[86] Voyez le plan de Babylone, chap. 7.

[87] Ici Labo se trouve écrit au lieu de Nabo, comme Labynet au lieu de Nabunet.

[88] Voyez Chronologie d’Hérodote, p. 70 et suivantes.

[89] Entre autres, l’une des portes de la ville portait le nom de cette reine. Voyez Rennel, Geog. System. of Herodotus, sect. XIV.

[90] Voyez liv. II, § XCIX et suiv., et liv. I, § I.

[91] La traduction française de Larcher porte: «Ce sont eux qui l’ont environnée de murailles et qui l’ont embellie par les temples qu’ils y ont élevés.» Cette périphrase dénature matériellement le texte: muros amplius ornaverunt et templa. Cette traduction est pleine d’altérations semblables, et l’on peut assurer qu’Hérodote est à traduire en français.

[92] Liv. I, pag. 66, édit. de Wesseling.

[93] Strabo, lib. XVI, pag. 737: «Ninive est située dans l’Atourie; l’Atourie ressemble au pays qui entoure Arbèles, dont elle est séparée par la rivière du Loup (le Lycus); Arbèles appartient à la Babylonie, qu’elle joint au-delà du Lycus; la plaine d’Atourie entoure Ninive.»

On voit que la frontière de la Babylonie, vers Ninive, était la rivière du Loup ou Lycus, située au-delà d’Arbèles relativement à cette Babylonie: or la distance du Lycus à Ninive n’est que d’environ 16 lieues communes de France. Et Ktésias dit qu’au premier combat, Sardanapale poussa les rebelles à 7 stades, qui font 477 toises, parce que son stade est celui de 833½ au degré, comme nous le verrons. Aux deux combats suivants, le roi chassa les rebelles jusqu’à la frontière de Babylonie, et le récit de l’historien montre qu’elle n’était pas loin.

Il est bon de remarquer ici que l’Atourie n’est autre chose que la prononciation chaldéenne du mot Ashourie (Assyria), le dialecte chaldéen changeant très-souvent le shin hébreu et arabe en tau. Aussi Casaubon, dans ses notes sur le premier paragraphe du livre XVI de Strabon, remarque-t-il que, selon le témoignage de Pline et d’Ammien, le pays où fut Ninive s’appela d’abord Assyrie, puis Adiabène; et que, selon Dion (in Trajano), l’Adiabène avait été appelée Atourie par les Barbares (les Chaldéens), qui avaient changé l’s en t (Assouria-Atouria[94]). Quant au mot Adiabène, Ammien-Marcellin veut lui donner une origine grecque qui est forcée; c’est le nom syrien et chaldéen de la rivière du Loup qui en ces dialectes se dit Diab et Ziab, Zab de la géographie moderne; et les Grecs, qui l’appelaient Lycus, ne firent que traduire le mot chaldéen. Il est probable qu’après la conquête d’Alexandre, toutes leurs instructions leur furent fournies par les astronomes et géographes babyloniens.

[94] La traduction chaldaïque d’Onkelo rend toujours assour par atour.

[95] Voyez Chronologie d’Hérodote; p. 103. Le traducteur a commis une erreur à cette même page 103, note 96, en évaluant le stade de Ktésias à 85 toises, tandis qu’il ne faut l’estimer qu’à 68 toises 5 pieds 2 pouces.

[96] Golfe Persique.

[97] Lib. II, pag. 84.

[98] Voyez l’article des rois homérites, tome IV, page 506 de la Chronologie d’Hérodote; et la Géographie de la Genèse, à la fin, Ire partie de nos Recherches.

[99] Lexicon de Urbibus.

[100] Il faut entendre Bélus, aucun ancien auteur n’ayant jamais parlé du sage Babylon.

[101] Vide Salmasium Exercit. Plinianæ, in Solin., p. 866. E. Saumaise veut qu’au lieu de deux mille ans, on lise mille deux ans; mais cette correction est sans appui, et elle a contre elle la leçon de Photius, qui a lu 1800 ans.

[102] Selon le calcul vulgaire; voyez Larcher. Chronologie. Selon nous 1015.

[103] Selon l’auteur du livre des Rois.

[104] Selon le texte grec, lequel, traduit authentiquement par l’ordre du roi Ptolomée, représente l’ancien original hébreu cité par Esdras, plus exactement que l’hébreu actuel, retouché sous les Asmonéens par le grand sanhédrin.

[105] Voyez les Tables de la Polyglotte de Walton, tom. I, p. 4 et suiv.

[106] D’ailleurs ajoutez les 10 ans qu’ils suppriment tous au règne d’Amon, fils de Josias, et vous avez 3196 ans, une seule année de différence.

[107] Voyage dans les mers de l’Inde, tome I, p. 320.

[108] Voyez Mém. de l’Acad. des Inscript., tome XXIV, p. 432.

[109] De Cœlo, lib. II, chap. 14.

[110] Liv. I.

[111] Mémoires de l’Académie des Inscriptions, tom. XXVIII, page 253.

[112] Geographical system of Herodotus, in-4°, London, 1800. Sect. XIV. Rennel nie même le stade de 51 toises, qu’il regarde comme chimérique.

[113] Voyez Traité des mesures, poids et monnaies des peuples anciens et modernes, par Paucton, traduit et publié en 1780, à Paris, in-4°.

[114] Métrologie in-4°, Paris, 1789.

[115] Il est fâcheux de voir le major Rennel traiter cette raison de conte apocryphe; on croirait qu’il n’a pas connu le caractère des anciens.

[116] Danville l’estime à 4,900 toises, et ne donne que 3,100 toises de côté moyen à la ville de Paris.

[117] Voyez Strabon, liv. XVI, p. 739.

[118] L’abbé de Beauchamp, dans son Mémoire sur les ruines de Babylone, observe que les Arabes qui retirent une quantité de briques et autres matériaux de construction dans la portion de Babylone située à l’est de l’Euphrate, n’en trouvent point dans la portion à l’ouest. Voyez le Journal des savants, décembre 1790.

[119] Sous le règne de Darius-Hystasp, les habitants de Babylone voulant se révolter, s’aperçurent qu’ils avaient peu de vivres, et parce qu’ils avaient chacun plusieurs femmes, ils en réservèrent chacun une et tuèrent les autres à titre de bouches inutiles. Après le siège, qui ne fut pas meurtrier, Darius, pour repeupler la ville comme auparavant, ordonna de reprendre des femmes, et le nombre fourni par les pays environnants fut de 50,000. Voyez Hérod., lib. III, § 152. Ceci ne donne pas l’idée d’une grande population; à la vérité Babylone était sur son déclin; mais c’était encore une grande ville.

[120] Pour estimer la population de Babylone, Rennel établit une comparaison avec la ville de Londres; et parce que Londres contient plus de 700,000 têtes sur un espace carré de 15 milles ½, et que ces 700,000 bouches consomment le produit de 6,600 milles carrés de bonnes terres, il prétend que Babylone, qui contenait 72 milles carrés (selon lui, et il se trompe d’un quart) aurait absorbé le produit de toute la Chaldée. Mais après avoir vu les villes et les peuples d’Asie, il est étonnant que Rennel ait établi une telle comparaison: d’abord parce que l’on peut assurer que 10 Anglais consomment autant que 50 Arabes; 2° parce que les villes asiatiques ont de vastes espaces vides que l’on ne voit point dans les villes anglaises, dont le principe architectural est d’être très-serrées. C’est ainsi que l’on nous disait, il y a 30 ans, que le Kaire contenait 700,000 âmes, ou tout au moins 400,000, parce qu’il égale Paris en surface; et lorsque l’armée française a voulu le vérifier, elle a trouvé assez juste le nombre de 250,000 qu’avait estimé le voyageur Volney. Voyez l’ouvrage de Rennel, sect. XIV.

[121] Selon Romé de Lisle, l’orgye vaut 5 pieds 1 pouce 7 lig. Voyez sa Métrologie.

[122] La coudée royale est évaluée 17 pouces 4 lignés, par Romé de Lisle.

[123] Hérod., liv. III, § CLII.

[124] Il y en a plusieurs: en prenant celui d’Ératosthènes, les 32 passent un peu 26 de nos pieds. Métrolog. pag. 1.

[125] in-4°, tome I, part. II, p. 54, lettre 17.

[126] Le plèthre vaut 14 toises I pied 6 lignes. Métrologie, page 6.

[127] Hérod., lib. I, § CLXXXI.

[128] C’est l’expression d’Ammien-Marcellin.

[129] Voyez le temple du Soleil à Palmyre, celui même de Jérusalem.

[130] Depuis des siècles que cette pyramide est écroulée et fouillée par les Arabes qui en retirent des briques, elle a dû perdre infiniment de sa hauteur, et cependant l’abbé de Beauchamp lui a encore trouvé 180 pieds d’élévation. Voyez Journal des savants, Décemb. 1790.

[131] Si les degrés croissaient régulièrement de l’équateur en allant au pôle, l’on pourrait déterminer à quelle latitude fut mesuré celui dont nous parlons; mais des opérations faites à diverses latitudes prouvent que ce progrès n’est pas régulier. D’ailleurs le même local, mesuré par des personnes et par des méthodes différentes, donne des résultats différents: c’est ainsi que la mesure ordonnée, près Paris par l’Académie des sciences, a différé de 67 toises en plus de la mesure ordonnée par l’Institut. Il serait néanmoins curieux de mesurer un degré terrestre par des moyens ordinaires, dans le pays de Babylone: les Arabes firent cette opération sous le kalifat d’El-Mâmoûn[132]. Malheureusement le vrai résultat de leur toisé est difficile à établir dans cette circonstance. Au reste c’est une chose digne d’attention que tous les stades anciens, le pythique, l’olympique, le nautique, l’égyptien, etc., soient également des parties aliquotes exactes d’une circonférence de la terre, mesurée d’après les principes et par les procédés que nous connaissons; et que tous ces stades donnent au degré terrestre une étendue qui ne varie que de quelques toises au-dessus de 57,000 toises, le stade pythique excepté. Selon Romé de Lisle, le stade d’Ératosthènes donne 57,166 toises; le stade nautique, 57,066; le stade olympique, idem; le stade phileterien, 50,070; le stade égyptien, 57,066; le stade pythique, 156,000 toises par degré.

[132] Voyez Notice des manuscrits orientaux, tom. I, pag. 51 et suiv.

[133] Ici vient se placer un passage de Cicéron qui, parlant des principes de l’art de deviner, dit (lib. I, cap. II, de Divinatione): «En remontant aux autorités les plus reculées, je trouve dès les premiers temps les Assyriens, qui, à raison de l’étendue et de la planimétrie des contrées qu’ils habitaient, découvrant de toutes parts un ciel sans obstacles, observèrent les mouvements des étoiles tant propres que respectifs, et, sur leurs aspects, fondèrent l’art des horoscopes, etc.».

Ces Assyriens de Cicéron ne peuvent être ceux de Ninive, dont le pays se trouve au pied du mont Taurus; ils doivent être ceux de la Babylonie, ainsi désignés par les Grecs dès avant Hérodote. Or, comme il est prouvé qu’avant Ninus ce pays fut le siège d’un état policé et d’une population arabe nombreuse et civilisée comme l’Égypte, il s’ensuit que c’est à ce peuple qu’il faut appliquer ces mots de Cicéron: «Principio Assyrii, ut ab ultimis auctoritatem repetam, propter planitiem magnitudinemque regionum quas incolebant, cum cœlum ex omni parte patens et apertum intuerentur (il eût dû ajouter perlucidum), trajectiones motusque stellarum observaverunt.»

[134] Ces fuyes sauvages sont encore aujourd’hui un cas fréquent en Syrie et en Palestine; les pigeons y sont par milliers.

[135] Liv. XXXV, chap. 10, p. 224 de l’Histoire naturelle de Pline, traduction de Poinsinet.

[136] Oda en turc, chambre.

[137] Colombe et pigeon se dit ïounah, qui n’a rien d’analogue. Mais on nous dit que les troupes babyloniennes avaient pour enseigne une colombe, ce qui explique l’expression de Jérémie et du psaume Exurgat, fuyez la colère de la colombe. Ces enseignes ayant été instituées par Sémiramis, peut-être le peuple l’a-t-il désignée sous cet emblème.

[138] Voyez le texte ci-devant, p. 116.

[139] Voyez Mémoires de Beauchamp, Journal des savants, décembre 1790.

[140] Strab., lib. XVI.

[141] Elle ne dit rien de la frontière d’ouest, la Méditerranée; et ce silence est contre Ktésias en faveur d’Hérodote. Sémiramis n’eût pas omis un pays aussi remarquable que la Syrie, sa patrie: elle a dû, par amour-propre, omettre une frontière aussi bornée que celle de l’Euphrate.

[142] Asiatick Researches, tome IV, Dissert. de Wilford sur Sémiramis.

[143] Notre époque de Sémiramis trouve un appui singulier dans un passage de Porphyre, que cite Eusèbe, Prœp. evang., lib. I, pag. 30. Selon Porphyre, «l’historien phénicien Sanchoniaton avait fleuri avant la guerre de Troie, dans un siècle rapproché de Moïse, ainsi que l’on pouvait s’en convaincre par les Annales des rois phéniciens: et il avait été contemporain de Sémiramis, que l’on place très-peu de temps avant la guerre (ou prise) de Troie, ou même parallèlement.»

Sur ce texte nous remarquons que la plupart des écrivains grecs placent cette prise l’an 1184 avant notre ère: dans nos calculs le règne de Sémiramis a eu lieu depuis 1195 jusqu’en 1180: on voit que le synchronisme est complet, et il est d’autant plus concluant, que Porphyre nous le donne comme le résultat des 3 chronologies assyrienne, phénicienne et grecque, comparées entre elles. Les interpolations de Ktésias se trouvent ici jugées et rejetées.

Ce même fragment de Porphyre donne lieu à une autre combinaison singulière: cet écrivain dit «que Sanchoniaton, pour mieux s’assurer de la vérité des faits, consulta de très-anciens monuments ammonites, et un certain Ierombal juif, prêtre du dieu Ieou.»

En parcourant les livres juifs, nous trouvons l’un des juges spécialement désigné par le surnom de Ierobaal (ennemi de Baal); ce juge est Gédéon, qui, à titre de prophète envoyé de Dieu, mérite aussi le nom de prêtre: Gédéon nous serait donc indiqué ici comme ayant gouverné jusque vers l’an 1190 et au-dessus: sa fin aurait précédé de 50 à 60 ans l’avènement de Héli en 1131. La liste informe que nous avons critiquée à l’article des Juges (première partie des Recherches nouvelles), en présente beaucoup plus, comme on le voit ici.

Gédéon-Ierobaal meurt vers 1190. 
Abimeleck règne3 ans.
Thola. 
Iaïr gouverne22
Total25ans.
Servitude sous les Ammonites et les Philistins,18 ans.
Jephté6 ans.
Abesan7
Ahîalon10
Abdon8
Total31
Servitude sous les Philistins40ans.
Samson20
Héli, juge en l’an 1131. 

Écartons le fabuleux Samson; admettons, avec plusieurs chronologistes, que les 40 ans de servitude sous les Philistins, ont été parallèles aux 40 ans de Héli: déjà nous n’aurons que 28 à 30 ans depuis ce grand-prêtre, en 1131, jusqu’à Jephté, qui aura géré vers 1166. D’autre part, entre Jephté et Gédéon, Josèphe n’admet point Thola; la servitude sous les Ammonites et les Philistins a pu n’affecter que quelques tribus, tandis que Iaïr gouvernait les autres. Il ne resterait donc que 25 ans entre Jephté et Gédéon, qui serait mort vers 1190; et comme les indications de Porphyre ne sont pas précises, Gédéon peut être reculé jusque vers 1200. Ce ne sont là que des hypothèses, dira-t-on; mais l’autorité de Porphyre, qui, de l’aveu même de ses ennemis, fut un savant écrivain, est faite pour balancer ici celle d’une compilation indigeste, surtout lorsque Porphyre s’appuie de monuments positifs, réguliers, dont les expressions s’accordent avec les raisonnements que nous avons formés sur d’autres bases et par d’autres moyens.

[144] Tatien, pag. 243.

[145] Eusèbe, pag. 13.

[146] Atossa quæ est Sémiramis.

[147] Clément d’Alex. Strom., lib. III, pag. 185.

[148] Athénée cite deux exemples de semblable confusion de noms par des historiens de son temps: l’un disant que Ninive fut prise par Kyrus, au lieu de Kyaxar; l’autre que l’on voyait à Ninive le tombeau de Ninus, au lieu de Ninyas. Athénée, en faisant lui-même ces remarques, nous montre que ces cas ont été assez fréquents.

[149] Il semble aussi que cette Sémiramis doit être celle qu’Hérodote a eu en vue par suite de ces confusions.

[150] Voyez Ktésias en Diodore, lib. II.

[151] Ktésias et Moïse de Chorène.

[152] Lib. I, § CLXXVIII.

[153] Norma, regula.

[154] Josèph. contr. Appion., lib. I, § XIX.

[155] Reg. lib. II, cap. 23, v. 29, etc. 24, v. 7.

[156] Ce mot persan satrape reçoit une explication instructive et curieuse de l’ancienne langue de l’Inde, le sanscrit, qui fut très-analogue à celle des Perses de Kyrus. En le décomposant, on y trouve deux mots qui signifient maître du dais ou parasol (ishattra-pah ou pad); ce qui nous apprend que jadis en Perse, comme aujourd’hui dans l’Inde et à la Chine, l’attribut honorifique des gouverneurs des provinces était de se faire porter le parasol, de rendre leurs sentences et décisions sous le parasol. Aussi lorsqu’en ces derniers temps nous avons eu à Paris des envoyés du shah de Perse, eux et leurs gens ont-ils été scandalisés de voir le parasol dans toutes les mains indistinctement. Notre industrie, pour rendre ce meuble plus commode, a su le réduire à une seule tige ou bâton; mais dans l’origine, il était monté sur deux et même sur quatre, et il était le dais dont les prêtres et les rois ont conservé le très-antique usage oriental, et dont notre climat nous a fait oublier le motif et l’intention.

[157] Les Paralipamènes, liv. II, chap. 33, v. II, semblent faire exception, lorsqu’ils disent que le roi Manassé fut emmené captif à Babylone par le roi des Assyriens. Mais il ne faut pas oublier que cette tardive chronique n’a pu être rédigée avant le temps des Asmonéens, et qu’à cette époque les écrivains juifs empruntaient déjà les idées et les expressions des Grecs, qui appelaient Assyriens les peuples de la Babylonie, en sorte que cet exemple même devient l’un des indices de la posthumité des Paralipomènes: ce livre, au chap. 3, vers. 17 à 24, dénombre sept générations depuis le retour de Babylone; et cela seul, à 25 ans la génération, conduit jusqu’à l’an 363, c’est-à-dire 33 ans avant Alexandre.

[158] Comme il arrive assez souvent dans l’Inde ou dans la Turquie à des princes tributaires et à des pachas.

[159] Voyez Chronologie d’Hérodote, pag. 481, note [161].

[160] Flav. Joseph., Antiq. judaic., lib. IX, cap. 14, pag. 506.

[161] Nous ne combattons point ici une opinion singulière de Michaelis, qui, dans son livre de Geographiâ Hebrœorum exterâ, saisit une phrase de Strabon pour en induire qu’une peuplade sauvage et barbare, appelée jadis Chalybes, et plus récemment Chaldies, était venue des bords de la mer Noire conquérir et maîtriser Babylone, comme les Turkmans ont maîtrisé Bagdad et l’empire arabe. Pour soutenir cette hypothèse, Michaelis veut que les noms des rois babyloniens soient des noms russes; par conséquent il suppose que les Chalybes parlèrent un dialecte slave, quoique les meilleurs antiquaires ne fassent remonter l’origine des Slaves qu’aux premiers siècles de notre ère, où ces peuples émigrèrent, à ce qu’il paraît, des frontières de l’Indostan. D’autre part, outre que les étymologies qu’il allègue d’après Forster, sont forcées et imaginaires, on peut lui objecter que les noms de Nabu-kadnasar, Balthasar, etc., reçoivent une explication plus raisonnable de l’idiome arabe et chaldéen. Quant à la phrase de Strabon, lib. XII, p. 549, nous remarquons d’abord avec ce géographe, qu’Homère, en citant le nom de Chalybes, paraît avoir ignoré celui de Chaldœi, et nous en inférons que ce dernier ne se serait introduit que depuis ce poète, qui a écrit vers l’an 800 avant notre ère, c’est-à-dire quelques années avant Phul, roi de Ninive. Or tous les anciens attestent que les Chaldéens ont existé à Babylone bien des siècles avant cette date, et ont existé comme caste sacerdotale et non militaire. Nous observons de plus que, peu après le temps d’Homère, deux rois de Ninive, successeurs de Phul, exécutèrent de nombreuses déportations de peuples, et que, de même qu’ils transplantèrent des familles euthéennes à Samarie, ils purent déporter des familles chaldéennes chez les Chalybes, voisins des Sàpires, cités par Sennachérib pour être l’un des peuples récemment subjugués par ses pères. D’ailleurs Strabon, au même endroit, nomme quatre peuples à qui un changement semblable de nom était arrivé; les Sanni, jadis Macrones; les Apaïtœ, jadis Kerkitœ; et d’autres jadis appelés Byzères: n’est-il pas plus raisonnable d’attribuer ces changements aux historiens qui auront employé d’autres idiomes que les anciens; de penser même que Darius a pu en être l’auteur dans le registre neuf et régulier qu’il fit composer pour l’empire perse. Toujours est-il vrai que Strabon peint les Chaldœi Chalybes comme des sauvages divisés entre eux, tous barbares, insociables, vivant de pèche, de chasse et de gland, et il n’est pas probable que de telles hordes, peu nombreuses, aient fait une conquête aussi difficile que celle de Babylone, en dépit des rois de Ninive.

[162] Voyez Procli Sphæra, in-4°, à la fin.

[163] Syncelli Chronographia, in-fol.

[164] Doctrina temporum, tom. II, pag. 125, année 1627.

[165] Voyez Rationarium temporum, à la fin. Petau ne cite pas le numéro du manuscrit; mais c’est celui de la bibliothèque impériale, coté 2497; un autre, coté 2494, pag. 126, appuie celui-là.

[166] in-8°, 1684. Appendice aux Dissertations sur saint Cyprien.

[167] Joseph, cont. Appion., lib. I, § XIX.

[168] Le Syncelle cite Bérose, mais il est très-douteux qu’il ait eu ce livre en main; car il n’en cite pas un passage original qui ne se trouve ailleurs.

[169] Voyez ci-devant, note de la page 123.

[170] Fréret et les missionnaires ont remarqué que le même système existe dans la chronologie des Chinois, qui supprime les noms des rois lorsqu’ils ont régné moins d’une année.

[171] Voyez Moïse de Chorène, chap. 13, pag. 40.

[172] Apud Hebrœos liber Judith inter apocrypha legitur..... Hieronymi opéra, tom. 1, pag. 1170, in-fol., 1693.

Le savant Bernard de Montfaucon a voulu prouver l’authenticité du livre et du fait; mais sa dissertation, composée dans sa jeunesse, ne s’appuie que sur des anachronismes, ou sur des hypothèses, et ne sauve ni les contradictions palpables, ni l’ignorance évidente de l’anonyme, tant en géographie qu’en chronologie. Le lecteur peut lui-même en juger par ce précis de Judith que nous lui soumettons.

[173]

TEXTE DE JUDITH.

Version latine ou vulgate.

Arphaxad, roi des Mèdes,
avait subjugué beaucoup de
peuples, et il avait bâti une
grande ville qu’il nomma Ecbatan;
et l’an 12 de son règne,
Nabukodonosor, roi des Assyriens,
qui régnait dans Ninive,
combattit Arphaxad, et il le
vainquit dans la grande plaine
de Ragau, près l’Euphrate et
le Tigre..... Et l’an 13 de son
règne, Nabukodonosor envoya
Holophernus..... Eliakim était
alors grand-prêtre à Jérusalem,
etc.

Version grecque.

L’an 12 de Nabukodonosor
qui régna sur les Assyriens
dans Ninive; au temps d’Arphaxad
qui régna sur les Mèdes
dans Egbatanes qu’il avait bâtie:
en ce temps-là, le roi Nabukodonosor
fit la guerre au
roi Arphaxad..... Et l’an 17,
Nabukodonosor combattit Arphaxad,
le défit dans les montagnes
de Ragau, le perça de
traits, et l’extermina jusqu’à
ce jour; et l’an 18, Nabukodonosor
envoya Holophernus
contre les enfants d’Israël qui
revenaient de captivité. Ioakim
était grand-prêtre à Jérusalem,
etc.

Arphaxad, roi à Ecbatanes, périssant dans une guerre contre les Assyriens, ne peut être que Phraortès qui périt dans son expédition contre les Assyriens de Ninive, comme nous l’a dit Hérodote. Mais Ecbatanes fut bâtie par Deïokès et non par son fils Phraortès. Ce roi mède périt l’an 636: à cette époque, Josias, âgé de 11 ans, était dans l’an 3e de son règne, ou plutôt de la régence du grand-prètre Helqiah..... Les Juifs revenaient de captivité..... De quelle captivité? Il y avait déjà 16 ans que Manassès était mort. Pourquoi le nom de Helqiah est-il altéré et différent dans les deux versions? La plus ancienne, qui est le grec, donne 6 ans de durée à la guerre; la version vulgate fait périr Arphaxad dans la même année, l’an 12 de Nabukodonosor..... Il est bien vrai que l’an 636 se trouve être l’an 11 de Kynil-Adan; mais alors l’une des versions s’est permis d’altérer le texte. Quel fut ce texte original? on l’ignore. L’hébreu qui a servi de modèle au latin, est mutilé: il a été fait sur le grec qu’il a abrégé et tronqué, comme font tous les extraits. Le grec est d’accord avec la version syriaque, très-ancienne aussi; mais ni l’une ni l’autre ne sont l’original qui a péri. Le latin cadre mieux avec la chronologie d’Hérodote, sur laquelle il a été calculé ou corrigé. Mais Hérodote dit que les Ninivites étaient indépendants, qu’ils étaient délaissés de tous les autres Assyriens; et l’histoire de Parsodas en Ktésias nous montre Kynil-Adan-Nanibrus, vassal d’Artæus-Kyaxarès.

Dira-t-on que ce Nabukodonosor qui régna dans Ninive, fut un roi indigène à nous inconnu? En effet, l’auteur de Judith n’exprime pas qu’il fût roi de Babylone. Mais alors où est son garant? et lorsque ensuite il ajoute que Judith vécut jusqu’à l’âge de 105 ans (plus de 70 ans après cette guerre); qu’Israël ne fut plus troublé de son vivant ni long-temps après (dès 609, Josias fut tué et le pays conquis par Nékos); et lorsque dans le cantique de Judith, il dit le Perse a frémi de son audace, le Mède a été troublé de sa force; tous ces anachronismes ne décèlent-ils pas clairement la posthumité et l’ignorance de l’auteur? D’ailleurs sa géographie est un renversement manifeste, lorsque, traçant la marche d’Holopherne, il le fait partir de Ninive, le conduit en Cilicie jusqu’au mont Angê, ou plutôt Argœus: puis de Cilicie lui fait passer l’Euphrate pour l’établir en Mésopotamie, et y ruiner toutes les villes fortes qui y étaient, depuis le torrent de Mambré (qui est en Palestine) jusqu’à la mer Méditerranée. En voyant une faute si grossière ajoutée à tant d’autres invraisemblances, on se range à l’avis de ceux qui dans le livre intitulé Judith, voient un roman écrit au temps des Machabées, pour exciter le patriotisme juif contre la tyrannie des rois grecs. Il est possible que dans d’autres guerres, il y ait eu quelque anecdote semblable, et que quelque captive juive enlevée par un chef de troupe, l’ait tué, comme on le dit de Judith; mais les détails de ce livre sont tels, qu’il n’a pu être composé que par la femme même qui en fut le témoin et le héros (hypothèse absurde), ou par l’écrivain dramatique qui les puisa dans son imagination. Au reste, de tous les apocryphes juifs.... c’est le roman le mieux écrit et le plus intéressant.