Sentimentage. Amour plus platonique que physique, qui exclut l’infidélité et le plaisir au profit de je ne sais quel idéal ridicule—bon pour les romans et pour les pensionnats de demoiselles.
Mais s’il allait souhaiter quelque préférence exclusive, se croire offensé de mes inévitables infidélités, perdre de vue que je suis aphrodite, et vouloir m’assujettir à son sentimentage?
Sentir (Le). Sentir le membre de l’homme entrer profondément dans le vagin de la femme et y remuer.
Sérail. Bordel, où l’on élève à la brochette une foule de beautés de poils différents pour amuser ce polisson de sultan qui s’appelle le Public.
Seringue. La pine, avec laquelle l’homme donne à la femme un lavement de sperme—qui est le plus émollient de tous les lavements.
Seringuer. Administrer l’injection balsamique à un con bien portant,—avec la seringue que vous savez.
Jusqu’alors, je n’avais ressenti pareille jouissance. Il me seringua trois fois de suite de son nectar délicieux; le foutre s’en allait à gros bouillons de la tête de son gros vit, il me sautait jusqu’au cœur.
Serrer (Le). Faire le casse-noisette, retenir le membre viril comme dans un étau.
Sens-tu comme je te le serre?
Serrure. La nature de la femme—dont l’homme a la clef dans son pantalon.
Comment pensez-vous qu’on puisse garder une serrure, à qui toutes sortes de clefs sont propres?
Service (Faire le). Se remuer sous l’homme afin de le faire mieux jouir; ou bien jouer de la main avec son membre au lieu de jouer des reins avec lui.
Servir de sa main (Se). Se masturber, faute de maîtresse, ou par amour pour la veuve Poignet,—cette veuve que foutent tous les collégiens.
Serviteur. Amant, homme qui sert une femme à son gré,—à moins qu’elle ne soit aussi gourmande que Messaline.—S’est dit aussi d’un godemichet, qui est, en effet, meilleur serviteur de la femme que l’homme.
Sirène. Fille publique qui cherche à attirer l’homme en chantant,—pour le faire chanter à son tour.
Socratiser. Préférer les hommes—comme Socrate, le plus sage des hommes, dit-on, préférait Alcibiade, qui en était le plus beau.
Sodomie, Sodomiser. Enculer une femme—ou un homme.
Peut-être aurait-il trouvé plus à propos de passer pour cocu que pour sodomite.
Soixante-neuf (Faire). C’est faire tête-bêche (V. ce mot), les deux chiffres (69) le disant éloquemment.
Solenniser la Saint-Priape. Baiser, le dieu des jardins étant le dieu de l’amour.
Solution de continuité. La nature de la femme, où il y a en effet une sorte d’interruption de surface.
Sonner le bouton ou le tocsin. Branler une femme ou un homme,—la femme avec le doigt, l’homme avec la main.
Sonner son fils. Se branler.—L’expression, très juste comme image, a été trouvée par une dame, Mme Octave, actrice du Vaudeville.
On dit encore: Agacer le sous-préfet, Se balancer le Chinois, Crier Vive l’Empereur, Se donner une Saragosse, Se polir la colonne, Épouser la veuve Poignet, Se coller une douce.
Sottises (Faire des). Peloter une femme, quand on est homme; patiner un homme, quand on est femme; copuler.
Enfin, finalement, a’ vous été contents?—Oui.—Il n’a pas fait d’ sottises?—Si tu veux...
Soulager (Se). Dépenser son sperme en baisant une femme, ou en se masturbant,—ce qui allége d’autant les rognons.
Pauvre chat! Eh bien, tu vas te soulager, mon chéri, je te le promets.
Soupe et le bœuf (La) ou le bouilli. L’ordinaire conjugal:—les mêmes bonjours, les mêmes bonsoirs, les mêmes coups tirés par le même homme,—avec la même femme.
Parce qu’enfin, voyez-vous, du nectar et de l’ambroisie, c’est toujours la même chose que de l’ambroisie et du nectar. Junon, Flore, etc..., tout ça est bel et bon; mais c’est toujours la soupe et le bouilli; tandis qu’il y a là-bas, chez le papa Desnoyers, des brunettes, et de la piquette qui nous ravigoteront.
Sous le linge. A nu, sans chemise.
Je suis pourtant curieuse de voir comme elle est sous le linge.
Souteneur. Homme sans préjugés qui, en cas de quelque attaque, doit servir de défenseur aux putains. En retour, il exige d’elles une bonne partie de l’argent qu’elles gagnent à la sueur de leur con.—Le souteneur est le mari modèle. Il est cocu, c’est convenu d’avance avec sa femme. Mais il ne doit pas songer à la faire cornette. Il doit la monter régulièrement une ou deux fois par semaine; mais dans l’intervalle, il ne faut pas qu’il s’avise de penser même à une autre femme, encore moins d’en approcher. Malheureusement, chez les souteneurs, c’est comme chez les maris: il en est peu de vraiment honnêtes et sur qui une femme puisse compter sans réserve.
Soutenir le choc. Se dit en parlant d’une femme que l’on baise, et à qui l’énergie de l’assaut ne fait pas peur.
Il faudrait surtout avoir soutenu durant toute la nuit un entretien très vif avec une nonne charmante.
Sperme. Graine d’enfants que l’on sème (σπειρω) dans le ventre de la femme,—terre souvent féconde, et souvent bréhaigne aussi, selon la qualité de la semence, ou la vertu du semoir.
Nul rafraîchissement ne la lui peut ôter si bien qu’un bain chaud et trouble de sperme vénérique.
Succube. Homme qui consent à servir de femme à un autre homme, et qui fait le dessous pendant qu’il fait le dessus.
Succubes. On appelle ainsi les patientes dans les combats amoureux de femmes à femmes. Confession de Mademoiselle Sapho, suite du Cadran des plaisirs de la Cour, p. 257.
Sucer. Passer la langue sur le membre viril pour l’amener à érection, et le faire décharger.
Sucer le clitoris. Gamahucher.
Sucer un homme. Lui passer habilement et doucement la langue le long du membre, autour et dessus, jusqu’à éjaculation complète.
Suceuse. Femme qui fait profession de donner aux hommes du plaisir sans peur. C’est la fellatrice des anciens.—La suceuse rend à l’homme le service que le gamahucheur rend à la femme, et dans les deux cas, c’est la langue qui fout.—Il y a à Paris, dans le faubourg Montmartre, une maîtresse suceuse, appelée la Pompe funèbre,—de l’ameublement d’ébène et de soie noire de son appartement.
Suçon. Empreinte que laissent les lèvres d’un amant sur le cou, les joues ou la bouche de sa maîtresse, de façon à l’empêcher, pendant quelques jours, de se montrer aux regards malins du public, qui connaît parfaitement ce petit timbre bien accusateur.
Sucre (pour suc, probablement). Le sperme de l’homme, dont les femmes sont si friandes et dont elles ont souvent plein la bouche.
Comment, vous appelez donc cela du sucre, mademoiselle?
Sucre d’orge (Le). Le membre viril—que les filles d’Eve, toujours portées sur leur bouche, aiment tant à sucer.
Suffire à soi-même (Se). Faire de la prestidigitation à son profit—et en l’honneur d’Onan.
Superlatives délices (Les). Le moment où l’homme et la femme, mêlant leurs ondes spermatiques, se pâment sous l’excès de jouissance qui en résulte.
Tabernacle. La nature de la femme, où l’on serre précieusement le dieu—des jardins.
Elle est belle, ma Joséphine! elle a un chouette maître-autel!... un rude tabernacle!...
Tablier de sapeur. Motte bien garnie de poils, noirs, blonds ou rouges, longs ou frisés... On dit aussi: Barbe au con.
Clara, elle, avait une gorge superbe, des fesses splendides, et un adorable petit con, protégé par un formidable tablier de sapeur.
Tablier lève (Son). Se dit d’une fille qui s’est laissé faire un enfant et qui ne peut plus dissimuler sa grossesse.
Tacher une femme. Répandre à son intention—et quelquefois à son profit—un peu de liqueur séminale, en se branlant devant elle ou en la baisant en robe.
Tambouriner. Jouir d’une femme, en frappant son ventre à coups de cette baguette qu’on appelle le membre viril.
Tante. Homme qui sert de femme aux pédérastes actifs.
Enfants, on les appelle mômes ou gosselins; adolescents, ce sont des cousines; plus âgés, ce sont des tantes.
Taper dans le tas. Étant donné que:—le théâtre représente un atelier de brocheuses, de modistes ou de couturières. En vrai bandeur, vous faites votre choix; mais ne voulant pas faire four, vous tapez d’abord la plus facile, qui a bientôt une confidente que vous tapez aussi. La deuxième excite la curiosité d’une troisième, d’une quatrième, et... vous arrivez à réaliser le proverbe:
Qui en a vu une, les connaît toutes.
Taper dans l’œil. Commencer à plaire à quelqu’un—ou à quelqu’une;—séduire par la grâce, l’esprit, la parole ou le geste.
Taquiner le bouton, soit de la gorge, soit du clitoris. Promener habilement l’index sur l’extrémité du sein ou du clitoris d’une femme afin de la faire bander et jouir.
Taquiner le hanneton. Branlailler un homme, dont le membre ne sait pas trop ce qu’il veut, à ce point qu’il donnerait de la tête aussi bien dans un con que dans un cul.
Témoins à décharge. Les deux roustons, qui, lorsque le vit est en cause, ont de quoi le faire décharger.
... L’abbé... avoit en ses jeunes ans perdu ses deux témoins instrumentaires... en descendant d’un bellocier: c’est un prunier sauvage...
Les dames rirent assez de Castor, qui était resté sans témoins.
Tempérament. Ardeur amoureuse.
Né avec un tempérament de feu, je connus à peine ce que c’était qu’une belle femme que je l’aimai.
Temple de Cypris. La nature de la femme, où nous faisons tous nos dévotions à genoux, de la langue et de la queue.
Tendre sa rosette. Se laisser enculer par un homme.
Tenir la chandelle. Avoir des complaisances honteuses pour un commerce de galanterie; se faire maquereau.
Tu m’as pris pour un imbécile... Comment! moi j’irais tenir la chandelle!
Tenir une maison. Avoir un bordel, qu’on autorise seulement les femmes à tenir, à leurs risques et périls: seul commerce qui aille bien!
Tu connais pas Morin, qu’est de la police?... qui vit à Rouen, rue Ricardière, cont’ la rue aux Ours, avec eune femme qui tient eune maison?
Testicules. Les témoins du duel amoureux. Voir Témoins à décharge.
Tétasse. Mot grossier signifiant une mamelle pendante.
Tête-à-tête. Conversation à deux, qui a lieu n’importe où, dans une chambre, dans un fiacre, sur l’herbe, sur une chaise,—et la plus éloquente, puisqu’on n’y parle pas, ou qu’on y parle peu, et qu’en revanche on y agit beaucoup.
J’eus pourtant malgré tout cela quelque tête-à-tête impromptu avec Sa Grandeur. Il est si doux d’escamoter de temps en temps quelque chose d’une rivale qui en fait autant.
Tête-bêche (Faire). Se placer de façon que la tête de l’homme soit entre les cuisses de la femme, à la hauteur de son con, qu’il gamahuche, et que la tête de la femme soit entre les cuisses de l’homme, à la hauteur de sa pine, qu’elle suce.
Tétonnière. Femme amplement pourvue de mamelles.
Dans le cabaret où ils soupaient servait une grosse tétonnière d’Andalousie.
Tétons. La gorge d’une femme.
Donne-moi tes tétons.
Théâtre de la nature. Le con, où le vit a ses entrées comme acteur ou protecteur, en payant soit de son argent, soit de sa bonne mine.
«Ce théâtre a pour avant-scènes deux colonnes de marbre blanc; il ne possède qu’un seul décor, lequel représente un buisson avec une fontaine au milieu.
Le trou du souffleur est par derrière, ainsi que l’orchestre, composé d’un seul musicien qui exécute avec son instrument à vent une ouverture sur les motifs de: sentir avec ardeur.
Quand l’acteur principal entre en scène, il a toujours l’aspect dur et imposant; il a avec lui deux confidents, deux amis inséparables qui l’attendent dans la coulisse. Quand l’acteur quitte la scène, il est triste et abattu... il pleure.
La directrice est libre de donner plusieurs représentations de suite, et, pour peu que l’acteur principal la trouve aimable, et à son gré, plein de verve et d’éloquence, il rentre en scène avec un nouveau transport,—à moins de raisons majeures.
—Tous les mois, le théâtre fait relâche. Il l’annonce par une affiche rouge sur laquelle on applique une bande blanche. Pendant ce temps, l’acteur est libre de donner des représentations en ville, mais, gare à lui!... Souvent il se fatigue, revient malade... Alors, la directrice se plaint et l’administration coule!!!
Nota: La directrice accorde quelquefois des entrées de faveur.»
Tire-bouchon américain. C’est la tocade de toutes les grisettes. Elles font asseoir l’homme sur une chaise, mettent son bouchon au vent; puis, s’asseyant à cheval sur lui et s’appuyant sur le dos de la chaise, elles se font entrer le dit bouchon dans le con tant qu’elles peuvent, le tirent, se renfoncent dessus, jouissent comme des carpes pâmées, et s’en donnent ainsi jusqu’à ce qu’elles soient tout à fait échinées.
Quoique Cornélie soit partie, le plaisir n’est pas parti avec elle; monte chez moi, je serai bien aimable, et je te ferai le tire-bouchon américain.
Tirelire (Briser sa). Perdre son pucelage,—ce trésor que les mères veulent forcer les filles à garder pendant seize ou dix-huit ans.
Tirer. Baiser une femme.
Tirliberly. Mot forgé pour désigner le membre viril.
Tiv. Anagramme de vit.
Toison. Les poils qui garnissent l’entrée du con.
Tomber sur le dos. Se faire baiser.
Tiens! v’là Victoire qui roule sa bosse.
—Pauvre fille! si gentille, si sage... car enfin elle ne sort jamais.
—Parbleu! elle sera tombée dans l’escalier; c’est là qu’elle aura attrapé ça.
Ce sont filets et piéges pour donner le saut et faire tomber à la renverse les femmes et les filles.
Tordion. Vieux mot signifiant remuement, employé pour exprimer les mouvements lascifs faits dans l’acte vénérien.
Il semble à ce pauvre homme qu’elle avait appris ces tordions d’un autre maître que lui.
Elle ne se put en garder de faire un petit mobile tordion de remuement non accoutumé de faire aux nouvelles mariées.
Elle a pour le moins trente-cinq ans sur la tête, ce qui me fait croire qu’elle a oublié tous ces petits tordions et gaillards remuements, qui chatouillent la jeunesse.
Tortiller du cul, ou des fesses. Se trémousser sous l’homme.—Hésiter, faire des manières.—On dit aussi: tortiller de la crinoline, c’est-à-dire: se déhancher, soit en dansant, soit en marchant pour allumer les galants.
Toucher. Faire l’acte vénérien.
La belle fille qui voulait être touchée au bas du ventre.
Où le mari, parce qu’il la touchait quelquefois, pensait avoir part.
Mais il ne lui touchait que quand la fantaisie lui en prenait.
Elle lui dit que s’il la touche, elle criera.