Au bas est le sceau de la ville de Toulouse à moitié brisé. On lit encore autour de ce qui en reste ces mots: Nobilium Tolosæ.

V.
LETTRE DE L'ABBÉ DE MOISSAC,
AU
ROI PHILIPPE-AUGUSTE,
EN 1212.

«Au très-illustre seigneur, roi des Français, Raimond, humble abbé de Moissac, et toute la congrégation du monastère de Moissac, salut: comme nous lisons, entre autres choses, que vos prédécesseurs ont fondé le très-antique monastère désigné sous le nom de Moissac, et l'ont doté de la possession des champs d'alentour, cela est aussi porté dans les gestes des rois de France et du bienheureux Ansbert, archevêque de Rouen, et abbé de ce monastère; et dans la consécration de notre église il se trouve entre autres choses:

«Ceci, Christ notre Dieu, a été fondé pour toi par le roi Clovis, et la munificence de Louis a depuis augmenté ce don.»

«Cependant, par une suite de nos péchés, les comtes de Toulouse nous ont enlevé la plus grande partie desdites possessions et les ont assignées aux gens de guerre qui ont accablé de beaucoup d'exactions notre ville de Moissac, tellement qu'ils se sont presque entièrement emparés de cette ville et des environs. Cette année, avant que les Croisés l'assiégeassent, nous nous mîmes en route munis de nos priviléges pour venir trouver Votre Excellence. Le comte ayant vu cela, nous prit et nous enleva nos priviléges et tout ce que nous avions. Après cela, les Croisés ont ravagé tout ce qui était dedans et dehors; de sorte que nous n'avons pas eu moyen de venir devant Votre Sublimité. C'est pourquoi nous répandons devant Votre Compassion nos lamentables prières, afin que, par l'inspiration de la miséricorde divine, vous daigniez subvenir aux détresses de votre maison et de votre ville; car si vous n'y subvenez point, nous serons entièrement désolés. Et sache Votre Sublimité que nous prions pieusement sans interruption le bienfaiteur de tous pour votre salut et la prospérité de votre règne, et qu'en mémoire spéciale de vous et des vôtres, deux cierges de cire brûlent nuit et jour devant notre grand autel élevé en l'honneur des bienheureux apôtres Pierre et Paul, et chaque jour se dit en la même institution une messe spéciale, et chaque jour nous donnons la nourriture à trois pauvres, dont chacun reçoit autant de pain et de vin qu'un moine; et le jour de la cène du Seigneur, toujours en votre intention, deux cents pauvres reçoivent dans le cloître du monastère du pain et du vin, des fèves et de l'argent. À toutes les heures canoniques, tant du jour que de la nuit, se disent pour vous des oraisons spéciales; il se célèbre dans le monastère un anniversaire général pour tous nos seigneurs les rois défunts; dans toutes les messes et oraisons, dans les jeûnes et aumônes et autres bonnes œuvres qui se font et doivent se faire à l'avenir, tant dans le monastère que dans l'abbaye, dans les prieurés et autres lieux sujets au monastère, par un mandement général fait en certaines années dans le chapitre général de Moissac, monseigneur le roi de France, comme notre patron et fondateur, et tous ceux de sa race et de ses prédécesseurs, sont recommandés et spécialement désignés; et afin que ces bonnes œuvres et les autres que nous faisons, pour la conservation de vous et de votre royaume, ne puissent pas aisément tomber en désuétude, nous envoyons à Votre Sublimité notre présent député le frère Gérard, afin que fléchissant les genoux devant vous, il vous supplie qu'il plaise à Votre Bénignité, en rétablissant nos priviléges et l'immunité des possessions qui nous ont été accordées par vos prédécesseurs, nous reconstituer et rétablir dans la liberté primitive de notre monastère, qui a été réduit, et l'est encore, dans une très-grande servitude. Lesquelles choses ledit député exposera plus en détail à Votre Majesté, et nous la supplions, au nom de l'amour divin, de les recevoir et écouter bénignement. Que Notre-Seigneur Jésus-Christ vous ait en sa garde, vous et votre royaume, et vous conserve en toute félicité!»

VI.
ACTES DE SOUMISSION
SOUSCRITS PAR RAIMOND VI,
COMTE DE TOULOUSE,

Au moment de sa réconciliation à l'Église par le cardinal Pierre de Bénévent, à Narbonne, en avril 1214[175].

«Moi, Raimond, par la grâce de Dieu duc de Narbonne, comte de Toulouse et marquis de Provence, m'offre moi-même à Dieu, à la sainte Église romaine, et à vous, seigneur Pierre, par la même grâce, cardinal-diacre, légat du saint-siége apostolique; et je vous livre mon corps, dans le dessein d'exécuter et d'observer fidèlement de tout mon pouvoir tous les ordres, quels qu'ils soient, que le seigneur pape et la miséricorde de Votre Sainteté jugeront à propos de me donner. Je travaillerai efficacement pour engager mon fils Raimond à se remettre entre vos mains, avec toutes les terres qu'il possède, et à vous livrer son corps et ses domaines, ou tout ce qu'il vous plaira de ces domaines, pour ce sujet, afin qu'il observe fidèlement, suivant son pouvoir, l'ordre du seigneur pape et le vôtre.»

L'autre acte est conçu en ces termes:

«Moi, Raimond, par la grâce de Dieu duc de Narbonne, etc., n'étant contraint ni par force ni par fraude, vous offre librement, seigneur cardinal, mon corps, avec tous les domaines que j'ai eus et possédés autrefois, et que je confesse avoir entièrement donnés à mon fils Raimond; savoir, la partie des domaines que je tiens, ou que d'autres tiennent pour moi et de moi; en sorte que, si vous me l'ordonnez, j'abandonnerai tous mes biens, je me retirerai auprès du roi d'Angleterre ou dans tout autre endroit, où je demeurerai jusqu'à ce que je puisse visiter le siége apostolique pour y demander grâce et miséricorde. De plus, je suis prêt à vous remettre et à vos envoyés toutes les terres que je possède; en sorte que tous mes domaines soient soumis à la miséricorde et au pouvoir absolu du souverain pontife de l'Église romaine et de vous; et si quelqu'un de ceux qui en tiennent une partie pour moi et de moi refuse d'y consentir, je l'y contraindrai, suivant votre ordre et mon pouvoir. Enfin je vous offre mon fils avec tous les domaines qu'il possède, et que d'autres tiennent pour lui ou de lui, et je l'expose à la miséricorde et aux ordres du seigneur pape et aux vôtres, et j'agirai pour l'engager, lui et ses conseillers, à faire la même promesse et à l'observer.»

VII.
ABJURATION
DES CONSULS DE TOULOUSE,
DEVANT LE LÉGAT, PIERRE DE BÉNÉVENT, EN 1214.

«Au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, nous, Jourdan de Villeneuve, Amaury de Châteauneuf, Armand-Bernard Baudur, Armand Barrave, Vitalis de Poignac, Perregrin Signaire et Guillaume Bertrand, consuls de la ville et faubourg de Toulouse, en qualité de procureurs fondés et constitués spécialement et envoyés par la généralité des Toulousains, tant de la ville que du faubourg, en présence de vous, cardinal-diacre de Sainte-Marie en Acquire, par la grâce de Dieu, légat de monseigneur le pape, du siége apostolique, nous déclarons et affirmons par serment, pour nous et la totalité de notre ville et faubourg, que nous obéirons ponctuellement à l'ordre que par vous ou vos lettres vous avez transmis à nous et aux hommes de la cité et faubourg; et tant devant vous, monseigneur le cardinal, que devant les autres personnes ici présentes, de notre volonté libre et spontanée, au nom de la totalité de notre cité et faubourg, et en notre nom, nous détestons, abjurons et repoussons toute hérésie et toute secte qui dogmatise, en quelque façon que ce soit, contre la sainte Église catholique romaine, et recevons et approuvons la doctrine de ladite Église romaine; et, de notre libre volonté, par les saintes reliques, l'Eucharistie et le bois de la croix du Seigneur placés devant nous, la main sur les saints Évangiles de Dieu, nous jurons de notre libre volonté, sans fraude ni mauvais dessein, qu'à l'avenir, nous ni nos concitoyens ne serons hérétiques, sectateurs, fauteurs, complices, défenseurs ni receleurs d'hérétiques, et que nous ne donnerons aux sectateurs, avocats, ou défenseurs des hérétiques ou d'aucun des susdits, ni aussi aux faidits, exhérédés ou routiers, ni aux autres ennemis de la sainte Église romaine, aide, ni conseil, ni faveur pour attaquer ou dommager les terres possédées ou à posséder par l'Église romaine ou ses délégués, quels qu'ils soient, ni pour attaquer et dommager ceux, quels qu'ils soient, qui les tiennent ou les tiendront au nom et par l'autorité de ladite Église romaine. Bien plus, lorsque nous serons requis contre quelques-uns des susdits sectateurs, fauteurs, complices, défenseurs ou receleurs des hérétiques, et aussi des faidits, exhérédés, routiers et autres ennemis de la sainte Église romaine, de tout le pouvoir de notre ville et faubourg, nous prêterons contre eux, de bonne foi, conseil, secours et faveur à la sainte Église romaine, et à vous et autres légats, nonces et ministres de l'Église romaine. Item, nous jurons de ne point occuper ou dommager, sans un ordre spécial du siége apostolique, aucune des terres, par nous ou d'autres, acquises sur les Croisés. Item, nous obéirons aux ordres apostoliques et aux vôtres lorsque vous nous commanderez de faire ou de maintenir paix ou trève, en quelque lieu ou avec quelque personne que ce soit. De plus, nous jurons d'obéir ponctuellement et sans aucune condition à tous les statuts et mandats du siége apostolique, et aux vôtres spécialement; d'obtempérer humblement et dévotement à ceux qui seront relatifs aux affaires de la foi orthodoxe et à ceux qui auront pour objet de purger la cité de Toulouse de toutes les immondices de l'hérésie et de ses sectateurs, et se rapporteront aux dispositions que vous aurez prises pour corroborer et entretenir la pureté de la foi catholique, et aussi pour établir, maintenir et conserver la paix et punir ses violateurs; ainsi qu'à ceux qui concerneront la défense à nous faite de tenir ou recevoir des routiers, et le soin de conserver fermement les statuts publics qui nous ont été donnés; et nous y demeurerons sincèrement fidèles de toute la puissance de notre ville et faubourg. Item, nous jurons que, par nous ou par d'autres, publiquement ou secrètement, nous ne prêterons point conseil, secours ou faveur au comte de Toulouse ou à son fils contre la sainte Église catholique romaine, ni contre ceux qui, par l'autorité de la sainte Église romaine ou la vôtre, attaqueraient ledit comte de Toulouse et son fils; et cela nonobstant toute fidélité à laquelle nous et notre ville et faubourg nous sommes obligés envers ledit comte ou son fils ou toute autre personne; et nous promettons la même chose à l'égard de toute personne, quelle qu'elle soit, qui sera en guerre avec l'autorité de la sainte Église catholique ou la vôtre. Item, nous jurons que nous et notre ville et faubourg nous ferons et accomplirons de bonne foi, nous et nos concitoyens, les satisfactions qui, jusqu'à présent, soit de vive voix, soit par lettres, nous ont été enjointes à nous ou à notre ville et faubourg, par l'ordre, soit de monseigneur le pape ou le vôtre, ou celui de tout autre légat délégué du Siége apostolique, sur toutes les choses pour lesquelles ont été excommuniés et interdits les citoyens de Toulouse, et sur les autres excès et offenses commis par la ville et le faubourg de Toulouse contre la sainte Église catholique romaine, et aussi contre les églises de la ville et faubourg de Toulouse et les autres églises, ou contre les personnes ecclésiastiques. Item, nous jurons que tous et tels otages que vous nous demanderez une fois ou plusieurs fois, tant de la ville de Toulouse que du faubourg, vous seront conduits par nous quand vous les demanderez et aux lieux que vous désignerez, si nous y pouvons venir en sûreté, et que nous les remettrons en votre pleine puissance ou celle des personnes que vous aurez envoyées, pour aussi long-temps qu'il plaira à l'Église romaine les tenir, aux frais de la ville et faubourg, en votre garde ou en celle des personnes que vous aurez envoyées, Nous voulons, consentons et concédons que, si nous manquons à tenir de bonne foi et à perpétuité les susdits articles, ou quelques-uns des susdits, et les choses ou quelques-unes des choses qui nous ont été enjointes, à nous et à notre ville et faubourg, soit de vive voix, soit en des lettres, par monseigneur le pape ou par vous, ou par un autre légat ou délégué de la sainte Église romaine, lesdits otages en reçoivent le châtiment qu'il plaira au souverain pontife et à vous; que de même, en pareil cas, tant nous que nos concitoyens, nous soyons réputés excommuniés, païens et ennemis de la sainte Église romaine; que nous soyons mortifiés et vexés dans toutes les cités, châteaux et villages, et chez tous les puissans et nobles hommes, et que nous soient infligés de bonne foi des châtimens selon le degré de l'offense, afin que la ville et les faubourgs n'encourent pas les châtimens susdits. Item, nous promettons et jurons qu'à tous et chacun des habitans de la cité et faubourg de Toulouse, âgés de quatorze ans et au dessus, nous ferons prêter serment dans la forme ci-dessus, les y forçant, selon notre pouvoir, et leur infligeant des peines autant qu'il nous sera possible, sauf pour tous l'ordre du souverain pontife.»

«Passé publiquement à Narbonne, dans le palais de Narbonne, le sept d'avant les calendes de mai, année dix-septième du pontificat de monseigneur le pape Innocent III, présens monseigneur ****, évêque de Sainte-Marie, et ci-devant évêque de Carcassonne; l'abbé de Saint-Pons, l'abbé et sacristain de Saint-Paul; le grand archidiacre sacristain et Yves de Conchet, chanoine de Narbonne; frère Gautier, moine de Cîteaux; les grands-maîtres des chevaliers du Temple en Arragon et en Provence; le grand-prieur de l'Hôpital en Arragon; l'archidiacre d'Auch; les nobles hommes le comte de Foix et Roger Bernard son fils; et Adenulphe, sous-diacre de monseigneur le pape; Rofrède, écrivain dudit seigneur pape; Bernard, chanoine d'Urbin, chapelain de monseigneur le cardinal; et plusieurs autres tant de la cité de Narbonne que d'ailleurs.»

FIN.

TABLE DES MATIÈRES
CONTENUES
DANS CE VOLUME.

FIN DE LA TABLE.

Notes

1: Paris, chez Chaudière, en 1569, in-8o.

2: Tom. 5, pag. 554.

3: En 1669, in-fol. tom. 7.

4: Innocent III, né à Agnano, de la maison des comtes de Segni, appelé Lothaire avant son élection, succéda à Célestin III le 8 janvier 1198, à l'âge de 37 ans, et mourut à Pérouse le 16 ou le 17 juillet 1216.

5: Ils étaient moines de Font-Froide, abbaye de Bernardins, fondée vers 1130, et située à trois lieues de Narbonne.

6: Horace.

7: L'auteur fait ici un jeu de mots sur le nom latin de Toulouse: hæc tolosa, tota dolosa. Il le répète même plus loin au sujet du comte Raimond, en forgeant exprès une expression latine: comes tolosanus, imo dicamus melius dolosanus (ch. 9). En général il se plaît, comme tous les écrivains du temps, à opposer entre eux les mots analogues, et souvent les mêmes mots.

8: Il se nommait Diégue de Azebez. Osma (Oxomuma, Uxama), ancienne ville d'Espagne, dans la Vieille-Castille. Elle tombe presqu'en ruines.

9: Cîteaux (Cistertium), fameuse abbaye, chef d'ordre des Bernardins, fondée en 1098, et située entre des marais, au diocèse de Châlons-sur-Saône, à deux lieues de Nuits. L'église et le monastère étaient magnifiques. Elle avait 120,000 livres de rentes. Cet ordre comptait en France un grand nombre d'abbayes, toutes richement dotées.

10: On verra plus loin que ce compagnon était le fameux saint Dominique, né à Calahorra, au diocèse d'Osma, l'an 1170, d'une noble et ancienne famille, mort à Bologne en 1221, et canonisé par Grégoire IX en 1234. Il fonda l'ordre des Frères-Prêcheurs, connu sous le nom de Dominicains et sous celui de Jacobins, et approuvé en 1216 par Honorius III.

11: Carmaing (Carmanum), petite ville dans le haut Languedoc, à six lieues de Toulouse.

12: Sans doute dans le concile tenu dans cette ville en 1210, où furent condamnés au feu tous les partisans des doctrines d'Amaury de Chartres, docteur de l'université de Paris.

13: Ce nom ne comprenait pas encore les contrées du midi de la France. Il ne leur fut appliqué que plus tard et à mesure que la domination royale s'étendit directement sur elles.

14: Mont-Réal (mons Regalis), ville du Languedoc, à quatre lieues de Carcassonne.

15: En 1206.

16: Raimond VI, arrière petit-fils du célèbre croisé Raimond IV, petit-fils du roi Louis-le-Gros par Constance sa mère, et cousin-germain de Philippe-Auguste alors régnant.

17: On a donné à ce mot plusieurs étymologies. Sa signification la plus naturelle paraît être voleur de route ou de grand chemin, et il serait exactement traduit par l'expression anglaise high-way gentleman.

18: Raimond VI eut cinq femmes; l'historien oublie ici la première, Ermesinde de Pelet.

19: Bourgogne, fille d'Amaury, roi de Chypre.

20: Jeanne, sœur de Richard-Cœur-de-Lion.

21: Éléonore, sœur de Pierre II. Une autre sœur du même roi, nommée Sancie, devint aussi la femme du fils de Raimond VI.

22: Célèbre abbaye de filles, chef d'ordre, fondée par Robert d'Arbrissel, située dans l'Anjou, à trois lieues de Saumur.

23: Voici la phrase textuelle: Juxta altare cujusdam ecclesiæ purgavit ventrem, et in contemptum Dei, cum palla altaris tersit posteriora sua.

24: Abbaye d'hommes de l'ordre de Cîteaux, fondée en 1144.

25: Le texte porte ab infantia.

26: On prêchait depuis long-temps dans la langue vulgaire, et il y a des conciles avant le douzième siècle qui ordonnent aux évêques, quand ils prêchent des homélies des Pères, de les traduire du latin en langue romane.

27: Consoranum; ville de Gascogne, avec un territoire ayant titre de vicomté, borné par les comtés de Foix et de Comminges, et par la Catalogne. Elle fut détruite par Bernard de Comminges, et la résidence de l'évêque fut transportée à Saint-Lizier.

28: Raimond-Roger, comte de Foix de 1188 à 1223.

29: Cimorra. Cette petite ville, nommée aussi Cimolus ou Argenteria, est située en Languedoc dans le département de l'Ardèche.

30: Il avait été catholique et chanoine de Nevers.

31: Lauranum; anciennement, et avant Castelnaudary, capitale du Lauraguais.

32: Le roi de France, de qui relevait le comté de Toulouse.

33: Le 10 mars 1208.

34: Comes Tolosanus, imo dicamus melius, dolosanus.

35: Dans le haut Languedoc, à six lieues d'Albi. Il y a une autre ville du même nom en Bigorre, à quatre lieues de Tarbes.

36: Ou, selon d'autres auteurs, Thédise.

37: Il y avait trois villes de ce nom auprès de Sens, savoir, Villeneuve-la-Guyard, Villeneuve-l'Archevêque et Villeneuve-le-Roi ou sur Yonne. C'est de cette dernière qu'il est question.

38: Othon IV, surnommé le Superbe.

39: Jean-sans-Terre.

40: En 1209.

41: Il faut lire probablement Sancti Ægidii, et entendre Saint-Gilles au lieu de Saint-George. Par les comtes de ces villes l'historien entend, à ce qu'il paraît, les consuls ou premiers magistrats municipaux.

42: L'archevêque de Sens prenait le titre de primat des Gaules et de Germanie.

43: Simon, surnommé le Fort et le Macchabée. Il était fils de Simon III, seigneur de Montfort-l'Amaury, petite ville à onze lieues de Paris, et à l'époque de la croisade, il était le chef de sa maison, illustre et florissante dès le dixième siècle.

44: Cette espèce de soldats figure, pour la première fois, sous le règne de Philippe-Auguste. Ils avaient beaucoup de rapport avec ce qu'on a appelé depuis enfans perdus. On les mettait à la tête des assauts et on s'en servait ordinairement dans toutes les entreprises qui exigeaient un coup de main hardi. La licence excessive à laquelle ils se livraient a, par la suite, rendu leur nom infâme. Il y avait un chef des ribauds qui portait le titre de roi; il avait des priviléges et des fonctions qui passèrent au grand prévôt de l'hôtel lorsque cette charge fut créée par Charles VI, après la suppression du nom de roi des ribauds. Entre autres redevances affectées à cet officier, on comptait celle que lui payait chaque femme adultère (cinq sous). On doit entendre par ces mots servans d'armée à peu près tous ceux qui, dans l'armée, n'étaient pas nobles, et ceux même qui étaient a sa suite, sans en faire partie comme soldats.

45: Le vicomte de Béziers.

46: L'auteur a dit tout à l'heure que le premier faubourg était tant soit peu moins fort, aliquantulum minus forte. Cette contradiction vient sans doute de ce que le premier faubourg fut pris et conservé, tandis que dans le second, attaqué d'abord infructueusement, les Croisés ne purent se maintenir après un nouvel assaut.

47: Cette machine peut être comparée à ces galeries couvertes ou vignes construites avec des claies et du bois de chêne vert, qu'on appelait aussi chats, et qui servaient également à mettre les travailleurs, mineurs ou pionniers à l'abri des traits des assiégés.

48: Il faut entendre par là Raimond, vicomte de Béziers, et non le comte Raimond de Toulouse.

49: Il est probablement question de la petite ville de ce nom, située en Beauce, à deux lieues de Dourdan.

50: Psaume 90, v. 11, 12.

51: Il s'agit ici de la croisade entreprise en 1205, à l'instigation de Foulques de Neuilly.

52: Baudouin IX.

53: C'était une des plus fortes places du royaume, dans le diocèse de Saint-Pons.

54: Castrum Finarum. Nous avons traduit Termes, comme plus bas, pour Termarum et Thermarum, à quatre lieues de Carcassonne.

55: Château qui a donné son nom au pays de Cabardès, dans le diocèse de Carcassonne.

56: Bourg à trois lieues de Carcassonne.

57: Fanum jovis; petite ville à quatre lieues de Mirepoix.

58: Bourg à trois lieues d'Albi.

59: À trois lieues de Foix.

60: À six lieues de Toulouse.

61: Ils furent sécularisés en 1745.

62: Petite ville à cinq lieues de Foix.

63: Ancienne capitale du comté du Razez, à quinze lieues de Narbonne.

64: Dans le diocèse de Narbonne.

65: Ce prince était aussi seigneur de Montpellier.

66: À quatre lieues de Carcassonne.

67: Il était parent du vicomte de Béziers.

68: Le 10 novembre 1209; il est à peu près hors de doute qu'il mourut de mort violente, et non de maladie.

69: À deux lieues de Béziers.

70: À quatre lieues de Narbonne.

71: Il avait été chargé d'entretenir le pape dans des dispositions hostiles contre Raimond, et de l'engager à recruter, par de nouvelles indulgences, les rangs des Croisés.

72: Abbaye de l'ordre de Cîteaux, à trois lieues de Toulouse.

73: Il s'agit toujours de la fin de l'an 1209.

74: À quatre lieues de Carcassonne.

75: Ou Bram.

76: À trois lieues d'Albi.

77: En 1210.

78: Il s'agit ici des sept châteaux dont maître Théodise avait pris possession au nom de l'Église romaine. (Voy. le chap. XI.)

79: Raimond était vassal de l'Empire à raison du comtat Venaissin.

80: À trois lieues d'Agde et quatre de Béziers.

81: Canis suspensus, à trois lieues de Carcassonne.

82: Petite ville à cinq lieues de Carcassonne, qu'il ne faut pas confondre avec une autre du même nom, également située dans le Languedoc, à trois lieues de Toulouse.

83: Abbaye de bénédictins, appelée Notre-Dame de la Grasse, située près de la petite ville de ce nom, à cinq lieues de Carcassonne.

84: À trois lieues de Carcassonne.

85: Ovide, de Ponto, Eleg. 3.

86: À deux lieues de Carcassonne.

87: Il ne faut pas confondre ce lieu avec la place forte du même nom, située sur la frontière de Catalogne.

88: Il se trouve ici une phrase qui n'est pas achevée, et dont les seuls mots imprimés sont capta sunt ab hostibus. Sorbin a traduit sur son manuscrit: Pendant lequel temps la forteresse fut abandonnée des ennemis et saisie des nôtres.

89: Machine de guerre empruntée des Turcs, qui lançait des grêles de cailloux.

90: Le texte porte secessit ad inquisita naturœ; il faut lire sans doute ad requisita. Plus loin l'auteur, pour exprimer la même idée, se sert des mots quæsita naturæ (chap. 44).

91: D'autres disent cent quatre-vingts. Le texte même n'explique pas bien clairement si les parfaits furent seuls brûlés, et la mention qu'il fait plus bas de trois femmes semble supposer que tous les hérétiques trouvés à Minerve furent livrés aux flammes.

92: Celui dont il est question au chapitre 26.

93: D'après ce que nous venons de dire, il faudrait entendre par là le reste des habitans de Minerve qui renoncèrent au commerce des hérétiques. En effet, l'auteur ne dit pas combustis perfectis, mais bien hæreticis.

94: Raimond III, évêque d'Uzès; il ne faut pas le confondre avec deux évêques d'Uzès du même nom qui l'avaient précédé; celui-ci succéda, en 1208, à l'évêque d'Uzès Éverard.

95: Psaume 31, v. 8.

96: En 1211.

97: Abbaye de l'ordre de Cîteaux, au diocèse de Besançon, à quatre lieues de Pontarlier.

98: Il y a dans le texte 1210; mais c'est évidemment une erreur, et il suffirait pour s'en convaincre de voir qu'il est question, dans ce chapitre, de la délivrance de ce Bouchard de Marly, dont l'auteur, après avoir raconté comment il fut pris à la fin de l'an 1209, dit qu'il resta seize mois dans les fers. (Voy. chap. XXVI.)

99: Ivellus de Meduana: la plupart des modernes ont traduit Juël de Mantes; c'est une erreur. (Histoire générale de Languedoc, t. 3, p. 205.)

100: Voyez chap. XXVI, pag. 76.

101: C'était une des villes les plus considérables aux mains des Albigeois. Cependant elle ne possédait pas encore un évêché. Elle est située à huit lieues d'Albi et de Toulouse. L'auteur fait à ce sujet une légère erreur en moins.

102: Rivière qui descend des montagnes près de Castres, et se jette dans le Tarn à une lieue de Rabastens.

103: Bravium ou brabeium, prix des jeux publics, du mot grec βραζειον.

104: À sept lieues d'Auch.

105: Il s'appelait Bernard et non Roger.

106: C'est le vendredi saint.

107: Il y a en cet endroit, comme en plusieurs autres, une lacune où le sens indique qu'il faut suppléer illi cum eo.

108: À trois lieues de Lavaur.

109: Ce Gui de Lucé est probablement le même qui figure dans le chapitre XXXVII au siége de Minerve, et plus bas dans le chapitre LVI, au siége de Castelnaudary, sous le titre de maréchal. Il est souvent désigné dans le texte, et presque toujours sous des noms qui ne sont pas exactement les mêmes. Nous avons écrit de Lucé toutes les fois que le mot latin a été Guido de Lucio, ou à peu près semblable. La même observation s'applique à plusieurs autres noms propres rapportés dans le texte, et qui variaient aussi, ce semble, dans le manuscrit de Sorbin, car il les défigure chaque fois qu'il les cite.

110: Nous avons été obligés de rectifier ce passage. Nous l'avons fait suivant ce que l'auteur a dit plus haut des soldats de Raimond trouvés dans Lavaur.

111: Il y a dans le Languedoc dix ou douze villes du nom de Castelnau. Il s'agit ici de Castelnaudary, placé sur la route qu'en venant du côté de Lavaur sur Castres le comte devait suivre. En effet, il fit rétablir plus tard cette ville qu'on verra plus bas avoir été brûlée deux fois. Enfin dans l'endroit où c'est bien sûrement de cette ville qu'il parle, l'auteur ne l'appelle également que Castellum novum, Castelnau.

112: À cinq lieues de Lombez.

113: Cette répétition s'applique ou au titre de comte ou à ce que d'autres lui ont donné le nom de Bertrand.

114: Malachie.

115: À six lieues d'Albi.

116: Ou Montagut, celui qui est à huit lieues de Toulouse.

117: Celui qui est à cinq lieues d'Albi.

118: À quatre lieues d'Albi.

119: Celui qui est au diocèse de Narbonne.

120: Au diocèse d'Albi, à six lieues de Villefranche.

121: À dix lieues de Villefranche.

122: Sans doute la petite rivière de Lers.

123: C'est Eustache de Quen.

124: Isaie.

125: À quatre lieues de Toulouse.

126: Ou Verilhes, à deux lieues de Foix et de Pamiers.

127: À huit lieues de Montauban.

128: À cinq lieues de Sarlat.

129: Ici il est nommé de Terreio, et plus bas de Tureyo.

130: O virum, imo virus!

131: Le texte porte jaculator, la suite indique joculator.

132: La marque, qu'il ne faut pas confondre avec le marc, valait à cette époque environ trois francs, tandis que le marc valait à peu près cinquante francs cinquante centimes. Vingt marques font donc près de soixante francs.

133: Catus.

134: En 1212.

135: Le même sans doute que le Drogon dont il est question dans le chapitre LVIII.

136: À quatre lieues d'Albi.

137: À cinq lieues d'Albi.

138: À trois lieues d'Aubrac.

139: À six lieues de Castres.

140: À deux lieues de Castelnaudary.

141: À cinq lieues de Saint-Papoul.

142: À trois lieues de Saint-Papoul.

143: À cinq lieues de Cahors.

144: À six lieues d'Agen.

145: À trois lieues de Saint-Antonin.

146: À six lieues d'Agen.

147: À huit lieues d'Agen.

148: À sept lieues de Montauban.

149: À huit lieues de Pamiers.

150: En 1213.

151: Ceci ne s'accorde point avec ce que l'auteur a dit sur le même objet, chapitre XLIII.

152: Pierre avait été couronné roi par le pape le 11 novembre 1204.

153: En 1213. C'est, selon notre auteur même, à l'époque du concile de Lavaur que le roi d'Arragon envoya ses ambassadeurs à Rome, puisque les députés de ce concile vers le pape le trouvèrent déjà circonvenu par les siens. Or, ceux qu'il envoya à la cour de Philippe y notifièrent, dit-il, les lettres qu'il avait surprises à Innocent III. Ce fut donc en 1213.

154: À six lieues de Montauban.

155: À dix lieues d'Auch.

156: À quatre lieues de Toulouse.

157: Il fut tué par Alain de Roucy et Florent de Ville, nobles français qui s'étaient acharnés sur lui.

158: En cherchant à regagner les bateaux qui les avaient amenés par la Garonne.

159: Abbaye de Bénédictins, à cinq lieues de Béziers.

160: À cinq lieues de Viviers.

161: Ou Aymar.

162: En 1214.

163: Pierre de Vaulx-Cernay omet ici à dessein le comte de Toulouse qui fut également réconcilié à l'Église, à la même époque, par le légat Pierre de Bénévent. (Voir les Éclaircissemens et pièces historiques à la fin de ce volume, pag. 386 et 387.)

164: À neuf lieues de Cahors.

165: À deux lieues de Figeac.

166: Séverac-le-Châtel, à quatre lieues de Milhau.

167: Lambert de Limoux.

168: Le texte porte fratrem; c'est filium qu'il faut lire. Cette comtesse ou héritière de Bigorre fut enlevée à son légitime mari pour être livrée à ce second fils de Montfort qui, par là, acquérait un riche domaine.

169: Imo.

170: Allusion à l'église principale de Toulouse consacrée à saint Étienne.

171: Il fut inhumé dans le monastère de Hautes-Bruyères, de l'Ordre de Fontevrault, situé à une lieue de Montfort-l'Amaury.

172: De Script. eccles. tom. 2, p. 1403.

173: Je ne crois pas que Dom Vaissette ait tiré, des paroles de Pierre de Vaulx-Cernay, leur véritable conséquence; elles prouvent qu'avant la croisade on donnait, en France, aux hérétiques du Languedoc et de la Provence, le nom de Provençaux ou de Toulousains; mais que les autres nations les appelaient déjà généralement Albigeois.

174: Cette lettre est tirée du recueil des lettres d'Innocent III, publié par Baluze, en deux vol. in-fol. 1682 (lib. 10, Epist. 69). Nous en avons retranché, comme Dom Vaissette, quelques longueurs sans intérêt.

175: Pierre de Vaulx-Cernay a passé sous silence cette réconciliation du comte de Toulouse avec l'Église, et les actes qui s'ensuivirent.