L'autre jour Jupiter manda

Par Mercure et par ses prévôts,

Tous les dieux, et leur commanda

Qu'on fît honneur au grand d'Avaux.

(Œuvres de Voiture, deuxième partie, p. 93, édition de 1660.)

[409] Charles IX ayant demandé à Daurat de quoi il s'étoit avisé de se marier si vieux avec une jeune fille: «Sire, lui répondit-il, c'est une licence poétique.» (T.)

[410] Ces derniers mots sont écrits à la marge du manuscrit; cela prouve que cette partie de l'ouvrage a été écrite par Tallemant avant le mariage de mademoiselle de Rambouillet, qui eut lieu au mois d'avril 1645.

[411] L'hôtel de Rambouillet est dans la rue Saint-Thomas du Louvre.
(T.)

[412] Godeau.

[413] C'étoit son juron. (T.)

[414] Expression italienne: di leggiero.

[415] Ce terme, qui n'est plus connu qu'au jeu du reversis, étoit alors synonyme d'écuyer, celui qui conduit, soit un homme, soit une femme. (Dict. de Trévoux.)

[416] Roman de mademoiselle de Scudéry. (T.)

[417] Il écrit en italien, et il a fort bien réglé sa maison. Il est amoureux, et sa maîtresse l'entendoit au mouvement des lèvres. (T.)

[418] Antoine Godeau, évêque de Vence, membre de l'Académie françoise, né vers l'an 1605, mourut en 1672.

[419] Par madame de Clermont d'Entragues, et par mademoiselle Paulet. (Voyez l'article de cette dernière.)

[420] Il paroît que Godeau proposa l'évêché de Grasse à Gombauld, qui étoit protestant. (Voyez l'article Gombauld.)

[421] Gilles Boileau.

[422] Jean Ogier de Gombauld, de l'Académie françoise, mourut nonagénaire, en 1666.

[423] Jacques Du Blé, marquis d'Uxelles, gouverneur de Châlons, mourut en 1629. C'est le père du maréchal de ce nom.

[424] Du roi Louis XIII.

[425] Endymion; Paris, 1624, in-8o.

[426] En ce temps-là un garçon de Blois, nommé Duvivier, avoit fait une comédie en vers où il y avoit tous les idiômes de France; le gascon, qui étoit, comme vous pouvez penser, un capitan, disoit qu'il étoit aimé de toutes les belles; et parlant des déesses, il dit de la lune

Mais elle loge un peu bien haut,

Et puis je la laisse à Gombauld. (T.)

[427] Amaranthe, pastorale en cinq actes et en vers, avec des chœurs et un prologue, dédié à la Reine mère du Roi; Paris, 1631, in-8o. (Voy. la Bibliothèque du Théâtre-François du duc de La Vallière, t. 2, p. 300.)

[428] Ce passage est bien extraordinaire. Godeau, évêque de Vence, ne pouvant conserver l'évêché de Grasse avec celui de Vence, essaya de traiter du premier, et il y parvint; mais comment a-t-il pu penser à le proposer à Gombauld, qui, comme le dit Tallemant, étoit huguenot à brûler? Il suffit de parcourir les Traités et Lettres de Gombauld, touchant la religion, pour avoir la démonstration qu'il n'admettoit que la religion de Luther et de Calvin. Ces Traités sont contenus dans un petit volume assez rare, dont Conrart a été l'éditeur. Il porte au frontispice la sphère, comme quelques Elzévirs, et il a été imprimé à Amsterdam, 1669, petit in-12.

[429] Les Danaïdes, tragédie, par M. de Gombauld; Paris, Courbé, 1658, in-8o. Cette pièce est dédiée au surintendant Fouquet.

[430] On lit Serisay au manuscrit. Ne seroit-ce pas Habert, abbé de Cerisy, que Tallemant auroit voulu désigner?

[431] Il a bien dansé, à ce qu'il dit; pour moi je ne lui trouve rien de naturel, et mademoiselle de Rambouillet dit que, quoiqu'il chante de sa vieille cour, les gens n'étoient point faits comme lui, et qu'il a toujours été unique en son espèce; j'entends aux habits près. (T.)

[432] C'étoit une espèce de petit luth à quatre cordes. (Dictionnaire de Trévoux.)

[433] Chez M. de Montlouet d'Angennes. On verra sa manière de conversation par ce que M. de Montlouet m'a dit: «Gombauld disoit que c'étoit le pays du diable, à cause que la rivière s'appelle Ourque, Orcus; Cussy là auprès, c'est le Cocyte, parce qu'il y a une terre qui se nomme Averne.» (T.)

[434] On appeloit cale, une fille de basse condition, à cause de la cale qui lui servoit de coiffure. Richelet cite cet exemple tiré de Sarrasin: Voiture a aimé depuis la couronne jusqu'à la cale. (Dictionnaire de Richelet. Genève, 1680.)

[435] Augustin Courbé, le libraire-éditeur de Gombauld.

[436] Ce nom est incertain dans le manuscrit.

[437] Il dit que Conrart et Chapelain sont des cabaleurs. (T.)

[438] Benserade y eut beaucoup de part. (Voyez l'article sur Benserade).

[439] Expression du jeu de piquet.

[440] Célèbre peintre de portraits auquel Tallemant a consacré un article dans ses Mémoires.

[441] Le surintendant Fouquet étoit en même temps procureur-général au Parlement de Paris.

[442] Sur le Pater, l'Oraison dominicale.

[443] On lit dans l'état des gratifications faites par Louis XIV aux savants et hommes de lettres pour l'année 1664:

Au sieur Gombauld, bien versé dans la poésie, et pour l'obliger de continuer son application aux Belles-Lettres. . . . . . 1200 fr.

La mention est portée dans l'état de l'année 1665.

Cette pièce a été publiée par les bibliophiles françois dans leur volume de 1826. M. Bérard en est l'éditeur.

Gombauld mourut en 1666.

[444] Ce trait d'avarice du lieutenant criminel Tardieu a été oublié par Despréaux, qui, dans sa dixième satire, a si bien peint le couple ridicule.

[445] Conrart a publié les Traités et Lettres de feu M. de Gombauld, touchant la religion. (Voy. plus haut la note 428 de la p. 385). Conrart est l'auteur de l'avertissement qui précède ces Traités. (Voyez la Notice sur Conrart à la tête de ses Mémoires, dans la deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, tome 48, page 25.)

[446] Jean Chapelain, membre de l'Académie françoise, né le 4 décembre 1595, mourut le 22 février 1674. L'un des trois éditeurs (M. Monmerqué) possède une Vie manuscrite de Chapelain, suivie de ses testament et codiciles, par lesquels il substitue sa bibliothèque à ses neveux. On trouve à la suite de ces pièces le Catalogue des livres et des manuscrits qui la composoient. Cette Vie de Chapelain offre des détails étendus sur l'auteur de la Pucelle; mais elle est écrite dans la forme du panégyrique. Des notes jointes à ce manuscrit font connoître que la substitution a produit son effet jusqu'en 1747; l'époque de la division ultérieure de cette bibliothèque n'est pas connue. C'est vraisemblablement dans ce dépôt que Camusat aura puisé les matériaux des Mélanges de littérature tirés des lettres manuscrites de M. Chapelain qu'il a donnés en 1726, en un volume in-12.

[447] En 1627 ou 1628.

[448] Père de Chapelle.

[449] Cette pièce est indiquée dans la liste des poésies de Chapelain placée à la suite du Catalogue manuscrit des livres de sa bibliothèque, sous ce titre: Récit de la belle Lionne au ballet des Dieux, commençant par ce vers:

Mortels de qui l'esprit s'étonne, etc.

et a été imprimée, sous le nom de Montfuron, dans les Poésies choisies (Paris, Charles de Sercy, 1660, cinquième partie, pag. 337), sous ce titre: Récit de mad. P. (mademoiselle Paulet) au ballet des Dieux, représentant l'astre du Lion.

[450] Cette ode a été imprimée dans le Recueil des plus belles pièces des poètes françois. Amsterdam, 1692, t. 4, p. 61. Elle est composée de trente strophes de dix vers, dont il est difficile d'achever la lecture, d'autant que, comme Tallemant l'a judicieusement fait observer, il n'y a rien du désordre et de l'emportement qui sont les principaux caractères du poète lyrique.

[451] Le comte de Soissons, père de Louise de Bourbon, duchesse de Longueville, première femme du duc.

[452] Elle avoit perdu deux fils, l'un à deux ans, l'autre en naissant. Marie d'Orléans, demoiselle de Longueville, épousa en 1657 Henri de Savoie, duc de Nemours; elle devint veuve en 1659. Le frère de son mari avoit été tué en duel par le duc de Beaufort. La duchesse de Nemours a laissé des Mémoires sur la Fronde. Ils font partie du tome 34 de la deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France.

[453] C'est un abus que ce terme de secrétaire d'ambassade pour le secrétaire de l'ambassadeur. Il n'y a proprement qu'à Venise où il y ait des secrétaires d'ambassade, car la république nomme un noble Vénitien pour conférer avec un ambassadeur. Chaque nation en a un. (T.)

[454] Gustave-Adolphe.

[455] Voyez la septième lettre de Voiture.

[456] C'étoit l'intendant de l'hôtel de Rambouillet. (Voyez plus haut l'article Voiture.)

[457] Henri Arnauld. (Voyez l'article sur Arnauld.)

[458] La Componenda est un bureau dépendant du cardinal dataire, auquel on adresse toutes les suppliques qui sont soumises à quelque rétribution pécuniaire. (Dict. de Trévoux.)

[459] Alors intendant du cardinal Mazarin.

[460] Le chevalier de Rivière est l'auteur d'une multitude de vaudevilles et de couplets satiriques sur les personnages et sur les événements du règne de Louis XIV. Il eut le premier l'idée de réunir ces sortes de poésies dans des Recueils, demeurés manuscrits, qui sont encore recherchés aujourd'hui.

[461] La Mesnardière, poète françois au-dessous du médiocre, a publié une critique du poème de Chapelain sous ce titre: Lettres du S. Du Rivage, contenant quelques observations sur le poème de la Pucelle; Paris, 1656, in-4o, de 65 pages.

[462] Chapelain a terminé son poème; on rencontre assez souvent des copies manuscrites des douze derniers livres. Il en existe une à la Bibliothèque du Roi.

[463] Françoise de Balzac-Clermont d'Entragues, seconde femme de Louis de Bretagne, marquis d'Avaugour, comte de Vertus.

[464] Catherine-Françoise, demoiselle de Vertus, morte à l'âge de soixante-quinze ans, en 1692. Ce fut elle qui se chargea de la pénible mission d'annoncer à madame de Longueville la mort de son fils, tué au passage du Rhin. (Voyez la lettre de madame de Sévigné du 20 juin 1672.)

[465] La Bastide. (T.)

[466] Il s'agit ici de Gilles Boileau, frère aîné de Despréaux. Ce dernier n'étoit pas encore connu en 1656, époque de la publication de la Pucelle de Chapelain; il venoit seulement d'être reçu avocat. (Voyez la Notice biographique sur Boileau Despréaux, par M. de Saint-Surin; Paris, Blaise, 1821, p. 47.)

[467] C'est l'édition sortie des presses des Elzeviers, et la seule qui soit aujourd'hui recherchée par les amateurs de livres rares. Elle porte la date de 1656 comme l'édition originale.

[468] François Payot de Linière, auteur satirique, mort en 1704.

[469] Il n'en a jamais lu que les quatre premiers. (T.)

[470] Le samedi, c'est-à-dire la coterie littéraire qui se réunissoit tous les samedis chez mademoiselle de Scudéry.

[471] Conrart (Valentin), né à Valenciennes, secrétaire de l'Académie françoise, mort à Paris le 23 septembre 1675.

[472] Le comte Tott, grand-écuyer du roi de Suède, et ambassadeur en France, passa plusieurs années à Paris, et y fut lié avec tous les beaux esprits.

[473] Malleville disoit «qu'il lui sembloit que Conrart allât criant, par les rues: «A ma belle amitié! qui en veut, qui en veut de ma belle amitié?» A propos de cela, il demanda des devises à plusieurs de ses amis sur l'amitié et les fit enluminer sur du vélin. Madame de Rambouillet en donna une dont le corps étoit une vestale dans le temple de Vesta, qui attisoit le feu sacré, et le mot étoit fovebo. Elle le fit en françois, et M. de Rambouillet le tourna en latin. (T.)

[474] Tallemant, dans cet article, montre de la rancune contre Conrart, avec lequel il étoit brouillé, après avoir été son ami. Conrart n'est pas un écrivain remarquable; mais c'étoit un homme patient, auquel les lettres doivent de la reconnoissance. Il a conservé une foule de pièces qui auroient péri s'il ne les eût pas recueillies. Une partie de ses manuscrits est conservée à la Bibliothèque de l'Arsenal. C'est là que l'un des éditeurs a retrouvé les Mémoires de Conrart, insérés dans le tome 48 de la deuxième série des Mémoires relatifs à l'histoire de France.

[475] Voyez plus haut l'historiette de madame d'Auchy, la maîtresse de Malherbe.

[476] Claude Basin de Bezons, avocat-général au Grand-Conseil, depuis conseiller d'Etat, succéda au chancelier Séguier, quand ce dernier, à la mort du cardinal de Richelieu, devint protecteur de l'Académie françoise. Les titres de M. de Bezons sont d'une nature peu imposante. La traduction d'un Traité fait à Prague, entre l'Empereur et le duc de Saxe, et deux Discours prononcés à l'ouverture des Etats de Languedoc, composent tout son bagage littéraire.

[477] François-Henri Salomon, avocat-général au Grand conseil, succéda au poète Bourbon. Sa nomination fut loin d'être honorable pour l'Académie, car cet auteur de la paraphrase non imprimée d'un Psaume fut préféré au grand Corneille. On objectoit à ce dernier que, faisant en province son séjour habituel, il ne pourroit assister que rarement aux assemblées de l'Académie. (Histoire de l'Académie françoise, par Pellisson; Paris, 1730, in-12, t. I, p. 210.)

[478] On appeloit ainsi mademoiselle de Scudéry.

[479] Nom de lieu dans le roman. (T.)

[480] Les personnes qui composoient la société de mademoiselle de Scudéry se donnoient des noms de roman. Herminius étoit celui sous lequel Pellisson étoit désigné. (Voyez une note sur la lettre de madame de Sévigné à M. de Pomponne, du 1er août 1667, édition de Blaise; Paris, 1818, t. I, p. 118.)

[481] Celui de Mme Burin, et qui est aujourd'hui à M. de Valence. (T.)—C'est Matthieu de Montereul, frère de l'académicien, auteur de quelques jolis madrigaux, celui duquel madame de Sévigné disoit qu'il étoit douze fois plus étourdi qu'un hanneton. (Lettre à Ménage, no 25 de l'édition de 1818.)

[482] Michel de Marolles, abbé de Villeloin, infatigable auteur de mauvaises traductions; mais dont les Mémoires, devenus rares, sont fort curieux; Paris, Antoine de Sommaville, 1656, in-folio.

[483] Furetière, Boileau; Linières a fait l'épigramme, on la lui a raccommodée. (T.)

[484] Louise-Marie de Gonzague, fille de Charles de Gonzague, duc de Nevers et de Mantoue, et de Catherine de Lorraine, naquit vers 1612; elle épousa en 1645 Uladislas IV, roi de Pologne, et en 1649, après la mort d'Uladislas, Jean Casimir, son frère, aussi roi de Pologne. Elle mourut à Varsovie le 10 mai 1667.

[485] Cinq-Mars.

[486] Tant de hauts et de bas.

[487] Un extravagant Italien, nommé Promontorio, qui se mêloit de deviner et aussi de vendre des chiens de Bologne et bien d'autres choses, lui vendit un fort beau chien cinquante pistoles à payer quand elle seroit reine. Il n'y avoit alors nulle apparence. Elle l'eût acheté à cette condition cinquante mille écus. Au bout d'un an et demi elle fut reine, et lui paya volontiers ses cinquante pistoles. Voilà un grand hasard. (T.)

[488] Anne d'Autriche, avec une politesse toute françoise, céda le pas à la reine de Pologne pendant toute cette journée. (Mémoires de Motteville, t. 37, p. 159 de la deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France.)

[489] Bartet, depuis secrétaire du cabinet. (T.).—C'est à lui que le duc de Candale fit cette singulière insulte de lui faire couper tout un côté de ses cheveux. (Voyez les Mémoires de mademoiselle de Montpensier dans la deuxième série de la Collection des Mémoires relatifs à l'histoire de France, t. 41, p. 488; et la note sur la lettre de madame de Sévigné, du 19 juillet 1655; Paris, Blaise, 1818, t. I, p. 37.)

[490] Il est de Rouen; apparemment cette seigneurie de Saint-Amant vient de ce qu'il est né dans le voisinage de Saint-Amant de Rouen. C'est peu de chose que sa naissance; il étoit huguenot. (T.)

Il s'appeloit Marc-Antoine de Gerard, et il prenoit la qualité d'écuyer, sieur de Saint-Amant, écuyer du roi et gentilhomme de la chambre de la reine de Pologne.

Voy. le privilége de Moïse sauvé; Paris, Antoine de Sommaville, 1660, in-12.

[491] On remarque en effet que le privilége accordé pour ce mauvais poème est du 20 octobre 1653, et que l'ouvrage n'a été imprimé qu'en 1660.

[492] Les deux sœurs et lui firent une fois mourir, sans y penser, une pauvre fille innocemment à Avenet. Il prit une vision à la princesse Anne d'aller trouver cette fille à son lit avec un cierge, et l'exhorter à la mort. Cela la saisit, et comme on disoit en riant: La voilà qui va passer, elle passa effectivement. (T.)

[493] Elle dit un jour à un homme d'église, chanoine de Reims, qui les avoit mariés dans la chapelle de l'Hôtel de Nevers: «N'est-il pas vrai que M. de Guise est mon mari?—Ma foi! madame, lui dit ce bon homme, vous fûtes aussi aise que s'il y eût eu mariage.» (T.)