[183] Acte III, scène II, vers 871 et 872, p. 171.

[184] Acte III, scène V, vers 1109, p. 182.

[185] Ibidem, vers 1127 et 1128, p. 182.

[186] Acte IV, scène I, vers 1238, p. 187.

[187] Ibidem, vers 1241, p. 187.

[188] Acte IV, scène IV, vers 1501 et 1502, p. 197.

[189] Acte IV, scène V, vers 1575 et 1576, p. 200.

[190] Ibidem, vers 1593 et 1594, p. 200.

[191] Acte V, scène VI, vers 1873 et 1874, p. 213.

[192] Acte V, scène VII, vers 1883 et 1884, p. 214.

[193] Ces vers et l'avis Au lecteur ne se trouvent que dans l'édition de 1659.

[194] Nicolas Foucquet, né en 1615, procureur général au parlement de Paris à trente-cinq ans, surintendant des finances en 1652, disgracié en 1661, mort en 1680.

[195] Voyez plus haut, la Notice d'Œdipe, p. 104, et ci-après, l'avis Au lecteur, p. 124.

[196] Voltaire se trompe quand il dit, dans une note sur ces vers, que Corneille avait cinquante-six ans. Il était dans sa cinquante-troisième année (dix lustres et plus, dit-il lui-même un peu plus bas, au vers 47) lorsqu'il publia Œdipe.

[197] Voyez le Lexique au mot Fournir.

[198] Corneille a exprimé la même idée dans sa dédicace de Cinna, à monsieur de Montoron. Voyez tome III, p. 372.

[199] L'édition originale (1659), la seule, nous l'avons dit, qui contienne cet avis Au lecteur, n'a ici que l'initiale M. En tête des vers (voyez p. 121) Corneille traite le procureur général surintendant de Monseigneur.

[200] Voyez ci-dessus, p. 104.

[201] Dans l'année même où Corneille écrivait cet avis Au lecteur, la Fontaine donnait la description suivante du curieux musée de Saint-Mandé, où probablement il rencontrait parfois notre poëte:

Si je vois qu'on vous entretienne,
J'attendrai fort paisiblement
En ce superbe appartement,
Où l'on a fait d'étrange terre,
Depuis peu, venir à grand'erre
(Non sans travail et quelques frais)
Des rois Céphrim et Kiopès
Le cercueil, la tombe ou la bière;
Pour les rois, ils sont en poussière,
C'est là que j'en voulois venir.
Il me fallut entretenir
Avec ces monuments antiques,
Pendant qu'aux affaires publiques
Vous donniez tout votre loisir.
(Épitre à Foucquet, vers 74 et suivants.)

[202] On ne se rappelle guère aujourd'hui, parmi les livres offerts à Foucquet, que le magnifique manuscrit sur vélin du poëme d'Adonis que la Fontaine lui dédia en 1658.

[203] Voyez ci-dessus, p. 107 et 108.

[204] Voyez ci-dessus, p. 104.

[205] Dacier, traducteur d'Œdipe roi, répond au scrupule de Corneille par le début du troisième chant de l'Art poétique de Boileau:

Il n'est point de serpent, ni de monstre odieux,
Qui par l'art imité ne puisse plaire aux yeux.
D'un pinceau délicat l'artifice agréable
Du plus affreux objet fait un objet aimable.
Ainsi, pour nous charmer, la tragédie en pleurs
D'Œdipe tout sanglant fit parler les douleurs.

[206] Les oracles, les réponses fatidiques abondent dans l'Œdipe roi de Sophocle et dans l'Œdipe de Sénèque. Chez Sophocle, Créon revient de Delphes, annonçant qu'il faut bannir le meurtrier de Laïus; ensuite Tirésias, consulté par Œdipe, finit, après un long silence, par l'accuser d'être le coupable; puis Jocaste, croyant rassurer Œdipe, lui raconte qu'un des ministres d'Apollon avait prédit à Laïus qu'il périrait de la main de son fils; alors Œdipe, effrayé, lui rapporte à son tour un oracle de Delphes, qui le menace de devenir le meurtrier de son père, et l'époux de sa mère.

[207] Voyez ci-après, acte II, scène III, vers 605-610.

[208] Αλογον δε μηδεν ειναι εν τοις πραγμασιν, ει δε μη, εξω της τραγωδιας, ὁιον το εν τω Οιδιποδι τω Σοφοκλεους (Alogon de mêden einai en tois pragmasin, ei de mê, exô tês tragôdias, hoion to en tô Oidipodi tô Sophokleous.) (Poétique, chapitre XV.)

[209] Cet Examen, jusqu'à la troisième phrase du dernier paragraphe, ne fait guère que reproduire, mais avec de très-nombreuses variantes dans le style, l'avis Au lecteur qui précède.

[210] Le mot Foucquet est omis dans les éditions de 1660 et de 1663.

[211] VAR. (édit. de 1660 et de 1663): Comme il n'est pas moins.... je n'ai pu me défendre des ordres qu'il a daigné me donner.—On peut s'étonner que ce soit encore là le texte de l'édition de 1663, puisque la disgrâce de Foucquet est de 1661: il avait été arrêté à Nantes le 5 septembre de cette année. C'est bien probablement une simple inadvertance; car on ne peut pas dire que le poëte ait voulu attendre le jugement du surintendant: l'Achevé d'imprimer de l'édition de 1664, la première où Corneille ait modifié ce passage, est du 14 août, et le jugement est des mois de novembre et décembre suivants.

[212] VAR. (édit. de 1660-1664):....me donner de le rompre (le silence), pour mettre sur notre scène.

[213] VAR. (édit. de 1660-1668): un de trois sujets.

[214] VAR. (édit. 1660 et de 1663): qu'il lui a plu me proposer;—(édit. de 1664): qu'il lui plut me proposer.

[215] VAR. (édit. de 1660 et de 1663): Il m'en a laissé le choix, et je me suis arrêté à celui-ci, dont le bonheur m'a bien vengé..., puisque le Roi s'en est assez satisfait.... que j'ai prises.... m'ont laissé d'esprit et de vigueur.

[216] VAR. (édit. de 1660 et de 1663): j'ai tremblé quand je l'ai envisagé de près: j'ai reconnu....

[217] Voyez ci-dessus, p. 126, note 205.

[218] Voyez ci-dessus, p. 127, note 206.

[219] Dircé.

[220] Voyez ci-dessus, p. 127, note 208.

[221] Dans la scène II du IIIe acte.

[222] VAR. (édit. de 1660 et de 1663): manque de respect a sa mère.

[223] VAR. (édit. de 1660-1668): de la regarder comme une personne.

[224] Dans la dernière scène du Ve acte.

[225] Ce passage, depuis: «on peut répondre,» jusqu'à: «si elle y eût couru» inclusivement, manque dans les éditions de 1660 et de 1663.

[226] La dernière pièce contenue dans les recueils de 1654 et 1656 est Pertharite.

[227] De ces divers personnages, Œdipe et Jocaste seuls sont empruntés à l'Œdipe roi de Sophocle; Thésée figure dans l'Œdipe à Colone; Phorbas, dans l'Œdipe de Sénèque; Dircé est un nom thébain, celui d'une ancienne reine de Thèbes, mentionnée par Plutarque, et dont l'époux, d'après Apollodore, s'appelait Lycus, autre nom que Corneille a employé dans sa pièce, au vers 1411.

[228] VAR. (édit. de 1659-1664): suivante de la Reine; et ci-après: suivante de Dircé.—Ces deux derniers changements paraissent être une concession faite par Corneille à l'abbé d'Aubignac, qui a dit dans sa Seconde dissertation (Recueil de Granet, tome I, p. 288 et 289): «Comment M. Corneille nomme-t-il.... Nérine...? La suivante de Jocaste, où l'on voit Nérine suivante des princesses de M. Corneille en titre d'office. Dircé, selon l'invention de M. Corneille..., étoit fille de Laïus; et comment nomme-t-il Mégare qu'il lui donne pour compagnie? La suivante de Dircé.... Je ne doute point que ce petit avis ne le réveille et ne l'oblige à qualifier les femmes de sa Sophonisbe dans la liste des acteurs qu'il fera mettre à l'impression, du titre de dames d'honneur ou de confidentes, comme il a fait en quelques pièces.»—Médée est la seule pièce où Corneille se soit servi du mot suivante, et l'ait gardé dans toutes ses éditions.

[229] Ceci paraît être un souvenir de Virgile, qui a dit dans la description de la peste des animaux:

Ipsis est aer avibus non æquus, et illæ
Præcipites alta vitam sub nube relinquunt.

(Géorgiques, livre III, vers 546 et 547.)

[230] Æmon, fils de Créon: voyez plus bas, vers 182. C'est l'un des personnages de l'Antigone de Sophocle.

[231] Ce vers se trouve déjà, en 1641, dans l'Andromire de Scudéry (acte IV, scène IV, vers 48), et en 1643, dans son Ibrahim (acte V, scène II, vers 68). Ferrier, en 1678, l'a placé dans son Anne de Bretagne (acte II, scène II, vers 94). C'est à M. Ravenel, conservateur sous-directeur de la Bibliothèque nationale, que je dois ces curieux rapprochements.

[232] Les éditions de 1668 et de 1682 portent seules leurs voix, au pluriel.

[233] Var. C'est pour un grand monarque avoir bien du scrupule. (1659-64)

[234] Dans le sens où Tacite a dit: imbecillum.... sexum, «le sexe faible,» et imparem laboribus, «et incapable de fatigues.» (Annales, livre III, chapitre XXXIII.) La suite de ce passage des Annales exprime une idée analogue à celle que vient de rendre Cléante: sed, si licentia adsit, sævum, ambitiosum, potestatis avidum, «mais, quand on le laisse faire, cruel, ambitieux, avide de pouvoir.»

[235] Voyez l'Œdipe roi de Sophocle, vers 35 et suivants (édit. Boissonade), et l'Œdipe de Sénèque, acte I, vers 92 et suivants.

[236] «J'oubliais de dire que j'ai pris deux vers dans l'Œdipe de Corneille. L'un est au premier acte:

Ce monstre à voix humaine, aigle, femme et lion.

L'autre est au dernier acte (scène dernière, vers 1984); c'est une traduction de Sénèque:

Nec vivis mixtus, nec sepultis; [236-a]
(Et le sort qui l'accable)
Des morts et des vivants semble le séparer.

Je n'ai point fait scrupule de voler ces deux vers, parce qu'ayant précisément la même chose à dire que Corneille, il m'était impossible de l'exprimer mieux; et j'ai mieux aimé donner deux bons vers de lui, que d'en donner deux mauvais de moi.» (Voltaire, Lettres à M. de Genonville sur Œdipe, lettre V.)

[236-a] Quumque e superba rupe, jam prædæ imminens,
Aptaret alas verbere, et caudam movens,
Sævi leonis more, conciperet minas....
(Sénèque, Œdipe, acte I, vers 95-97.)

[237] Voici la copie exacte du passage de Sénèque:

....... Quæratur via
Qua nec sepultis mixtus, et vivis tamen
Exemtus erres.

(Acte V, vers 949-951.)

[238] .... Et albens ossibus sparsis solum.
(Sénèque, Œdipe, acte I, vers 94.)

[239] Nodosa sortis verba, et implexos dolos,
Ac triste carmen alitis solvi feræ.
(Ibidem, acte I, vers 101 et 102.)

[240] De Polybe, roi de Corinthe. Voyez l'Œdipe roi de Sophocle, vers 924 et suivants; et l'Œdipe de Sénèque, acte IV, vers 784 et suivants.

[241] Var. Cédons de bonne grâce, et n'embrassons plus tant;
Mon trône héréditaire à Corinthe m'attend:
A mon ambition ce trône peut suffire. (1659)

[242] Étéocle et Polynice: voyez ci-après, vers 575, p. 159.

[243] Voyez l'Œdipe roi de Sophocle, vers 699 et suivants.

[244] Dans Andromède (acte I, scène ii, vers 304 et 305), Corneille a exprimé la même pensée d'une manière un peu différente:

Heureux sont les sujets, heureuses les provinces
Dont le sang peut payer pour celui de leurs princes!

[245] L'évocation de Laïus est imitée de Sénèque: voyez son Œdipe, acte III, vers 619 et suivants.

[246] .... Fari horreo:
Stetit per artus sanguine effuso horridus.
(Sénèque, Œdipe, acte III, vers 623 et 624.)

[247] Var. Et de nos deux amants j'ai vu les cœurs glacés. (1659)

[248] Var. Par le sang de ma race il doit être effacé;
Mais à moins qu'il ne soit versé. (1659)

[249] Var. Vois comme à tels malheurs je suis toute asservie. (1664 et 68)

[250] Ce vers se retrouve presque textuellement dans Sertorius (acte I, scène III, vers 281):

Vous ravaleriez-vous jusques à la bassesse.

[251] Var. Du rebelle mépris qu'ils ont fait de vos chaînes. (1659-64)

[252] Noms des brigands et des monstres que Thésée immola dans son voyage de Trézène à Athènes: Périphète, surnommé le Porte-massue, sur le territoire d'Épidaure; Sinnis ou le Ployeur de pins, dans l'isthme de Corinthe; la laie Phæa, près de Crommyon, sur les frontières de la Corinthie; le brigand Sciron, sur les confins de Mégare; dans l'Attique, Damaste, surnommé Procruste, qui allongeait ou accourcissait ses hôtes à la mesure de son lit. Voyez Plutarque, Vie de Thésée, chapitres VIII-XI.

[253] Et ce bras du royaume est le plus ferme appui,

dit le comte de Gormas dans le Cid (vers 196, tome III, p. 115).

[254] Dans l'édition de 1692 et dans celle de Voltaire (1764):

Mon cœur à moi-même s'arrache.

[255] Voltaire a substitué: «ne veut pas,» à: «ne vaut pas.»

[256] Dans l'édition de 1692, que Voltaire (1764) a suivie:

Plus nous le différons, plus le mal devient grand.

[257] L'édition de 1692 donne pestes, au lieu de pertes. Voltaire a conservé pertes.

[258] Var. Et quand son choix est beau, son ardeur peut paroître. (1659)

[259] L'orthographe de ce mot est succé dans toutes les éditions anciennes, y compris celle de 1692.

[260] Var. Demain le juste ciel pourra s'expliquer mieux. (1659)

[261] Ici le poëte revient enfin à l'antique fable d'Œdipe, et l'on peut, pour le sujet de l'entretien et la situation, plutôt que pour les détails, rapprocher cette scène du commencement du IVe acte de l'Œdipe de Sénèque, et des deux dialogues entre Œdipe et Jocaste dans l'Œdipe roi de Sophocle (vers 717 et suivants, 824 et suivants).

[262] «En vérité, dit d'Aubignac, cela n'étoit pas fort nécessaire à nous dire, et M. Corneille a une grande peur que les spectateurs ne crussent que cette reine iroit à pied de la ville de Thèbes sur cette montagne. A quoi bon se charger de ces superfluités inutiles, sans grâce et vicieuses, et qui pour cela font rire tout le théâtre, comme il est arrivé en cet endroit, autant de fois qu'on a joué la pièce?» (Troisième dissertation. Recueil.... publié par Granet, tome II, p. 51.)—L'édition de 1692 a ainsi modifié ce vers:

Quoique reine, il est bon d'aller trouver Phorbas.

[263] «Quelle différence entre ce froid récit de la consultation, et les terribles prédictions que fait Tirésie dans Sophocle! Pourquoi n'a-t-on pu faire paraître ce Tirésie sur le théâtre de Paris? J'ose croire que si on avait eu du temps de Corneille un théâtre tel que nous l'avons depuis trois ans, grâce à la générosité éclairée de M. le comte de Lauraguais [263-a], le grand Corneille n'eût pas hésité à produire Tirésie sur la scène, à imiter le dialogue admirable de Sophocle.» (Voltaire, 1764.)

[263-a] On trouve dans les Mémoires de Henri-Louis Lekain, publiés par son fils aîné, un Mémoire qui tend à prouver la nécessité de supprimer les banquettes de dessus le théâtre de la Comédie françoise. Ce mémoire, daté du 20 janvier 1769, était destiné à faire ressortir l'utilité du plan présenté par l'architecte Desbœufs. A la fin on lit en note: «Le plan fut approuvé par le Roi dans le courant de février; et M. le comte de Lauraguais, qui se chargea de toute la dépense, fit dans cette occasion ce que le ministère public auroit dû faire.»

[264] Toutes les éditions, y compris celle de 1692, donnent rejallir. Voyez tome IV, p. 433, note 2.

[265] Sur le genre du mot énigme, voyez le Lexique.

[266] Var. Quoi? vous êtes mon fils? (1659)

[267] Var. Je vous trouve en mon cœur toujours au même rang. (1659)

[268] «Ce morceau contribua beaucoup au succès de la pièce. Les disputes sur le libre arbitre agitaient alors les esprits. Cette tirade de Thésée, belle par elle-même, acquit un nouveau prix par les querelles du temps, et plus d'un amateur la sait encore par cœur.» (Voltaire.)

[269] Var. Et l'homme sur soi-même a si peu de crédit,
Qu'il devient scélérat quand Delphes l'a prédit? (1659-63)

[270] Var. Nous pourrions voir ce prince, et qu'il vit dans la cour. (1659-63)

[271] Var. Sûr, comme je l'ai dit, qu'il n'est malheurs si grands
Qui m'eussent pu réduire à suivre des brigands. (1659)

[272] Var. [Le reconnoissez-vous?] PHORB. Quoi? huit lustres après,
Je pourrois d'un enfant reconnoître les traits?
[JOC. Je sais, ainsi que vous, que les traits de l'enfance.] (1659)

[273] Voyez ci-dessus, p. 134, note 227.

[274] Var. Mais ce fut des brigands, dont le bras.... (1659)

[275] Voyez plus haut, vers 261, p. 145.

[276] Voltaire a fait de la fin de cette scène la scène II, ayant pour personnages ŒDIPE, DYMAS, un Page.

[277] Voyez l'Œdipe roi de Sophocle, vers 912 et suivants, et l'Œdipe de Sénèque, acte IV, vers 784 et suivants.

[278] Voyez ci-dessus, p. 179, vers 1059.

[279] Var. S'il n'avoit ordonné dans son dernier moment. (1659)

[280] Voyez la pièce de Sophocle, vers 1107 et suivants; et celle de Sénèque, acte IV, vers 845 et suivants.

[281] Var. Que son crime par moi devenant manifeste.... (1659)

[282] L'édition de 1692 porte, mais par erreur sans aucun doute: «à moi-même il se cache.»

[283] Toutes les anciennes éditions, y compris celle de Thomas Corneille (1692) et celle de Voltaire (1764), portent fait, sans accord.

[284] Voyez plus haut, acte II, scène III, vers 643 et suivants, p. 161.

[285] Voltaire s'est rappelé ces vers; il a dit dans le Xe chant de la Henriade:

Ce discours insensé que sa rage prononce
Est suivi d'un poignard qu'en son cœur elle enfonce.

[286] Voyez l'Œdipe de Sénèque, acte V, vers 1040 et 1041. Dans la tragédie de Sophocle le genre de mort est différent: Jocaste s'étrangle de sa propre main: voyez vers 1252 et suivants.

[287] Les éditions de 1663 et de 1664 portent seules toutes sortes, au pluriel.

[288] Voyez ci-dessus, p. 144, note 236.

[289] Voyez dans l'Œdipe roi de Sophocle les vers 1257 et suivants, et dans l'Œdipe de Sénèque le récit qui commence le Ve acte, vers 915 et suivants.

[290] .... Gemuit, et dirum fremens,
Manus in ora torsit.
(Sénèque, Œdipe, acte V, vers 961 et 962.)

[291] Historiettes, tome VII, p. 370.

[292] Mai 1695, p. 222.

[293] L'Histoire du théâtre de l'Académie royale de musique en France, attribuée à Travenot et publiée à Paris en 1753, paraît exagérer un peu les libéralités de M. de Sourdeac: «Outre ceux qui étoient nécessaires à l'exécution de ce dessein, qui furent entretenus plus de deux mois à Neubourg à ses dépens, il logea et traita plus de cinq cents gentilshommes de la province, pendant plusieurs représentations que la troupe royale du Marais donna de cette pièce.» (P. 24.) M. Philippe de Chennevières a fait de ces représentations une relation détaillée, où la fiction se mêle fort agréablement à la réalité, dans une intéressante nouvelle intitulée Melle Guéru, qui a paru d'abord dans les Historiettes baguenaudières, par un Normand, 1845, in-8o, et a ensuite été réimprimée dans la Revue de Rouen, sous ce titre: La foire de Guibray au XVIIe siècle et la première représentation de la Toison d'or de Corneille au château du Neubourg en 1660.

[294] Au mois de novembre, selon les frères Parfait. (Histoire du Théâtre françois, tome IX, p. 34.)

[295] «Un châssis sculpté, doré, dernier vestige de l'essai fait à Neubourg, existait encore il y a peu de temps dans ce noble manoir.» (Castil-Blaze, l'Académie impériale de musique, 1855, in-8o, tome I, p. 17.)

[296] Année 1662, no 6, 14 janvier.

[297] Cette promotion avait été faite, dit l'État de la France, «avec les plus belles cérémonies qui se soient vues pour ce sujet.» On en trouve la description détaillée dans un numéro extraordinaire de la Gazette, daté du 6 janvier 1662, et intitulé: Les cérémonies faites à la réception des chevaliers de l'ordre du Saint-Esprit, le dernier jour de l'année 1661 et les deux suivants, en l'église du grand couvent des Augustins.

[298] Les décorations de la Toison d'or étaient, de l'avis de tous les contemporains, les plus belles qu'on eût encore vues. Chapuzeau dit en parlant des Italiens: «Nous leur sommes redevables de la belle invention des machines et de ces vols hardis qui attirent en foule tout le monde à un spectacle si magnifique. Celles qui ont fait le plus de bruit en France furent les pompeuses machines de la Toison d'or, dont un grand seigneur d'une des premières maisons du royaume, plein d'esprit et de générosité, fit seul la belle dépense, pour en régaler dans son château toute la noblesse de la province. Depuis il a bien voulu en gratifier la troupe du Marais, où le Roi suivi de toute la Cour vint voir cette merveilleuse pièce. Tout Paris lui a donné ses admirations, et ce grand opéra, qui n'est dû qu'à l'esprit et à la magnificence du seigneur dont j'ai parlé, a servi de modèle pour d'autres qui l'ont suivi.» (Le Théâtre françois, p. 52.)

[299] Manuel du libraire, tome II, col. 285.

[300] Voyez tome V, p. 257.

[301] Voyez l'Histoire du Théâtre françois par les frères Parfait, tome IX, p. 40.

[302] Voyez tome V, p. 258 et suivantes. Nous avons vu le mot Dessein, au singulier dans le titre du programme d'Andromède; dans celui de la Toison d'or, il est au pluriel.

[303] Voyez ci-après, p. 230, et suivantes.—Pour la description bibliographique des Desseins, voyez ci-après, p. 230, note 306.

[304] Voyez ci-après, p. 232.

[305] Voyez p. 264, vers 221-232, et la note 375.

[306] Le volume dont nous venons de reproduire le titre dans ces huit lignes se compose de 26 pages et 1 feuillet; il est de format in-4o et porte à l'adresse: «Imprimé à Rouen, et se vend à Paris, chez Augustin Courbé, au Palais, en la gallerie des Merciers, à la Palme, et Guillaume de Luyne, libraire iuré, dans la mesme gallerie, à la iustice. M.DC.LXI, auec priuilege du Roy.» Nous avons donné dans la Notice (p. 228 et 229) la date du privilége et de l'Achevé d'imprimer. Le seul exemplaire connu de ce volume est à la Bibliothèque nationale, dans la Poésie, sous le no Y5969/A—En tête des Desseins se trouve l'Argument, puis, au commencement du prologue et de chacun des actes, la description des décorations, et enfin, à leur place dans l'analyse, les morceaux de chant. Nous n'avons pas cru devoir imprimer ici les parties de l'ouvrage qui auraient fait double emploi dans notre édition, et nous avons procédé comme pour le dessein de la tragédie d'Andromède. Voyez tome V, p. 238, note 2.

[307] Cette phrase vient après les mots: «par une ville qui n'en est pas mieux traitée;» voyez ci-après, p. 254.

[308] Voyez ci-dessus, p. 227, note 298.

[309] Voyez p. 258.

[310] Voyez p. 258.—Quant aux onze vers qui suivent, ils ne se trouvent que dans les Desseins: voyez ci-dessus, p, 229.

[311] Voyez p. 260.

[312] Voyez p. 261.

[313] Après les mots: «qui ne font pas le moindre agrément de ce spectacle;» voyez ci-après, p. 266.

[314] Voyez p. 280.

[315] Voyez p. 293.

[316] Après les mots: «qui a paru au premier acte;» voyez ci-après, p. 299.

[317] Voyez ci-après, p. 299 et 300.

[318] Après les mots: «que fait la perspective;» voyez ci-après, p. 300.

[319] Voyez 313.

[320] Ibidem.

[321] Après les mots: «qu'on passe de la nuit au jour;» voyez ci-après, p. 315.

[322] Voyez ci-dessus, p. 231, et p. 227, note 298.

[323] Voyez tome I, p. 228, note 3-a.

[324] Voyez p. 342.

[325] Voyez p. 242.

[326] Voyez ci-dessus, p. 231 et p. 241.

[327] Voyez p. 345.

[328] Après les mots: «de grandeur et de couleur naturelle;» voyez ci-après, p. 346.

[329] Cet Examen, tel que le donnent les éditions de 1663-1682, est identique, sauf une ou deux légères variantes, avec l'Argument de l'édition originale (1661), que nous omettons à cause de cette identité. L'Argument placé en tête des Desseins, et qui, pour les trois premiers paragraphes, est aussi presque entièrement semblable à l'Examen, a de moins le dernier alinéa.

[330] VAR. (Desseins): démêler la vérité dans la fable.

[331] VAR. (édit. de 1661 et de 1663) n'ont pas pris.

[332] VAR. (Desseins): j'ai cru que pour faciliter au spectateur l'intelligence entière de ce sujet, il étoit à propos de l'avertir de quelques particularités.

[333] C. Valerii Flacci Setini Balbi Argonauticon libri octo. C'est au livre VI de ce poëme (vers 477-506) qu'il est parlé de la métamorphose de Junon en Chalciope.

[334] Le premier alinéa se termine ici dans les Desseins, qui n'ont pas la fin de la phrase.

[335] Corneille se conforme à la coutume qui s'était introduite dans la langue française de désigner par l'accusatif du mot latin Colchi, Colchorum (voyez Valérius Flaccus, livre V, vers 284 et 422) la ville ou le pays (la Colchide) où était la Toison d'or et où régnait Ætès [335-a], père de Médée. Thomas Corneille, dans son Dictionnaire universel géographique et historique, parle, à l'article Colchide, du «royaume de Colchos,» et nomme Colchos la capitale du pays.

[335-a] Ce nom est écrit tantôt Aætes, tantôt Aæte, dans les éditions publiées du vivant de Corneille. Dans le Dictionnaire de son frère, que nous venons de citer, on lit, à l'article Colchide: «Aëte.»

[336] Voyez le livre III de Valérius Flaccus, vers 492 et suivants.

[337] Pélias.

[338] Dans l'édition de 1692: Chrétus. La véritable orthographe est Crétheus, du grec Κρηθευς (Krêtheus).

[339] On trouve pour ce nom, dans les anciennes éditions, la double orthographe Zéthes et Zethez. Toutes, y compris celle de 1692, ont Zethez dans la liste des acteurs.

[340] VAR. (Desseins): délivrèrent, en passant, Phinée des Harpies.—Dans l'édition de 1692: «et qui, par ce moyen, ayant vu Phinée en passant, le délivrèrent des Harpies.»

[341] Dans l'édition de 1692: «et pour enlever.»

[342] L'érudit connu sous le nom de Natalis Comes s'appelait Noël Conti; il est né à Milan au commencement du seizième siècle, et est mort vers 1582. Voici le passage de son principal ouvrage auquel Corneille fait allusion: «Dyonisius Milesius scripsit illam aureum vellus ad navem attulisse, atque una cum Argonautis, ultionem patris devitantem, aufugisse.» (Natalis Comitis Mythologiæ, lib. VI, cap. VIII.) Quant à Denys de Milet, historien grec, qui vivait au cinquième siècle avant Jésus-Christ, ses ouvrages sont entièrement perdus, et les fragments que Noël Conti cite sous le nom d'Argonautiques sont d'une époque postérieure à celle de l'écrivain à qui ils sont atiribués.

[343] Voyez le commencement du livre VII des Métamorphoses d'Ovide, la IXe élégie du livre III des Tristes, vers 5 et suivants, et le Ve acte de la Médée de Sénèque, vers 911 et 912. Au vers 54 du livre VII des Métamorphoses, Ovide fait dire à Médée: Frater adhuc infans, «mon frère encore enfant.»

[344] Voyez le livre Ier du poëme grec d'Apollonius de Rhodes, intitulé les Argonautiques, vers 241 et suivants.

[345] Voyez ibidem, livre IV, vers 303 et suivants.

[346] Voyez la fin du VIIIe livre des Argonautiques de Valérius Flaccus, que l'auteur a laissé inachevé, et auquel J. B. Pio de Bologne a ajouté une centaine de vers dont il a emprunté le sujet au poëme grec d'Apollonius de Rhodes.

[347] Voyez dans notre tome II, p. 332, la scène IV du Ier acte de Médée, vers 236.

[348] Le dernier membre de phrase: «si toutefois, etc.,» manque dans l'Argument de 1661 et dans l'Examen de 1663.—Daniel Heinsius attribue l'Œdipe au père de Sénèque le philosophe; quant à la Thébaïde, contrairement à l'avis de Juste Lipse, qui admire beaucoup cette tragédie, il la trouve inférieure à toutes celles qui portent le nom de Sénèque, et ne croit pas qu'elle puisse être l'ouvrage ni du père ni du fils.

[349] Voyez p. 229, note 302, et p. 230, note 306.

[350] L'édition de 1660 finit à Œdipe.

[351] Voyez ci-dessus, p. 246, note 335.

[352] «Notre siècle a inventé une.... espèce de prologue pour les pièces de machines, dit Corneille dans le Discours du poëme dramatique (voyez au tome I, p. 46 et 47), qui ne touche point au sujet, et n'est qu'une louange adroite du prince devant qui ces poëmes doivent être représentés,» et il cite comme exemples les prologues d'Andromède et de la Toison d'or. Voltaire ajoute dans la Préface qu'il a placée en tête de cette dernière pièce: «Les prologues d'Andromède et de la Toison d'or, où Louis XIV était loué, servirent ensuite de modèle à tous les prologues de Quinault, et ce fut une coutume indispensable de faire l'éloge du Roi à la tête de tous les opéras, comme dans les discours à l'Académie française. Il y a de grandes beautés dans le prologue de la Toison d'or. Ces vers surtout, que dit la France personnifiée, plurent à tout le monde:

A vaincre tant de fois mes forces s'affoiblissent:
L'Etat est florissant, mais les peuples gémissent;
Leurs membres décharnés courbent sous mes hauts faits,
Et la gloire du trône accable les sujets.

Longtemps après, il arriva, sur la fin du règne de Louis XIV, que cette pièce ayant disparu du théâtre, et n'étant lue tout au plus que par un petit nombre de gens de lettres, un de nos poëtes [352-a], dans une tragédie nouvelle, mit ces quatre vers dans la bouche d'un de ses personnages: ils furent défendus par la police. C'est une chose singulière qu'ayant été bien reçus en 1660, ils déplurent trente ans après; et qu'après avoir été regardés comme la noble expression d'une vérité importante, ils furent pris dans un autre auteur pour un trait de satire.»

[352-a] Campistron, dans Tiridate, acte II, scène II:

Je sais qu'en triomphant les États s'affoiblissent:
Le monarque est vainqueur, et les peuples gémissent;
Dans le rapide cours de ses vastes projets,
La gloire dont il brille accable ses sujets.

[353] Un traité de paix avait été conclu, le 7 novembre 1669, entre la France et l'Espagne, par le cardinal Mazarin et don Louis de Haro, dans l'île des Faisans, sur la rivière de Bidassoa. L'un des articles du traité était le mariage de Louis XIV avec l'infante Marie-Thérèse, fille aînée de Philippe IV. Cette princesse épousa le roi de France par procuration, à Fontarabie, le 3 juin 1660, et le mariage fut célébré six jours après, le 9 juin, à Saint-Jean-de-Luz.

[354] VAR. (édit. de 1661): de son illustre monarque.

[355] Dans l'édition de 1663, pour cette pièce comme pour Andromède, toutes les décorations précèdent la liste des acteurs.

[356] Voyez ci-dessus, p. 253, note 352.

[357] L'édition de 1692 donne ici: «à tout moment;» plus loin (vers 1534), elle a, comme toutes les autres éditions, le pluriel: «à tous moments.»

[358] Var. Et remonte aussitôt au même lieu dont il est parti. (1661-64)

[359] MARS, en l'air. (1661)

[360] L'orthographe de ce mot est colomnes dans toutes les anciennes éditions, y compris celle de 1692.

[361] LA PAIX, prisonnière dans le ciel; LA DISCORDE, L'ENVIE, aussi dans le ciel; LA FRANCE ET LA VICTOIRE, en terre. (1661)

[362] LA PAIX, prisonnière. (1661)

[363] Anne d'Autriche, sœur de Philippe IV, roi d'Espagne, et mère de Louis XIV, morte en 1666.

[364] Marie-Thérèse d'Autriche. Voyez ci-dessus, p. 254, note 353.

[365] Var. Que Mars sembloit plonger en d'éternels discords. (Dessein.)

[366] Mazarin, et don Louis de Haro, ministre de Philippe IV depuis l'an 1644.

[367] L'ENVIE, dans le ciel.... LA VICTOIRE, en terre. (1661)

[368] Voyez ci-dessus, p. 258, note 364.

[369] Var. Qui tombent. (1661-64)

[370] LA PAIX, libre. (1661)

[371] Thomas Corneille, selon sa coutume, et Voltaire après lui donnent «pendant qu'il chante.»

[372] Var. Et puis se séparent deux à deux. (1664)

[373] Var. A gauche. (1661-64)

[374] Philippe, frère de Louis XIV, né en 1640, qui avait pris le titre de duc d'Orléans à la mort de Gaston son oncle (2 février 1660).

[375] Ces vers doivent avoir été composés au moment de l'impression. Corneille y fait évidemment allusion au mariage du duc d'Orléans avec Henriette d'Angleterre, sœur de Charles II, lequel avait été rétabli sur le trône en 1660. Ce mariage est du 31 mars 1661, et, comme nous l'avons dit, l'Achevé d'imprimer de la première édition de la Toison d'or est du 10 mai de la même année.

[376] Ce mot est écrit champtournées dans toutes les éditions publiées du vivant de Corneille, dans celle de 1692, et même encore dans celle de Voltaire (1764).

[377] VAR. (Dessein et édit. de 1661-1664): mêlés de quantité.

[378] Par une faute singulière, l'édition de 1682 donne: «les pays,» pour: «leur pays.»

[379] Voyez ci-dessus l'Examen, p. 247.