Hé! quelle anrageson
De voir dans un conseil un asne sans raison?
M. D. M.
Qui croid que le grand Cayre est un homme, et les Plines
Des païs éloignez comme les Filippines;
Que l'Évangile fut écrit dedans le ciel,
Voire d'un des tuyaux de l'aile Saint-Michel;
Qui tient que Mahomet, et les Turcs et les Gotz,
Confraires de Calvin, étoient grands Huguenots;
Que Christofle portant le grand Sauveur du monde,
En plaine mer n'estoit jusques au cul dans l'onde, etc.
[128] Il est probable que la plaisanterie rapportée par Tallemant fut effectivement faite à Ménage; car ce commencement d'article qu'on lit dans la première édition de son livre: Les Origines de la langue françoise, Paris, 1650, in-4o, a été changé par l'auteur dans les éditions suivantes, où on lit: «Nos anciens François, au lieu de Bulgarie et Bulgare, disoient Bougrie et Bougre.»
[129] Vieux style de quelques-uns de nos anciens poètes. (T.)
[130] Il paroît toutefois qu'il n'aimoit pas à avouer ces sortes de fonctions: «Un jour, dit Ménage, au dîner du Roi, l'Angely dit à M. le comte de Nogent: Couvrons-nous, cela est sans conséquence pour nous. M. le comte de Nogent en eut un tel chagrin, que cela ne contribua pas peu à le faire mourir.» (Ménagiana, édition de 1762, t. I, p. 345.)
L'Angely sembloit du reste en vouloir aux deux frères comme à des rivaux. «Un jour qu'il étoit dans une compagnie où il y avoit déjà quelque temps qu'il faisoit le fou, M. de Bautru vint à entrer. Sitôt que l'Angely l'eut aperçu, il lui dit: Vous venez bien à propos, Monsieur, pour me seconder, je me lassois d'être seul. On ne peut croire le dépit que cela fit à M. de Bautru.» (Ménagiana, tome 2, pag. 29.)
[131] Charles Bautru, docteur en théologie, chanoine d'Angers, connu sous le nom de prieur de Matras.
[132] Maugars, prieur de Saint-Pierre de Nac, interprète du Roi en langue angloise, et célèbre joueur de viole. On a de lui un Discours sur la musique d'Italie et des opéra, qui a été imprimé dans le Recueil des divers Traités d'histoire, de morale et d'éloquence; Paris, 1672, petit in-12. La Vie de Malherbe par Racan, déjà citée dans cet ouvrage, fait partie de ce Recueil. Maugars parle dans son Discours de son talent et de son admirable viole, qui ne sortoit de chez lui, quand il étoit à Rome, que pour aller chez des Éminences.
[133] Village à sept lieues de Paris, sur la route d'Orléans.
[134] Très-bien.
[135] Il y avoit un refrain de chanson qui disoit quelque chose d'approchant. On se servit de l'air. (T.)
[136] Matthieu de Morgues, sieur de Saint-Germain, aumônier de Marie de Médicis, mort aux Incurables en 1670. Il a publié beaucoup de pièces pour la défense de la Reine-mère.
[137] Maugars a traduit de Bâcon les deux ouvrages suivants: Le Progrès et Avancement aux sciences divines et humaines; Paris, 1624, in-12; Considérations politiques pour entreprendre la guerre contre l'Espagne; Paris, 1634, in-4o.
[138] Célèbre chanteur, valet-de-chambre de Louis XIII et de Louis XIV. La Fontaine lui adressa en 1677 l'Épître qui commence par ces vers:
Niert, qui, pour charmer le plus juste des rois,
Inventa le bel art de conduire la voix, etc.
[139] Maugars parle en ces termes de ce seigneur Horatio, dans le Discours sur la musique d'Italie cité au commencement de cet article: «Celui qui tient le premier lieu pour la harpe, est ce renommé Horatio, qui s'étant rencontré dans un temps favorable à l'harmonie, et ayant trouvé le cardinal de Montalte sensible à ses accords, s'est tiré hors du pair, bien plus par cinq ou six mille écus de rente que cet esprit harmonique lui a libéralement donnés, que par son bien jouer et sa suffisance. Je ne veux pas pourtant affoiblir la louange qu'il a méritée, puisque nous ne pouvons pas toujours être ce que nous avons été, et que l'âge nous assoupit peu à peu les sens, et nous dérobe insensiblement ces gentillesses et ces mignardises, et particulièrement cette agilité des doigts que nous ne possédons que pendant notre jeunesse; ce qui a donné lieu aux anciens de peindre toujours Apollon jeune et vigoureux. (Page 163 du Recueil déjà cité.)
[140] Henri d'Escoubleau de Sourdis, mort à Auteuil le 18 juin 1645.
[141] Le cardinal de Sourdis étoit l'aîné de tous. Il fut d'église à cause qu'il étoit menacé d'épilepsie. Il le portoit haut, mais il régloit fort bien son diocèse, et étoit homme de bien. L'archevêque de Bordeaux fut son coadjuteur. (T.)
[142] Vie du duc d'Épernon, par Girard, son secrétaire; Paris, 1655, in-folio. On trouvera aussi un long récit de cette querelle et des réparations auxquelles le duc fut condamné dans la Biographie universelle, article Sourdis, t. 43, p. 193.
[143] Donner un tour de pilier. Cette expression paroît empruntée des termes de manége, où on change de volte quand on approche des piliers. Il semble que l'on doit entendre que l'archevêque prit un détour pour ne pas se rendre à l'invitation du cardinal.
[144] Marie Le Jars de Gournay, née vers la fin de 1566, morte le 13 juillet 1645.
[145] La première édit. (Paris, 1626, in-8o) a pour titre: l'Ombre de la demoiselle de Gournay; la seconde, plus ample: Les Avis et les Présents de la demoiselle de Gournay. (Paris, 1635 ou 1641, in-4.)
[146] Tite. (T.)
[147] Vespasien. (T.)
[148] Honorat de Bueil, marquis de Racan, né en 1589, mort en février 1670.
[149] Œuvres de Racan, Paris, Coustelier, 1724, t. 2, p. 198.
[150] Stance contre un vieillard jaloux. (Ibid., t. 2, p. 182.)
[151] Elle ne l'appeloit jamais autrement que le singe de Malherbe. Elle en donna même un exemplaire à Malherbe, quoiqu'elle le haït à mort. (T.)
[152] Mademoiselle de Gournay étoit née en 1666. Elle publia en 1626 le volume qui a pour titre: L'Ombre de la demoiselle de Gournay. Ce livre venoit de paroître, ainsi elle devoit avoir environ soixante ans. (Voyez plus bas l'article de mademoiselle de Gournay.)
[153] Amadis Jamyn, poète françois du seizième siècle, fut en effet reçu par Ronsard dans sa propre maison, et traité par lui comme s'il eût été son fils. Les ouvrages d'Amadis Jamyn sont rares et recherchés. Né vers 1540, il est mort vers 1585.
[154] Le Jeune Heinsius a dit d'elle: «Ausa virgo concurrere viris, scandit supra viros.» (T.)
[155] Tallemant nous a prévenus plus haut que Racan ne pouvoit prononcer les lettres r et c.
[156] Couleur de vert-clair très-tendre; elle avoit emprunté son nom au héros du roman, de l'Astrée, qui étoit loin d'avoir perdu alors tous ses adorateurs.
[157] Premier titre du duc d'Orléans, frère de Louis XIV. Il le porta jusqu'à la mort de Gaston, époque à laquelle le Roi lui conféra le titre de duc d'Orléans.
[158] Petite oie, se disoit figurément des rubans et garnitures qui rendoient un habillement complet; elle consistoit dans les rubans pour garnir l'habit, le chapeau, le nœud d'épée, les bas, les gants. (Dict. de Trévoux.)
[159] La clef des Caractères de La Bruyère nous indique que c'est lui qui est peint sous le nom du distrait Ménalque, chapit. 11. En effet, plusieurs des Rêveries rapportées ici par Tallemant ont servi au portrait tracé par La Bruyère.
[160] Quand Tallemant écrivit cet article, La Fontaine n'avoit encore publié que sa traduction de l'Eunuque de Térence. Il étoit fort peu connu. Tallemant, plus tard, lui rendit justice: on lui doit la conservation de plusieurs opuscules du fabuliste, et particulièrement d'un petit ballet, intitulé: Les Rieurs du Beau Richard. (Voyez les Œuvres de La Fontaine, édition de M. Walckenaer; Paris, gr. in-8o, t. 4, pag. 127.)
[161] On appeloit alors ainsi les courriers qui alloient porter les lettres d'une ville à une autre.
[162] François Metel de Bois-Robert, né à Caen vers 1592, mort le 30 mars 1662.
[163] Dans une épître il fait son père avocat. (T.)
[164] Il fut aussi à la Reine-mère, et comme elle étoit à Blois, il eut ordre de traduire le Pastor Fido. L'intention de la Reine étoit de faire semblant de s'amuser à faire jouer des comédies, pour empêcher M. de Luynes d'avoir du soupçon d'elle. Mais Bois-Robert ayant demandé six mois, on lui dit: «Vous n'êtes pas notre fait.» A propos de la Reine-mère, Verderonne dit un jour à Bois-Robert: «J'ai été page de la Reine-mère.—Hé quoi! lui dit Bois-Robert, se peut-il que vous ayez été page de la Reine-mère, et que je ne vous aie point connu?» Comme vous verrez, on l'a accusé d'aimer les pages. (T.)
[165] Bois-Robert disoit qu'ayant demandé les Pères à M. de Candale, il lui répondit: «Je vous donne le mien de bon cœur.» (T.)
[166] La vraie Histoire comique de Francion, composée par Nicolas de Moulinet, sieur du Parc, gentilhomme lorrain. Ce roman de Sorel a eu beaucoup d'éditions; la naïveté du style le fait encore rechercher.
[167] Louise de Prie, demoiselle de Toucy, épousa, le 21 novembre 1650, le maréchal de La Mothe Houdancourt, qu'elle perdit en 1657. Elle a été depuis gouvernante du Dauphin, fils de Louis XIV.
[168] Il avoit cependant adressé une Requête à MM. du Chapitre de Rouen en faveur de mademoiselle de Toucy, étourdie par le voisinage des cloches de leur église, qui se trouve dans un des volumes de ses Épitres en vers (Paris, 1659, in-8o, p. 59); mais le Chapitre demeura insensible à ses vers, ou du moins à sa requête.
[169] Ce pavillon, construit en briques et en pierres de taille, dans le style de la Place-royale, est placé à l'entrée de Charenton du côté de Paris. On croit qu'il a été bâti pour Gabrielle d'Estrées.
[170] Henriette-Marie de France épousa en 1625 le prince de Galles, depuis Charles Ier.
[171] Jean Mairet, auteur de la Sophonisbe, première tragédie conforme à la règle des trois unités qui ait paru sur le Théâtre-François. Jouée en 1629, elle fait encore partie du Répertoire du Théâtre François.
[172] Mairet, attaché au duc de Montmorency, comme l'un de ses gentilshommes, recevoit à ce titre quinze cents livres de pension qu'il perdit à la catastrophe du duc.
[173] On appeloit passe-volants de faux soldats non enrôlés qu'un capitaine faisoit passer aux revues pour montrer que sa compagnie étoit complète. (Dict. de Trévoux.)
[174] François Citois mourut en 1652. On a de lui divers ouvrages de médecine.
[175] Il y a des vers d'un homme de ce nom là au cardinal, mais qui ne sont guère bons. (T.)—Il existe un Recueil des vers de M. de Marbeuf, chevalier, sieur de Sahurs; David du Petit-Val, 1628, in-8o. On n'y trouve pas les vers au cardinal; mais le volume a été publié peu d'années après l'arrivée de l'évêque de Luçon au ministère.
[176] Mondory étoit le premier comédien du Théâtre du Marais. S'il en faut croire Tristan dans la Préface de sa tragédie de Penthée, «Jamais homme ne parut avec plus d'honneur sur la scène; il s'y fait voir tout plein de la grandeur des passions qu'il représente, et comme il est préoccupé lui-même, il imprime fortement dans les esprits tous les sentiments qu'il exprime.» L'abbé de Marville lui rend le même témoignage. Mondory fut frappé de paralysie en 1637 en jouant le rôle d'Hérode dans la Marianne de Tristan; et il fut obligé de renoncer au théâtre. Bois-Robert jouoit si bien qu'on l'appeloit l'abbé Mondory.
[177] Le cardinal employoit des prêtres et des évêques à placer à la comédie. Depuis le cardinal donna des billets. (T.)—Voir ci-après, dans l'Historiette de Léonor d'Estampes Valençay, une note à ce sujet.
[178] Ce fut par cette raison qu'il fit la fortune du comte de Charost (Béthune); car dans le commencement il ne le pouvoit souffrir, et disoit: «Que ferai-je de ce grand Béthune?» Il ne servoit qu'à marcher sur ses crachats. (T.)—Voir précédemment, pag. 109, ce qui amena ce retour.
[179] Antoine Metel, sieur d'Ouville.
[180] La Vrillière est fort brutal. (T.)
[181] Le cardinal de Sourdis reçut des coups de canne du duc d'Épernon et du maréchal de Vitry. (Voyez plus haut) son Historiette.)
[182] Le portier de Bautru donna une fois des coups de pied au cul du laquais de Bois-Robert. Voilà l'abbé dans une fureur épouvantable. «Il a raison, disoient les gens, cela est bien plus offensant pour lui que pour un autre. Aux laquais de Bois-Robert le c.. tient lieu de visage: c'est la partie noble de ces messieurs-là.»
[183] Depuis cardinal de Retz.
[184] Voyez p. 129 et suiv. Du reste, l'histoire peut être arrangée, mais ce n'est pas un conte. «J'ai vu jouer cette scène ici par Bois-Robert en présence du marquis de Racan, et quand on lui demandoit si cela étoit vrai. «Oui-dà, disoit-il, il en est quelque chose.» (Ménagiana, t. 2, p. 54.)
[185] On retrouve la même anecdote avec quelques différences dans l'article de Ninon.
[186] Il adressa une Épître, dont Tallemant cite du reste deux vers un peu plus loin, au chancelier, pour lui demander une abolition pour ses neveux qui ont tué un homme. Voici les arguments singulièrement modestes par lesquels il prouve leur innocence:
... J'aurois lieu de les désavouer,
Quand par leur cœur on me les vient louer.
Je me sens bien, et je ne puis m'en taire,
Je suis poltron, et je connois mon frère,
Et l'on me berne avec un ton moqueur,
Quand on me dit: Vos neveux ont du cœur.
[187] Molière a emprunté à Bois-Robert la scène de l'Avare et de son fils (deuxième scène du deuxième acte). La pièce de Bois-Robert, que les frères Parfait, dans leur Dictionnaire des théâtres, supposent avoir été représentée en 1654, fut imprimée en 1655, sous le titre de la Belle Plaideuse. On ignoroit jusqu'à présent que le président de Bercy et son fils fussent les originaux que Molière se trouvoit avoir transportés par son emprunt sur la scène, et livrés à la risée publique.
[188] Épîtres en vers et autres Œuvres poétiques de M. de Bois-Robert-Metel; Paris, 1659, in-8o, p. 7.
[189] Ses Contes sont en prose, et assez médiocres; ils ont été publiés en 2 vol. in-12, en 1669, et réimprimés en 1732.
[190] Jean Loret (né au commencement du XVIIe siècle, mort dans les premiers mois de 1665) publioit toutes les semaines des feuilles en vers, dont la réunion forme la Muse historique, ou Recueil de Lettres en vers, contenant les nouvelles du temps écrites à madame la duchesse de Longueville, depuis le 4 mai 1650 jusqu'au 28 mars 1665, 3 tomes in-folio.
[191] Ménage dit (Ménagiana, tom. 2, pag. 174): «Scarron donne quelque part en ses ouvrages un coup de dent à M. Bois-Robert. Je ne sais point ce qui les avoit mis mal ensemble.» Tallemant le fait ici connoître.
[192] Guy de Laval, dit le marquis de Laval, second fils du marquis de Sablé, seigneur de Bois-Dauphin.
[193] Le récit de Tallemant est conforme à celui de Saint-Évremont. M. de Saint-Surin, dans son Commentaire sur Despréaux, cite les divers personnages auxquels cette anecdote a été attribuée. Voici les vers de Despréaux (troisième satire):
Surtout certain hableur, à la gueule affamée,
Qui vint à ce festin conduit par la fumée,
Et qui s'est dit profès dans l'ordre des côteaux,
A fait en bien mangeant l'éloge des morceaux.
[194] Voyez la Lettre quatre-vingt-quinzième de Voiture. Cette lettre, écrite de Gênes le 7 octobre 1638, est adressée à la marquise de Rambouillet. Le Valentin est un château situé auprès de Turin. La lettre de Voiture n'a rien de remarquable, et l'on partageroit volontiers l'avis de Girac.
[195] Le Petit-Bourbon étoit anciennement l'hôtel du connétable. Il étoit situé près du Louvre, et couvroit une partie des terrains sur lesquels on a élevé la colonnade du Louvre. Ce bel hôtel, confisqué en 1523 sur le connétable, fut démoli pour la plus grande partie en 1527. On conserva seulement la chapelle et la galerie. Cette dernière, qui étoit très-vaste, servit aux spectacles de la cour sous Henri IV, Louis XIII et la minorité de Louis XIV. Les États de 1614 se réunirent dans cette galerie. (Recherches sur Paris, par Jaillot, quartier du Louvre, pag. 12.)
[196] Il n'a paru en 1659 qu'un volume des Épîtres en vers et autres Œuvres poétiques de M. de Bois-Robert Metel; Paris, in-8o. Le premier avoit paru en 1647, in-4o.
[197] Ce nom est en blanc dans le manuscrit de Tallemant, et le coupable n'est pas nommé non plus dans l'Épître adressée à cette occasion par Bois-Robert à M. le comte de Saint-Aignan, premier gentilhomme de la chambre. (Vol. de 1659, p. 153.)
[198] Mort le 26 décembre 1646. Père du grand Condé.
[199] Voyez l'article de la princesse de Condé, sa femme.
[200] Il disoit: «Il est vrai, je suis poltron; mais ce b..... de Vendôme l'est encore plus que moi.» (T.)
[201] Perrault acheta par la suite une charge de président à la chambre des comptes, et par son testament il fonda un service annuel pour le repos de l'âme de Henri de Bourbon, prince de Condé. Ce service fut célébré pour la première fois le 10 décembre 1683 dans l'église des Jésuites de la rue Saint-Antoine. Ce fut Bourdaloue qui prononça l'oraison funèbre. (Lettre de Madame de Sévigné à Bussy Rabutin, du 16 décembre 1683.)
[202] Évêque de Chartres en 1620, archevêque de Reims en 1641, mort le 8 avril 1651, âgé de soixante-trois ans.
[203] Le plus remarquable de ses écrits est un poème latin en l'honneur de la sainte Vierge; Paris, 1605, in-8o.
[204] Des parties assez grosses, un mémoire assez élevé.
[205] Il avoit l'esprit vif; l'archevêque de Bordeaux dînant avec lui, lui disoit: «Avec votre bonne chère et votre prestance (il étoit gros et gras), je vous nommerois volontiers mon papelard.—Et moi, dit-il, je vous appellerois mon papegay (mon perroquet).» (T.)
[206] Bini, terme de cloître, qui se dit d'un moine que le supérieur donne à celui qui veut sortir pour l'accompagner. (Dictionnaire de Trévoux.)
[207] On lit le compte suivant de cette représentation et du rôle officieux qu'y joua le prélat, dans les Mémoires de Marolles: «M. de Valençay, alors évêque de Chartres, et qui fut bientôt après archevêque de Reims, aidant à faire les honneurs de la maison, parut en habit court sur la fin de l'action, et descendit de dessus le théâtre pour présenter la collation à la Reine, ayant à sa suite plusieurs officiers qui portoient vingt bassins de vermeil doré, chargés de citrons doux et de confitures........ Je ne sais s'il m'échappa de dire quelque chose de l'emploi de M. de Chartres, mais, quelque temps après, lorsqu'au même lieu l'on dansa le ballet de la Prospérité des armes de la France........., comme ce prélat, qui étoit capable de tout ce qu'il vouloit, se donnoit la peine, avec M. d'Auxerre, de faire les honneurs de la salle, m'eut dit que cette journée-là il ne présenteroit pas la collation, je lui répondis qu'il feroit toujours bien toutes choses, et me fit civilités.» (Mémoires de Marolles; Paris, 1656, in-folio, p. 126.)
[208] Sa famille.
[209] Dans quelques ordonnances de nos rois il est défendu de porter soie sur soie. (T.)
[210] En 1651, vers Pâques. (T.)
[211] Achille d'Estampes Valençay, né en 1589, fut reçu chevalier de minorité dans l'ordre de Malte dès l'âge de huit ans. Nommé cardinal en 1643, il mourut à Rome le 16 juillet 1646.
[212] C'étoit un grand et bel homme, et hors qu'il avoit le ventre un peu gros, il avoit fort bonne mine. (T.)
[213] Donner la main, c'est céder la droite.
[214] Ramberge, grand vaisseau que l'on ne connoissoit que dans la marine angloise.
[215] Castro.
[216] Les cardinaux allèrent féliciter le pape.
[217] J'ai ouï conter une chose de son grand-père qui est assez plaisante. C'étoit un homme grave. Un jour il dit à sa femme: «Madame, prenez-moi par la barbe.» On portoit la barbe longuette en ce temps-là, et les cheveux courts. Elle l'y prend: «Tirez, lui dit-il.—Je vous ferois mal.—Non, non, tirez de toute votre force.» Elle fut contrainte de faire ce qu'il vouloit. «Vous ne m'avez point fait de mal,» lui dit-il. Après, il lui tire quelques-uns de ses cheveux; elle crie: «Vous voyez, madame, lui dit-il d'un ton sérieux, que je suis plus fort que vous. Je vous en prie, ne nous battons pas.» Du temps des paraboles, cette barbonnerie auroit été admirable. (T.)
[218] Le marquis de Rambouillet mourut à Paris le 26 février 1652, âgé de soixante-quinze ans.
[219] Charles d'Angennes, cardinal de Rambouillet, fils de Jacques, né le 31 octobre 1530, cardinal en 1570, mort à Corneto le 21 mars 1587.
[220] Tallemant n'avoit pas passé une revue bien exacte de cette famille, car il y auroit trouvé Claude d'Angennes, frère du cardinal, et après lui évêque de Mans, né en 1538, mort en 1601; plus anciennement, Jacques d'Angennes, capitaine des gardes-du-corps sous les règnes de François Ier, de Henri II, de François II et de Charles IX, lieutenant-général et gouverneur de Metz, mort en 1562; et en remontant plus loin encore, Renaut d'Angennes, gouverneur du Dauphin, fils de Charles VI, et chambellan de ce roi, tué à la bataille de Verneuil en 1424.
[221] Gagnée par Henri III sur les Huguenots, le 13 mars 1569.
[222] Voyez les Amours du grand Alcandre, à la suite du Journal de Henri III; Cologne, P. Marteau, 1663, p. 255. M. de Rambouillet y est désigné par le nom de Lucile. Nous ne croyons pas que l'on puisse trouver ailleurs que dans Tallemant une meilleure explication du passage.
[223] Elle lui dit encore: «Sire, chacun est maître chez soi; vous l'êtes chez vous; moi, je serai la maîtresse céans, s'il vous plaît.» (T.)
[224] Il y avoit eu aussi de l'amourette avec la mère. (T.)
[225] C'est apparemment d'employer le pluriel, en parlant en latin. Ou bien est-ce pour, Vos Excellences?
[226] Catherine de Vivonne, marquise de Rambouillet, étoit fille de Jean de Vivonne, marquis de Pisani, et de Julie Savelli, dame romaine. Elle mourut le 27 décembre 1665, âgée de soixante-dix-huit ans.
[227] Elle a eu dix mille écus de rente de sa maison. (T.).—Le mariage eut lieu le 26 janvier 1600.
[228] A l'entrée qu'on devoit faire à la Reine-mère quand Henri IV la fit couronner, madame de Rambouillet étoit une des belles qui devoient être de la cérémonie. (T.)
[229] C'étoit l'hôtel Pisani. M. de Rambouillet vendit, en 1606, l'ancien hôtel de sa famille, à Pierre Forget Du Fresne, moyennant trente-quatre mille cinq cents livres tournois; et, en 1624, le cardinal de Richelieu l'acheta au prix de trente mille écus pour le détruire; et il construisit à sa place le Palais-Cardinal, devenu le Palais-Royal. (Sauval, Antiquités de Paris, t. 2, p. 200.)
[230] Ce passage nous donne la clef de la lettre de Voiture sur le château, du Valentin, situé près de Turin. (Voyez a lettre quatre-vingt-quinzième de Voiture.)
[231] Couleur du tan, qui tire sur celle de la châtaigne.
[232] «La chambre bleue, si célèbre dans les Œuvres de Voiture, étoit parée....... d'un ameublement de velours bleu, rehaussé d'or et d'argent....: c'étoit le lieu où Arthénice recevoit ses visites. Les fenêtres sans appui, qui règnent de haut en bas, depuis son plafond jusqu'à son parterre, la rendent très-gaie, et laissent jouir sans obstacle de l'air, de la vue et du plaisir du jardin.» (Sauval, Antiquités de Paris, t. 2, pag. 201.)
[233] Philippe de Cospéan, évêque de Lisieux, mourut en 1646. Tallemant lui a consacré un article qu'on verra plus bas.
[234] Il est souvent parlé de M. de Chaudebonne dans les lettres de Voiture. Tallemant lui a consacré plus loin un petit article.
[235] Émier, pour émiet , a vieilli. (Voyez les Dictionnaires de Nicod, de Trévoux, et même celui de l'Académie.
[236] Voyez la lettre de condoléance que Voiture écrivit dans cette occasion à mademoiselle de Rambouillet, qui fut depuis madame de Montausier. (Lettres de Voiture, lettre 13.) Cet enfant mourut en 1631.
[237] Angélique Clarice d'Angennes, demoiselle de Rambouillet, première femme du comte de Grignan. Tallemant en a parlé plus bas dans l'article consacré aux filles de la marquise de Rambouillet.
[238] Tallemant semble être en contradiction avec lui-même, quand il dit dans l'article de Philippe de Cospéan, évêque de Lisieux, que M. et madame de Rambouillet passèrent un carême entier à Rambouillet; mais il faut entendre le passage ci-dessus dans ce sens qu'il y avoit alors vingt-huit ans qu'ils n'avoient séjourné dans cette belle terre.
[239] Gagnée par le duc d'Enghien, le 3 août 1645.
[240] Ou Croates.
[241] M. de Montausier avoit épousé mademoiselle de Rambouillet, en 1645.
[242] Voyez l'article sur Voiture.
[243] C'est plutôt un clos par-delà le jardin. Elle a si bien fait qu'on lui a permis de planter une allée de sycomores sous ses fenêtres, et de semer du foin dessous. Elle se vante d'être la seule dans Paris qui voie de la fenêtre de son cabinet faucher un pré. (T.)
[244] Godefroy de Bouillon. (T.)
[245] Les ouvrages de cet habile calligraphe sont portés, dans les ventes, à des prix fort élevés. On en voit des exemples curieux dans le Manuel du libraire de Brunet, au mot Jarry.
[246] Elle dit aussi à madame la Princesse qu'elle accoucheroit le jour de Notre-Dame. (T.)
[247] Depuis duchesse de Longueville.
[248] Elle a vécu soixante-dix-huit ans, et n'avoit rien de dégoûtant. (T.)—La marquise de Rambouillet mourut le 27 décembre 1665; ainsi Tallemant a écrit en 1657 cette partie de ses Mémoires.
[249] Julie-Lucie d'Angennes épousa, comme nous l'avons dit 1645, M. de Montausier.
[250] Il doit exister des portraits peints de madame de Montausier, mais on n'en connoît point qui aient été gravés de son temps. Il n'en est indiqué aucun dans la Liste de portraits qui termine le quatrième vol. de la Bibliothèque historique de la France, et MM. de Bure n'en possèdent point dans leur belle collection. Cette femme illustre a été seulement gravée dans ces derniers temps par Bonvoisin, d'après Mignard, pour le Choix d'Oraisons funèbres, donné en 1820, par Dussault. Mais ce portrait ne présente pas le caractère remarquable qui sembleroit devoir appartenir à une femme aussi spirituelle; tout porte à croire qu'il n'a rien d'authentique.
[251] Sans doute pour: lui faisoit-elle bien supporter des rebuts.
[252] Anne-Geneviève de Bourbon étoit née le 27 août 1619; ainsi mademoiselle de Rambouillet, née en 1607, avoit douze ans de plus que cette princesse, qui, devenue duchesse de Longueville, a joué un si grand rôle dans la guerre de la Fronde.
[253] L'Histoire de Zélide et d'Alcidalis n'a pas été achevée par Voiture. Ce qui en existe est imprimé dans les dernières Œuvres de l'auteur. Ce poète, écrivant à mademoiselle de Rambouillet, depuis marquise de Montausier, ne laisse point de doute sur le véritable auteur de cette nouvelle. Il dit en parlant de M. de Chaudebonne: «Je lui conterai une histoire plus agréable que celle d'Héliodore, et faite par une personne plus belle que Chariclée. Vous jugez bien, mademoiselle, que c'est celle de Zélide et d'Alcidalis que je lui ai promise, car il n'y en a point d'autre au monde de qui cela se puisse dire. Quelque stupide que je sois devenu, ne craignez point qu'en la contant, je lui fasse rien perdre de sa beauté, car dans tous mes maux je me suis encore conservé ma mémoire tout entière, et je crois qu'elle me servira fidèlement quand ce sera pour vous, puisque vous y avez autant de part que personne, et que je suis, etc.» (Voyez la lettre huitième de Voiture.) L'édition de ses œuvres, à la Sphère, 1697, contient la suite de l'Histoire de Zélide et d'Alcidalis, mais cette suite n'est pas de Voiture.
[254] Le cardinal de La Valette passoit pour avoir été l'amant de la princesse de Condé.
[255] Comme on disoit un jour qu'il falloit la marier à un homme qui ne pût l'emmener hors de Paris, quelqu'un ajouta qu'il falloit alors la marier avec M. l'archevêque; mais il se trompoit, car les prélats ont une telle aversion pour la résidence, que celui-ci aimoit mieux être à Saint-Aubin d'Angers qu'à Paris. (T.)
[256] Pour Noirmoutier.
[257] Cette madame Aubry traitoit son mari terriblement de haut en bas. Il étoit trois mois à la prier pour coucher une nuit avec elle. (T.)
[258] Ils sont perdus. (T.)
[259] Un gentilhomme du cardinal de la Valette. (T.)
[260] Voiture lui écrivoit: «Il me déplaît de penser qu'avec toute cette tendresse que vous me témoignez, il y a quelque occasion pour laquelle vous voudriez que je fusse pendu...... Je désire... avec tant de passion que vous ayez tout ce que vous méritez, que s'il ne tenoit qu'à cela que vous eussiez un royaume, sans mentir je crois que j'y consentirois aussi bien que vous.» (Lettre quarante-sixième de Voiture.)
[261] Voyez précédemment, p. 230.
[262] Ce volume a été l'objet d'une notice de M. de Gaignières, imprimée en tête de l'édition de la Guirlande de Julie; Paris, imprimerie de Monsieur, 1784, in-8o; reproduite par les soins de M. Charles Nodier; Paris, Delangle, 1826, in-16. Ce beau manuscrit, vendu sept cent quarante-vingts livres, à la vente Gaignat, et adjugé à la vente de La Valière moyennant quatorze mille cinq cent dix livres à madame de Châtillon, est maintenant entre les mains de madame la duchesse d'Uzès, sa fille.
[263] Les auteurs des madrigaux qui composent la Guirlande sont nommés dans l'édition de 1784, et cependant on n'y trouve pas le nom du marquis de Rambouillet, père de Julie d'Angennes; aussi nous croyons que Tallemant se trompe en lui attribuant une de ces petites pièces. Mais notre auteur ne nous dit pas que l'un des madrigaux faits sur le lys est de Tallemant Des Réaux lui-même. Cette circonstance nous engage à citer ici cette jolie pièce: