163—page 285, noteTous se trouvaient d'accord...

Nithardi historiæ, l. I, c. IV, ap. Scr. Fr. VII, 12. «Occurrebat universæ plebi verecundia et pœnitudo, quod bis imperatorem dimiserant.»—C. V: «Franci, eo quod imperatorem bis reliquerant, pœnitudine correpti; ad defectionem impelli dedignati sunt.»—Tous les peuples revenaient à Louis: «Gregatim populi tam Franciæ quam Burgundiæ, necnon Aquitaniæ sed et Germaniæ coeuntes, calamitatis querelis de imperatoris infortunio querebantur, etc.» Astronom., c. XLIX.

164—page 286Wala... «un homme de discorde...»

Acta SS. ord. S. Bened., sec. IV, p. 453: «Virum rixæ virumque discordiæ se progenitum frequenter ingemuerit.»—Pascase Radbert, auteur de la vie de Wala, qui écrivait sous Louis-le-Débonnaire et sous son fils Charles-le-Chauve, crut prudent de déguiser ses personnages sous des noms supposés. Wala s'appelle Arsenius; Adhalard, Antonius; Louis-le-Débonnaire, Justinianus; Judith, Justina; Lothaire, Honorius; Louis-le-Germanique, Gratianus; Pepin, Melanius; Bernard de Septimanie, Naso et Amisarius.

165—page 286Le vieil empereur aurait dit à Lothaire...

Nithard., l. I, c. XII: «Ecce, fili, ut promiseram, regnum omne coram te est; divide illud prout libuerit. Quod si tu diviseris, partium electio Caroli erit. Si autem nos illud diviserimus, similiter partium electio tua erit.—Quod idem cum per triduum dividere vellet, sed minime posset, Josippum atque Richardum ad patrem direxit, deprecans ut ille et sui regnum dividerent, partiumque electio sibi concederetur... Testati quod pro nullâ re aliâ, nisi solâ ignorantiâ regionum, id peragere differret. Quamobrem pater, ut ægrius valuit, regnum omne absque Bajoariâ cum suis divisit; et a Mosâ partem Australem Lodharius cum suis elegit Occiduam verò, ut Carolo conferretur, consensit.»

166—page 288—... bataille si sanglante qu'elle eût épuisé l'Empire...

Annal. Met., ap. Scr. Fr. VII, 184. «In quâ pugnâ ità Francorum vires attenuatæ sunt..., ut nec ad tuendos proprios fines in posterum sufficerent.»—«Dans cette bataille, dit une autre chronique écrite au temps de Philippe-Auguste, presque tous les guerriers de la France, de l'Aquitaine, de l'Italie, de l'Allemagne, de la Bourgogne, se tuèrent mutuellement.» Hist. reg. Franc., 259.

167—page 290Serment de Louis-le-Germanique et de Charles-le-Chauve...

Nithard., l. III, c. V. ap. Scr. Fr. VII, 27, 35.—J'emprunte la traduction de M. Aug. Thierry (Lettres sur l'Histoire de France). Mais je n'ai pas cru devoir adopter ses restitutions. Il est trop hasardeux de changer les mots latins qui se rencontrent dans les monuments d'une époque semblable. Le latin devait se trouver mêlé selon des proportions différentes dans les langues naissantes de l'Europe. (Voy., aux Éclaircissements, le chant barbare composé sur la captivité de Louis II.)

168—page 293Le secours que Lothaire avait demandé aux païens...

Voy. aussi les Annales de Saint-Bertin, an 841, les Annales de Fulde, an 842, la Chronique d'Hermann. Contract., ap. Scr. Fr. VII, 232, etc.

169—page 293Charles-le-Chauve qui ressemblait à Bernard...

Thegan., c. XXXVI. «Impii... dixerunt Judith reginam violatam esse à duce Bernhardo.»—Vita venerab. Walæ, ap. Scr. Fr. VI, 289.—Agobardi Apolog., ibid., 248.—Ariberti Narratio, ap. Scr. Fr. VII, 286: «Et os ejus mire ferebat, naturâ adulterium maternum prodente.»

170—page 293Pepin n'avait pas hésité à appeler les Sarrasins, les Normands...

Annal. Bertin, ap. Scr. Fr. VII, 66. Chronic. S. Benigni Divion., ibid. 229.—Translat. S. Vincent, 353. «Nortmanni... a Pippino conducti mercimoniis, pariter cum eo ad obsidendam Tolosam adventaverant.»

171—page 296Les moines avaient demandé à Louis-le-Débonnaire, etc...

Nithard., l. I, c. III. «Percontari... si respublica ei restitueretur, an eam erigere ac fovere vellet, maximeque cultum divinum.»

Les évêques interrogent de même Charles-le-Chauve, etc... Nithard, l. IV, c. I. «Palam illos percontati sunt... an secundum Dei voluntatem regere voluissent. Respondentibus... se velle... aiunt: Et auctoritate divinâ ut illud suscipiatis, et secundum Dei voluntatem illud regatis monemus, hortamur atque præcipimus.»

Plus tard les évêques sont d'avis que la paix règne entre les trois frères. Nithard, ibid., c. III. «Solito more, ad episcopos sacerdotesque rem referunt. Quibus cum undique ut pax inter illos fieret melius videretur, consentiunt, legatos convocant, postulata concedunt.»

172—page 297Le Capitulaire d'Épernay, etc...

C'est par erreur qu'un historien récent a dit que ce pouvoir avait été conféré aux évêques exclusivement. Baluz., t. II, p. 31, Capitul. Sparnac. ann. 846, art. 20. «Missos ex utroque ordine... mittatis...»

Le Capitulaire de Kiersy, etc. Capitul. Car. Calvi; ap Scr. Fr. VII, 630. «Ut unusquisque presbyter imbreviet in suâ parrochiâ omnes malefactores, etc., et eos extra ecclesiam faciat... Si se emendare noluerint, ad episcopi præsentiam perducantur.»

173—page 300La plainte de Charles-le-Chauve contre Venilon, etc...

Baluz., Capitul., ann. 859, p. 127.—Hincmar dit plus tard expressément qu'il a élu Louis III. Hincmari ad Ludov. III epist. (ap. Hinc. op. II, 198): «Ego cum collegis meis et cæteris Dei ac progenitorum vestrorum fidelibus, vos elegi ad regimen regni, sub conditione debitas leges servandi.»

174—page 302Gotteschalk avait professé la doctrine de la prédestination...

Voy. sur cette affaire les textes qu'a réunis Gieseler, Kirchengeschichte, II, 101, sqq.

175—page 305Pour Jean Érigène l'Écriture est un texte livré à l'interprétation...

J. Erig. De nat. divis., l. I, c. LXVI... «Il ne faut pas croire que, pour faire pénétrer en nous la nature divine, la sainte Écriture se serve toujours des mots et des signes propres et précis; elle use de similitudes, de termes détournés et figurés, condescend à notre faiblesse, et élève, par un enseignement simple, nos esprits encore grossiers et enfantins.» Dans le Traité Περὶ φύσεως μερισμοῦ, l'autorité, est dérivée de la raison, nullement la raison de l'autorité. Toute autorité qui n'est pas avouée par la raison paraît sans valeur, etc.

176—p. 306, note.—Les pirates... que la famine avait chassés du gîte paternel...

La faim fut le génie de ces rois de la mer. Une famine qui désola le Jutland fit établir une loi qui condamnait tous les cinq ans à l'exil les fils puînés. Odio Cluniac, ap. Scr. Fr. VI, 318. Dodo, de Mor. Duc. Normann., l. I. Guill. Gemetic, l. I, c. IV, 5.—Un Saga irlandais dit que les parents faisaient brûler avec eux leur or, leur argent, etc., pour forcer leurs enfants d'aller chercher fortune sur mer. Watzdæla, ap. Barth., 438.

«Olivier Barnakall, intrépide pirate, défendit le premier à ses compagnons de se jeter les enfants les uns aux autres sur la pointe des lances: c'était leur habitude. Il en reçut le nom de Barnakall, sauveur des enfants.» Bartholin., p. 457.—Lorsque l'enthousiasme guerrier des compagnons du chef s'exaltait jusqu'à la frénésie, ils prenaient le nom de Bersekir (insensés, fous furieux). La place du Bersekir était la proue. Les anciens Sagas font de ce titre un honneur pour leurs héros (V. l'Edda Sæmundar, l'Hervarar-Saga, et plusieurs Sagas de Snorro). Mais dans le Vatzdæla-Saga, le nom de Bersekir devient un reproche. Barthol., 345.—«Furore bersekico si quis grassetur, relegatione puniatur.» Ann. Kristni-Saga. Turner, Hist. of the Anglo-Saxons, I, 463, sqq.

177—page 308Depuis qu'Harold eut obtenu de Louis une province pour un baptême, etc...

Thegan., XXXIII, ap. Scr. Fr. VI, 80. «Quem imperator elevavit de fonte baptismatis... Tunc magnam partem Frisonum dedit ei.» Astronom., c. XL, ibid., 107.—Eginh. Annal., ibid., 187.—Annal. Bertin., ann. 870. «Cependant furent baptisés quelques Normands, amenés pour cela à l'empereur par Hugues, abbé et marquis: ayant reçu des présents, ils s'en retournèrent vers les leurs, et après le baptême ils se conduisirent de même qu'auparavant, en Normands et comme des païens.»

178—page 313Ce roi peut disposer de quelques évêchés, etc...

Annal. Bertin, ann. 859. «Charles distribua aux laïques certains monastères, qui n'étaient jamais accordés qu'à des clercs.—Ann. 862: L'abbaye de Saint-Martin, qu'il avait donnée déraisonnablement à son fils Hludowic, il la donna sans plus de raison à Hubert, clerc marié.» Pendant longtemps il avait laissé vacante la place d'abbé, et l'avait gardée à son profit. En 861, il en avait fait autant des abbayes de Saint-Quentin et de Saint-Waast.—Ann. 876. Il récompensait, en leur donnant des abbayes, les transfuges qui passaient dans son parti.—Ann. 865. «Il nomma de sa pleine autorité, avant que la cause eût été jugée, Vulfade à l'archevêché de Bourges, etc., etc...»—Flodoard, l. II, c. XVII. Le synode de Troyes, qui avait désapprouvé la nomination de Vulfade, envoyait au pape le compte rendu de ses délibérations. Charles exigea que la lettre lui fût remise, et brisa, pour la lire, les sceaux des archevêques, etc.—Voyez aussi dans les Annales de Saint-Bertin, an 876, sa conduite dure et hautaine envers les évêques assemblés au concile de Ponthion.—En 867, il avait exigé des évêques et des abbés un état de leurs possessions, afin de savoir combien il pouvait en exiger de serfs pour les employer à des constructions. Dix ans après, il fit contribuer tout le clergé pour le payement d'un tribut aux Normands. Ann. Bertin.—Dans ses expéditions militaires, il se fit peu de scrupule de piller les églises. Ibid., ann. 851.—On alla jusqu'à douter de la pureté de sa foi (Lotharius adversus Karolum occasione suspectæ fidei queritur... Multa catholicæ fidei contrario in regno Karli, ipso quoque non nescio, concitantur. Ibid., ann. 855).—Nous le voyons même humilier l'archevêque de Reims, auquel il devait tout, en donnant la primatie à celui de Sens.—Hincmar avait plusieurs côtés faibles et vulnérables. D'une part, il avait succédé à l'archevêque Ebbon, dont plusieurs désapprouvaient la déposition. De l'autre, il s'était compromis dans l'affaire de Gotteschalk, et par des procédés illégaux envers l'hérétique, et par son alliance avec Jean Scot. On lui reprochait aussi ses violences à l'égard de son neveu Hincmar, évêque de Laon, jeune et savant prélat, qu'il ne trouvait pas assez soumis à la primatie de Reims.

179—page 313Charles-le-Chauve sous la dalmatique grecque...

Annal. Fuld., ap. Scr. Fr. VII, 27. «De Italiâ in Galliam rediens, novos et insolentes habitus assumpsisse perhibetur: nam talari dalmaticâ indutus et balteo desuper accinctus pendente usque ad pedes, necnon capite involuto serico velamine, ac diademate desuper imposito, dominicis et festis diebus ad ecclesiam procedere solebat... Græcas glorias optimas arbitrabatur...»

180—page 313Louis-le-Bègue avoue qu'il ne tient la couronne que de l'élection...

Annal. Bertin., ap. Scr. Fr. VIII, 27. «Ego Ludovicus misericordiâ Domini Dei nostri et electione populi rex constitutus... polliceor servaturum leges et statuta populo, etc.»

181—page 316Le moine de Saint-Gall fait dire à un soldat de Charlemagne, etc...

Mon. Sangall., l. II, c. XX. Is cum Behemanos, Wilzoz et Avaros in modum prati secaret, et in avicularum modum de hastili suspenderet... aiebat: «Quid mihi ranunculi isti? Septem vel octo, vel certe novem de illis hastâ meâ perforatos et nescio quid murmurantes, huc illucque portare solebam.»

182—page 318Le duché de Gascogne est rétabli, etc...

Voy. la charte de 845, par laquelle Charles-le-Chauve refuse de confisquer les dons prodigieux que le comte des Gascons Vandregisile et sa famille (comtes de Bigorre, etc.) avaient faits à l'église d'Alahon (diocèse d'Urgel). Histoire du Lang., I, note, p. 688 et p. 85 des preuves.—Il ne donnait pas moins que tout l'ancien patrimoine de ses aïeux en France, tout ce qu'ils avaient eu de propriétés et de droits dans le Toulousan, l'Agénois, le Quercy, le pays d'Arles, le Périgueux, la Saintonge et le Poitou. Les bénédictins ne trouvent dans l'état matériel et la forme de cette pièce aucun motif d'en suspecter l'authenticité. Ce serait le testament de l'ancienne dynastie aquitanique, réfugiée chez les Basques, léguant à l'Église espagnole tout ce qu'elle a jamais possédé en France. Du tiers de la France, le don est réduit par Charles-le-Chauve à quelques terres en Espagne, sur lesquelles il n'avait pas grand'chose à prétendre (1833). M. Rabanis a contesté l'authenticité de la charte d'Alahon (1841).

183—page 319Le Breton Noménoé veut faire de la Bretagne un royaume...

Histor Britann., ap. Scr. Fr. VII, 49. «... In corde suo cogitavit ut se regem faceret... Reperit ut episcopos totius suæ regionis manu Francorum regiâ factos, aliquâ seductione a sedibus suis expelleret, et alios concessione suâ constitutos in locis illorum subrogaret, et si sic fierit posset, faciliter per hoc ad regiam dignitatem ascenderet.»

184—page 319En 859, les seigneurs avaient empêché le peuple de s'armer contre les Northmans...

Annal. Bertin., ap. Scr. Fr. VII, 74: «Vulgus promiscuum inter Sequanam et Ligerim, inter se conjurans adversus Danos in Sequanâ consistentes, fortiter resistit. Sed quia incaute suscepta est eorum conjuratio, a potentioribus nostris facile interficiuntur.»

185—page 320Eudes rentre à Paris à travers le camp des Northmans...

Annal. Vedast., ap. Scr. Fr. VIII, 85: «Nortmanni, ejus reditum præscientes, accurerunt ei ante portam Turris; sed ille, emisso equo, a dextris et sinistris adversarios cædens, civitatem ingressus.»

186—page 323Torthulf...

Gesta consulum Andegav., c. I, 2, ap. Scr. Fr. VII, 256. «Torquatus... seu Tortulfus... habitator rusticanus fuit, ex copiâ silvestri et venatico exercitio victitans, etc.» Voy. aussi (ibid.) Pactius Lochiensis, de Orig. comitum Andegavensium.

187—page 323Les Capets... des chefs saxons au service de Charles-le-Chauve...

Aimoin de Saint-Fleury, qui écrivit en 1005, dit formellement Rotbert... homme de race saxonne... Il eut pour fils Eudes et Rotbert. Acta SS. ord. S. Bened., P. II, sec. IV, p. 357. Albéric des Trois-Fontaines, qui écrivit deux siècles plus tard, n'a donc pas été, comme l'a cru M. Sismondi, le premier à donner cette généalogie. Les rois Robert et Eudes furent fils de Robert-le-Fort, marquis de la race des Saxons... Mais les historiens ne nous apprennent rien de plus sur cette race.» Ibid., 285.—Guillaume de Jumièges: «Robert, comte d'Anjou, homme de race saxonne, avait deux fils, le prince Eudes et Robert, frère d'Eudes.» Item, Chron. de Strozzi, ap. Scr. Fr. X, 278.—Un anonyme, auteur d'une vie de Louis VIII: «Le royaume passa de la race de Charles à celle des comtes de Paris, qui provenaient d'origine saxonne.»—Helgald, Vie de Robert, c. I. «L'auguste famille de Robert, comme lui-même l'assurait en saintes et humbles paroles, avait sa souche en Ausonie.» (Ausoniâ, il faut peut-être lire Saxoniâ?)—Quelques historiens font naître Robert en Neustrie; les uns à Seez (Saxia, civitas Saxonum), les autres à Saisseau (Saxiacum). V. la préface du tome X des Historiens de France. Toutes ces opinions se concilient et se confirment par leur divergence même, en admettant que Robert-le-Fort descendait des Saxons établis en Neustrie, et particulièrement à Bayeux. Tout le rivage s'appelait littus Saxonicum. Les noms de Séez, de Saisseau, de la rivière de Sée, etc., ont évidemment la même origine.

188—page 324Charles, surnommé le Simple ou le Sot...

Chronic. Ditmari, ap. Scr. Fr. X, 119: «Fuit in occiduis partibus quidam rex ab incolis Karl Sot, id est Stolidus, ironice dictus.» Rad. Glaber, l. I, c. I, ibid., IV: «Carolum Hebetem cognominatum.» Chronic. Strozzian., ibid., 273:...Carolum Simplicem.»—Chron. S. Maxent,, ap. Scr. Fr. IX, 8: «Karolus Follus.» Richard. Pictav., ibid., 22: «Karolus Simplex, sive Stultus

FIN DU TOME PREMIER.

TABLE DES MATIÈRES

LIVRE I.—Celtes.Ibères.Romains.

LIVRE II.—Les Allemands.