Sous ce titre, M. Paul Lacroix a publié, dans le Bulletin du Bouquiniste, plusieurs lettres qui contiennent divers fragments de Corneille, ou attribués à Corneille, qui n'avaient pas encore été relevés. La 2e lettre (1863, pp. 467-470) contient le sonnet A Saint Bernard (voy. ci-dessus, no 196);—la 3e lettre (1863, pp. 499-502) contient les vers A Monsieur de Loy (no 200);—la 5e lettre (1863, pp. 691-696) contient les épigrammes contre d'Aubignac, attribuées à Corneille par Tallemant des Réaux (no 255);—la 6e lettre (1864, pp. 51-54) renferme une épigramme qui figure sous le nom de Corneille dans la quatrième édition du recueil de Sercy (voy. le no 207), mais qui est en réalité de Saint-Amand (Marty-Laveaux, t. Xe, pp. 357 sqq.), et deux sonnets pour la tragédie de Timocrate, de Thomas Corneille, qui sont probablement de Thomas Corneille lui-même;—la 7e lettre (1864, pp. 251-255) pose la question de savoir si le distique: Una dies Lotharos, Burgundos hebdomas una, etc., et la traduction française qui l'accompagne dans le recueil intitulé: A la gloire de Louis le Grand, conquérant de la Hollande (voy. ci-dessus, no 224), doivent être attribués à Corneille; la 8e lettre (1864, pp. 555-561) revient sur le recueil de Sercy et sur l'un des quatrains contre d'Aubignac, attribué par Tallemant à Corneille ou à quelque «corneillien»;—la 9e lettre (1864, pp. 587-591) signale une Ode sur la Paix et le Mariage (Paris, de Luyne, 1660, in-4), qui «pourrait être signée Corneille, sans faire tort à l'auteur du Cid et de Cinna», et reproduit deux petites pièces françaises signées Corneille, qui se trouvent dans les éditions des œuvres de Santeul (voy. ci-dessus, nos 158, 231-233). La dernière de ces pièces n'est qu'un passage légèrement remanié de Tite et Bérénice.

VI.—OUVRAGES ATTRIBUÉS A CORNEILLE.


I. Ouvrages publiés séparément.

244. Paraphrase || de la Devise de l'Observatevr.

Voici une reproduction aussi exacte que possible de cette pièce qui n'a pas encore été signalée:

PARAPHRASE

DE LA DEVISE DE L'OBSERVATEVR

Et poete et gverrier
Il avra dv lavrier.

Ou commentaire de ces mots, Soit qu'il m'attaque en
soldat maintenant qu'il est obligé de l'estre, soit
qu'il m'attaque en escriuain
. &c. page 10. de la
Lettre à l'Illustre Academie.

Dans le milieu d'vn camp, l'assé [sic] de commander;

Sur la peau d'vn tambour où je vay m'accouder,

Plus haut que les canons je fais sonner ma veine:

A Paris quant je laisse eschapper quelque escrit,

Mon liure des l'abord fait sçauoir, a qui lit,

Combien je suis grand Capitaine.

Ainsi les nobles feux qu'allume la chaleur

De la muse & de la valeur:

Et dont a tous moments je pousse les fumées:

Pour m'acquérir le nom de Poëte, & guerrier;

M'erigent en rimeur jusques dans les armées,

Et me rendent vaillant jusques sur le papier.

Dedidicit jam pacé ducem. Lucanus, 1e, Phar.

Nous sommes disposé à ranger la pièce qui précède parmi les œuvres diverses de Corneille. Outre qu'elle nous paraît bien dans sa manière, nous l'avons trouvée à la suite du Rondeau dans le précieux recueil de la bibliothèque Sainte-Geneviève (Y. 458, in-4o, Rés.). Elle est imprimée sur une feuille volante du format in-4, dont le verso est blanc. Les caractères diffèrent de ceux qui ont été employés pour la composition du Rondeau, mais la disposition du texte est presque la même. On remarquera le vers latin qui termine l'épigramme; il est emprunté à Lucain, l'auteur favori de Corneille.

Le P. Niceron et divers autres bibliographes ont attribué, sans aucune raison, à Corneille plusieurs des pièces publiées dans la querelle du Cid. Nous avons classé parmi ses œuvres diverses les trois pièces qui sont incontestablement de lui. On trouvera les autres dans notre chapitre XIXe.

245. Le Presbytere d'Henovville. A Tircis. A Roüen, Chez Iean le Boullenger. M.DC.XXXXII [1642]. In-12 de 12 pp.

Cette pièce a été pour la première fois attribuée à Corneille par M. Emm. Gaillard (Précis analytique des travaux de l'Académie de Rouen, 1834, pp. 164-169); M. Brunet (Manuel du libraire, t. IIe, col. 286) et M. Édouard Fournier (Notes sur la vie de Corneille, pp. LXXI sq.) l'ont ajoutée sans contestation aux œuvres de notre poëte, mais M. Marty-Laveaux (t. Xe, pp. 11-14) a soumis la question à un nouvel examen. La raison qui avait déterminé M. Gaillard à considérer Corneille comme l'auteur du Presbytère d'Hénouville, c'était que le poëte aurait été souvent l'hôte de l'abbé Legendre, curé d'Hénouville; or M. Gosselin (Pierre Corneille (le père) et sa maison de campagne, Rouen, 1864, in-8) a démontré depuis que c'était à Petit-Couronne que la famille Corneille allait respirer l'air des champs. Ce détail n'est assurément pas décisif; mais ce qui est plus significatif, c'est que le Presbytère d'Hénouville n'ait pas été imprimé chez Laurens Maurry. M. Marty-Laveaux a fait en outre remarquer, avec beaucoup d'à-propos, que le nom de Tircis était le nom sous lequel Corneille s'était mis en scène dans Mélite, et que les mots «A Tircis» semblent indiquer que le poëme ne fut pas composé par lui, mais lui fut au contraire adressé par un de ses amis.

Le seul exemplaire connu du Presbytère d'Hénouville appartient à la Bibliothèque de Rouen (Recueil de poësies diverses, O. 744).

246. Sylla, tragédie en cinq actes et en vers, précédée d'une Dissertation dans laquelle on cherche à prouver, par la tradition, par l'histoire, par des anecdotes particulières et par un examen du style et des caractères, que cette pièce est du grand Corneille; publiée d'après un manuscrit du dix-septième siècle déposé chez M. Tion de la Chaume, notaire de Paris, par M. C. Palmézeaux. A Paris, Charon, Madame Masson, Barba, an XIII-1805. In-8 de 2 ff., lvij et 95 pp.

Cette tragédie parut, pour la première fois, dans la Suite de la Grammaire françoise, du P. Buffier (Paris, Nicolas le Clerc. 1728, in-12). Elle a été attribuée par Barbier à Mallet de Brefud, mais le véritable auteur est le P. Charles de la Rue. On consultera, sur l'histoire de cette pièce et sur les différentes éditions qui en ont été publiées, la Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, par Augustin et Aloïs de Backer, t. Ier (Liége, 1853, grand in-8), pp. 663 sq.

247. L'Occasion perdue recouverte, par Pierre Corneille. Nouvelle edition accompagnée de notes et de commentaires, avec les sources et les imitations qui ont été faites de ce poème célèbre, non recueilli dans les Œuvres de l'auteur. Paris, Chez Jules Gay, éditeur, 1862. In-8 et in-12 de 96 pp. en tout.

Édition tirée à 320 exemplaires, tous numérotés et sur papier vergé; 250 format petit in-12, et 70 format in-8.

MM. Gay père et fils, qui se sont fait une célébrité peu enviable comme éditeurs de «livres galants», n'ont pas craint de porter atteinte à la mémoire de Corneille en réimprimant sous son nom cette pièce depuis longtemps oubliée.

L'Occasion perdue recouvrée parut d'abord dans les Poësies gaillardes, galantes et amoureuses de ce temps; s. l. n. d. [Rouen, vers 1655], pet. in-12 de 82 pp., et dans le Nouveau Cabinet des Muses, ou l'Eslite des plus belles Poësies de ce temps; Paris, veuve Edme Pépingué, 1658, in-12; elle fut intercalée après coup dans ce dernier recueil, où elle occupa un cahier de 50 pp. imprimé à part, qui manque à la plupart des exemplaires. Elle reparut ensuite dans l'Elite des Poësies héroïques et gaillardes de ce temps; s. l. n. d. (vers 1660), in-12 de 94 pp.; dans les Poësies nouvelles et autres Œuvres galantes du Sieur de C** [Cantenac]; Paris, Théodore Girard, 1662, in-12; puis dans un certain nombre de réimpressions de l'Elite des poësies héroïques et gaillardes (Paris, imprimé cette année [vers 1670, selon le catalogue Luzarche, no 2386]; s. l., 1683, catalogue la Vallière, no 13506; s. l., 1689, catalogue Cigongne, no 945; s. l. [à la Sphère], 1695, pet. in 12); dans les Poësies héroïques et galantes, s. d., 1687, in-12; enfin dans la Nouvelle Elite des Poësies heroïques et gaillardes de ce temps; Utrecht, 1734 et 1737, in-12.

Il ne vint à l'esprit d'aucun contemporain d'attribuer l'Occasion perdue à Corneille; le premier ouvrage où l'on trouve cette attribution est le Carpenteriana, ou Recueil des pensées historiques, critiques, morales et de bons mots de M. Charpentier, de l'Académie françoise (Paris, J. Fr. Morisset, 1724, in-8), publié par Boscheron. On lit dans ce recueil, p. 284:

«M. Corneille l'aîné est auteur de la pièce intitulée: L'Occasion perdue et recouvrée. Cette pièce étant parvenue jusqu'à M. le chancelier Séguier, il envoya chercher M. Corneille et lui dit que cette pièce, ayant porté scandale dans le public et lui ayant acquis la réputation d'un homme débauché, il falloit qu'il lui fit connoître que cela n'étoit pas, en venant à confesse avec lui; il l'avertit du jour. M. Corneille ne pouvant refuser cette satisfaction au chancelier, il fut à confesse avec lui, au P. Paulin, petit père de Nazareth, en faveur duquel M. Séguier s'est rendu fondateur du couvent de Nazareth. M. Corneille s'étant confessé au révérend père d'avoir fait des vers lubriques, il lui ordonna, par forme de pénitence, de traduire en vers le premier livre de l'Imitation de J.-C., ce qu'il fit. Ce premier livre fut trouvé si beau, que M. Corneille m'a dit qu'il avoit été réimprimé jusqu'à trente-deux fois. La Reine, après l'avoir lu, pria M. Corneille de lui traduire le second; et nous devons à une grave maladie dont il fut attaqué la traduction du troisième livre, qu'il fit après s'en être heureusement tiré.»

L'année même où avait lieu la publication du Carpenteriana, les Mémoires pour l'histoire des sciences et des beaux-arts, publiés à Trévoux (décembre 1724, pp. 2272-2276), réfutèrent une anecdote blessante pour la mémoire de Corneille. Ils s'attachèrent à démontrer que l'Occasion perdue recouverte n'était pas de lui, mais de Cantenac, et que, par conséquent, l'auteur du Cid n'avait pas eu à faire pénitence de ce poëme.

La question paraissait jugée depuis longtemps, lorsque a paru la réimpression de M. Gay. Les raisons alléguées par lui pour attribuer à Corneille une pièce licencieuse n'ont pas trouvé grâce aux yeux du parquet, qui a fait saisir les exemplaires de la réimpression restés en magasin, en même temps que d'autres productions du même libraire.

M. Marty-Laveaux (t. VIIIe, pp. I-IX) s'est cru obligé de discuter à son tour le témoignage du Carpenteriana, dont il n'a rien laissé subsister. Il a notamment relevé dans l'Occasion perdue et recouvrée une locution gasconne qui n'eût pas échappé à Corneille, et qui ne peut avoir appartenu qu'à Cantenac.

M. Viollet-le-Duc (Bibliothèque poétique, Paris, 1843, in-8, pp. 521 sq.) a fait une autre observation également importante: c'est que le premier fragment de l'Imitation fut certainement publié avant les vers dont Corneille aurait été obligé de faire pénitence. Le premier recueil dans lequel l'Occasion perdue ait été insérée ne porte pas de date, mais il est difficile d'admettre qu'il soit antérieur à 1655. Les éditeurs de poésies «gaillardes» n'ont pas dû laisser un long temps s'écouler avant de reproduire un aussi friand morceau; aussi croyons-nous que le recueil intitulé: Poësies gaillardes, galantes et amoureuses a dû paraître sinon après, du moins fort peu de temps avant le Nouveau Cabinet des Muses de 1658.

II. Recueils contenant des pièces de vers attribuées a Corneille.

248. Recveil de diverses Poesies des plvs celebres Avthevrs de ce temps. A Paris, Chez Louis Chamhoudry, au Palais, vis à vis la S. Chapelle, à l'Image S. Louis. M.DC.LII [1652]. Auec Priuilege du Roy. 2 part, in-12.

Ce recueil renferme une Épigramme de Monsieur de Corneille, contre un poëte, mais l'attribution repose sur une erreur évidente, car l'épigramme se retrouve dans la 3e partie des Œuvres de Saint-Amand (Paris, 1649, in-4).

Le privilége, daté du 6 mars 1651, est accordé pour dix ans à «Jean Conart, l'un de nos Maistres d'Hostel ordinaire», qui déclare en faire cession à Chamhoudry.

En 1655, le même libraire fit paraître une troisième partie qu'il intitula: Nouveau Recueil de Poësies des plus celebres Autheurs du Temps, dont il existe une contrefaçon exécutée en province, sous la date de 1655.

249. Les || Mvses || illvstres, || Par François Colletet, le Fils. || Paris, || Pierre David & Louis Champ- || houdry. || 1658. || Avec Privilege du Roy. In-8 de 8 ff. et 388 pp.

Les Muses sont au nombre de quatre: la Muse Sérieuse, la Muse Bachique, la Muse Amoureuse et la Muse Burlesque. Les feuillets préliminaires contiennent la table et l'Extrait du Privilége.

Le privilége, daté du 8 avril 1658, est accordé pour sept ans au sieur François Colletet le fils, qui déclare en faire cession à P. David et Louis Chamhoudry. L'achevé d'imprimer est du 15 avril 1658.

On trouve dans ce recueil (pp. 148 et 149) les deux sonnets pour Timocrate, que M. Marty-Laveaux a reproduits (t. Xe, pp. 360 sq.), mais qu'il croit être de Thomas Corneille.

250. Recueil || de quelques || Pieces || nouvelles || et galantes, || Tant en Prose qu'en Vers; || Dont les Titres se trouveront apres || la Preface. || A Cologne, || Chez Pierre du Marteau. || M.DC.LXIII [1663]. Pet. in-12 de 4 ff. (dont le premier est blanc), 182 pp. et 1 f. blanc.

Édition qui porte une sphère sur le titre.

La 32e pièce du recueil, intitulée: Plainte de la France à Rome, Elegie (pp. 168-173), est signée Corneille. Elle est en réalité de Fléchier, sous le nom de qui elle parut d'abord dans une édition probablement imprimée par Mabre-Cramoisy (s. l. n. d., in-4 de 4 ff.); elle avait été reproduite dans les Délices de la Poësie galante (voy. ci-dessus, no 213), et l'on ne s'explique guère comment elle put être réimprimée sous le nom de Corneille.

251. Recueil || de quelques || Pieces || nouvelles || et galantes, || Tant en Prose qu'en Vers; || dont les Titres se trouveront apres || la Preface. || A Cologne, || Chez Pierre du Marteau [Hollande, à la Sphere]. || M.DC.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 180 pp. en tout.

La pièce attribuée à Corneille y occupe les pp. 167-171.

252. Recueil || de quelques || Pieces || nouvelles, || Tant en Prose qu'en Vers; || Dont les Titres se trouveront aprés la Preface. || Premiere [Seconde] Partie. || A Cologne, || Chez Pierre du Marteau. || M.DC.LXVII [1667]. 2 vol. pet. in-12.

Édition qui porte une sphère sur le titre.

Premiere Partie: 180 pp., y compris 4 ff. prélim.

Seconde Partie: 4 ff. et 232 pp.

La 1re partie contient (pp. 167-171) la Plainte de la France à Rome. Elegie, signée: Corneille.

253. Les Plaisirs de la Poesie galante, gaillarde et amoureuse. S. l. n. d. In-12.

Ce petit recueil, qui n'a d'autre titre qu'un frontispice gravé, contient (p. 20) une épigramme sur d'Aubignac signée Corneille; aussi M. Paul Lacroix l'a-t-il attribuée à notre poëte (Bulletin du Bouquiniste, 1863, p. 696). M. Marty-Laveaux (t. Xe, p. 374) fait observer que la même épigramme se trouve dans les Historiettes de Tallemant des Réaux, avec le nom de Cotin.

254. Le nouveau || Mercure || galant. || Contenant les Nouvelles du mois de May 1677. || & plusieurs autres. || Tome III. ||A Paris, || Au Palais, || dans la Salle Royale, à || l'Image S. Louis. || M.DC.LXXVII [1677]. || Avec Privilege du Roy. In-12 de 6 ff. et 363 pp.

On trouve dans ce volume (pp. 97-100) une jolie pièce qui commence ainsi:

Je suis vieux, belle Iris, c'est un mal incurable...

Le rédacteur du Mercure ne dit pas expressément qu'elle soit de Corneille, mais il semble le donner à entendre: «Que pensez-vous, Madame, de cette galanterie? L'Autheur qui prétend que ses vieilles années luy ont acquis l'avantage d'aimer si commodement, et qui s'explique d'une maniere si agreable, ne merite-t-il pas d'estre particulierement consideré de la Dame? Il est rare de pouvoir conserver dans un âge aussi avancé que celuy qu'il se donne, le feu d'esprit qu'il fait paraistre encore dans ces vers; et le vieux Martian, que vous avez tant admiré dans l'admirable Pulchérie du grand Corneille, n'auroit pas parlé plus galamment, s'il avoit voulu s'éloigner du sérieux.» M. Marty-Laveaux regarde comme très-probable l'attribution de ces vers à Corneille.

255. Les Historiettes de Tallemant des Réaux. Troisième édition publiée avec notes et éclaircissements historiques, par MM. Paulin Paris et de Monmerqué. Paris, Techener, 1853-1860, 9 vol, in-8.

Tallemant rapporte (t. VIIe, pp. 250-255) diverses pièces de vers composées contre l'abbé d'Aubignac. Trois de ces pièces sont attribuées à Corneille, ou à «quelque corneillien».

256. Nouveau Recueil des Epigrammatistes françois anciens et modernes, depuis Marot, par M. B. L. M. [A. A. Bruzen de la Martiniere]. Amsterdam, Wetstein, 1720, 2 vol. in-12.

Le t. Ier contient (pp. 104 sq.) un quatrain imité des vers de Lucain sur l'invention de la peinture. Ce quatrain est donné comme étant l'œuvre de Corneille.

257. ... ana [Allainvalliana], ou Bigarrures calotines [par l'abbé L.-J.-C. Soulas d'Allainval]. A Paris, chez de Heuqueville, 1732 et 1733, 4 vol. in-12.

On trouve dans le t. IVe (pp. 9 sq.) un quatrain imité de deux vers d'Horace, que l'auteur attribue à Corneille.

258. Bibliotheque de Cour, de Ville et de Campagne par Guyot de Pitaval. Nouvelle édition [refondue par l'abbé Pérau]. A Paris, Chez Théodore le Gras, 1746, 8 vol. in-12.

On y trouve (t. Ier, p. 241) un quatrain «envoyé par le grand Corneille» à un poëte médiocre.

Voy. sur le recueil de Pitaval, Quérard, la France littéraire, t. IIIe, p. 297.

259. Manuel du voyageur a Paris, ou Paris ancien et moderne, contenant la description historique et géographique de cette capitale, de ses monuments, palais, édifices publics, jardins, spectacles, etc. Par P. Villiers. Nouvelle édition, revue, corrigée et considérablement augmentée. Paris, Delaunay, 1813, in-18.

On y trouve un quatrain «adressé au Christ de l'église Saint-Roch», que Villiers donne comme étant de Corneille. Cette petite pièce paraît avoir été publiée d'après une copie manuscrite qui se trouve au verso d'un exemplaire de l'Imitation de Jésus-Christ (édition de 1658, in-4), appartenant à M. Socard, de Troyes. Rien ne prouve qu'elle soit de Corneille.

VII.—ÉDITIONS DES PIÈCES DE THÉATRE DE CORNEILLE

PUBLIÉES DE SON VIVANT, MAIS SANS SA PARTICIPATION, EN FRANCE OU EN HOLLANDE.


I

260. Melite, || ov || les favsses || Lettres. || Piece Comique. || A Paris, || Par Iaques de Loges, à l'Enseigne du || Mauuais Temps. || M.DC.XXXIII [1633]. || Avec Permission. In-8 de 4 ff. et 135 pp., caract. ital.

Collation des feuillets prélim.: titre;—1 f. pour la dédicace A Monsieur de Liancour;—1 f. pour l'avis Au Lecteur;—1 f. pour l'Argument.

Nous avons cherché longtemps cette édition souvent citée par les bibliographes de Corneille. Elle a été plusieurs fois indiquée comme étant du format in-12; mais, cette indication nous paraissant erronée, nous avons tenu à la décrire sur l'original. Nous avons parcouru toutes les bibliothèques de Paris, sans pouvoir la rencontrer; nos visites chez les amateurs n'ont pas été plus fructueuses; enfin, grâce à l'obligeant intermédiaire de M. E. de la Germonière, M. Lormier, de Rouen, a bien voulu nous communiquer son exemplaire, celui même qui a figuré à la vente Potier, en 1870. Nous avons pu constater que la Mélite de J. de Loge n'est pas imprimée dans le format in-12, mais bien dans le format in-8 indiqué au catalogue. Nous nous sommes également convaincu que ce n'est pas une édition donnée par Corneille, mais bien une simple contrefaçon qui reproduit le texte de l'édition originale in-4. Le Catalogue chronologique des Libraires et des Libraires-Imprimeurs de Paris, rédigé par A.-M. Lottin, en 1789, ne mentionne aucun libraire du nom de de Loge, et nous devons admettre que le nom et l'enseigne bizarre dont il est accompagné sont purement imaginaires. La Mélite, in-8, a dû être publiée dans une ville de province, vers 1634, c'est-à-dire après la publication de La Veuve; elle est imprimée dans le même format que cette pièce et en caractères analogues, mais non identiques à ceux de François Torga. Ce qui confirme notre hypothèse, c'est que le volume ne contient pas de privilége, mais la mention d'une simple permission, mention assez ordinaire aux contrefaçons.

Vendu 50 fr., mar. r. (Chambolle-Duru); Potier, 1870 (no 1226).

261. Melite, || ov || les favsses || Lettres. || Piece Comique. || Par M. de Corneille. || A Lyon, || Chez Claude la Riuiere, ruë || Merciere, à la Science. || M.DC.LIII [1653]. || Auec Permission. In-12 de 4 ff. et 88 pp., caract. ital.

Collation des feuillets prélim.: titre; 1 f. pour la dédicace; 1 f. pour l'avis Au Lecteur; 1 f. pour l'Argument.

262. Melite, || Comedie. || Par le Sr P. Corneille. || A Paris, || Chez Augustin Courbé, || au Palais. || Anno M.DC.LIV [1654]. Pet. in-12 de 88 pp. (y compris 3 ff. prélim.), sign. A-D.

Au titre, le fleuron aux palmes croisées; au 2e f. au-dessus du titre de départ, le fleuron à la tête de buffle, avec les petites excroissances sur les cornes.

Edition elzévirienne restée inconnue aux elzéviriographes. M. Potier, qui en possède un exemplaire, pense qu'elle a dû être imprimée par Fr. Foppens, à Bruxelles. Elle a été citée dans la Description bibliographique des livres composant la Librairie J. Techener, 1858, t. II, no 10,564, et dans le Catalogue Soleil (janvier 1872), no 1308, sous la date de 1655.

Cette édition et la précédente soulèvent une question historique que nous n'avons pu élucider. La Riviere et Foppens ont-ils été amenés à réimprimer Mélite, en 1655 et en 1654, par quelque reprise de cette comédie? Ont-ils eu, au contraire, la pensée de donner une édition des Œuvres de Corneille par pièces séparées, comme le fit après eux Abraham Wolfgang, à Amsterdam? C'est ce que nous ne nous hasarderons pas à décider.

263. Melite, || Comedie, || Par || P. Corneille. || Suivant la Copie imprimée || A Paris. || CIↃ.IↃC.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 68 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. A-C.

Édition imprimée par Abraham Wolfgang, à Amsterdam, et qui fait partie de son recueil de 1664. Le titre porte la devise: Quærendo.

On s'étonnera peut-être de nous voir ranger sous la même rubrique les éditions données par les Elzevier ou leurs continuateurs, et les grossières contrefaçons imprimées en France. Les unes ont conservé du prix auprès des amateurs, tandis que les autres ont été tellement négligées qu'il est presque impossible d'en trouver des exemplaires. Malgré la différence vénale qui existe entre les deux espèces d'éditions, nous croyons que, au point de vue littéraire, notre classification s'explique d'elle-même. La valeur des livres sortis des presses elzéviriennes tient presque toujours à leur exécution matérielle et non à la pureté des textes qu'ils nous fournissent. Les Elzevier (et ce que nous disons des Elzevier s'applique également à Wolfgang) étaient de très-habiles marchands et des typographes d'un goût parfait, mais il ne faut pas leur attribuer d'autre mérite. Leurs éditions étaient correctes quand elles étaient revues par un savant; elles étaient fautives, au contraire, quand les épreuves étaient soumises à quelque prote ignorant. On sait depuis longtemps (voy. Pieters, Annales des Elzevier, 2e édit.; Gand. 1858, in-8, pp. xxxv sq.) que les Elzevier n'ont employé que des caractères fondus avec les poinçons du graveur parisien Jacques de Sanlecque et de son fils, mais on serait disposé à leur faire du moins honneur de leur «papier de Hollande». A ce point de vue encore il semble qu'il faille un peu rabattre des éloges qui leur ont été prodigués jusqu'ici. M. H. Lempertz a publié dans ses Bilder-Hefte zur Geschichte des Buchhandels und der mit demselben verwandten Künste und Gewerbe (Köln, 1854 et années suiv., in-fol.) une curieuse lettre adressée d'Amsterdam, à l'abbé Ménage, par Louis et Daniel Elzevier. Cette lettre, datée du 10 mai 1662, commence ainsi:

Monsieur,

«Nous n'avons jusques à steure peu commencer a vos Poemes [Ægidii Menagii Poemata. Quarta editio, auctior et emendatior; Amstelodami, ex officina Elzeviriana, 1663, pet. in-12 de 4 ff. et 327 pp., dont les deux dernières ne sont pas chiffrées] a cause de la multitude des ouvrages qu'avons soubs la presse, d'autre part serions bien aise de l'imprimer sur du papier que Monsr le Goux nous doibt envoyer de Paris, qui est le plus beau qu'ayons jamais veu, de l'envoy duquel il ne nous a pas encore donné advis et à ce sujet nous luy escrivons presentement. Si neantmoins vous estes pressé pour cet ouvrage, nous le commencerons sur de bon papier qu'avons presentement: mais nous aimerions mieux de l'imprimer sur le papier dudit le Goux

Le passage que nous venons de citer peut jusqu'à un certain point diminuer le mérite industriel des imprimeurs hollandais, mais il ne peut qu'augmenter leur réputation commerciale, en montrant le soin qu'ils mettaient à se procurer le meilleur papier sorti des fabriques étrangères. Ce qui leur appartient bien en propre, c'est l'élégance de leur petit format, la netteté de leur impression, en un mot une exécution dont la perfection n'a jamais été surpassée.

II

264. Clitandre, || Tragédie, || Par P. Corneille. || Suivant la Copie imprimée || A Paris. || CIↃ.IↃC.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 60 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. D-F.

Edition imprimée à Amsterdam, par Abraham Wolfgang, et qui fait partie de son recueil de 1664. Le titre porte la devise: Quærendo.

III

265. La || Vefve || ov le || Traistre || trahy || Comedie. || A Paris, || Chez François Targa, au premier || pilier de la grand'Salle du Palais deuant || la Chappelle, au Soleil d'or. || M.DC.XXXV [1635]. || Auec Priuilege du Roy. || Iouxte la copie. In-8 de 16 ff. et 144 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre; 3 pp. pour la dédicace;—4 pp. pour l'avis Au Lecteur; 21 pp. pour les vers en l'honneur de Corneille; 1 f. pour l'Argument et les Acteurs.

Cette contrefaçon, probablement imprimée en Normandie, est une copie assez exacte de l'édition originale. Le titre et le corps du texte ont surtout une grande ressemblance. Nous avons cependant remarqué que dans les pièces à la louange de Corneille, on avait omis celle qui est signée I. G. A. E. P.

Bibliothèque de l'Institut (Q.562 Z.).

266. La Vefve, || Comedie, || Par P. Corneille. || Suivant la Copie imprimée || A Paris. || CIↃ.IↃC.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 76 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. G-K.

Édition publiée à Amsterdam par Abraham Wolfgang, avec la devise: Quærendo sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664.

IV

267. La Galerie || du Palais, || Comedie, || Par || P. Corneille. || Suivant la Copie imprimée || A Paris. || CIↃ.IↃC.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 76 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. L-O.

Édition sortie des mêmes presses que la précédente. Elle fait partie du recueil de 1664.

V

268. La || Svivante, || Comedie. || par || P. Corneille. || Suivant la Copie imprimée || A Paris. || CIↃ.ↃIC.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 67 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. P-R.

Édition exécutée à Amsterdam, comme les précédentes. Elle fait partie du recueil de 1664.

VI

269. La Place || Royalle, || Comedie. || Par || P. Corneille. || Suivant la Copie imprimée || A Paris, || CIↃ.IↃC.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 59 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. S-V.

Édition exécutée par Wolfgang à Amsterdam, avec la devise: Quærendo sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664.

VII

270. Medee || Tragedie. || Par le Sr Corneille. || Sur l'imprimé. || A Paris, || Chez François Targa, au || premier pillier de la grand'Salle || du Palais, deuant la Chapelle, || au Soleil d'or. || M.DC.XXXIX [1639]. || In-12 de 4 ff. et 96 pp.

Contrefaçon exécutée en France, probablement à Caen.

Au titre, un fleuron grossier qui représente une petite tête d'ange, de chaque côté de laquelle se développe une corne d'abondance accompagnée de rinceaux. Le même fleuron se retrouve sur le titre de plusieurs des contrefaçons décrites ci-après (nos 278, 305).

271. Medee || Tragedie, || Par || P. Corneille. || Suivant la Copie imprimée || A Paris || CIↃ.IↃC.LXIV [1664]. Pet. in-12 de 56 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. X-Z.

Édition exécutée par Abraham Wolfgang à Amsterdam, avec la devise: Quærendo sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664.

VIII

272. L'Illvsion, || Comedie, || Par || P. Corneille. || Suivant la Copie imprimée || A Paris. || CIↃ.IↃC.LXIV [1664]. Pet. In-12 de 68 pp. (non compris la fig. ni le titre), sign. Aa-Cc.

Édition imprimée par Abraham Wolfgang à Amsterdam, avec la devise: Quærendo sur le titre. Elle fait partie du recueil de 1664.

IX

273. Le || Cid || Tragi-Comedie. || Nouvelle. || Par || Le Sieur Corneille. || A Leyden, || Chez Guillaume Chrestien, || 1638. Pet. in-12 de 4 ff., 76 pp. et 2 ff. blancs.

Collation des feuillets prélim.: titre avec la marque du libraire représentant un pélican aux pieds duquel on lit la devise suivante: Nil penna sed vsus;—3 pp. pour la dédicace;—2 pp. pour un avis Aux Amateurs de la Langue Françoise,—1 p. pour les Acteurs.

Le texte de cette édition est copié sur le texte de l'édition in-12 de Paris. L'avis du libraire, déjà reproduit par M. Marty-Laveaux, est ainsi conçu:

«Aux Amateurs de la Langue Françoise.

«Messieurs,

«Le soin ou m'engage le desir que j'ay de satisfaire à vos curiosités (m'ayant fait découvrir cette excellente et ravissante piece, entre les nouveaux ouvrages de nos écrivains) m'a porté dans le dessein de la faire mettre souz la presse, pour vous en rendre participans. Je m'y suis de plus senti provoqué par le peu d'exemplaires qui s'en est trouvé en ces pays, et qui sembloit témoigner que la France fût jalouse, que cet œuvre admirable tombât en la main des éstrangers. Sa lecture a charmé l'oreille des Roys de telle sorte, que mémes dans les grands soins qui les environnent, il y en a qui l'ont fait reïterer plusieurs fois; tant ils l'ont estimée digne de leur audience. Aussi n'est-il point d'Eloge assez relevé, qui ne soit au dessous de ses beautés, et ce n'est rien dire d'égal à ses graces, que d'asseurer qu'elles expriment toutes celles qui sont les plus rares en l'Elegance Françoise: qu'elles representent les traits les plus vifs et les plus beaux dont on puisse se servir pour expliquer la gloire des grandes actions d'une ame parfaitement genereuse; et bref que les lire, et les admirer sont presque une mesme chose. Il faudroit imaginer d'autres loüanges, que celles que l'on est accoustumé de donner aux ouvrages les plus accomplis, pour les attribuer a celuy-cy; les conceptions en sont si sublimes, qu'elles ont quelque chose de Divin, et qui va surpassant les efforts de la pensée humaine: en fin son excellence est telle, que vous la comprendrez mieux en le lisant, que je ne vous la puis décrire. Je n'y attache point d'argument, pour ce que l'Autheur n'y en a point fait, et que sa lecture surprendra vôtre esprit avec bien plus de douceur et de plaisir, par la diversité de ses incidens inesperés, que si elle estoit precedée par une connoissance confuse du sujet telle que donneroit un argument, qui ne seroit qu'un abrégé du contenu de toute la piece. Recevez la s'il vous plaist, et si elle vous apporte autant de satisfaction, que j'employe de zele à vous l'offrir, elle y trouvera une recompense assez convenable à ses mérites.

«J. P.»

Vendu: 79 fr. mar. v. (Duru), Giraud, 1855 (no 1633);—75 fr., même exempl., Solar, 1860 (no 1693).

274. Le || Cid || Tragi-Comedie || nouvelle. || Par le Sieur Corneille. || Iouxte la Copie Imprimée. || A Paris, || CIↃ.IↃ;C.XXXVIII [1638]. Pet. in-8 de 95 pp. chiffr. (y compris les 3 ff. prél. non chiffr.), caract. ital.

Au titre, un fleuron avec la tête de Méduse.

«Véritable Elzevier qui se distingue non-seulement par la tête de Méduse que les Elzevier à cette époque employaient encore exclusivement, mais aussi par les caractères qui sont ceux de l'Herodes Infanticida d'Heinsius, du même format, qui porte leur nom; par deux fleurons qu'ils employaient fréquemment alors dans leurs impressions in-8, et dont l'un se trouve dans l'édition de la même tragédie d'Heinsius, et l'autre dans les Gemmulæ linguarum de 1637, qui portent également leur nom; enfin par les lettres grises qui se trouvent au commencement des 1er, 2d et 3e actes; ce sont les mêmes que celles de ces actes dans l'édition qu'ils ont donnée du Cid en 1644, qui fait partie de l'Illustre Théatre de Mons. Corneille, et dont l'origine elzévirienne n'est pas contestée.» Pieters, Annales de l'Impr. des Elzevier, 2e édit., pp. 189, sq.

275. Le || Cid || Tragi-Comedie. || Iouxte la Copie imprimée A Paris. || M.DC.XL [1640]. S. l. In-8 de 87 pp., titre encadré, caract., ital.

Grossière contrefaçon exécutée en France. Nous en avons vu un exemplaire à la librairie Baer, à Paris.

276. Le Cid || Tragicomedie. || Iouxte la copie imprimée || A Paris, || Chez François Targa; || & Augustin Courbé, || au Palais. || M.DC.XXXXI [1641]. In-12 de 96 pp., y compris le titre.

Les mots Iouxte la copie imprimée sont habilement dissimulés dans une espèce de fleuron carré assez grossier.

Cette contrefaçon est mal imprimée et sur mauvais papier.

Vendu: 4 fr. v. m. Giraud, 1855 (no 1634).

Un exemplaire de cette pièce, relié en v. marbr. par Thompson, est coté 15 fr. dans la Description bibliographique des livres composant la Librairie J. Techener (Paris, 1858, 2 vol. in-8), t. IIe, no 10.543; il y est faussement indiqué comme une seconde édition donnée par Corneille.

277. Le Cid, Tragi-Comedie Par le Sieur Corneille. Suivant la Copie imprimée A Paris. M.DC.XLI [1641]. Pet. in-12 de 87 pp. en tout.

Édition imprimée par Bonaventure et Abraham Elzevier à Leyde; elle porte une sphère sur le titre. Pieters, Annales des Elzevier, 2e édit., p. 192.

278. Le Cid || Tragi-Comedie. || Par le Sr Corneille. || Sur l'Imprimé, || A Paris, || Chez Augustin Courbé, Imprimeur || & Libraire de Monsieur Frere du Roy, dans || la petite Salle du Palais, à la Palme. || M.DC.XLIIII [1644]. In-12 de 4 ff. et 88 pp.

Contrefaçon assez mal imprimée, mais dont le papier est meilleur que celui qu'on employait d'ordinaire en pareil cas. Les 4 ff. prélim. sont imprimés en lettres rondes, et contiennent le titre, la dédicace et les noms des Acteurs; le reste du volume est en caractères italiques.—Au titre le fleuron décrit plus haut (no 270).

Le texte de la troisième des strophes du Cid, nous prouve, comme le fait déjà supposer la simple inspection du titre, que l'imprimeur a suivi un exemplaire de l'édition in-4 de 1637 (no 9 A).

Bibliothèques de M. Didot et de M. Lormier, de Rouen.

279. Le || Cid, || Tragi-Comedie || Par || Monsr Corneille. || Suivant la Copie imprimée || A Paris. || M.DC.XLIV [1644]. Pet. in-12 de 87 pp. (y compris 3 ff. prélim., non chiffr.), sign. A-D.

Édition imprimée à Leyde, par Bonaventure et Abraham Elzevier; elle fait partie de l'Illustre Théatre de 1644. Le texte est celui des éditions in-12 de Paris.

Il existe sous la même date et avec le même titre deux éditions très-différentes. Celle qui est évidemment la première est ornée au 2e f., au-dessus de la dédicace A Madame de Combalet, du fleuron à la sirène; dans l'édition B, on voit à la même place le fleuron bien connu à la tête de buffle. Au verso du 3e f. prélim., on lit dans A: ACTEVRS et dans B: ACTEURS. Nous avons trouvé des exemplaires de l'une et de l'autre édition dans des recueils qui ont figuré à la vente Benzon, en 1875 (no 247 et 248 du Catalogue).

«Le catalogue officinal de 1644 fait en outre mention d'une petite édition du Cid de Corneille, in-24, qu'il cote 6 s. de Hollande, et que jusqu'ici je n'ai encore rencontrée ni vu citer que là.» Pieters, Annales des Elzevier, 2e édit., p. 192.

280. Le Cid, || Tragedie. || Iouxte la copie imprimée. || A Paris, || Chez François Targa, || & || Augustin Courbé, || au Palais. || M.DC.LI [1651]. In-12 de 10 (?) ff. prélim. et 120 pp.

Collation des feuillets prélim.: titre, dont le milieu est occupé par une espèce de fleuron dans lequel les mots Iouxte la copie imprimée sont habilement dissimulés;—2 ff. pour la dédicace;—1 f. blanc? (ce feuillet manque à l'exemplaire que nous avons sous les yeux, et les 3 premiers ff. prélim. y sont placés les derniers, par une erreur évidente);—6 ff. pour les extraits des auteurs espagnols et les noms des Acteurs.

Cette contrefaçon, médiocrement imprimée, fait partie du recueil de 1652, que nous décrivons au chapitre VIIIe. Le texte en est assez peu correct, comme on peut eu juger par la 3e strophe de Rodrigue où les deux dernières leçons se trouvent confondues au point de produire un vers faux:

Pere, maistresse, honneur, amour,

Impitoyable loy, aymable tyrannie, etc.

281. Le || Cid || Tragi-Comedie. || Par Monsr Corneille. || Suiuant la Copie imprimée || A Paris, || CIↃ.IↃC.LI [1651]. Pet. in-12 de 63 pp. et 1 f. blanc, sign. A-D.