1: App. 1.

2: App. 2.

3: App. 3.

4: Par exemple, dans les clochers penchés, ou découpés en jeux de cartes, ou lourdement étagées de balustrades, qu'on voit à Tréguier et à Landerneau; dans la cathédrale tortueuse de Quimper, où le chœur est de travers par rapport à la nef; dans la triple église de Vannes, etc. Saint-Malo n'a pas de cathédrale, malgré ses belles légendes.

5: L'auteur était à Saint-Malo au mois de septembre 1831.

6: À l'arsenal, sans compter les batteries (1833).

7: Par exemple, le Républicain, vaisseau de cent vingt canons, en 1793.

8: Dieppe, le Havre, La Rochelle, Cette, etc.

9:

Goélans, goélans,
Ramenez-nous nos maris, nos amans!

10: Attesté par les gendarmes mêmes. Du reste, ils semblent envisager le bris comme une sorte de droit d'alluvion. Ce terrible droit de bris était, comme on sait, l'un des privilèges féodaux les plus lucratifs. Le vicomte de Léon disait, en parlant d'un écueil: «J'ai là une pierre plus précieuse que celles qui ornent la couronne des rois.»

11: Je rapporte cette tradition du pays sans la garantir. Il est superflu d'ajouter que la trace de ces mœurs barbares disparaît chaque jour.

12: Voyage de Cambry.

13: Ibid.—Dans les Hébrides et autres îles, l'homme prenait la femme à l'essai pour un an; si elle ne lui convenait pas, il la cédait à un autre. App. 4.

14: C'est la forme que la tradition prend dans l'Anjou. Transplantée dans les belles provinces de la Loire, elle revêt ainsi un caractère gracieux, et toutefois grandiose dans sa naïveté.

15: Cet astre est toujours redoutable aux populations celtiques. Ils lui disent pour en détourner la malfaisante influence: «Tu nous trouves bien, laisse-nous bien.» Quand elle se lève, ils se mettent à genoux, et disent un Pater et un Ave. Dans plusieurs lieux, ils l'appellent Notre-Dame. App. 5.

16: Dans la Cornouaille.—Il leur est arrivé de même dans les guerres des chouans de battre leurs chefs, et de leur obéir un moment après.

17: On connaît les prétentions de cette famille descendue des Mac Tiern de Léon. Au seizième siècle, ils avaient pris cette devise qui résume leur histoire: «Roi ne puis, prince ne daigne, Rohan suis.»

18: App. 6.

19: Voy. les Lettres de madame de Sévigné, 1675, de septembre en décembre. Il y eut un très grand nombre d'hommes roués, pendus, envoyés aux galères. Elle en parle avec une légèreté qui fait mal.

20: Le bazvalan était celui qui se chargeait de demander les filles en mariage. C'était le plus souvent un tailleur, qui se présentait avec un bas bleu et un bas blanc.

21: Charles-le-Chauve, à son tour, s'en fit élever une en regard de la Bretagne.

22: Du moins à l'époque mérovingienne.

23: App. 7.

24: App. 8.

25: Voy. les Éclaircissements.

26: App. 9.

27: Il arriva avec six hommes devant Antioche.

28: L'évêque d'Angoulême lui disait: «Corrigez-vous»; le comte lui répondit: «Quand tu te peigneras.» L'évêque était chauve.

29: Il y aurait encore des Arouet dans les environs de cette ville, au village de Saint-Loup.

30: App. 10.

31: Les Anglais donnaient autrefois ce nom à La Rochelle, à cause du reflet de la lumière sur les rochers et les falaises.

32: App. 11.

33: App. 12.

34: Il résulte de l'interrogatoire de d'Elbée que la véritable cause de l'insurrection vendéenne fut la levée de 300.000 hommes décrétée par la République. Les Vendéens haïssent le service militaire, qui les éloigne de chez eux. Lorsqu'il a fallu fournir un contingent pour la garde de Louis XVIII, il ne s'est pas trouvé un seul volontaire.

35: Proverbe: «Le Limousin ne périra pas par sécheresse.»

36: Les produits de la terre, comme de l'industrie, sont communs et grossiers, abondants il est vrai.

37: Au nord de Saint-Flour, la terre est couverte d'une couche épaisse de pierres ponces, et n'en est pas moins très fertile.

38: App. 13.

39: En Limagne, race laide, qui semble méridionale; de Brioude jusqu'aux sources de l'Allier, on dirait des crétins ou des mendiants espagnols. (De Pradt.)

40: L'amertume de leurs fromages tient, soit à la façon, soit à la dureté et l'aigreur de l'herbe, les pâturages ne sont jamais renouvelés.

41: Jusqu'en 1784, les Espagnols venaient acheter les pierreries grossières de l'Auvergne.

42: Dans le pays d'outre-Loire, on n'emploie guère que l'araire, petite charrue insuffisante pour les terres fortes. Dans tout le Midi, les chariots et outils sont petits et faibles.—Arthur Young vit avec indignation cette petite charrue qui effleurait la terre, et calomniait sa fertilité.

43: 1833.

44: Domat, de Clermont; les Laguesle, de Vic-le-Comte; Duprat et Barillon, son secrétaire, d'Issoire; l'Hospital, d'Aigueperse; Anne Dubourg, de Riom; Pierre Lizel, premier président du Parlement de Paris, au seizième siècle; les Du Vair, d'Aurillac, etc.

45: App. 14.

46: La houille forme plus des deux tiers du sol de ce département.

47: Elle l'était encore au dernier siècle. (Piganiol de la Force.)

48: On y conservait des morts de cinq cents ans.

49: Millin.

50: App. 15.

51: Le mot basque murua signifie muraille et Pyrénées. (W. de Humboldt.)

52: A. Young, I. «Le Roussillon est vraiment une partie de l'Espagne, les habitants sont Espagnols de langage et de mœurs. Les villes font exception; elles ne sont guère peuplées que d'étrangers. Les pêcheurs des côtes ont un aspect tout moresque.»—La partie centrale des Pyrénées, le comté de Foix (Ariège), est toute française d'esprit et de langage; peu ou point de mots catalans.

53: Ramond. «Ces pelouses des hautes montagnes, près de qui la verdure même des vallées inférieures a je ne sais quoi de cru et de faux.»—Laboulinière. «Les eaux des Pyrénées sont pures, et offrent la jolie nuance appelée vert d'eau.—Dralet. «Les rivières des Pyrénées, dans leurs débordements ordinaires, ne déposent pas, comme celles des Alpes, un limon malfaisant, au contraire...»

54: App. 16.

55: On sait que le grand poète des Pyrénées, M. Ramond, a cherché le Mont-Perdu pendant dix ans.—Quelques-uns, dit-il, assuraient, que le plus hardi chasseur du pays n'avait atteint la cime du Mont-Perdu qu'à l'aide du diable, qui l'y avait conduit par dix-sept degrés.»—Le Mont-Perdu est la plus haute montagne des Pyrénées françaises, comme le Vignemale est la plus haute des Pyrénées espagnoles.

56: C'est entre ces deux vallées, sur le plateau appelé la Hourquette des cinq Ours, que le vieil astronome Plantade expira près de son quart de cercle, en s'écriant: «Grand Dieu! que cela est beau!»

57: Ramond. «À peine on pose le pied sur la corniche, que la décoration change, et le bord de la terrasse coupe toute communication entre deux sites incompatibles. De cette ligne, qu'on ne peut aborder sans quitter l'un ou l'autre, et qu'on ne saurait outre-passer sans en perdre un de vue, il semble impossible qu'ils soient réels à la fois; et s'ils n'étaient point liés par la chaîne du Mont-Perdu, qui en sauve un peu le contraste, on serait tenté de regarder comme une vision, ou celui qui vient de disparaître, ou celui qui vient de le remplacer.»

58: Laboulinière.

59: Elle a mille deux cent soixante-dix pieds de hauteur. (Dralet.)

60: Ibid.

61: L'Èbre coule à l'est, vers Barcelone; la Garonne, à l'ouest, vers Toulouse et Bordeaux. Au canal de Louis XIV répond celui de Charles-Quint. C'est toute la ressemblance.

62: App. 17.

63: A. Young. «Entre Jonquières et Perpignan, sans passer une ville, une barrière, ou même une muraille, on entre dans un nouveau monde. Des pauvres et misérables routes de la Catalogne, vous passez tout d'un coup sur une noble chaussée, faite avec toute la solidité et la magnificence qui distinguent les grands chemins de France; au lieu de ravines, il y a des ponts bien bâtis; ce n'est plus un pays sauvage, désert et pauvre.»

64: App. 18.

65: Plusieurs espèces animales disparaissent des Pyrénées. Le chat sauvage y est devenu rare; le cerf en a disparu depuis deux cents ans, selon Buffon.

66: App. 19.

67: Dralet.

68: Id.

69: L'arrondissement de Narbonne en fournit la manufacture des glaces de Venise.

70: Trouvé.

71: Selon le même auteur, il en est de même des plaies à la tête à Bordeaux.—Le cers et l'autan dominent alternativement en Languedoc. Le cers (cyrch, impétuosité, en gallois) est le vent d'ouest, violent, mais salubre.—L'autan est le vent du sud-est, le vent d'Afrique, lourd et putréfiant. App. 20.

72: Proverbe: Agde, ville noire, caverne de voleurs. Elle est bâtie de laves. Lodève est noire aussi.

73: Montpellier est célèbre par ses distilleries et parfumeries. On attribue la découverte de l'eau-de-vie à Arnaud de Villeneuve, qui créa les parfumeries dans cette ville.—Autrefois Montpellier fabriquait seule le vert-de-gris; on croyait que les caves de Montpellier y étaient seules propres.

74: Sous François Ier, les murs de Narbonne furent réparés et couverts de fragments de monuments antiques. L'ingénieur a placé les inscriptions sur les murs, et les fragments de bas-relief près des portes et sur les voûtes. C'est un musée immense, amas de jambes, de têtes, de mains, de troncs, d'armes, de mots sans aucun sens; il y a près d'un million d'inscriptions presque entières, et qu'on ne peut lire, vu la largeur du fossé, qu'avec une lunette.—Sur les murs d'Arles, on voit encore grand nombre de pierres sculptées, provenant d'un théâtre.

75: Le canal était large de cent pas, long de deux mille et profond de trente.

76: App. 21.

77: Un proverbe gascon dit: Tout bon Gascon peut se dédire trois fois. (Tout boun Gascoun qués pot réprenqué très coqs.)

78: Trois essais impuissants des Romains, de saint Louis, et de Louis XIV.

79: Ce pont d'Avignon, tant chanté, succédait au pont de bois d'Arles qui, dans son temps, avait reçu ces grandes réunions d'hommes, comme depuis Avignon et Beaucaire.

80: Le berger saint Benezet reçut, dans une vision, l'ordre de construire le pont d'Avignon; l'évêque n'y crut qu'après que Benezet eut porté sur son dos, pour première pierre, un roc énorme. Il fonda l'ordre des frères pontifes, qui contribuèrent à la construction du pont du Saint-Esprit, et qui en avaient commencé un sur la Durance.

81: L'une des quatre espèces de farandoles que distingue Fischer s'appelle la Turque; une autre, la Moresque. Ces noms et les rapports de plusieurs de ces danses avec le bolero, doivent faire présumer que ce sont les Sarrasins qui en ont laissé l'usage en France.

82: App. 22.

83: App. 23.

84: Le jour de Sainte-Marthe, une jeune fille mène le monstre enchaîné à l'église pour qu'il meure sous l'eau bénite qu'on lui jette.

85: Dans les Pyrénées, c'est Renaud, monté sur son bon cheval Bayard, qui délivre une jeune fille des mains des infidèles.

86: App. 24.

87: Dans ses jolies danses moresques, dans les romérages de ses bourgs, dans les usages de la bûche calendaire, des pois chiches à certaines fêtes, dans tant d'autres coutumes. App. 25.

88: La procession du bon roi René, à Aix, est une parade dérisoire de la fable, de l'histoire et de la Bible. App. 26.

89:

Si come ad Arli, ove 'l Rodano stagna,
Fanno i sepolcri tutto 'l loco varo.

Dante, Inferno, c. IX.

90: Je ne sais lequel est le plus touchant des plaintes du poète sur les destinées de l'Italie, ou de ses regrets lorsqu'il a perdu Laure. Je ne résiste pas au plaisir de citer ce sonnet admirable où le pauvre vieux poète s'avoue enfin qu'il n'a poursuivi qu'une ombre:

«Je le sens et le respire encore, c'est mon air d'autrefois. Les voilà, les douces collines où naquit la belle lumière, qui, tant que le ciel le permit, remplit mes yeux de joie et de désir, et maintenant les gonfle de pleurs.

«Ô fragile espoir! ô folles pensées!... l'herbe, est veuve, et troubles sont les ondes. Il est vide et froid, le nid qu'elle occupait, ce nid où j'aurais voulu vivre et mourir!

«J'espérais, sur ses douces traces, j'espérais de ses beaux yeux qui ont consumé mon cœur, quelque repos après tant de fatigues.

«Cruelle, ingrate servitude! j'ai brûlé tant qu'a duré l'objet de mes feux, et aujourd'hui je vais pleurant sa cendre.»

Sonnet CCLXXIX.

91: Même esprit critique en Franche-Comté; ainsi Guillaume de Saint-Amour, l'adversaire du mysticisme des ordres mendiants, le grammairien d'Olivet, etc. Si nous voulions citer quelques-uns des plus distingués de nos contemporains, nous pourrions nommer Charles Nodier, Jouffroy et Droz. Cuvier était de Montbéliard; mais le caractère de son génie fut modifié par une éducation allemande.

92: App. 27.

93: La petite ville de Sarrelouis, qui compte à peine cinq mille habitants, a fourni en vingt années cinq ou six cents officiers et militaires décorés, presque tous morts au champ de bataille.

94: On conserve, au Musée d'artillerie, la riche et galante armure des princesses de la maison de Bouillon.

95: Cette simplicité, ces mœurs presque patriarcales, tiennent en grande partie à la conservation de traditions antiques. Le vieillard est l'objet du respect et le centre de la famille, et deux ou trois générations exploitent souvent ensemble la même ferme.—Les domestiques mangent à la table des maîtres.—Au 1er novembre (c'est le misdu de Bretagne), on sert pour les morts un repas d'œufs et de farines bouillies; chaque mort a son couvert. Dans un village, on célèbre encore la fête du soleil, selon M. Champollion.—On retrouve en Dauphiné, comme en Bretagne, les brayes celtiques.

96: Malgré la pauvreté du pays, leur bon sens les préserve de toute entreprise hasardeuse. Dans certaines vallées on croit qu'il existe de riches mines; mais une vierge vêtue de blanc en garde l'entrée avec une faulx.

97: Quand une veuve ou un orphelin fait quelque perte de bétail, etc., on se cotise pour la réparer.

98: Sur quatre mille quatre cents émigrants, sept cents instituteurs. (Peuchet.)

99: Ces guerres jetèrent un grand éclat sur la noblesse dauphinoise. On l'appelait l'écarlate des gentilshommes. C'est le pays de Bayard, et de ce Lesdiguières qui fut roi du Dauphiné, sous Henri IV. Le premier y laissa un long souvenir; on disait prouesse de Terrail, comme loyauté de Salvaing, noblesse de Sassenage.—Près de la vallée du Graisivaudan est le territoire de Royans, la vallée Chevallereuse.

100: Le noble faisait hommage debout; le bourgeois à genoux et baisant le dos de la main du seigneur, l'homme du peuple, aussi à genoux, mais baisant seulement le pouce de la main du seigneur.—De même à Metz, le maître échevin parlait au roi debout, et non à genoux.

101: Dans la Terreur, les ouvriers y maintinrent l'ordre avec un courage et une humanité admirables, à peu près comme à Florence le cardeur de laine Michel Lando, dans l'insurrection des Ciompi.

102: Perrin Dulac. (Grenoble.)

103: Il descendit dans une auberge tenue par un vieux soldat, qui lui avait donné une orange dans la campagne d'Égypte.

104: D'abord les Vaudois, plus tard les protestants. Dans le seul département de la Drôme, il y a environ trente-quatre mille calvinistes (Peuchet). On se rappelle la lutte atroce du baron des Adrets et de Montbrun.—Le plus célèbre des protestants dauphinois fut Isaac Casaubon, fils du ministre de Bourdeaux sur le Roubion, né en 1559; il est enterré à Westminster.

105: L'ancienne devise de Besançon était: Plût à Dieu!—À Salins, on lisait sur la porte d'un des forts où étaient les salines, la devise de Philippe-le-Bon: Autre n'auray. Plusieurs monuments de Dijon portaient celle de Philippe-le-Hardi: Moult me tarde.—À Besançon naquit l'illustre diplomate Granvelle, chancelier de Charles-Quint, mort en 1564.

106: De même à l'abbaye de Saint-Claude, transformée en évêché en 1741, les religieux devaient faire preuve de noblesse jusqu'à leur trisaïeul, paternel et maternel. Les chanoines devaient prouver seize quartiers, huit de chaque côté.

107: La Franche-Comté est le pays le mieux boisé de la France. On compte trente forêts sur la Saône, le Doubs et le Lougnon.—Beaucoup de fabriques de boulets, d'armes, etc. Beaucoup de chevaux et de bœufs, peu de moutons; mauvaises laines.

108: App. 28.

109: On voyait à Metz le tombeau de Louis-le-Débonnaire et l'original des Annales de Metz, mss. de 894.—Les abeilles, dont il est si souvent question dans les Capitulaires, donnaient à Metz son hydromel si vanté.

110: Pour être dame de Remiremont, il fallait prouver deux cents ans de noblesse des deux côtés.—Pour être chanoinesse, ou demoiselle à Épinal, il fallait prouver quatre générations de pères et mères nobles. App. 29.

111: App. 30.

112: À côté de cette belle légende, où l'extase produite par l'harmonie prolonge la vie pendant des siècles, plaçons l'histoire de cette femme qui, sous Louis-le-Débonnaire, entendit l'orgue pour la première fois, et mourut de ravissement. Ainsi, dans les légendes allemandes, la musique donne la vie et la mort.

113: À Metz, naquirent le maréchal Fabert, Custines, et cet audacieux et infortuné Pilâtre des Rosiers, qui le premier osa s'embarquer dans un ballon. L'édit de Nantes en chassa les Ancillon.

114: Là se lit comment le bon Renaud joua maint tour à Charlemagne, comment il eut pourtant bonne fin, s'étant fait humblement chevalier maçon, et portant sur son dos des blocs énormes pour bâtir la sainte église de Cologne.

115: La Saône jusqu'au Rhône, et le Rhône jusqu'à la mer, séparaient la France de l'Empire. Lyon, bâtie surtout sur la rive gauche de la Saône, était une cité impériale; mais les comtes de Lyon relevaient de la France pour les faubourgs de Saint-Just et de Saint-Irénée.

116: Millin.

117: Il était né à Amboise en 1743.—Il n'y a pas longtemps encore, on chantait l'office à Lyon sans orgues, livres, ni instruments comme au premier âge du christianisme.

118: Ainsi que Ampère, De Gerando, Camille Jordan, de Senancour. Leurs familles du moins sont lyonnaises.

119: En 1429.—Saint Rémi de Lyon soutint contre Jean Scot le parti de Gotteschalk et de la grâce.—Selon Du Boulay, c'est à Lyon que fut enseigné d'abord le dogme de l'Immaculée Conception.—Sous Louis XIII, un seul homme, Denis de Marquemont, fonda à Lyon quinze couvents.

120: Après avoir rédigé cet acte, les frères adoptifs s'envoyaient des chapeaux de fleurs et des cœurs d'or.

121: App. 31.

122: Autun avait dans ses armes d'abord le serpent druidique, puis le porc, l'animal qui se nourrit du gland celtique.

123: App. 32.

124: Voyez les armes de Dijon et de Beaune. App. 33.

125: Voy. le curieux recueil de la Monnoye.—Piron était de Dijon (né en 1640, mort en 1727.)

126: Notre cher et grand Quinet, né à Bourg, a été élevé à Charolles. App. 34.

127: Charles VII.

128: App. 35.

129: Urbain IV était fils d'un cordonnier de Troyes. Il y bâtit Saint-Urbain, et fît représenter sur une tapisserie son père faisant des souliers.

130: L'ancien type du paysan du nord de la France est l'honnête Jacques, qui pourtant finit par faire la Jacquerie. Le même, considéré comme simple et débonnaire, s'appelle Jeannot; quand il tombe dans un désespoir enfantin, et qu'il devient rageur, il prend le nom de Jocrisse. Enrôlé par la Révolution, il s'est singulièrement déniaisé, quoique sous la Restauration on lui ait rendu le nom de Jean-Jean.—Ces mots divers ne désignent pas des ridicules locaux, comme ceux d'Arlequin, Pantalon, Polichinelle en Italie.—Les noms le plus communément portés par les domestiques, dans la vieille France aristocratique, étaient des noms de provinces: Lorrain, Picard, et surtout la Brie et Champagne. Le Champenois est en effet le plus disciplinable des provinciaux, quoique sous sa simplicité apparente il y ait beaucoup de malice et d'ironie.

131: Passerat et Pithou, App. 36.

132: Sur la montagne de Langres, naquit Diderot. C'est la transition entre la Bourgogne et la Champagne. Il réunit les deux caractères.

133: Cela doit s'entendre, non seulement du vin, mais de la vigne. Les terres qui donnent le vin de Champagne semblent capricieuses. Les gens du pays assurent que dans une pièce de trois arpents parfaitement semblables il n'y a souvent que celui du milieu qui donne de bon vin.

134: Une terre qui, semée de froment, occuperait cinq ou six ménages, occupe quelquefois six ou sept cents personnes, hommes, femmes et enfants, lorsqu'elle est plantée de vignes. On sait combien le vin de Champagne exige de façons.

135: La Fontaine dit de lui-même:

Je suis chose légère, et vole à tout sujet,
Je vais de fleur en fleur, et d'objet en objet.
À beaucoup de plaisir je mêle un peu de gloire.
J'irais plus haut peut-être au temple de Mémoire,
Si dans un genre seul j'avais usé mes jours;
Mais quoi! je suis volage en vers comme en amours.

«Le poète, dit Platon, est chose légère et sacrée.»

136: Du côté de Coutances particulièrement les figures et le paysage sont singulièrement anglais.

137: «Voyez-vous ce petit champ? me disait M. D., ex-président d'un des tribunaux de la basse Normandie; si demain il passait à quatre frères, il serait à l'instant coupé par quatre haies. Tant il est nécessaire, ici, que les propriétés soient nettement séparées.»—Les Normands sont si adonnés aux études de l'éloquence, dit un auteur du onzième siècle, qu'on entend jusqu'aux petits enfants parler comme des orateurs...

138: Il paraît que les Dieppois avaient découvert avant les Portugais la route des Indes; mais ils en gardèrent si bien le secret, qu'ils en ont perdu la gloire.

139: Cette grossièreté de la Belgique est sensible dans une foule de choses. On peut voir à Bruxelles la petite statue du Mannekenpiss, «le plus vieux bourgeois de la ville»; on lui donne un habit neuf aux grandes fêtes.

140: App. 37.

141: La seule cathédrale de Milan est couronnée de cinq mille statues et figurines.

142: Il est juste de remarquer que cet instinct musical s'est développé d'une manière remarquable, surtout dans la partie wallonne.

143: Voy. au Musée du Louvre le tableau intitulé: Fête Flamande. C'est la plus effrénée et la plus sensuelle bacchanale.

144: Selon moi, la haute expression du génie belge, c'est pour la partie flamande Rubens, et pour la wallonne ou celtique Grétry. La spontanéité domine en Belgique, la réflexion en Hollande. Les penseurs ont aimé ce dernier pays. Descartes est venu y faire l'apothéose du moi humain, et Spinoza, celle de la nature. Toutefois la philosophie propre à la Hollande, c'est une philosophie pratique qui s'applique aux rapports politiques des peuples: Grotius.

145: Son élève, Van Dyck, peint dans un de ses tableaux un âne à genoux devant une hostie.

146: Nous avons ici la belle suite des tableaux commandés à Rubens par Marie de Médicis, mais cette peinture allégorique et officielle ne donne pas l'idée de son génie. C'est dans les tableaux d'Anvers et de Bruxelles que l'on comprend Rubens. Il faut voir à Anvers la Sainte Famille, où il a mis ses trois femmes sur l'autel, et lui, derrière, en saint Georges, un drapeau au poing et les cheveux au vent. Il fit ce grand tableau en dix-sept jours.—Sa Flagellation est horrible de brutalité; l'un des flagellants, pour frapper plus fort, appuie le pied sur le mollet du Sauveur; un autre regarde par dessous sa main, et rit au nez du spectateur. La copie de Van Dyck semble bien pâle à côté du tableau original. Au Musée de Bruxelles, il y a le Portement de Croix, d'une vigueur et d'un mouvement qui va au vertige. La Madeleine essuie le sang du Sauveur avec le sang-froid d'une mère qui débarbouille son enfant.—On peut voir au même Musée le Martyre de saint Liévin, une scène de boucherie; pendant qu'on déchiquète la chair du martyr, et qu'un des bourreaux en donne aux chiens avec une pince, un autre tient dans les dents son stylet qui dégoutte de sang. Au milieu de ses horreurs, toujours un étalage de belles et immodestes carnations.—Le Combat des Amazones lui a donné une belle occasion de peindre une foule de corps de femmes dans des attitudes passionnées; mais son chef-d'œuvre est peut-être cette terrible colonne de corps humains qu'il a tissus ensemble dans son Jugement dernier.

147: Sa famille était de Styrie. Ce qu'il y a de plus impétueux en Europe est aux deux bouts: à l'orient, les Slaves de Pologne, Illyrie, Styrie, etc.; à l'occident, les Celtes d'Irlande, Écosse, etc.

148: La Flandre hollandaise est composée de places cédées par le traité de 1648 et par le traité de la Barrière (1715). Ce nom est significatif.—App. 38.

149: La grande bataille des temps modernes s'est livrée précisément sur la limite des deux langues, à Waterloo. À quelques pas en deçà de ce nom flamand, on trouve le Mont-Saint-Jean.—Le monticule qu'on a élevé dans cette plaine semble un tumulus barbare, celtique ou germanique.

150: Les magistrats de Dunkerque supplièrent vainement la reine Anne; ils essayèrent de prouver que les Hollandais gagneraient plus que les Anglais à la démolition de leur ville. Il n'est point de lecture plus douloureuse et plus humiliante pour un Français. Cherbourg n'existait pas encore; il ne resta plus un port militaire, d'Ostende à Brest.

151: «J'ai là, disait Bonaparte, un pistolet chargé au cœur de l'Angleterre.» «La place d'Anvers, disait-il à Saint-Hélène, est une des grandes causes pour lesquelles je suis ici: la cession d'Anvers est un des motifs qui m'avaient déterminé à ne pas signer la paix de Chatillon.»

152: Il faut entendre ici Richelieu, Louis XIV et Bonaparte.

153: À Orléans, la science et l'enseignement du droit romain; en Picardie, l'originalité du droit féodal et coutumier; deux Picards, Beaumanoir et Desfontaines, ouvrent notre jurisprudence.

154: App. 39.

155: La raillerie orléanaise était amère et dure. Les Orléanais avaient reçu le sobriquet de guépins. On dit aussi: «La glose d'Orléans est pire que le texte.»—La Sologne a un caractère analogue: «Niais de Sologne, qui ne se trompe qu'à son profit.»

156: Pepin y fut élu, en 750. Louis-d'Outre-mer y mourut.

157: App. 40.

158: Cette famille récente, qui prétendait remonter à Charlemagne, a bien assez d'avoir produit l'un des plus grands écrivains du dix-septième siècle, et l'un des plus hardis penseurs du nôtre.

159: Pierre-l'Ermite.

160: Calvin, né en 1509, mort en 1564.

161: Condorcet, né à Ribemont en 1743, mort en 1794.—Camille Desmoulins, né à Guise en 1762, mort en 1794.—Babœuf, né à Saint-Quentin, mort en 1797.—Béranger est né à Paris, mais d'une famille picarde.

162: Né à Pithon ou à Ham. Plusieurs généraux de la Révolution sont sortis de la Picardie: Dumas, Dupont, Serrurier, etc.—Ajoutons à la liste de ceux qui ont illustré ce pays fécond en tout genre de gloire: Anselme, de Laon; Ramus, tué à la Saint-Barthélemy; Boutillier, l'auteur de la Somme rurale; l'historien Guibert de Nogent; Charlevoix; les d'Estrées et les Genlis.

163: J'en dis autant de l'Artois qui a produit tant de mystiques. App. 41.

164: Claude-le-Lorrain, né à Chamagne en Lorraine, en 1600, mort en 1682.—Poussin, originaire de Soissons, né aux Andelys en 1594, mort en 1665.—Lesueur, né à Paris en 1617, mort en 1665.—Jean Cousin, fondateur de l'École française, né à Soucy près Sens, vers 1501.—Jean Goujon, né à Paris, mort en 1572.—Germain Pilon, né à Loué, à six lieues du Mans, mort à la fin du seizième siècle.—Pierre Lescot, l'architecte à qui l'on doit la fontaine des Innocents, né à Paris en 1510, mort en 1571.—Callot, ce rapide et spirituel artiste qui grava quatorze cents planches, né à Nancy en 1593, mort en 1635.—Mansart, l'architecte de Versailles et des Invalides, né à Paris en 1645, mort en 1708.—Lenôtre, né à Paris en 1613, mort en 1700, etc.

165: Né en 1741, mort en 1813.

166: Écrit en 1833.

167: Je ne veux pas dire que l'Alsace n'ait rien de tout cela, mais seulement qu'elle l'a généralement dans un degré inférieur à l'Allemagne. Elle a produit, elle possède encore plusieurs illustres philologues. Toutefois la vocation de l'Alsace est plutôt pratique et politique. La seconde maison de Flandre et celle de Lorraine-Autriche sont alsaciennes d'origine.

168: Dugès.

169: App. 42.

170: Raoul Glaber.

171: App. 43.

172: App. 44.

173: Glaber.—Sur soixante-treize ans, il y en eut quarante-huit de famines et d'épidémies.—An 987, grande famine et épidémie—989, grande famine.—990-994, famine et mal des ardents.—1001, grande famine.—1003-1008, famine et mortalité.—1010, famine, mal des ardents, mortalité.—1027-1029, famine (anthropophages).—1031-1033, famine atroce.—1035, famine, épidémie.—1045-1046, famine en France et en Allemagne.—1053-1058, famine et mortalité pendant cinq ans.—1059, famine de sept ans, mortalité.

174: App. 45.

175: Guillaume de Jumièges.

176: Vie de saint Richard.

177: Chronique de Sithiu.

178: Helgaud.

179: Id.

180: Helgaud.

181: App. 46.

182: Glaber.

183: Glaber.

184: Id.

185: App. 47.

186: Dante, Inferno, c. XXVIII:

Tu non pensavi qu'io loico fossi!

Les deux grands mythes du savant identifié avec le magicien, ce sont, dans les légendes du moyen âge, Gerbert et Albert-le-Grand. Ce qui est remarquable, c'est qu'ici la France ait sur l'Allemagne l'initiative de deux siècles. En récompense, le sorcier allemand laisse une plus forte trace, et ressuscite au quinzième siècle dans Faust, l'inventeur de l'imprimerie.

187: Lettre de Gerbert.

188: App. 48.

189: Louis le tenait prisonnier, mais un de ses serviteurs le sauva en l'emportant dans une botte de fourrage. (Guillaume de Jumièges.)

190: Alberic, ad ann. 904.

191: App. 49.

192: Glaber.

193: Id. C'est l'Histoire d'Harold reconnu par sa maîtresse Édith. Elle se reproduit à la mort de Charles-le-Téméraire.

194: Voy. tome I, p. 323, et App. 186.

195: Raoul Glaber se plaint de ce que la nouvelle reine attire à la cour une foule d'Aquitains et d'Auvergnats, «pleins de frivolité, bizarres d'habits comme de mœurs, rasés comme des histrions, sans foi ni loi». App. 50.

196: Ce nom est expressif pour qui a vu la Loire.

197: Il allait entreprendre le siège du couvent de Saint-Germain-d'Auxerre, lorsqu'un brouillard épais s'éleva de la rivière; le roi crut que saint Germain venait le combattre en personne, et toute l'armée prit la fuite. (Glaber.)

198: C'est ainsi que le chancelier de l'Empire qualifia tous les rois dans une diète solennelle, sous Frédéric-Barberousse: Reges provinciales.

199: Imperator est animata lex in terris.

200: Une jeune fille vint le consoler dans sa prison; ils eurent un fils qui s'appela Bentivoglio (je te veux du bien). C'est, selon la tradition, la tige de l'illustre famille de ce nom.

201: Par exemple dans les anciennes Coutumes de Normandie.

202: Moine de Saint-Gall. «Un jeune clerc venait d'être nommé par Charlemagne à un évêché. Comme il s'en allait tout joyeux, ses serviteurs considérant la gravité épiscopale, lui amenèrent sa monture près d'un perron; mais lui, indigné, et croyant qu'on le prenait pour infirme, s'élança à cheval si lestement, qu'il faillit passer de l'autre côté. Le roi le vit par le treillage du palais, et le fit appeler aussitôt: «Ami, lui dit-il, tu es vif et léger, fort leste et fort agile. Or, tu sais combien de guerres troublent la sérénité de notre Empire; j'ai besoin d'un tel clerc dans mon cortège ordinaire, sois donc le compagnon de tous nos travaux.» App. 51.

203: C'était Christian, archevêque de Mayence; il eut beau citer ces mots de l'Évangile: Mets ton épée au fourreau; on obtint du pape sa déposition.

204: Atto de Verceil.

205: App. 52.

206: Il y avait en Bretagne quatre évêques mariés: ceux de Quimper, Vannes, Rennes et Nantes; leurs enfants devenaient prêtres et évêques; celui de Dol pillait son église pour doter ses filles. (Lettres du clergé de Noyon, 1079, et de Cambrai, 1076, conservées par Mabillon.)—Les clercs se plaignaient comme d'une injustice de ce qu'on refusait l'ordination à leurs enfants. Ils donnaient même leurs bénéfices en dot à leurs filles (au neuvième siècle). Leurs femmes prenaient publiquement la qualité de prêtresses.

207: Quand je parle du christianisme, j'entends toujours l'humanité pendant les âges chrétiens. Elle les a traversés et dépassés. (1860.)

208: App. 53.

209: Damiani: «Lorsqu'à Lodi les bœufs gras de l'Église m'entourèrent, lorsque beaucoup de veaux rebelles grincèrent des dents, comme s'ils eussent voulu me cracher tout leur fiel au visage, ils se fondèrent sur le canon d'un concile tenu à Tribur, qui permettait le mariage aux prêtres; mais je leur répondis: Peu m'importe votre concile; je regarde comme nuls et non avenus tous les conciles qui ne s'accordent pas avec les décisions des évêques de Rome.» Ailleurs, s'adressant aux femmes des clercs, il leur dit: «C'est à vous que je m'adresse, séductrices des clercs, amorce de Satan, écume du Paradis, poison des âmes, glaive des cœurs, huppes, chouettes, louves, sangsues insatiables, etc.»

210: Il déclara qu'il était satisfait de la conduite de l'abbé, et peu de temps après le fit évêque.

211: Ce fut toutefois, je pense, Pierre Lombard, qui vivait un peu plus tard.

212: App. 54.

213: App. 55.

214: Il écrivait à l'abbé de Cluny: «Ma douleur et ma désolation sont au comble lorsque je vois l'Église d'Orient séparée par la fourbe du diable de la foi catholique; et si je tourne mes regards vers l'Occident, vers le Midi ou vers le Nord, je n'y trouve presque plus d'évêques qui le soient légitimement, soit par leur conduite dans l'épiscopat, soit par la manière dont ils y sont parvenus. Ils gouvernent leurs troupeaux, non pour l'amour de Jésus, mais par une ambition toute profane, et parmi les princes séculiers je n'en trouve aucun qui préférât l'honneur de Dieu au sien propre, et la justice à son intérêt. Les Romains, les Lombards et les Normands, parmi lesquels je vis, seront bientôt (et je le leur dis souvent) plus exécrables que les juifs et les païens. Et lorsque mes regards se reportent sur moi-même, je vois que ma vaste entreprise est au-dessus de mes forces; de sorte que je dois perdre toute espérance d'assurer jamais le salut de l'Église, si la miséricorde de Jésus-Christ ne vient à mon secours; car si je n'espérais une meilleure vie, et si ce n'était pour le salut de la sainte Église, j'en prends Dieu à témoin, je ne resterais plus à Rome, où je vis déjà depuis vingt ans malgré moi. Je suis donc comme frappé de mille foudres, comme un homme qui souffre d'une douleur qui se renouvelle sans cesse, et dont toutes les espérances ne sont malheureusement que trop éloignées.»