d'Autheuil, Guérente, Mondory, G. de Coste, de S. Firmin;—3 pp. pour le privilége.

La pièce de Corneille occupe le recto du feuillet ēiij.

Le privilége, daté du 18 décembre 1632, est accordé à Pierre Billaine, qui déclare en faire cession à Sommaville. L'achevé d'imprimer est du 4 janvier 1633.

La tragi-comédie s'arrête à la p. 111 (sign. A-G); elle est suivie de 28 ff. qui continuent la pagination de la pièce de 113 à 168 et sont signés H-L. Cette seconde partie, analogue à celle qui est jointe au Clitandre de Corneille (no 2), n'a qu'un faux-titre.

183. La || Sœvr || valevrevse, || ov || l'avevgle || Amante. || Tragi-Comedie || Dediée à Monseigneur || le Duc de Vandosme. || Par le Sr Mareschal. || A Paris, || Chez Anthoine de Sommauille, dans la || Galerie du Palais, à l'Escu de France. || M.DC.XXXIIII [1634]. || Auec Priuilege du Roy. In-8 de 16 ff. et 200 pp. (la dernière page est chiffr. par erreur 196).

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé de Michel Lasne, représentant Mars qui tient un bouclier, sur lequel se détache le portrait du poëte; aux pieds de Mars jouent deux Amours; au-dessus du dieu une Renommée tient une couronne de lauriers et une trompette qui porte le titre;—titre imprimé;—5 pp. pour la dédicace;—7 pp. contenant des hommages en vers, signés: de Scudéry, Mairet, de Rotrou, Corneille, du Ryer; 7 ff. pour l'Argument;—1 f. pour les Acteurs.

L'édition ne renferme ni privilége ni achevé d'imprimer.

Au verso du 6e feuillet commence une pièce en 20 vers, signée Corneille, dont voici les premiers vers:

Rendez-vous, Amants et Guerriers,

Craignez ses attraits et ses armes;

Sa valeur, égale à ses charmes,

Unit les myrthes aux lauriers...

Cette pièce se termine au recto du 7e f. Elle a été recueillie pour la première fois par M. Edouard Fournier dans ses Notes sur la vie de Corneille, qui précèdent Corneille à la Butte Saint-Roch, et reproduite par M. Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 62 sq.).

M. de Soleinne possédait le manuscrit original de cette pièce avec une dédicace particulière au duc de Vendôme (Catalogue Soleinne, no 1047); les envois poétiques à l'auteur ne devaient pas s'y trouver.

184. Epinicia || Mvsarvm. || Eminentissimo || Cardinali || Duci || de Richelieu. || Parisiis, || Apud Sebastianum Cramoisy Typographum || Regium, via Iacobæa, sub Ciconiis. M.DC.XXXIV [1634]. || Cum Priuilegio Regis. In-4 de 12 ff., 282 pp. et 1 f., pour la Table.

Collation des feuillets prélim.: titre;—7 ff. pour l'épître adressée au cardinal de Richelieu, par Gomin;—4 ff. contenant une pièce en prose à la louange des Epinicia, un avis du libraire au lecteur, un extrait du privilége et un portrait de Richelieu, non signé.

L'avis au lecteur est ainsi conçu: «Typographus Lectori. Ne mirare, Lector, si nullam hîc, nec rerum, nec temporum, nec personarum servatam seriem vides: nam ut singula in manus nostras venere, ea prælo subjecimus. Si qui sua hîc desiderari querentur, sciant ea nos effugisse, quibus tamen secunda editione, quæ brevi locupletior prodibit et accuratior, faciemus satis. Hoc te monitum volui. Vale et fruere.»

Le privilége, daté du 23 avril 1633, est accordé à Boisrobert, qui en a fait cession à Cramoisy; l'achevé d'imprimer est du 14 août 1634.

Ce recueil, relié d'ordinaire à la suite d'un recueil français intitulé: Les Sacrifices des Muses au grand Cardinal de Richelieu (à Paris, chez Sebastien Cramoisy, 1635, in-4), contient, pp. 248-251, une pièce composée de 43 distiques latins et intitulée: P. Cornelli || Rothomagensis, || ad illustrissimi || Francisci || Archiepiscopi || Normanniæ Primatis || invitationem, || qua gloriosissimum Regem, || Emimentissimumque Cardinalem-Ducem || versibus celebrare jussus est, || Excusatio. Suivent les distiques qui commencent ainsi:

Neustriacæ lux alma plagæ, quo nostra superbit

Infula, et Aonii laurus opaca jugi,

Heroum ad laudes, dignosque Marone triumphos

Parce, precor, tenuem sollicitare chelyn...

En étudiant ce poëme avec plus de soin que les précédents éditeurs, M. Marty-Laveaux y a remarqué des allusions à la Place Royale, qui lui ont permis de rectifier la date de cette pièce et celle de la Galerie du Palais. (Voy. ci-dessus, nos 5 et 7.)

Il existe dans le même format, avec le même privilége et le même achevé d'imprimer, deux recueils destinés à célébrer la gloire du Roi, comme les précédents ont pour but de publier les louanges du Cardinal: Palmæ Regiæ invictissimo Ludovico XIII. Regi Christianissimo, a præcipuis nostri ævi Poetis in Trophæum erectæ; Parisiis, apud Sebastianum Cramoisy, 1634; et Le Parnasse Royal, où les immortelles Actions du tres-chrestien et tres-victorieux Monarque Louis XIII sont publiées par les plus celebres Esprits de ce temps; à Paris, chez Sebastien Cramoisy, 1635.

On ne trouve dans ces recueils en l'honneur du roi aucune pièce de Corneille. L'auteur du Cid n'avait chanté la gloire de Richelieu qu'à l'instigation de l'archevêque de Rouen, François Harlay de Champvalon, et l'on peut admettre que le prélat avait recommandé au poëte de s'adresser plutôt à Richelieu qu'à Louis XIII. Les panégyristes montrèrent d'ailleurs peu d'empressement à chanter la gloire du roi. La difficulté qu'eut l'imprimeur à remplir son recueil en retarda longtemps la publication, ainsi qu'il l'avoue lui-même dans l'avis au lecteur. Les vers adressés au cardinal eussent probablement pu paraître plus tôt, mais il eût été peu convenable qu'ils parussent avant les vers adressés au roi.

185. Hippolyte, || Tragedie. || Par de la Pineliere, Angeuin. || A Paris, || Chez Antoine de Sommauille, au Palais, || en la petite Salle, à l'Escu de France. || M.DC.XXXV [1635]. || Auec Priuilege du Roy.—Avtres || Œvvres || poetiqves || du mesme || Autheur. || M.DC.XXXV [1635]. In-8 de 20 ff. et 112 pp., dont les deux dernières ne sont pas chiffr.

Collation des feuillets prélim.: titre;—3 ff. pour la dédicace «A Monsieur de Bautru, introducteur des Ambassadeurs»;—6 ff. pour la «Préface sur l'Hippolyte de Monsieur de la Pineliere. Par le sieur de Hautgalion»;—4 ff. pour l'avis Au Lecteur;—6 ff. pour l'erratum, les Acteurs et les envois poétiques de divers auteurs à la Pinelière.

Les envois, au nombre de six, sont signés: Th. de la Rivière, Je Bensserade, Corneille, le sieur de Buys, de Montereul, d'Alibray.

Les vers de Corneille occupent le verso du f. ū ij. Ils commencent ainsi:

Phedre, si ton chasseur auoit autant de charmes

Qu'en donne à son visage un si docte pinceau,

Ta passion fut juste et merite des larmes

Pour plaindre le malheur qui le met au tombeau.

L'Hippolyte s'arrête à la p. 98, après le 1er f. du cahier N, et les Autres Œuvres poëtiques occupent le reste du cahier N et le cahier O. Ils se terminent par le mot Fin, après l'épigramme intitulée: Sur une Courtisane devenue aveugle.

Les vers de Corneille, reproduits pour la première fois au Catalogue Soleinne (Supplément au t. Ier, p. 201), ont été réimprimés depuis par M. Edouard Fournier (Notes sur la vie de Corneille, pp. XCVII sq.) et par M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 73).

186. La Gvirlande de Ivlie. Pour Mademoiselle de Ramboüillet Iulie Lucine d'Angennes. Escript par N. Jarry. M.DC.XLI [1641]. In-fol.

Tous ceux qui s'occupent de livres connaissent, au moins de réputation, le chef-d'œuvre du calligraphe Jarry. Ce manuscrit, exécuté pour le duc de Montausier, passa plus tard entre les mains de Gaignat et du duc de la Vallière. Voici la description qu'en donne le Catalogue de cet illustre amateur (1re partie, t. IIe, no 3247): «Manuscrit précieux sur vélin, unique dans son genre, et que rien ne peut égaler en beauté. M. Huet [Huetiana, Paris, 1722, in-12, p. 103] l'a appelé le chef-d'œuvre de la galanterie, et en a vanté la magnificence de l'exécution. Ce fut le baron de Sainte-Maure, plus connu sous le nom de duc de Montausier, qui en conçut l'idée et en fit la dépense. Il chargea le fameux Robert de peindre les fleurs dont il est enrichi, et Nicolas Jarry, dont le talent ne peut être trop célébré, d'écrire les Madrigaux, que les hommes de lettres qui fréquentoient l'hôtel de Rambouillet s'empressèrent de faire sur chaque fleur, à la louange de celle pour qui ce livre était destiné.

«Ces fleurs sont au nombre de 29; sçavoir: l'Amarante, l'Anémone, l'Angélique, la Couronne Impériale, l'Eliotrope, la Flambe, la Fleur d'Adonis, la Fleur de Grenade, la Fleur d'Orange, la Fleur de Thym, l'Hyacinthe, le Jasmin, l'Immortelle blanche, l'Immortelle jaune, la Jonquille, le Lis, le Méleagre, le Muguet, le Narcisse, l'Œillet, le Pavot, la Pensée, la Perceneige, la Rose, le Safran, le Souci, la Tulipe, la Tulipe flamboyante et la Violette.

«Ces Fleurs, réunies d'abord sur une même page et formant une guirlande superbe au milieu de laquelle on lit: La Guirlande de Iulie, se trouvent ensuite séparées et peintes sur le recto de 29 feuillets, qui ne contient jamais qu'une seule fleur.

«Les Madrigaux, dont chaque fleur est l'objet, sont supérieurement écrits en lettres rondes, chacun séparément sur un feuillet. On en compte 61, parce qu'il y en a plusieurs sur une même fleur. M. de Montausier, lui-même, est au nombre des Poëtes qui les ont faits. Le plus beau, le plus connu et le plus souvent cité, est celui de Desmarets, sur la Violette.

«On voit sur le septième feuillet une belle miniature représentant Zéphyr dans un nuage, tenant dans sa main gauche la Guirlande de Julie et, dans sa droite, une rose. Il parsème la terre de diverses fleurs que son souffle fait éclore de sa bouche.

«Le duc de Montausier, en ordonnant l'exécution de ce riche MS., le destinoit à Julie-Lucine d'Angenes, Marquise de Rambouillet, à qui il le présenta en 1641. Il eut soin auparavant de faire relier magnifiquement ce livre [en maroquin rouge, par Le Gascon], et d'orner le dedans et le dehors de la couverture, du chiffre de cette fille célèbre, qu'il épousa quatre ans après, en 1645. Ce fut, sans contredit, le plus beau présent qu'il pût lui faire, et le plus analogue à son goût et à ses talents.

«M. l'Abbé Rive a donné une notice particulière très-exacte et très-étendue de ce MS. [Notices historiques et critiques de deux Manuscrits, uniques et très-précieux, de la Bibliothèque de M. le Duc de la Vallière, dont l'un a pour titre: la Guirlande de Julie, et l'autre, Recueil de fleurs et insectes, peints par Daniel Rabel, en 1624; Paris, Didot l'aîné, 1779, in-4.]»

Une autre notice écrite par Gaignères et complétée par De Bure se trouve dans le Supplément à la première partie du Catalogue de M. le duc de la Vallière; elle a été reproduite par Didot jeune, Nodier et M. Livet, en tête des éditions citées ci-après.

Six pièces de la Guirlande: le Lis, la Tulipe, la Hyacinthe, la Fleur d'orange, la Fleur de Grenade et l'Immortelle blanche, sont signées d'un C. dans le manuscrit. Le libraire Charles de Sercy, qui a fait entrer la Guirlande dans un recueil de poésies dont nous parlerons plus loin, a signé du nom entier de Corneille trois de ces madrigaux: la Tulipe, la Fleur d'orange et l'Immortelle blanche, tandis qu'il n'a marqué les trois autres que d'une simple initiale. Granet n'a reproduit dans ses Œuvres diversés de Corneille que les trois morceaux que lui attribuait Sercy; mais M. Taschereau (Vie de Corneille, 2e éd., pp. 107 sq.) a, non sans raison, croyons-nous, revendiqué les six pièces pour l'auteur du Cid. Il est fort possible en effet que Sercy ait donné ses indications au hasard.

Gaignères et deux des éditeurs de la Guirlande de Julie, Didot et Nodier, ont fait honneur à Conrard des six madrigaux marqués d'un C. M. Marty-Laveaux a cru prudent de suivre l'exemple de Granet.

Ce précieux manuscrit fut vendu après la mort de la duchesse d'Uzès, fille du duc de Montausier, à un particulier qui le paya quinze louis et le revendit à Moreau, valet de chambre du duc de Bourgogne, lequel en fit présent à M. de Gaignères. Après la mort de Gaignères, le volume passa entre les mains du chevalier de B***. L'abbé de Rothelin l'acheta à la vente de cet amateur, et en fit présent, à son tour, à Boze, dans le catalogue de qui nous le voyons mentionné. M. de Cotte l'acquit des héritiers de M. de Boze et le céda plus tard à Gaignat. Il fut donné pour 780 livres à la vente Gaignat, mais il atteignit le prix de 14,510 à la vente la Vallière, en décembre 1783. Il fut acquis par la duchesse de Châtillon, fille du duc de la Vallière, à la mort de laquelle il passa chez Mme la duchesse d'Uzès, sa fille. Il appartient aujourd'hui à M. le duc de Crussol, qui l'a reçu de son père, M. le duc d'Uzès. Il a figuré à l'exposition organisée à Paris, en 1874, au profit des Alsaciens-Lorrains.

M. Brunet (Manuel du Libraire, vo Jarry) parle d'un manuscrit qui paraît avoir été l'esquisse et le modèle de Jarry. C'est un in-4 de 53 ff., exécuté sur papier en belles lettres bâtardes. Il a figuré aux ventes Crozat de Tugny en 1751 (no 1316 du Catalogue) et Courtanveaux, en 1783 (no 1275 du Catalogue). M. P. Firmin-Didot jeune s'en est alors rendu acquéreur pour la somme modique de 3 fr. 75.

187. La Gvirlande de Ivlie. Pour Mademoiselle de Ramboüillet, Iulie-Lucine d'Angennes. Escript par N. Jarry. 1641. In-8.

L'auteur du Huetiana dit que le duc de Montausier fit faire deux exemplaires tout pareils de la Guirlande de Julie; c'est une erreur. La copie fut également exécutée par Jarry, mais elle est du format in-8. «Elle contient 40 feuillets écrits en bâtarde. Elle ne renferme que les Madrigaux seuls, sans aucune peinture. La couverture en est ornée du chiffre de Julie, à qui il fut offert par le duc de Montausier, en même temps que le MS. précédent.»—Catalogue la Vallière, 1re partie, t. IIe, no 3248.

Ce volume vendu 406 fr. chez la Vallière, en 1783, fut revendu 622 fr. chez d'Hangard; 250 fr. seulement chez Lefebvre, et 2,900 fr. chez de Bure, en 1853; il appartient depuis lors à M. le marquis de Sainte-Maure.

188. La Guirlande de Julie. A Paris, De l'Imprimerie de Didot jeune, 1784. In-8.

Édition publiée d'après le manuscrit sur papier cité plus haut.

Renouard dit qu'elle a été tirée à 90 exemplaires; M. Brunet (vo Montausier) dit, au contraire, qu'il en existe au moins 250 exemplaires.

La Guirlande de Julie avait été déjà imprimée à la suite de la Vie de M. de Montausier, écrite sur les Mémoires de la duchesse d'Uzès sa fille (par Nicolas Petit, jésuite); Paris, 1729, 2 tomes en un vol. in-12.

189. La Guirlande de Julie, offerte à Mademoiselle de Rambouillet, Julie Lucie-Lucine d'Angènes, par le marquis de Montausier; ornée de 30 gravures dessinées et peintes par Madame Legendre. A Paris, chez Mademoiselle Adèle Prudhomme, rue des Marais, no 18; H. Nicolle et Pélicier, [Imprimerie de Didot jeune], 1818. In-8,

Édition sur papier vélin double satiné.

190. La Guirlande de Julie, expliquée par de nouvelles annotations sur les madrigaux et sur les fleurs peintes qui la composent, par M. Amoreux, D. M. Montpellier et Paris, Gabon et Ce, [Imprimerie de X. Jullien, à Montpellier], 1824. In-18.

191. La Guirlande de Julie, offerte à Mademoiselle de Rambouillet par M. de Montausier. Paris, N. Delangle, éditeur, rue du Battoir, no XIX, M.DCCC.XXVI [1826]. Pet. in-12 de xj et CIV pp.

Collection de Petits Classiques françois, «imprimée à 500 exemplaires, aux frais et par les soins de Charles Nodier et N. Delangle, avec les caractères de Jules Didot aîné.»

Nous avons dit que Nodier attribuait à Conrard les six madrigaux signés d'un C dans l'original.

192. Précieux et Précieuses.—Caractères et Mœurs littéraires au XVIIe siècle, par M. Ch.-L. Livet. Paris, Libraire académique, Didier et Ce, 1859, in-8 de 2 ff., XXXVI-442 pp. et 1 f. pour la Table.

L'ouvrage de M. Livet contient (pp. 393-442) une réimpression complète de la Guirlande de Julie.

193. Les || Chevilles || de || Me Adam || Menuisier || de Neuers. || A Paris, || Chez Toussainct Quinet, || au Palais, sous la montée de la || Cour des Aydes. || M.DC.XLIV [1644]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 18 ff., 100 pp., 4 ff. et 315 pp.

Collation des feuillets prélim.: portrait de Me Adam, au-dessous duquel on lit un sixain en son honneur et l'adresse de Quinet;—titre;—12 ff. (paginés 5-28) pour l'Epistre;—4 ff. pour la Preface de Monsieur de Marolles, Abbé de Ville-Loin, et le Privilége.

Les 100 pp. qui forment la première partie contiennent des vers français, latins, grecs, italiens et espagnols adressés au poëte par plus de cinquante auteurs, et réunis sous le titre d'Hommage du Parnasse. Un sonnet signé de Corneille occupe la p. 11; en voici le premier quatrain:

Le Dieu de Pythagore, et sa Metempsycose,

Jettans l'ame d'Orphée en un Poëte François,

Par quel crime, dit-elle, ay-je offencé vos loix,

Digne du triste sort que leur rigueur m'impose?

Les 4 ff. qui suivent l'Hommage du Parnasse contiennent les Noms des Auteurs et la Table des Pieces contenues aux Chevilles de Maistre Adam.

Le privilége, daté du 16 avril 1644, est accordé pour dix ans à «Adam Billault, Maistre Menuisier de la ville de Nevers», qui déclare en faire cession à Toussaint Quinet. L'achevé d'imprimer est du 25 mai 1644. Détail curieux: on trouve dans l'Honneur du Parnasse deux pièces signées du libraire Quinet.

194. Les Epistres || dv Sievr || de Bois-robert- || Metel, Abbé de Chastillon. || Dédiées a Monseigneur || l'Eminentissime Cardinal Mazarin. || A Paris, || Chez Cardin Besongne, au Palais, au haut de la montée || de la Ste Chappelle, aux Roses vermeilles. || M.DC.XLVII [1647]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 10 ff., 200 et 47 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre, avec la marque du libraire;—3 pp. pour la dédicace «A Monseigneur l'Eminentissime Cardinal Mazarin;—7 pp. pour les hommages poëtiques, signés: Menagius, de Gombaut, Menard et Corneille;—4 ff. pour la Préface, par M. Mascaron.

Le recueil se compose de deux parties, dont la première compte 200 pp.; la seconde commence ensuite par un titre de départ ainsi conçu: Autres || Œuures || poëtiques || de Monsieur de Boisrobert.

Au verso de la p. 47 se trouve l'Extrait du privilége accordé pour dix ans à Boisrobert, à la date du 4 juin 1646; l'auteur déclare en faire cession à Cardin Besogne. L'achevé d'imprimer est du 21 juillet 1646.

La pièce de Corneille occupe le recto du 6e f. prélim.; elle débute ainsi:

Que tes entretiens sont charmants,

Que leur douceur est infinie, etc.

195. Les || Triomphes || de || Lovis le Ivste || XIII. dv nom, || Roy de France et de Navarre. || Contenans || les plus grandes Actions ou Sa Maiesté s'est || trouuée en personne, representées en Figures Ænigmatiques exposées par vn || Poëme Heroïque de Charles Beys, & accompagnées de vers François sous || chaque Figure, composez par P. de Corneille. || Auec les Portraits des Rois, Princes et Generaux d'Armees, || qui ont assisté ou seruy ce Belliqueux Louis le Iuste Combattant; Et de leurs Deuises & || Expositions en forme d'Eloges, par Henry Estienne, Escuyer, Sieur des Fossez, Poëte & || Interprete du Roy és Langues Grecque & Latine. || Ensemble le Plan des Villes, Sieges et Batailles, auec || vn Abregé de la Vie de ce Grand Monarque, par René Barry, Conseiller du Roy, & Hi- || storiographe de sa Majesté. || Le tout traduit en Latin par le R. P. Nicolaï, Docteur en Sorbonne de la Faculté || de Paris, & premier Regent du grand Conuent des Iacobins. || Ouurage entrepris & finy par Iean Valdor, Liegeois, Calcographe du Roy. || Le tout par commandement de leurs Maiestez. || A Paris, || En l'Imprimerie Royale, Par Antoine Estienne, Premier Imprimeur || & Libraire ordinaire du Roy. || M.DC.XLIX [1649]. || Auec Priuilege de Sa Maiesté.—Lvdovici Ivsti || Tertii Decimi || nvncvpati, Galliæ simvl et Navarræ || Christianissimi Regis, || Trivmphalia Monvmenta. || Quibus egregia maxime quæ per seipsam tam Augusta || Maiestas facinora peregit, continentur; Ænigmaticis Iconibus ac figuris expressa, || quas Heroico Carmine Carolus Beys explicauit, & Gallicis quoque versibus ad || singulas figuras Iconasque affixis P. Cornelius seorsim exornauit. || Cum Iconibus etiam Regum, Principum, Strategorum,|| qui bellicoso illi Regi Ludouico Iusto pugnanti, vel obsequium, vel auxilium præstiterunt; Adectis || ad has eorum effigies ac stemmata, singulorum Symbolis & Elogiis per Henricum Stephanum Equitem || Fossarum Dominum, Græcarum Latinarumque literarum Interpretem, ac Poëtam Regium, explicatis. || Accessit et Vrbium, Obsidionum, ac Præliorum, tam Augusti || Monarchæ Regno gestorum, cum compendiariâ vitæ illius narratione, descriptio; quam historico || stylo Renatus Barry, Consiliarius & Historiographus Regius, delineauit ac expressit. || Omnia porrô ex Gallico Idiomate in Latinum conuertit F. Ioannes Nicolai Sacræ Theologiæ in Facultate || Parisiensi Doctor, & apud Fratres Prædicatores in Conuentu S. Iacobi primarius Professor. || Opus, curâ Ioannis Valdorii Leodiensis propalatum, susceptum, ac perfectum; || Accedente ad præfata omnia elaboranda Regio iussu. || Lutetiæ Parisiorum, || In Regiâ ipsâ Typographiâ per Antonium Stephanum, Proto Typographum Regium, || & Christianissimi Regis Bibliocômum ordinarium. || M.DC.XLIX [1649]. || Cum eiusdem Christianissimæ Majestatis Priuilegio. In-fol. de 33 ff., 87 pp., 142 pp. et 2 ff., non chiffr.; 106 ff. chiffr., 6 ff. non chiffr. et 2 ff. chiffr. 109-110.

Collation des feuillets prélim.: titre français; titre latin; 2 ff. pour l'Epistre de Valdor au Roi (l'un de ces feuillets est un encart qui répète la signature aij, détail qui explique le nombre impair des ff. prélim.);—2 ff. pour la traduction latine de l'Epistre, et un morceau signé des Fossez (Estienne);—2 ff. pour l'Epistre de Valdor à la Reine;—5 ff. pour la traduction latine de cette Epistre, une Ode au Roy, en vers français et latins et une grande figure;—13 ff. pour l'Exposition des Devises qui sont pour la Reyne Regente, une Ode à la Reyne, en français et en latin, ode qui est accompagnée d'un grand portrait; deux hommages poétiques à Louis le Juste en français et en latin, signés du P. Le Moyne et de R. Rapin; des hommages poétiques à Valdor, sur son ouvrage, signés de Ferran, de Beys, d'Isaac Habert, de G. Colletet, de Scudéry, de Tristan l'Hermite, de Furetière, de F. Cassandre, de Jean Nicolaï;—7 ff. pour les préfaces en latin et en français, pour les lettres du roi au P. Nicolaï, à Estienne des Fossez, à Beys, à Bary et à Corneille, pour une ode de Furetière Au Roy, sur son portrait et pour le Privilege.

La 1re partie renferme une planche de S. della Bella et 20 planches de Valdor qui représentent les grandes actions du roi; chacune de ces dernières est accompagnée d'une inscription en vers due à Corneille.

La 2e partie contient 25 portraits remarquablement gravés.

La 3e partie est entièrement consacrée à des plans topographiques, gravés dans un format double de celui du livre; la collation en présente quelques irrégularités. Il semble que l'ouvrage dût contenir six planches de plus qu'il n'en contient en réalité. Voici l'indication de ces lacunes: La foliation saute de 10 à 13; de 26 à 29; de 68 à 71; de 72 à 75; de 96 à 99; de 102 à 105. Après le f. 106 sont placées 2 feuilles doubles (soit 4 ff.) signées d'une simple étoile et 2 ff. sans chiffre ni signature. Le volume se termine par 2 ff. chiffrés 109 et 110.

Le privilége, daté du 22 mai 1649, est accordé à Valdor pour dix ans. Sur ce graveur, qui fut nommé en 1651 agent du prince-évêque de Liége en France, et sur son ouvrage, on peut consulter le travail suivant: Le 3e Valdor, calcographe de Louis XIV; Liége, imprimerie de L. Grandmont-Donders, 1865, in-8 de 50 pp. avec un portrait lithographié. (Extrait du Bulletin de l'Institut archéologique liégeois.)

M. Ambr. F. Didot possède l'exemplaire de dédicace relié en mar. r., aux armes d'Anne d'Autriche.

196. Les Lettres || de Sainct || Bernard, || Premier Abbé || de Clervaux, || Docteur de l'Eglise. || Traduites || Par le R. P. Dom Gabriel de Sainct Malachie, || Religieux Feuillent [sic] de l'Ordre de Cisteaux. || Dédiées à Monseigneur le Mareschal de l'Hospital. || A Paris, || Chez Gaspar Meturas, ruë Sainct Iacque || à la Trinité, prés les Maturins. || M.DC.XLIX [1649.] || Auec Priuilege & Approbation. In-4 de 22 ff. (dont le premier est blanc) et 607 pp.—Lettres || de Sainct || Bernard, || Traduites en François || Par le R. P. en Nostre Seigneur, Dom Gabriel de Saint || Malachie, Religieux de la Congregation de N. Dame || de [sic] Feüillans, de l'Ordre de Cisteaux. || Seconde Partie. || A Paris, || Chez George Iosse, rue Sainct Iacques, || à la Couronne d'Espine. || M.DC.LIV [1654]. || Auec Priuilege & Approbation. In-4 de 12 ff. et 644 pp.

Dans l'exemplaire de ce livre que possède la Bibliothèque nationale (C. 2043), les feuillets prélim. du Ier sont ainsi composés: 1 f, blanc;—titre;—4 ff. pour l'Epistre;—2 ff. pour l'Avertissement;—2 ff. pour des hommages poétiques au traducteur, signés de Gemmaris;—4 ff. pour un Cantique de S. Bernard à la louange de Jesus, traduit en François par Monsieur de Sales (ces 4 ff. qui portent une pagination et qui sont signés A, forment encart dans le volume et ne se trouvent peut-être pas dans tous les exemplaires);—2 ff. pour des hommages poétiques au traducteur, signés: Corneille, de Sales, du Breton et pour l'Extrait du Privilége;—6 ff. contenant la Table et 1 figure.

Le privilége, dont la première partie seule contient un extrait, est daté du 14 mai 1648; il est accordé pour dix ans à G. Meturas. On trouve à la fin un achevé d'imprimer du 23 août 1649.

Le sonnet de Corneille est adressé à saint Bernard; il commence ainsi:

Du Cloistre et de la Cour precieuse clarté,

Mais du Cloistre sans tache, et d'une Cour sans crimes,

Aussi ferme soustien des Ordres legitimes,

Qu'implacable ennemy de la fausse equité...

197. Epitaphivm in æde San benedictina Parisiis appendendvm, Nicolaus Gulonius, mortalitatis maiorumque memor, piis illorum Manibus designabat. Anno CIↃ DCL [1650]. In-fol. de 12 pp.

Ce recueil, que M. Marty-Laveaux a signalé pour la première fois, et dont la Bibliothèque nationale possède un exemplaire, contient les épitaphes de neuf membres de la famille de Nicolas Goulu et la sienne propre, sans parler d'un éloge de Jean Goulu et d'un avis sur ses ouvrages. Jean Goulu, savant bénédictin, né en 1576, mort en 1629, était petit-fils par sa mère du célèbre poëte Jean Dorat. Corneille composa en son honneur une épitaphe latine à laquelle Dom Pierre de Saint Romuald fait allusion dans son Trésor chronologique et historique (Paris, 1647, in-fol., 3e partie, pp. 899 sq.). C'est précisément cette épitaphe, dont le texte authentique s'est retrouvé dans le volume cité plus haut. Voy. Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 392 sqq.

198. L'Ovide || en belle hvmevr, || de M. Dassovcy. || Enrichi de toutes ses || figures burlesques. || A Paris, || Chez Charles de Sercy, au Palais, en la || Galerie Dauphine, à la Bonne Foy. || M.DC.L [1650]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 6 ff., 142 pp. et 1 f.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé représentant Ovide, en costume grotesque, une couronne de lauriers sur la tête, et sa plume sur l'oreille; il est assis dans un fauteuil, et le poëte lui présente un portrait où il se reconnaît; titre imprimé; 4 ff. pour la dédicace «A Monseigneur le Comte de St Aignan», le sonnet de Corneille à Dassoucy et deux envois poétiques de Chavannes et de Tristan l'Hermite.

La p. 1 est occupée par un madrigal de Bergerac; la p. 2 par une figure singulière qui représente une lanterne étendant les bras pour créer le monde.

Le volume contient 6 autres figures comptées dans la pagination.

Le privilége, dont un extrait occupe le recto du dernier feuillet, est accordé pour sept ans à Dassoucy, à la date du 18 février 1650. L'achevé d'imprimer est du 25 février 1650.

L'Ovide en belle humeur a été réimprimé à Paris en 1653, in-4; en 1659 et 1664, pet. in-12; et à Lyon, 1658, in-12. Il en existe une édition elzévirienne (Suivant la copie imprimée à Paris, 1651, pet. in-12 de 94 pp.) que M. Pieters (2e édition, p. 201) qualifie de «rare et chère».

199. Les Chastes || Martirs, || Tragedie || chrestienne || Par Mademoiselle Cosnard. || A Paris, || Chez Nicolas et Iean de la Coste, au mont S. Hilaire à || l'Escu de Bretagne: Et en leur boutique à la petire [sic] porte du Palais, || qui regarde le Quay des Augustins. || M.DC.L [1650]. || Auec Priuilege du Roy. In-4 de 6 ff. et 95 pp.

Collation des feuillets prélim.: un f. blanc ou un frontispice gravé (?); titre; 1 f. pour la dédicace «A la Reyne Regente»; 1 f pour deux hommages poétiques signés de Corneille et de M. de Saint-Nicolas, maître des eaux et forêts à Vire; 2 ff. pour l'avis Au Lecteur et les Acteurs.

Nous empruntons cette description à M. Marty-Laveaux (Œuvres de Corneille, t. Xe, p. 129), qui l'a donnée d'après un exemplaire appartenant à M. Léon de la Sicotière, d'Alençon, exemplaire qui provient de la vente Soleinne (no 1249 du Catalogue). La Bibliothèque de l'Arsenal ne possède qu'un exemplaire incomplet, et, quant à la Bibliothèque nationale, nous n'y avons trouvé qu'une contrefaçon intitulée:

Les Chastes || Martirs, || Tragedie || chrestienne. || Par Mademoiselle Cosnard. || Sur l'Imprimé. || A Paris, || Chez Augustin Courbé, dans la petite || Salle du Palais, à la Palme. || M.DC.LI [1651], In-12 de 3 ff. et 65 pp., soit en tout 36 ff. signés A-K.

Cette contrefaçon, mal imprimée, ne contient pas les hommages poétiques.

La Bibliothèque nationale possède en outre une tragédie chrétienne de Mlle Cosnard intitulée: Les Filles genereuses, ou le Triomphe de la Pudicité (Ms. franç., no 25503).

200. Illvstrissimo Viro || Pomponio || de Bellievre || Regi a Consiliis || et || Primo in Principe || Galliarum Senatu || Præsidi || inaugurato || Panegyricus || in Colleg. Marchiano || Parisiensis || Academiæ || dictus. || Parisiis, || Apud Dionysium Langlæum, || in monte D. Hilarij, sub Pelicano. || M.DC.LIII [1653]. In-4 de 32 pp. et 2 ff.

Au verso de l'avant-dernier f. (p. 34) se trouvent des vers de Corneille «A Monsieur de Loy, Professeur en l'Université de Paris, sur son Panegyrique de Monseigneur le Premier President de Bellievre», vers qui commencent ainsi:

Pourquoy s'étoner que de Loy

Réussisse avec avantage...

201. Airs || à quatre parties, || Du Sieur Dassoucy, || A Paris, || Par Robert Ballard, seul Imprimeur du || Roy pour la Musique. || Auec Priuilege de sa Majesté. || Basse-Contre. || 1653. Très-pet, in-8 obl. de 23 ff. chiffr. et 1 f. non chiffr., sign. A-C., titre encadré.

Au verso du titre commence la dédicace A Son Altesse Royale Madame la Duchesse de Savoye, qui se développe sur le feuillet suivant. En voici le début:

«Apres avoir respandu toutes mes larmes sur le Tombeau du deffunct Roy mon auguste Protecteur, je creus apres l'eclypse de ce grand Astre, qu'il n'y avoit plus de jour au monde, ny d'azile pour la vertu; Dans cette funeste pensée, je jugé que ce n'estoit pas assez de faire pleurer à mes tristes Airs la mort de celuy qui ne les avoit pas dedaignez durant sa vie, si pour satisfaire à ma douleur, je ne les condamnois à mourir: C'en estoit fait et mes Competiteurs n'estoient pas marris que j'eusse enterré un talent qui leur causoit de la jalousie; Mais depuis que (par l'honneur que j'ay receu dans vostre Royal service) j'ay appris qu'il y avoit encore un climat, une Cour, et une Reyne, ou plustost une divinité, l'amour de toute la terre, et l'aymant de toutes les vertus, aupres de qui le merite ne va jamais, sans y trouver sa gloire et sa recompense; J'ay revoqué cet Arrest inhumain, etc.»

Au recto du 3e f. se trouvent les vers suivants qui, avant M. Marty-Laveaux, n'avaient jamais été réunis aux œuvres de Corneille:

POUR MONSIEUR DASSOUCY,

sur ses Airs,

Cet Autheur a quelque Genie,

Ses Airs me semblent assez doux:

Beaux Esprits, mais un peu jaloux,

Divins enfants de l'harmonie,

Ne vous en mettez en courroux,

Apollon aussi bien que vous

Ne les peut ouyr sans envie.

Corneille.

Les airs de Dassoucy sont au nombre de 19. Le 14e et le 15e s'appliquent à deux passages de l'Andromède de Corneille: Vivez, heureux Amants, etc., et Cieux, escoutez. Voy. ci-dessus, no 54.

La seule partie de ce recueil que nous connaissions, la partie de Basse-Contre, conservée à la Bibliothèque nationale, est malheureusement la moins intéressante des quatre. Il serait bien curieux de pouvoir reconstituer, en réunissant les autres parties, un fragment de la musique d'Andromède.

202. Relation || contenant || l'histoire || de || l'Academie || Françoise. || A Paris, || Chez Augustin Courbé, au Palais, en la Salle des Merciers à la Palme; [ou Chez Pierre le Petit, Imprimeur || & Libraire ordinaire du Roy, ruë S. || Iacques, à la Croix d'Or]. || M.DC.LIII [1653]. || Auec Priuilege du Roy. In-8 de 2 ff., dont le premier est blanc, 590 pp. et 3 ff. pour le Privilége.

Le privilége, daté du 14 novembre 1652, est accordé pour dix ans à Paul Pellisson Fontanier, qui déclare en faire cession à Augustin Courbé et à Pierre le Petit.

Pellisson nous a conservé un quatrain et plusieurs fragments de lettres de Corneille. Voy. Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 86, 427-432.

La Relation de Pellisson a été réimprimée en 1671, 1672, 1700, 1729, 1730 et 1743. M. Livet en a donné une nouvelle édition, en y joignant la continuation publiée par l'abbé d'Olivet. (Paris, Didier, 1858, 2 vol. in-8.)

203. La Vie || de Damoiselle || Elizabeth || Ranqvet. || A Paris, || Chez Charles Savreux, Libraire & Relieur || du Chapitre de l'Eglise de Paris, au || Parvis Nostre Dame, aux || trois Vertus. || M.DC.LV [1655]. || Auec Approbation & Privilege. In-12 de 7 ff. et 131 pp.

Collation des feuillets prélimin.: portrait d'Élisabeth Ranquet, gravé par J. Frosne; on lit à l'entour: Elizabeth Ranquet, agée de 36 ans, decedée le 6 d'Avril 1654; en bas sont ses armes et un quatrain; sur les côtés, son chiffre;—titre imprimé avec la marque du libraire;—2 ff. pour l'Avertissement;—3 ff. pour l'Approbation et trois hommages poétiques.

Les vers de Corneille occupent le verso du 5e f. et le recto du 6e. Nous avons dit qu'ils se trouvent en tête de certains exemplaires de l'édition originale d'Œdipe (no 73).

Le privilége, dont un extrait se trouve au verso du dernier f., est accordé à Charles Savreux, pour sept ans, à la date du     avril 1655 (le quantième est resté en blanc). L'achevé d'imprimer est du 10 mai 1655.

204. Poesies || choisies || de Messievrs || Corneille. || Bensserade. || de Scvdery. || Boisrobert. || Sarrasin. || Desmarets. || Bertavd. || S. Lavrent. || Colletet. || la Mesnadiere. || de Monterevil. || Vignier. || Chevreav. || Malleville. || Tristan. || Testv. || Mavcroy. || de Prade. || Girard. || de l'Age. || Et plusieurs autres. || A Paris, Chez Charles de Sercy, au Palais, dans la || Salle Dauphine, à la Bonne-Foy Couronnée. || M.DC.LIII [1653]. || Avec Priuilege du Roy. In-12 de 14 ff., 418 pp. et 1 f. pour les Fautes à corriger.

Collation des feuillets prélim.: frontispice gravé qui représente un rideau sur lequel est inscrit le titre du livre; au-dessus du rideau, un masque grotesque accoté de deux Amours qui tiennent une couronne de laurier;—titre imprimé qui porte la marque de Sercy;—1 f. pour la dédicace «A Monseigneur l'Abbé de Saint-Germain Beaupré»;—10 ff. pour la Table;—1 f. pour le Privilége.

Première édition de ce recueil, qui forma successivement un, deux, trois, quatre et cinq volumes.

Cette première partie contient quatre pièces de Corneille, savoir:

La Poësie à la Peinture, p. 235;

Sonnet: Demeurez en repos, etc., p. 399;

Sonnet: Deux sonnets partagent la ville, p. 401;

Epigramme: Amy veux tu sçavoir, etc., p. 402.

M. P. Lacroix attribue en outre à Corneille un sonnet signé d'un C à la Table, mais anonyme dans le recueil: Une Troupe servile, etc., p. 304.

Le privilége, daté du 19 janvier 1653, est accordé à Sercy pour neuf ans; l'achevé d'imprimer est du 24 mars 1653.

205. Poesies || choisies || de Messievrs || Corneille. || Bensserade. || de Scvdery. || Boisrobert. || la Mesnardiere. || Sarrasin. || Desmarets. || Bertavd. || de Monterevil. || Vignier. || Chevreav. || Malleville. || Petit. || Le Bret. || de Prade. || Mavcroy. || Et de plusieurs autres. || Premiere Partie. || Seconde Edition, reueuë, corrigée, & augmentée. [Et Seconde Partie]. || A Paris, || Chez Charles de Sercy, au Palais, dans la || Salle Dauphine, à la Bonne-Foy couronnée. || M.DC.LIII [1653]. || Avec Privilege du Roy. 2 vol. in-12.