231: App. 101.

232: App. 102.

233: Les Bollandistes disent très bien qu'il y a entre la règle de saint Colomban et celle de saint Benoît la même différence qu'entre les règles des franciscains et des dominicains. C'est l'opposition de la loi et de la grâce. L'ordre de Saint-Benoît devait prévaloir: 1o sur le RATIONALISME des Pélagiens; 2o sur le MYSTICISME de saint Colomban.

234: App. 103.

235: La querelle de saint Léger et d'Ébroin enveloppait aussi une querelle nationale, une haine de villes. Saint Léger, évêque d'Autun, avait pour lui l'évêque de Lyon, et contre lui les évêques de Valence et de Châlons. Ces deux villes faisaient ainsi la guerre à leurs rivales, les deux capitales de la Bourgogne.—Lorsque saint Léger se fut livré volontairement à ses ennemis, Autun n'en fut pas moins obligé de se racheter. Ils voulaient chasser aussi l'évêque de Lyon, mais les Lyonnais s'armèrent pour le défendre. Les villes prennent évidemment part active à la querelle.

236: Grégoire de Tours.—Basine a le don de seconde vue, comme la Brunhild de l'Edda. Comme Brunhild, elle se livre au plus vaillant.

237: App. 104.

238: Vie de saint Colomban.

239: App. 105.

240: App. 106.

241: App. 107.

242: App. 108.

243: App. 109.

244: En 725, ils prirent Carcassonne, reçurent Nîmes à composition, et détruisirent Autun. En 731, ils brûlèrent l'église de Saint-Hilaire de Poitiers.

245: App. 110.

246: App. 111.

247: App. 112.

248: App. 113.

249: App. 114.

250: App. 115.

251: C'était comme le pontife-roi à Rome, le calife à Bagdad dans la décadence, ou le daïro au Japon.

252: De plus, un tribut de trois cents chevaux. App. 116.

253: Il répondit aux réclamations de l'empereur, qu'il avait entrepris cette guerre pour l'amour de saint Pierre et la rémission de ses péchés.

254: App. 117.

255: La taille des Basques est très haute, surtout en comparaison de celle des Béarnais.

256: Le continuateur de Frédégaire. App. 118.

257: Le continuateur de Frédégaire.

258: App. 119.

259: On dit communément que Charlemagne est la traduction de Carolus Magnus. «Challemaines si vaut autant comme grant Challes.»—Charlemagne n'est qu'une corruption de Carloman, Karl-mann, l'homme fort. App. 120.

260: Ceci est très frappant dans leur jurisprudence. Ils adoptent presque indifféremment la plupart des symboles dont chacun est propre à chaque tribu germanique. Voy. Grimm.

261: App. 121.

262: Grimm.

263: App. 122.

264: App. 123.

265: Grimm.

266: Grimm.

267: Ils essayèrent de brûler une église que saint Boniface avait construite à Fritzlar, dans la Hesse. Mais le saint avait prophétisé en la bâtissant qu'elle ne périrait jamais par le feu: deux anges vêtus de blanc vinrent la défendre, et un Saxon qui s'était agenouillé pour souffler le feu, fut trouvé mort dans la même attitude, les joues encore enflées de son souffle. (Annales de Fulde.)

268: Colonne, ou statue de la Germanie, ou d'Arminius.

269: App. 124.

270: App. 125.

271: Lippstadt.

272: Un jour que l'on baptisait des Northmans, on manqua d'habits de lin, et on donna à l'un d'eux une mauvaise chemise mal cousue. Il la regarda quelque temps avec indignation, et dit à l'empereur: «J'ai déjà été lavé ici vingt fois, et toujours habillé de beau lin blanc comme neige; un pareil sac est-il fait pour un guerrier, ou pour un gardeur de pourceaux? Si je ne rougissais d'aller tout nu, n'ayant plus mes habits et refusant les tiens, je te laisserais là ton manteau et ton Christ.» Moine de Saint-Gall.—Les Avares, alliés de Charlemagne, voyant qu'il faisait manger dans la salle leurs compatriotes chrétiens, et les autres à la porte, se firent baptiser en foule pour s'asseoir aussi à la table impériale.

273: App. 126.

274: App. 127.

275: Grimm.

276: App. 128.

277: App. 129.

278: Il avait aussi une vive affection pour le prédécesseur de Léon, le pape Adrien. «Il alla quatre fois à Rome pour accomplir des vœux et faire ses prières.» (Éginhard.) App. 130.

279: App. 131.

280: Un proverbe grec disait: «Ayez le Franc pour ami, mais non pas pour voisin.»

281: Éginhard. «Le roi des Northumbres, de l'île de Bretagne, nommé Eardulf, chassé de sa patrie et de son royaume, se rendit près de l'empereur, alors à Nimègue, lui exposa la cause de son voyage, et partit pour Rome. À son retour de Rome, par l'entremise des légats du pontife romain et de l'empereur, il fut rétabli dans son royaume.»

282: App. 132.

283: Il choisit Aix pour y bâtir son palais, dit Éginhard, à cause de ses eaux thermales. «Il aimait cette douce chaleur, et y venait fréquemment nager. Il y invitait les grands, ses amis, ses gardes, et quelquefois plus de cent personnes se baignaient avec lui.» Il passait l'automne à chasser.

284: «Il s'essayait à écrire, et portait d'habitude sous son chevet des tablettes, afin de pouvoir, dans ses moments de loisir, s'exercer la main à tracer des lettres; mais ce travail ne réussit guère; il l'avait commencé trop tard.» (Éginhard.) App. 133.

285: «À une certaine fête, comme un jeune homme, parent du roi, chantait fort bien Alleluia, le roi dit à un évêque qui se trouvait là: «Il a bien chanté, notre clerc!» L'autre sot, prenant cela pour une plaisanterie, et ignorant que le clerc fût parent de l'empereur, répondit: «Les rustres en chantent autant à leurs bœufs.» À cette impertinente réponse, l'empereur lui lança un regard terrible, dont il tomba foudroyé.» (Moine de Saint-Gall.) App. 134.

286: App. 135.

287: App. 136.

288: App. 137.

289: App. 138.

290: App. 139.

291: «Albinum cognomento Alcuinum...» (Éginhard.)

Alcuin écrivait à Charlemagne: «Envoyez-moi de France quelques savants traités aussi excellents que ceux dont j'ai soin ici (à la bibliothèque d'York), et qu'a recueillis mon maître Ecbert; et je vous enverrai de mes jeunes gens, qui porteront en France les fleurs de Bretagne, en sorte qu'il n'y ait plus seulement un jardin enclos à York, mais qu'à Tours aussi puissent germer quelques rejetons du paradis.» Appelé en France, il devint le maître du Scot Rabanus Maurus, fondateur de la grande école de Fulde.—Éginhard dit que Charlemagne donnait les honneurs et les magistratures à des Scots, estimant leur fidélité et leur valeur; et que les rois d'Écosse lui étaient fort dévoués.—Dans sa vie de saint Césaire, dédiée à Charlemagne, Héricus dit: «Presque toute la nation des Scots, méprisant les dangers de la mer, vient s'établir dans notre pays avec une suite nombreuse de philosophes.»

292: Moine de Saint-Gall.—Voy. l'amusante histoire d'un pauvre semblablement élevé par Charles à un riche évêché.

293: App. 140.

294: «Quand les Francs qui combattaient au milieu des Gaulois virent ceux-ci revêtus de saies brillantes et de diverses couleurs, épris de l'amour de la nouveauté, ils quittèrent leur vêtement habituel, et commencèrent à prendre celui de ces peuples. Le sévère empereur, qui trouvait ce dernier habit plus commode pour la guerre, ne s'opposa point à ce changement. Cependant, dès qu'il vit les Frisons, abusant de cette facilité, vendre ces petits manteaux écourtés aussi cher qu'autrefois on vendait les grands, il ordonna de ne leur acheter, au prix ordinaire, que de très longs et larges manteaux. «À quoi peuvent servir, disait-il, ces petits manteaux? au lit, je ne puis m'en couvrir; à cheval, ils ne me défendent ni de la pluie ni du vent, et quand je satisfais aux besoins de la nature, j'ai les jambes gelées.» (Moine de Saint-Gall.)

295: App. 141.

296: Le curiale devait avoir au moins vingt-cinq arpents de terre; l'hériman, de trente-six à quarante-huit.

297: Un bœuf, ou six boisseaux de froment valaient deux sous;—cinq bœufs, ou une robe simple, ou trente boisseaux, dix sous;—six bœufs, ou une cuirasse, ou trente-six boisseaux, douze sous. (M. Desmichels.)

298: App. 142.

299: App. 143.

300: App. 144.

301: Moine de Saint-Gall.

302: App. 145.

303: App. 146.

304: App. 147.

305: L'Astronome.

306: App. 148.

307: App. 149.

308: App. 150.

309: App. 151.

310: App. 152.

311: App. 153.

312: Il fut pris pour arbitre entre plusieurs chefs danois qui se disputaient l'héritage de Godfried, et décida en faveur d'Harold.

313: La tentative de Bernard contre son oncle est le premier essai de l'Italie pour se délivrer des barbares. App. 154.

314: Ils veulent pour roi un homme plutôt qu'un enfant, et ordinairement l'oncle est homme, est utile, comme on disait alors, longtemps avant le neveu.

315: App. 155.

316: App. 156.

317: App. 157.

318: App. 158.

319: En outre, ils avaient été alliés de l'Aquitain Hunald.

320: App. 159.

321: App. 160.

322: App. 161.

323: De tous ces griefs, le septième est grave. Il révèle la pensée du temps. C'est la réclamation de l'esprit local, qui veut désormais suivre le mouvement matériel et fatal des races, des contrées, des langues, et qui dans toute division politique ne voit que violence et tyrannie.

324: Plusieurs faits témoignent de la prédilection de Louis pour les serfs, pour les pauvres, pour les vaincus. Il donna un jour tous les habits qu'il portait à un serf, vitrier du couvent de Saint-Gall. (Moine de Saint-Gall.)—On a vu son affection pour les Saxons et les Aquitains; il avait dans sa jeunesse porté le costume de ces derniers. «Le jeune Louis, obéissant aux ordres de son père, de tout son cœur et de tout son pouvoir, vint le trouver à Paderborn, suivi d'une troupe de jeunes gens de son âge, et revêtu de l'habit gascon, c'est-à-dire portant le petit surtout rond, la chemise à manches longues et pendantes jusqu'au genou, les éperons lacés sur les bottines, et le javelot à la main. Tel avait été le plaisir et la volonté du roi.» (L'Astronome.)—«De plus, et se trouvant absent, le roi Louis voulut que les procès des pauvres fussent réglés de manière que l'un d'eux qui, quoique totalement infirme, paraissait doué de plus d'énergie et d'intelligence que les autres, connût de leurs délits, prescrivît les restitutions de vols, la peine du talion pour les injures et les voies de fait, et prononçât même, dans les cas plus graves, l'amputation des membres, la perte de la tête, et jusqu'au supplice de la potence. Cet homme établit des ducs, des tribuns et des centurions, leur donna des vicaires, et remplit avec fermeté la tache qui lui était confiée.» (Moine de Saint-Gall.)—App. 162.

325: Tous se trouvaient d'accord, sans doute par mécontentement contre Lothaire, c'est-à-dire contre l'unité de l'Empire. Bernard semble pour l'empereur contre ses fils, mais pour Pepin, c'est-à-dire pour l'Aquitaine, même contre l'empereur. App. 163.

326: App. 164.

327: App. 165.

328: Nithard.

329: App. 166.

330: On en peut juger par la modération extraordinaire des jeux militaires donnés à Worms par Charles et Louis. «La multitude se tenait tout autour; et d'abord, en nombre égal, les Saxons, les Gascons, les Ostrasiens et les Bretons de l'un et de l'autre parti, comme s'ils voulaient se faire mutuellement la guerre, se précipitaient les uns sur les autres d'une course rapide. Les hommes de l'un des deux partis prenaient la fuite en se couvrant de leurs boucliers, et feignant de vouloir échapper à la poursuite de l'ennemi; mais, faisant volte-face, ils se mettaient à poursuivre ceux qu'ils venaient de fuir, jusqu'à ce qu'enfin les deux rois, avec toute la jeunesse, jetant un grand cri, lançant leurs chevaux et brandissant leurs lances, vinssent charger et poursuivre dans leur fuite, tantôt les uns, tantôt les autres. C'était un beau spectacle à cause de toute cette grande noblesse, et à cause de la modération qui y régnait. Dans une telle multitude, et parmi tant de gens de diverse origine, on ne vit pas même ce qui se voit souvent entre gens peu nombreux et qui se connaissent, nul n'osait en blesser ou en injurier quelque autre.» (Nithard.)

331: «Pour l'amour de Dieu et pour le peuple chrétien, et notre commun salut, de ce jour en avant, et tant que Dieu me donnera de savoir et de pouvoir, je soutiendrai mon frère Karle ici présent, par aide et en toute chose, comme il est juste qu'on soutienne son frère, tant qu'il fera de même pour moi. Et jamais, avec Lother, je ne ferai aucun accord qui de ma volonté soit au détriment de mon frère.»—App. 167.

332: «Si Lodewig garde le serment qu'il a prêté à son frère Karle, et si Karle, mon seigneur, de son côté ne le tient pas, si je ne puis l'y ramener, ni moi ni aucun autre, je ne lui donnerai nulle aide contre Lodewig.»—Les Allemands répétèrent la même chose dans leur langue, en changeant seulement l'ordre des noms.

333: «Tous les peuples qui habitaient entre la Meuse et la Seine envoyèrent des messagers à Charles (840), lui demandant de venir vers eux avant que Lothaire occupât leur pays, et lui promettant d'attendre son arrivée. Charles, accompagné d'un petit nombre de gens, se hâta de se mettre en route, et arriva d'Aquitaine à Kiersy; il y reçut avec bienveillance les gens qui vinrent à lui de la forêt des Ardennes et des pays situés au-dessous. Quant à ceux qui habitaient au delà de cette forêt, Herenfried, Gislebert, Bovon et d'autres, séduits par Odulf, manquèrent à la fidélité qu'ils avaient jurée.» (Nithard.)

334: Nithard.

335: Idem.

336: Nithard. «Il envoya des messagers en Saxe, promettant aux hommes libres et aux serfs (frilingi et lazzi), dont le nombre est immense, que, s'ils se rangeaient de son parti, il leur rendrait les lois dont leurs ancêtres avaient joui au temps où ils adoraient les idoles. Les Saxons, avides de ce retour, se donnèrent le nouveau nom de Stellinga, se liguèrent, chassèrent presque du pays leurs seigneurs, et chacun, selon l'ancienne coutume, commença à vivre sous la loi qui lui plaisait. Lothaire avait de plus appelé les Northmans à son secours, leur avait soumis quelques tribus de chrétiens, et leur avait même permis de piller le reste du peuple de Christ. Louis craignit que les Northmans ainsi que les Esclavons ne se réunissent, à cause de la parenté, aux Saxons qui avaient pris le nom de Stellinga, qu'ils n'envahissent ses États et n'y abolissent la religion chrétienne.» App. 168.

337: App. 169.

338: App. 170.

339: Une abbaye, dit fort bien M. de Chateaubriand, n'était autre chose que la demeure d'un riche patricien romain, avec les diverses classes d'esclaves et d'ouvriers attachés au service de la propriété et du propriétaire, avec les villes et les villages de leur dépendance. Le Père abbé était le maître; les moines, comme les affranchis de ce maître, cultivaient les sciences, les lettres et les arts.—L'abbaye de Saint-Riquier possédait la ville de ce nom, treize autres villes, trente villages, un nombre infini de métairies. Les offrandes en argent faites au tombeau de saint Riquier s'élevaient seules par an à près de deux millions de notre monnaie.—Le monastère de Saint-Martin d'Autun, moins riche, possédait cependant, sous les Mérovingiens, cent mille menses.

340: Flodoard.

341: Nithard.

342: Nithard: «Sequana, mirabile dictu!... repente aere sereno tumescere cœpit.»

343: App. 171.

344: Nithard.—Avant de quitter Angers (873), Charles-le-Chauve voulut assister aux cérémonies que firent les Angevins à leur rentrée dans la ville, pour remettre dans les châsses d'argent qu'ils avaient emportées les corps de saint Aubin et de saint Lézin.

345: App. 172.

346: En 851, «Traité d'alliance et de secours mutuel entre les trois fils de Louis-le-Débonnaire, et pour faire poursuivre ceux qui fuiraient l'excommunication des évêques d'un royaume à l'autre, ou emmèneraient une parente incestueuse, une religieuse, une femme mariée.»

347: App. 173.

348: Flodoard.

349: Dans sa profession de foi, Gotteschalk demanda à prouver sa doctrine en passant par quatre tonneaux d'eau bouillante, d'huile, de poix, et en traversant un grand feu. App. 174.

350: Selon quelques-uns, Raban et son maître Alcuin auraient été Scots. (Low.)

Guillaume de Malmesbury rapporte l'anecdote suivante: «Jean était assis à table en face du roi, et de l'autre côté de la table. Les mets ayant disparu, et comme les coupes circulaient, Charles, le front gai, et après quelques autres plaisanteries, voyant Jean faire quelque chose qui choquait la politesse gauloise, le tança doucement en lui disant: Quelle distance y a-t-il entre un sot et un Scot? (Quid distat inter sottum et Scotum?)—Rien que la table, répondit Jean, renvoyant l'injure à son auteur.»

351: Jean Érigène: «La vraie philosophie est la vraie religion, et réciproquement la vraie religion est la vraie philosophie.»—App. 175.

352: Wargr, loup; wargus, banni. Voy. Grimm.

353: App. 176.

354: La forme poétique de la tradition qui leur donne pour compagnes les Vierges au bouclier indique assez que ce fut une exception, et qu'ils avaient rarement des femmes avec eux.

355: Raoul Glaber: «Dans la suite des temps naquit, près de Troyes, un homme de la plus basse classe des paysans, nommé Hastings. Il était d'un village appelé Tranquille, à trois milles de la ville; il était robuste de corps et d'un esprit pervers. L'orgueil lui inspira, dans sa jeunesse, du mépris pour la pauvreté de ses parents; et cédant à son ambition, il s'exila volontairement de son pays. Il parvint à s'enfuir chez les Normands. Là, il commença par se mettre au service de ceux qui se vouaient à un brigandage continuel pour procurer des vivres au reste de la nation, et que l'on appelait la flotte (flotta).»

356: App. 177.

357: Ils appelaient ainsi leurs barques, drakars, snekkars.

358: Le cor d'ivoire joue un grand rôle dans les légendes relatives aux Normands, par exemple dans la légende bretonne de Saint-Florent: «Le moine Guallon fut envoyé à Saint-Florent... Lorsqu'il fut entré dans le couvent, il chassa des cryptes les laies sauvages qui s'y étaient établies avec leurs petits... Ensuite il alla trouver Hastings, le chef normand, qui résidait encore à Nantes... Lorsque le chef le vit venir à lui avec des présents, il se leva aussitôt et quitta son siège, et appliqua ses lèvres sur ses lèvres; car il professait, dit-on, tellement quellement le christianisme... Il donna au moine un cor d'ivoire, appelé le Cor des tonnerres, ajoutant que, lorsque les siens débarqueraient pour le pillage, il sonnât de ce cor, et qu'il ne craignît rien pour son avoir aussi loin que le son pourrait être entendu des pirates.»

359: Le couvent se racheta lui-même plusieurs fois et finit par être réduit en cendres.

360: App. 178.

361: App. 179.

362: Suivant l'annaliste de Saint-Bertin, il fut empoisonné par un médecin juif.

363: App. 180.

364: Annales de Saint-Bertin.

365:

Einen Kuning weiz ich,
Heisset er Ludwig
Der gerne Gott dienet, etc.

Un chroniqueur, postérieur de deux siècles, ne craint pas d'affirmer qu'Eudes, qui faisait la guerre pour Louis, tua aux Normands cent mille hommes. (Marianus Scotus.)

366: C'est ainsi qu'Haroun-al-Raschid met en pièces les armes que lui apportent les ambassadeurs de Constantinople. On sait l'histoire de l'arc d'Ulysse dans l'Odyssée, de l'arc du roi d'Éthiopie dans Hérodote.

367: App. 181.

368: Il assure l'héritage au fils, lors même qu'il est encore enfant à la mort du père. S'il n'y a point de fils, le prince disposera du comté.

369: Il fut élu au concile de Mantaille par vingt-trois évêques du Midi et de l'Orient de la Gaule.

370: App. 182.

371: Les comtes de Flandre portèrent d'abord ce nom, ainsi que les comtes d'Anjou.

372: App. 183.

373: App. 184.

374: App. 185.

375: Lorsque Charles-le-Simple appela ses vassaux contre les Hongrois, en 919, aucun ne vint à son ordre, hors l'archevêque de Reims, Hérivée, qui lui amena quinze cents hommes d'armes. (Flodoard.)—Louis-d'Outre-mer confirma, en 953, tous les anciens privilèges de l'Église de Reims; ils furent confirmés de nouveau par Lothaire en 955, et plus tard par les Othons.

376: App. 186.

377: App. 187.

378: App. 188.

379: Il ne faut pas se représenter cet Eudes comme assis dans de paisibles possessions, ainsi que le furent après lui Hugues-le-Grand et Hugues-Capet. Il n'avait qu'un royaume flottant, ou plutôt qu'une armée. C'est un chef de partisans qu'on voit combattre tour à tour le Nord et le Midi, la Flandre et l'Aquitaine.

380: «Louis-d'Outre-mer épousa Gerberge, sœur de l'empereur Othon; le duc Hugues-le-Grand, voyant cela, afin de lui rendre coup pour coup, et de contre-balancer le crédit que Louis avait obtenu auprès d'Othon, prit pour femme l'autre sœur, Hedwige. De ces deux sœurs sortirent la race impériale de Germanie et les races royales de France et d'Angleterre.» (Albéric des Trois-Fontaines.)

381: Hedwige et Gerberge se mirent ensemble sous la protection de Bruno, et il rétablit la paix entre ses neveux. (Flodoard.) Les deux sœurs vinrent rendre visite à Othon, lorsqu'il vint à Aix, en 965, et jamais, dit la chronique, ils ne ressentirent pareille joie. (Vie de saint Bruno.)

382: Nous remarquerons, à l'occasion de cette observation de M. Thierry, que les Carlovingiens, dans leur dégénération, ne tombèrent pas si bas que les Mérovingiens. Si Louis-le-Bègue fut surnommé Nihil-fecit, il faut se souvenir qu'il ne régna que dix-huit mois; et les Annales de Metz vantent sa douceur et son équité.—Louis III et Carloman remportèrent une victoire sur les Northmans (879).—Charles-le-Sot fit avec eux un traité fort utile (911). Il battit son rival le roi Robert, et le tua, dit-on, de sa main.—Louis-d'Outre-mer montra un courage et une activité qui n'auraient pas dû lui attirer cette satire: «Dominus in convivio, rex in cubiculo.»—Enfin, suivant l'observation de D. Vaissette, la jeunesse de Louis-le-Fainéant lui-même, la brièveté de son règne, et la valeur dont il fit preuve au siège de Reims, ne méritaient pas ce surnom des derniers Mérovingiens.

383: Gerbert.

384: Chronique de Sithiu.

385: Acta SS. ord. S. Bened., sec. V.

386: Raoul Glaber, moine de Cluny, mort en 1048, se contente de dire: «Hugues-Capet était fils d'Hugues-le-Grand, et petit-fils de Robert-le-Fort; mais j'ai différé de rapporter son origine, parce qu'en remontant plus haut elle est fort obscure.»—Dante a reproduit l'opinion populaire qui faisait descendre les Capets d'un boucher de Paris.

Di me son nati i Filippi i Luigi,
Per cui novellamente è Francia retta.
Figliuol fui d'un beccaio di Parigi,
Quando li regi antichi vener meno,
Tutti fuor ch'un renduto in panni bigi.

387: Un moine de Maillezais (Poitou) dit dans sa Chronique:..... Regnare Francis rex Robertus ferebatur.—Le duc d'Aquitaine, c'était alors (1016) Guillaume de Poitiers, reconnaissait le roi d'Arles pour suzerain.

388: Déjà Charles-le-Chauve, dans la première époque de son règne, ne voyait que par les yeux d'Hincmar. Ce fut encore Hincmar qui dirigea Louis-le-Bègue et qui fit roi Louis III, comme il s'en vantait lui-même.—Son successeur Foulques fut le protecteur de Charles-le-Simple en bas âge. Il le couronna en 893, à l'âge de quatorze ans, traita pour lui avec le roi Arnulf et avec Eudes, et le fit enfin roi en 898.—Après lui, Herivée ramena à Charles-le-Simple, en 920, ses vassaux révoltés, et raffermit sa royauté chancelante. Seul il vint le défendre avec ses hommes contre l'invasion des Hongrois.—Louis-d'Outre-mer fit la guerre à Héribert avec l'archevêque Arnoul, et lui accorda le droit de battre monnaie.

389: Ainsi les terminaisons ac, oc, du midi de la France, rattacheraient les noms d'hommes et de lieux à un pluriel, conformément au génie des gentes pélasgiques, exprimé nettement dans l'italien moderne, où les noms d'homme sont des pluriels: Alighieri, Fieschi, etc.

390: Vasco, Wasco, en langue basque, signifie homme, dit le dictionnaire de Laramandi (édition de 1743, sous ce titre pompeux: El impossible vincido, arte della lingua Bascongada, imprimé à Salamanque). Voy. aussi Laboulinière, Voyage dans les Pyrénées françaises, I, 235.

391: Osca, d'eusi, aboyer; parler? d'otsa, bruit? Chaque peuple barbare se considérait comme parlant seul un vrai langage d'homme. En opposition à euscaldunac, ils disent er-d-al-dun-ac; de arra, erria, terre; ainsi erdaldunac, qui parlent la langue du pays; les Basques français appellent ainsi les Français, les Biscayens les Castillans.

392: Toutefois, dun (duna, avec l'article) est une terminaison commune de l'adjectif basque. De arra, ver; ar-duna, plein de vers. De erstura, angoisse; erstura-dun-a, plein d'angoisses. Eusc-al-dun-ac, les Basques. Caladunum peut signifier en basque, contrée riche en joncs.

393: On peut cependant citer encore Mauléon en Gascogne et en Poitou (Maulin en basque).—En Bretagne: Rennes, Batz, Alet, Morlaix. (On trouve dans les Pyrénées: Rasez, Rœdæ, pagus Redensis ou Radensis, comme Redon, Redonas, Morlaas, etc.—On trouve encore en Bretagne un Auvergnac, un Montauban du côté de Rennes.)—Les mots Auch, Occitanie, Gard, Gers, Garonne, Gironde, semblent aussi d'origine basque.—Montesquieu, Montesquiou, de Eusquen?

394: L'aruspicine et la flûte des Vascons étaient célèbres, comme celle des Étrusques et Lydiens, Lamprid. Alex. Sever.—Vasca tibia dans Solin, c. V;—Servius, XI Æn., et apud auctorem veteris glossarii latino-græci. Aujourd'hui ils n'ont pas d'autre instrument (comme les highlanders écossais la cornemuse), Strabon, l. III.

395: Suivant Bullet, Lar, en celtique, signifie feu. En vieil irlandais il signifie le sol d'une maison, la terre, ou bien une famille (?).—Lere, tout-puissant.—Joun, iauna, en basque Dieu (Janus, Diana). En Irlandais, Anu, Ana (d'où Jona?) mère des Dieux, etc., etc.

396: Bed. Hist. Eccl., II, c. XIII: «Cui primus pontificum ipsius Coifi continuo respondit» (premier prêtre d'Edwin, roi de Northumbrie, converti par Paulinus au commencement du septième siècle). Macpherson. Dissert. on the celt. antiq.—Coibhi-draoi, druide coibhi, est une expresion usitée en Écosse pour désigner une personne de grand mérite (Voy. Mac Intosh's Gaelic Proverbs, p. 34.—Haddleton, Notes on Tolland, page 279). Un proverbe gaélique dit: «La pierre ne presse pas la terre de plus près que l'assistance de Coibhi (bienfaisance, attribut du chef des druides?).»

397: Davies Mythol., p. 271, 277. Ammian. Marcell., liv. XV: «Druidæ ingeniis celsiores, ut authoritas Pythagoræ decrevit, sodalitiis astricti consortiis, quæstionibus occultarum rerum altarumque erecti sunt, etc.»

398: Sur le bord de la Seine, près de Duclair, est une roche très élevée, connue sous le nom de Chaise de Gargantua; près d'Orches, à deux lieues de Blois, la Chaise de César; près de Tancarille, la Pierre Géante, ou Pierre du géant.

399: Un roi d'Irlande, nommé Cormac, écrivit en 260 de Triadibus, et quelques triades sont restées dans la tradition irlandaise sous le nom de Fingal. Les Irlandais marchaient au combat trois par trois; les highlanders d'Écosse sur trois de profondeur. Nous avons déjà parlé de la trimarkisia.—Au souper, dit Giraldus Cambrensis, les Gallois servent un panier de végétaux devant chaque triade de convives; ils ne se mettent jamais deux à deux (Logan, the Scotish Gaël).

400: Dans Grégoire de Tours (ap. Scr. Fr, II, 467), saint Simplicius voit de loin promener par la campagne, sur un char traîné par des bœufs, une statue de Cybèle. La Cybèle germanique, Erlha, était traînée de même. Tacit. German.

401: On voit, dans le moine de Saint-Gall, un pauvre qui a honte d'être roux: «Pauperculo valde rufo, galliculâ suâ quia pileum non habet, et de colore suo nimium erubuit, caput induto...» Lib. I, ap. Scr. Fr., V.

402:

Moi, je vueil l'œil et brun le teint,
Bien que l'œil verd toute la France adore.

Ronsard.

Ode à Jacques Lepeletier,—Legrand d'Aussy, I, 369: «Les cheveux de ma femme, qui aujourd'hui me paraissent noirs et pendants, me semblaient alors blonds, luisants et bouclés. Ses yeux, qui me semblent petits, je les trouvais bleus, charmants et bien fendus.» (Le Mariage; Aliàs: Le Jeu d'Adam, le Bossu d'Arras.)

403: Le chef suprême des Truands s'appelait dans leur langage coërse, et ses principaux officiers cagoux, ou archisuppôts.

404: Bullet croit trouver dans ce fait un rapport avec l'histoire de Berthe, la reine pédauque (pes aucæ, pied d'oie. Voy. mon IIe volume). Un passage de Rabelais indique qu'on voyait une image de la reine Pédauque à Toulouse. Les contes d'Eutrapel nous apprennent qu'on jurait à Toulouse par la quenouille de la reine Pédauque. Cette locution rappelle le proverbe: Du temps que la reine Berthe filait (Bullet, Mythologie française).