Des troupes de son cher Dauphin....

Qui déjà l'amant de Bellone,

En ce lieu parut en personne

Dessus un petit Bucéphal, etc.

La Gazette, dans les numéros du 8 mai et du 10 juillet, parle de deux autres revues où le Dauphin figura soit à la tête de son régiment, soit à la tête de sa compagnie.

[139] Voyez plus haut, p. 127, la note du vers 461. Ici ce n'est pas seulement Voltaire (1764), mais encore l'édition de 1682 qui donnent: «l'un et l'autre.»

[140] Telle est l'orthographe de ce mot dans toutes les anciennes éditions, et même dans celle de Voltaire (1764).

[141] Suivant son habitude, Thomas Corneille a corrigé die en dise. Voltaire a fait de même.

[142] Voyez ci-dessus, p. 104.

[143] Voltaire a supprimé ces mots, et il a ensuite ajouté seul au nom d'ARDARIC.

[144] L'édition de 1692, aussi bien que celle de Voltaire (1764), portent tout, invariable.—Dans l'édition originale, de 1668, tous est joint au participe par un trait d'union, comme ne formant avec lui qu'un seul mot: «tous-placés.»

[145] Ce fut Valentinien lui-même qui tua de sa main Aétius, l'année qui suivit la mort d'Attila: Aetius, dux et patricius, fraudulenter singuluris accitus intra palatium, manu ipsius Valentiniani imperatoris occiditur. (Idacii, episcopi Chronica, édition de 1633, p. 35.)

[146] Var. Vouloir qu'à mes yeux même un autre la possède! (1668)

[147] Jornandès (de Getarum rebus gestis, chapitre XXXV) exprime énergiquement la terreur qu'inspirait Attila: Vir in concussionem gentium natus in mundo, terrarum omnium metus, qui, nescio qua sorte, terrebat cuncta formidabili de se opinione vulgata.

[148] Voyez ci-dessus, p. 103, note 84.

[149] Var. Il faut donc m'y résoudre? Eh bien! j'ose.... De grâce. (1668)

[150] L'édition de 1682 donne, par erreur, mais, au lieu de mes.

[151] C'est la traduction du vers bien connu (Juvénal, satire vi, vers 223):

Hoc volo, sic jubeo, sit pro ratione voluntas.

[152] Les deux éditions de 1668 ont faite; celles de 1682, de 1692 et de Voltaire (1764) portent fait, sans accord.

[153] Voltaire (1764) a remplacé une autre moi-même par un autre moi-même.

[154] Attila est nommé ainsi dans Jornandès (de Getarum rebus gestis, chapitre XXXVIII): Attila rex omnium regum.

[155] Telle est la leçon des deux éditions antérieures à 1682. Celle-ci porte ton pouvoir, pour tout pouvoir, ainsi que l'édition de 1692. Voltaire a adopté comme nous la leçon primitive: tout.

[156] Var. Et pour ne plus souffrir de fers qui les captivent. (1668)—Cette leçon a été reproduite par l'édition de 1692.

[157] C'est la hâblerie du Matamore prise au sérieux. Voyez l'Illusion comique, vers 233 (tome II, p. 447).

[158] Bellorum quidem amator, sed ipse manu temperans. (Jornandès, de Getarum rebus gestis, chapitre XXXV.) Voyez ci-dessus, p. 103 et la note 83.

[159] L'édition de 1692 porte quelle insulte, au féminin. Plus haut, au vers 424, p. 125, elle avait laissé ce mot au masculin. Voltaire a mis le féminin aux deux endroits.

[160] Tel est le texte de toutes les éditions anciennes, et même encore de celle de Voltaire (1764). Il est conforme à l'usage ordinaire de Corneille. Dans des éditions modernes on a ajouté ne: «à moins qu'on n'assassine.» Voyez le Lexique.

[161] Voyez ci-dessus, acte III, scène IV, vers 1069 et 1070. (p. 151)

[162] Var. Et me remerciez de suivre ainsi vos lois. (1668, édition originale.)

[163] Bandolier, bandoulier, de l'espagnol bandolero, «voleur de campagne, qui vole en troupe et avec armes à feu.» (Dictionnaire de Furetière.) Voyez le Lexique.—L'empereur Philippe, dit l'Arabe, était fils d'un chef de brigands; Dioclétien était, selon les uns, l'affranchi d'un sénateur, selon d'autres le fils d'un greffier; Galère avait été berger, etc.

[164] Il est parlé de Sigismond roi des Bourguignons au chapitre LVIII de Jornandès.

[165] Il y a le futur, défendront, dans l'édition de 1682.

[166] Torrismond, ou plutôt Thorismond, un des vainqueurs d'Attila dans la bataille des Champs catalauniques, était fils et successeur de Théodoric, roi des Visigoths, qui périt dans cette bataille.

[167] Voyez ci-dessus, p. 117, note 116.

[168] Voyez acte III, scène II, vers 920 (p. 146).

[169] Dans l'édition de Voltaire (1764): ILDIONE, seule.

[170] Voyez ci-dessus, p. 104, et p. 137, vers 693-704.

[171] Dans Voltaire: «ni l'un ni l'autre

[172] Var. A jeté trop d'amorce à votre ambition. (1668)

[173] Voyez ci-dessus, p. 120, note 123.

[174] C'est encore un nom emprunté à Jornandès. Dans son Histoire des Goths (chapitre XLV), c'est celui du frère de Théodoric, roi des Visigoths, tué aux Champs catalauniques.

[175] L'édition de Voltaire (1764) a ici une leçon qui altère le sens: «qu'il punit par avance.»

[176] Voyez plus haut, p. 103, note 84.

[177] Sanguis, qui ci solite de naribus effluebat.... (Jornandès, de Getarum rebus gestis, chapitre XLIX.) Voyez ci-dessus, p. 105, note 93.

[178] Ici Voltaire (1764), bien qu'il ait laissé ailleurs (au vers 833 par exemple) envoyerez, donne enverroient.

[179] Après ce vers, l'édition de 1692 donne seule le jeu de scène suivant: Il montre Ildione à Honorie; et après le vers 1694, cette même édition ajoute: à Ildione.

[180] L'édition originale porte un jour, pour au jour.

[181] Voltaire a changé «ta gloire» en «la gloire.»

[182] Dans l'édition de Voltaire (1764), ce vers, précédé des mots: HONORIE à Valamir, commence la scène VI.

[183] Voyez ci-dessus, p. 174, vers 1599-1604.

[184] Ce sont les mots déjà cités de Jornandès (de Getarum rebus gestis, chapitre XLIX): Redundansque sanguis.... dum consuetis meatibus impeditur.... eum exstinxit.

[185] Jornandès (de Getarum rebus gestis, chapitre L) rapporte que ce fut Ardaric qui le premier, après la mort d'Attila, se souleva contre son fils, et qui par sa défection délivra non-seulement sa propre nation, mais encore toutes les autres, qui étaient également opprimées.

[186] Henriette-Anne d'Angleterre, fille de Charles Ier, roi d'Angleterre, et de Henriette-Marie de France, fille de Henri IV; née à Exeter en 1644, mariée en 1661 à Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV, morte en 1670.

[187] Fontenelle raconte le même fait, mais beaucoup plus brièvement. Toutefois comme il est, à notre connaissance, le premier qui en ait parlé, nous croyons utile de reproduire ici son témoignage: «Bérénice fut un duel dont tout le monde sait l'histoire. Une princesse, fort touchée des choses d'esprit et qui eût pu les mettre à la mode dans un pays barbare, eut besoin de beaucoup d'adresse pour faire trouver les deux combattants sur le champ de bataille, sans qu'ils sussent où on les menoit. Mais à qui demeura la victoire? Au plus jeune.» (Vie de Corneille dans l'Histoire de l'Académie françoise de Pellisson, publiée par l'abbé d'Olivet en 1729, in-4o, p. 195.) En 1742, lorsque la Vie de Corneille parut pour la première fois dans les Œuvres de Fontenelle, le passage que nous venons de citer ne subit qu'un fort léger changement: «Feue Madame, princesse,» au lieu de «une princesse.» (Tome III, p. 116 et 117.) Du reste, dans l'une et l'autre publication, le mot princesse est expliqué par cette note au bas de la page: «Henriette-Anne d'Angleterre.» En 1747, Louis Racine, dans ses Mémoires, rappelle fort sommairement le même fait; il dit en parlant de Bérénice: «M. de Fontenelle, dans la Vie de Corneille, son oncle, nous dit que Bérénice fut un duel.... Une princesse fameuse par son esprit et par son amour pour la poésie avait engagé les deux rivaux à traiter le même sujet.» (Pages 87 et 88.)

[188] Chapitre XXV.

[189] Marie Mancini, nièce du cardinal Mazarin, née à Rome en 1639, épousa en 1661 le prince Colonna, connétable de Naples; elle mourut vers 1715. Dans la tragédie de Racine (acte IV, scène V), Bérénice dit à Titus:

Vous êtes empereur, Seigneur, et vous pleurez!

Au sujet de cette parole, on lit parmi les notes de Voltaire, qui dans son Théâtre de Corneille a commenté les pièces des deux poëtes rivaux, la remarque suivante: «Ce vers si connu faisait allusion à cette réponse de Mlle Mancini à Louis XIV: «Vous m'aimez, vous êtes roi, vous pleurez, et je pars!»

[190] «Pierre du Ryer, dit Jolly dans son Avertissement du Théâtre de P. Corneille (p. LXX), fit imprimer, en 1645, Bérénice, tragi-comédie en prose.» C'est sans doute ce qui a amené l'auteur du Dictionnaire portatif des théâtres à dire: «Outre la tragédie de Tite et Bérénice de Pierre Corneille, ce sujet en a fourni deux autres sous le titre simple de Bérénice: l'une de du Ryer, donnée en 1645, et qui est en prose, et l'autre de l'illustre Racine.» Rien n'est plus faux que cette assertion. La Bérénice de du Ryer est un sujet purement romanesque remis au théâtre en 1657 par Thomas Corneille, sous le même titre de Bérénice.

[191] Ce n'est pas simplement pour la rime, comme on pourrait être tenté de le croire, que Robinet donne cette qualité à Mlle de Beauval; il se préoccupe toujours beaucoup des sentiments religieux des personnes de théâtre, et annonçant dans son numéro du 6 décembre de la même année la mort d'une autre actrice, il nous dit:

Cette illustre comédienne,

Et non moins illustre chrétienne,

Par son décès des plus pieux,

Qui fait croire que dans les cieux

On aura colloqué son âme,

De de Villiers étoit la femme,

Qui fut aussi tout singulier

Dedans le comique métier,

Composant même en vers et prose,

Mais maintenant il se repose,

Faisant, je crois, tout ce qu'il faut

Pour monter à son tour là-haut.

[192] Dans le rôle de Plautine, confidente de Domitie.

[193] Récréations littéraires ou Anecdotes et remarques sur différents sujets, recueillies par M. C. R*** (Cizeron Rival). Paris et Lyon, 1765, in-12, p. 67-69.

[194] Recueil de dissertations.... publié par Granet, tome II, p. 223.

[195] Virgile, Énéide, livre I, vers 475.

[196] Recueil de Granet, tome II, p. 206 et 207.

[197] Ibidem, p. 209.

[198] Recueil de dissertations.... publié par Granet, tome II, p. 219.

[199] Ibidem, tome II, p. 223 et suivantes.

[200] Ibidem, tome II, p. 242 et 243.

[201] Recueil de Granet, tome II, p. 311 et 312.—L'histoire en effet nous montre Bérénice, fille d'Agrippa, roi de Judée, née l'an 28 de Jésus-Christ, comme une femme corrompue, qui, après avoir épousé d'abord son oncle Hérode, roi de Chalcis, puis Polémon, roi de Cilicie, lequel s'était fait juif pour elle, fut répudiée par lui, à cause des débordements auxquels elle se livrait. Titus, parvenu à l'empire à trente-neuf ans, jugea indispensable de s'en séparer; elle était alors âgée de cinquante et un ans. Il y a loin de là à l'héroïne de Corneille et de Racine. On a prétendu il est vrai que la Bérénice de Titus était une nièce de celle dont nous venons de parler, mais cette interprétation ne s'est pas accréditée. Voyez le Dictionnaire historique de Bayle au nom de Bérénice, et la Dissertation sur Bérénice, par M. Rey, dans les Mémoires de la Société des antiquaires de France, nouvelle série, tome I, p. 235 et suivantes.

[202] Voyez l'Avertissement, tome I, p. XIII et XIV.

[203] Suétone, Vie de Titus, chapitre VII.

[204] L'abrégé de l'histoire de Dion Cassius par Xiphilin a été imprimé pour la première fois en 1551, par Robert Estienne, avec la traduction latine de Guillaume Blanc d'Alby, en un volume in-4o. Il y a entre les extraits de Corneille et le texte de 1551 deux ou trois différences insignifiantes, qu'il est inutile de relever. Les phrases qu'il cite ne se suivent pas dans Xiphilin: elles se trouvent aux p. 159, 160, 163, 164, 165, 169, de l'édition princeps de Robert Estienne. En 1589 a paru chez Lucas Bregel, à Paris, la traduction du même ouvrage par Antoine Canque, «conseiller du Roy au siege presidial de Clermont en Auvergne.» Nous en extrayons les passages qui correspondent à ceux que Corneille a cités:

«Estans les choses en tel estat, Vespasien fut par le Senat declaré Empereur, et Titus et Domitianus Cæsars....

«Domitianus.... se tenoit la pluspart du temps en sa maison au pont d'Alba, estant du tout affollé et asserui de l'amour de Domitia fille de Corbulo, laquelle il auoit enleuee par force à son mary Lucius Lamius Æmilianus, et pour lors il la tenoit seulement auec luy comme sa concubine, mais du depuis il l'espousa....

«En ce temps aussi le renom et bruict de Berenice estoit grand: elle s'en alla à Rome en la compagnie de son frere Agrippa, auquel on donna la dignité honoraire de Preteur, et elle eut pour sa maison et demeure le Palais, où Titus l'entretenoit, et cuidoit-on qu'il la deut espouser, car desia elle se comportoit comme son espouse et femme legitime, mais Titus ayant senty le vent que les Romains estoient malcontens de telles choses la renuoya en son pays: aussi murmuroit-on fort à Rome de leur accointance.»


«Tout le temps que Titus iouyt seul de l'Empire se passa sans meurtres et effusion de sang, il ne commit aucun acte par lequel on peut iuger qu'il se laissast plus aller aux passions d'Amour. Tellement que iaçoit qu'on luy eut machiné trahisons, il se monstra neantmoins tousiours doux et clement mesmes enuers les trahistres, et Berenice estant derechef venuë à Rome il se monstra homme chaste et continent....

«Comme Titus rendit l'esprit, il dit qu'il auoit commis vn seul peché duquel il se repentoit, mais il ne declaira pas quel, ny personne ne le peut oncques asseurement sçauoir, les vns imaginans vne chose, les autres vne autre [204-a]. On tient pour asseuré, à ce que aucuns disent, qu'il se repentit d'auoir entretenu la femme de son frere nommée Domitia: les autres, ausquels i'adioute foy, de ce qu'ayant surprins Domitianus en manifeste trahison contre luy, il ne l'auoit pas occis, ains auoit plustost choisi de souffrir le malheur qui luy estoit aduenu, que de le faire tuer. Ou bien de ce qu'il laissoit l'Empire Romain entre les mains d'vn homme tel....»

[204-a] Suétone, dans sa Vie de Titus, chapitre X, parle aussi de ce regret de Titus mourant, et rejette, comme Xiphilin, la première interprétation: Suspexisse dicitur.... cœlum, multumque conquestus eripi sibi vitam immerenti: neque enim exstare ullum suum factum pænitendum, excepto duntaxat uno. Id quale fuerit, neque ipse tunc prodidit, neque cuiquam facile succurrat. Quidam opinantur consuetudinem recordatum quam cum fratris uxore habuerit; sed nullam habuisse persancte Domitia jurabat, haud negatura, si qua omnino fuisset; imo etiam gloriatura, quod illi promptissimum erat in omnibus probris.

[205] L'édition de 1679 a la faute étrange de numero, pour rumores.

[206] Le recueil de 1668 se termine par Attila.

[207] La Notice et les extraits qui précèdent renferment les renseignements nécessaires sur les quatre premiers personnages, qui appartiennent à l'histoire; les autres sont d'invention.

[208] Le second hémistiche de ce vers est le premier du vers 1050 de Polyeucte.

[209] Var. Ne devoit-il pas faire aussi tous mes plaisirs? (1679)

[210] Voyez ci-après, p. 204, les vers 87-91 et la note 213.—Dion Cassius (livre LXII, chapitre XXIII) rapporte que Corbulon, ayant un grand pouvoir comme général, et une grande renommée, aurait pu fort aisément se faire élire empereur, car tous haïssaient Néron et tous l'admiraient lui-même; mais il demeura soumis, et ne tenta point de révolte.

[211] Il y a lieu de croire que Cnéius Domitius Corbulon appartenait à l'illustre famille Domitia; l'empereur Néron était, comme l'on sait, fils de Cnéius Domitius Ahenobarbus. En outre, la sœur de Corbulon, Cæsonia, avait épousé Caligula: voyez Pline l'ancien, livre VII, chapitre V.

[212] Par une erreur singulière, les éditions de 1679 et de 1682 portent toutes deux Pompée, pour Poppée, et un peu plus loin, au vers 115, Martine, pour Martie.

[213] Corbulon ayant appris, à son arrivée à Corinthe, que Néron, qui l'avait mandé en Grèce, avait ordonné sa mort, se frappa lui-même de son épée, l'an 67 après Jésus-Christ, et dit en mourant: «Je l'ai mérité.»

[214] Galba, Othon et Vitellius, qui régnèrent en 68 et 69, et dont les trois règnes réunis ne durèrent que dix-huit mois.

[215] Suétone, au chapitre IV de la Vie de Titus, dit que sa seconde femme se nommait Marcia Furnilla, et que Titus, après en avoir eu une fille, fit divorce avec elle.

[216] Il est dit dans le premier extrait de Xiphilin que Bérénice habita dans le palais: habitavit in palatio: voyez ci-dessus, p. 197.

[217] Voyez ci-dessus la Notice, p. 191 et 192.

[218] Les éditions publiées du vivant de Corneille (1671-82) portent leur prix, corrigé par l'édition de 1692 en son prix. Voltaire a gardé leur.

[219] Thomas Corneille (1692) et Voltaire (1764) ont changé la construction; ils donnent: «et je ne te puis croire.»

[220] Domitien prétendait que Vespasien l'avait institué cohéritier de l'empire, mais que le testament avait été falsifié. Voyez Suétone, Vie de Domitien, chapitre II.

[221] Ce morceau, souvent reproché à Corneille, pourrait bien lui avoir été inspiré par le livre des Maximes de la Rochefoucauld, dont la première édition a paru en 1665, cinq ans avant Tite et Berenice, et qui faisait encore le sujet de tous les entretiens. La maxime 262 commence ainsi: «Il n'y a point de passion où l'amour de soi-même règne si puissamment que dans l'amour.»

[222] On lit «un autre» dans l'édition de 1682. Voyez le vers 1732 et la note 288 qui s'y rapporte.

[223] Voltaire (1764) a ainsi modifié ce vers:

Et profitons par là d'un cœur embarrassé.

[224] Ce vers se trouve déjà dans Pertharite, acte II, scène V, vers 744.

[225] Polémon, roi de Cilicie. Voyez ci-dessus, p. 194, note 201, et plus loin, p. 245, note 258.

[226] «Le célèbre M. de Santeul, voulant composer des vers sur la campagne d'Hollande de 1672, crut ne pouvoir mieux faire que de traduire en latin ces huit vers (397-404).... Il présenta au Roi ses vers latins sous ce titre: Sur le départ du Roi, et mit à côté ceux de M. Corneille.» (Jolly, Avertissement du Theâtre de Corneille, p. LXIX et LXX.)—Santeul donne les vers 403 et 404 avec une double variante:

Pour envoyer l'effroi sur l'un et l'autre pôle
Je n'ai qu'à faire un pas et hausser ma parole.

Voici sa traduction latine:

REX ITER MEDITANS.

Sic cœptis favet usque meis Victoria, ut hostes

Me quoque pace data timeant, credantque leonem,

Qui male sopitos premit alto corde furores,

Ancipiti dudum meditans bella horrida somno;

Nec tam blanda Venus media dominatur in aula,

Quin, Marti tantum annuerim, mox palleat orbis.

(J. B. Santolii Victorini opera poetica. Paris, M.DC.XCIV, p. 211.)

[227] Ce vers est la contre-partie de celui que Corneille a placé dans la bouche d'Auguste (Cinna, acte V, scène III, vers 1696):

Je suis maître de moi comme de l'univers.

[228] Voyez plus haut, p. 204, le vers 80 et la note 211.

[229] Voyez ci-dessus, p. 203, note 210.

[230] Suétone commence ainsi sa Vie de Titus: Titus.... amor ac deliciæ generis humani; et Eutrope, au livre VII de son Abrégé de l'Histoire romaine (chapitre XXI), dit au sujet du même empereur: Huic (Vespasiano) Titus filius successit.... vir omnium virtutum genere mirabilis adeo, ut amor et deliciæ humani generis diceretur.

[231] «Il déclara qu'il n'acceptait le souverain pontificat qu'afin de conserver toujours ses mains pures. Il tint parole; car depuis ce moment, il ne fut ni l'auteur ni le complice de la mort de personne.» Nec auctor posthac cujusquam necis, nec conscius. (Suétone, Titus, chapitre IX.)

[232] Voyez ci-après, p. 247, la note 262 du vers 1112. Après l'éruption du Vésuve, Titus tira au sort, parmi les consulaires, des curateurs chargés de soulager les maux de la Campanie. (Suétone, Titus, chapitre VIII.)

[233] L'édition de 1692 donne trompez, pour rompez, ce qui ne peut être qu'une faute d'impression.

[234] Après ce vers, Voltaire a ajouté les mots: à Tite.

[235] C'est, avec une tournure un peu différente, le vers 279 de Sertorius:

Qu'importe de mon cœur, si je sais mon devoir?

[236] Nous avons vu dans les extraits de Xiphilin (p. 197 et 198) qu'après être venue une première fois à Rome avec son frère Agrippa, du vivant de Vespasien, Bérénice y retourna sous le règne de Titus.

[237] Voltaire (1764) fait suivre ce vers de l'indication: à Flavian et Albin.

[238] Voyez plus haut, p. 223, le vers 570 et les vers 559 et 560.

[239] On lit ici: «la Reine,» dans les éditions de Thomas Corneille et de Voltaire, qui deux vers plus loin ont maintenu l'un et l'autre: «sa reine.»

[240] Tel est le texte des anciennes éditions, y compris celle de 1692. Voltaire a mis: «Serait-ce un crime à moi?»

[241] Allusion à l'affranchi Félix. Voyez tome VI, p. 597, la note du vers 510 d'Othon.—Racine parle aussi de l'affranchi Félix, dans sa Bérénice (acte II, scène II):

De l'affranchi Pallas nous avons vu le frère,

Des fers de Claudius Félix encor flétri,

De deux reines, Seigneur, devenir le mari;

Et s'il faut jusqu'au bout que je vous obéisse,

Ces deux reines étoient du sang de Bérénice.

L'une des deux Drusille que Félix épousa était sœur de Bérénice.

[242] Tacite, au livre II des Histoires (chapitre LXXXI), raconte que le parti de Vespasien, au moment de son avènement à l'empire, trouva une auxiliaire zélée dans la reine Bérénice: nec minore animo regina Berenice partes juvabat, florens ætate formaque, et seni quoque Vespasiano magnificentia munerum grata. Voyez aussi plus loin, vers 861 et suivants. p. 236

[243] L'édition de 1692 a changé regarder en remarquer.

[244] Thomas Corneille et Voltaire ajoutent ici: à Bérénice, et au-dessus de la seconde phrase du vers 820, Voltaire seul: à Domitie.

[245] L'édition de 1682 donne seule: «d'un prince,» pour «du prince.»

[246] Voyez ci-dessus, p. 226, les vers 631 et 632.

[247] Voyez ci-dessus, p. 227, vers 642-644.

[248] L'édition de 1682 porte seule ma honte pour ma bonté.

[249] Toutes les éditions publiées du vivant de Corneille portent ici rejallit, que l'édition de 1692 a changé en rejaillit. Plus loin, au vers 1505, l'édition de 1671 est la seule qui porte rejaillît: toutes les autres, même celle de 1692, ont rejallît.

[250] On a rapproché de ce passage ce vers que dit Néron dans le Britannicus de Racine (publié en 1669):

Suis-je leur empereur seulement pour leur plaire?
(Acte IV, scène III.)

[251] Racine, dans sa Bérénice (acte II, scène II), emploie le même mot:

Soit raison, soit caprice,

Rome ne l'attend point pour son impératrice.

Puis, quelques vers plus loin, il développe ainsi l'idée contenue dans les vers 1001 et 1002 de Corneille:

D'ailleurs, vous le savez, en bannissant ses rois,

Rome à ce nom, si noble et si saint autrefois,

Attacha pour jamais une haine puissante;

Et quoiqu'à ses Césars fidèle, obéissante,

Cette haine, Seigneur, reste de sa fierté,

Survit dans tous les cœurs après la liberté.

[252] Voyez ci-dessus, p. 232, note 242.

[253] Dans l'édition de 1692: «feront ma seule chaîne.»

[254] Voyez ci-dessus la Notice, p. 196.

[255] Voltaire (1764) a remplacé «qui se retire,» par «qui sort.»

[256] Dans la Bérénice de Racine (acte II, scène II), Titus interroge de même son confident Paulin, et celui-ci lui fait connaître, comme ici Philon à Bérénice, les dispositions des Romains.

[257] Telle est l'orthographe de toutes les éditions données par Corneille. L'édition de 1692, et Voltaire d'après elle, ont substitué le pluriel au singulier: «assurent ce haut rang.»

[258] Voyez plus haut, p. 194, note 201, et p. 216, vers 381. L'historien Josèphe raconte au livre XX de ses Antiquités judaïques, chapitre VII, 3, que Polémon, pour épouser Bérénice, se fit circoncire; puis que Bérénice l'ayant quitté fort peu de temps après le mariage, il renonça à la religion juive.

[259] Dans la Bérénice de Racine (acte II, scène II, et acte III, scène I), il s'agit d'un semblable témoignage de reconnaissance, de l'agrandissement des États de Bérénice.

[260] Tacite raconte au livre IV de ses Histoires (chapitres LXXXV et LXXXVI) comment Mucien décida Domitien à rester à Lyon, au lieu d'aller sur le théâtre même de la guerre. Puis il ajoute: «Domitien comprit l'artifice; mais les égards commandaient de ne pas l'apercevoir: on alla donc à Lyon. De là on croit qu'il tenta par de secrets émissaires la foi de Cerealis (ou Cerialis, le général qui commandait l'armée romaine opposée au Batave Civilis): il voulait savoir si ce chef lui remettrait, en cas qu'il parût, l'armée et le commandement. Cette pensée cachait-elle un projet de guerre contre son père, ou cherchait-il à se ménager contre son frère des ressources et des forces? la chose demeura incertaine.» Intellegebantur artes; sed pars obsequii in eo ne deprehenderentur: ita Lugdunum ventum. Unde creditur Domitianus occultis ad Cerialem nunciis, fidem ejus tentavisse an præsenti sibi exercitum imperiumque traditurus foret: qua cogitatione bellum adversus patrem agitaverit, an opes virisque adversus fratrem, in incerto fuit.

[261] Toutes les éditions anciennes, y compris celles de Thomas Corneille (1692) et de Voltaire (1764), donnent causé, sans accord.

[262] Quædam sub eo fortuita ac tristia acciderunt: ut conflagratio Vesevi montis in Campania. (Suétone, Titus, chapitre VIII.) Cette éruption de 79 est celle qui détruisit Herculanum, Pompeies et Stabies, et dont Pline l'Ancien fut victime.

[263] Nous avons adopté la leçon de l'édition de 1692, qui est aussi celle de Voltaire. Elle nous a paru préférable au texte des éditions antérieures: «vous pourrez.»

[264] Var. Cet unique secours qui pouvoit le servir. (1671 et 79)

[265] L'édition de 1682 porte, par erreur, «un excuse.»

[266] On lit marcenaire dans les deux éditions de 1682 et de 1692.

[267] Après la mort de Messaline, Claude épousa, avec l'assentiment du sénat, sa nièce Agrippine, dont le fils Néron avait déjà onze ans. Voyez Tacite, Annales, livre XII, chapitres V-VII.

[268] Voltaire (1764) a mis le singulier: moyen.

[269] L'édition de 1682 donne seule: «en des plus sûres mains.»

[270] Voyez ci-dessus, p. 246, note 260.

[271] Corneille avait dit dans Polyeucte (acte II, scène I, vers 388):

M'en croirez-vous, Seigneur? ne la revoyez point.

Voyez tome III, p. 505.

[272] Ces six vers se trouvent déjà, avec quelques variantes çà et là, dans Sophonisbe, où Lélius dit à Massinisse (acte IV, scène III, vers 1373-1378):