1—page 7—... parleurs terribles, etc...

Ὅσον ἄχρηστον ποιῆσαι τὸ λοιπὸν, Strab., l. IV, ap. Scr. R. Fr. I, 30.—Remarquons combien les anciens ont été frappés de l'instinct rhéteur et du caractère bruyant des Gaulois. Nata in vanos tumultus gens (Tit. Liv. à la prise de Rome).—Les crieurs publics, les trompettes, les avocats, étaient souvent Gaulois. Insuber, id est, mercator et præco. Cic. Fragm. or. contra Pisonem.—Voyez aussi tout le discours Pro Fonteio.—Pleraque Gallia duas res industriosissime persequitur, virtutem bellicam et argutè loqui. (Cato). Ἁπειληαι, χαὶ ἀνατατιχοὶ, χαὶ τετραγωδημένοι. Diodor. Sic., lib. IV.

2—page 9—... dissolus par légèreté...

Diodor. Sicul., l. V, ap. Scr. Fr., I, 310.—Strab., l. IV.—Athen., l. XIII, c. VIII.—Nous trouvons plus tard, chez les Celtes de l'Irlande et de l'Angleterre, quelque trace des mœurs dissolues de la Gaule antique. Le docteur Leland, t. I, p. 14, dit que les Irlandais regardaient l'adultère comme «une galanterie pardonnable». O'Halloran, I, 394.—Lanfranc, saint Anselme et le pape Adrien, dans son fameux bref à Henri II, leur reprochent l'inceste.—Voy. Usser., Syl. epis., 70, 94, 95.—Saint Bernard, in Vit. S. Malach., 1932, sqq. Girald. Cambr., 742, 743.

3—page 12—... des Kymry (Cimmerii?)...

Appien (Illyr., p. 1196, et de B. civ., I, p. 625) et Diodore (lib. V, p. 309) disent que les Celtes étaient Cimmériens.—Plutarque (in Mario) fait entendre la même chose.—«Les Cimmériens, dit Éphore (apud Strab., V, p. 375), habitent des souterrains qu'ils appellent argillas.» Le mot argel veut dire souterrain, dans les poésies des Kymry de Galles (W. Archaiol., I, p. 80, 152).—Les Cimbres juraient par un taureau. Les armes de Galles sont deux vaches.—Plusieurs critiques allemands distinguent toutefois les Cimmériens des Cimbres, et ceux-ci des Kymry. Ils rattachent les Cimbres à la race germanique.

4—page 16—... des Belges...

La fougue, la promptitude et la mobilité des résolutions caractérisent également les Bolg d'Irlande, de Belgique et de Picardie (Bellovaci, Bolci, Bolgæ, Belgæ, Volci, etc), et ceux du midi de la France, malgré les mélanges divers de races.

Les Belges, dans les anciennes traditions irlandaises, sont désignés par le nom de Fir-Bholg. Ausone (de Clar. Urb. Narbo.,) témoigne que le nom primitif des Tectosages était Bolg: «Tectosagos primævo nomine Bolgas.» Cicéron leur donne celui de Belgæ: «Belgarum Allobrogumque testimoniis credere non timetis?» (Pro Man. Fonteio). Les manuscrits de César portent indifféremment Volgæ ou Volcæ.—Enfin saint Jérôme nous apprend que l'idiome des Tectosages était le même que celui de Trèves, ville capitale de la Belgique. Am. Thierry, I, 131.

5—page 17Leur brenn leur recommanda, etc...

Ses derniers avis furent suivis pour ce qui regardait les blessés, car le nouveau brenn fit égorger dix mille hommes qui ne pouvaient soutenir la marche; mais il conserva la plus grande partie des bagages.—Diod. Sic., XXII, 870.—S'il y avait des enfants qui parussent plus gras que les autres, ou nourris d'un meilleur lait, les Gaulois, dans l'invasion de Grèce, buvaient leur sang et se rassasiaient de leur chair. Pausanias, l. X, p. 650.—Après le combat, les Grecs donnèrent la sépulture à leurs morts; mais les Kymro-Galls n'envoyèrent aucun héraut redemander les leurs, s'inquiétant peu qu'ils fussent enterrés ou qu'ils servissent de pâture aux bêtes fauves et aux vautours. Pausan., l. X, p. 619.—À Égée, ils jetèrent au vent les cendres des rois de Macédoine. Plut., Pyrrh., Diod. ex Val.—Lorsque le brenn eut connu, par les rapports des transfuges, le dénombrement des troupes grecques, pleins de mépris pour elles, il se porta en avant d'Héraclée, et attaqua les défilés, dès le lendemain, au lever du soleil, «sans avoir consulté sur le succès futur de la bataille, remarque un écrivain ancien, aucun prêtre de sa nation, ni, à défaut de ceux-ci, aucun devin grec.» Pausan., liv. X, p. 648. Am. Thierry, passim.—Le brenn dit, à Delphes: «Locupletes deos largiri hominibus oportere... eos nullis opibus egere, ut qui eas largiri hominibus soleant.» Justin, XXIV, 6.

6—19—Les Ligures...

Florus II, 3, trad. de M. Ragon.—La vigueur des Liguriens faisait dire proverbialement: Le plus fort Gaulois est abattu par le plus maigre Ligurien. Diod., V, 39. Voy. aussi liv. XXXIX, 2. Strabon, IV. Les Romains leur empruntèrent l'usage des boucliers oblongs, scutum ligusticum. Liv. XLIV, 35. Leurs femmes, qui travaillaient aux carrières, s'écartaient un instant quand les douleurs de l'enfantement les prenaient, et après l'accouchement elles revenaient au travail. Strabon, III. Diod. IV. Les Liguriens conservaient fidèlement leurs anciennes coutumes, par exemple, celle de porter de longs cheveux. On les appelait Capillati.—Caton dit dans Servius: «Ipsi unde oriundi sint exactâ memoriâ, illiterati, mendaces, quæ sunt et vera minùs meminêre.» Nigidius Figulus, contemporain de Varron, parle dans le même sens.

7—page 36Marius enivré de sa victoire sur les barbares...

Valer. Max., l. III, c. VII.—Sallust. de B. Jug., ad. calc: «Ex eâ tempestate spes atque opes civitatis in illo sitæ.»—Vell. Paterc, l. II, c. XII: «Videtur meruisse.... ne ejus nati rempublicam pœniteret.»—Florus, l. III, c. III: «Tam lætum tamque felicem liberatæ Italiæ assertique imperii nuntium..... populus Romanus accepit per ipsos, si credere fas est, deos, etc.»—Plut., in Mario.

8—page 38Le terrible Kirk, etc...

Kirk. Maxim. Tyr., Serm. 18.—Senec., Quæst. nat., l. V, c. XVII.—Posidon., ap. Strab., l. IV.—P. Oros., l. V, c. XVI. Greg. Turon, de Glor. confess., c. V. Dans le moine de Saint-Gall, Circinus est synonyme de Boreas.—Taranis. Lucan., l. I.—Vosège. Inscript. Grut., p. 94.—Pennin, liv. XXI, c. XXXVIII.—Ardoinne, Inscript. Grut.—Genio Arvernorum. Reines., app. 5.—Bibracte, Inscr. ap. Scr. rer. Fr., I, 24.—Nemausus. Grut., p. 111. Spon., p. 169.—Aventia. Grut., p. 110.—Belenus. Auson., carm. II.—Tertull., Apolog. c. XXIV.—Hesus. Dans un bas-relief trouvé sous l'église de Notre-Dame de Paris, en 1711, on voit Hésus couronné de feuillage, à demi-nu, une cognée à la main, et le genou gauche appuyé sur un arbre qu'il coupe.—Ogmius. L'écriture sacrée des Irlandais s'appelait Ogham. Voy. Toland O'Halloran, et Vallancey et Beaufort, dans les Collectanea de Rebus Hibernicis, etc.

9—page 41L'œuf de serpent...

Cet œuf prétendu paraît n'avoir été autre chose qu'une échinite, ou pétrification d'oursin de mer.

Durant l'été, dit Pline, on voit se rassembler dans certaines cavernes de la Gaule des serpents sans nombre, qui se mêlent, s'entrelacent, et avec leur salive, jointe à l'écume qui suinte de leur peau, produisent cette espèce d'œuf. Lorsqu'il est parfait, ils l'élèvent et le soutiennent en l'air par leurs sifflements; c'est alors qu'il faut s'en emparer avant qu'il ait touché la terre. Un homme, aposté à cet effet, s'élance, reçoit l'œuf dans un linge, saute sur un cheval qui l'attend, et s'éloigne à toute bride, car les serpents le poursuivent jusqu'à ce qu'il ait mis une rivière entre eux et lui. Il fallait l'enlever à une certaine époque de la lune; on l'éprouvait en le plongeant dans l'eau; s'il surnageait, quoique entouré d'un cercle d'or, il avait la vertu de faire gagner les procès et d'ouvrir un libre accès auprès des rois. Les druides le portaient au cou, richement enchâssé, et le vendaient à très haut prix.

10—page 45Lorsque César envahit la Gaule...

Sur les révolutions de la province romaine, entre Marius et César, voyez Am. Thierry. Une grande partie de l'Aquitaine suivit l'exemple de l'Espagne, et se déclara pour Sertorius; c'est de la Gaule que Lépidus envahit l'Italie. Mais le parti de Sylla l'emporta. L'Aquitaine fut réduite par Pompée. Il y fonda des colonies militaires à Toulouse, à Biterræ (Béziers), à Narbonne (an 75), et réunit tous les bannis qui infestaient les Pyrénées dans sa nouvelle ville de Convenæ (réunion d'hommes rassemblés de tous pays); c'est Saint-Bertrand de Comminges. Le principal agent des violences du parti de Sylla en Gaule avait été un Fonteius, que Cicéron trouva moyen de faire absoudre. (Voy. le Pro Fonteio.) La Gaule romaine eut tant à souffrir que les députés des Allobroges furent au moment d'engager leur patrie dans la conjuration de Catilina. Voy. mon Histoire romaine.

11—page 46, noteVer-go-breith...

Cæs., l. I, c. XVI. «Vergobretum, qui creatur annuus et vitæ necisque in suos habet potestatem.»—L. VII, XXXIII. «Legibus Æduorum iis qui summum magistratum obtinerent, excedere ex finibus non liceret... quùm leges duo ex unâ familiâ, vivo utroque, non solùm magistratus creari vetarent, sed etiam in senatu esse prohiberent.»—L. V, c. VII. «Esse ejusmodi imperia, ut non minùs haberet juris in se (regulum?), multitudo, quàm se in multitudine...» et passim.

12—page 62Villes Juliennes, Augustales...

César établit des vétérans de la 10e légion à Narbonne, qui prit alors les surnoms de Julia, Julia Palerna, colonia Decumanorum. Inscript. ap. Pr. de l'Hist. du Languedoc.—Arles, Julia, Paterna Arelate.—Biterræ, Julia Biterra. Scr. fr. I, 135.—Bibracte, Julia Bibracte, etc.—Sous Auguste, Nemausus joignit à son nom celui d'Augusta, et prit le titre de colonie romaine. Il en fut de même d'Alba Augusta chez les Helves; d'Augusta, chez les Tricastins.—Augusto nemetum devint la capitale des Arvernes.—Noviodunum prit le nom d'Augusta; Bibracte, d'Augustodunum, etc. Am. Thierry, III, 281.

13—page 73Combien la Gaule était déjà romaine... Strab., l. IV: «Rome soumit les Gaulois bien plus aisément que les Espagnols.»—Discours de Claude, ap. Tacit., Annal. II, c. XIV: «Si cuncta bella recenseas, nullum breviore spatio quàm adversùs Gallos confectum: continua inde ac firma pax.»—Hirtius ad Cæs., l. VIII, c. XLIX: «Cæsar... defessam tot adversis præliis Galliam, conditione parendi meliore, facile in pace continuit.»—Dio C., l. LII, ap. Scr. R. Fr. I, p. 520: «Auguste défendit aux sénateurs de sortir de l'Italie sans son autorisation; ce qui s'observe encore aujourd'hui; aucun sénateur ne peut voyager, si ce n'est en Sicile ou en Narbonnaise.»

14—page 73Marseille, cette petite Grèce...

Strab., l. IV, ap. Scr. Fr. I, 9. «Cette ville avait rendu les Gaulois tellement philhellènes, qu'ils écrivaient en grec jusqu'aux formules des contrats, et aujourd'hui elle a persuadé aux Romains les plus distingués de faire le voyage de Massalie, au lieu du voyage d'Athènes.»—Les villes payaient sur les revenus publics des sophistes et des médecins. Juvénal: «De conducendo loquitur jam rhetore Thule.»—Martial (l. VII, 87) se félicite de ce qu'à Vienne les femmes même et les enfants lisent ses poésies.—Les écoles les plus célèbres étaient celles de Marseille, d'Autun, de Toulouse, de Lyon, de Bordeaux. Ce fut dans cette dernière que persista le plus longtemps l'enseignement du grec.

15.—page 73—... cette petite Grèce, plus sobre et plus modeste que l'autre...

Strab., ibid. «Chez les Marseillais, on ne voit point de dot au-dessus de cent pièces d'or; on n'en peut mettre plus de cinq à un habit, et autant pour l'ornement d'or.»-Tacit. Vit. Agricol., c. IV: «Arcebat eum (Agricolam) ab inlecebris peccantium, præter ipsius bonam integramque naturam, quôd statim parvulus sedem ac magistram studiorum Massiliam habuerit, locum græcâ comitate et provinciali parcimoniâ mixtum ac bene compositum.» On trouve dans Athénée, l. XII, c. V, un proverbe qui semble contredire ces autorités (πλεύσαις εἰς Μασσαλιαν).

16—page 77Posthumius... le restaurateur des Gaules...

Zozim., l. I.—P. Oros., liv. VII: «Invasit tyrannidem, multo quidem reipublicæ commodo.»—Trebell. Pollio, ad. ann. 260: Posthumius... Gallias ab omnibus circumfluentibus barbaris validissime vindicavit.—Nimius amor ergà Posthumium omnium erat in Gallicâ gente populorum, quôd submotis omnibus germanicis gentibus, romanum in pristinam securitatem revocasset imperium. Ab omni exercitu et ab omnibus Gallis Posthumius gratanter acceptus talem se præbuit per annos septem, ut Gallias instauraverit.»—On lit sur une médaille de Posthumius: RESTITUTORI GALLIÆ. Script. Fr. I, 538.

17—page 78Les provinces respirèrent sous ces princes cruels...

Tibère. Dans l'affaire de Sérénus, Tibère se déclara pour les accusateurs, contrà morem suum. Tacite, Annal., l. IV, c. XXX.—«Accusatores, si facultas incideret, pœnis afficiebantur.» L. VI, c. XXX.—Les biens d'un grand nombre d'usuriers ayant été vendus au profit du fisc: «Tulit opem Cæsar, disposito per mensas millies sestertio, factâque mutuandi copiâ sine usuris per triennium, si debitor populo in duplum prædiis cavisset. Sic refecta fides.» Annal., liv. VI, c. XVII.—«Præsidibus onerandas tributo provincias suadentibus rescripsit: Boni pastoris esse tondere pecus, non deglubere.» Sueton. in Tiber., c. XXXII.—«Principem præstitit, et si varium, commodiorem tamen sæpius, et ad utilitates publicas proniorem. Ac primo eatenus interveniebat, ne quid perperam fieret... Et si quem reorum elabi gratiâ rumor esset, subitus aderat, judicesque... religionis et noxæ de quâ cognoscerent, admonebat: atque etiam si qua in publicis moribus desidiâ aut malâ consuetudine labarent, corrigenda suscepit.» C. XXXIII.-«Ludorum ac munerum impensas corripuit, mercedibus scenicorum rescissis, paribusque gladiatorum ad certum numerum redactis..; adhibendum supellectili modum censuit. Annonamque macelli, senatûs arbitratu, quotannis temperandam, etc.—Et parcimoniam publicam exemplo quoque juvit.» C. XXXIV.—«Neque spectacula omnino edidit.» C. XLVII.—«In primis tuendæ pacis à grassaturis ac latrociniis seditionumqne licentiâ, curam habuit, etc.»—«Abolevit et jus moremque asylorum, quæ usquam erant.» C. XXXVII.

Néron. «Non defuerunt qui per longum tempus vernis æstivisque floribus tumulum ejus ornarent, ac modo imagines prætextatas in Rostris præferrent, modo edicta, quasi viventis, et brevi magno inimicorum malo reversuri. Quin etiam Vologesus, Parthorum rex, missis ad senatum legatis de instaurandâ societate, hoc etiam magnopere oravit, ut Neronis memoria coleretur. Denique cùm post viginti annos exstitisset conditionis incertæ, qui se Neronem esse jactaret, tam favorabile nomen ejus apud Parthos fuit, ut vehementer adjutus, et vix redditus sit.» Suet., in Nerone, c. LVII.

18—page 80Les empereurs rendaient eux-mêmes la justice...

Tibère. «Petitum est a principe cognitionem exciperet: quod ne reus quidem abnuebat, studia populi et patrum metuens: contra, Tiberium spernendis rumoribus validum... veraque... judice ab uno facilius discerni: odium et invidiam apud multos valere... Paucis familiarium adhibitis, minas accusantium, et hinc preces audit, integramque causam ad senatum remittit. Tacit.» Annal., III, c. X.

«Messalinus... à primoribus civitatis revincebatur: iisque instantibus ad imperatorem provocavit.» Tacit. Annal., l. VI, c. V.—«Vulcatius Tullinus, ac Marcellus, senatores, et Calpurnius, eques romanus, appellato principe instantem damnationem frustrati.» Ibid., l. XII, c. XXVIII.—Deux délateurs puissants, Domitius Afer et P. Dolabella, s'étant associés pour perdre Quintilius Varus, «restitit tamen senatus et opperiendum imperatorem censuit, quod unum urgentium malorum suffugium in tempus erat.» Ibid., liv. IV, c. LXVI.

Claude. Alium interpellatum ab adversariis de propriâ lite, negantemque cognitionis rem, sed ordinarii juris esse, agere causam confestim apud se coegit, proprio negotio documentum daturum, quàm æquus judex in alieno negotio futurus esset.» Sueton., in Claudio, c. V.

Domitien. «Jus diligenter et industrie dixit, plerumque et in foro pro tribunali extra ordinem ambitiosas centumvirorum sententias recidit.» Suet. in Dom., c. VIII.

19—page 85Lutte meurtrière entre le fisc et la population...

Lactant. de M. persecut. c. VII, 23. «Adeo major esse cœperat numerus accipientium quàm dantium... Filii adversus parentes suspendebantur...»—Une sorte de guerre s'établit entre le fisc et la population, entre la torture et l'obstination du silence. «Erubescit apud eos, si quis non inficiando tributa, in corpore vibices ostendat.» Ammian. Marc., in Comment. Cod. Theod., lib. XI, tit. 7, leg. 3a.

20—page 85Sous le nom de Bagaudes...

Prosper Aquit., in Chronic: «Omnia penc Galliarum servitia in Bagaudam conspiravêre.»—Ducange, vo Bagaudæ, Bacaudæ, ex Paul. Oros., l. VII, c. XV; Eutrop., lib. IX; Hieronymus in Chronico Euseb.: «Diocletianus consortem regni Herculium Maximianum assumit, qui, rusticorum multitudine oppressa, quæ factioni suæ Bacaudarum nomen indiderat, pacem Gallis reddit.» Victor Scotti: «Per Galliam excita manu agrestium ac latronum, quos Bagaudas incolæ vocant, etc.» Pæanius Eutropii interpres Gr.: «Στασιάζοντος δὲ ἐν Γάλλοις τοῦ ἀγροιχιχοῦ, χαὶ Βαχαύδας χαλοῦντας τοὺς συνχροτηθέντας, ὄνομα δὲ ἔστι τοῦτο τυράννους δηλοῦν ἐπιχωρίους...» Βαγεύειν est vagari apud Suidam. At cùm Gallicam vocem esse indicet Aurelius Victor, quid si à Bagat, vel Bagad, quæ vox Armoricis et Wallis, proinde veteribus Gallis, turmam sonat, et hominum collectionem?—Catholicum Armoricum: «Bagat, Gall., assemblée, multitude de gens, troupeau.—Cæterum Baogandas, seu Baogaudas habet prima Salviani editio, ann. 1530.—Baugaredos vocat liber de Castro Ambasiæ, num. 8. Baccharidas, Idacius in Chronico, in Diocletiano.—Non desunt, qui Parisienses vulgo Badauts per ludibrium appellant, tanquam à primis Bagaudis ortum duxerint.—Turner, Hist. of A. I. Bagach, in Irish, is war-like. Bagach, in Erse, is fighting.—Bagad, in Welsh, is multitude.—Saint-Maur-des-Fossés, près Paris, s'appelait le château des Bagaudes. Voy. Vit. S. Baboleni.

21—page 86Constantin, né en Bretagne...

Schæpflin adopte cependant une autre opinion. V. sa dissertation: Constantinus Magnus non fuit Britannicus. Bâle, 1741, in-4o.

22—page 87Lois de Constantin...

«Cessent jam nunc rapaces officialium manus...» Lex Constantini in Cod. Theod., lib. I, tit. VII, leg. 1a.—Si quis est cujuscumque loci, ordinis, dignitatis, qui se in quemcumque judicum, comitum, amicorum, vel palatinorum meorum, aliquid... manifeste probare posse confidit, quod non integre, atque juste gessisse videatur, intrepidus et securus accedat; interpellet me, ipse audiam omnia;... si probaverit, ut dixi, ipse me vindicabo de eo, qui me usque ad hoc tempus simulatâ integritate deceperit. Illum autem, qui hoc prodiderit, et comprobaverit, in dignitatibus et rebus augebo.» (Ex lege Constantini in Cod. Theod., lib. I, tit. I, leg. 4a.)—«Si pupilli, vel viduæ, aliique fortuno injuriâ miserabiles, judicium nostræ serenitatis oraverint, præsertim cùm alicujus potentiam perhorrescant, cogantur eorum adversarii examini nostro suî copiam facere.» Ex lege Constantini, lib. I, tit. leg. 2a.—«A sextâ indictione... ad undecimam nuper transactam, tàm curiis, quàm possessori... reliqua indulgemus: ita ut quæ in istis viginti annis... sive in speciebus, sive pecuniâ... debentur, nomine reliquorum omnibus concedantur: nihil de his viginti annis speret publicorum cumulus horreorum, nihil arca amplissimæ præfecturæ, nihil utrumque nostrum ærarium.» Constantini in Cod. Theod., lib. XI, tit. XXVIII, leg. 16a.—«Quinque annorum reliqua nobis remisisti», dit Eumène à Constantin. (V. Ammian. Marc. in Comm. Cod. Theod., lib. XI, tit. XXVIII, leg. 1a.)

23—page 87.—Tantôt la loi essayait de protéger le colon contre le propriétaire... tantôt elle le livrait...

«Quisquis colonus plus a domino exigitur, quàm ante consueverat et quam in anterioribus temporibus exactum est, adeat judicem... et facinus comprobet: ut ille qui convincitur ampliùs postulare, quàm accipere consueverat, hoc facere in posterum prohibeatur, prius reddito quod superexactione perpetratâ noscitur extorsisse.» (Constant, in Cod. Justinian., lib. XI, tit. XLIX.)

«Apud quemcumque colonus juris alieni fuerit inventus, is non solùm eumdem origini suæ restituat... ipsos etiam colonos, qui fugam meditantur, in servilem conditionem ferro ligari conveniet, ut officia quæ liberis congruunt, merito servilis condemnationis compellantur implere». Ex lege Constantini in Cod. Theod., lib. V, leg. 9a, l. I.—«Si quis colonus originalis, vel inquilinus, ante triginta annos de possessione discessit, neque ad solum genitale... repetitus est, omnis ab ipso, vel a quo forte possidetur, calumnia penitus excludatur...» Ex lege Hon. et Theod. in Cod. Theod., lib. V, tit. X, leg. 1a.—«In causis civilibus hujusmodi hominum generi adversus dominos, vel patronos aditum intercludimus, et vocem negamus (exceptis superexactionibus in quibus retro principes facultatem eis super hoc interpellandi præbuerunt).» Arc. et Hon., in Cod. Justin., lib. XI, tit. XLIX.—«Si quis alienum colonum suscipiendum, retinendumve crediderit, duas auri libras ei cogatur exsolvere, cujus agros transfugâ cultore vacuaverit: ita ut eumdem cum omni peculio suo et agnitione restituat». Theod. et Valent., in Cod. Just., lib. XI. tit. LI, leg. 1a.

La loi finit par identifier le colon à l'esclave: «Le colon change de maître avec la terre vendue.» Valent. Theod. et Arc., in Cod. Justin., lib. XI, tit. XLIX, leg. 2a.—Cod. Just., LI. «Que les colons soient liés par le droit de leur origine, et bien que, par leur condition, ils paraissent des ingénus, qu'ils soient tenus pour serfs de la terre sur laquelle ils sont nés.»—Cod. Justin., tit. XXXVII. «Si un colon se cache ou s'efforce de se séparer de la terre où il habite, qu'il soit considéré comme ayant voulu se dérober frauduleusement à son patron, ainsi que l'esclave fugitif.» Voyez le Cours de Guizot, t. IV.—M. de Savigny pense que leur condition était, en un sens, pire que celle des esclaves; car il n'y avait, à son avis, aucun affranchissement pour les colons.

24.—page 88—... la morale sacrifiée à l'intérêt de la population...

Par la loi Julia, le cœlebs ne peut rien recevoir d'un étranger, ni de la plupart de ses affines, excepté celui qui prend «concubinam, liberorum quærendorum causâ».

25—page 88Probus, etc..., transplantèrent des Germains pour cultiver la Gaule...

Probi Epist. ad senatum, in Vopisc. «Arantur Gallicana rura barbaris bobus, et juga germanica captiva præbent nostris colla cultoribus.»

Voyez Aurel. Vict., in Cæsar.—Vopisc. ad ann. 281.—Eutrop. lib. IX.—Euseb. Chronic.—Sueton., in Domit., c. VII.

Eumen., Panegyr. Constant.: «Sicut tuo, Maximiane Auguste, nutu Nerviorum et Treverorum arva jacentia letus postliminio restitutus, et receptus in leges Francus excoluit: ita nunc per victorias tuas, Constanti Cæsar invicte, quidquid infrequens Ambiano et Bellovaco et Tricassino solo Lingonicoque restabat, barbaro cultoro revirescit...» etc.

26—page 89Les Curiales...

Cod. Theod., l. X, t. XXXI. «Non ante discedat quàm, insinuato judici desiderio, proficiscendi licentiam consequatur.»

Ibid., l. XII, t. XVIII. «Curiales omnes jubemus interminatione moneri, ne civitates fugiant aut deserant, rus habitandi causâ; fundum quem civitati prætulerint scientes fisco esse sociandum, eoque rure esse carituros, cujus causâ impios se, vitando patriam, demonstrarint.»

L. si cohortalis 30. Cod. Theod., l. VIII, t. IV. «Si quis ex his ausus fuerit affectare militiam... ad conditionem propriam retrahatur.—Cette disposition désarmait tous les propriétaires.

«Quidam ignaviæ sectatores, desertis civitatum muneribus, captant solitudines ac secreta...» L. quidam 63, Cod. Theod., l. XII, t. I.—«Nec enim eos aliter, nisi contemptis patrimoniis, liberamus. Quippe animos divinâ observatione devinctos non decet patrimoniorum desideriis occupari.» L. curiales, 104, ibid.

27—page 90Le désert s'étendit chaque jour...

Constantini, in Cod. Justin., l. XI, t. LVIII, lex. l. «Prædia deserta decurionibus loci cui subsunt assignari debent, cum immunitate triennii.»

«Honorii indulgentiâ Campaniæ tributa, aliquot jugerum velut desertorum et squalidorum... Quingena viginti octo millia quadraginta duo jugera, quæ Campania provincia, juxta inspectorum relationem et veterum monumenta chartarum, in desertis et squalidis locis habere dignoscitur, iisdem provincialibus concessimus, et chartas superfluæ descriptionis cremari censemus.» Arc. et Hon., in Cod. Theod., lib. XI, tit. XXVIII, l. II.

28—page 90Gratien, etc... hasardèrent des assemblées...

En 382, une loi porta: «Soit que toutes les provinces réunies délibèrent en commun, soit que chaque province veuille s'assembler en particulier, que l'autorité d'aucun magistrat ne mette ni obstacle ni retard à des discussions qu'exige l'intérêt public.» L. sive integra, 9, Cod. Theod., l. XX, t. XII. Voyez Raynouard, Histoire du Droit municipal en France, I, 192.

Voici les principales dispositions de la loi de 418:—I. L'assemblée est annuelle.—II. Elle se tient aux ides d'août.—III. Elle est composée des honorés, des possesseurs et des magistrats de chaque province.—IV. Si les magistrats de la Novempopulanie et de l'Aquitaine, qui sont éloignées, se trouvent retenus par leurs fonctions, ces provinces, selon la coutume, enverront des députés.—V. La peine contre les absents sera de cinq livres d'or pour les magistrats, et de trois pour les honorés et les curiales.—VI. Le devoir de l'assemblée est de délibérer sagement sur les intérêts publics. Ibid., p. 199.

29—page 90Le peuple implorait l'invasion des barbares...

Mamertin., in Panegyr. Juliani: «Aliæ, quas a vastitate barbaricâ terrarum intervalla distulerant, judicum nomine a nefariis latronibus obtinebantur ingenua indignis cruciatibus corpora (lacerabantur); nemo ab injuriâ liber... ut jam barbari desiderarentur, ut præoptaretur a miseris fortuna captorum.»—P. Oros... «Ut inveniantur quidam Romani, qui malint inter barbaros pauperem libertatem, quàm inter Romanos tributariam servitutem.»—Salvian. de Provid., l. V. «Malunt enim sub specie captivitatis vivere liberi, quàm sub specie libertatis esse captivi... nomen civium Romanorum aliquando... magno æstimatum... nunc ultro repudiatur.—Sic sunt... quasi captivi jugo hostium pressi: tolerant supplicium necessitate, non voto: animo desiderant libertatem, sed summam sustinent servitutem. Leviores his hostes, quàm exactores sunt, et res ipsa hoc indicat; ad hostes fugiunt, ut vim exactionis evadant. Una et consentiens illic Romanæ plebis oratio, ut liceat eis vitam... agere cum barbaris... Non solum transfugere ab eis ad nos fratres nostri omnino nolunt, sed ut ad eos confugiant, nos relinquunt; et quidam mirari satis non possunt, quod hoc non omnes omnino faciunt tributarii pauperes... nisi quod una causa tantum est, quâ non faciunt, quia transfere illuc... habitatiunculas familiasque non possunt; nam cùm plerique eorum agellos ac tabernacula sua deserant, ut vim exactionis evadant... Nonnulli eorum... qui... fugati ab exactoribus deserunt... fundos majorum expetunt, et coloni divitum fiunt.»—V. aussi, dans Priscus, l'Histoire d'un Grec réfugié près d'Attila.

30—page 92La primatie de Rome commence à poindre...

Au commencement du cinquième siècle, Innocent Ier avance quelques timides prétentions, invoquant la coutume et les décisions d'un synode. (Epist. 2: «Si majores causæ in medium fuerint devolutæ, ad sedem apostolicam, sicut synodus statuit et beata consuetudo exigit, post judicium episcopale referantur.—Epist. 29: Patres non humanâ sed divinâ decrevere sententiâ, ut quidquid, quamvis de disjunctis remotisque provinciis ageretur, non prius ducerent finiendum, nisi ad hujus sedis notitiam pervenirent).»—On disputait beaucoup sur le sens du célèbre passage: Petrus es, etc., et saint Augustin et saint Jérôme ne l'interprétaient pas en faveur de l'évêché de Rome. (Augustin, de divers. Serm., 108. Id., in Evang. Joan., tract. 124.—Hieronym., in Amos, 6, 12. Id. adv. Jovin., l. I). Mais saint Hilaire, saint Grégoire de Nysse, saint Ambroise, saint Chrysostome, etc., se prononcent pour la prétention contraire. À mesure qu'on avance dans le cinquième siècle, on voit peu à peu tomber l'opposition; les papes et leurs partisans élèvent plus haut la voix (Concil., Ephes. ann. 431, actio III.—Leonis I, Epist. 10: «Divinæ cultum religionis ita Dominus instituit, ut veritas per apostolicam tubam in salutem universitatis exiret... ut (id officium) in B. Petri principaliter collocaret.—Epist. 12: Curam quam universis ecclesiis principaliter ex divinâ institutione debemus, etc., etc.»—Enfin Léon-le-Grand prit le titre de chef de l'Église universelle (Leonis I epist., 103, 97).

31—page 92Le premier exemple du travail accompli par des mains libres...

Régula S. Bened., c. 48: Otiositas inimica est animæ... «L'oisiveté est ennemie de l'âme: aussi les frères doivent être occupés, à certaines heures, au travail des mains; dans d'autres, à de saintes lectures.»—Après avoir réglé les heures du travail, il ajoute: «Et si la pauvreté du lieu, la nécessité ou la récolte des fruits tient les frères constamment occupés, qu'ils ne s'en affligent point, car ils sont vraiment moines s'ils vivent du travail de leurs mains, ainsi qu'ont fait nos pères et les apôtres.»

Ainsi, aux Ascètes de l'Orient, priant solitairement au fond de la Thébaïde, aux Stylites, seuls sur leur colonne, aux Εὐχίται errants, qui rejetaient la loi et s'abandonnaient à tous les écarts d'un mysticisme effréné, succédèrent en Occident des communautés attachées au sol par le travail. L'indépendance des cénobites asiatiques fut remplacée par une organisation régulière, invariable; la règle ne fut plus un recueil de conseils, mais un code.

32—page 93Le druidisme proscrit s'était réfugié dans le peuple...

Ælianus Spartianus, in Pescenn. Nigro. Vopisc, in Numeriano: «Cùm apud Tungros in Galliâ, quâdam in cauponâ moraretur, et cum druide quâdam muliere rationem convictûs sui quotidiani faceret, at illa diceret: Diocletiane, nimium avarus, nimium parcus es; joco, non serio, Diocletianum respondisse fertur: Tunc ero largus, cùm imperator fuero. Post quod verbum druida dixisse fertur: Diocletiane, jocari noli: nam imperator eris, cùm Aprum occideris.—Id. in Diocletiano, Dicebat (Diocletianus) quodam tempore Aurelianum Gallicanas consuluisse druidas, sciscitantem utrum apud ejus posteros imperium permaneret: tùm illas respondisse dixit: Nullius clarius in republicâ nomen quàm Claudii posterorum futurum.»

Æl. Lamprid. in Alex. Sever. «Mulier druida eunti exclamavit gallico sermone: Vadas, nec victoriam speres, nec militi tuo credas.»

33—page 94Saint Pothin fonda l'Église de Lyon...

C'est à cette époque, vers 177, sous le règne de Marc-Aurèle, que l'on place les premières conversions et les premiers martyrs de la Gaule. Sulpic. Sever., Hist. sacra, ap. Scr. fr. I, 573: Sub Aurelio... persecutio quinta agitata ac tùm primùm intrà Gallias martyria visa.—Avec saint Pothin moururent quarante-six martyrs. Gregor. Turonens. de Glor. martyr., l. I, c. XLIX.—En 202, sous Sévère, saint Irénée, d'abord évêque de Vienne, puis successeur de saint Pothin, souffrit le martyre avec neuf mille (selon d'autres, dix-huit mille) personnes de tout sexe et de tout âge. Un demi-siècle après lui, saint Saturnin et ses compagnons auraient fondé sept autres évêchés. Passio S. Saturn., ap. Greg. Tur., l. I, c. XXVIII: «Decii tempore, viri episcopi ad prædicandum in Gallias missi sunt:...Turonicis Gatianus, Arelatensibus Trophimus, Narbonæ Paulus, Tolosæ Saturninus, Parisiacis Dionysius, Arvernis Stremonius, Lemovicinis Martialis, destinatus episcopus.—Le pape Zozime réclame la suprématie pour Arles. Epist. I, ad. Episc. Gall.

34—page 95Saint Martin.Saint Ambroise...

Id. ibid., ap. Scr. Fr. I, 573. V. aussi Grég. de Tours, l. X, c. XXXI.—Saint Ambroise, qui se trouvait en même temps à Trèves, se joignit à lui (Ambros., Epist. 24, 26). Saint Martin avait fondé un couvent à Milan, dont saint Ambroise occupa bientôt le siège (Greg. Tur., l. X, c. XXXI). On sait quelle résistance Ambroise opposa aux Milanais qui l'appelaient pour évêque. Il fallut aussi employer la ruse, et presque la violence, pour faire accepter à saint Martin l'évêché de Tours. (Sulp. Sev., loco citato.)

35—page 97Pourquoi y a-t-il du mal au monde...

Euseb. Hist. eccl., V, 37, ap. Gieseler's Kirchengeschichte, I, 139. Πολυθρύλλητον παρὰ τοῖς αἱρεσιώταις ζήτημα τὸ τόθεν ἡ χαχία;—Tertullian., de præser. hæret., c. VII, ibid.: «Eædem materiæ hæreticos et philosophos volutantur, iidem retractus implicantur, unde malum et quare? et unde homo et quomodo?»

36—page 97Origène...

S. Hieronym. ad Pammach.: «In libro Ηερὶ ἀρχῶν loquitur:... quod in hoc corpore quasi in carcere sunt animæ relegatæ, et antequàm homo fieret in Paradiso, inter rationales creaturas in cœlestibus commoratæ sunt.»—Saint Jérôme lui reproche ensuite d'allégoriser tellement le Paradis, qu'il lui ôte tout caractère historique (quod sic Paradisum allegoriset, ut historiæ auferat veritatem, pro arboribus angelos, pro fluminibus virtutes cœlestes intelligens, totamque Paradisi continentiam tropologicâ interpretatione subvertat). Ainsi, Origène rend inutile, en donnant une autre explication de l'origine du mal, le dogme du péché originel, et en même temps il en détruit l'histoire. Il en nie la nécessité, puis la réalité.—Il disait aussi que les démons, anges tombés comme les hommes, viendraient à résipiscence, et seraient heureux avec les saints (et cum sanctis ultimo tempore regnaturos). Ainsi cette doctrine, toute stoïcienne, s'efforçait d'établir une exacte proportion entre la faute et la peine; elle rendait l'homme seul responsable; mais la terrible question revenait tout entière; il restait toujours à expliquer comment le mal avait commencé dans une vie antérieure.

37—page 99 notePélage, en niant le péché originel, etc...

«Quærendum est, peccatum voluntatis an necessitatis est! Si necessitatis est peccatum, non est; si voluntatis, vitari potest.» Donc, ajoutait-il, l'homme peut être sans péché; c'est le mot de Théodore de Mopsueste: «Quærendum utrum debeat homo sine peccato esse? Procul dubio debet. Si debet, potest. Si præceptum est, potest.»—Origène aussi ne demandait pour la perfection que «la liberté aidée de la loi et de la doctrine».