[1] Louis de Marillac, né en Auvergne en juillet 1572, décapité à Paris, le 10 mai 1632. La Gazette du 17 mai 1632 dit que l'empressement pour assister à son exécution fut si considérable, que telle fenêtre fut louée huit pistoles.

[2] On appeloit ainsi le droit que payoient tous les ans au Roi la plupart des officiers de justice et de finance, pour pouvoir disposer librement de leurs charges.

[3] Richelieu, qui n'étoit encore, à cette époque, qu'évêque de Luçon.

[4] Ce propos a été attribué également au cardinal de Richelieu par l'abbé de Marolles, dans son Abrégé de l'Histoire de France. Bayle dit à cette occasion, article Louis XIII: «Si j'avois ouï dire cela à ce cardinal, je croirois qu'il tint ce discours.»

[5] On le trouva brûlé; car un jour, étant demeuré seul, il étoit tombé dans le feu, et, comme il étoit foible, il ne s'en put tirer. (T.)

[6] Philippe-Emmanuel de Gondy, général des galères, puis prêtre de l'Oratoire, né à Limoges en 1581, mort à Joigny le 29 juin 1662.

[7] Le duc de Rouanez suivit la Reine-mère. Son fils est celui qui s'est retiré et a marié sa sœur à La Feuillade. (T.)

[8] «Mademoiselle Du Tillet dit qu'elle ne s'étonna pas quand on ôta La Fargis de chez la Reine, mais bien quand on lui avoit permis, vu la vie qu'elle avoit toujours faite; qu'elle s'étoit jetée dans les Carmélites par désespoir du scandale qui étoit arrivé à Amiens, lorsqu'elle étoit avec Madame, où Créquy devoit entrer par la fenêtre et le comte de Cramail, qui l'étoient venus trouver déguisés.» Journal de M. le cardinal duc de Richelieu, première partie; Amsterdam, Wolfgank, 1664, in-12, p. 49-50.

[9] Premier écuyer de la petite écurie sous Louis XIV.

[10] Journal de Richelieu, première partie, p. 48.

[11] Antoine Coiffier, marquis d'Effiat, né en 1581, mort le 27 juillet 1632.

[12] Il étoit pourtant gentilhomme. Son aïeul[12a] ou son bisaïeul, général des finances, fut fait noble pour avoir demandé une pique à la bataille de Cérisolles, et y avoir bien fait. J'ai trouvé dans l'Histoire de Mézeray, ces mots, parlant de Gilbert Coiffier d'Effiat, à cause de la faveur de Henri III qui lui avoit donné charge d'agir en Auvergne: «Il avoit pris rang parmi les gentilshommes, quoiqu'il ne fût pas de race noble.» (T.)

[12a] C'est son aïeul, Gilbert II.

[13] Son grand-oncle maternel.

[14] Henriette de France, fille d'Henri IV, avec Charles Ier en 1624.

[15] En 1626.

[16] François Leclerc Du Tremblay, né à Paris le 4 novembre 1577, mort à Paris le 18 décembre 1638. On a l'Histoire de la vie du R. P. Joseph Leclerc Du Tremblay, capucin, instituteur des filles du Calvaire, 1702, 2 volumes in-12. Ce panégyrique est de l'abbé Richard, auquel on attribue un ouvrage satirique anonyme contre le même P. Joseph, ouvrage auquel l'abbé fit une Réponse; mais, assure-t-on, seulement dans le but de se mieux cacher.

[17] Comme abbé des Roches, abbaye voisine de celle de Fontevrault.

[18] On lit en effet dans les ouvrages publiés sur le P. Joseph, qu'il avoit composé un poème latin, intitulé: La Turciade, pour animer les princes chrétiens contre les Musulmans.

[19] Le Père Joseph dit: «Voilà un Impudent animal.» Depuis on appela ce cheval l'Impudent. (T.)

[20] D'Olivet a raconté, et Bret a imprimé d'après lui, une anecdote qui assigneroit une toute autre origine à l'exclamation d'un si vrai comique du pauvre Orgon: «Louis XIV, disoit d'Olivet, marchoit vers la Lorraine vers la fin de l'été de 1662. Accoutumé dans ses premières campagnes à ne faire qu'un repas le jour, il alloit se mettre à table la veille de Saint-Laurent, lorsqu'il conseilla à M. de Rhodez (Péréfixe), qui avoit été son précepteur, d'aller en faire autant. Le prélat, avant de se retirer, lui fit observer, peut-être avec trop d'affectation, qu'il n'avoit qu'une collation légère à faire un jour de vigile et de jeûne. Cette réponse ayant excité de la part de quelqu'un un rire qui, quoique retenu, n'avoit point échappé à Louis XIV, il voulut en savoir le motif. Le rieur répondit à Sa Majesté qu'elle pouvoit se tranquilliser sur le compte de M. de Rhodez, et lui fit un détail exact de son dîner dont il avoit été témoin. A chaque metz exquis et recherché que le conteur faisoit passer sur la table de M. de Rhodez, Louis XIV s'écrioit: Le pauvre homme! et chaque fois il assaisonnoit ce mot d'un ton de voix différent qui le rendoit extrêmement plaisant. Molière, en qualité de valet-de-chambre, avoit fait ce voyage: il fut témoin de cette scène, et comme il travailloit alors à son Imposteur, il en fit l'heureux usage que nous voyons.» Il est fort probable, à lire le récit de Tallemant, bien antérieur à celui de d'Olivet, que si Louis xiv a joué la scène qu'on lui fait jouer, ce n'étoit de sa part qu'un souvenir du conte sans doute bien connu du P. Joseph; et que c'est aussi le gardien et son exclamation de bonne foi que Molière eut en vue dans son Orgon, et non pas Louis xiv dont l'exclamation n'étoit qu'épigrammatique.

[21] Les biographes assignent une autre cause à la nécessité où Quillet se trouva de s'éloigner dans cette circonstance: «Dans l'une des séances ridicules où l'on faisoit parler les diables, Satan menaça par la bouche de l'une de ces religieuses d'enlever jusqu'à la voûte de l'église celui qui douteroit de leur possession. Quillet eut l'imprudence de défier le diable, qui, ne s'attendant pas à une semblable provocation, en fut pour sa courte honte. C'étoit défier le cardinal. Quillet le sentit assez tôt pour en prévoir et en prévenir les suites. En effet, peu de jours après Laubardemont lança contre lui un décret de prise de corps.» (Histoire de Touraine, par Chalmel, t. 4, Biographie, p. 404.)

[22] Maître des requêtes. (T.)—Laubardemont se trouvoit à Loudun pour veiller à la démolition du château-fort de cette ville, quand commença la comédie de la possession. Il en rendit compte su Roi et au cardinal, et fut nommé par eux pour informer contre Grandier. La manière dont il s'acquitta de cette mission a donné à son nom une affreuse célébrité.

[23] François Sublet de Noyers, né en 1578, mort à Dangu, le 20 octobre 1645.

[24] Ce fut lui qui fonda l'Imprimerie royale, d'abord établie dans les galeries du Louvre.

[25] Le fils de M. de Noyers, appelé La Boissière, ne manque nullement d'esprit; c'est une espèce de visionnaire et d'avaricieux qui mène une vie retirée, et qui ne s'occupe guère à rien. On a retiré sur lui la terre de Dangu que son père avoit achetée sans prendre bien garde à sa sûreté. Il l'a perdue; il vit encore en l'an 1672. (T.)

[26] François de Jussac, seigneur de Saint-Prueil, maréchal-de-camp, gouverneur d'Arras, décapité pour satisfaire la haine du cardinal de Richelieu.

[27] Claude de Bullion, seigneur de Bonelles, surintendant des finances, ministre d'État, garde des sceaux des ordres du Roi, mort le 22 décembre 1640.

[28] Sa mère étoit une Lamoignon.

[29] On montra à Pompeo Frangipani, M. de Montmorency, M. de Bassompierre et ce petit bout d'homme; et on lui dit: «Devinez lequel des trois a fait fortune par les femmes? Il se mit à rire, et dit: «Serait-ce ce petit vilain?—Oui; les autres, tout beaux qu'ils sont, y ont dépensé cinq cent mille écus chacun.» (T.)

[30] Marie-Thérèse, femme de Louis XIV.

[31] En 1632.

[32] On m'a dit depuis que cela étoit vrai, et qu'il le fit pour gagner Senecterre. (T.)—On lit dans les Pièces intéressantes et peu connues, publiées par La Place:

«Le surintendant ayant donné à dîner au premier maréchal de Grammont, au maréchal de Villeroy, au marquis de Souvré, et au comte d'Hautefeuille, fit servir au dessert trois bassins remplis de louis, dont il les engagea à prendre ce qu'ils en voudroient. Ils ne se firent pas trop prier, et s'en retournèrent les poches si pleines, qu'ils avoient peine à marcher; ce qui faisoit beaucoup rire Bullion. Le Roi, qui faisoit les frais de cette plaisanterie, ne devoit pas la trouver tout-à-fait si bonne.»

[33] La Brosse disoit que le vin qui croissoit sur cette petite butte, qui est dans l'enclos de ce jardin, étoit assez bon, mais que si on le gardoit plus de deux ans, il sentoit la gadoue. C'est qu'autrefois on la jetoit en cet endroit-là, et que cette butte en a été composée, sinon en tout, au moins en partie. (T.)—C'est sur cette butte qu'a été tracé le labyrinthe entouré d'arbres verts que nous y voyons aujourd'hui.

[34] Gabriel Madelenet, poète latin du XVIIe siècle, mourut en 1661. Le comte de Brienne a recueilli ses vers, et les a publiés en 1662.

[35] Pompone de Bellièvre, né en 1606, mort en 1657.

[36] Cornuel ne mourut pas si commodément. Il eut le loisir d'avoir bien peur du diable, et comme il se tourmentoit comme un procureur qui se meurt, Bullion lui disoit: «Ne vous inquiétez point, tout est au Roi, et le Roi vous l'a donné.» (T.)

[37] Louis XIV se repentit de s'être ainsi livré au premier mouvement de sa violence, car on le vit jeter sa canne par la fenêtre, de peur d'en frapper Lauzun.

[38] Marie-Madeleine de Vignerot, mariée en 1620 à Antoine Du Roure de Combalet. Le cardinal, son oncle, acheta pour elle en 1638 le duché d'Aiguillon. Elle mourut en 1675, et son Oraison funèbre fut prononcée par Fléchier.

[39] On a fait autrefois un vaudeville où je ne vois pas grand fondement, car je ne crois pas qu'on ait jamais parlé de la marier avec M. de Mantoue, auparavant M. de Nevers:

On dit que monsieur de Mantoue

S'apprête à danser un ballet,

Où madame de Combalet

Ne verra rien qu'elle n'avoue

Que les vieux savent les bons tours.

Messieurs, voilà le mot qui court.

On appeloit ainsi ces vaudevilles. A l'Historiette de Senecterre j'ai parlé de M. le comte, et le Journal du cardinal en parle aussi. (T.)

[40] On trouvera plus loin l'Historiette de ce poète ridicule sur lequel les Biographies ne donnent aucun détail, et qui n'étoit connu jusqu'ici que pour avoir servi à Sarrazin de sujet pour un poème assez ingénieux.

[41] Guy-Patin dit: «Le cardinal, deux ans avant que de mourir, avoit encore trois maîtresses qu'il entretenoit, dont la première étoit sa nièce...; la seconde étoit la Picarde, savoir, la femme de M. le maréchal de Chaulnes...; la troisième étoit une certaine belle fille Parisienne, nommée Marion de Lorme.... Tant y a que ces messieurs les bonnets rouges sont de bonnes bêtes: Verò cardinales isti sunt carnales.» (Lettres choisies de feu M. Guy-Patin; Rotterdam, 1725, tom. 1, p. 5; lettre du 3 novembre 1649.)

[42] Cela est faux; au moins feu M. de La Gallissonnière, qui étoit présent, comme parent et tuteur, à l'ouverture du testament, dit que le maréchal de Brézé ne s'emporta pas, et ne dit rien de ce qu'on lui a fait dire. (T.)

[43] Pour les deux filles, il n'en disoit rien. (T.)

[44] Ce Pont-de-Courlay étoit un bossu bien ridicule, une bête. Elle s'appelle Guémadeux d'une bonne maison de Bretagne: cette femme est un peu folle. (T.)

[45] Expression injurieuse. «Dans le temps que nous autres François étions ennemis des Espagnols, nous les traitions de marranes, comme ils nous traitoient de gavaches.» (Glossaire des anciens termes, qui se trouvent dans les Œuvres de Clément Marot, édit. de Lenglet-Dufresnoy; la Haye, 1731, in-12, t. 6, p. 316.) Cette injure renferme le reproche d'être de la race des Arabes et des Mahométans. (Dict. de Trévoux.)

[46] Alphonse-Louis Du Plessis de Richelieu, aîné du cardinal, et décédé le 23 mars 1653. Le Conservateur de mai 1755 contient quelques lettres de lui à son frère, et la Bibliothèque du Roi possède un Recueil in-folio de ses lettres à Louis XIII et à des personnages de sa cour.

On cite son épitaphe:

Pauper natus sum, pauperiem vovi,

Pauper morior, inter pauperes sepeliri volo.

[47] On a remarqué que le cardinal de Richelieu et son successeur le cardinal Mazarin ont eu tous deux chacun un frère moine, fou et archevêque d'Aix. (T)

[48] Celui que madame de Longueville appeloit l'Incommodé. Tallemant en parle à l'occasion de Bertault, frère de madame de Motteville.

[49] L'abbé de Pure; Paris, 1653, in-12.

[50] Ces deux noms sont ainsi écrits d'une manière différente dans le manuscrit.

[51] Le surintendant.

[52] Urbain de Maillé, marquis de Brézé, né vers 1597, mort en février 1650 au château de Milly, près de Saumur.

[53] Une chanson de ce temps-là:

Avec la fille à la grande A, A, A, A, A, Anne. (T.)

[54] Claire-Clémence de Maillé-Brézé épousa le grand Condé le 11 février 1641. Elle est morte à Châteauroux le 16 avril 1694. Elle y avoit été reléguée à la suite d'une aventure avec un Rabutin, cousin du comte Bussy Rabutin. (Voyez la Lettre de madame de Sévigné du 23 janvier 1671.)

[55] Molière lui lisoit toutes ses pièces, et quand l'Avare sembla être tombé: «Cela me surprend, dit-il, car une demoiselle de très-bon goût et qui ne se trompe guère, m'avoit répondu du succès.» En effet, la pièce revint et plut. (T.)

[56] L'un des enchantements du roman d'Amadis de Gaule.

[57] Ceci se passoit en 1638. La Porte parle dans ses Mémoires à cette époque de tous les exilés qui sont ici nommés. (Mémoires relatifs à l'histoire de France, deuxième série, t. 59, p. 391 et suiv.)

[58] Armand de Maillé Brézé, duc de Fronsac, amiral de France, né en 1619, tué au siége d'Orbitello, le 14 juin 1646.

[59] Auteur de la Pratique du théâtre.

[60] Second fils de Saint-Germain Beaupré. (T.)

[61] Charles de La Porte, duc de La Meilleraye, mort le 8 février 1664, âgé de soixante-deux ans. Son fils unique épousa Hortense Mancini, nièce du cardinal Mazarin.

[62] On lit des détails fort curieux sur l'avocat La Porte, grand-père maternel du cardinal de Richelieu, et père du grand-prieur, dans les Mémoires de Montglas. (Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, deuxième série, t. 49, p. 21.)

[63] Ce grand-prieur de La Porte étoit un homme de bien et un homme d'honneur. Quand le grand-prieur de Vendôme fut mort, le cardinal de Richelieu le voulut faire grand-prieur, encore qu'il y eût un commandeur plus ancien que lui, et il avoit assez de pouvoir pour cela; mais il ne le voulut jamais, et dit que c'étoit une injustice. Il laissa passer l'autre devant, mais il n'attendit guère, car cet homme mourut bientôt après. J'ai vu ce grand-prieur fort aimé à La Rochelle, dont il étoit gouverneur avec le pays d'Aulnis, Brouage et les îles. Depuis sa mort la religion de Malte a démembré le grand Prieuré à cause qu'il n'étoit plus que pour des princes et des gens de la faveur. (T.)

[64] On lui avoit refusé madame de Courcelles d'aujourd'hui, autrefois mademoiselle de Villeroy, du temps qu'il étoit capitaine des gardes de la Reine-mère, et qu'on l'appeloit Petit Meilleraye. (T.)

[65] Elle mourut d'une fausse couche. (T.)

[66] On lit Cerisay dans le manuscrit, mais ne seroit-ce pas plutôt Habert de Cerisy, de l'Académie française, qui mourut en 1655?

[67] Ce riche partisan dont Tallemant a donné l'Historiette tom. I, qui maria sa fille au duc de Cossé.

[68] On a raconté la même chose de Henri IV et du duc de Bellegarde, à l'occasion de Gabrielle d'Estrées.

[69] Bois-Yvon, comme on lui parla de Dieu, dit: «Dieu est si grand seigneur et moi si petit compagnon! Nous n'avons jamais eu de communication ensemble.» Ce Bois-Yvon étoit un homme persuadé de la mortalité de l'âme, et quand on lui voulut parler de se confesser, il s'en moqua, et dit qu'il lui restoit trente sous qu'on donneroit à des porteurs, qui, dans leur chaise, le porteroient à la voirie. Il mourut ainsi, et on n'en put obtenir autre chose. Étant malade, je ne sais quel jeune moine lui parloit de Dieu: «Frère jeune, lui dit-il, ne me parlez point tant de Dieu, vous m'en dégoûtez.» Desbarreaux lui amena un confesseur: «Il n'est pas de ma croyance,» dit-il; il lui dit aussi: «Faire ce que vous dites n'est pas de la vie que j'ai faite, et ce que vous faites n'est pas de la vie que vous menez.» (T.)

[70] Il y a un couplet du chevalier de Rivière. (T.)

[71] Fils de Henri IV et de Marie de Médicis, né à Fontainebleau le 27 septembre 1601, mort le 14 mai 1643.

[72] En 1615.

[73] Il mourut depuis aux guerres des Huguenots. (T.)

[74] Le comte de Nogent, capitaine des archers de la porte, frère de Bautru, dans l'Historiette duquel Tallemant aura occasion de reparler de Nogent. Ménage confirme à son sujet ce qu'avance ici Tallemant; car il dit «qu'il arriva à Paris n'ayant que huit cent livres de rente, et qu'il en avoit cent quatre-vingt mille lorsqu'il mourut. Le premier jour qu'il parut à la cour, il porta le Roi sur ses épaules pour le passer par un endroit où il y avoit de l'eau. C'étoit aux Tuileries.» (Ménagiana, édit. de 1762, t. I, p. 41.)

[75] Précédemment dans l'Historiette du cardinal de Richelieu.

[76] M. d'Estambon est fort bègue. Le Roi, la première fois qu'il le vit, lui demanda quelque chose en bégayant. Comme vous pouvez penser, l'autre lui répondit de même. Cela surprit le Roi, comme si cet homme eût voulu se moquer de lui. Voyez quelle apparence il y avoit à cela, et si on n'eût assuré le roi que ce gentilhomme étoit bègue, il l'eût peut-être fait maltraiter. (T.)

[77] Espèce de bouffon en vogue en Italie.

[78] La famille d'Ecquevilly, descendue du président Hennequin. Tallemant est entré plus bas dans quelques détails sur d'Ecquevilly.

[79] Tréville, ou Troisville, commandoit les mousquetaires.

[80] Voici le passage: «Madame Bellier a dit au sieur cardinal en grandissime secret, comme la Reine avoit été grosse dernièrement, qu'elle s'étoit blessée; que la cause de cet accident étoit un emplâtre qu'on lui avoit donné pensant faire bien. Depuis Patrocle m'en a dit autant et le médecin ensuite.» (Journal du cardinal de Richelieu, 1648, petit in-12, première partie, p. 53; Mai, 1632.)

[81] La Ludovicotrophie, ou Journal de toutes les actions et de la santé de Louis, dauphin de France, qui fut ensuite le roi Louis XIII, par Jean Hérouard, seigneur de Vaugrineuse, son premier médecin, est indiquée dans le Père Lelong, comme existant dans la Bibliothèque du Roi, au nombre des manuscrits du Fonds Colbert. (Bibliothèque historique de la France, t. 2, no 21448.)

[82] Marais disoit au Roi: «Il y a deux choses à votre métier dont je ne me pourrois accommoder.—Hé! quoi?—De manger tout seul et de ch... en compagnie.» (T.)

[83] Ménage assigne une autre cause à la disgrâce de Barradas. «La faveur de Barradas auprès de Louis XIII ne dura pas plus de six mois, et c'est de là que la fortune de Barradas passe en proverbe pour une fortune de peu de durée. Le sujet de la disgrâce de ce favori est fort plaisant. Il étoit un jour à la chasse avec le Roi, lorsque le chapeau de ce prince étant tombé, il alla justement sous le ventre du cheval de Barradas. Dans ce moment-là ce cheval étant venu à passer gâta tout le chapeau du Roi, qui se mit dans une aussi grande colère que s'il l'avoit fait faire exprès. Cet accident, qui en auroit fait rire un autre, fut pris en très-mauvaise part par le Roi, qui commença dès ce temps-là à ne plus aimer Barradas. (Ménagiana, t. I, p. 98.)

[84] A la poursuite des financiers, la Reine-mère étoit implacable pour Beaumarchais, à cause du maréchal de Vitry, son gendre. On s'avisa pour le sauver d'offrir mademoiselle de La Vieuville, fille de l'autre gendre, à Barradas avec huit cent mille livres. Le Roi en fut fort aise: «Mais, dit-il, il faut faire le compte rond: il faut un million.» Barradas le dit à quelque babillard: le cardinal de Richelieu, qui ne vouloit point que La Vieuville eût de l'appui, et qui voulut peut-être satisfaire la Reine-mère, dit au Roi: «Sire, voilà qui est bien, mais il m'a offert (cela étoit faux) un million de sa charge de trésorier de l'Épargne qui en vaut encore autant.» Cela cabra Vitry et La Vieuville. L'affaire fut rompue. Outre cela, Beaumarchais fut pendu en effigie dans la cour du palais. Il laissa encore des biens prodigieux. Il avoit l'île de l'Éguillon, près de La Rochelle, et six vaisseaux qu'il envoyoit aux Indes. Il faisoit accroire que sa richesse venoit de là. (T.).

[85] Le Roi prit amitié pour Saint-Simon, à cause, disoit-il, que ce garçon lui rapportoit toujours des nouvelles certaines de la chasse; qu'il ne tourmentoit point trop ses chevaux, et que, quand il prenoit un cor, il ne bavoit point dedans: voilà d'où vient sa fortune. (T.)

[86] Une fois qu'il dansoit je ne sais quel ballet de la Chasse aux Merles, qu'il aimoit tendrement, et qu'il avoit nommée la Merlaison, un M. de Bourdonné, qui connoissoit M. Godeau, depuis évêque de Grasse, à cause qu'il est voisin de Dreux, d'où est ce prélat, lui écrivit: «Monsieur, sachant que vous faites joliment des vers, je vous prie de faire les vers du ballet du Roi dont j'ai l'honneur d'être, et d'y mettre souvent le mot de Merlaison, parce que Sa Majesté l'aime.» M. Godeau est encore à faire ces vers. (T.)

[87] Montauron étoit parent de Tallemant; on lira plus loin son Historiette.

[88] Depuis ceux qui ne sont pas trop âgés l'ôtent, et on n'a que les moustaches. (T.)

[89] D'autres ont dit mille pistoles (Journal de Verdun, juin, 1707, p. 410). Le chiffre donné par Tallemant est plus vraisemblable. La pistole valoit alors onze livres, ce qui équivaut à vingt-quatre francs d'aujourd'hui.

[90] Polyeucte, représenté en 1640, ne fut publié qu'en 1643.

[91] On avoit obligé M. de Bellegarde à prendre quelque petite récompense de cette charge, et pour cela il eut permission de revenir à la cour. (T.)

[92] Premier valet-de-chambre. (T.)—Il étoit premier valet de garde-robe.

[93] De chez la Reine, comme on l'a vu précédemment dans l'Historiette du maréchal de Brézé.

[94] Voyez l'Historiette du cardinal de Richelieu pour la conspiration de Cinq-Mars et le récit de sa mort.

[95] Ce nom est illisible dans le manuscrit; l'initiale paroît être un J, mais encore elle est douteuse.

[96] On appelle les filles de la Reine de dehors galloches, car on laisse les galloches à la porte. (T.)

[97] Jacques Sirmond, Jésuite, né à Riom le 12 octobre 1559, mort à Paris le 7 octobre 1651.

[98] On grattoit à la porte du Roi, et par flatterie à celle des puissants d'alors, pour se les faire ouvrir. Dans le Baron de la Crasse, comédie de R. Poisson, ce personnage raconte qu'étant allé au Louvre, et ayant frappé à la porte du Roi, l'huissier lui dit:

Apprenez, monsieur de Pézenas,

Qu'on gratte à cette porte, et qu'on n'y heurte pas.

Les courtisans se servoient du peigne pour cet usage. Molière dit dans son Remercîment au Roi de 1663:

Grattez du peigne à la porte

De la chambre du Roi.

[99] Comme les prisonniers de la Bastille ne sortoient point, on disoit qu'il n'y avoit que la Reine qui fût sortie de prison. (T.)

[100] Déclaration du Roi par laquelle il prend la sainte Vierge pour protectrice spéciale de son royaume, le 10 février 1638_; Paris, 1638, in-8o.

La citation de Tallemant n'est pas textuelle; mais quant à la bizarrerie de la chute à laquelle le protocole donne lieu, elle est exacte: «Nous admonestons le sieur archevêque de Paris, et néanmoins lui enjoignons, etc., afin que sous une si puissante patrone, notre royaume soit à couvert de toutes les entreprises de ses ennemis; qu'il jouisse longuement d'une bonne paix, que Dieu y soit servi et révéré si saintement, que nous et nos sujets puissions arriver heureusement à la dernière fin pour laquelle nous sommes créés: car tel est notre bon plaisir

[101] Un jour que Nogent entra dans la chambre du Roi, il lui dit «Ah! que je suis aise de vous voir, Nogent; je croyois que vous fussiez exilé.» (T.)

[102] On lit les plus grands détails sur la mort du Roi dans le Mémoire fidèle des choses qui se sont passées à la mort de Louis XIII, par Dubois, l'un de ses valets-de-chambre. (Curiosités historiques; Amsterdam, 1759, tom. 2, p. 44.) Cette pièce devroit faire partie de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France.

[103] Gaston, Jean-Baptiste de France, duc d'Orléans, frère de Louis XIII, né le 25 avril 1608, mort le 2 février 1660.

[104] Marguerite de Lorraine.

[105] Lui qui s'est toujours laissé gouverner, se plaignit que le cardinal de Richelieu gouvernât le Roi son frère. (T.)

[106] C'est avec cette princesse que Descartes correspondoit.

[107] Le vieux Lambert, gouverneur de Metz, qui avoit servi long-temps sans recevoir une égratignure, disoit en riant: «Un tel (j'en ai oublié le nom), monsieur d'Orléans et moi, quoique nous ayons bien été aux coups, n'avons pourtant jamais été blessés.» (T.)

[108] Médecin, fondateur de la Gazette de France, établie en 1631, et continuée par lui jusqu'à sa mort, en 1653. Barbier, dans le Dictionnaire des Anonymes, dit que le généalogiste d'Hozier, ami de Renaudot, étoit de moitié avec lui dans l'idée et dans l'exécution de ce journal.

[109] Henri II, duc de Montmorency né à Chantilly, le 30 avril 1595, décapité à Toulouse le 30 octobre 1632. L'Histoire de Henri, dernier duc de Montmorency, pair et maréchal de France, a été publiée par Simon Ducros; Paris, 1663, in-4o.

[110] M. le duc de Candale étoit fils aîné du duc d'Épernon, et l'un des hommes les plus recherchés de son temps.

[111] Théophile, Mairet. (T.)

[112] Il jouoit sur âne. (T.)

[113] Il vit encore, et a marié sa fille au frère aîné du cardinal de Retz. (T.)

[114] Marie Félice des Ursins, née en 1600.

[115] Un Ursin épousa la sœur du grand-père de la Reine-mère. (T.)

[116] Neuve, Castelnadaury. (T.)

[117] Obturée, fermée. On ne lui voulut pas ouvrir les portes. (T.)

[118] Prouvés, publics. On ne le fit pas mourir en place publique. (T.)

[119] Clere peine, manière de prononcer du Parlement de Toulouse.(T.)

Nostradamus, centurie 9, quatrain 18.

[120] Dans le couvent de la Visitation dont elle mourut supérieure le 5 juin 1666.

[121] Ce monument funéraire existe encore.

[122] Guillaume de Bautru, comte de Servant, conseiller d'État, membre de l'Académie françoise, chancelier de Gaston, duc d'Orléans, né à Paris en 1588, mort le 7 mai 1665.

[123] Tallemant nous fait connoître le traitement cruel que Bautru fit subir à son valet. Toutefois Ménage, qui étoit lié avec Bautru, tout en se taisant sur la nature de la peine infligée, dit que le valet n'en mourut pas. Non content de cette cruauté, le mari offensé «fit prendre son valet, et le fit condamner à être pendu par son premier jugement. Le valet en appela, et fut condamné aux galères seulement, parce qu'il exposa que M. de Bautru s'étoit fait justice lui-même, et l'avoit cruellement maltraité. Sa femme voulut toujours être appelée madame de Nogent, nonobstant son mariage, disant qu'elle ne vouloit pas être appelée madame Bautrou par la reine Marie de Médicis, qui avoit alors de la peine à bien prononcer le françois.» (Ménagiana, édition de 1762, t. I, p. 103-4.)

[124] C'étoit Chastelet. (T.)

[125] C'est-à-dire que le duc d'Épernon, gouverneur de Metz, avoit quitté cette ville sans dire mot, craignant les suites des vexations qu'il avoit fait souffrir au peuple. Le proverbe faire Gille est interprété dans ce sens dans le Dictionnaire étymologique de Ménage, édition de 1750.

[126] Le manuscrit offre ici cette variante qui, à la vérité, a été raturée: «Bautru un jour se promenoit avec un bâton; quelqu'un demanda à Saint-Pavin: «D'où vient qu'il porte un bâton?—C'est, répondit-il, la marque de son martyre.»

[127] L'Onosandre, ou la Croyance du grossier, satire en vers, par Bautru. Cette pièce parut d'abord isolément, sans date, en sept pages in-8o. Elle fut reproduite dans le second volume du Cabinet satirique. La première édition offre cette singularité que le duc de Montbason y est désigné par ses initiales. Nous citerons ce passage de cette pièce rare: