Devant vous je perds la victoire

Que ma blancheur me fit donner,

Et ne prétends plus d'autre gloire

Que celle de vous couronner.

Le Ciel, par un honneur insigne,

Fit choix de moi seul autrefois,

Comme de la fleur la plus digne

Pour faire un présent à nos rois.

Mais si j'obtenois ma requête,

Mon sort seroit plus glorieux

D'être monté sur votre tête

Que d'être descendu des cieux.

[264] On est surpris que M. Dussault, qui donne à la fois pour motifs de la conversion du duc de Montausier, les doutes que ce dernier avoit conçus sur les erreurs du calvinisme, et l'amour qu'il portoit à mademoiselle de Rambouillet, ait ajouté que cette abjuration, pour son importance, peut être mise au-dessus de celle même de Turenne. L'histoire doit être dépouillée de ces pieuses exagérations, dont on est convenu d'embellir l'oraison funèbre destinée à la chaire chrétienne. (Voyez la Notice sur Charles de Saint-Maure, duc de Montausier, dans le Choix des Oraisons funèbres; Paris, Janet, 1820, tom. 2, pag. 404.)

[265] Xaintonge et Angoumois. (T.)

[266] Pour le gouvernement d'Alsace, ou plutôt la commission pour y commander, le cardinal dit: «Plusieurs me l'ont demandée, mais je ne désoblige point en obligeant: elle demeurera à M. de Montausier.» Depuis le cardinal, l'Alsace étoit devenue, par la paix, un fort bon gouvernement; on la lui ôta et ne lui en laissa que la lieutenance de roi, car Schelestadt et Colmar, dont il étoit gouverneur particulier, ont été rendus par le Traité de Munster. (T.)

[267] M. de Grasse, Godeau. (T.)

[268] On dit aujourd'hui Neuilly.

[269] Michel Particelli, sieur d'Emery, surintendant des finances, mort en 1650.

[270] Une assemblée chez mademoiselle Scudéry (T.)

[271] Brevet. Le brevet de duc. Il fut fait duc et pair de France par lettres du mois d'août 1664, enregistrées au Parlement en décembre 1665.

[272] Marie-Julie de Sainte-Maure, seule héritière du duc de Montausier, épousa le duc d'Uzès, au mois d'août 1664.

[273] Angélique-Claire d'Angennes, qui a depuis été la première femme du comte de Grignan.

[274] Madame de Grignan (première femme) dut bien souffrir lorsqu'elle assista, le 18 novembre 1659, à la première représentation des Précieuses ridicules, car il étoit difficile, d'après les diverses anecdotes rapportées par Tallemant, qu'elle ne s'y reconnût pas. Ménage a rendu compte de l'impression que cette pièce produisit sur lui, et il nous apprend qu'il y assistoit avec mademoiselle de Rambouillet, mariée alors à M. de Grignan, depuis un an environ. (Voyez le Menagiana, édit. de 1762, t. I, page 251.) Le passage du Menagiana est cité par tous les commentateurs de Molière; mais on n'a pas pris garde que mademoiselle de Rambouillet et madame de Grignan, dont il y est parlé, ne font qu'une seule personne. Deux filles de madame de Rambouillet se marièrent, toutes les autres entrèrent en religion.

[275] C'étoit vraisemblablement le père de Philippe de Gentils, marquis de Langallerie, né en 1656, à la Motte-Charente, en Saintonge, sur lequel on a des Mémoires.

[276] Aussi appeloit-on Godeau, le Nain de Julie, comme on l'a vu plus haut.

[277] Nièce ou cousine de l'auteur de ces Mémoires.

[278] «Mont-joie signifioit autrefois, enseigne des chemins... Les Mont-joies n'étoient souvent que des monceaux de pierres ou d'herbes qui enseignoient les passants.» (Dictionnaire de Trévoux.)

[279] Madame Pilou étoit une femme d'un caractère très-original à laquelle Tallemant a consacré plus loin un long article.

[280] C'est-à-dire chez Tallemant, auteur de ces Mémoires.

[281] Claire-Diane d'Angennes de Rambouillet, abbesse d'Yères, mourut le 19 mars 1669. Sa sœur Catherine-Charlotte d'Angennes, qu'on appeloit madame de Pisani, lui succéda. (Gallia christiana, tome 7, page 612.)

[282] C'étoit une maison acquise en 1182, par Eve, troisième abbesse d'Yères; suivant d'anciens titres, elle étoit située près de la porte de Paris. La rue des Nonaindières en a pris son nom, de l'hôtel que les nonains d'Yères y possédoient.

[283] Claire-Diane d'Angennes de Rambouillet, abbesse d'Yères, mourut le 19 mars 1699; sa sœur Catherine Charlotte d'Angennes, qu'on appelle madame de Pisieux, lui succéda. (Gallia christiana, t. 7, p. 612.)

[284] Anne de Gonsague, princesse Palatine.

[285] Effectivement il a grande humanité pour ses valets; ils le fait bien traiter s'ils sont malades et les récompense. On est fort propre et fort réglé chez lui. (T.)

[286] Voyez l'article de mademoiselle Paulet, t. I, p. 196.

[287] Jeanne de Schomberg, duchesse de La Rocheguyon, morte le 14 juin 1674, a fait de Liancourt un des plus beaux lieux de France. On a de cette dame un petit livre qu'on ne peut assez estimer. Il est intitulé: Réglement donné par une dame de haute qualité à M***, sa petite-fille. Cet ouvrage, publié en 1698 par l'abbé Boileau, et réimprimé en 1779, fut composé par elle pour la duchesse de La Rochefoucauld, sa petite-fille. Elle s'y montre profonde moraliste.

[288] Mademoiselle de Rambouillet épousa, le 27 avril 1658, François Adhémar de Monteil, comte de Grignan, dont elle a été la première femme. Elle est morte le 22 décembre 1664.

[289] Jean-Baptiste Croisilles. (Voyez son article dans la Biographie universelle.)

[290] Nièce du cardinal de Richelieu.

[291] Depuis canonisé sous le nom de saint Vincent de Paul.

[292] Voyez sur ce Bodeau l'article de mademoiselle Paulet, tome I, p. 196.

[293] Elle a été imprimée en 1642, in-4o.

[294] L'abbé de Marolles étoit fort attaché à Croisilles, qu'il avoit rencontré en 1637, à l'hôtel de Soissons. Il le défend dans ses Mémoires de la grave accusation portée contre lui. Croisilles mourut en 1651, dans un état voisin de la misère. (Mémoires de Marolles; Paris, 1656, in-folio, pages 109 et 189.)

[295] Vincent Voiture, né à Amiens en 1598, mort à Paris en 1648.

[296] Elle s'appeloit Vion. (T.)

[297] Il étoit trésorier de France. (T.)

[298] C'est la quatrième lettre adressée à madame de Saintot, en lui envoyant le Roland furieux d'Arioste, traduit en françois. (Œuvres de Voiture; Paris, Courbé, 1660, p. 12.)

[299] Guillonnet d'Alibray et Dinville. (T.)

[300] Il alloit changer de linge chez L'Huillier, voisin de la Saintot, et cela afin qu'on le sût, car il étoit vain en amourettes. (T.)

[301] Suffocation hystérique. (Dict. de Trévoux.)

[302] C'est la fille de Barbier qui vint à Paris avec des sabots et y fit fortune. Elle et la sœur qu'elle avoit furent nourries à la Montauron. Cette sœur avoit une vision que pour être belle il falloit être pâle. Pour cela elle mangea tant de citrons qu'elle en mourut. Celle-ci avoit tous les dimanches une coiffe et un masque de la bonne ouvrière, à cause qu'elle étoit jolie masquée. Elle étoit brune, mais agréable. On donnoit huit cents livres de pension à La Prime pour la coiffer. Elle et sa sœur alloient partout de leur chef, car la mère ne voulut jamais quitter son chaperon, et le père ne vouloit pas qu'une bourgeoise allât avec les infantes, ses filles. Fenestreaux, conseiller au Parlement, l'épousa; il l'appeloit la reine Gillette. Cette dame a fait la coquette tout son soûl, puis la dévote, et après le bel esprit. Une fois elle quitta son mari, s'en alla à Fenestreaux, y fit quelque temps la solitaire, et revint comme si de rien n'eût été. Barbier mourut pitoyablement, et Fenestreaux vendit sa charge, mais il a encore du bien. (T.)

[303] Voiture rioit en contant que son père lui avoit dit: «Vous disiez qu'on vous aimoit tant à l'hôtel de Rambouillet, voyez ce qu'on y a fait contre vous.» Mais c'étoit avant qu'on eût rien ajouté de fâcheux. (T.)

[304] Dans la seconde partie de la Défense de Voiture. (T.)

[305] Mademoiselle Véron. (T.)

[306] Ce mot est pris ici dans le sens de la négligence des règles établies; ce qui suit le fait bien entendre.

[307] C'étoit le nom de la demoiselle de compagnie de madame de Sablé. (Voyez l'article Sablé.)

[308] Cercle.

[309] La rue Saint-Thomas du Louvre, où l'hôtel de Rambouillet étoit situé.

[310] Fils du marquis de Rambouillet.

[311] Il mangeoit tous les jours à l'hôtel de Rambouillet, quoiqu'il ait eu telle année dix-huit mille livres à manger. Il a eu une bonne pension en qualité de premier commis des finances, pendant que M. d'Avaux a eu le titre de surintendant. Il avoit trois petites charges: il étoit chez Monsieur introducteur des ambassadeurs, gentilhomme ordinaire et maître-d'hôtel de Madame, et Monsieur le Prince l'a souvent fait servir un quartier de maître-d'hôtel chez le Roi. Son jeu lui coûtoit. (T.)

[312] Voiture n'a jamais été à l'Académie que pour s'y faire condamner sur une gageure. (T.)

[313] L'hospice des Quinze-Vingts étoit situé rue Saint-Nicaise. Après la suppression de la maison du Roi, sous le ministère de M. de Saint-Germain, ce bel établissement fut transféré à l'Hôtel des Mousquetaires, rue de Charenton.

[314] Eléazar de Sarcilly, sieur de Chandeville, né en 1611, et mort en 1633. (Origines de la ville de Caen, par Huet; Rouen, 1706, pag. 397.) On a conservé de lui quelques vers; ils se trouvent dans le Recueil de diverses poésies; Paris, Chamhoudry, 1651, Etienne Loyson, 1661, ou Pierre Trabouillet, 1670.

[315] Ceci vient de mademoiselle de Scudery, à qui mademoiselle Paulet l'a dit. (T.)

[316] Voyez précédemment, t. I, p. 196, l'article que Tallemant a spécialement consacré à mademoiselle Paulet.

[317] Il en est fait mention dans la Pompe funèbre de Voiture en ces termes «Comme Vetturius cribloit de nuit dans l'université d'Orléans, et comme un matois Normand lui coupa les doigts.» (Œuvres de Sarasin; Paris, 1685, t. 2, p. 22.)

[318] Voiture demanda à faire sa prière, et il la fit. (T.)—On lit au chapitre premier de la table de la grande Chronique du noble Vetturius: Du grand et horrible combat de Vetturius contre Brun de La Coste, et comme Vetturius fit sa prière au dieu Mars qui ne lui servit de rien. (Pompe funèbre de Voiture, audit lieu, p. 18.)

[319] Comme Vetturius se battoit nuit et jour; et de l'Édit des duels qui n'étoit pas fait pour lui. (Ibid. ch. 4.)

[320] Montausier nous semble n'avoir pas eu tort de juger avec sévérité les plaisanteries de Voiture; elles sont généralement marquées au coin de l'afféterie. Il a cependant dans ses ouvrages, et surtout dans ses poésies, des passages pleins de finesse et de grâce. Il n'a peut-être rien fait de mieux que les stances adressées à Anne d'Autriche, qui cependant n'ont pas été comprises dans ses Œuvres. Elles ont été imprimées pour la première fois dans leur entier dans une lettre d'un des trois éditeurs de ces Mémoires (M. Monmerqué), insérée dans la livraison d'octobre 1833 de la France littéraire.

[321] Voyez l'article sur Costar, qui fait bien connoître ce pitoyable homme.

[322] Dont mademoiselle de Rambouillet étoit abbesse.

[323] Ceci donne l'explication d'un passage d'une lettre que Voiture écrivit à Chavaroche pour le prier d'assister sa sœur dans un procès: «En récompense, lui dit-il, je vous promets que de ma vie je ne vous appellerai pourceau, et que je vous donnerai la première chapelle qui sera à ma nomination.» (Lettre 147e de Voiture, p. 311 de l'édition de 1660.)

[324] Lettre 143e de Voiture, ibid., p. 303.

[325] On dit qu'un prince a dit, je crois que c'étoit M. le duc d'Enghien: «Si Voiture étoit de notre condition, il n'y auroit pas moyen de le souffrir.» (T.)

[326] Geoffroy, marquis de Laigues, capitaine des gardes de Gaston, duc d'Orléans. Il entra très-avant dans le parti de la Fronde, comme on le voit dans les Mémoires du cardinal de Retz. Il mourut en 1674.

[327] Blot, baron de Chauvigny, spirituel chansonnier de la Fronde, mourut en 1655. Madame de Sévigné écrivoit à sa fille le 6 mai 1671: «Ségrais nous montra un Recueil qu'il a fait des chansons de Blot; elles ont le diable au corps, mais je n'ai jamais vu tant d'esprit.»

[328] Voyez l'Épître à M. de Coligny, pag. 101 de la deuxième partie des Œuvres de Voiture, édition de 1660. C'est une de ses plus jolies pièces; nous en citerons quelques vers tirés du passage indiqué par Tallemant:

Au bruit du célèbre hyménée,

Pour être à la grande journée,

Là se rendent à grand concours

Tout ce que le monde a d'Amours.

De tous les endroits de la terre,

D'Irlande, d'Écosse, d'Angleterre,

Du pays des Italiens,

De celui des Siciliens.......

Même il en vint d'Ethiopie,

Noirs comme petits ramoneurs,

Et ces noirs-là sont les meilleurs.

Il en arriva trois volées

Des Marches les plus reculées

Du cap Vert. Ceux-là sont petis,

Gaillards, éveillés et gentis;

Ils ont par tout même ramage,

Et cent couleurs en leur plumage,

Comme on en voit aux perroquets

Et sont ceux qui font les coquets.

Jadis n'en étoit remembrance,

Cent ans a qu'il en vint en France...

On les voyoit comme moineaux

Ou comme troupe d'étourneaux,

Ombrager toute la campagne

Et couvrir toute la Champagne, etc.

Sarrasin, dans la Pompe funèbre de Voiture, s'exprime ainsi:

Enfin suivoit une volée

Grande et confusément mêlée

D'Amours de toutes les façons:

C'étoit tous ces oiseaux garçons[328a]

Dont Voiture a donné la liste.

Après on voyoit sur leur piste

Les Amours d'obligation,

Les Amours d'inclination,

Quantité d'Amours idolâtres,

Une troupe d'Amours folâtres,

Force Cupidons insensés,

Des Cupidons intéressés;

De petits Amours à fleurettes,

D'autres petites Amourettes,

Mêmement de vieilles Amours,

Qui ne laissent pas d'avoir cours

En dépit des Amours nouvelles.....

[328a] Garçon est pris ici en mauvaise part, dans le sens de vaurien, débauché. Ainsi on lit dans le Lai de l'Ombre, pièce du XIIIe siècle:

Je ne veuil pas resambler ceus

Qui sont garçon par tout détruire.

Et bref tant d'Amours qu'à vrai dire

On ne pourroit pas les décrire.

Comme l'on voit les étourneaux

Tournoyant aux rives des eaux,

Lorsque la première froidure

Commence à ternir la verdure;

Leur nombre qui surprend les yeux

Noircit l'air et couvre les cieux,

Tels ou plus épais, ce me semble,

Se pressant cheminoient ensemble

Tous les Amours de l'univers.

[329] Étienne Martin de Pinchesne, contrôleur de la maison du Roi, neveu de Voiture, a été l'éditeur de ses Œuvres. On a de lui deux volumes de poésies qui seroient tout-à-fait oubliées si Boileau n'avoit pas mis Pinchesne au rang des poètes ridicules.

[330] Le travail de Tallemant sur Voiture est malheureusement perdu. Il auroit été d'une grande utilité pour connoître une foule d'allusions qui n'ont pu être saisies que par ses contemporains. M. Durozoir, dans un article sur Voiture, inséré dans la Biographie universelle, annonce qu'il a retrouvé une partie de ces allusions. Il rendroit un véritable service aux lettres s'il faisoit connoître ses recherches. Tallemant lui fourniroit de curieux documents.

[331] Cest dans la lettre 138e, pag. 296 de l'édition de Voiture déjà citée. Voici le passage dont le sens n'a pu être compris jusqu'à présent: «Je consentirois d'entretenir quatre heures tous les soirs M***, pour avoir l'honneur de vous voir une demi-heure tous les jours.» Il semble que Chrétienne de France, duchesse de Savoie, aura eu quelque peine à se reconnoître dans cette lettre.

[332] En 1649.

[333] Le coadjuteur étoit de cette promenade, ainsi que le maréchal de Turenne. Le cardinal raconte cette bizarre anecdote dans ses Mémoires d'une manière plus plaisante que ne l'est le récit de Tallemant. (Mémoires du cardinal de Retz, tom. 44, p. 133 de la deuxième série des Mémoires relatifs à l'histoire de France.

[334] Voyez la lettre 78e de Voiture, écrite à une maîtresse inconnue (p. 188 de l'édition de 1660). Il s'y peint de la manière suivante: «Ma taille est deux ou trois doigts au-dessous de la médiocre. J'ai la teste assez belle, avec beaucoup de cheveux gris; les yeux doux, mais un peu égarés, et le visage assez niais.»

[335] Bossuet avoit seize ans, lorsqu'en 1643 il improvisa un sermon à l'hôtel de Rambouillet. (Histoire de Bossuet, par le cardinal de Bausset; Versailles, 1814, t. I, p. 22.)

[336] Tallemant a partout écrit Arnaut, mais tous les membres de cette famille signoient Arnauld; nous suivrons cette orthographe.

[337] D'autres disent qu'elle vient de Provence.

[338] Corbeville étoit le surnom du père de l'intendant. Arnauld d'Andilly donne sur le père quelques détails dans ses Mémoires; mais il passe le fils entièrement sous silence, et on verra par ce qui suit qu'il n'auroit pas parlé de son cousin de Corbeville, sans entrer dans une continuelle apologie sur plusieurs faits graves. (Voyez les Mémoires d'Arnauld d'Andilly, t. 33, p. 320 de la deuxième série des Mémoires relatifs à l'histoire de France.

[339] Voyez la lettre d'Arnauld d'Andilly à M. de Montrave, premier président du Parlement de Toulouse, dans le Recueil de ses Lettres; Paris, Étienne-Loyson, 1676, in-12, pag. 407. Il y prend la défense de plusieurs membres de sa famille attaqués par le président Gramont, dans une Histoire de France qu'il a écrite en latin.

[340] Anne Gonzague, princesse palatine.

[341] Arnauld de Corbeville est l'auteur du madrigal de la Tulipe, dans la Guirlande de Julie.

[342] Roman de La Calprenède.

[343] Expression proverbiale qui se dit d'une femme hautaine, qui ne daigne point parler à ceux qu'elle regarde comme étant au-dessous d'elle. (Voyez le Dictionnaire de Trévoux.

[344] Sa femme étoit fille de M. Marion, avocat-général au Parlement de Paris. (T.)

[345] C'est-à-dire parmi les réformés.

[346] Au carrousel de la Place-Royale, qui eut lieu en 1612, à l'occasion du mariage de Louis XIII et d'Anne d'Autriche.

[347] Louis Arnauld, secrétaire du Roi, contrôleur-général des restes, étoit, dit Arnauld d'Andilly, le seul de tant de frères qui n'avoit pas l'esprit fort élevé. (Mémoires d'Arnauld d'Andilly, dans la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, deuxième série, tome 33, pag. 324.) Le neveu se donne bien de garde de donner à son oncle le beau surnom qui distinguoit ce dernier des autres Arnauld.

[348] Restes, reliqua rationum, débits des comptables. (Dictionnaire de Trévoux.)

[349] Terme populaire qui se dit d'un dissipateur qui mange tout. (Dict. de Trévoux.)

[350] Meudon, vers Saint-Germain. (T.)

[351] En 1649. (T.)

[352] Robert Arnauld d'Andilly, né à Paris en 1589, mort à Port-Royal-des-Champs, le 27 septembre 1674.

[353] Antoine Lefèvre de La Boderie, habile négociateur, mourut en 1615. Ses Ambassades en Angleterre ont été publiées en 1750, en 5 volumes in-12, par les soins de l'abbé de Pomponne, son petit-fils.

[354] Né à Paris le 30 octobre 1597, mort à Angers le 8 juin 1692.

[355] Ses négociations ont été publiées en 1748, en 5 volumes in-12, par les soins de l'abbé de Pomponne, son petit-neveu.

[356] Né à Paris le 9 février 1612, mort à Bruxelles le 8 août 1694.

[357] Jacques Nouet, Jésuite, mort vers 1680, a composé un grand nombre d'ouvrages ascétiques qui sont encore estimés.

[358] L'abbé de Saint-Cyran, qui a véritablement importé le jansénisme en France.

[359] Ce mot de Tallemant est le plus vrai qu'on paisse dire sur ce sujet. Les questions de jansénisme n'ont eu d'importance que celle qui leur a été donnée par les Jésuites. C'est surtout par ce moyen qu'ils acquirent une si grande autorité à la cour de Louis XIV. Sans eux ces disputes seroient restées dans les écoles, d'où elles n'auroient jamais dû sortir.

[360] On ne sait comment Tallemant a pu trouver ridicule qu'Arnauld d'Andilly, retiré à Port-Royal-des-Champs, ait fait de la culture des arbres fruitiers l'objet d'une innocente distraction. La postérité, plus juste que les contemporains envers cet honnête homme, n'oubliera pas qu'on lui doit les notions les plus utiles sur la culture des arbres fruitiers. Modeste par système, il a donné, en 1652, sous le nom de Le Gendre, curé d'Hénonville, un livre intitulé: La Manière de bien cultiver les arbres fruitiers. Il a perfectionné les espaliers; il a inventé les contre-espaliers, et sa plus douce récompense a été l'honneur qu'Anne d'Autriche lui faisoit d'accepter, chaque année, quelques-uns de ses plus beaux fruits. (Voyez l'Histoire de la vie privée des François, par Le Grand d'Aussy, Paris, 1782, t. I, p. 169 et suiv.)

[361] C'est l'édition de 1654, in-4o.

[362] Madeleine de Souvré, femme de Philippe-Emmanuel de Laval, marquis de Sablé, seigneur de Boisdauphin, fils du maréchal de Boisdauphin; née vers 1608, elle mourut en 1678.

[363] Gilles de Souvré, né vers 1562, mort en 1646.

[364] Ce mot est pris dans le sens d'agilité. Ainsi madame de Sévigné disoit, en parlant du duc de Saint-Aignan: «Il a toujours servi le Roi à genoux avec cette disposition que les gens de quatre-vingts ans n'ont jamais.» (Lettre de madame de Sévigné au comte de Bussy, du 27 juin 1687.)

[365] Si le nom de ce cuisinier venoit à être connu, ce seroit un article singulier à ajouter au Dictionnaire des anonymes de feu M. Barbier.

[366] Tallemant lui a consacré un article.

[367] C'est une fille d'esprit qui est à elle, mais qui ne la sert plus; au contraire, mademoiselle de Chalais a une servante à elle. (T.)—Voiture a adressé plusieurs de ses lettres à mademoiselle de Chalais.

[368] Pont de bois peint en rouge, qui alloit de la galerie du Louvre à la rue de Beaune. Construit en 1632, il fut emporté par les glaces en 1684, et pour en tenir lieu, on construisit le Pont-Royal, en face de la rue du Bac.

[369] Dans cette visite, elle dit de mademoiselle de Guébriant (elle est morte fille de la Reine): «Cette fille a de beaux endroits, a de l'esprit, mais quelquefois cet esprit fait des chutes si effroyables, qu'il est en danger de se rompre le cou.» (T.)

[370] La crainte exagérée que la marquise de Sablé avoit des maladies contagieuses est bien peinte dans une lettre que lui écrit Voiture pour lui annoncer que le fils de madame de Rambouillet est mort de la peste: «Sachez donc, lui dit-il, que moi qui vous écris, ne vous écris point, et que j'ai envoyé cette lettre à vingt lieues d'ici, pour être copiée par un homme que je n'ai jamais vu.» (Lettre quatorzième de Voiture.)

[371] Parties: mémoires.

[372] C'est ce qui fait que le titre de marquise de Sablé a été porté par Augustine Le Roux, veuve en premières noces de Jacques Hurault, marquis de Vibray, et en secondes, d'Abel Servien, marquis de Sablé, surintendant des finances. Amie du duc de La Rochefoucauld et de l'abbé Esprit, elle a contribué à la composition des Maximes qui ont paru sous le nom de ce duc, et même il y en a un certain nombre qui, dans quelques éditions, lui sont spécialement attribuées. (Voyez la Note sur la lettre de madame de Sévigné à madame de Grignan, du 5 février 1690, t. 9 de l'édition in-8o, donnée par M. Monmerqué, p. 343.)

[373] L'abbé de La Victoire désignoit ainsi le comte de Maure. (Voyez plus bas l'article du comte de Maure. L'article de ce spirituel abbé suit immédiatement celui-ci.)

[374] Il s'appeloit Claude Duval de Coupanville. Il fut nommé à l'abbaye de La Victoire en 1639, et mourut au mois de décembre 1676. Cette abbaye avoit été fondée par Philippe-Auguste, en action de grâces de la bataille de Bouvines, gagnée le 27 juillet 1214. (Gallia christiana, t. 10, p. 1503 et 1507.)

[375] Plusieurs bons mots de l'abbé de La Victoire sont rapportés par madame de Sévigné dans ses lettres. Voyez particulièrement la lettre du 27 février 1671. Nous saisissons cette occasion de rectifier une erreur dans laquelle nous sommes tombés dans notre édition des lettres de madame de Sévigné. Nous avons confondu cet aimable et spirituel abbé avec l'abbé Lenet, qui n'obtint l'abbaye de La Victoire qu'en 1677.
Monmerqué.

[376] Antoine Godeau, né vers 1605, à Dreux, évêque de Grasse en 1636, puis de Vence, mort à Vence le 21 avril 1672. Il fut de l'Académie françoise.

[377] Ceci a été écrit avant la paix des Pyrénées, en 1659.

[378] J'ai vu le comte de Château-Vilain à Rome, en habit d'ecclésiastique. (T.)

[379] Le comte de Maure ne l'épousa que quand elle fut devenue héritière. Il avoit, lui, douze mille écus de rente, en fonds de terre de partage. (T.)

[380] Une madame de Montigny Bérieux, Italienne. (T.)

[381] Madame de Sévigné a dit quelque chose sur les litières qui peut lui avoir été suggéré par le mot de madame Cornuel: «Vous êtes heureuse d'avoir votre cher mari en sûreté, qui n'a d'autre fatigue que de voir toujours votre chien de visage dans une litière vis-à-vis de lui: le pauvre homme!.... Hélas! il me souvient qu'une fois, en revenant de Bretagne, vous étiez vis-à-vis de moi; quel plaisir ne sentois-je point de voir toujours cet aimable visage! Il est vrai que c'étoit dans un carrosse; il faut donc qu'il y ait quelque malédiction sur la litière.» (Lettre de madame de Sévigné à sa fille, du 20 mai 1672.)

[382] Philippe de Cospéan ou Cospeau, né à Mons en 1568; évêque d'Aire en 1607, de Nantes en 1621, et de Lisieux en 1682, et mort le 8 mai 1646.

[383] Dans la Biographie universelle, on lui donne ces deux noms, de Cospéan, ou Cospeau.

[384] Guillaume Girard, grand archidiacre d'Angoulême, mort en 1663. Sa Vie du duc d'Espernon a été imprimée in-folio en 1655. Elle a eu d'autres éditions.

[385] Antoine, troisième du nom, duc de Gramont, maréchal de France, né en 1604, mort à Bayonne le 12 juillet 1678.

[386] Antoine de Gramont, deuxième du nom, comte de Gramont, de Guiche et de Louvigni, souverain de Bidache.

[387] Louise de Roquelaure, fille du maréchal de ce nom. Il l'avoit épousée en 1601. Il se remaria en 1618, avec Claude de Montmorency Bouteville.

[388] Parce que la reprise étoit Lampons, Lampons, camarades Lampons. (T.)

[389] Le maréchal de Gramont et le comte de Toulongeon étoient frères, et on a vu plus haut, dans la note de la page 340, que cette famille mettoit au nombre de ses titres celui de souverain de Bidache.

[390] Gergeau, petite ville sur la Loire, à quatre lieues à l'est d'Orléans. On n'y voit plus de traces de château.

[391] Voyez plus bas l'article Rangouze, dans la suite de ces Mémoires.

[392] Il est mort. Il disoit à son laquais, que pour récompense, il lui vouloit faire donner un brevet de maréchal de camp. (T.)

[393] Principauté de Béarn. (T.)

[394] Suzanne-Charlotte de Gramont, femme de Henri Mitte de Miolans, marquis de Saint-Chaumont; elle mourut le 31 juillet 1688.

[395] Roger de Gramont, comte de Louvigny. Il fut tué en duel, en Flandre; le 18 mars 1629.

[396] Malchus. On appeloit ainsi un coutelas; (Dictionnaire de Nicot et de Trévoux.)

[397] On voit, en effet, dans le Procès de Henri de Talleyrand, comte de Chalais (Londres, 1781, in-12), que Louvigny déposa sur ouï dire que Chalais avoit manifesté l'intention de tuer le Roi. Il ne porta pas loin cette iniquité, car il fut tué en duel trois ans après.

[398] Voici comment cela se passa. M. le comte étoit amoureux d'elle, dans le temps qu'il commandoit à Paris, le Roi étant en Italie, et Monsieur en Lorraine ou en Flandre. Un nommé le baron de Copet, sur le lac de Genève, fils de Bellageon, qui avoit été secrétaire du connétable de Lesdiguières, la trouva aux Tuileries avec Riquemont, écuyer de M. le comte. Copet avoit bu, il lui fit des insolences, Riquemont l'avertit qui elle étoit: Je la connois bien, j'ai des terres en Bourgogne auprès des siennes. M. le comte sut la chose par Riquemont, et fit donner des coups de bâton à Copet par Beauregard, son capitaine des gardes, lui qui pouvoit le punir bien autrement, commandant comme il faisoit. A quelque temps de là Riquemont passa près de la maison de Copet, en Dauphiné, dont M. le comte étoit gouverneur. Copet le fait appeler; Riquemont vient au retour. Son second alla avertir Copet; celui-ci se cachoit de sa femme, mais elle lui dit: ne vous cachez point de moi, je lierai la partie plutôt que de la rompre. Le second de Copet désarma celui de Riquemont. Copet ainsi eut l'avantage.

[399] Pierre Jeannin, né à Autun en 1540, mort à Paris le 31 octobre 1622.

[400] Ce tanneur étoit échevin de la ville.

[401] Le président Jeannin, du temps qu'il étoit à M. de Mayenne, traita ce prince à Autun dans la maison paternelle, lui présenta son père, avec son tablier de corroyeur, en lui disant: «Monsieur, voilà le maître de la maison; c'est lui qui vous traite.» M. de Mayenne le reçut à bras ouverts, et le fit mettre au haut bout. (T.)

[402] Il fut chargé de missions très-importantes en Hollande de 1607 à 1609, et ce fut principalement à ses soins que les Provinces-Unies durent le traité de juin 1609.

[403] Jeannin a bâti le château de Montjeu, qui, du temps de Bussy Rabutin, appartenoit encore à la famille du président, comme on le voit dans les lettres du comte de Bussy.

[404] Les Négociations du président Jeannin ont été réimprimées avec de grandes améliorations et additions, dans la seconde série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, deuxième série, t. II et suiv.

[405] Adrien de Montluc, comte de Cramail, auteur de la Comédie des Proverbes, et d'un livre insipide intitulé: Les Jeux de l'Inconnu.

[406] Brande, petit arbuste qui croît dans les terres incultes. (Dict. de Trévoux.)

[407] Louis de Neufgermain. Son portrait in-4o et en pied a été gravé par Brebiette.

[408] Voici la première strophe de cette pièce: