Il y a, cependant, des individus qui sont «beaux et bien alignés, grands et fournis». Se comportent-ils comme les arbres, qui produisent de bons fruits? Qu’est-ce qu’ils produisent? Des myrrhes, des aromates, des encens, des baumes, des gommes, des onguents: girofle, garingal, gingembre, zédoaire, cannelle, cumin, poivre? Pas du tout.
Il n’y a pas là de quoi se vanter. Encore moins de ce que deviennent les meilleurs mets quand ils ont passé par le canal digestif. Guillaume s’appesantit ici sur l’ignominie des diverses sécrétions de la machine humaine pour aboutir à cette conclusion: tant de puanteur est-elle donc compatible avec tant d’orgueil?
Le temps passe, et c’est la vieillesse avec son cortège abominable d’infirmités:
En résumé, tout est vanité, et cela seul mérite qu’on y travaille de s’assurer la grâce de Dieu.
Ses invectives contre l’orgueil conduisent ensuite l’auteur à rappeler la parabole du Semeur. C’est Dieu qui a semé le froment et le Maufez (le diable) l’ivraie dans le vaste champ de ce monde. Quand Dieu sema l’humilité, l’autre sema l’orgueil et la félonie. Quand Dieu sema la chasteté, l’autre sema la «lecherie» (la débauche) et la luxure. Quand Dieu sema l’amour, l’autre sema l’ire, la rancœur, la haine, l’envie durable. Et ainsi de suite.
Les semences du diable ont crû et multiplié au point que le froment de Dieu est étouffé et «versé» sous cette moisson parasitaire.
Le mal aurait déjà conquis la terre entière, n’était «le Chastel as puceles» (Patience, Humilité), qui, depuis le commencement du monde, tient en échec la forteresse d’Orgueil.—Aumône est la portière du «Chastel as puceles»; Largesse y fait fonction de sénéchal; Honneur, Joie, Courtoisie et Sobriété servent aux tables. Paix et Foi, qui gardent le château, font corner et guetter aux créneaux. C’est Chasteté qui fait les lits...—Dans la cité d’Orgueil, au contraire, la portière est Félonie. Escharseté[304] est cuisinière. Gloutonnerie a la cave en charge. C’est Fausseté qui tient les plaids... Etc.—L’Orgueil est répandu partout. Mais il prétend notamment à la seigneurie de France. Guillaume ne manque pas de rappeler, à ce propos, le lieu commun célèbre que ce père de tous les vices a marié trois de ses filles en Angleterre: Envie, Luxure et Ivresse[305].
Après ce développement symbolique, nouveau départ:
Mais l’auteur est un peu essouflé. Il s’arrête, cette fois, à considérer les cérémonies du baptême: «les enseignes» que le prêtre «baille» à l’enfant «relevé des fonts».
Il invoque ensuite le secours du Ciel en faveur de la nef de saint Pierre, c’est-à-dire de l’Église, insubmersible sans doute, mais présentement ballottée par la tempête. Seigneurs, obéissons au pape, qui nous conduit vers le salut:
Malheureusement l’équipage de ladite nef n’est pas composé d’une manière irréprochable:
De la personne du pape personne ne doit médire, pas plus que du ciel lui-même. Mais les cardinaux qu’il envoie dans tous les royaumes de la terre comme pacificateurs s’acquittent mal de leur office. Que font-ils, en effet?
Lorsque deux princes sont en discorde, Rome devrait enquérir pour connaître et redresser les torts. Elle ne doit pas, au sens de Guillaume, si un de ses enfants a erré et se déclare repentant, envoyer brusquement contre lui son fils aîné pour le confondre comme on l’a vu faire en ces derniers temps.
Voilà plus de quarante ans que le tombeau du Christ est retombé entre les mains des Infidèles, et les chrétiens se déchirent entre eux, au lieu d’aller le délivrer. Comment s’en justifieront-ils, quand Dieu tiendra son grand Conseil? Que leur dira Notre Seigneur?
Il est étrange que Rome s’occupe de pareilles besognes et ne prenne pas garde à sa honte. Et quelle honte? Une poignée de Chrétiens s’étaient naguère emparés d’une belle cité—Damiette—par où nous avions l’entrée «en Babiloine et en Egypte». Nous l’avons perdue, cette cité, par la faute du légat qui dirigeait notre ost. Quelle pitié de voir un clerc à la tête des chevaliers!
Guillaume, s’il était pape, ne se consolerait pas d’un tel échec jusqu’à ce qu’il eût pacifié et réuni tous les chrétiens autour de lui pour les mener à l’assaut de Jérusalem. Et il profite de l’occasion pour lancer une véhémente exhortation à la croisade. Aller à la croisade, la vraie—celle de Terre Sainte—c’est la meilleure manière, pour les gens d’armes, de faire fructifier leur «besant».
Mais quelqu’un demandera peut-être: «Qu’est-ce que signifie ce besant?». C’est le talent de la Parabole. Malheur à qui n’a pas fait rapporter d’intérêts au capital que son maître lui a confié, même s’il ne l’a point dissipé.
Chacun de nous a reçu un don de la bonté divine: prouesse, ou puissance, ou vertu, ou avoir, ou sens, ou éloquence; et qui néglige de s’en servir commet le crime de stériliser le besant de son seigneur.
L’auteur, qui a reçu «grâce de faconde», de «langue delivre et aperte», ne veut pas s’exposer, quant à lui, au sort du serviteur maladroit ou infidèle. Il ne se lassera point de parler pour prêcher le mépris du monde.
Considérez, je vous prie, la moisson spirituelle que vous vous êtes préparée jusqu’à présent. Elle est nulle, n’est-ce pas? Or, quelle souffrance de comparer sa misère à la prospérité d’autrui! Ce sentiment si pénible, Guillaume l’a éprouvé:
La misère est due le plus souvent à la paresse. Mais, cependant, pas toujours. Car le revenu du travail dépend de la qualité du fonds qu’on cultive et du genre de travail qu’on fait:
Sachez donc que la vigne qui récompense le mieux la peine qu’on prend autour d’elle, c’est la Vigne du Seigneur.
Parabole des ouvriers de la onzième heure. Mais sommes-nous à la onzième heure? Le monde est-il près de sa fin? Le bon évêque de Paris, Maurice [de Sully], avait «signifié» à Guillaume la réponse à cette question; et Guillaume la rapporte en ces termes:
Il ne faut pas spéculer, d’ailleurs, sur l’indulgence céleste, figurée par la parabole. Ne dites pas: «Je me repentirai plus tard». Songez au danger de mort subite. Il est déjà tard. Soyons prêts.
Parabole de l’Enfant prodigue. Le sens en est clair. Le père de la parabole, qui a deux fils, c’est Dieu omnipotent. Son fils aîné, qui l’a longtemps honoré et servi, ce sont les Juifs. Nous sommes le fils cadet, d’abord irrespectueux et prodigue. Jésus-Christ est le veau gras, sacrifié pour notre retour. Depuis notre retour, notre frère aîné se tient à l’écart...
On peut entendre encore qu’il y a parmi nous une foule d’enfants prodigues qui, depuis l’âge de quinze ans, ont quitté «le ventre de Sainte Eglise» pour choir «en la profonde mer des vices». La maison paternelle leur est ouverte, à ceux-là; le Père leur tend les bras:
Le poème de Guillaume finit par un acte de foi et par l’assurance que l’auteur n’a rien dit dont il ne soit persuadé:
Il n’existe pas moins de trente manuscrits qui renferment les deux poèmes moraux, ou «romans», intitulés Carité et Miserere (sans compter cinq autres copies du Miserere seul). C’est la preuve que ces ouvrages ont joui jadis d’une popularité exceptionnelle. Cette popularité est, du reste, attestée par d’autres témoignages. Deux poètes néerlandais du XIIIe siècle ont entrepris successivement la traduction du Miserere. Plusieurs rimeurs français du XIVe siècle, l’auteur de l’Exemple du riche homme et du ladre, chanoine de La Fère-sur-Oise, et Gilles li Muisis, abbé de Saint-Martin de Tournai, ont cité ces poèmes avec éloges. Le chanoine de La Fère les déclare incomparables:
L’abbé Gilles aurait voulu les lire tous les jours de sa vie:
D’autres, comme Baudouin et Jehan de Condé, se sont certainement inspirés de Carité et de Miserere, sans les citer.—En 1360, la ville d’Amiens ne crut pas pouvoir mieux faire, comme cadeau, que d’offrir au roi Charles V un exemplaire des deux romans.
L’auteur était connu au moyen-âge sous le nom que lui donnent le chanoine de La Fère et l’abbé Gilles: le Renclus (ou Reclus). C’est le titre qu’il se donne à lui-même dans l’explicit du Roman de Carité:
C’était donc un de ces solitaires qui, comme, de nos jours, les moines bouddhistes de la secte Nying-Ma, au Thibet, «se laissaient enfermer dans une cellule maçonnée, garnie d’une seule fenêtre, pour y mener, en général jusqu’à leur mort, une vie de pénitence et de prière...». «Les vignettes de plusieurs manuscrits des deux romans, ajoute M. van Hamel, représentent [l’auteur sous la figure d’]un moine blanc assis dans une recluserie construite en briques rouges et entourée d’un jardinet.»
«Moilliens», où vivait le Reclus, est sans doute Molliens-Vidame, aujourd’hui chef-lieu de canton de l’arrondissement d’Amiens, dont le prieuré était jadis un des bénéfices de l’abbaye de Saint-Fuscien-au-Bois.
Un des manuscrits des deux romans, du XIIIe siècle, conservé naguère à la Bibliothèque de Turin, offrait un renseignement de plus. Au-dessous du dernier vers de Carité (qui ne comportait dans ce ms. que 241 strophes au lieu de 242), on lisait: «Cy fenist li romans de Carité, lequel fist dans Bertremiels, li renclus de Morliens, qui jadis fu moines de Saint-Fuscien el bos...» Cette note autorise à penser que le Reclus s’appelait Barthélemi[329] et qu’il avait été moine à Saint-Fuscien avant de se faire emmurer.
Ses propres ouvrages fournissent, sur le compte de l’auteur, quelques données complémentaires.—Il n’était plus jeune lorsqu’il composa Carité; il ne s’attendait même plus à vivre longtemps (LXXXVII, I; XLIII, II).—Il était lettré, en latin et en roman. Il connaissait la Bible, les Vitæ patrum. Il cite le quo semel est imbula recens d’Horace. Il cite des fables, des historiettes et des proverbes populaires, des thèmes de fabliaux.—Il n’était certainement pas exempt d’amour-propre littéraire. Il sait que ses invectives lui ont attiré et lui attirent l’animadversion des fous (Carité, CXLIX, CL); mais peu lui en chaut; il est fier de son indépendance. Il se connaît des «envieux» qui éplucheront son livre pour y trouver «aucun mot dont il puissent mesdire»; mais il s’estime au-dessus de la contradiction (Carité, CCXLI):
A quelle époque écrivait le Reclus? Après la canonisation de Thomas de Cantorbéry et de Bernard de Clairvaux, puisqu’il considère ces personnages comme des «saints», c’est-à-dire après 1173-1174. Il a entendu parler de l’hérésie des Albigeois (Carité, XXIII, 6-12); mais il ne fait aucune allusion aux croisades dirigées, soit contre ces hérétiques (1207-1208), soit contre les Infidèles. Le roi de France qui régnait de son temps avait un royaume sensiblement plus grand que celui de son aïeul (Carité, XXXVI, 4-6)[330].—Dans Miserere, qui est très probablement postérieur à Carité (puisqu’on y relève une allusion assez claire à ce poème), il est question de «la terre ki enkiet en baillie de roi enfant» (CCXII, 8-9); mais c’est, peut-être, une allusion sans portée à la malédiction de l’Ecclésiaste.—Un éminent érudit a conclu de ces données (on n’en a pas d’autres), que la composition du premier roman du Reclus pouvait être fixée «au commencement du règne de Philippe-Auguste, entre 1180 et 1190». Mais il paraît évident que c’est par erreur. La mention brève, mais très significative, des Albigeois (dont il n’était guère question dans le Nord de la France au commencement du règne de Philippe-Auguste), celle des agrandissements récents du royaume (si considérables sous Philippe-Auguste), et subsidiairement l’allusion aux rois-enfants, tout concourt à faire penser aux premières années de Louis IX[331]. Et rien, par ailleurs, ne s’oppose à l’adoption de cette hypothèse. La langue des deux romans est le picard qu’on parlait pendant le premier tiers du XIIIe siècle.
Le Reclus de Molliens a eu la chance de trouver, de nos jours, un éditeur excellemment préparé à sa tâche et très consciencieux en A.-G. van Hamel. Il n’y a guère de poème moral du moyen âge qui ait été aussi bien traité, à ce point de vue, que Carité et Miserere. L’édition, définitive, de M. van Hamel (Li romans de Carité et Miserere, du Renclus de Moiliens. Paris, 1885, 2 vol. in-8) a paru dans la «Bibliothèque de l’École des Hautes Études» (Fascicules LXI et LXII).
On ne peut que s’associer, en général, aux appréciations de l’éditeur sur le style et la valeur historique et littéraire des œuvres de Barthélemi.—Ce qui distingue surtout le Reclus parmi les moralistes du moyen âge, c’est, en premier lieu, sa strophe de douze vers octosyllabiques sur deux rimes (disposées suivant le schéma aab aab bba bba), qui est aussi celle des célèbres Vers de la mort d’Hélinant, moine de Froidmont, composés entre 1194 et 1197; il est vraisemblable qu’Hélinand et le Reclus ont été des premiers à s’en servir: elle a été, depuis, fort à la mode (vraisemblablement grâce à eux)[332]. C’est, en second lieu, son goût décidé pour les jeux de mots assonancés et les allitérations[333]. C’est enfin une certaine dextérité à «manier les images et à les mêler, sans trop nuire à la clarté»[334]. Le Reclus est un homme de lettres fort expert, qui le sait, s’y complaît et s’admire. De là, ce que «sa verve a parfois d’un peu factice». Mais il avait de la verve: il avait une incroyable provision de synonymes et une merveilleuse facilité à ressasser sa pensée; c’est, du reste, la raison de son succès. Mais il était passionné et vivant, ce qui est rare chez les faiseurs de tours littéraires.
M. van Hamel ajoute: «Ce qui diminue pour nous l’intérêt de ses ouvrages, c’est qu’il moralise plus qu’il ne critique, et que, dans ses diatribes contre les mœurs du temps, il reste trop dans les généralités; on voudrait retrouver dans ses poèmes la société de son époque; on n’y trouve, sauf dans un paragraphe sur la toilette des dames, que des travers qui sont de tous les temps et de tous les pays...» Il y a quelque exagération dans ce dernier trait. S’il est vrai que le Reclus est souvent plus intéressant par la manière dont il dit les choses que par les choses qu’il dit, nul n’est en droit d’affirmer que, sur «la société de son époque», il ne nous apprend rien.
Il plaît à l’auteur de dire «bons dis» pour les «bons cuers» que l’exemple des bienfaisants excite à bien faire. Qui se ressemble s’assemble.—Tous les hommes ne sont pas pareils. «Li cuer sont de divers metal».
Mais les méchants sont plus nombreux que les bons; et les plus grands de ce monde sont les pires. Nous ne vivons plus maintenant comme vivaient nos anciens. Sainte Église elle-même est dégénérée: on y met «le fol en caiere»[336] et les plus sensés aux derniers rangs. Foi manque, Charité faiblit.
O Charité, où es-tu? L’auteur a, «par maintes jornées», cherché à découvrir son séjour. Il l’a cherchée chez «la gent laie» et chez «la gent lettrée»; il a pensé qu’elle s’était peut-être réfugiée chez les moines, «encartrée» chez les «renclus» qui ont choisi les plus dures voies du salut. Il a été la chercher à Rome; car on lui avait dit que le pape romain n’agissait, jadis, que d’après ses conseils. Mais, Charité, tu n’es plus là:
Certes, le pape en personne est au-dessus de tout reproche[339]. Mais ceux qui sont autour de lui «font souvent blâmer sa personne». Nul pauvre ne se présente à sa porte sans s’attirer des coups. Les portiers de sa cour ne font bonne mine qu’à ceux dont ils espèrent «argent ou ventrée»:
Il est allé chez les cardinaux et les a trouvés mercenaires, eux aussi; c’est même à leur exemple que les petits fonctionnaires de la Curie ont pris l’habitude de se faire graisser la patte.
Graisser la patte! Cette expression remet en mémoire l’historiette de la bonne vieille naïve à qui l’on avait conseillé d’oindre la paume de son avocat et qui prit l’avis à la lettre. L’auteur raconte cette historiette qui a été souvent, au moyen âge, mieux racontée que par lui[343].
A Rome donc tout est sec: les gonds des portes, les langues des gens de justice. Tout demande à être graissé. Et il y fait chaud; la graisse fond vite; il faut la renouveler souvent.
Le poète est allé ensuite en Toscane, en Pouille, en Hongrie, en Grèce, à Constantinople. Il a vu les Allemands, les Saxons, les Lombards et la grasse Bologne qui enseigne à esquiver les lois. A propos de Bologne, il déploie toutes les ressources de sa virtuosité à accumuler les jeux de mots en assonances:
Il a vu les médecins de Salerne. On lui a conté ensuite des Albigeois, qui ont renié Dieu et leur baptême. Il les laissa là et poussa sa pointe jusqu’à Fineposterne (cap Finistère). Charité n’est pas non plus en Angleterre, depuis la mort de saint Thomas [de Cantorbéry]. La loi des «estrelins» (sterlings) prévaut désormais dans ce pays et aussi en Irlande, en Écosse, en Danemark, en Frise, en Hollande, en Flandre, etc.
Il n’a trouvé Charité ni à Venise, ni en Terre-Sainte, ni en Bourgogne, ni en Champagne. En France, peut-être? car les Français sont «gent de mout grant pris», et leur beau nom vient de «frankise». A Paris?
C’est en France qu’il faut s’arrêter pour examiner à fond l’état de la société.
Et d’abord, le roi. Suit l’énumération des devoirs des rois en laborieux jeux de mots assonancés:
Dans ce tableau, rien qui ne soit très général et, par conséquent, banal. Il est observé, cependant, que le roi de France qui règne maintenant doit être d’autant plus soucieux de ses devoirs que son royaume est «plus larges et empenés» qu’au temps de son aïeul (XXXVI, 4). Sa dignité est la plus honorable du monde après celle du pape; que le titulaire n’en conçoive pas d’orgueil. Le vilain qui vit de lait aigre et de pain d’orge plein de paille est plus en sûreté que le roi, car il a moins de responsabilités: Plus seürs est vuis cars ke plains[356].
L’auteur ne peut pas s’occuper de toutes les conditions en détail. Après avoir parlé du roi, il s’adresse donc, en bloc, à tous les seigneurs, qui portent l’épée chevaleresque, pour leur adresser des conseils. Qu’ils ne perdent pas de vue le symbolisme de cette épée:
Il y a là des appels à la pitié dont l’accent paraît sincère:
Chevalier, défends les pauvres; «venge Boiliaue [le pauvre] de Boivin [le riche]»:
Passons maintenant aux clercs, en commençant par les «prestres parrochiaus». Ici, quarante-sept strophes commençant chacune par le mot Prestre.
Ces quarante-sept strophes ne contiennent guère que des exhortations vagues à donner le bon exemple, sur le thème:
Voici le portrait du bon prêtre: