[10] «Nos poëtes n'ont négligé aucune tentative, et n'ont pas mérité peu de gloire en osant abandonner les traces des Grecs.» (Ibidem, vers 285-287.)
[11] Agésilas régna de l'an 399 à l'an 361. On sait que Plutarque a écrit sa vie ainsi que celle de Lysandre. Le même auteur nomme Cotys et Spitridate, mais il ne les donne point pour prétendants aux filles d'Agésilas. Il dit dans la vie de ce roi: «Il.... passa jusqu'au royaume de Paphlagonie, où il fit alliance auec le roy Cotys, qui rechercha affectueusement son amitié.... comme fit aussi Spitridates, lequel abandonna Pharnabazus pour se rendre à Agesilaus.... Il (Spitridates) auoit.... vne fort belle fille preste à marier, qu'Agesilaus feit espouser à ce roy Cotys.» (Vie d'Agésilas, chapitre XI, traduction d'Amyot.) Quant à Mandane, c'est un personnage d'invention. Il en est presque de même d'Elpinice et d'Aglatide. Plutarque ne les nomme pas, et nous dit seulement à leur sujet, dans la Vie de Lysandre (chapitre XXX), que les Spartiates «condamnèrent en grosse amende deux citoyens, qui auoient fiancé ses deux filles du viuant de leur pere, et puis les refuserent quand ilz virent qu'à sa mort il se trouua.... pauure.» Xénoclès et Cléon sont indiqués par Plutarque, le premier au chapitre XVI de la Vie d'Agésilas, le second au chapitre XX, et dans la Vie de Lysandre: voyez ci-après, p. 37, note 1.
[12] Région de l'Asie Mineure, entre le Pont et la Bithynie.
[13] Voyez Plutarque, Vie d'Agésilas, chapitre VII.
[14] L'édition de 1692 et Voltaire d'après elle ont changé qu'alors qu'il en que lorsqu'il.
[15] Lysandre, envoyé par Agésilas au pays de l'Hellespont, «practiqua et fit rebeller contre son maistre vn capitaine persien nommé Spitridates, vaillant homme de sa personne, et qui estoit grand ennemy de Pharuabazus, et auoit vne armée qu'il mena à Agesilaus.» (Plutarque, Vie de Lysandre, chapitre XXIV, traduction d'Amyot.)
[16] Lysandre était «vn de ceux-la qui estoient descendus de la vraye race d'Hercules, et qui neantmoins n'auoient point de part à la royauté.» (Plutarque, ibidem, chapitre XXIV.)—Entre tous les Héraclides établis à Sparte, les deux maisons des Eurytionides et des Agiades étaient les seules qui eussent le droit de succéder au trône. Agésilas appartenait à la première.
[17] Voyez au tome VI, p. 391, note 1.
[18] «Après la mort d'Agis, Lysander, qui.... auoit plus de credit et d'authorité en la ville de Sparte que nul autre, entreprit de faire tomber la royauté sur Agesilaus.» Ensuite ce fut encore Lysandre qui détermina Agésilas à passer en Asie et lui fit obtenir tout ce qu'il demandait aux Spartiates pour la conduite de la guerre; mais arrivé à Éphèse, Agésilas «eut incontinent à desplaisir l'honneur qu'il vit que on y faisoit à Lysander.... Parquoy il commença à se porter de ceste sorte enuers luy: .... il contredisoit à tous ses conseilz, et toutes les entreprises que il mettoit en auant, mesmement celles ausquelles il se monstroit plus affectionné, il n'en faisoit pas vne, ains en prenoit d'autres à executer plustost que celles-la.» (Voyez Plutarque, Vie d'Agésilas, chapitres III, VI et VII.)
[19] Var. Et si ce cœur vouloit s'entendre avec le mien.... (1666 et 68)
[20] On lit: «la main,» dans l'édition de 1692 et dans celle de Voltaire (1764).
[21] Var. Lui fait pour notre hymen refuser son aveu [21-a]. (1666 et 68)
[21-a] Cette leçon a été reproduite par l'édition de 1692 et par celle de Voltaire (1764).
[22] Voyez tome I, p. 169, note 1.
[23] Pharnabaze, satrape d'une partie de l'Asie Mineure, qui, après le retour d'Agésilas en Grèce, battit avec Conon, près de Cnide, la flotte de Lacédémone.
[24] Var. N'y laisse aucun droit au caprice. (1666 et 68)
[25] L'édition de 1692 a changé qui n'en eût en qui n'auroit.
[26] L'édition de 1682 donne, par erreur: mettez, pour mettrez.
[27] Toutes les éditions publiées du vivant de Corneille et celle de Voltaire (1764) portent tout, pour tort, qui est évidemment la vraie leçon; c'est celle de Thomas Corneille (1692).
[28] Dans l'édition de Voltaire (1764): puissiez.
[29] Il y a ici comme un souvenir des vers 359 et 360 de Rodogune. Corneille du reste a souvent exprimé cette même idée presque dans les mêmes termes. Voyez tome II, p. 308 et 309.
[30] Voltaire fait des quatre derniers vers une scène à part, la scène IV.
[31] Voltaire (1764) a substitué pouvoir à vouloir.
[32] On dit que Lysandre vouloit faire étendre le droit de parvenir à la royauté à tous les naturels spartiates, «à celle fin que ce loyer d'honneur fust affecté non à ceux qui seroyent descendus de la race d'Hercules, mais à tous ceux qui le ressembleroient en vertu, laquelle l'auoit rendu luy-mesme egal aux Dieux en honneur; car il esperoit bien que quand on jugeroit ainsi de la royauté, il n'y auroit homme en la ville de Sparte qui plus tost fust eleu roy que luy: au moyen de quoy, il attenta premierement de le suader à ses citoyens par viues raisons, et à ces fins apprit par cueur une harangue, que luy composa Cleon halicarnassien sur ce propos.» (Plutarque, Vie de Lysandre, chapitres XXIV et XXV, traduction d'Amyot; voyez aussi la Vie d'Agésilas, chapitre XX.)
[33] Var. Vous ne savez que c'est d'aimer ni de haïr. (1666 et 68)
[34] On lit: «Il m'en faudroit,» dans l'édition de 1692 et dans celle de Voltaire (1764).
[35] Ce vers et le suivant ont été omis, par erreur, dans l'édition de 1682.
[36] L'acte finit ici dans l'édition de 1666, qui n'a point la scène VII.
[37] L'édition de 1682 a seule veut, au lieu de peut.
[38] L'édition de 1692 et Voltaire (1764) ont changé autre en d'autre.
[39] On lit: «de Perse,» dans les éditions de 1682, de 1692 et dans celle de Voltaire (1764): c'est probablement une erreur.
[40] Voyez plus haut, p. 12, note 18.
[41] Après la mort du roi Agis, frère d'Agésilas, Lysandre porta ce dernier au trône, en soutenant que Léotychide était bâtard, qu'il n'était point le fils d'Agis, mais d'Alcibiade. Voyez la Vie d'Agésilas, chapitre III.
[42] «Qu'il me soit permis de dire ici que, dans mon enfance, le P. de Tournemine, jésuite, partisan outré de Corneille, et ennemi de Racine, qu'il regardait comme janséniste, me faisait remarquer ce morceau (à partir du vers 976), qu'il préférait à toutes les pièces de Racine.» (Voltaire, Préface d'Agésilas.—L'idée première de cette partie de la scène est dans le rapide entretien rapporté deux fois par Plutarque, dans la Vie de Lysandre, chapitre XXIII, et dans la Vie d'Agésilas, chapitre VIII. On peut voir aussi l'Histoire grecque de Xénophon, livre III, chapitre IV, 8 et 9.
[43] Il y a ici une faute étrange dans l'édition de 1682: frapper, pour saper.
[44] «En toutes les villes où il passoit, si elles estoyent gouuernées par authorité du peuple, ou qu'il y eust quelque autre sorte de gouuernement, il (Lysandre) y laissoit en chacune vn capitaine ou gouuerneur lacedœmonien, auec vn conseil de dix officiers, de ceux qui parauant auoyent eu amitié et intelligence auec luy.» (Plutarque, Vie de Lysandre, chapitre XIII.)
[45] «La pauvreté de Lysander, qui vint à estre descouuerte à sa mort, rendit sa vertu plus claire et plus illustre qu'elle n'estoit en son viuant, quand on veid que de tant d'or et d'argent qui estoit passé par ses mains.... jamais il n'en auoit aggrandy ny augmenté sa maison d'vne seule maille.» (Plutarque, Vie de Lysandre, chapitre XXX, traduction d'Amyot.)
[46] Malherbe a dit à la fin d'une de ses odes:
Apollon, à portes ouvertes,
Laisse indifféremment cueillir
Les belles feuilles toujours vertes
Qui gardent les noms de vieillir.
Voyez l'édition de M. Lalanne, tome I, p. 188, pièce LIII.
[47] Voyez plus haut, p. 8, note 11.
[48] On lit prendre, au lieu de perdre, dans l'édition de 1692.
[49] Voyez ci-dessus, p. 37, note 32.
[50] Les (c'est-à-dire Lysandre et Cléon) est la leçon de toutes les éditions publiées du vivant de Corneille. Thomas Corneille (1692) et Voltaire (1764) y ont substitué la.
[51] Var. Cotys, Seigneur, veut vous parler. (1666 et 68)
[52] Var. Vous ne venez à nous que pour suivre ses pas. (1666 et 68)
[53] Le mot rendre est omis dans l'édition de 1682.
[54] Pausanias fut pendant plusieurs années roi de Lacédémone avec Agésilas. Les Spartiates le bannirent l'an 395 avant Jésus-Christ.
[55] Les éditions de 1666 et de 1668 portent d'honneurs, au pluriel.
[56] On lit dans l'édition de 1692: SPITRIDATE, à Mandane qui paroît. Voltaire (1764) coupe ici la scène et fait de ce qui suit la scène II, ayant pour personnages: MANDANE, ELPINICE, SPITRIDATE.
[57] Thomas Corneille (1692) et Voltaire après lui (1764) ont ainsi modifié ce vers:
Ose faire éclater ma flamme avant la sienne?
[58] Var. Il ne peut lui donner de rois [58-a]. (1666 et 68)
[58-a] Cette leçon a été reproduite par l'édition de 1692 et par Voltaire (1764).
[59] «On trouve dans une lettre manuscrite d'un homme de ce temps-là qu'il s'éleva un murmure très-désagréable dans le parterre, à ces vers d'Aglatide.» (Voltaire, Préface d'Agésilas.)
[60] Il y a, par erreur, perdre, au lieu de prendre, dans l'édition de 1682.
[61] Voyez tome I, p. 148, note 3.
[62] Voltaire fait des six derniers vers la scène VI (voyez ci-dessus, p. 62, note 1), ayant pour personnages COTYS, MANDANE, AGLATIDE.
[63] Cet hémistiche a été ainsi modifié dans l'édition de 1692:
Le changement vous plaît.
—Voltaire a gardé la leçon des éditions antérieures.
[64] On lit: «Avec tant d'intérêts,» dans l'édition de 1692 et dans celle de Voltaire (1764).
[65] Voltaire fait de ce qui suit une scène à part, la scène VIII (voyez ci-dessus, p. 62, note 1, et p. 72, note 2). Dans les éditions anciennes, y compris celle de 1692, le nom de CLÉON ne figure pas même en tête de la scène V.
[66] L'édition de 1682 donne seule, par une faute évidente, nous, au lieu de vous.
[67] Ici, par une autre erreur, l'édition de 1682 porte attendoit, pour entendoit.
[68] Comparez ce vers au vers 1454 de Cinna, acte V, scène I, et un peu plus loin, les vers 1982 et suivants aux vers 1696 et suivants de la même pièce, acte V, scène III.
[69] L'édition de 1682 donne, par erreur encore, votre, pour notre.
[70] Dans l'édition de Voltaire (1764): Il parle bas à Xénoclès, qui sort. Voyez tome VI, p. 650, note 2.
[71] Voyez ci-dessus, p. 37, note 32, et p. 52, vers 1096 et suivants.
[72] On lit ici dans l'édition de 1692 un vers de plus, que Voltaire donne également:
Avec moi n'appréhendez rien.
[73] Ce vers a été omis dans l'édition de 1682.
[74] Var. N'oubliez plus ceux d'un sujet. (1666 et 68)
[75] C'est-à-dire Armande Béjart, femme de Molière, qui remplissait le rôle de Flavie.
[76] Voyez le Mazurier, Galerie historique du théâtre français, tome I, p. 543.
[77] Bolæana, 1742, in-12, p. 40 et 41.
[78] Préface d'Attila, p. 7 et 8. Le nom est Ildione dans Corneille.
[79] Voyez Jornandès, de Getarum origine et rebus gestis, chapitre XLIX. Jornandès s'appuie sur l'autorité de Priscus.
[80] Voyez Histoire d'Attila.... par M. Amédée Thierry, 1856, tome I, p. 226, et tome II, p. 307 et suivantes.
[81] Le titre Au lecteur ne se trouve que dans l'édition originale, 1668. Voyez tome VI, p. 357, note 1.
[82] Attila, roi des Huns, qui commença à régner l'an de Jésus-Christ 434 ou 435, était né, suivant toute apparence, dans les dernières années du quatrième siècle. Il mourut en 453.
[83] Homo subtilis, antequam arma gereret, arte pugnabat. (Jornandès, de Getarum rebus gestis, chapitre XXXVI.) Au chapitre précédent Jornandès dit de lui qu'il était «très-fort par le conseil,» consilio validissimus.
[84] «A quelle époque précise est née cette formule fameuse d'Attila flagellum Dei, dont les légendaires et les chroniqueurs ne font qu'un mot auquel ils laissent la physionomie latine, même en langue vulgaire? On ne le sait pas: tout ce qu'on peut dire, c'est qu'elle ne se trouve chez aucun auteur contemporain, et que la légende de saint Loup.... écrite au huitième ou neuvième siècle par un prêtre de Troyes, est le plus ancien document qui nous la donne.» (Histoire d'Attila, par M. Amédée Thierry, tome II, p. 248.)
[85] Les mots: «et les Gépides,» ne sont pas dans l'édition originale.
[86] Les éditions de Thomas Corneille (1692) et de Voltaire (1764) portent ici Valentinien, mais dans la liste des acteurs, où ce nom propre reparaît, elles donnent, comme les éditions publiées du vivant de l'auteur, Valentinian.
[87] Voyez acte II, (p. 37) scène VI, vers 683-704.—On voit comme Corneille met à profit les versions diverses qui se rapportent à un fait historique; il a procédé d'une manière analogue dans Othon au sujet de la mort de Vinius. Voyez tome VI, p. 654 et la note 2.
[88] Justa Grata Honoria, petite-fille du grand Théodose, fille de Constance III et de Placidie et sœur de Valentinien III, née à Ravenne en 417, envoya son anneau à Attila en le priant de la demander en mariage. Attila ne répondit point, et quelque temps après Honoria fut enfermée à Constantinople, puis à Ravenne, à cause de sa conduite scandaleuse avec son intendant Eugénius. Ce fut alors qu'Attila réclama sa fiancée, exigeant sa mise en liberté et la part qui lui revenait dans la succession de son père, qui se composait, suivant le roi des Huns, non-seulement de la moitié des biens personnels de Constance, mais aussi de la moitié de l'empire d'Occident. Valentinien répondit que sa sœur était mariée, et que d'ailleurs l'Empire ne constituait pas un patrimoine de famille. Toutefois, lorsque plus tard le pape Léon vint supplier Attila vainqueur d'épargner Rome, celui-ci en se retirant déclara encore qu'il reviendrait accabler l'Italie si on ne lui envoyait Honoria et ses trésors. Voyez Jornandès, de Getarum rebus gestis, chapitre XLII.
[89] Dans les deux impressions de 1668, l'édition originale, aussi bien que le recueil, on lit: «et en l'attendant.»
[90] Puellam, Ildico nomine, decoram valde, sibi in matrimonium post innumerabiles uxores, ut mos erat gentis illius, socians. (Jornandès, de Getarum rebus gestis, chapitre XLIX.)
[91] «Qu'était-ce qu'Ildico? La tradition germaine en fait une fille de roi, tantôt d'un roi des Franks d'outre-Rhin, tantôt d'un roi des Burgondes.» (Histoire d'Attila, par M. Amédée Thierry, tome I, p. 226.)
[92] Attila.... noctu mulieris manu cultroque confoditur. (Marcellini comitis Chronicon.)
[93] Vino somnoque gravatus, resupinus jacebat, redundansque sanguis, qui ei solite de naribus effluebat, dum consuetis meatibus impeditur, itinere ferali faucibus illapsus eum exstinxit. (Jornandès, de Getarum rebus gestis, chapitre XLIX.)
[94] On a prétendu que Corneille avait ici uniquement en vue le traité de la Comédie de Nicole, publié en 1659, et réimprimé plus tard dans ses Essais de morale. Cela n'est pas exact. Bien que les diverses situations du Cid et les imprécations de Camille dans Horace fussent vivement blâmées dans cet ouvrage (voyez chapitres VI et VII), Corneille n'avait pas jugé à propos de répondre; il aurait eu, depuis 1659, de fréquentes occasions de le faire. Il résulte de l'examen que nous avons fait des ouvrages dirigés contre le théâtre que notre poëte veut surtout parler ici d'un Traité de la comédie et des spectacles selon la tradition de l'Église, tirée des conciles et des Saints-Pères, publié en 1667. Ce qui l'émut, ce fut moins à coup sûr la force des raisonnements, que le nom de l'auteur, qui ne figure point sur le titre, mais qu'on trouve mentionné en toutes lettres dans l'approbation des docteurs, et qui n'est autre que «Mgr le prince de Conty.» Lorsqu'on sait à qui s'adressent les paroles de Corneille, que jusqu'ici on pouvait croire dirigées contre quelque obscur controversiste, on est frappé de l'énergique indépendance du poëte. Il faut remarquer du reste qu'il avait été attaqué avec une grande violence: Cinna, Pompée, Polyeucte même n'avaient pas été épargnés; enfin le prince portait sur le Cid cet étrange jugement, qui paraît avoir surtout blessé Corneille: «Rodrigue n'obtiendroit pas le rang qu'il a dans la comédie, s'il ne l'eût mérité par deux duels, en tuant le Comte et en désarmant don Sanche; et si l'histoire le considère davantage par le nom de Cid et par ses exploits contre les Mores, la comédie l'estime beaucoup plus par sa compassion pour Chimène et par ses deux combats particuliers. Le récit même de la défaite des Mores y est fort ennuyeux et peu nécessaire à l'ouvrage, étant certain qu'il n'y avoit nulle rigueur en ce temps-là contre les duels, et n'y ayant pas d'apparence que la sévérité du roi de Castille fût si grande en cette matière, contre la coutume de son siècle, qu'il n'en pût bien pardonner deux par jour, même sans le prétexte d'une victoire aussi importante.»
[95] Tel est le texte de toutes les éditions anciennes, y compris celle de 1692. L'un est employé ici neutralement; Voltaire y a substitué le féminin: l'une.
[96] Dans l'édition de 1692: «ce qu'elles n'auroient jamais fait.» Voltaire (1764) a gardé l'ancienne leçon.
[97] La traduction de Port-Royal, attribuée à le Maistre de Saci, qui est désigné dans le privilége par le pseudonyme du: «sieur de S. Aubin.» (Voyez le Port-Royal de M. Sainte-Beuve, tome II, p. 372 et note 2.) Voici le titre de ce volume: Comédies de Terence traduites en françois avec le latin à costé et rendues tres-honnestes en y changeant fort peu de chose.... A Paris, chez la veuve Martin Durand.... M.DC.XXXXVII, in-12. Il ne comprend que trois pièces: l'Andrienne, les Adelphes et le Phormion.
[98] Corneille a déjà défendu son Menteur par des arguments tout à fait semblables. Voyez tome IV, p. 284.
[99] Presque tous les personnages de cette pièce sont historiques. Voyez ci-dessus pour Attila, p. 103, note 82; pour Honorie, p. 104, note 88; pour Ildione, p. 102, et p. 104, notes 91 et 92. Le capitaine des gardes d'Attila et la dame d'honneur d'Honorie sont les seuls rôles d'invention, encore faut-il remarquer que le nom d'Octar n'est pas imaginaire; c'est celui de l'oncle d'Attila: voyez Jornandès, de Getarum rebus gestis, chapitre XXXV. Le même historien dit au sujet d'Ardaric et Valamir, qu'Attila les aimait plus que tous les autres petits rois: super cæteros regulos diligebat. (Chapitre XXXVIII.)
[100] C'est ainsi que ce nom est imprimé dans toutes les éditions (avec un tréma de plus: Meroüée, pour marquer que l'u ne doit pas se prononcer comme un v).—Mérovée est nommé dans Grégoire de Tours. «Quelques-uns affirment que de la race de Chlogion [100-a] était le roi Mérovech, dont Childéric fut fils.» De hujus (Chlogionis) stirpe quidam Merovechum regem fuisse adserunt, cujus fuit filius Childericus. (Livre II, fin du chapitre IX.)
[100-a] Il nomme un peu plus haut Chlogion (Clodion) «roi des Francs.»
[101] Province de l'empire romain, bornée au nord par le Danube, comprise dans le diocèse d'Illyrie.
[102] «On portait à cinq cent mille hommes le nombre des troupes d'Attila.» Cujus exercitus quingentorum millium esse numero ferebantur. (Jornandès, de Getarum rebus gestis, chapitre XXXV.)
[103] Voyez plus loin, p. 113, le vers 102 et la note 105 qui s'y rapporte.
[104] On lit vous donnent dans l'édition de 1692.
[105] On désigne sous ce nom les plaines situées entre Châlons-sur-Marne (Catalaunum) et Troyes, où Attila fut défait en 451 par Aétius, général romain, qui avait réuni sous ses ordres les Burgondes, les Saxons, les Alains, les Francs, les Visigoths.
[106] L'édition de 1692 et celle de Voltaire (1764) portent leurs forces.
[107] L'édition de 1682 donne seul, au lieu de sur, ce qui n'a point de sens.
[108] Voltaire (1764) a changé des en les.
[109] Chefs des alliés d'Aétius (voyez ci-dessus, p. 113, note 1). Thierri (Théodoric), roi des Visigoths, périt dans la bataille des Champs catalauniques.
[110] Arcadius et Honorius. Le premier, empereur d'Orient, était mort l'an de Jésus-Christ 408; le second, empereur d'Occident, l'an 423.
[111] Voyez, pour le genre du mot idole, tome VI, p. 608, note 1, et le Lexique.
[112] Var. Qui n'osoit à son aide appeler de Romains. (1668)
[113] Gainas, général goth, après avoir dominé pendant quelque temps Arcadius, périt de la main des Huns, chez qui il avait cherché un asile. Stilicon, tuteur d'Honorius et régent de l'empire d'Occident, était Vandale d'origine.
[114] Théodose II, fils d'Arcadius, régna en Orient jusqu'à l'an 450. Sa sœur Pulchérie, qui monta sur le trône après lui, mourut en 453, la même année qu'Attila.
[115] Valentinien III, petit-fils de Théodose par sa mère Placidie, fut empereur d'Occident de 425 à 455. Placidie mourut en 450.
[116] L'Arar, en latin Arar et Araris, ancien nom de la Saône.
[117] Thomas Corneille (1692) et Voltaire (1764) ont changé Qu'alors que en Que lorsque. Nous avons eu déjà cette même correction dans Agésilas, acte I, scène I, vers 33. Voyez plus loin le vers 1589 (acte V, scène III p. 173), où Thomas Corneille et Voltaire ont laissé tous deux alors que.
[118] L'empereur Honorius donna à Constance, général victorieux, la main de sa sœur Placidie, mère de Valentinien, et lui conféra le titre d'Auguste, en 421. Constance mourut peu de mois après.
[119] Voyez ci-dessus, p. 104, note 88.
[120] L'édition de 1682 et celle de 1692 ont l'une et l'autre les debris, au pluriel, mais elles ont laissé le verbe au singulier.
[121] On lit pour vous, au lieu de par vous, dans l'édition de 1682.
[122] Ce vers et le précédent ont été omis par erreur dans l'édition de 1682.—Comparez Othon, acte V, scène II, vers 1601-1604 (tome VI, p. 645).
[123] Théodoric, roi des Ostrogoths, né en 455, qui en 493 se fit reconnaître roi d'Italie par l'empereur Anastase, était fils de Theodemir, frère et successeur de Valamir.
[124] Bleda, rex Hunnorum, Attilæ, fratris sui, insidiis interimitur. (Marcellini comitis Chronicon; voyez aussi Jornandès, de Getarum rebus gestis, chapitre XXXV.)
[125] Voyez plus haut, p. 121, la note 124 du vers 342.
[126] Voyez encore ci-dessus, p. 105 et la note 93.
[127] Voyez ci-dessus, p. 104, note 88.
[128] Malgré la rime, on lit ici compte, et non pas conte, dans l'édition de 1692. Il en est de même au vers 1001 (acte III, scène IV). Plus loin, dans le courant du vers 737 (acte III, scène I), l'édition originale porte comte, et les recueils de 1668, de 1682 et de 1692, compte.
[129] Lorsque Boileau, quelques années plus tard, traduisait ce vers d'Horace (Art poétique, vers 31):
In vitium ducit culpæ fuga, si caret arte,
par
Souvent la peur d'un mal nous conduit dans un pire
(Art poétique, chant I, vers 64),
il se rapprochait de Corneille au moins autant que de son modèle.
[130] Le genre du mot insulte était encore douteux. Voyez le Lexique. Voltaire (1764) a ainsi modifié le vers:
Endure telle insulte au milieu de sa cour.
[131] Voyez tome IV, p. 190, la variante du vers 936 du Menteur, et le Lexique.—Voltaire (1764) a ajouté une syllabe:
Et bien que sur le choix il me semble hésiter.
[132] Voltaire (1764) donne l'un et l'autre. Voyez plus loin le vers 605 (p. 133) .
[133] Dans ce portrait de Mérovée et de son fils, Corneille s'est appliqué à peindre Louis XIV et le grand Dauphin, qui, né en 1661, était alors effectivement «dans son premier lustre,» ou du moins en sortait à peine.
[134] Ce mot, dont l'orthographe ordinaire dans Corneille est submissions, est imprimé ici, dans toutes les éditions, avec un accent circonflexe: soûmissions.
[135] En 1666, il y avait eu à Compiègne et ailleurs de grandes revues, «pour préparer les troupes aux expéditions de l'année suivante.» (Abrégé chronologique de l'Histoire de France, par le président Hénault, année 1666.)
[136] Comparez les vers 277 et 278 du Cid (tome III, p. 120).
[137] Il nous paraît à peu près certain que Corneille a composé postérieurement à la représentation, qui avait eu lieu, comme nous l'avons dit, au mois de mars 1667, ces vers où il fait évidemment allusion à la campagne de Flandre, et aux récentes conquêtes de Louis XIV, qui prit en personne, en juin, juillet et août 1667, les villes de Tournai, de Douai, de Lille. Au siége de cette dernière place, il s'exposa tellement que Turenne menaça de se retirer s'il ne se ménageait davantage. L'impression de la pièce, nous l'avons dit aussi, ne fut achevée que vers la fin de novembre 1667.
[138] Ici encore le poëte a en vue les exercices militaires de l'année 1666. Robinet, le continuateur de la Muse historique de Loret, raconte, dans sa Lettre à Madame du 14 février, que le lundi 8, «proche Conflans, dans la plaine,» le Roi fit la revue