[226] Voyez Mémoires de l'Académ. des Inscript., tome 42, page 115 de la partie de l'Histoire.
[227] 625 selon les astronomes, et 626 selon le vulgaire des chronologistes.
[228] Voyez Abrégé d'Astronomie, in-8°, 1813, par M. Delambre, qui dit, page 335: «Hérodote en indique l'année d'une manière si vague, que l'on doute si elle est arrivée en l'an 581, 585, 597 ou 607 avant J.-C.; encore aucune de ces éclipses n'a-t-elle dû être totale et ramener cette obscurité qui n'est peut-être qu'une fiction d'Hérodote ou de ceux qui lui en parlèrent.» Nous répondons qu'Hérodote ne paraît vague qu'à ceux qui ne l'ont pas lu attentivement. Notre analyse démontre sa précision; mais M. Delambre, à qui nous l'avions soumise, n'en a tenu compte.
[229] Voyez, à ce sujet, la critique des Observations astronomiques de Ptolomée, faite par Riccioli, dans son Astronomia reformata, in-fol., livre III, chap. 4, pages 108 et suivantes; chap. 5, pages 115 et suivantes; et plus particulièrement celle des 19 éclipses de lune rapportées dans l'Almageste, livre III, chapitre 9, pages 133 et 134; et chapitre 7, page 129, article Eclipses ex mera conjectura.
[230] On sait à quel point les Brahmanes chez les Indiens modernes sont jaloux de leurs notions astronomiques. Ils sont en cela, comme en bien d'autres choses, l'image des anciens savants, c'est-à-dire, des prêtres dont la puissance était fondée sur la possession exclusive des sciences parmi lesquelles la prédiction des phénomènes célestes tenait le premier rang. Aussi Julius Firmicus nous apprend-il que même les adeptes prêtaient serment de ne point communiquer les principes; et Albaténius se fait un mérite de dire clairement ce que les anciens n'ont dit que par énigmes, quæ ab antiquis per involucrum dicta sunt explicavi. Nous connaissons un savant critique qui par des compensations de 3 ou de 5 ou de 7 minutes, tantôt en plus, tantôt en moins, ramène toutes les anomalies de Ptolomée à l'état vrai, à commencer par la mesure de l'année solaire qu'il a évidemment altérée.
[231] Il faut d'ailleurs convenir que les anciens avec leurs manuscrits non collationnés et difficiles à lire, ont eu bien moins de commodités que nous avec nos imprimés.
[232] D'après les indications d'Hérodote, Kyaxarès en 625 n'ayant encore que 9 ans de règne, son fils Astyages dut être âgé d'environ 20 ans; par conséquent il dut en avoir 85 environ, lorsqu'il fut détrôné par son petit-fils. Ce grand âge explique très-bien la clémence du vainqueur qui lui laissa la vie, et qui voulut brûler vif Crésus, âgé de 50 ans, et jouissant d'un grand crédit en Asie. Grâce aux Juifs, Cyrus est devenu un héros de roman; mais lorsque l'on connaît les mœurs de l'Asie et de l'antiquité, l'on sent qu'Hérodote qui nous le représente avec le caractère et le génie de Tamerlan, a peint le véritable chef insurgé des Perses sauvages vêtus des peaux crues de leurs troupeaux et de leurs chasses.
[233] Voyez le tome VII contenant la chronologie, page 152: Jérémie cité chap. 4—6, et chap. 6—22—24.
[234] Excerpta Valesii, page 452.
[235] Krœsus, âgé de 35 ans lorsqu'il règne en 570, est par conséquent né en 605: nous le retrouvons en Égypte à la suite de Kambyse en 525: par conséquent il était âgé de 80 ans. Xanthus de Lydie et Plutarque en observant qu'Alyattes son père eut plusieurs femmes, nous indiquent assez qu'il fut d'un autre lit que cette fille d'Alyattes.
[236] Note 19, page 183.
[237] Les amateurs d'antiquités keltiques ou celtiques savent que Kimr est le nom national que se donnent les Gâlois ou peuple du pays de Galles, qui, comme les Bas-Bretons, sont les descendants des anciens Keltes, et les restes de la souche keltique: le nom de Kimr a fait aussi Kimbri ou les Cimbres.
[238] Voyez sa Chronologie, page 355.
[239] Voyez la note à la fin de ce chapitre.
[240] Note 20 sur le § VII.
[241] Quamquam apud Herodotum patrem historiæ, et apud Theopompum sunt innumerabiles fabulæ. Cicero, de Legibus, lib. I, § 1.
[242] Traité de la malignité d'Hérodote.
[243] Directes en plusieurs passages, indirectes au sujet de la mer Caspienne et du voyage des Phéniciens à Cadix.
[244] En faveur d'Hérodote sont Denys d'Halicarnasse, Ussérius, Conringius, Marsham, Prideaux, Newton, Bossuet, Montfaucon, Dom Calmet, etc. En faveur de Ktésias sont Diodore, Justin, Eusèbe, Scaliger, Petau, Pezron, Desvignoles, etc.
[245] Bibliothèque grecque, page 107.
[246] Lucien, Traité de la manière d'écrire l'histoire, vers la fin.
[247] D'après la remarque de Pamphilia, savante dame romaine, citée par Aulugelle, Hérodote avait 53 ans lors de la première année de la guerre du Péloponèse; par conséquent il était né l'an 484 avant J.-C. Xercès passa en Grèce en 480. Pamphilia fut célèbre à Rome, sous Néron, pour divers écrits sur l'histoire et sur la musique. Elle avait fait un abrégé de Ktésias, en trois livres.
[248] Voyez lib. II, §§ III, IV et XLIV; lib. I, § CLXXXIII; lib. IV, §§ XLIII, CLXV et CLXXXVI.
[249] Il commet d'ailleurs une fausse citation, en le plaçant sous Darius au lieu de Nékos. Voyez Strabon, Géogr., liv. II, pages 98 et 100.
[250] Nous en avons un bel exemple récent, dans les pierres tombées du ciel, sur lesquelles Fréret écrivit, il y a un demi-siècle, un mémoire alors peu goûté: l'on ne croyait, pas à ce prodige... Il est prouvé: comment s'opère-t-il? Les savants prononcent.. Nous disons: Il faut douter et observer. Ce genre de grêle métallique finira par s'expliquer.
[251] Ce qui n'empêche pas Cicéron d'en parler avec éloge, en quatre autres endroits; par exemple, il dit, lib. II, de Oratore: Namque et Herodotum, qui princeps hoc genus ornavit, in causis nil omnino versatum esse accepimus. Atqui tanta est eloquentia, ut me quidem quantum ego græce scripta intelligere possum magnopere delectet
[252] Voyez Hornemann, Voyage en Afrique. Hérodote a cité pour ses autorités les voyages et négociants carthaginois. lib. IV, § XLIII—CLXV—CLXXXVI.
[253] Nous n'employons point la traduction française de Terrasson, parce que depuis Rhodoman, qu'il a suivi, M. Wesseling a donné une traduction latine bien plus correcte, et parce que Terrasson, pour rendre son style plus français, a écarté une foule d'images et de termes techniques très-importants au sujet. Lorsque l'on traduit des historiens, surtout anciens, l'on peut dire que c'est un mérite au style, d'avoir la physionomie quelconque de l'original.
[254] En persan moderne, Bag signifie jardin. Bag-Estan, pays ou lieu du jardin.
[255] Ce nombre de 1360 est certainement une erreur de nos imprimés et du manuscrit qu'ils représentent. Les anciens n'ont point lu ainsi; ils ont lu 1306 ans, et cela, en citant ce même passage de Diodore.... Témoin Agathias, qui, après avoir dit qu'Arbakes et Bélésis enlevèrent à Sardanapale l'empire de l'Asie, ajoute que, «à cette époque, il s'était écoulé, depuis que Ninus avait fondé l'empire, une durée totale de treize cent six ans, comme en convient Diodore de Sicile, d'accord avec les calculs de Ktésias.»
Agathias, lib. II, p. 63.
Témoin encore George le Syncelle, qui dit également, page 359: «Ainsi les Assyriens possédèrent l'empire pendant un espace de 1306 ans, comme le dit Diodore, sur l'autorité et le témoignage de Ktésias.» Les 1360 ans de nos imprimés doivent donc être une faute de copiste, par une méprise décimale de 60 pour 6. Le nombre de 1306 doit d'autant mieux être la vraie leçon, que Diodore, à la fin de ce fragment, va nous donner le nombre rond de 1300, comme son synonyme, ce qui ne pourrait se dire de 1360. Enfin Justin ou Trogue-Pompée n'a lu que 1300 ans.
A cette occasion, remarquons que nos premières éditions ont en général été une source d'erreurs, parce que les savants n'eurent pas alors toutes les facilités de consulter beaucoup de manuscrits; et que depuis lors, ces premiers imprimés, en faisant négliger et perdre les manuscrits mêmes, sont devenus le type défectueux de toutes nos copies.
[256] Voyez à ce sujet un intéressant mémoire de M. de Guignes, qui prouve que la morale de Salomon, dans le Cantique, dans les Proverbes et dans l'Ecclésiaste, est absolument la même: il eût dû ajouter que le système appelé épicurisme a, comme tous les autres systèmes des Grecs, été puisé en Asie, où il régnait depuis des siècles. (Mémoires de l'Académie des Inscriptions, tome XXXIV). Solon dit à Krœsus: «Ne donnez pas le titre d'heureux à un homme avant sa mort.» L'Ecclésiaste dit: Ante mortem ne hominem laudes.
[257] Le stade de Ktésias est celui de 833 et 1/3 au degré, ce qui donne ici environ 4782 toises, ou 2 lieues 1/4.
[258] Confrontez la page 383 [%%N° page] ci-devant.
[259] Tout ce prétendu extrait d'Hérodote est faux, comme nous l'allons voir ci-après.
[260] Par conséquent, 23 livres, qui, avec celui des Indiens, font 24, en imitation d'Homère.
[261] Voyez page 433 [%%N° page]. Pour la fin du règne de Sardanapale, il cite Ktésias en son livre second: les Mèdes ont dû commencer avec le livre III.
[262] «J'avais ouï dire qu'il s'était fait quelque chose de semblable à Ninive, ville des Assyriens. Quelques voleurs, instruits du lieu souterrain où Sardanapale, roi de Ninive, conservait d'immenses sommes d'argent, formèrent le complot de les enlever. Pour cet effet, après avoir bien mesuré leur distance au palais du roi, ils ouvrirent une mine dans la maison qu'ils habitaient, et pendant la nuit, jetant les terres provenues de leur fouille dans le Tigre, qui baigne Ninive, ils finirent par arriver au but qu'ils désiraient.» Hérodote, lib. II, § CL.
[263] Larcher a traduit: y rendait la justice; ce terme ne se dit que d'un juge déja constitué: Deïokès, encore simple particulier, la pratiquait; il ne la rendit que lorsqu'ensuite il fut élu juge.
[264] Voyez Photius, Biblioth. historica, pages 114 et 115.
[265] Cambyse règne 8 ans, dans le Kanon, parce que cette liste, qui n'admet point de fractions, lui donne les 5 mois de Smerdis.
[266] Lib. I, § CXXX.
[267] Ihouïkin, disent leurs annales, fut tiré de prison l'an 37 de sa captivité, première année d'Aouil-Mérodak:or il y avait été jeté l'an 8 de Nabukodonosar; donc, etc.
[268] Kalakène, Gauzanitèz et Kaboras de Ptolémée. Ces deux derniers situés en Mésopotamie, à 50 et 60 lieues de Ninive. Le Kalakène est à l'est du Tigre, sur le Grand-Zab, ou Lycus.
[269] Joseph. Antiq. judaic., lib. XI, n° 2, initio.
[270] Reg. II, chap. 18.
[271] Voyez Josèphe, contre Appion, lib. I.
[272] Histoire des Juifs, partie II, lib. I, in fine.
[273] Le Syncelle, page 502; et ces 10 ans sont aussi la leçon du manuscrit alexandrin, qui ne lit point deux, mais dix.
[274] Vers 277 avant J.-C.
[275] Voyez Prideaux, année 277.
[276] Moses Chorenensis Historia Armeniaca, cap. VII, p. 20.
[277] Les Parthes des Grecs et des Romains ne sont pas autre chose que les Kurdes et les Mèdes ressuscités.
[278] Fréret a voulu douter de ce fait, par la raison que Ninive n'existait plus. Mais outre que le nom de Ninive, à cette époque, est encore mentionné par Tacite et Ptolomée, les Arméniens ont pu en donner le nom à une ville voisine, par exemple à celle que les Arabes ont appelée Moussol: Fréret a douté, parce que ce fait contrariait son hypothèse. Ammien-Marcellin dit positivement (lib. XVIII, cap. VII), «Sapor passe par Ninive, ville immense: (et page 355, il ajoute) dans l'Adiabène est Ninive.»
[279] Il ajoute que ce fut 80 ans avant Nabukodonosar; mais ce calcul, qui est de lui, est erroné.
[280] Il ne cite en aucun endroit le livre de Ktésias, mais seulement Diodore, page 231.
[281] L'initiale Eu est ajoutée comme dans Eu-phrat-es, qui en syrien est seulement pharat.
[282] Mém. de l'Académ. des Inscript., tome XLV, pages 351-361 et suivantes, année 1783.
[283] L'un des généraux de San-Harib est appelé Rabb-Saris, qui signifie littéralement chef des eunuques. Un autre est nommé Rabb-Sakès, ou plutôt Rabb-Shaqeh, chef de ceux qui versent à boire, le grand échanson: phal ou pal pourrait être une altération de bal ou bel. Teglat est le mot Diglit, nom du fleuve Tigris, que Pline nous apprend signifier une flèche, et tout ce qui est rapide..... Ana-baxarès pourrait être aïna-batsar, soleil d'or, ou source d'or. Enfin, l'un des noms de Sardanapale, Thonos-Koun-Kolèros, s'explique en partie, base et soutien (Koûn.) de toute la terre (Kôl arts). Memno lui-même, ce général de Teutam, est un mot pur chaldéen et arabe, signifiant investi de confiance; m'amnou, par emphase m'amnoûn.
[284] Voyez le fragment cité en Diodore.
[285] Mosès, page 59.
[286] Il suffit de lire le chap. 4 avec quelque attention, pour être convaincu de ce fait. Kyrus permet de rebâtir...... on intrigue auprès de lui. L'effet de sa permission demeure suspendu tous les jours de sa vie. Ahshouroush (Cambyse) règne après lui; on lui écrit contre les Juifs dès le début de son règne; il empêche de bâtir. Artah-Shata (Smerdis) lui succède. Les Samaritains écrivent encore. Enfin Darius arrive; les Juifs réclament et obtiennent la permission de bâtir. Prendre Artahshata pour Artaxerce, c'est tout confondre sans motif.
[287] Dictionn. de Castelli, page 28.
[288] Præp. evang., lib. IX.
[289] Valesii excerpta, in-4°, page 427.
[290] C'est la description qu'en fait Athénée, lib. XII.
[291] Gar est un mot persan, qui signifie faiseur, et qui termine tous les noms de métiers. Nous ignorons ce que signifie ag.
[292] Voyez Chronologie de Larcher, article prise de Troie et rois de Lacédémone.
[293] Le règne d'Agis est réduit à un an, quoiqu'il ait été, dit-on, le plus riche en grands événements.
[294] Clemens Alexandr. Strom., lib. I, pag. 402.
[295] Ces noms grecs sont évidemment la traduction des noms, tyriens, ayant le même sens.
[296] Tatian. Orat. ad Grœcos, I, pag. 273, n° 37.
[297] Lib. II, § LIII.
[298] Plutarque, vie de Lycurgue.
[299] Théopompe et Satyrus, historiens spéciaux des rois macédoniens, comptent onze générations, comme Strabo. Velleïus en compte 16; mais Velleïus est un compilateur tardif, peu sûr en chronologie.
[300] Chronologie, art. des rois de Sparte.
[301] La prise, de Troie étant placée à l'an 1022, il s'ensuit que l'anachronisme de Virgile n'est pas de 400 ans, comme le veut le traducteur d'Hérodote, ni de 300 et plus, comme on l'inférerait des autres opinions. Il se réduit à 151 ans: car la fuite de Didon en Afrique étant arrivée 143 ans 8 mois après la fondation du temple de Salomon, selon Josèphe, qui s'autorise des Annales de Tyr (contre Appion, lib. I, n° 17 et 18); et cette fondation répondant à l'an 1015 avant notre ère, il s'ensuit que l'arrivée de Didon en Afrique tombe à l'an 871, tandis que la prise de Troie répond à l'an 1022: différence 151.
[302] Lib. I, cap. 6.
[303] La liste de Mosès de Chorène ne porte pas de nombres; mais nous lui transportons ceux de l'Eusèbe vulgaire.
[304] Moses Chor., pag. 231.
[305] Idem, pag. 51.
[306] Voyez Velleïus, liv. I, chap. VI.
[307] Larcher, Chronologie, page 144, assure que Diodore et Sura comptent 1310 ans, et l'on voit que cela n'est vrai ni pour l'un ni pour l'autre.
[308] Voyez le Syncelle, page 167. A cette occasion, le Syncelle fait une remarque importante sur la manière dont Eusèbe a dressé ses tableaux comparatifs: «Eusèbe, dit-il, en approuvant l'opinion de Castor, qui renferme l'empire assyrien dans une durée de 1280 ans, ne lui en donne pas moins celle de 1300, avec le nombre de 36 rois. Son motif a été de couvrir l'erreur où il s'est laissé induire sur le temps écoulé entre le déluge et Abraham, par divers faux raisonnements, entre autres par l'omission qu'il fait du nom et des années du Caïnan, 13e depuis Adam, selon Luc (st.), etc.»
Ici le Syncelle nous révèle son propre secret et celui de tous les anciens auteurs dits ecclésiastiques, qui, à l'exemple du prêtre Africanus, leur modèle, ont pris pour base de tous leurs calculs la création du monde selon les Juifs, et ont commis la faute ridicule de partir d'un point aérien par lui-même et non fixé dans leur propre système (puisque les textes grec et hébreu diffèrent de plus de 1500 ans), pour descendre, comme en ballon, d'un temps inconnu au connu, quand le plus simple bon sens prescrivait de partir des temps connus et certains, pour remonter, d'échelon en échelon, à ceux qui le sont le moins: dans le cas présent, ayant d'abord adopté sans examen le système de Ktésias, et trouvant que tel nombre d'années plaçait Ninus vers le temps d'Abraham, ces calculateurs mécaniques descendent tête baissée à travers toutes les difficultés, même celles de la période des juges, pour aboutir, sans savoir comment, aux rois de Ninive et de Babylone, cités par les Hébreux. Le Syncelle reproche à Eusèbe d'avoir substitué le nombre 1300 (et cependant notre liste d'Eusèbe porte 1239) aux 1280 de Castor, et lui-même, suivant la trace d'Africanus, a porté à 1460 ans la durée de l'empire assyrien, par l'introduction arbitraire de quatre rois inconnus de tous les anciens. Avec ces inexactitudes et ces infidélités renouvelées à chaque instant, et communes à tous les anciens auteurs ecclésiastiques, l'on ne peut avoir aucune confiance en leurs assertions, et l'on ne doit en avoir qu'une très-circonspecte dans les citations qu'ils nous donnent.
[309] Sync., page 167.
[310] Ita ut vicennalis obiret nullus. Si l'on disait que pas un ne vécut 20 ans, le sens serait absurde, et la succession impossible... Képhalion continue: Que si l'on veut savoir le nombre de ces rois, Ktésias en citera, je crois, 23 noms. (Mais Diodore et Mosès en attestent 30)... Or, environ 640 ans après Ninus, Bélimus s'empara de l'empire des Assyriens... Que si vous comptez 1000 ans depuis Sémiramis jusqu'à Methræus... (Il y a ici une lacune). A Methræus succéda Tautanès, vingt-deuxième roi. (Mais si Ktésias n'a compté que 23 noms, Sardanapale ne saurait suivre Tautanès. Il y a évidemment ici mutilation du texte de la part du Syncelle). Voyez page 167 de sa Chronographie.
[311] Stephanus, de Urbibus, au mot Chaldæi.
[312] Voyez la note ci-devant, page 462 [%%N° page].
[313] Nabopolassarus, pater Nabuchodonosori... Hunc Sardanapalum vocat Polyhistor Alexander, qui ad Astyagem Mediæ satrapam misent et filiam ejus Aroïtem uxorem filio suo Nabuchodonosoro sumpserit. Hic traditis sibi copiis a Sarako Chaldæorum rege præpositus, in Sarakum ipsum, et Ninivem civitatem arma vertit; cujus impetum et adventum veritus Sarakus, incensa regia igne se absumpsit. Imperium vero Chaldæorum et Babylonis collegit Nabopolassarus, pater Nabuchodonosori.
[314] Dans son commentaire sur le chap. 20 d'Isaïe, saint Jérôme remarque que Sargoûn eut sept noms différents, et nous en trouvons sept à Sennacherib; savoir, Anakindarax, Anabachères, Acrazanes ou Acraganes, Épecherès, Ocrapazes et Sargoûn. Cet interprète doit avoir emprunté cette opinion des rabbins, ses maîtres; et il semble les désigner, lorsqu'il ajoute, chap. 36 du même Isaïe: d'autres pensent qu'un seul et même roi d'Assyrie est appelé de plusieurs noms... Ces autres-là avaient raison contre lui dans le passage suivant:
«J'ai lu quelque part, dit-il, que Sennacherib fut le même roi qui prit Samarie: mais cela est faux; car l'Histoire sacrée nous dit qu'un premier roi, Phul, sous Manahem, dévasta les 10 tribus; qu'un second roi, Teglat-phal-asar, sous Phakée, vint à Samarie; qu'un troisième Salmanasar, sous Osée, prit cette ville; qu'un quatrième, Sargon, prit Azot; qu'un cinquième, Asaradon, après avoir déporté Israël, établit des Samaritains pour gardiens de la Judée; et qu'un sixième, Sennacherib, sous Ézéchias, après avoir pris Lachis et toutes les autres villes, assiégea Jérusalem... D'autres pensent qu'un seul et même prince est appelé de plusieurs noms.» Comment, sur Isaïe, chap. 36, tome III, page 286.
Il y a plusieurs fautes dans ce passage. Sargon n'est point nommé dans les Chroniques, mais dans Isaïe, qui écrivit plus de 200 ans avant leur rédaction, et qui, de son côté, ne nomme point Sennacherib. Avant d'en faire deux rois, il eut fallu les discuter. 2° Esdras ou son rédacteur, dit, lib. I, cap. 4, v. 2, qu'Asar-Hadon déporta les tribus; mais la lettre originale des Samaritains, v. 10, dit que ce fut Asnafar; et d'après le témoignage exprès des Chroniques, cet Asnafar fut Salmanasar. Asar-Hadon doit être une interprétation du rédacteur. 3° Sennacherib ne fut pas roi sixième, postérieur à Asaradon; car l'Histoire sacrée dit positivement qu'Asaradon fut son fils le plus jeune. Il y a ici plus que négligence, il y a défaut de jugement et de critique; et tel a été le caractère de tous les écrivains ecclésiastiques: occupés uniquement d'objets qui n'exigeaient que la foi implicite, ils ont ignoré ou rejeté l'art de la discussion et de la critique.
[315] Dans la liste d'Eusèbe, nous avons un Balétorès à l'an 659; ce qui ne diffère pas matériellement: et ce nom babylonien, Bal-atsar, va reparaître dans le Bélitaras d'Agathias, bien clairement Bélésys.
[316] Post Sardanapalum Assyriorum imperium Ninum obtinuisse alii asserunt, e quorum numero prodit Castor, qui hæc verba scribit: Primo quidem ordine reges Assyriorum generis et imperii seriem a Belo ducentes locavimus; quanquam de ejus imperii tempore certa et aperta notitia non constet, nominis equidem agimus memoriam. A Nino quoque Chronographiæ principium duximus, et in Ninum Sardanapali successorem desinimus. Syncelle, page 206.
[317] Ninus primo videtur imperium stabilisse, et post eum Semiramis, ac deinceps omnes horum posteri ad Belum Derketadæ filium. Cumque in hoc Belo Semiramicæ stirpis successio desineret, Belitaras quidam vir insitor et hortorum qui in regia erant curator et magister, imperium sibi mira ratione vindicavit, suoque generi inserit, prout Bion et Alexander Polyhistor memoriæ prodiderunt, donec, Sardanapalo regnante, ut illi scribunt, quum emarcuisset imperium, Arbakes Medus et Belesys Babylonius illud Assyriis eripuerunt interfecto rege, et ad Medos transtulerunt, sex et trecentis jam supra mille et paulo amplius annis elapsis ex quo Ninus primum summam rerum obtinuerat. Ita enim Ktesia Cnidio tempora describenti, Diodorus assentitur. Medi itaque rursum imperium sunt adepti: Agathias, lib. II, page 63.
[318] Quant au motif de cette faute, nous n'en apercevons qu'un seul qui nous semble plausible. Le médecin grec Ktésias, devenu prisonnier des Perses à la bataille de Kounaxa, l'an 401 avant Jésus-Christ, arriva à la cour d'Artaxerces, environ 13 ans après que les Égyptiens se furent révoltés, c'est-à-dire eurent recouvré leur indépendance nationale, ravie 112 ans auparavant, par Cambyse, fils de Kyrus. Le Grand-Roi irrité leur faisait la guerre, mais avec peu de succès. Ses diplomates durent, selon l'usage, donner à cette guerre les motifs les plus légitimes, ou les plus adaptés à l'esprit des peuples. Dans tous les pays, l'antériorité de possession a toujours été considérée comme l'un des droits établissant la propriété. Selon les Égyptiens, leur roi Sésostris avait subjugué la Perse vers l'an 1354 avant notre ère; et quoiqu'il ne l'eût soumise qu'en passant, les Égyptiens pouvaient s'en prévaloir, pour dire que ce n'était pas eux, mais les Perses qui étaient des rebelles. Ce dut donc être une étude, un besoin de la part de ceux-ci, de prouver ou de rendre plausible, que les Assyriens, dont ils se prétendaient les héritiers et les représentants, avaient possédé l'Égypte long-temps avant cette époque; il devenait d'autant moins aisé de les refuter, que cette possession était plus antique. De là le système de falsification qui plaça Ninus à plus de 2000 ans avant notre ère, et qui lui attribua, ainsi qu'à Sémiramis, une étendue de conquêtes qui n'avait pas eu lieu. En attribuant à Ktésias le doublement des Mèdes, nous ne voudrions pas garantir qu'il ne fût l'ouvrage des savants, de la cour d'Artaxerces; mais nous croyons que celui des Assyriens leur appartient exclusivement, et que Ktésias lui-même a été induit en erreur: ce qui rendra croyable et même vraisemblable cette imposture historique de la part des Perses anciens, c'est que dans notre chapitre de Zoroastre, l'on verra l'exemple avoué d'une autre imposture semblable, commise par un roi de Perse, Sasanide, d'accord avec son clergé, relativement à la dynastie des Parthes.
[319] Specimen Historiæ Arabum
[320] Historia imperii vetustissimi Iectanidarum in Arabia felice. In-4°, Harderovici Gueldrorum, 1786.
[321] Le latin observe la même analogie de mots et d'idées car vincere (vaincre) n'est qu'une modification de vincire, lier, vinctus, victus, vinctor, victor. L'historien Hamza déclare que l'étymologie de Saba l'embarrasse; mais, elle est exacte dans l'hébreu, ou sabah (shabah) signifie emmener captif. Ainsi l'antique homérite était analogue à l'hébreu, et nous en verrons un autre exemple dans les noms de Zohák.
[322] Idées sur les relations politiques et commerciales des anciens peuples de l'Afrique, en allemand; par A. H. L. Heeren, professeur de philosophie à Gœttingue, etc., l'un des meilleurs livres historiques publiés de nos jours, dont nous n'avons qu'une traduction bien incomplète publiée en l'an VIII (1800).
[323] Voyez Étienne de Byzance, qui écrit Télané, probablement par l'altération de K en T, ou parce que les Syriens ont prononcé le ké, tché, comme les Arabes.