1: C'est le point principal sur lequel je diffère de mon savant ami, M. Henri Martin. Du reste, ce dissentiment ne diminue en rien mon estime sympathique pour sa grande et très belle Histoire, si instructive, si riche de recherches et d'idées. Il a été infiniment utile pour raviver la tradition nationale, trop effacée, que deux histoires qui s'aident, se suppléent l'une l'autre, aient paru simultanément.
2: Ceci ne touche en rien la candeur des individus. Il y avait des hommes admirables, les Bazard, les Barrault, les Carnot, les Charton, les D'Eichthal, les Lemonnier, etc.
3: Comme ils odorent très bien la mort, les moments où l'âme blessée peut mollir, au moment où j'avais fait une perte sensible de famille, un d'eux, séduisant et fin, vint me voir et me tâta. Je fus surpris, confondu de l'idée qu'il eût pu croire avoir quelque prise sur moi, qu'il dît qu'on pouvait s'entendre, ayant entre soi des nuances, etc. Je lui dis ces propres paroles: «Monseigneur, avez-vous été parfois sur la mer de glace?—Oui.—Vous avez vu telle fente, sur laquelle d'un bord à l'autre on peut parler, converser?—Oui.—Mais vous n'avez pas vu que cette fente est un abîme... Et telle, Monseigneur, si profonde, qu'à travers la glace et la terre, elle descend sans que jamais on en ait trouvé le fond. Elle va jusqu'au centre du globe, s'en va traversant le globe, et se perd dans l'infini.»
4: Je ne veux pas anticiper ici. D'un mot ou deux seulement, je puis dire: c'est ce livre, «ce livre d'un poète et d'un homme d'imagination», qui, par des pièces décisives, a dit à tous ce qui leur importait:
Aux protestants, le fait très capital de la Saint-Barthélemi sue quinze jours d'avance à Bruxelles (papiers Granvelle, 10 août). Puis, tant de faits sur la Révocation, qu'ils avaient bien peu éclaircie.
Aux royalistes, tout un monde de curieux faits anecdotiques; exemple, la légende du Masque de fer et la sagesse de leur reine. Les lettres de Franklin (en 1863) ont donné là-dessus le secret d'après Richelieu, prouvé que seul j'avais raison.
Aux financiers, le système de Law (inexpliqué par M. Thiers en 1826) se trouve enfin à jour et par les manuscrits et par l'histoire des Bourses de Paris et de Londres.
Pour la Révolution, que dire? La mienne est sortie tout entière (des trois grands corps d'archives de ces temps qu'on a à Paris. Louis Blanc (malgré son mérite, son talent que j'honore) put-il la deviner? Put-il la faire à Londres avec quelques brochures? J'ai bien de la peine à le croire.—Lisez au reste et comparez.)
5: Longtemps même après la mort d'Alexandre, Cassandre, devenu roi de Macédoine, se promenait un jour à Delphes, et examinait les statues; ayant aperçu tout à coup celle d'Alexandre, il en fut tellement saisi qu'il frissonna de tout son corps, et fut frappé d'un étourdissement. (Plutarque.)
7: Il ne faut pas confondre les Ibères avec leurs voisins les Cantabres. M. W. de Humboldt a établi cette distinction dans son admirable petit livre sur la langue des Basques. Voyez les Éclaircissements.
9: Ibériens des montagnes. W. de Humboldt. Voy. les Éclaircissements.
10: Alb, montagne, dans la langue gaélique.—Gor, élevé, en basque.
12: Voy. les Éclaircissements.
13: Is-Ombria, Basse-Ombrie.
14: Quelques savants ont même douté que leurs oppida, au temps de César, fussent autre chose que des lieux de refuge.
17: Elle en livra quatre mille aux Romains.
19: Voy. mon Histoire romaine.
21: Ce sujet a été renouvelé par le progrès des études celtiques et l'interprétation remarquable de MM. J. Reynaud, Henri Martin, Gatien-Arnoult (1860).
23: Cæsar.
24: Voy. à la fin du volume, les éclaircissements sur les traditions religieuses des Gallois et des Irlandais. J'ai rapporté ces traditions; toutes récentes qu'elles peuvent paraître, elles portent un caractère profondément indigène. Le mythe du castor et du lac a bien l'air d'être né à l'époque où nos contrées occidentales étaient encore couvertes de forêts et de marécages.
26: Derw (kymrique), Deru (armoricain), Dair (gaélique): chêne.
28: Onze cent quatre-vingt-douze mille hommes avant les guerres civiles. (Pline.)
29: Veir-go-breith, gaël, homme pour le jugement. App. 11.
30: César rassure ses soldats en leur rappelant que dans la guerre de Spartacus ils ont déjà battu les Germains.
31: C'est déjà ce divitiac qui a exploré le chemin quand César marchait contre les Suèves.—Les Germains n'ont pas de druides, dit César. Ils étaient, à ce qu'il semble, les protecteurs du parti antidruidique dans les Gaules.
32: Jusqu'à l'expédition de Bretagne, nous voyons le divitiac des Édues accompagner partout César, qui sans doute leur faisait croire qu'il rétablirait dans la Belgique l'influence du parti éduen, c'est-à-dire druidique et populaire.
33: Cæsar.
34: Sæpius ob prædam quam ob delictum. (Suétone.)
35: Si l'on veut qu'Alexandre n'ait pas péri par le poison, on ne peut nier du moins qu'il fut peu regretté des Macédoniens. Sa famille fut exterminée en peu d'années.
36: Les Romains, dit saint Augustin, n'ont nui aux vaincus que par le sang qu'ils ont versé. Ils vivaient sous les lois qu'ils imposaient aux autres. Tous les sujets de l'Empire sont devenues citoyen...
37: C'est lui qui conseilla à César de rester assis quand le sénat, en corps, se présenta devant lui. Voy. mon Histoire romaine.
38: Il établit, au détroit de la Manche, des douanes sur l'ivoire, l'ambre et le verre. (Strabon.)
40: Tacite, traduction de Burnouf.
41: Un Gaulois le contemplait en silence. «Que vois-tu donc en moi? lui dit Caligula.—Un magnifique radotage.» L'empereur ne le fit pas punir; ce n'était qu'un cordonnier. (Dion Cassius.)
42: Il fit construire le phare qui éclairait le passage entre la Gaule et la Bretagne. On a cru, dans les temps modernes, en démêler quelques restes.
43: Tacit. Hist., l. IV., c. 51. Fatali nunc igne signum cœlestis iræ datum, et possessionem rerum humanarum transalpinis gentibus portendi, superstitione vanâ Druidæ canebant.
47: Pline en cite trois qui eurent une vogue prodigieuse au premier siècle; l'un d'eux donna un million pour réparer les fortifications de sa ville natale.
48: Né près de Marseille.
49: Ou Becco. Suétone: Id valet gallinacei rostrum.—Beck (Armor.), Big (Cymr.), Gob (Gaël.).
50: Leurs familles, du moins, étaient originaires d'Espagne.
51: Né à Lyon.
53: Voy. mon article Zénobie. (Biog. univ.)
56: On a trouvé à Antibes l'inscription suivante:
D. M.
PVERI SEPTENTRI
ONIS ANNO XII QUI
ANTIPOLI IN THEATRO
BIDVO SALTAVIT ET PLA
CVIT.
«Aux mânes de l'enfant Septentrion, âgé de douze ans, qui parut deux jours au théâtre d'Antibes, dansa et plut.» Ce pauvre enfant est évidemment un de ces esclaves qu'on élevait pour les louer à grand prix aux entrepreneurs de spectacles, et qui périssaient victimes d'une éducation barbare. Je ne connais rien de plus tragique que cette inscription dans sa brièveté, rien qui fasse mieux sentir la dureté du monde romain... «Parut deux jours au théâtre d'Antibes, dansa et plut.» Pas un regret. N'est-ce pas là en effet une destinée bien remplie! Nulle mention de parents; l'esclave était sans famille. C'est encore une singularité qu'on lui ait élevé un tombeau. Mais les Romains en élevaient souvent à leurs joujoux brisés. Néron bâtit un monument «aux mânes d'un vase de cristal».
57: Voy. M. Moreau de Jonnès, Tableau du prix moyen des denrées d'après l'édit de Dioclétien retrouvé à Stratonicé: Une paire de caligæ (la plus grossière chaussure) coûtait 22 fr. 50 c.; la livre de viande de bœuf ou de mouton, 2 fr. 50 c.; de porc, 3 fr. 60 c.; le vin de dernière qualité, 1 fr. 80 c. le litre; une oie grasse, 45 fr.; un lièvre, 33 fr.; un poulet, 13 fr.; un cent d'huîtres, 22 fr., etc.
58: Tacite.—L'empereur finit par être obligé d'habiller et nourrir le soldat. (Lampride.)
61: Millin.
62: Sous les rois Rechila et Théodoric.
64: Eumène. Une grande partie du territoire d'Autun était sans culture.
68: Hérodien.
70: Au moins vingt-sept jugera.
71: Aussi ne disposent-ils pas librement de leur bien. Ils ne peuvent vendre sans autorisation. (Code Théodosien.) Le curiale qui n'a pas d'enfants ne peut disposer par testament que du quart de ses biens. Les trois autres quarts appartiennent à la curie.
72: Toutefois la loi est bonne et généreuse; elle ne ferme la curie ni aux juifs ni aux bâtards. «Ce n'est point une tache pour l'ordre, parce qu'il lui importe d'être toujours au complet.» (Cod. Théod.)
79: Né, selon les uns dans notre Bretagne, selon d'autres dans les îles Britanniques, ce qui du reste ne change rien à la question. Il suffit qu'il ait appartenu à la race celtique.
82: Quels temples? Je serais porté à croire qu'il s'agit ici de temples nationaux, de religions locales. Les Romains qui pénétrèrent dans le Nord ne peuvent, en si peu de temps, avoir inspiré aux indigènes un tel attachement pour leurs dieux. (Sulp. Sev., Vita S. Martini.) Voyez les Éclaircissements.
84: Voyez les Éclaircissements.
87: On l'appelait aussi Morgan (môr, mer, dans les langues celtiques).—Il avait eu pour maître l'origéniste Rufin, qui traduisit Origène en latin et publia pour sa défense une véhémente invective contre saint Jérôme. Ainsi Pélage recueille l'héritage d'Origène.
88: Saint Augustin.
89: Il ne peut y avoir de péché héréditaire, disait Pélage, car c'est la volonté seule qui constitue le péché. App. 37.
90: Origène, qui avait aussi nié le péché originel, avait pensé que l'incarnation était une pure allégorie. Du moins on le lui reprochait. Saint Augustin sentit bien la nécessité de cette conséquence. Voy. le traité: De Naturâ et Gratiâ.
91: Le premier qui tenta cette conciliation difficile, ce fut le moine Jean Cassien, disciple de saint Jean Chrysostome, et qui plaida près du pape pour le tirer d'exil. Il avança que le premier mouvement vers le bien partait du libre arbitre, et que la grâce venait ensuite l'éclairer et le soutenir; il ne la crut pas, comme saint Augustin, gratuite et prévenante, mais seulement efficace. Il dédia un de ses livres à saint Honorat, qui avait, comme lui, visité la Grèce, et qui fonda Lérins, d'où devaient sortir les plus illustres défenseurs du semi-pélagianisme. La lutte s'engagea bientôt. Saint Prosper d'Aquitaine avait dénoncé à saint Augustin les écrits de Cassien, et tous deux s'étaient associés pour le combattre. Lérins leur opposa Vincent, et ce Faustus qui soutint contre Mamert Claudien la matérialité de l'âme, et qui écrivit, comme Cassien, contre Nestorius, etc. Arles et Marseille inclinaient au semi-pélagianisme. Le peuple d'Arles chassa son évêque, saint Héros, qui poursuivait Pélage, et choisit après lui saint Honorat; à saint Honorat succède saint Hilaire, son parent, qui soutint comme lui les opinions de Cassien, et fut comme lui enterré à Lérins, etc. Gennadius écrivit, au neuvième siècle, l'histoire du semi-pélagianisme.
92: En 447, saint Hilaire d'Arles l'oblige de s'asseoir, quoique simple prêtre, entre deux saints évêques, ceux de Fréjus et de Riez.
93: Lérins fut fondé par saint Honorat, dans le diocèse d'Antibes, à la fin du quatrième siècle. Saint Hilaire d'Arles, et saint Césaire, Sidonius de Clermont, Ennodius du Tésin, Honorat de Marseille, Faustus de Riez, appellent Lérins l'île bienheureuse, la terre des miracles, l'île des Saints (on donna aussi ce nom à l'Irlande), la demeure de ceux qui vivent en Christ, etc.—Lérins avait de grands rapports avec Saint-Victor de Marseille, fondé par Cassien, vers 410.—Les deux couvents furent une pépinière de libres penseurs.
94: Ils y ont été souvent maltraités, il est vrai, mais bien moins qu'ailleurs. Ils ont eu des écoles à Montpellier, et dans plusieurs autres villes de Languedoc et de Provence.
95: Indépendamment de ce lien commun, quelques-uns se voueront à cet homme qui les nourrit, qu'ils aiment. Ainsi prendront naissance les dévoués des Galls et des Aquitains. App. 38.
97: Strabon.
99: Dion Cassius.
106: Bien entendu (je m'en suis déjà expliqué) que les germes primitifs sont peu de chose en comparaison de tous les développements qu'en a tirés le travail spontané de la liberté humaine.
107: Telle terre, telle race. L'idée de la délivrance, dit Turner, ravissait les Kymry dans leur sauvage pays de Galles, dans leur paradis de pierre; stony Wales, selon l'expression de Taliesin.
108: J. Logan: «Les Gaëls remarquent soigneusement que ceux qui ont porté la main sur les pierres druidiques n'ont jamais prospéré.»
109: Logan: Clach cuid fir, c'est lever une grosse pierre du poids de deux cents livres environ, et la mettre sur une autre d'environ quatre pieds de haut. Un jeune homme qui est capable de le faire est désormais compté pour un homme, et il peut alors porter un bonnet.—Ne semble-t-il pas que les cromlechs soient les jeux des géants?
110: Humboldt, Recherches sur la langue des Basques.
111: Logan.
112: Ibid.
113: Id.
115: Voy. les Éclaircissements.
119: Dans l'Italie antique, Deivei parentes. Voy. la lettre de Cornélie à Caïus Gracchus.
121: Ou bien ils émigrent. De là, le wargus germanique, le ver sacrum des nations italiques. Le droit d'aînesse, qui équivaut souvent à la proscription, au bannissement des cadets, devient ainsi un principe fécond de colonies.
125: Aussi l'obéissance de ces cousins n'est-elle pas sans indépendance et sans fierté. Un proverbe celtique dit: «Plus forts que le laird sont ses vassaux.» (Logan.)—App. 55.
126: Proverbe breton: Cent pays, cent modes; cent paroisses, cent églises:
Kant brot, kant kis;
Kant parrez, kant illis.
Proverbe gallois: Deux Welches ne resteront pas en bon accord.
128: C'est l'histoire d'Adam et Ève, de Samson et Dalila, d'Hercule et Omphale; mais la légende celtique est la plus touchante. M. Quinet l'a reprise et agrandie dans son dernier poème: Merlin l'enchanteur (1860). Ce n'est pas dans une note qu'on peut parler d'un tel livre, l'une des œuvres capitales du siècle.
131: Les Tudors ont mis le dragon gallois dans les armes d'Angleterre, que les Stuarts ont ensuite ornées du triste chardon de l'Écosse; mais les farouches léopards ne les ont pas admis sur le pied de l'égalité, pas plus que la harpe irlandaise.
132: Mémoires de la Société des Antiquaires de Londres.
135: Logan. C'est une improvisation en vers sur les vertus du mort. À la fin de chaque stance, un chœur de femmes pousse un cri plaintif. Dans les cantons éloignés d'Irlande, on s'adresse au mort et on lui reproche d'être mort, quoiqu'il eût une bonne femme, une vache à lait, de beaux enfants, et sa suffisance de pommes de terre.
137: Logan: «Aujourd'hui les montagnards d'Écosse sont obligés, par la misère, d'émigrer; les terres se changent partout en pâturages; les régiments peuvent à peine s'y lever. Le piobrach peut sonner: les guerriers n'y répondront pas.»
138: Latifundia perdidere Italiam. (Pline.)—En Écosse, les lairds se sont approprié les terres de leurs clans; ils ont converti leur suzeraineté en propriété.—En Bretagne, au contraire, beaucoup de fermiers qui tenaient la terre à titre de domaine congéable, sont devenus propriétaires; les anciens propriétaires ont été dépouillés comme seigneurs féodaux.
139: Logan.
140: Tacite.
142: Ceux-ci avaient égard à la position astronomique des lieux; de là les noms de: Wisigoths, Ostrogoths, Wessex, Sussex, Essex, etc. Les Celtes, au contraire.
143: Dans la Saga de Regnar Lodbrog, les Normands vont à la recherche de Rome, dont on leur a vanté les richesses et la gloire; ils arrivent à Luna, la prennent pour Rome et la pillent. Détrompés, ils rencontrent un vieillard qui marche avec des souliers de fer; il leur dit qu'il va à Rome, mais que cette ville est si loin qu'il a déjà usé une pareille paire de souliers, ce qui les décourage.
145: Tacite.
147: Voy. mon Histoire romaine, I.
148: Jacob Grimm.
151: Voy. les formules d'initiation du compagnonnage allemand dans mon Introduction à l'Histoire universelle.
152: Priscus.
153: Niebelungen, 87.—Il semble que, dans ses admirables compositions, Cornélius ait eu sous les yeux les Niebelungen allemands plus que l'Edda et les Sagas scandinaves.
154: Voy. le Voyage d'Edgar Quinet, 5e volume des Œuvres complètes, 1857.
159: Ils eurent le poste d'honneur à la bataille.
160: Gérontius.
161: Paul Orose.
162: Les Hérules et les Lombards se contentèrent du tiers.
163: Aug. Thierry.
169: L'invasion d'Attila en Italie n'y avait pas laissé une impression moins profonde. Dans une bataille qu'il livra aux Romains, aux portes même de Rome, tout, disait-on, avait péri des deux côtés. «Mais les âmes des morts se relevèrent et combattirent avec une infatigable fureur trois jours et trois nuits.»
170: Attila, dans sa retraite, massacre, selon la légende, les onze mille vierges de Cologne.
171: Du côté des Romains étaient les Wisigoths et leur roi Théodoric; du côté des Huns, les Ostrogoths et les Gépides. Un Ostrogoth tua Théodoric.
172:
Je te donnerais volontiers mon bouclier,
Si j'osais te l'offrir devant Chriemhild...
N'importe! prends-le, Hagen, et porte-le à ton bras.
Ah! puisses-tu le porter jusque chez vous, jusqu'à la terre des Burgundes.
177: Dans le long séjour qu'ils firent en Belgique, ils durent nécessairement se mêler aux indigènes, et n'arrivèrent sans doute en Gaule que lorsqu'ils étaient devenus en partie Belges.
178: Ainsi les Francs s'associent contre les ariens tous les catholiques de la Gaule.
179: Grégoire de Tours.
184: Prosternebat enim quotidie Deus hostes ejus sub manu ipsius, et augebat regnum ejus, eo quod ambularet recto corde coram eo, et faceret quæ placita erant in oculis ejus.—Ces paroles sanguinaires étonnent dans la bouche d'un historien qui montre partout ailleurs beaucoup de douceur et d'humanité.
185: Lettre écrite par Clovis à un évêque, à l'occasion de sa guerre contre les Goths.
186: Grégoire de Tours.
187: Grégoire de Tours.—Dans la Hesse et la Franconie, ils avaient écartelé ou écrasé sous les roues de leurs chariots plus de deux cents jeunes filles, et en avaient ensuite distribué les membres à leurs chiens et à leurs oiseaux de chasse. Voy. le discours de Theuderic aux siens.
188: Grégoire de Tours. Un troisième fils de Clodomir échappa, et se réfugia dans un couvent. C'est saint Clodoald ou saint Cloud.
190: Blessé par un taureau sauvage.
191: La première fois qu'ils l'envahirent, Childebert et Clotaire prétendaient venger leur sœur, maltraitée par son mari Amalaric, roi des Wisigoths, qui voulait la convertir à l'arianisme. Elle avait envoyé à ses frères un mouchoir teint de son sang. (Grégoire de Tours.)
194: Grégoire de Tours.
195: Frédégaire parle de la tyrannie fiscale d'un Protadius, maire du palais en 605, sous Theuderic, et favori de Brunehaut.
197: Grégoire de Tours. Frédégonde donne un breuvage à deux clercs pour qu'ils aillent assassiner Childebert.
199: «De Frédégonde te souvienne!» dit saint Ouen à son ami Ébroin, défenseur de la Neustrie contre l'Ostrasie.—La prédominance appartint d'abord à la Neustrie. Depuis Clovis, et avant le complet anéantissement de l'autorité royale, sous les maires du palais, quatre rois ont réuni toute la monarchie franque: ce sont des rois de Neustrie:—Clotaire Ier, 558-561.—Clotaire II, 613-628.—Dagobert Ier, 631-638.—Clovis II, 655-656.—En effet, c'était en Neustrie que s'était établi Clovis, avec la tribu alors prépondérante.—La Neustrie était plus centrale, plus romaine, plus ecclésiastique.—L'Ostrasie était en proie aux fluctuations continuelles de l'émigration germanique.
200: «Les bourgs situés aux environs de Paris furent entièrement consumés par la flamme, dit Grégoire de Tours; l'ennemi détruisit les maisons comme tout le reste, et emmena même les habitants en captivité. Sigebert conjurait qu'on n'en fît rien; mais il ne pouvait contenir la fureur des peuples venus de l'autre bord du Rhin. Il supportait donc tout avec patience, jusqu'à ce qu'il pût revenir dans son pays. Quelques-uns de ces païens se soulevèrent contre lui, lui reprochant de s'être soustrait au combat; mais lui, plein d'intrépidité, monta à cheval, se présenta devant eux, les apaisa par des paroles de douceur, et ensuite en fit lapider un grand nombre.»
201: Chilpéric vint à Paris prendre les trésors de Brunehaut, et la relégua elle-même à Rouen, et ses filles à Meaux.
202: Grégoire de Tours.
205: On peut juger de la violence de ce gouvernement par la manière dont Chilpéric dota sa fille Rigunthe. Il fit enlever comme esclaves, pour la suivre en Espagne, une foule de colons royaux; un grand nombre se donnèrent la mort, et le cortège partit en chargeant le roi de malédictions.
206: Grégoire de Tours.
207: Idem.
208: Une femme guérit son fils de la fièvre quarte en lui donnant de l'eau où elle avait fait infuser une frange du manteau de Gontran. (Grégoire de Tours).
209: Grégoire de Tours: «Gontran protégeait Frédégonde et l'invitait souvent à des repas, lui promettant qu'il serait pour elle un solide appui. Un certain jour qu'ils étaient ensemble, la reine se leva et dit adieu au roi, qui la retint en lui disant: «Prenez encore quelque chose.» Elle lui dit: «Permettez-moi, je vous en prie, seigneur, car il m'arrive, selon la coutume des femmes, qu'il faut que je me lève pour enfanter.» Ces paroles le rendirent stupéfait, car il savait qu'il n'y avait que quatre mois qu'elle avait mis un fils au monde; il lui permit cependant de se retirer.»
210: Grégoire de Tours.
212: Ainsi dans Shakespeare, Macbeth, acte V... «Je regardais du côté de Birnham, quand tout à coup il m'a semblé que la forêt se mettait en mouvement...»—De même l'armée des hommes de Kent qui marcha contre Guillaume-le-Conquérant, après la bataille d'Hastings.
213: Frédégaire.
214: Moine de Saint-Gall.
221: Flodoard.
223: Solitaires de Dieu. Deus et Celare, Cella, ont des racines analogues dans les langues latine et celtique.
224: Les femmes et les enfants des culdées réclamaient une part dans les dons faits à l'autel. (Low.)
226: Britannia, fertilis provincia tyrannorum. (Saint Jérôme.)
227: Saint Loup naquit à Toul, épousa la sœur de saint Hilaire, évêque d'Arles, fut moine à Lérins, puis évêque de Troyes.—Saint Germain, né à Auxerre, fut d'abord duc des troupes de la marche Armorique et Nervicane. De retour à Auxerre, il se livrait tout entier à la chasse, et élevait des trophées en mémoire des succès qu'il y obtenait. Saint Amator, évêque de la ville, l'en chassa, puis le convertit et l'ordonna prêtre malgré lui. Il eut pour disciples sainte Geneviève et saint Patrice. Saint Germain et saint Martin, le chasseur et le soldat, étaient les deux saints les plus populaires de la France. Mais saint Hubert succéda à saint Germain dans le patronage des chasseurs.
228: Saint Colomban explique lui-même le rapport mystique de son nom avec les mots jona, barjona, qui signifie colombe dans les livres saints.
230: L'Église de Rome était fortement intéressée à supprimer les écrits d'un ennemi, qui avait pourtant laissé dans la mémoire des peuples une si grande réputation de sainteté. Aussi la plupart des livres de saint Colomban ont péri. Quelques-uns se trouvaient encore au seizième siècle à Besançon et à Bobbio, d'où ils furent, dit-on, portés aux bibliothèques de Rome et de Milan.