446: On le nomma pape à trente-sept ans... «propter honestatem morum et scientiam litterarum, flentem, ejulantem et renitentem». App. 107.

447: On sait l'histoire du soufflet qu'un juif recevait chaque année à Toulouse, le jour de la Passion.—Au Puy, toutes les fois qu'il s'élevait un débat entre deux juifs, c'étaient les enfants de chœur qui décidaient: «afin que la grande innocence des juges corrigeât la grande malice des plaideurs». Dans la Provence, dans la Bourgogne, on leur interdisait l'entrée des bains publics, excepté le vendredi, le jour de Vénus, où les bains étaient ouverts aux baladins et aux prostituées.

448: La date la plus sinistre, la plus sombre de toute l'histoire est l'an 1200, le 93 de l'Église. C'est l'époque de l'organisation de la grande police ecclésiastique basée sur la confession. Ils ont exterminé un peuple et une civilisation. Voy. Renaissance, Introduction.

449: Déjà Grégoire VII avait exigé des métropolitains un serment d'hommage et de fidélité. App. 108.

450: «L'Allemagne, du sein de ses nuages, lançait une pluie de fer sur l'Italie.» (Cornel. Zanfliet.) Rome se défendait par son climat:

Roma, ferax febrium, necis est uberrima frugum;
Romanæ febres stabili sunt jure fideles.

(Pierre Damien.)

451: Beaudoin Bras-de-Fer avait enlevé, puis épousé Judith, fille de Charles-le-Chauve.

452: Lorsque Philippe apprit les premiers mouvements de grands vassaux, il dit sans s'étonner, en présence de sa cour, au rapport d'une ancienne chronique manuscrite: «Jaçoit ce chose que il facent orendroit (dorénavant) lor forces; et lor grang outraiges et grang vilonies, si me les convient à souffrir; se à Dieu plest, ils affoibloieront et envieilliront, et je croistrai se Dieu plest, en force et en povoir: si en serai en tores (à mon tour) vengié à mon talent.»

453: Par exemple chez le roi Murat et le maréchal Lannes.

454: Boha-Eddin.

455: App. 109.

456: Il jeûnait toutes les fois que sa santé le lui permettait, et faisait lire l'Alcoran à tous ses serviteurs. Ayant vu un jour un petit enfant qui le lisait à son père, il en fut touché jusqu'aux larmes.

457: Avec Lusignan furent faits prisonniers le prince d'Antioche, le marquis de Montferrat, le comte d'Édesse, le connétable du royaume, les grands maîtres du Temple et de Jérusalem, et presque toute la noblesse de la terre sainte.

458: L'historien prétend que les Turcs étaient plus de trois cent mille.

459: «Cum a physicis esset suggestum posse curari eum si rebus venereis uti vellet, respondit: malle se mori, quam in peregrinatione divinà corpus suum per libidinem maculare.»

460: Boha-Eddin.

461: Le catalogue des morts contient les noms de six archevêques, douze évêques, quarante-cinq comtes et cinq cents barons.—Suivant Aboulfarage, il périt cent quatre-vingt mille musulmans.

462: Boha-Eddin, qui rapporte ce propos, le tenait de la bouche même de Saladin.

463: Gaut. de Vinisauf.

464: Joinville. «Le roy Richart fist tant d'armes outremer à celle foys que il y fu, que quant les chevaus aus Sarrasins avoient pouour d'aucun bisson, leur mestre leur disoient: Cuides-tu, fesoient-ils à leur chevaus, que ce soit le roy Richart d'Angleterre? Et quant les enfans aux Sarrasines bréoient, elles leur disoient: Tai-toy, tay-toy, ou je irai querre le roy Richart qui te tuera.»

465: Devant Ptolémaïs, plusieurs barons français passèrent sous les drapeaux d'Angleterre: la Chronique de Saint-Denis n'appelle plus, depuis cette époque, le roi d'Angleterre du nom de Richard, mais de Trichard.

466: Joinville: «Tandis qu'ils estoyent en ces paroles, un sien chevalier lui escria: Sire, Sire, venez juesques ici, et je vous monstrerai Jérusalem.» Et quant il oy ce, il geta sa cote à armer devant ses yex tout en plorant, et dit à Nostre-Seigneur: «Biau Sire Diex, je te pri que tu ne seuffres que je voie ta sainte cité, puisque je ne la puis délivrer des mains de tes ennemis.»

467: Par exemple le camp de Ptolémaïs, en 1191.

468: Les croisés furent souvent admis à la table de Saladin, et les émirs à celle de Richard.

469: Saladin envoya aux rois chrétiens, à leur arrivée, des prunes de Damas et d'autres fruits; ils lui envoyèrent des bijoux. Philippe et Richard s'accusèrent l'un l'autre de correspondance avec les musulmans. Richard portait à Chypre un manteau parsemé de croissants d'argent.—Richard fit proposer en mariage à Malek-Adhel sa sœur, veuve de Guillaume de Sicile; sous les auspices de Saladin et de Richard, les deux époux devaient régner ensemble sur les musulmans et les chrétiens, et gouverner le royaume de Jérusalem. Saladin parut accepter cette proposition sans répugnance; les imans et les docteurs de la loi en furent fort surpris; les évêques chrétiens menacèrent Jeanne et Richard de l'excommunication. Saladin voulut connaître les statuts de la chevalerie, et Malek-Adhel envoya son fils à Richard, pour que le jeune musulman fût fait chevalier dans l'assemblée des barons chrétiens.

470: Le pape refusa.

471: Comme Richard venait d'arriver à Vienne, après trois jours de marche, épuisé de fatigue et de faim, son valet, qui parlait le saxon, alla changer des besants d'or et acheter des provisions au marché. Il fit beaucoup d'étalage de son or, tranchant de l'homme de cour et affectant de belles manières; on aperçut à sa ceinture des gants richement brodés, tels qu'en portaient les grands seigneurs de l'époque; cela le rendit suspect, le bruit du débarquement de Richard s'était répandu en Autriche: on l'arrêta, et la torture lui fit tout avouer.

472:

TELUM LIMOGLÆ
OCCIDIT LEONEM AUGLIÆ.

Une religieuse de Kenterbury fit à Richard cette épitaphe:

«L'avarice, l'adultère, le désir aveugle ont régné dix ans sur le trône d'Angleterre; une arbalète les a détrônés.» (Rog. de Hoveden.)

473: Un légat fut massacré, et sa tête traînée à la queue d'un chien par les rues de la ville. On passa au fil de l'épée jusqu'aux malades de l'hôpital Saint-Jean. On n'épargna que quatre mille des Latins, qui furent vendus aux Turcs.

474: Ce fut Villehardouin qui porta la parole.

475: Villehardouin.

476: Un grand nombre de croisés avaient craint les difficultés du passage par Venise, et s'étaient allés embarquer à d'autres ports. Ces divisions faillirent plusieurs fois faire avorter toute l'entreprise.

477: Le pape menaça les croisés de l'excommunication, parce que le roi de Hongrie, ayant pris la croix, était sous la protection de l'Église.

478: App. 110.

479: En 858, le laïque Photius fut mis à la place du patriarche Ignace par l'empereur Michel III. Nicolas Ier prit le parti d'Ignace. Photius anathématisa le pape en 867.

480: Par une lettre du patriarche Michel à l'évêque de Trani, sur les azymes et le sabbat, et les observances de l'Église romaine.

481: Dans une lettre encyclique, où il raconte la prise de Constantinople, Beaudoin accuse les Grecs d'avoir souvent contracté des alliances avec les infidèles; de renouveler le baptême, de n'honorer le Christ que par des peintures (Christum solis honorare picturis): d'appeler les Latins du nom de chiens, de ne pas se croire coupables en versant leur sang. Il rappelle la mort cruelle du légat envoyé à Constantinople en 1183.

482: Dans un autre engagement: «Li Grieu lor tornèrent les dos, si furent desconfiz à la première assemblée (au premier choc).» (Villehardouin.)

483: Ailleurs il se contente de dire: «Ces Francs étaient aussi hauts que leurs piques.»

484: Villehardouin.

485: Nicétas: «Les croisés se revêtaient, non par besoin, mais pour en faire sentir le ridicule, de robes peintes, vêtement ordinaire des Grecs; ils mettaient nos coiffures de toile sur la tête de leurs chevaux, et leur attachaient au cou les cordons qui, d'après notre coutume, doivent pendre par derrière; quelques-uns tenaient dans leurs mains du papier, de l'encre et des écritoires pour nous railler, comme si nous n'étions que de mauvais scribes ou de simples copistes. Ils passaient des jours entiers à table; les uns savouraient des mets délicats; les autres ne mangeaient, suivant la coutume de leur pays, que du bœuf bouilli et du lard salé, de l'ail, de la farine, des fèves et une sauce très forte.»

486: Sanuto.

487: Il écrivit au clergé et à l'université de France qu'on envoyât aussitôt des clercs et des livres pour instruire les habitants de Constantinople.

488: «E parlaven axi bell frances, com dins en Paris.»

489: «Londonias quoque venderem si emptorem idoneum invenirem.» (Guill. Neubrig.)

490: Roger de Hoveden.

491: Au fait, l'Aquitaine était son héritage, et elle avait transféré ses droits à Jean.

492: Guillaume-le-Breton.

493: Mais il eut peine à persuader. Il suffit, pour détruire l'accusation, d'une fausse lettre du Vieux de la Montagne que Richard fit circuler.

494: Lettre d'Innocent III.

495: Math. Paris: «Cum regina epulabatur quotidie splendide, somnosque matutinales usque ad prandendi horam protraxit.—Omnimodis cum regina sua vivebat deliciis.»

496: Guillelm. de Podio Laur.

497: Id.

498: Le Velay ne tarde pas à faire hommage à Philippe-Auguste.

499: App. 111.

500: App. 112.

501: «Sa prière était si ardente qu'il en devenait comme insensé. Une nuit qu'il priait devant l'autel, le diable, pour le troubler, jeta du haut du toit une énorme pierre qui tomba à grand bruit dans l'église, et toucha, dans sa chute, le capuchon du saint; il ne bougea point, et le diable s'enfuit en hurlant.» (Acta S. Dominici.)

502: Lorsqu'on recueillit les témoignages pour la canonisation de saint Dominique, un moine déposa qu'il l'avait souvent vu pendant la messe baigné de larmes, qui lui coulaient en si grande abondance sur le visage qu'une goutte n'attendait pas l'autre.

503: Pierre de Vaux-Cernay.

504: Guill. de Pod. Laur.

505: Acta S. Dominici: «Domine, mitte manum, et corrige eos, ut eis saltem hæc vexatio tribuat intellectam!»

506: App. 113.

507: C'était pour la plupart des Aragonais.

508: App. 114.

509: Innoc. ep. ad Philipp. August.: «Eia igitur, miles Christi; cia, christianissime princeps!... Clamantem ad te justi sanguinis vocom audias.»—Ad Comit, Baron., etc.: «Eia, Christi milites! eia, strenui militio christiano tirones!»

510: Chron. Langued.

511: Pierre de Vaux-Cernay.

512: La religion semblait être devenue plus sombre et plus austère dans le nord de la France. Sous Louis VI, le jeûne du samedi n'était point de règle; sous son fils Louis VII, il était si rigoureusement observé que les bouffons, les histrions, n'osaient s'en dispenser.

513: «C'était, dit Pierre de Vaux-Cernay, un homme circonspect, prudent, et très zélé pour les affaires de Dieu, et il aspirait sur toute chose à trouver dans le droit quelque prétexte pour refuser au comte l'occasion de se justifier, que le pape lui avait accordée.»

514: Pour venger sur lui la mort de son père qui avait été tué en combattant contre le roi d'Angleterre, il l'attaque au pied de l'autel, et le perce de part en part de son estoc. Il sortit ainsi de l'église sans que Charles osât donner l'ordre de l'arrêter. Arrivé à la porte, il y trouva ses chevaliers qui l'attendaient.—Qu'avez-vous fait? lui dit l'un d'eux.—Je me suis vengé.—Comment? Votre père ne fut-il pas traîné?...—À ces mots Montfort rentre dans l'église, saisit par les cheveux le cadavre du jeune prince, et le traîne jusque sur la place publique.

515: Guill. Podii Laur.: «J'ai entendu le comte de Toulouse vanter merveilleusement en Simon, son ennemi, la constance, la prévoyance, la valeur, et toutes les qualités d'un prince.»

516: Pierre de Vaux-Cernay.

517: «Cædite eos; novit enim Dominus qui sunt ejus.» (Cæsar Heisterhach.)

518: Chron. Langued.

519: «... Donc fouc bruyt per tota la terre, que lo dit comte de Montfort l'avia fait morir.» (Chron. Langued.)

520: Pierre de Vaux-Cernay: «In diluvio aquarum multarum ad Deum non approximabis.»

521: «S'il ment, dit Montfort, il n'aura que ce qu'il mérite; s'il veut réellement se convertir, le feu expiera ses péchés.» (Pierre de Vaux-Cernay.)

522: «À la prise de Lavaur, dit le moine de Vaux-Cernay, on entraîna hors du château Aimery, seigneur de Montréal, et d'autres chevaliers, jusqu'au nombre de quatre-vingts. Le noble comte ordonna aussitôt qu'on les suspendît tous à des potences; mais dès qu'Aimery, qui était le plus grand d'entre eux, eût été pendu, les potences tombèrent, car, dans la grande hâte où l'on était, on ne les avait pas suffisamment fixées en terre. Le comte, voyant que cela entraînerait un grand retard, ordonna qu'on égorgeât les autres; et les pèlerins, recevant cet ordre avec la plus grande avidité, les eurent bientôt tous massacrés en ce même lieu. La dame du château, qui était sœur d'Aimery et hérétique exécrable, fut, par l'ordre du comte, jetée dans un puits que l'on combla de pierres; ensuite nos pèlerins rassemblèrent les innombrables hérétiques que contenait le château, et les brûlèrent vifs avec une joie extrême.»

523: Chron. Langued.

524: «Cependant ils trouvèrent au château de Maurillac sept Vaudois, et les brûlèrent, dit Pierre de Vaux-Cernay, avec une joie indicible.»—À Lavaur, ils avaient brûlé «d'innombrables hérétiques avec une joie extrême».

525: Jean lui-même s'opposa formellement au siège de Marmande, et menaça d'attaquer les croisés.

526: App. 115.

527: Son père jurait: «Par les yeux de Dieu!»

528: «Evil, be thou my good.» (Milton.)—Je regrette que Shakespeare n'ait pas osé donner une seconde partie de Jean.

529: Le roi d'Angleterre était l'ennemi personnel des Montfort; le grand-père de Simon, comte de Leicester, avait osé mettre la main sur Henri II. Le frère utérin de Simon, l'un des plus vaillants chevaliers qui combattirent à la bataille de Muret, était ce Guillaume des Barres, homme d'une force prodigieuse, qui, en Sicile, lutta devant les deux armées contre Richard Cœur-de-Lion, et lui donna l'humiliation d'avoir trouvé son égal.—Le second fils de Simon de Montfort doit, comme nous l'avons dit, poursuivre, au nom des communes anglaises, la lutte de sa famille contre les fils de Jean. Celui-ci n'osa pas envoyer des troupes à Raymond, son beau-frère, mais il témoigna la plus grande colère à ceux de ses barons qui se joignaient à Montfort; lorsqu'il vint en Guyenne, ils quittèrent tous l'armée des croisés. Des seigneurs de la cour de Jean défendirent, contre Montfort, Castelnaudary et Marmande.

530: App. 116.

531: Où pourtant on parlait français.

532: Math. Paris.

533: Othon avait déclaré qu'un archevêque ne devait avoir que douze chevaux, un évêque six, un abbé trois.

534: Guillaume-le-Breton.

535: Hallam soupçonne ici une fraude pieuse.

536: Il est dit dans la Grande Charte que si les ministres du roi la violent en quelque chose, il en sera référé au conseil des vingt-cinq barons. «Alors ceux-ci, avec la communauté de toute la terre, nous molesteront et poursuivront de toute façon: i.e. par la prise de nos châteaux, etc.....» La consécration de la guerre civile, tel est le premier essai de garantie.

537: Math. Paris.

538: On assembla à Melun la cour des pairs. Louis dit à Philippe: «Monseigneur, je suis votre homme lige pour les fiefs que vous m'avez donnés en deçà de la mer; mais quant au royaume d'Angleterre, il ne vous appartient point d'en décider... Je vous demande seulement de ne pas mettre obstacle à mes entreprises, car je suis déterminé a combattre jusqu'à la mort, s'il le faut, pour recouvrer l'héritage de ma femme.» Le roi déclara qu'il ne donnerait à son fils aucun appui.

539: À en croire les Anglais, il aurait même promis de rendre, à son avènement, les conquêtes de Philippe-Auguste.

540: Dans une charte de l'an 1215. Monfort s'intitule: «Simon, providentia Dei dux Narbonæ, comes Tolosæ, et marchio Provinciæ et Carcassonæ vice-comes, et dominus Montis-fortis.»

541: Chronique languedocienne. App. 117.—Les actes d'Innocent III donnent une idée toute contraire. On peut lire surtout ses deux lettres, jusqu'ici inédites (Archives, Trésor des Chartes, reg. J. XIII-18, folio 32, et cart. J. 430), aux évêques et barons du Midi. Il y manifeste la joie la plus vive pour les résultats de la croisade et l'extermination de l'hérésie; bien loin d'encourager le jeune Raymond VII à reprendre son patrimoine, il enjoint aux barons de rester fidèles à Simon de Montfort.

542: Guill. de Pod. Laur.: «Le comte était malade de fatigue et d'ennui, ruiné par tant de dépenses et épuisé, et ne pouvait guère supporter l'aiguillon dont le légat le pressait sans relâche pour son insouciance et sa mollesse; aussi priait-il, dit-on, le Seigneur de remédier à ses maux par le repos de la mort. La veille de Saint-Jean-Baptiste, une pierre lancée par un mangonnot lui tomba sur la tête, et il expira sur la place.»

543: App. 118.

544: Les universités venaient de quitter saint Augustin pour Aristote: les Mendiants remontèrent à saint Augustin.

545: Honorius III approuva la règle de saint Dominique, en 1216, et créa en sa faveur l'office de Maître du Sacré Palais.

546: Fondé par Philippe II.

547: Cet énervant mysticisme ne fit pas le salut de l'Église. Le franciscain Eudes Rigaud, devenu archevêque de Rouen (1248-1269), enregistre chaque soir dans son journal les témoignages les plus accablants contre l'épouvantable corruption des couvents et des églises de son diocèse. Ce journal a été publié en 1845. D'autre part la publication du cartulaire de Saint-Bertin jette le plus triste jour sur la vie des moines aux onzième et douzième siècles (1860). Voy. Renaissance, Introduction.

548: Vie de saint François, par Thomas de Cellano. (Thomas de Cellano fut son disciple, et écrivit deux fois sa vie, par ordre de Grégoire IX.)

549: Th. Cellan.: «Fratres mei aves, multum debetis laudare Creatorem, etc...» Un jour que des hirondelles l'empêchaient de prêcher par leur ramage, il les pria de se taire: «Sorores meæ hirundines, etc.» Elles obéirent aussitôt.

550: Th. Cellan.: «Segetes, vineas, lapides et silvas, et omnia speciosa camporum... terramque et ignem, aerem et ventum ad divinum monebat amorem, etc... Omnes creaturas fratres nomine nuncupabat; frater cinis, soror musca, etc.»

551: Vie de saint François, par saint Bonaventure.

552: Id.

553: Le foin de l'étable fit des miracles; il guérissait les animaux malades.

554: Cet ordre obtint de saint François, en 1224, une règle particulière. Agnès de Bohême l'établit en Allemagne.

555: App. 119.

556: Par une singulière coïncidence, en 1250, une femme succédait, pour la première fois, à un sultan (Chegger-Eddour à Almoadan).

557: App. 120.

558: App. 121.

559: App. 122.

560: App. 123.

561: App. 124.

562: App. 125.

563: Tamerlan, après avoir ruiné Damas de fond en comble, fit frapper des monnaies portant un mot arabe dont le sens était: Destruction.

564: App. 126.

565: Math. Paris.

566: Math. Paris.

567: Id.

568: Math. Paris.—«Écrasons d'abord le dragon, disait-il, et nous écraserons bientôt ces vipères de roitelets.»

569: «Les barons anglais n'osaient passer à la terre sainte, craignant les pièges de la cour de Rome (muscipulas Romanæ curiæ formidantes).» (Math. Paris.)

570: «Ligones, Iridentes, trahas, vomeres, aratra, etc.» (Math. Paris.)

571: Joinville: «Et quant on les véoit il sembloit que ce fussent montaingnes; car la pluie qui avoit batu les blez de lonc-temps, les avoit fait germer par desus, si que il n'i paroit que l'erbe vert.»

572: App. 127.

573: App. 128.

574: Bonaparte pensait que si saint Louis avait manœuvré comme les Français en 1798, il aurait pu, en partant de Damiette le 8 juin, arriver le 12 à Mansourah, et le 26 au Caire.

575: «Toutes les fois que nostre saint roi ooit que il nous getoient le feu grejois, il se vestoit en son lit, et tendoit ses mains vers notre Seigneur, et disoit en plourant: Biau Sire Diex, gardez-moy ma gent.» (Joinville.)

576: Joinville: «Le bon comte de Soissons se moquoit à moy, et me disoit: «Seneschal, lessons huer cette chiennaille, que, par la quoife Dieu, encore en parlerons-nous de ceste journée es chambres des dames.»

577: Joinville.

578: «Le roi de France eût pu échapper aux mains des Égyptiens, soit à cheval, soit dans un bateau; mais ce prince généreux ne voulut jamais abandonner ses troupes.» (Aboul-Mahassen.)—En revenant de l'île de Chypre, le vaisseau de saint Louis toucha sur un rocher, et trois toises de la quille furent emportées. On conseilla au roi de le quitter. «À ce respondi le roy: Seigneurs, je vois que se je descens de ceste nef, que elle sera de refus, et voy que il a céans huit cents personnes et plus; et pour ce que chascun aime autretant sa vie comme je fais la moie, n'oseroit nulz demourez en ceste nef, ainçois demourroient en Cypre; parquoy, se Dieu plaît, je ne mettrai ja tant de gent comme il a céans en péril de mort; ainçois demourrai céans pour mon peuple sauver.» (Joinville.)

579: Joinville. App. 129.

580: App. 129.

581: Math. Paris.

582: App. 130.

583: Il prétendait avoir à la main une lettre de la Vierge Marie, qui appelait les bergers à la terre sainte, et pour accréditer cette fable il tenait cette main constamment fermée.

584: «Quasi canes rabidi passim detruncati.» (Math. Paris.)

585: App. 131.

586: La veille de la bataille de Lewes, il ordonna à chaque soldat de s'attacher une croix blanche sur la poitrine et sur l'épaule, et d'employer le soir suivant à des actes de religion.

587: «Ce Charles fut sage et prudent dans les conseils, preux dans les armes, sévère, et fort redouté de tous les rois du monde, magnanime, et de hautes pensées qui l'égalaient aux plus grandes entreprises; inébranlable dans l'adversité, ferme et fidèle dans toutes ses promesses, parlant peu et agissant beaucoup, ne riant presque jamais, décent comme un religieux, zélé catholique, âpre à rendre justice, féroce dans ses regards. Sa taille était grande et nerveuse, sa couleur olivâtre, son nez fort grand. Il paraissait plus fait qu'aucun autre seigneur pour la majesté royale. Il ne dormait presque point. Il fut prodigue d'armes envers ses chevaliers; mais avide d'acquérir, de quelque part que ce fût, des terres, des seigneuries et de l'argent pour fournir à ses entreprises. Jamais il ne prit de plaisir aux mimes, aux troubadours et aux gens de cour.» (Villani.)

588: Femmes des rois de France et d'Angleterre, et de l'empereur Richard de Cornouailles.

589: 1223, 1247. Nocéra fut surnommée Nocéra de' Pagani.

590: À la mort de Corradino il voulut s'échapper, enfermé dans un tonneau; mais une boucle de ses cheveux le trahit. «Ah! il n'y a que le roi Enzio qui puisse avoir de si beaux cheveux blonds!....»

591: App. 132.

592: Au printemps de l'an 1254. Il n'avait que vingt-six ans.

593: App. 133.

594: Dans sa fuite, en 1254, il ne trouva de refuge qu'à Luceria. Les Sarrasins l'y accueillirent avec des transports de joie. Avant la bataille, Manfred envoya des ambassadeurs pour négocier. Charles répondit: «Va dire au sultan de Nocéra que je ne veux que bataille, et qu'aujourd'hui même je le mettrai en enfer, ou il me mettra en paradis.»

595: Le légat du pape le fit déterrer, et jeter sur les confins du royaume de Naples et de la campagne de Rome.

596: À tous les emplois qui existaient dans l'ancienne administration, Charles avait joint tous les emplois correspondants qu'il connaissait en France, en sorte que le nombre des fonctionnaires était plus que doublé.

597: Giannonne.

598: «De vipereo semine Frederici secundi.»

599: Nangis.

600: App. 134.

601: Le Chevalier du Temple, ap. Raynouard, Choix des poésies des Troubadours.

602: Joinville.

603: De plus, les pirates de Tunisie nuisaient beaucoup aux navires chrétiens.

604: Joinville.

605: Petri de Condeto epist.

606: Pétrarque raconte qu'une fois on délibérait à Rome sur le chef que l'on donnerait à une croisade. Don Sanche, fils d'Alphonse, roi de Castille, fut choisi. Il vint à Rome, et fut admis au consistoire, où l'élection devait se faire. Comme il ignorait le latin, il fit entrer avec lui un de ses courtisans pour lui servir d'interprète. Don Sanche ayant été proclamé roi d'Égypte, tout le monde applaudit à ce choix. Le prince, au bruit des applaudissements, demanda à son interprète de quoi il était question. «Le pape, lui dit l'interprète, vient de vous créer roi d'Égypte.—Il ne faut pas être ingrat, répondit don Sanche, lève-toi et proclame le saint-père calife de Bagdad.»

607: Voy. t. III, App. 144 et 145.

608: Joinville.

609: Le Confesseur.—Entre autres peines que saint Louis infligea à Enguerrand, il lui ôta toute haute justice de bois et de viviers, et le droit de faire emprisonner ou mettre à mort.

610: Le Confesseur.

611: Id.

612: Joinville.

613: App. 135.

614: Joinville.

615: «Attendu que la superstition des clercs (oubliant que c'est par la guerre et le sang répandu, sous Charlemagne et d'autres, que le royaume de France a été converti de l'erreur des gentils à la foi catholique) absorbe tellement la juridiction des princes séculiers, que ces fils de serfs jugent selon leur loi les libres et fils de libres, bien que, suivant la loi des premiers conquérants, ce soient eux plutôt que nous devrions juger.... Nous tous grands du royaume, considérant attentivement que ce n'est pas par le droit écrit, ni par l'arrogance cléricale, mais par les sueurs guerrières qu'a été conquis le royaume... nous statuons que personne, clerc ou laïc, ne traîne à l'avenir qui que ce soit devant le juge ordinaire ou délégué, sinon pour hérésie, pour mariage et pour usure, à peine pour l'infracteur de la perte de tous ses biens et de la mutilation d'un membre; nous avons envoyé à cet effet nos mandataires, afin que notre juridiction revive et respire enfin, et que ces hommes enrichis de nos dépouilles soient réduits à l'état de l'Église primitive, qu'ils vivent dans la contemplation, tandis que nous mènerons, comme nous le devons, la vie active, et qu'ils nous fassent voir des miracles que depuis si longtemps notre siècle ne connaît plus.» App. 136.

616: En 1240, le pape ayant manifesté le projet de rompre les trêves conclues entre lui et Frédéric II, saint Louis, pour l'en empêcher, fait arrêter les subsides qu'il avait fait lever sur son clergé de France par son légat.

617: App. 137.

618: «Il aimoit mieux faire copier les manuscrits que de se les faire donner par les couvents, afin de multiplier les livres.» (Gaufred. de Bello loco.)—Les manuscrits palimpsestes (c'est-à-dire grattés et regrattés par les moines copistes) furent comme une Saint-Barthélemy des chefs-d'œuvre de l'antiquité. Voir Renaiss., Introd.

619: Le Confesseur.

620: Le Confesseur.

621: Le Confesseur.—«Il fesait fère le service Dieu si solempnellement et si par loisir, que il ennuioit ausi comme à touz les autres pour la longueur de l'ofice.»

622: Guill. de Nangis.

623: Joinville.

624: Le Confesseur.

625: Le Confesseur.

626: Joinville.

627: Jacques de Vitri: «Meretrices publicæ ubique cleros transeuntes quasi per violentiam pertrahebant. In una autem et cadem domo scholæ erant superius, prostibula inferius.»

628: L'antipape Anaclet, Innocent II, Célestin II (disciple d'Abailard), Adrien IV, Alexandre III, Urbain III et Innocent III.

629: Pierre-le-Chantre et d'autres écrivains contemporains rapportent le trait suivant: «En 1171, maître Silo, professeur de philosophie, pria un de ses disciples mourant de revenir lui faire part de l'état où il se trouverait dans l'autre monde. Quelques jours après sa mort, l'écolier lui apparut revêtu d'une chape toute couverte de thèses, «de sophismatibus descripta et flamma ignis tota confecta.» Il lui dit qu'il venait du purgatoire, et que cette chape lui pesait plus qu'une tour: «Et est mihi data ut eam portem pro gloria quam in sophismatibus habui.» En même temps il laissa tomber une goutte de sa sueur sur la main du maître; elle la perça d'outre en outre. Le lendemain Silo dit à ses écoliers:

Linquo coax ranis, cras corvis, vanaque vanis;
Ad logicen pergo, quæ mortis non timet ergo,

et il alla s'enfermer dans un monastère de Cîteaux.» (Bulæus.)

630: Le pape avait écrit à l'évêque de Paris de faire détruire ce livre sans bruit. Mais l'Université, déjà en querelle avec les Ordres Mendiants, le fit brûler publiquement au parvis Notre-Dame. Jean de Parme se démit du généralat; saint Bonaventure, qui lui succéda, commença une enquête contre lui, et fit jeter en prison deux de ses adhérents. L'un y passa dix-huit ans, l'autre y mourut.

631: Hermann Cornerus.

632: Ce portrait a été gravé en tête de ses œuvres. (Constance, 1732, in-4o.)

633: MM. Jourdain et Hauréau ont démontré sur quel terrain peu solide nos deux grands scolastiques ont cheminé (1860).—Voir Renaissance, Introd.

634: App. 138.

635: Il condamna publiquement Guillaume de Saint-Amour, et Jean de Parme avec moins d'éclat. (Bulæus.)

636: App. 139.

637: Ce mot est significatif pour qui a présente la figure rêveuse et monumentale des grands bœufs de l'Italie du sud.

638: Joinville.

639: Joinville. Il demanda ensuite a Joinville lequel il aimerait mieux d'avoir commis un péché mortel ou d'être lépreux. Joinville répond qu'il aimerait mieux avoir fait trente péchés mortels.—«Et quand les frères s'en furent partis, il m'appela tout seul, et me fit seoir à ses piez, et me dit: «Comment me deistes vous hier ce?» Et je li dis que encore li disoie-je, et il me dit: «Vous deisles comme hastiz musarz; car nulle si laide mezelerie n'est comme d'estre en péché mortel, etc.»

640: Id. «En la doctrine que il lessa au roi Phelipe, son fiuz.... il y avoit une clause contenue, qui est tele: «Fai à ton pooir les bougres et les autres mal genz chacier de ton royaume, si que la terre soit de ce bien purgée.» (Le Confesseur.)

641: Joinville.

642: Id.—Villani. «On vint un jour lui dire que la figure du Christ avait apparu dans une hostie: «Que ceux qui doutent aillent le voir; pour moi, je le vois dans mon cœur.»

643: Joinville.

644: Voy. sur la Chanson de Roland, par Génin, Renaissance, Introd.

645: Alban, Alp., mont.

646: App. 140.

647: Le Dit Marcoul et Salomon, no 7218, et fonds de Notre-Dame N., no 2.

648: Voy. le poème d'Alexandre, par Lambert-le-Court et Alexandre de Paris, né à Bernay.

649: App. 141.

650: Ainsi à Paris, Saint-Jacques-la-Boucherie et Sainte-Geneviève, etc. L'abbé Lebeuf a remarqué sur la façade de cette dernière église un énorme anneau de fer où passaient leur bras ceux qui venaient demander asile.—C'était encore dans l'église qu'on venait déposer les malades, en particulier ceux qui étaient atteints du mal des ardents.

651: La cloche d'argent, à Reims, sonnait le 1er mars, pour annoncer la reprise des travaux agricoles.

652: Voy. App. 31.

653: Le légat, Pierre de Capoue, défendit en 1198 la célébration de cette fête dans le diocèse de Paris. Mais elle ne cessa guère en France que vers 1444. On la trouve en Angleterre en 1530.—En 1671, les enfants de chœur de la Sainte-Chapelle prétendaient encore commander le jour des Saints-Innocents, et occupaient les premières stalles, avec la chape et le bâton cantoral.—À Bayeux, le jour des Innocents, les enfants de chœur, ayant à leur tête un petit évêque qui faisait l'office, occupaient les stalles hautes et les chanoines les basses.

654: Voy. App. 36.

655: À Beauvais, à Autun, etc., on célébrait la fête de l'Âne.—Ducange: «In fine missæ sacerdos versus ad populum vice: Ite, missa est, ter hinnannabit; populus vero vice: Deo gratias, ter respondebit: Hinham, hinham, hinham.» App. 142.

656:

Nostri nec pœnitet illas,
Nec te pœniteat pecoris, divine poeta.

(Virg.)

657: Au portail septentrional de la cathédrale (portail des Libraires).

658: Sur un contrefort du clocher vieux.

659: À l'église de Saint-Guenault, des rats rongent le globe du monde.—Aristote n'échappe pas à ce rire universel. À Rouen, il est représenté courbé, les mains à terre, et portant une femme sur son dos.

660: Voy. les stalles de Notre-Dame de Rouen, de Notre-Dame d'Amiens, de Saint-Guenault d'Essonne, etc. Dans l'église de l'Épine, petit village près Châlon, il se trouve des sculptures très remarquables, mais aussi très obscènes. Saint Bernard écrit vers 1125, à Guillaume de Saint-Thierry; «À quoi bon tous ces monstres grotesques en peinture ou en bosse qu'on met dans les cloîtres à la vue des gens qui pleurent leurs péchés? À quoi sert cette belle difformité, ou cette beauté difforme? Que signifient ces singes immondes, ces lions furieux, ces centaures monstrueux?»

661: C'était le sujet d'un bas-relief extérieur de la cathédrale de Reims, que l'on a fait effacer.

662: À la Sainte-Chapelle on voyait descendre de la voûte la figure d'un ange tenant un biberon d'argent, avec lequel il envoyait de l'eau sur les mains du célébrant.—À Reims, le jour de la Dédicace, on plaçait un cierge allumé entre chaque arcade.

663: «Sur la galerie de la Vierge, à Notre-Dame de Paris, était une Vierge et deux anges portant des chandeliers; après Laudes de la Sexagésime, le chevecier y mettait deux cierges.» (Gilbert.)—Dans certaines églises, le prêtre représentait au portail l'Ascension de Notre-Seigneur.—Quelquefois même le clergé devait être obligé d'accomplir la cérémonie dans les parties les plus élevées de l'église; par exemple, lorsqu'on scellait des reliques sous la flèche, comme on l'avait fait à celle de Notre-Dame de Paris.

664: Surnom d'un des architectes que Ludovic Sforza fît venir d'Allemagne pour fermer les voûtes de la cathédrale de Milan. (Gaet. Franchetti.)

665: Cette hauteur de cinq cents pieds semblerait avoir été l'idéal auquel aspirait l'architecture allemande. Ainsi les tours de la cathédrale de Cologne devaient, d'après les plans qui subsistent encore, s'élever à cinq cents pieds allemands (quatre cent quarante-trois pieds de Paris); la flèche de Strasbourg est haute de cinq cents pieds de Strasbourg (quatre cent quarante-cinq pieds de Paris).