Chaumé.—Ne dites pas: Des œufs chaumés, mais: chaulés (traités à la chaux pour leur conservation).

Chaussée.—Signifie, entre autre choses: levée de terre au bord d’une rivière, d’un étang; levée servant de chemin; partie bombée d’un chemin. C’est un terme populaire dans le sens de barrage, écluse, en travers d’une rivière.

Chaussette.—V. Bas.

Chausson.—N’a pas en français le sens de bas très court: il désigne surtout une chaussure de feutre ou de lisière qu’on met en guise de pantoufle.

N’est pas français dans le sens de: lourdaud, d’homme sans culture, d’avare.

Check.—Au lieu de: check, qui est un mot anglais, dites: contrôle, vérification, en terme d’arpentage ou de comptabilité. On doit dire: Ligne de vérification, et non: ligne qui sert de check. De même: Ce calcul servira de contrôle pour ce compte, et non: servira de check.

Chemise.—Etre en chemise signifie en français: n’avoir sur soi que sa chemise; ce qu’on appelle à tort être en queue de chemise.

Si l’on veut dire qu’un homme n’a le haut du corps couvert que d’une chemise, ou qu’il n’a pas de vêtement couvrant les manches de sa chemise, il faut dire qu’il est en manches de chemise, ou en bras de chemise: et non qu’il est en chemise.

Chenail.—Corruption de chenal: le côté le plus profond d’une rivière; passage creusé dans un fleuve, une rivière. Pluriel: Chenaux.

Cheniquer.—N’est pas français. Il faut dire: ne pas aller jusqu’au bout; renoncer honteusement à la partie; manquer de courage; reculer, suivant le cas.

Chenu.—Signifie en français: blanchi par l’âge (tête chenue); couvert de neige (montagne chenue); dont la cime est dépouillée (arbre chenu). C’est donc une faute de donner à ce mot le sens de mal mis (homme chenu); mal meublé (chambre chenue).

Chèquer.—Ce mot n’est pas français. C’est un verbe tiré du mot anglais to check. Au lieu de: chèquer un compte, on doit dire: vérifier, apurer, contrôler un compte.

Au lieu de: chèquer les listes électorales, il faut dire: les pointer.

Chérant.—N’est pas français. Dites: Ce marchand est cher, il surfait sa marchandise, et non: il est chérant.

Chétif.—Veut dire en français, entre autres significations, faible: Enfant chétif. C’est une faute de donner à ce mot le sens de méchant, malicieux, mauvais, etc. Il faut prononcer f, et ne pas dire chéti.

Cheval.—Se dit à tort pour séchoir. Cadre de bois sur lequel on étend le linge pour le faire sécher.

Au lieu de: cheval de famille, dites plutôt: carrossier, cheval de voiture, cheval de luxe (mais on dit bien: voiture de famille).

Au lieu de l’expression: Cheval à cheval, il faut dire: manche à manche; manche signifie dans ce cas: première et seconde partie, quand on est forcé d’en jouer trois pour savoir quel est celui qui gagne, au jeu de cartes.

Au lieu de: cheval fendu, dites: cheval fondu; jeu où plusieurs enfants sautent l’un après l’autre, sur le dos de l’un d’entre eux qui se tient courbé: Jouer au cheval fondu.

Chevalet.—C’est une faute d’appeler ainsi cet assemblage de bois fait d’une double croix de St-André, sur lequel on pose le bois à scier. Il faut dire: chèvre, ou ixe (masculin), ou X.

Cheveu.—Ne dites pas le cheveu, mais le spiral d’une montre.

Cheville.—N’est pas français pour atteloire: pièce de fer qui sert à fixer les traits au timon ou aux brancards.

Chicane.—N’est pas synonyme de querelle. C’est l’abus des formalités de la procédure, les subtilités captieuses en matière de procès, les tracasseries, les mauvaises guerres, les contestations futiles.

Engendrer chicane à quelqu’un n’est pas français. Il faut dire: Chercher querelle à quelqu’un, c’est-à-dire: le provoquer.

Chigner.—Signifie en français: gronder toujours. Peu usité. Il ne faut pas lui donner le sens de rechigner: prendre un air maussade, montrer de la mauvaise humeur, marquer de la répugnance, du dégoût, du mécontentement.

Chignon, Tignon.—Dites quignon de pain, et non chignon ni tignon. Gros morceau de pain.

Chipoterie.—Signifie en français chicane. Il ne faut pas lui donner le sens de confusion de choses, dégât, mélange condamnable d’objets, etc.

Choc.—Il ne faut pas donner à ce mot le sens d’altercation, prise de bec, dispute; comme dans cette phrase: Ils ont eu un choc, un petit choc. Mais dites: Ils ont eu une altercation, une prise de bec, etc.

Choisir.—Ne dites pas: Il a été choisi président, secrétaire; mais il a été choisi pour président, ou: il a été élu président.

Au lieu de: choisir à la main, dites: trier.

Choix.—L’expression: Votre choix pour cinq sous est un anglicisme (your choice); on peut dire: A choisir ou au choix pour cinq sous.

Chouler, Souccer, Souquer.—Ces mots ne sont pas français pour signifier: envoyer un chien sus à quelqu’un, ou l’exciter à aboyer après quelqu’un ou à mordre quelqu’un. Dites lancer. Lancer un chien sur un vagabond.

Chrome.—S’écrit sans accent circonflexe.

Chrysostome.—S’écrit sans accent circonflexe.

Chute.—S’écrit sans accent circonflexe.

Cime.—C’est une faute d’écrire ce mot avec un accent circonflexe sur l’i.

Cireux.—Signifie en français: qui a la consistance de la cire: Matières cireuses. Ne dites pas yeux cireux, mais yeux chassieux, dans lesquels il y a de la cire, ou mieux, de la chassie.

Cisailler.—Signifie en français: couper avec des cisailles (sorte de ciseaux avec lesquels on coupe des plaques de métal). C’est donc une faute d’employer ce mot dans le sens de couper maladroitement; tirer continuellement sur les guides du cheval; donner des saccades aux guides; et de dire: cisailler la bouche d’un cheval; il a cisaillé cette étoffe en la coupant.

Ciseaux.—Les grands ciseaux qui servent à couper le gazon s’appellent en français une tondeuse.

Cité.—Il se fait presque toujours des anglicismes dans l’emploi de ce mot. Quand vous adressez quelque chose à une personne de la ville où vous êtes, dites: En ville, et non cité. Il faut dire: charte de la ville de Montréal; poursuite contre la ville; la ville doit considérer, et non: La charte de la cité; poursuite contre la cité, etc.

Le mot cité doit s’employer seulement comme terme administratif.

Civilien.—Ce mot n’est pas français. Il nous vient de l’anglais civilian. Au lieu de: Etre en habit civilien, dites: être en habit bourgeois, ou mieux être en civil.

Clair (Je suis).—Expression imitée de l’anglais, qui s’emploie, à tort, pour dire qu’on a fini une tâche, un ouvrage; qu’on a été disculpé d’une accusation.

Clairer.—Est en français un terme de métallurgie. C’est un anglicisme de donner à ce mot le sens de ne pas obstruer (clairez le chemin); de vider (clairez la maison); de congédier (cet employé a été clairé); de reconnaître innocent (l’accusé a été clairé); de faire un profit de: (clairer du dix pour cent); d’élargir (clairer un prisonnier).

Il ne faut pas dire: Le temps se claire, mais s’éclaircit.

Claque.—Il faut plutôt dire caoutchoucs (ca-outt-chou) que claques pour désigner la chaussure en caoutchouc qui préserve de l’humidité. Claque s’emploie peu en France.

Claret.—Le vin clairet est un vin rouge, léger et peu foncé en couleur. On dit plus ordinairement du clairet. Les anglais donnent le nom de claret aux vins de Bordeaux. C’est commettre un anglicisme de parler ainsi.

Classe.—Ne dites pas: Du bois, de l’étoffe de première classe, mais de première qualité.

Clenche.—Est, en français, la pièce principale du loquet d’une porte, celle que le mentonnet reçoit et qui tient la porte fermée. Il faut appeler loquet, la pièce où l’on appuie le pouce pour lever la clenche. C’est donc une faute d’appeler clenche, le loquet et même la poignée qui se trouve en-dessous du loquet, à l’extérieur de la porte.

Clencher.—N’est pas dans le dictionnaire, mais est usité autant que loqueter.

Clerc.—Ne dites pas clerc avocat, mais étudiant en droit. Clerc de poll, anglicisme (poll clerk), dites: greffier de bureau de vote. C’est ainsi que la loi désigne cet officier.

Cléricale.—Erreur cléricale, veut dire: erreur imputable au clergé. Est un anglicisme (clerical error) dans le sens de: erreur de plume, faute de copiste.

Cléricature.—C’est une faute d’appeler cléricature le temps pendant lequel dure l’étude du droit, de la médecine, du notariat. Il faut dire: Il a fait sa médecine, son droit, son stage (étude du notariat) chez un tel, à tel endroit, et non: il a fait sa cléricature chez un tel, etc.

Clinquant.—Désigne en français, en dehors du figuré, une petite lame d’or ou d’argent qu’on met dans les broderies. C’est une faute d’appeler ainsi le mica.

Clipper.—Terme anglais. Se traduit par tondeuse. Instrument pour couper les cheveux.

Cloche à vache.—C’est clochette qu’il faut dire et non cloche à vache, pour désigner la sonnette pendue au cou des bestiaux qu’on fait paître dans les forêts.

Clocher.—Ne dites pas: Ce cheval a un fer qui cloche, mais qui loche.

Cloison vitrée.—Dites vitrage, et non cloison vitrée, pour désigner le châssis de verre servant de cloison.

Cloque.—Anglicisme (cloak); dites: pardessus.

Clos, Clôture.—Il ne faut pas confondre ces deux mots, comme il arrive souvent. Le clos est une étendue de terrain fermé de murailles, de haies, de fossés, etc. clos de dix arpents.—La clôture est l’enceinte qui entoure le clos. Clôture en bois, en fil de fer.

Au lieu de clos de bois, dites chantier: grande enceinte où l’on dispose, où l’on entasse des piles de bois à brûler, de bois de charpente ou de charronnage. Ce marchand de bois a son chantier bien garni.

Clôture.—Il faut dire échalier, et non clôture d’embarras, pour désigner la clôture d’un champ faite d’arbres coupés ou de branches d’arbre.

Au lieu de clôture en pierres, dites plutôt: mur de clôture. V. Clos.

Club.—Swinging club, espèce de massue dont se servent les amateurs de gymnastique, se traduit par mils (subs. masc. plur.), qui se prononce mil.

Co-accusé.—Est une faute. Il ne faut pas de trait d’union. Coaccusé.

Coal dust.—Terme anglais. Se traduit par poussier (masculin) de charbon, et non par poussière de charbon.

Coat.—Terme anglais. Se traduit par veston: vêtement à basques courtes qui tient lieu d’habit, ou par jaquette.

Coaxer.—Tiré de l’anglais to coax. Au lieu de ce barbarisme, servez-vous des mots cajoler, enjôler.

Cocktail.—Terme anglais. Se traduit par grog: boisson faite d’eau de vie, d’eau chaude ou froide, de sucre et de citron. Cocktail tend cependant à s’introduire en France.

Cocoa.—Mot anglais, se traduit par cacao: amande du cacaoyer qui sert à faire le chocolat.

Cocotier.—Est le nom de l’arbre qui produit le coco. Mais si vous voulez désigner le petit vase dans lequel vous mangez les œufs, dites: coquetier et non cocotier.

Coercion.—Est français, mais n’est pas usité. Il faut dire coercition: pouvoir, action de contraindre.

Col.—Le faux col est l’article de toilette qui se met autour du cou et qui ne fait pas partie de la chemise; ne pas dire col, ni collet. S’il fait partie de la chemise il s’appelle col.

C’est une faute de dire col pour cravate. V. Collet.

Collatérale.—Garantie collatérale n’est pas français. Tout au plus, pourrait-on comprendre qu’il s’agit d’une garantie d’un parent, comme on dit succession collatérale. Dans le sens que nous donnons à cette expression, il faudrait dire: garantie supplémentaire, garantie accessoire.

Colle (bois de).—Dites bois de rebut, et non bois de colle. Bois qui a été rejeté par l’inspecteur comme n’étant pas assez bon. Colle est ici un anglicisme (cull).

Collecter.—Signifie: recueillir, réunir en collection; quêter, faire une collecte. C’est un anglicisme de donner à ce mot le sens de recouvrer des créances, de l’argent.

Collecteur.—Est un terme de physique. Ce mot désigne aussi celui qui fait des collections de tableaux, de timbres-poste. Celui qui va toucher les échéances à domicile s’appelle garçon de recettes, ou agent de recouvrements, et non collecteur.

Collection.—C’est un anglicisme de donner à ce mot le sens de rentrée de crédits, perception, recouvrements. Au lieu de: La collection est mauvaise, dites: la rentrée des crédits, ou simplement la rentrée est difficile.

Coller.—Est un anglicisme dans le sens de cuber ou de classer le bois.

Collerette.—Est, en français, un petit collet de linge dont les femmes se couvrent quelquefois la gorge et les épaules. C’est une faute d’appeler collerette, la pèlerine qui a la forme d’un grand collet rabattu et qui couvre la poitrine et les épaules. Dites: Pèlerine en fourrure, et non collerette en fourrure.

Collet.—Le collet est la partie de l’habillement qui est autour du cou: collet d’habit. Il ne faut pas appeler collet, le faux col ou le col de la chemise. Le col de la chemise est la partie de la chemise qui entoure le cou. V. Col.

Colletailler.—N’est pas français. Dites: lutter à bras-le-corps. V. Colleter.

Colleter.—Signifie: saisir quelqu’un au collet pour le renverser; n’a pas le sens qu’on lui donne ici, à tort, de lutter à bras-le-corps. Se colleter signifie, en français, se battre, se prendre au collet. Colleter, verbe neutre, signifie: tendre des collets pour prendre des lapins, des lièvres, des oiseaux: s’amuser à colleter.

Colleur.—C’est un anglicisme (corruption de culler) de donner à ce mot le sens de mesureur, de classeur de bois.

Combine.—Ce mot anglais se traduit par monopole. Bescherelle dit au mot monopole: “convention inique d’un ou de plusieurs marchands réunis qui achètent quelque marchandise en si grande quantité, que ceux qui veulent s’en procurer sont obligés de s’adresser à eux et de payer le prix qu’ils exigent.” Les manufactures de cigarettes ont fait un monopole. Dans ce cas on peut traduire combine par accaparement.

Lorsque le combine consiste dans une entente entre les manufacturiers ou les marchands pour simplement rendre uniforme et élever le prix d’une marchandise, il faut alors dire monopole. Il n’y a plus là d’accaparement, et ce mot ne peut traduire combine.

Combiner (se).—N’est pas français dans le sens de faire un monopole. (V. Combine.) C’est un anglicisme. Les filatures de coton ont fait un monopole, se sont érigées en monopole, et non se sont combinées.

Comité.—Ce sont des anglicismes de dire: comité des chemins, au lieu de commission de la voirie; comité de santé, au lieu de commission ou conseil d’hygiène; comité du feu, au lieu de commission des incendies; comité des finances, au lieu de commission des finances.

Comme.—La locution comme tout est condamnée par Littré. Il cite l’exemple suivant comme l’un des plus barbares: Cet homme est riche comme tout, pour très-riche. Bescherelle donne cette locution comme populaire.

Comme de juste.—Littré rejette cette expression. “De juste n’est pas français, dit-il, et ne le devient pas davantage pour être joint à comme.” Ne dites pas: aussi bien comme, mais: aussi bien que. Après aussi, autant, si, tant, aussitôt, on ne doit pas employer comme, au lieu de que, pour lier les deux termes d’une comparaison. Autant, tant, aussitôt qu’il voudra, et non comme.

Voici des anglicismes à éviter dans l’emploi de comme. Ne dites pas: Un tel a été élu comme député, mais élu député; X... a résigné ses fonctions comme maire de..., mais X..., maire de... a résigné ses fonctions; la nomination de X... comme représentant, mais la nomination de X... à la position de représentant; la presse conservatrice comme libérale, mais la presse conservatrice et la presse libérale.

Ne dites pas: pareil comme, mais pareil à.

Comment.—Est souvent employé, mais à tort, pour combien. Comment vendez-vous cela? signifie: de quelle manière; est-ce à la verge ou à la pièce, etc.? Mais si vous voulez demander le prix, dites: Combien vendez-vous cela?

Commerce.—C’est une faute de donner à ce mot le sens de tapage. Quel tapage font ces enfants? et non quel commerce?

Commercial.—C’est un anglicisme de donner à ce mot le sens de commerçant dans les expressions suivantes: Une nation commerciale, des pays commerciaux. Dites: une nation commerçante, des pays commerçants.

Commutation ticket.—Cette expression anglaise se traduit par billet de circulation: billet qui donne le droit d’aller et venir sur un chemin de fer pendant un certain laps de temps.

Comparition.—Ancien mot. Il faut dire maintenant comparution.

Compérage.—En français désigne la relation entre le parrain et la marraine, et aussi la relation du parrain et de la marraine d’un enfant avec ses parents. C’est une faute de désigner par compérage la réunion de diverses personnes pour un baptême.

La fête donnée à l’occasion d’un baptême s’appelle baptême et non compérage.

Compère, Compagnon.—Doit se dire: compère et compagnon.

Compétition.—Signifie en français: prétention rivale, etc. C’est un anglicisme de donner à ce mot le sens de: concurrence, rivalité de commerce.

Complétion.—N’est pas français. Tiré de l’anglais completion. Dites: achèvement. L’achèvement de son travail dépendra de sa santé.

Compliment.—Compliments de la saison. Cette expression ne veut rien dire en français. C’est la traduction littérale de l’anglais compliments of the season.

Complimentaire.—Désignait en français celui qui représentait une société commerciale. N’est plus usité. Au lieu de billet complimentaire, qui est un anglicisme (complimentary ticket), dites: billet de faveur.

Comportement.—Vieux et inusité. Ne dites pas: Ce jeune homme a un bon comportement, mais une bonne conduite.

Compter.—Dans le sens de se proposer, croire, ne prend pas la préposition de devant un infinitif: Il compte partir demain (Acad.); et non: il compte de partir. On dit pour s’assurer qu’une chose sera: comptez que vous me trouverez toujours prêt à vous servir (Acad.); c’est-à-dire croyez que, etc. Dans ce sens, compter ne peut s’employer avec un autre verbe à un temps présent ou passé. C’est donc mal s’exprimer que de dire: Je compte que vous travaillez à ce que je vous ai demandé. Dites: je crois, je pense, je présume que vous travaillez, etc.

Concession.—Est français, mais non pour désigner les paroisses qui ne touchent pas au fleuve, comme dans cette phrase: Il demeure dans les concessions.

C’est encore une faute d’appeler concession un rang de terres. Le premier rang au sud de la rivière, et non la première concession.

Concourir.—Concourir dans l’opinion de quelqu’un est un anglicisme. Dites: partager l’opinion de quelqu’un, être de l’opinion de quelqu’un.

Conducteur.—C’est une faute d’appeler conducteur de malles, le chef du wagon-poste. Il faut dire: chef de l’ambulant.

Dites: maître de cérémonies, et non: conducteur de deuil. Conducteur de bande se dit, en français, chef d’orchestre (dans un théâtre) et chef de musique (lorsqu’il s’agit d’une fanfare, d’un corps de musique militaire).

Confesser jugement, confession de jugement.—Sont des anglicismes. Le défendeur confesse jugement en déclarant, devant le protonotaire, qu’il consent que jugement soit rendu contre lui.

Confie.—Le féminin de confit est confite, et non confie: Une poire confite.

Confiserie.—Ce mot désigne en français l’art du confiseur, son atelier, son magasin. C’est une faute d’employer ce mot dans le sens de bonbons.

Conforme.—Il faut dire: conforme à et non avec. Son humeur est conforme à la vôtre.

Conformité.—Dites: en conformité de, et non à, ni avec. En conformité des ordres, et non en conformité aux ordres, ou avec les ordres.

Congress.—Les chaussures, ordinairement connues sous le nom de congress, se nomment en français bottines à élastiques.

Conjoint.—Il se commet beaucoup de fautes dans l’emploi de ce mot. Au lieu de: comité conjoint des deux Chambres, dites: comité mixte; action conjointe de deux parties, dites: action commune des deux parties; efforts conjoints, dites: efforts réunis; lettre conjointe des membres de l’épiscopat, dites: lettre collective.

Connecter.—Veut dire: Unir, assembler. Mais c’est un anglicisme de se servir de ce mot en terme de chemins de fer, si l’on veut parler de deux lignes où les voyageurs peuvent passer de l’une à l’autre. On doit dire qu’elles sont en correspondance, et non: qu’elles connectent, ni qu’il y a connexion entre elles. S’il s’agit de la jonction matérielle de deux voies, il faut dire qu’elles se raccordent, qu’elles sont en raccordement, et non qu’elles connectent, ni qu’il y a connexion entre elles.

Connétable.—Ce mot s’emploie pour désigner un officier de police dans les îles anglo normandes (Jersey, Guernesey, etc.) Il a à peu près le sens que nous donnons à high constable. Il en serait une meilleure traduction que grand constable.

Connexion.—C’est un anglicisme de donner à ce mot le sens de correspondance, raccordement, entre deux lignes de chemin de fer. V. Connecter.

Conseil.—Ne dites pas: le gouverneur en conseil, mais l’exécutif, le conseil des ministres.

Conseiller.—Il faut dire: cet avocat est le conseil du défendeur, et non le conseiller.

Consentant.—Comme adjectif ne s’emploie qu’en jurisprudence. Voici ce que nous lisons dans Bescherelle: “On ne dit pas, dans le langage ordinaire, j’en suis consentant, elle en est consentante; on dit: j’y consens, elle y consent.”

Conséquence (par).—N’est pas français. Dites: en conséquence, conséquemment, par conséquent.

Conséquent.—C’est une faute de dire: Un homme conséquent, au lieu d’important; somme conséquente, au lieu de considérable; affaire conséquente au lieu d’importante.

Conserves.—Conserve, en français, désigne une espèce de confiture dont les fruits sont conservés à l’état naturel. Ce mot s’emploie spécialement dans l’expression: conserves alimentaires: mets de toute espèce, volailles, poissons, légumes, gibier, fruits, laitage, cuits et préparés avec soin dans des boîtes de fer-blanc ou dans de grosses bouteilles soigneusement privées d’air. Il ne faut pas désigner par conserve les confitures. (Les fruits de celles-ci ne conservent pas leur forme).

Consistant.—Signifie: solide, ferme de caractère, etc. C’est un anglicisme de lui donner le sens de conséquent. Il est conséquent avec lui-même; et non: il est consistant avec lui-même.

Consister.—Signifiant: être composé de, formé de, régit la proposition en. Le commerce de ce pays consiste en blés, vins, fourrages, etc. (Acad.); et non: consiste dans les blés, dans les vins, etc.

Consomptif.—Adjectif, s’est dit autrefois des caustiques propres à consumer les chairs. Et substantivement, on disait dans le même sens: un consomptif. Dites: phtisique, poitrinaire, pour désigner celui qui est atteint de consomption, de phtisie, et non: consomptif, qui est un anglicisme dans ce sens.

Conspiration.—Est un anglicisme dans cette phrase: Conspiration (conspiracy) pour faux; dites: complicité de faux.

Constable.—C’est une faute de donner à ce mot le sens de suisse: celui qui veille au bon ordre dans une église.

Constituant.—Signifie en français: qui constitue une rente en faveur de quelqu’un, qui fait partie d’une assemblée constituante, etc. C’est un anglicisme de lui donner le sens de: électeur, commettant, mandant.

Consulte.—Ce mot a vieilli. Il faut dire consultation (d’un avocat, d’un médecin).

Contemplation (en).—Anglicisme. Ne dites pas: l’objet en contemplation, mais l’objet en vue; ni l’entreprise en contemplation, mais l’entreprise projetée.

Contempler.—C’est un anglicisme de donner à ce mot le sens de: avoir en vue, projeter, avoir l’intention de.

Contingent.—En français signifie: part que chacun doit fournir ou recevoir dans la division de quelque chose; nombre d’hommes à fournir pour le service militaire. C’est un anglicisme (contingency) de donner à ce mot le sens de somme affectée aux dépenses imprévues.

Contracter.—On peut contracter un engagement, de bonnes habitudes, une maladie, etc.; mais c’est un anglicisme de donner à ce mot le sens d’entreprendre. Au lieu de: Il a contracté pour la construction de cette maison, on peut dire: Il a obtenu le contrat de la construction de cette maison; il a entrepris la construction de cette maison.

Contracteur.—Contracteur, en français, est un ustensile de cuisine. Dans le sens d’entrepreneur, il n’est pas français. C’est un anglicisme (contractor).

Contrat.—En français signifie entre autres choses: marché écrit fixant les conditions d’une entreprise, les obligations des parties contractantes, etc. C’est un anglicisme de donner à contrat le sens d’entreprise. Ne dites pas: Le contrat a été accordé à un tel, mais l’entreprise, les travaux ont été donnés, concédés à un tel.

Contre.—L’e ne s’élide jamais: contre-enquête, contre elle.

Dans les mots composés commençant pas contre, il n’y a pas de règle pour l’emploi du trait d’union. Contredire, contre-coup.

De contre est une expression vicieuse. Au lieu de: Il a des amis et il parle de contre, il faut dire: et il parle contre eux.

Dites côte à côte et non contre à contre. Ils marchaient côte à côte.

Par contre: Bescherelle dit: “Cette expression est fautive, et doit être évitée; ne dites donc pas: S’il est pauvre, par contre, il est honnête; mais: S’il est pauvre, du moins il est honnête.”

Le “Dictionnaire des difficultés de la langue française” dit: “contre s’emploie souvent dans le sens de auprès de, près de, proche de; mais il ne doit se dire alors qu’avec un régime nom de chose: sa maison est contre la mienne. J’étais assis contre le mur. Ainsi c’est mal s’exprimer que de dire: passer contre quelqu’un, être assis contre quelqu’un; dites: passer près de quelqu’un, être assis près ou auprès de quelqu’un.”

Contredit.—Avoir du contredit avec quelqu’un est une expression vicieuse. Dites: se quereller, se disputer avec quelqu’un.

Contrefaire.—V. Satisfaire, à la partie grammaticale.

Contrevention.—Corruption de contravention: infraction, action par laquelle on contrevient à une loi, à une ordonnance, à un règlement, à un traité ou à un contrat qu’on a fait.

Contribution.—Il ne faut pas dire: contribution à un journal, à une revue, mais collaboration.

Contrôlable.—Il se commet dans l’emploi de ce mot les mêmes anglicismes que dans l’emploi de contrôle et contrôler. V. ces deux mots.

Contrôle.—Voici des anglicismes à éviter: l’incendie est sous contrôle; (dites: l’incendie est dominé; les pompiers maîtrisent l’incendie); il a deux employés sous son CONTRÔLE (sous ses ordres); il exerce un grand contrôle à l’hôtel de ville (il a une grande influence à l’hôtel de ville).

Contrôler.—Signifie en français: reprendre, critiquer, censurer: quel droit avez-vous de le contrôler? Mais ce sont des anglicismes de donner à ce mot les acceptations qu’il a dans les phrases suivantes: contrôler quelqu’un (dites: le gouverner); contrôler la foule (la maîtriser); contrôler l’incendie (s’en rendre maître).

Convention.—C’est une faute de donner à ce mot le sens de réunion, comme dans cette phrase: la convention des anciens élèves de....

Conviction.—Est un anglicisme dans le sens de démonstration ou déclaration de culpabilité. Il faut dire: La déclaration ou la démonstration de culpabilité de l’accusé, et non la conviction de l’accusé.

Copiage.—N’est pas français; il faut dire: plagiat; imitation; transcription (d’un acte, d’un document); copie (faire de la copie).

Copie.—Anglicisme dans le sens d’exemplaire. Dites: J’ai reçu un exemplaire, et non une copie, de votre livre.

Coppe.—N’est pas français. Est employé à tort pour distinguer le cuivre pur du laiton. L’église de Notre-Dame est couverte en cuivre, et non en coppe.

Une coppe, faute: dites un cent.

Coq l’œil.—Corruption probable de Coclès. N’est pas français. Dites: borgne. Un borgne, un homme borgne.

Coquerelle.—Est en français un terme de blason. Mais c’est une faute de donner à ce mot le sens de blatte ou cafard: insecte qui vit dans les boulangeries, cuisines, moulins malpropres.

Cordeaux.—Se dit à tort pour guides ou rênes servant à conduire un cheval. Guide est du féminin.

Corder du bois.—Cette expression signifie en français: mesurer le bois mis en corde. Ce qu’on entend ici pour corder du bois, doit se dire empiler du bois.

Cordon.—Ce mot n’est pas français dans le sens d’un quart de corde (de bois).

C’est une faute d’appeler cordon, la ligne de front et l’arrière-ligne d’un rang de terres.

Cordonner.—Cordonner une terre, un rang. Cette expression n’est pas française; il faut dire: tracer l’arrière-ligne, la ligne de front (selon le cas) d’un rang, d’une terre, et non les cordonner.

Cornailler.—Est, en français, un terme de menuiserie. C’est une faute de l’employer pour signifier corner, encorner, frapper avec les cornes, en parlant d’un bœuf, d’un bélier. Ce bœuf a corné, a encorné son maître, et non, a cornaillé son maître.

Cornet.—Quelques-uns désignent à tort par cornet l’instrument que nous nous mettons à l’oreille en conversant par le téléphone. Il faut dire récepteur. La partie dans laquelle on parle est le transmetteur.