Sentimentage. Amour plus platonique que physique, qui exclut l’infidélité et le plaisir au profit de je ne sais quel idéal ridicule—bon pour les romans et pour les pensionnats de demoiselles.

Mais s’il allait souhaiter quelque préférence exclusive, se croire offensé de mes inévitables infidélités, perdre de vue que je suis aphrodite, et vouloir m’assujettir à son sentimentage?

A. de Nerciat.

Sentir (Le). Sentir le membre de l’homme entrer profondément dans le vagin de la femme et y remuer.

—J’y suis.
Le sens-tu, Philis?
—Oui, Lycas, poursuis;
Tu te raidis
Contre l’obstacle.
Collé.

Sérail. Bordel, où l’on élève à la brochette une foule de beautés de poils différents pour amuser ce polisson de sultan qui s’appelle le Public.

Seringue. La pine, avec laquelle l’homme donne à la femme un lavement de sperme—qui est le plus émollient de tous les lavements.

Il tire de sa pochette
Sa seringue et deux pruneaux.
Gautier-Garguille.

Seringuer. Administrer l’injection balsamique à un con bien portant,—avec la seringue que vous savez.

Jusqu’alors, je n’avais ressenti pareille jouissance. Il me seringua trois fois de suite de son nectar délicieux; le foutre s’en allait à gros bouillons de la tête de son gros vit, il me sautait jusqu’au cœur.

(Anaïs, ou Dix ans de la vie, etc.)

Serrer (Le). Faire le casse-noisette, retenir le membre viril comme dans un étau.

Sens-tu comme je te le serre?

H. Monnier.

Serrure. La nature de la femme—dont l’homme a la clef dans son pantalon.

Quand on fouille à votre serrure
Avec la clef de la nature.
Le Sr de Sygognes.

Comment pensez-vous qu’on puisse garder une serrure, à qui toutes sortes de clefs sont propres?

D’Ouville.

Service (Faire le). Se remuer sous l’homme afin de le faire mieux jouir; ou bien jouer de la main avec son membre au lieu de jouer des reins avec lui.

Quand t’auras fini ton service,
T’auras cent sous.
Lemercier de Neuville.

Servir de sa main (Se). Se masturber, faute de maîtresse, ou par amour pour la veuve Poignet,—cette veuve que foutent tous les collégiens.

La volupté me pénètre soudain.
Mon trépignoir trépignait dans sa cage:
Pour l’apaiser, je n’avais que ma main.
Je m’en servis pour écumer sa bile.
Anonyme.

Serviteur. Amant, homme qui sert une femme à son gré,—à moins qu’elle ne soit aussi gourmande que Messaline.—S’est dit aussi d’un godemichet, qui est, en effet, meilleur serviteur de la femme que l’homme.

Que l’innocent fabrique,
Au lieu de son méchant flûteur,
Un serviteur
D’un beau moule, et bien élastique.
Collé.

Sirène. Fille publique qui cherche à attirer l’homme en chantant,—pour le faire chanter à son tour.

Sirop de navet. Le sperme, par allusion à la forme du navet et à sa couleur.

Sans donner l’ temps qu’ell’ réfléchisse,
J’ lui r’passe, afin qu’a s’ rafraîchisse,
D’ la liqueur du nœud conjugal
Et l’ sirop d’ navet pectoral.
(Chanson anonyme moderne.)

Socratiser. Préférer les hommes—comme Socrate, le plus sage des hommes, dit-on, préférait Alcibiade, qui en était le plus beau.

Sodomie, Sodomiser. Enculer une femme—ou un homme.

Sodomise deux coups et deux fois déchargeant,
Il retire du cul deux fois son vit bandant.
Piron.
Quoi, disent-elles, si les flammes
Sodomites brûlent les âmes,
On ne le fera plus qu’aux garçons.
Collé.

Peut-être aurait-il trouvé plus à propos de passer pour cocu que pour sodomite.

Tallemant des Réaux.
Il la quitte alors pour l’engin
D’un franciscain que sodomise
Un prélat...
B. de Maurice.
Tout Africain est sodomite,
Ainsi l’exige le climat:
On comprend ça.
Alex. Pothey.

Soixante-neuf (Faire). C’est faire tête-bêche (V. ce mot), les deux chiffres (69) le disant éloquemment.

Que fait Bacchus quand, accablé d’ivresse,
Son vit mollit et sur le con s’endort?
Soixante-neuf... et son vit se redresse,
Soixante-neuf ferait bander un mort!
(Parnasse satyrique.)

Solenniser la Saint-Priape. Baiser, le dieu des jardins étant le dieu de l’amour.

Or, un jour que Sa Sainteté
Solennisait la Saint-Priape
Sur l’autel de la volupté...
B. de Maurice.

Solution de continuité. La nature de la femme, où il y a en effet une sorte d’interruption de surface.

Bref aussitôt qu’il aperçut l’énorme
Solution de continuité,
Il demeura si fort épouvanté,
Qu’il prit la fuite.
La Fontaine.

Sonner le bouton ou le tocsin. Branler une femme ou un homme,—la femme avec le doigt, l’homme avec la main.

Le cochon sonnait le tocsin
Sur le bouton de son vagin
Avec son médium sans corne.
A. Watripon.
Tout aussitôt sur son lit il la couche,
Sonne au bouton!
La reine alors, déchargeant dans sa bouche,
Dit que c’est bon!
(La Gastibelzade.)

Sonner son fils. Se branler.—L’expression, très juste comme image, a été trouvée par une dame, Mme Octave, actrice du Vaudeville.

On dit encore: Agacer le sous-préfet, Se balancer le Chinois, Crier Vive l’Empereur, Se donner une Saragosse, Se polir la colonne, Épouser la veuve Poignet, Se coller une douce.

Sottises (Faire des). Peloter une femme, quand on est homme; patiner un homme, quand on est femme; copuler.

Enfin, finalement, a’ vous été contents?—Oui.—Il n’a pas fait d’ sottises?—Si tu veux...

H. Monnier.

Soulager (Se). Dépenser son sperme en baisant une femme, ou en se masturbant,—ce qui allége d’autant les rognons.

Pauvre chat! Eh bien, tu vas te soulager, mon chéri, je te le promets.

Lemercier de Neuville.

Soupe et le bœuf (La) ou le bouilli. L’ordinaire conjugal:—les mêmes bonjours, les mêmes bonsoirs, les mêmes coups tirés par le même homme,—avec la même femme.

Parce qu’enfin, voyez-vous, du nectar et de l’ambroisie, c’est toujours la même chose que de l’ambroisie et du nectar. Junon, Flore, etc..., tout ça est bel et bon; mais c’est toujours la soupe et le bouilli; tandis qu’il y a là-bas, chez le papa Desnoyers, des brunettes, et de la piquette qui nous ravigoteront.

Émile Debraux.

Sous le linge. A nu, sans chemise.

Je suis pourtant curieuse de voir comme elle est sous le linge.

La Popelinière.

Souteneur. Homme sans préjugés qui, en cas de quelque attaque, doit servir de défenseur aux putains. En retour, il exige d’elles une bonne partie de l’argent qu’elles gagnent à la sueur de leur con.—Le souteneur est le mari modèle. Il est cocu, c’est convenu d’avance avec sa femme. Mais il ne doit pas songer à la faire cornette. Il doit la monter régulièrement une ou deux fois par semaine; mais dans l’intervalle, il ne faut pas qu’il s’avise de penser même à une autre femme, encore moins d’en approcher. Malheureusement, chez les souteneurs, c’est comme chez les maris: il en est peu de vraiment honnêtes et sur qui une femme puisse compter sans réserve.

J’ suis le roi des souteneurs!
Je connais la savate!
Au billard, faut m’ voir, j’épate
Les vrais amateurs.
Lemercier de Neuville.

Soutenir le choc. Se dit en parlant d’une femme que l’on baise, et à qui l’énergie de l’assaut ne fait pas peur.

Il faudrait surtout avoir soutenu durant toute la nuit un entretien très vif avec une nonne charmante.

Louvet.

Sperme. Graine d’enfants que l’on sème (σπειρω) dans le ventre de la femme,—terre souvent féconde, et souvent bréhaigne aussi, selon la qualité de la semence, ou la vertu du semoir.

Nul rafraîchissement ne la lui peut ôter si bien qu’un bain chaud et trouble de sperme vénérique.

Brantôme.
Le sperme n’est pas l’or potable
Qui vous nourrit au lieu de pain;
Durant que votre con tient table
Votre ventre crie à la faim.
Théophile.
La bonne Alix, curieuse, s’avance,
Voyant jaillir ce sperme merveilleux.
Piron.
Et lorsque du plaisir est arrivé le terme,
Dans ma bouche je sais encor garder le sperme.
L. Protat.

Succube. Homme qui consent à servir de femme à un autre homme, et qui fait le dessous pendant qu’il fait le dessus.

Succubes. On appelle ainsi les patientes dans les combats amoureux de femmes à femmes. Confession de Mademoiselle Sapho, suite du Cadran des plaisirs de la Cour, p. 257.

Quand il consommait son Kabyle,
On entendait sous le gourbi
Au milieu de la nuit tranquille,
Le succube pousser ce cri...
Al. Pothey.

Sucer. Passer la langue sur le membre viril pour l’amener à érection, et le faire décharger.

Que les chiens sont heureux!
Ils se sucent la pine,
Ils s’enculent entre eux!
Th. Gautier.
Je voudrais être chien
Car du soir au matin
Je pourrais me sucer la pine.
Dumoulin.
Cependant, en suçant, il est bon que la main
Joue autour des roustons un air de clavecin.
L. Protat.

Sucer le clitoris. Gamahucher.

Il te faut, à tout prix,
Sucer des clitoris,
Et si l’antiquité
Ne l’eût pas fait, tu l’aurais inventé.
J. Duflot.

Sucer un homme. Lui passer habilement et doucement la langue le long du membre, autour et dessus, jusqu’à éjaculation complète.

Pourtant il leur manque, en somme
(Ce qui vaut bien un écu),
De savoir sucer un homme.
De la Fizelière.

Suceuse. Femme qui fait profession de donner aux hommes du plaisir sans peur. C’est la fellatrice des anciens.—La suceuse rend à l’homme le service que le gamahucheur rend à la femme, et dans les deux cas, c’est la langue qui fout.—Il y a à Paris, dans le faubourg Montmartre, une maîtresse suceuse, appelée la Pompe funèbre,—de l’ameublement d’ébène et de soie noire de son appartement.

Suçon. Empreinte que laissent les lèvres d’un amant sur le cou, les joues ou la bouche de sa maîtresse, de façon à l’empêcher, pendant quelques jours, de se montrer aux regards malins du public, qui connaît parfaitement ce petit timbre bien accusateur.

Sucre (pour suc, probablement). Le sperme de l’homme, dont les femmes sont si friandes et dont elles ont souvent plein la bouche.

Trouvant mon linceul tout souillé,
Et mon pauvre vit barbouillé
De sucre plus blanc que l’albâtre.
(Cabinet satyrique.)

Comment, vous appelez donc cela du sucre, mademoiselle?

D’Ouville.

Sucre d’orge (Le). Le membre viril—que les filles d’Eve, toujours portées sur leur bouche, aiment tant à sucer.

George, George,
Donne-moi de ton sucre d’orge.
(Ancienne chanson.)

Suffire à soi-même (Se). Faire de la prestidigitation à son profit—et en l’honneur d’Onan.

J’étais dans l’âge où la nature
Eveille nos sens au plaisir...
Quand à propos un abbé pâle et blême,
Trois fois par jour répétant la leçon,
M’apprit l’ moyen de m’ suffire à moi-même:
J’ai, mes amis, toujours été cochon.
(Parnasse satyrique.)

Superlatives délices (Les). Le moment où l’homme et la femme, mêlant leurs ondes spermatiques, se pâment sous l’excès de jouissance qui en résulte.

Plaisirs inconnus des dieux,
Superlatives délices!...
Béranger.
T

Tabernacle. La nature de la femme, où l’on serre précieusement le dieu—des jardins.

Elle est belle, ma Joséphine! elle a un chouette maître-autel!... un rude tabernacle!...

Tisserand.

Tablier de sapeur. Motte bien garnie de poils, noirs, blonds ou rouges, longs ou frisés... On dit aussi: Barbe au con.

Clara, elle, avait une gorge superbe, des fesses splendides, et un adorable petit con, protégé par un formidable tablier de sapeur.

J. le Vallois.

Tablier lève (Son). Se dit d’une fille qui s’est laissé faire un enfant et qui ne peut plus dissimuler sa grossesse.

Tacher une femme. Répandre à son intention—et quelquefois à son profit—un peu de liqueur séminale, en se branlant devant elle ou en la baisant en robe.

Mais v’là que j’ vous tache, mam’zelle,
C’est la faute de vot’ bretelle:
Plus qu’ mon amour elle tenait.
Béranger.

Tambouriner. Jouir d’une femme, en frappant son ventre à coups de cette baguette qu’on appelle le membre viril.

Ma foi, s’il se perd sous ma jupe,
Nous le ferons tambouriner.
(Chanson anonyme moderne.)

Tante. Homme qui sert de femme aux pédérastes actifs.

Enfants, on les appelle mômes ou gosselins; adolescents, ce sont des cousines; plus âgés, ce sont des tantes.

Moreau Christophe.

Taper dans le tas. Étant donné que:—le théâtre représente un atelier de brocheuses, de modistes ou de couturières. En vrai bandeur, vous faites votre choix; mais ne voulant pas faire four, vous tapez d’abord la plus facile, qui a bientôt une confidente que vous tapez aussi. La deuxième excite la curiosité d’une troisième, d’une quatrième, et... vous arrivez à réaliser le proverbe:

Qui en a vu une, les connaît toutes.

Taper dans l’œil. Commencer à plaire à quelqu’un—ou à quelqu’une;—séduire par la grâce, l’esprit, la parole ou le geste.

Ma petite poulette,
Dans la rue Montorgueil,
Ton p’tit nez en trompette,
Il m’a tapé dans l’œil.
Laïtou, etc.
Al. Dalès.

Taquiner le bouton, soit de la gorge, soit du clitoris. Promener habilement l’index sur l’extrémité du sein ou du clitoris d’une femme afin de la faire bander et jouir.

La gauche, autour du cou bien doucement passée,
Taquine le bouton de la gorge agacée.
L. Protat.

Taquiner le hanneton. Branlailler un homme, dont le membre ne sait pas trop ce qu’il veut, à ce point qu’il donnerait de la tête aussi bien dans un con que dans un cul.

... Le Suédois, dit-on,
Aime qu’on lui taquine un peu le hanneton.
L. Protat.

Témoins à décharge. Les deux roustons, qui, lorsque le vit est en cause, ont de quoi le faire décharger.

Suivant les témoins à décharge,
Le vol doit être récusé.
—Les imposteurs! répond Glycère,
N’écoutez pas leurs faux rapports,
Ils n’ont rien vu, c’est bien sincère,
Car tous les deux étaient dehors.
Vaubertrand.

... L’abbé... avoit en ses jeunes ans perdu ses deux témoins instrumentaires... en descendant d’un bellocier: c’est un prunier sauvage...

(Contes d’Eutrapel.)

Les dames rirent assez de Castor, qui était resté sans témoins.

P. de Larivey.

Tempérament. Ardeur amoureuse.

Qui sait, hélas! si ton tempérament
Ne trahit pas ton malheureux amant.
Voltaire.

Né avec un tempérament de feu, je connus à peine ce que c’était qu’une belle femme que je l’aimai.

Diderot.
Pinc’-moi plutôt un d’ ces grands drôles
Qui crèvent de tempérament,
Larges des reins et des épaules:
C’est du nanan.
E. Debraux.

Temple de Cypris. La nature de la femme, où nous faisons tous nos dévotions à genoux, de la langue et de la queue.

Lors il n’y a tétons ni fesse rebondie,
Cuisse, ventre, nombril, ni temple cyprien,
Que je ne baise, ou tâte, ou retâte, ou manie.

Tendre sa rosette. Se laisser enculer par un homme.

Tenir la chandelle. Avoir des complaisances honteuses pour un commerce de galanterie; se faire maquereau.

Quand vous venez, à Fabrice dit-elle,
Me faire tenir la chandelle
Pour vos plaisirs jusque dans ma maison.
La Fontaine.
A son destin j’abandonne la belle,
Et me voilà; des esprits comme nous
Ne sont pas faits pour tenir la chandelle.
Parny.

Tu m’as pris pour un imbécile... Comment! moi j’irais tenir la chandelle!

Jaime fils.

Tenir une maison. Avoir un bordel, qu’on autorise seulement les femmes à tenir, à leurs risques et périls: seul commerce qui aille bien!

Tu connais pas Morin, qu’est de la police?... qui vit à Rouen, rue Ricardière, cont’ la rue aux Ours, avec eune femme qui tient eune maison?

H. Monnier.

Testicules. Les témoins du duel amoureux. Voir Témoins à décharge.

Tétasse. Mot grossier signifiant une mamelle pendante.

Les tétons deviennent tétasses.
G. Coquillart.
Cette mère des gueux, cette vieille carcasse
D’un linge sale et noir resserre sa tétasse.
Théophile.

Tête-à-tête. Conversation à deux, qui a lieu n’importe où, dans une chambre, dans un fiacre, sur l’herbe, sur une chaise,—et la plus éloquente, puisqu’on n’y parle pas, ou qu’on y parle peu, et qu’en revanche on y agit beaucoup.

J’eus pourtant malgré tout cela quelque tête-à-tête impromptu avec Sa Grandeur. Il est si doux d’escamoter de temps en temps quelque chose d’une rivale qui en fait autant.

Tête-bêche (Faire). Se placer de façon que la tête de l’homme soit entre les cuisses de la femme, à la hauteur de son con, qu’il gamahuche, et que la tête de la femme soit entre les cuisses de l’homme, à la hauteur de sa pine, qu’elle suce.

Mais quand parfois il trouve une motte bien fraîche,
Ce qu’il aime avant tout, c’est faire tête-bêche.
L. Protat.

Tétonnière. Femme amplement pourvue de mamelles.

Dans le cabaret où ils soupaient servait une grosse tétonnière d’Andalousie.

Pigault-Lebrun.

Tétons. La gorge d’une femme.

Sur un col blanc, qui fait honte à l’albâtre,
Sont deux tétons, séparés, faits au tour,
Allant, venant, arrondis par l’amour.
Voltaire.

Donne-moi tes tétons.

La Popelinière.
Comme le gland d’un vieux qui baise
Flotte son téton ravagé.
(Parnasse satyrique.)
Si son cœur est de roche.
Ses tétons n’en sont pas.
J. Duflot.

Théâtre de la nature. Le con, où le vit a ses entrées comme acteur ou protecteur, en payant soit de son argent, soit de sa bonne mine.

«Ce théâtre a pour avant-scènes deux colonnes de marbre blanc; il ne possède qu’un seul décor, lequel représente un buisson avec une fontaine au milieu.

Le trou du souffleur est par derrière, ainsi que l’orchestre, composé d’un seul musicien qui exécute avec son instrument à vent une ouverture sur les motifs de: sentir avec ardeur.

Quand l’acteur principal entre en scène, il a toujours l’aspect dur et imposant; il a avec lui deux confidents, deux amis inséparables qui l’attendent dans la coulisse. Quand l’acteur quitte la scène, il est triste et abattu... il pleure.

La directrice est libre de donner plusieurs représentations de suite, et, pour peu que l’acteur principal la trouve aimable, et à son gré, plein de verve et d’éloquence, il rentre en scène avec un nouveau transport,—à moins de raisons majeures.

—Tous les mois, le théâtre fait relâche. Il l’annonce par une affiche rouge sur laquelle on applique une bande blanche. Pendant ce temps, l’acteur est libre de donner des représentations en ville, mais, gare à lui!... Souvent il se fatigue, revient malade... Alors, la directrice se plaint et l’administration coule!!!

Nota: La directrice accorde quelquefois des entrées de faveur.»

Tire-bouchon américain. C’est la tocade de toutes les grisettes. Elles font asseoir l’homme sur une chaise, mettent son bouchon au vent; puis, s’asseyant à cheval sur lui et s’appuyant sur le dos de la chaise, elles se font entrer le dit bouchon dans le con tant qu’elles peuvent, le tirent, se renfoncent dessus, jouissent comme des carpes pâmées, et s’en donnent ainsi jusqu’à ce qu’elles soient tout à fait échinées.

Quoique Cornélie soit partie, le plaisir n’est pas parti avec elle; monte chez moi, je serai bien aimable, et je te ferai le tire-bouchon américain.

(Fantaisiste, I, 179.)

Tirelire (Briser sa). Perdre son pucelage,—ce trésor que les mères veulent forcer les filles à garder pendant seize ou dix-huit ans.

Maman, apprenez qu’un voleur
M’a pris la pièce qu’on admire;
Mais ce qui me met en fureur,
C’est qu’en brisant ma tirelire,
Tout haut chantait le sacripant,
Zi, zi, pan, pan!
L. Festeau.

Tirer. Baiser une femme.

Et dans un bois, je savais la tirer.
E. Debraux.
Aimes tu mieux en gamine
Tirer l’ coup du macaron?
Saunière.
Montrez à ma mère
Tout votre savoir,
Elle va vous faire
Tirer dans le noir.
(Les Archers de l’amour.)
A ce prix-là, dans toute la boutique
De faire un choix j’eus la permission
Et je montai pour tirer une chique...
(Chanson anonyme moderne.)
Je vais tirer mon coup, ma crampe, ou bien ma chique,
Dit un futur Gerbier...
L. Protat.
Réclamant aux vieillards libidineux ses gants,
Et tirant tous les jours des coups extravagants.
A. Glatigny.
J’ vois que vous y prenez goût.
Mais je n’ tir’ jamais qu’un coup.
F. de Calonne.

Tirliberly. Mot forgé pour désigner le membre viril.

Et retroussé jusqu’au tirliberly,
En laisse voir un tout des plus superbes.
Grécourt.

Tiv. Anagramme de vit.

Polidor, amoureux d’une beauté sauvage,
Prit en sa main son tiv rouge comme un tison,
Et dit: Faut-il, hélas! que je meure en servage,
Ayant dedans ma main la clef de ma prison!
Gombauld.

Toison. Les poils qui garnissent l’entrée du con.

Pour garder certaine toison,
On a beau faire sentinelle,
C’est temps perdu lorsqu’une belle
Y sent grande démangeaison.
La Fontaine.
Au soleil tirant sans vergogne
Le drap de la blonde qui dort,
Comme Philippe de Bourgogne
Vous trouveriez la toison d’or.
Th. Gautier.
Va sur Acomat au poil raide,
Sur Fatime, à la toison d’or.
B. de Maurice.

Tomber sur le dos. Se faire baiser.

Tiens! v’là Victoire qui roule sa bosse.

—Pauvre fille! si gentille, si sage... car enfin elle ne sort jamais.

—Parbleu! elle sera tombée dans l’escalier; c’est là qu’elle aura attrapé ça.

(Souvenirs de carnaval.)
Mais aussi qui ne tombe pas
Au premier mot qu’on lui dise.
Bussy-Rabutin.

Ce sont filets et piéges pour donner le saut et faire tomber à la renverse les femmes et les filles.

Noel du Fail.

Tordion. Vieux mot signifiant remuement, employé pour exprimer les mouvements lascifs faits dans l’acte vénérien.

Et inventa la bonne dame
Mille tordions advenants,
Pour culeter à tous venants.
Cl. Marot.

Il semble à ce pauvre homme qu’elle avait appris ces tordions d’un autre maître que lui.

B. Desperriers.

Elle ne se put en garder de faire un petit mobile tordion de remuement non accoutumé de faire aux nouvelles mariées.

Brantôme.

Elle a pour le moins trente-cinq ans sur la tête, ce qui me fait croire qu’elle a oublié tous ces petits tordions et gaillards remuements, qui chatouillent la jeunesse.

P. de Larivey.

Tortiller du cul, ou des fesses. Se trémousser sous l’homme.—Hésiter, faire des manières.—On dit aussi: tortiller de la crinoline, c’est-à-dire: se déhancher, soit en dansant, soit en marchant pour allumer les galants.

Quand on va boire à l’Ecu
N’ faut pas tant tortiller du cu.
Vadé.
Quand tout sommeille aux alentours,
Hortense, se tortillant d’aise,
Dit qu’elle veut que je la baise
Toujours, toujours.
A. Privat d’Anglemont.
Au miché je sais battre un ban;
Je sais tortiller de l’échine.
(Chanson anonyme moderne.)

Toucher. Faire l’acte vénérien.

La belle fille qui voulait être touchée au bas du ventre.

(Moyen de parvenir.)
Ecoute, mon mignon, contemple
Du bon Joseph les saints exemples,
Qui ne toucha sa sainte dame.
Jodelle.
Mais si un amoureux la touche,
Elle repartira du cu,
Encore mieux que de la bouche.
(Cabinet satyrique.)

Où le mari, parce qu’il la touchait quelquefois, pensait avoir part.

Brantôme.
N’ayant touché que vous, je n’en puis rien savoir.
J. de Schélandre.

Mais il ne lui touchait que quand la fantaisie lui en prenait.

Tallemant des Réaux.
Il ne lui touche point, vit dedans l’abstinence.
La Fontaine.
Phébus, au même état où je me suis couchée,
Me trouve le matin sans que l’on m’ait touchée
(Épigrammes.)

Elle lui dit que s’il la touche, elle criera.

Ch. Sorel.
Femme gentille et sage
Est un trésor; mais il n’y touche point.
Parny.