127—page 428Les envoyés du Vieux de la Montagne, etc...

Il envoya demander au roi l'exemption du tribut qu'il payait aux Hospitaliers et aux Templiers. «Darière l'amiral avoit un Bacheler bien atourné, qui tenoit trois coutiaus en son poing, dont l'un entroit ou manche de l'autre; pour ce que se l'amiral eust été refusé, il eust présenté au roy ces trois coutiaus pour li deffier. Darière celi qui tenoit les trois coutiaus, avoit un autre qui tenoit un bouqueran (pièce de toile de coton) entorteillé entour son bras, que il eust aussi présenté au roi pour li ensevelir, se il eust refusée la requeste au Vieil de la Montaigne.» Joinville, p. 95.—«Quand le viex chevauchoit, dit encore Joinville, il avoit un crieur devant li qui portait une hache danoise à lonc manche tout couvert d'argent, à tout pleins de coutiaus férus ou manche et crioit: «Tournés-vous «de devant celi qui porte la mort des rois entre ses mains.» P. 97.

Les Francs dans l'abondance s'énervaient...

Joinville, p. 37: «Le commun peuple se prist aus foles femmes, dont il avint que le roy donna congié à tout plein de ses gens, quant nous revinmes de prison; et je li demandé pourquoy il avoit ce fait; et il me dit que il avoit trouvé de certein, que au giet d'une pierre menue, entour son paveillon tenoient cil leur bordiaus à qui il avoit donné congié, et ou temps du plus grant meschief que l'ost eust onques été.»—«Les barons qui deussent garder le leur pour bien emploier en lieu et en tens, se pristrent à donner les grans mangers et les outrageuses viandes.»

128—page 428Un coup de vent ayant poussé saint Louis vers Damiette...

«Il est vraisemblable que saint Louis aurait opéré sa descente sur le même point que Bonaparte (à une demi-lieue d'Alexandrie), si la tempête qu'il avait essuyée en sortant de Limisso, et les vents contraires peut-être, ne l'avaient porté sur la côte de Damiette. Les auteurs arabes disent que le soudan du Caire, instruit des dispositions de saint Louis, avait envoyé des troupes à Alexandrie comme à Damiette, pour s'opposer au débarquement.» Michaud, IV, 236.

129—page 433Saint Louis prisonnier...

On dit au roi que les amiraux avaient délibéré de le faire soudan de Babylone... «Et il me dit qu'il ne l'eust mie refusé. Et sachiez que il ne demoura (que ce dessein n'échoua) pour autre chose que pource que ils disoient que le Roy estoit le plus ferme crestien que en peust trouver; et cest exemple en monstroient, à ce que quant ils se partoient de la héberge, il prenoit sa croiz à terre et seignoit tout son cors; et disoient que se celle gent fesoient soudanc de li, il les occiroit tous, ou ils deviendroient crestiens.» Joinville, p. 78.

Les Arabes chantèrent sa défaite et plus d'un peuple chrétien, etc...

Suivant M. Rifaut, la chanson qui fut composée à cette occasion se chante encore aujourd'hui.—Reinaud, Extraits d'historiens arabes (Biblioth. des Croisades, IV, 475).—Suivant Villani, Florence, où dominaient les Gibelins, célébra par des fêtes le revers des croisés. Michaud, IV, 373.

Sa mère était morte...

Joinville, p. 126: «À Sayette vindrent les nouvelles au Roy que sa mère estoit morte. Si grand deuil en mena, que de deux jours on ne pot oncques parler à li. Après ce m'envoia querre par un vallet de sa chambre. Quant je ving devant li en sa chambre, là où il estoit tout seul, et il me vit et estandi ses bras et me dit: À! Seneschal! j'ai pardu ma mère.»—Lorsque saint Louis traitait avec le soudan pour sa rançon, il lui dit que s'il voulait désigner une somme raisonnable, il manderait à sa mère qu'elle la payât. «Et ils distrent: Comment est-ce que vous ne nous voulez dire que vous ferez ces choses? et le roy respondi que il ne savoit se la reine le vourroit faire pour ce que elle estoit sa dame.» Ibid., 73.

130—page 436L'insurrection des Pastoureaux...

Math. Paris, p. 550, sqq.—«Aux premiers soulèvements du peuple de Sens, les rebelles se créèrent un clergé, des évêques, un pape avec ses cardinaux.» Continuateur de Nangis, 1315.—Les Pastoureaux avaient aussi une espèce de tribunal ecclésiastique. Ibid., 1320.—Les Flamands s'étaient soumis à une hiérarchie, à laquelle ils durent de pouvoir prolonger longtemps leur opiniâtre résistance. Grande Chron. de Flandre, quatorzième siècle.—Les plus fameux routiers avaient pris le titre d'archiprêtres. Froissart, vol. I, ch. CLXXVII.—Les Jacques eux-mêmes avaient formé une monarchie. Ibid., ch. CLXXXIV.—Les Maillotins s'étaient de même classés en dizaines, cinquantaines et centaines. Ibid., ch. CLXXXII-III-IV, Juvén. des Ursins, ann. 1382, et Anon. de Saint-Denis, hist. de Ch. VI; Monteil, t. I, p. 286.

131—page 440Une association s'était formée, etc...

À la tête se trouvait Robert Twinge, chevalier du Yorkshire, qu'une provision papale avait privé du droit d'élire à un bénéfice provenant de sa famille. Ces associés, bien qu'ils ne fussent que quatre-vingts, parvinrent, par la célérité et le mystère de leurs mouvements, à persuader au peuple qu'ils étaient en bien plus grand nombre. Ils assassinèrent les courriers du pape, écrivirent des lettres menaçantes aux ecclésiastiques étrangers, etc. Au bout de huit mois, le roi interposa son autorité. Twinge se rendit à Rome, où il gagna son procès, et conféra le bénéfice, etc. Lingard, III, 161.

132—page 447L'empereur Frédéric II...

«Frédéric, dit Villani (l. VI, c. I), fut un homme doué d'une grande valeur et de rares talents; il dut sa sagesse autant aux études qu'à sa prudence naturelle. Versé en toute chose, il parlait la langue latine, notre langue vulgaire (l'italien), l'allemand, le français, le grec et l'arabe. Abondant en vertus, il était généreux, et à ses dons il joignait encore la courtoisie; guerrier vaillant et sage, il fut aussi fort redouté. Mais il fut dissolu dans la recherche des plaisirs; il avait un grand nombre de concubines, selon l'usage des Sarrasins; comme eux, il était servi par des mameluks; il s'abandonnait à tous les plaisirs des sens, et menait une vie épicurienne, n'estimant pas qu'aucune autre vie dût venir après celle-ci... Aussi ce fut la raison principale pour laquelle il devint l'ennemi de la sainte Église.»

«Frédéric, dit Nicolas de Jamsila (Hist. Conradi et Manfredi, t. VIII, p. 495), fut un homme d'un grand cœur; mais la sagesse, qui ne fut pas moins grande en lui, tempérait sa magnanimité, en sorte qu'une passion impétueuse ne déterminait jamais ses actions, mais qu'il procédait toujours avec la maturité de la raison... Il était zélé pour la philosophie; il la cultiva pour lui-même, il la répandit dans ses États. Avant les temps heureux de son règne, on n'aurait trouvé en Sicile que peu ou point de gens de lettres; mais l'empereur ouvrit dans son royaume des écoles pour les arts libéraux et pour toutes les sciences; il appela des professeurs de différentes parties du monde, et leur offrit des récompenses libérales. Il ne se contenta pas de leur accorder un salaire; il prit sur son propre trésor de quoi payer une pension aux écoliers les plus pauvres, afin que dans toutes les conditions les hommes ne fussent point écartés par l'indigence de l'étude de la philosophie. Il donna lui-même une preuve de ses talents littéraires, qu'il avait surtout dirigés vers l'histoire naturelle, en écrivant un livre sur la nature et le soin des oiseaux, où l'on peut voir combien l'empereur avait fait de progrès dans la philosophie. Il chérissait la justice, et la respectait si fort, qu'il était permis à tout homme de plaider contre l'empereur, sans que le rang du monarque lui donnât aucune faveur auprès des tribunaux, ou qu'aucun avocat hésitât à se charger contre lui de la cause du dernier de ses sujets. Mais, malgré cet amour pour la justice, il en tempérait quelquefois la rigueur par sa clémence.» (Traduction de Sismondi. Remarquez que Villani est guelfe, et Jamsila gibelin.)

133—page 447Le royaume de Naples resta au bâtard Manfred, au vrai fils de Frédéric II...

Voici le portrait qu'en font les contemporains, Math. Spinelli, Ricordon, Summonte, Collonueio, etc. Il était doué d'un grand courage, aimait les arts, était généreux et avait beaucoup d'urbanité. Il était bien fait et beau de visage; mais il menait une vie dissolue; il déshonora sa sœur, mariée au comte de Caserte; il ne craignait ni Dieu ni les saints; il se lia avec les Sarrasins, dont il se servit pour tyranniser les ecclésiastiques, et s'adonna à l'astrologie superstitieuse des Arabes.—Il se vantait de sa naissance illégitime, et disait que les grands naissaient d'ordinaire d'unions défendues. Michaud, V, 43.

134—page 452L'horreur pour les Sarrasins avait diminué...

Saint Louis montra pour les Sarrasins une grande douceur. «Il fesait riches moult de Sarrasins que il avait fèt baptizer, et les assembloit par mariages avecque crestiennes... Quand il estoit outre mer, il commanda et fist commander à sa gent que ils n'occissent pas les femmes ne les enfans des Sarrasins; ainçois les preissent vis et les amenassent pour fère les baptisier. Ausinc il commandoit en tant come il pooit, que les Sarrasins ne fussent pas ocis, mès fussent pris et tenuz en prizon. Et aucune foiz forfesait l'en en sa court d'escueles d'argent ou d'autres choses de telle manière; et doncques li benoiez rois le soufroit débonnèrement, et donnoit as larrons aucune somme d'argent, et les envéoit outre mer; et ce fist-il de plusieurs. Il fut tosjors à autrui moult plein de miséricorde et piteus.» Le Confesseur, p. 302, 388.

135—page 464Saint Louis envoyait des Mendiants pour surveiller les provinces, etc...

Math. Paris, ad. ann. 1247, p. 493.—Par son testament (1269), il leur légua ses livres et de fortes sommes d'argent, et institua pour nommer aux bénéfices vacants un conseil composé de l'évêque de Paris, du chancelier, du prieur des Dominicains et du gardien des Franciscains. Bulsæus, III, 1269.—Après la première croisade, il eut toujours deux confesseurs, l'un dominicain, l'autre franciscain; Gaufred., de Bell. loc, ap. Duchesne, V, 451.—Le confesseur de la reine Marguerite rapporte qu'il eut la pensée de se faire dominicain, et que ce ne fut qu'avec peine que sa femme l'en empêcha.—Il eut soin de faire transmettre au pape le livre de Guillaume de Saint-Amour. Le pape l'en remercia, en le priant de continuer aux moines sa protection. Bulæus, III, 313.

136—page 466 et note 1En 1246, Pierre Mauclerc forme une ligue contre le clergé, etc...

Trésor des chartes, Champagne, VI, no 84; et ap. Preuves des libertés de l'Église gallicane, I, 29.

1247. Ligue de Pierre de Dreux Mauclerc avec son fils le duc Jean, le comte d'Angoulême et le comte de Saint-Pol, et beaucoup d'autres seigneurs, contre le clergé.—«À tous ceux qui ces lettres verront, nous tuit, de qui le séel pendent en cet présent escript, faisons à sçavoir que nous, par la foy de nos corps, avons fiancez sommes tenu, nous et notre hoir, à tousjours à aider li uns à l'autre, et à tous ceux de nos terres et d'autres terres qui voudront estre de cette compagnie, à pourchacier, à requerre et à défendre nos droits et les leurs en bonne foy envers le clergié. Et pour ce que grieffsve chose seroit, nous tous assembler pour cette besogne, nous avons eleu, par le commun assent et octroy de nous tous, le duc de Bourgogne, le comte Perron de Bretaigne, le comte d'Angolesme et le comte de Sainct-Pol;... et si aucuns de cette compagnie estoient excommuniez, par tort conneu par ces quatre, que le clergié li feist, il ne laissera pas aller son droict ne sa querele pour l'excommuniement, ne pour autre chose que on li face, etc.» Preuv. des lib. de l'Égl. gallic, I, 99. Voy. aussi p. 95, 97, 98.

137—page 467Cette âme tendre et pieuse, blessée dans tous ses amours, etc...

Lorsque saint Louis eut résolu de retourner en France «lors me dit robe entre ly et moy sanz plus, et me mist mes deux mains entre les seues, et le légat que je le convoiasse jusques à son hostel. Lors s'enclost en sa garde, commensa à plorer moult durement; et quand il pot parler, si me dit: Seneschal, je sui moult li, si en rent graces à Dieu, de ce que le roy et les autres pèlerins eschapent du grand péril là où vous avez esté en celle terre; et moult sui à mésaise de crier de ce que il me convendra lessier vos saintes compaingnies, et aler à la court de Rome, entre cel desloial gent qui y sont.»

138—page 475Guillaume de Saint-Amour contre les Mendiants...

Les ordres Mendiants étaient fort effrayés. «Cum prædicto volumini respondere fuisset prædicto doctori (Thomæ), non sine singultu et lacrymis, assignatum, qui de statu ordinis de pugna adversariorum tara gravium dubitabant, Fr. Thomas ipsum volumen accipiens et se fratrum orationibus recommendans...», Guill. de Thoco, vit. S. Thomæ, ap. Acta SS. Martis, I.

139—page 476Albert-le-Grand déclara que saint Thomas avait fixé la règle...

Processus de S. Thom. Aquin., ap. Acta SS. Martis, I, p. 714: «Concludit quod Fr. Thomas in scripturis suis imposuit finem omnibus laborantibus usque ad finem sæculi, et quod omnes deinceps frustra laborarent.»—«Fuit (S. Thomas) magnus in corpore et rectæ staturæ... coloris triticei... magnum habens caput... aliquantulum calvus. Fuit tenerrimæ complexionis in carne.» Acta SS., p. 672.—«Fuit grossus.» Processus de S. Thom., ibid.

140—page 482Le roi apparaît à la poésie féodale comme un lâche...

Passage de Guill. au court nez (Paris, introd. de Berte aux grands pieds), cité dans Gérard de Nevers.

Grant fu la cort en la sale à Loon,
Moult ot as tables oiseax et venoison.
Qui que manjast la char et le poisson,
Oncques Guillaume n'en passa le menton:
Ains menja tourte, et but aigue à foison.
Quant mengier orent li chevalier baron,
Les napes otent escuier et garçon.
Li quens Guillaume mist le roi à raison:
—«Qu'as en pensé», dit-il, li fiés Charlon?
«Secores-moi vers la geste Mahon.»
Dist Loéis: «Nous en consillerons,
«Et le matin savoir le vous ferons
«Ma volonté, se je irai o non.»
Guillaume l'ot, si taint corne charbon,
Il s'abaissa, si a pris un baston.
Puis dit au roi: «Vostre fiez tos rendon,
«N'en tenrai mès vaillant une esperon,
Ne vostre ami ne serai ne voste hom,
Et si venrez, o vous voiliez o non.»

(Ms. de Gérard de Nevers, no 7498, treizième siècle, corrigé sur le texte le plus ancien du ms. de Guillaume au Cornès, no 6995.)

141—page 484On remonte au vieil élément indigène, etc...

Le principal dépôt des traditions bretonnes du moyen âge est l'ouvrage du fameux Geoffroi de Monmouth. Sur la véracité de cet auteur et les sources où il a puisé, voyez Ellis, Intr. metrical romances; Turner, Quarterly review, janvier 1820; Delarue, Bardes armoricains; et surtout la dernière édition de Warton (1834), avec notes de Douce et de Park; voyez aussi les critiques de Ritson, quelques passages des poésies de Marie de France, publiés par M. de Roquefort, 1820, etc.

142—page 487, note 2La fête de l'âne...

On chantait la prose suivante:

Orientis partibus
Adventavit asinus
Pulcher et fortissimus
Sarcinis aptissimus.
Hez, sire asnes, car chantez
Belle bouche rechignez,
Vous aurez du foin assez
Et de l'avoine à plantez.
Lentus erat pedibus
Nisi foret baculus
Et eum in clunibus
Pungeret aculeus.
Hez, sire asnes, etc.
Hic in collibus Sichem
Jam nutritus sub Ruben,
Transiit per Jordanem,
Saliit in Bethleem.
Hez, sire asnes, etc.
Ecce magnis auribus
Subjugalis filius
Asinus egregius
Asinorum dominus.
Hez, sire asnes, etc.
Saltu vincit hinnulos,
Damas et capreolos,
Super dromedarios
Velox Madianeos.
Hez, sire asnes, etc.
Aurum de Arabia,
Thus et myrrham de Saba,
Tulit in ecclesia
Virtus asinaria.
Hez, sire asnes, etc.
Dum trahit véhicula
Multa cum sarcinula,
Illius mandibula
Durat terit pabula.
Hez, sire asnes, etc.
Cum aristis hordeum
Comedit et corduum;
Triticum e palea
Segregat in area.
Hez, sire asnes, etc.
Amen dicas Asine (hic genuflectebatur)
Jam satur de gramine:
Amen, amen itera,
Aspernare vetera.
Hez va! hez va! hez va hez!
Biax sire asnes car allez
Belle bouche car chantez.

(Ms. du treizième siècle, ap. Ducange, Glossar.)

143—page 493La cathédrale de Cologne, le type de l'architecture gothique...

Les maîtres de cette ville ont bâti beaucoup d'autres églises. Jean Hûltz, de Cologne, continue le clocher de Strasbourg.—Jean de Cologne, en 1369, bâtit les deux églises de Campen, au bord du Zuiderzée, sur le plan de la cathédrale de Cologne.—Celle de Prague s'élève sur le même plan.—Celle de Metz y ressemble beaucoup.—L'évêque de Burgos, en 1442, emmène deux tailleurs de pierres de Cologne pour terminer les tours de sa cathédrale. Ils font les flèches sur le plan de celle de Cologne.—Des artistes de Cologne bâtissent Notre-Dame de l'Épine, à Châlons-sur-Marne. Boisserée, p. 15.

144—page 496Les méandres de l'église de Reims...

On voyait dans plusieurs églises, entre autres à Chartres et à Reims, une spirale de mosaïque, ou labyrinthe, ou dædalus, placé au centre de la croisée. On y venait en pèlerinage; c'était l'emblème de l'intérieur du temple de Jérusalem. Le labyrinthe de Reims portait le nom des quatre architectes de l'église. Povillon-Pierard, Description de Notre-Dame de Reims.—Celui de Chartres est surnommé la lieue; il a sept cent soixante-huit pieds de développement. Gilbert, Description de Notre-Dame de Chartres, p. 44.

145—page 499La peinture sur vitres...

Les Romains se servaient depuis Néron des vitres colorées, surtout en bleu. Le beau rouge est plus fréquent dans les anciens vitraux; on disait proverbialement: Vin couleur des vitraux de la Sainte-Chapelle. Ceux de cette église sont du premier âge; ceux de Saint-Gervais, du deuxième et du troisième, et de la main de Vinaigrier et de Jean Cousin. Au deuxième âge, les figures, devenant gigantesques, sont coupées par les vitres carrées. À cette époque appartiennent encore les beaux vitraux des grandes fenêtres de Cologne, qui portent la date de 1509, apogée de l'école allemande; ils sont traités dans une manière monumentale et symétrique.—Angelico da Fiesole est le patron des peintres sur verre. On cite encore Guillaume de Cologne et Jacques Allemand. Jean de Bruges inventa les émaux ou verres à deux couches.—La Réforme réduisit cet art en Allemagne à un usage purement héraldique. Il fleurit en Suisse jusqu'en 1700. La France avait acquis tant de réputation en ce genre, que Guillaume de Marseille fut appelé à Rome, par Jules II, pour décorer les fenêtres du Vatican. À l'époque de l'influence italienne, le besoin d'harmonie et de clair obscur fait employer la grisaille pour les fenêtres d'Anet et d'Écouen; c'est le protestantisme entrant dans la peinture. En Flandre, l'école des grands coloristes (Rubens, etc.) amène le dégoût de la peinture sur verre. Voyez dans la Revue française un extrait du rapport de M. Brongniart à l'Académie des sciences sur la peinture sur verre; voyez aussi la notice de M. Langlois sur les vitraux de Rouen.

FIN DU TOME DEUXIÈME.

TABLE DES MATIÈRES

LIVRE III.—Tableau de la France.

LIVRE IV.