Mais quand à cette ardeur un monarque défère,
Il s'en fait un plaisir et non pas une affaire;
Il repousse l'amour comme un lâche attentat,
Dès qu'il veut prévaloir sur la raison d'État;
Et son cœur, au-dessus de ces basses amorces,
Laisse à cette raison toujours toutes ses forces.
Voyez tome VI, p. 529.
[273] Telle est l'orthographe de toutes les éditions anciennes, y compris celles de Thomas Corneille (1692) et de Voltaire (1764).
[274] Il y a Nous mourrons, au futur, dans l'édition de 1671, ce qui n'offre pas de sens.
[275] On lit dans l'Imitation de Jésus-Christ (livre II, chapitre XII): «Scias pro certo quia morientem te oportet ducere vitam.» Corneille a traduit ainsi ce passage:
Pour maxime infaillible imprime en ta pensée
Que chaque instant de vie est un pas vers la mort.
C'est ce dernier vers qu'il s'est rappelé et qu'il a reproduit presque textuellement ici. Comme l'a remarqué M. Quittard, il «redit par un tour différent ce que disent beaucoup de proverbes, entre autres ceux-ci: le moment où l'on naît est le commencement de la mort; le jour de la naissance est le messager de la mort; la vie est le chemin de la mort; la mort commence avec la vie, etc.» (Études sur les proverbes français, p. 65.)—Plusieurs poëtes ont répété ce vers avec de légères variantes. Casimir Delavigne a dit dans son Louis XI (acte 1, scène IX):
Chaque pas dans la vie est un pas vers la mort.
[276] Voyez plus haut, p. 239, note 249.
[277] Var. Non, Madame, et je veux que vous sortiez d'erreur. (1671)
[278] Cette idée revient plusieurs fois dans la Bérénice de Racine. Voyez le commencement de la scène IV du Ier acte, et la fin de la scène II du IIe acte.
[279] Néron entendant approcher les cavaliers qui avaient ordre de l'amener vivant, s'enfonça le fer dans la gorge, aidé de son secrétaire Épaphrodite. Voyez Suétone, Vie de Néron, chapitre XLIX.
[280] Il y a voulue dans toutes les éditions antérieures à 1692. Thomas Corneille a ainsi corrigé ce vers:
Si l'ardeur de vous voir a voulu l'ignorer.
Voltaire (1764) a supprimé l'accord irrégulier et donne l'hiatus: «l'a voulu ignorer.»
[281] Bérénice exprime le même désir à Titus dans la tragédie de Racine (acte IV, scène V):
Ah! Seigneur.... pourquoi nous séparer?
Je ne vous parle point d'un heureux hyménée.
Rome à ne vous plus voir m'a-t-elle condamnée?
Pourquoi m'enviez-vous l'air que vous respirez?
[282] Voltaire (1764) a supprimé ces mots et placé DOMITIAN en tête des noms des personnages.
[283] Voyez ci-dessus, p. 247, note 262.
[284] Voyez ci-dessus, p. 218, note 230.—Racine, dans sa dernière scène, place également ce mot dans la bouche de Bérénice:
Bérénice, Seigneur, ne vaut point tant d'alarmes;
Ni que par votre amour l'univers malheureux,
Dans le temps que Titus attire tous ses vœux
Et que de vos vertus il goûte les prémices,
Se voye en un moment enlever ses délices.
[285] Var. Votre cœur est à moi, j'y règne, et c'est assez. (1671)
[286] Voyez ci-dessus la Notice, p. 195.
[287] Voyez plus haut, p. 240, vers 971-974.
[288] Ici, comme au vers 306 et comme plus bas au vers 1748, on lit «un autre» dans l'édition de 1682.—Voyez tome I, p. 228, note 3-a.
[289] Voyez la note précédente.288
[290] Le mot est écrit ainsi dans toutes les anciennes éditions, y compris celles de Thomas Corneille (1692) et de Voltaire (1764). Voyez tome III, p. 136, note 2.
[291] C'est Bérénice qui exprime cette idée chez Racine, dans les derniers vers de la tragédie. Elle s'adresse à Titus et à Antiochus.
Adieu: servons tous trois d'exemple à l'univers
De l'amour la plus tendre et la plus malheureuse
Dont il puisse garder l'histoire douloureuse.
[292] Tel est le texte des éditions publiées du vivant de l'auteur. Thomas Corneille (1692) et Voltaire (1764) ont changé, avec raison ce semble, pour vous en pour nous.
[293] Molière et sa troupe, p. 92 et 93.
[294] Voyez Anecdotes dramatiques, tome II, p. 443.
[296] Acte III, scène III.
[297] 1668, p. 311 et suivantes.
[298] Contrôleur des bâtiments du Roi.
[299] Histoire du Théâtre françois, par les frères Parfait, tome XI, p. 126.
[300] Numéro du 24 janvier 1671, p. 81-83.
[301] Voyez ci-dessus la Notice de Bérénice, p. 190.
[302] Pages 107 et 108.
[303] Dans l'édition de Molière de 1682 on lit à la suite du titre de Psyché: «Representée pour le Roy dans la grande Salle des Machines du Palais des Tuilleries en Janvier, et durant tout le Carnaval de l'année 1670. Par la Troupe du Roy. Et donnée au Public sur le Theâtre de la Salle du Palais Royal, le 24 juillet 1671.»
[304] Voyez la Fameuse Comédienne, p. 33 et suivantes.
[305] Tome III, p. 369.
[306] Histoire du Théâtre françois, tome XI, p. 132.
[307] Tome XIV, p. 307.
[308] Dans le premier des deux passages cités, les frères Parfait donnent le 1er juin 1703 comme tombant au mardi, dans le second comme tombant au mercredi. C'était en réalité au vendredi, ce qui nous a engagé à supprimer la mention du jour.
[309] Mlle Desmares. (Note des frères Parfait.)
[310] M. Baron fils. (Note des mêmes.)
[311] Un passage du prologue ajouté par Dancourt à la comédie de l'Inconnu de Thomas Corneille, lors de la reprise de cet ouvrage le 21 août 1703, nous fait connaître un petit détail assez curieux:
MADEMOISELLE DESMARES.
. . . . Nous venons de remettre Psyché
Avec tout le succès qu'on s'en pouvoit promettre.
CRISPIN.
Oui, mais au double il a fallu la mettre,
Et le public s'en est presque fâché.
[312] Les principaux rôles de cette pièce, jouée le 19 août 1862, étaient ainsi distribués: Jupiter, Chéri; Vénus, Mlle Devoyod; l'Amour, Mlle Fix; Ægiale, Mlle Rose Deschamps; Psyché, Mlle Favart; le Roi, Maubant; Aglaure, Mlle Tordeus; Cydippe, Mlle Ponsin; Cléomène, Worms; Agénor, Ariste; le Zéphire, Mlle Rosa Didier; Lycas, Tronchet; le dieu d'un fleuve, Verdellet.
[313] Voyez le Dictionnaire portatif des théâtres, article Psyché, et l'Histoire de l'Académie royale des inscriptions et belles-lettres, tome XXVIII, p. 264.
[314] Voyez ci-après, p. 309 et 310, vers 546-570. Les paroles de cette plainte sont de Lully, qui composa les airs. Voyez l'Histoire du Théâtre françois, tome XI, p. 127, note a.
[315] Tel est le texte de l'édition originale; les suivantes donnent: «M. Molière.»
[316] Dans les éditions de 1682 et de 1697: «M. Corneille l'aîné.»
[317] Si Corneille est intervenu dans l'impression de Psyché, ce doit être pour l'édition originale; c'est celle que nous suivrons. Au reste il n'y a entre elle et les éditions postérieures qu'un petit nombre d'insignifiantes différences. Nous avons fait imprimer en petit texte tout ce qui n'est pas de Corneille; nous ne donnons ni notes ni variantes pour cette portion de l'ouvrage, qui sera annotée dans l'édition de Molière de M. E. Soulié.
[318] Psyché n'a pas été, du vivant de Corneille, réunie à ses œuvres. Les recueils indiqués ici sont ceux du théâtre de Molière.
[319] Ces noms d'acteurs sont tirés du programme de Psyché dont nous avons parlé dans la Notice, p. 282 et 284.
[320] Thérèse Lenoir de la Thorillière, née en 1660, avait alors onze ans; Marie-Angélique du Croisy, née en 1658, en avait treize.—Voyez p. 294 les vers 75 et 76.
[321] Il faut remarquer que le «zéphir» qui chante au troisième intermède est un autre personnage. Il était joué, nous dit le programme, par un nommé «Iannot.»
[322] «Ce qui suit, jusqu'à la fin de la pièce, est de M. C. [323], à la réserve de la première scène du troisième acte, qui est de la même main que ce qui a précédé.» (Note des éditions de 1671-1697.) Voyez ci-dessus, p. 287 et 288.
[323] Tel est le texte des éditions de 1671 et de 1676; les suivantes donnent le nom en toutes lettres: «de Monsieur de Corneille l'aîné.»
[324] Ces deux vers sont un souvenir de ce passage de la tragédie d'Horace (acte III, scène III, vers 851 et 852):
Un oracle jamais ne se laisse comprendre:
On l'entend d'autant moins que plus on croit l'entendre.
[325] On lit chacun dans l'édition de 1697. L'édition de 1682 donne de même, plus haut, au vers 482, un autre, pour une autre. Voyez tome I, p. 288, note 3-a.
[326] Dans les éditions de 1682 et de 1697: «pour ne vous pas déplaire.»
[327] Cette scène, comme il a été dit plus haut, est de Molière.
[328] Tel est le texte de l'édition originale; dans les impressions postérieures on lit: «que découvrir mon cœur.»
[329] Psyché, seule. (1676-97)
[330] «Ordonne à Zéphyre ton serviteur de m'amener ici mes sœurs, comme il m'y a transporté moi-même.» Illi tuo famulo præcipe Zephyro, simili vectura sorores hic mihi sistat. (Apulée, la Metamorphose, livre V.)
[331] Dans l'édition de 1697: «N'en a jamais vu.»
[332] Sorores egregiæ, domum redeuntes, jamque gliscentis invidiæ felle flagrantes, multa secum sermonibus mutuis perstrepebant. Sic denique infit altera: «En orba et sæva et iniqua fortuna! Hoccine tibi complacuit, ut utroque parente prognatæ, diversam sortem sustineremus?» (Apulée, la Métamorphose, livre V.)
[333] «Une des choses qui leur causa le plus de dépit fut qu'en leur présence notre héroïne ordonna aux Zéphyrs de redoubler la fraîcheur ordinaire de ce séjour.» (La Fontaine, les Amours de Psyché et de Cupidon, livre I.)
[334] Deam quoque illam deus maritus efficiet. (Apulée, la Métamorphose, livre V.)
[335] Quod si maritum etiam tam formosum tenet, ut affirmat, nulla nunc in orbe toto felicior vivit. (Apulée, la Métamorphose, livre V.)
[336] Consilium validum ambæ requiramus. (Ibidem.)
[337] L'édition de 1697 porte seule tout prêts. Voyez plus loin le vers 1800 et la note qui s'y rapporte.
[338] Præclarus ille sagittarius, ipse me telo meo percussi. (Apulée, la Métamorphose, livre V.)
[339] On lit me croire dans l'édition de 1697.
[340] Les éditions anciennes ne font figurer en tête de cette scène, que PSYCHÉ, bien qu'elle y ait pour interlocuteur LE DIEU DU FLEUVE.
[341] L'impression de 1676 porte veux, pour yeux, et de cette faute typographique l'édition de 1682 a fait vœux.
[342] Psyche.... neque tua miserrima morte meas sanctas aquas polluas, nec, etc. (Apulée, la Métamorphose, livre VI.)
[343] Dans les éditions de 1676, de 1682 et de 1697: «se doivent refuser.»
[344] L'édition de 1671 porte, par erreur sans doute, d'un fils.
[345] Dans l'édition de 1697: «Tout morts.» Voyez ci-dessus, p. 340, le vers 1350 et la note (337) qui s'y rapporte.
[346] Et ecce, inquit, inepta ego divinæ formositatis gerula, quæ ne tantillum quidem indidem mihi delibo, vel sic illi amatori meo formoso placitura. (Apulée, la Métamorphose, livre VI.)
[347] Reserat pyxidem (Psyche). Nec quidquam ibi rerum, nec formositas ulla, sed infernus somnus ac vere stygius; qui statim cooperculo revelatus, invadit eam, crassaque soporis nebula cunctis ejus membris perfunditur, et in ipso vestigio ipsaque semita collapsam possidet; et jacebat immobilis, et nihil aliud quam dormiens cadaver. (Apulée, la Metamorphose, livre VI.)
[348] Les anciennes éditions donnent se sont laissés traîner, avec accord du participe.
[349] Les éditions de 1676, de 1682 et de 1697 portent On, pour Ou.
[350] Porrecto ambrosiæ poculo, «Sume, inquit, Psyche, et immortalis esto.» (Apulée, la Métamorphose, livre VI.)
[351] Voyez ce qui est raconté au tome III, p. 254 et 465, et au tome VI, p. 567.
[352] Édition Monmerqué (1862), tome II, p. 470.
[353] Tome II, p. 524.—L'analogie de cette dernière phrase avec ce passage de la lettre du 15 janvier, que nous venons de rapporter: «qui fait souvenir de sa défunte veine,» pourrait, comme il est dit dans une note de l'édition de Mme de Sévigné à laquelle nous empruntons ces citations, donner un certain degré de vraisemblance à cette leçon de Perrin.
[354] Allusion à ce passage des Vers à Foucquet en tête d'Œdipe(tome VI, p. 122, vers 35 et 36):
Et je me trouve encor la main qui crayonna
L'âme du grand Pompée et l'esprit de Cinna.
[355] Tome II, p. 529.
[356] Tome I, p. 221 et 222.
[357] Notes sur la vie de Corneille, en tête de Corneille à la butte Saint-Roch, p. XXIII et XXIV.
[358] Œuvres, édition de 1742, tome III, p. 117.
[359] Lettre de Mlle Dupré à Bussy, 29 janvier 1675. Correspondance de Roger de Rabutin, comte de Bussy, publiée par M. Lalanne, tome II, p. 213.
[360] Préface de Pulchérie.
[361] Voyez tome I, p. 258.
[362] Tome III, p. 370.
[363] Tome IV, p. 225 et suivantes.
[364] Lettres de Mme de Sévigné, tome III, p. 192.
[365] Ælia Pulcheria, née le 19 janvier 399, petite-fille de Théodose le Grand, deuxième fille d'Arcadius et d'Ælia Eudoxia, fut déclarée Auguste et impératrice le 4 juillet 414, pour prendre soin de tout l'empire et de son frère Théodose, qui n'avoit que deux ans de moins qu'elle. Pulchérie consacra sa virginité à Jésus-Christ, et son exemple fut suivi par ses trois sœurs Flaccille, Arcadie et Marine. C'est par son influence que furent convoqués les conciles d'Éphèse et de Chalcédoine. L'Église grecque la vénère comme sainte et célèbre sa fête le 15 septembre. La disgrâce de Pulchérie et son éloignement passager de la cour eurent lieu en 447. Dans Attila, Corneille indique, en quatre vers, le caractère de cette princesse et la position qu'elle occupait; après avoir parlé de plusieurs souverains qui se laissent gouverner par ceux qui les entourent, Valamir ajoute:
Le second Théodose avoit pris leur modèle:
Sa sœur à cinquante ans le tenoit en tutelle,
Et fut, tant qu'il régna, l'âme de ce grand corps,
Dont elle fait encor mouvoir tous les ressorts.
(Acte I, scène II, vers 205-208.)
Peut-être est-ce en écrivant ce passage que l'idée de mettre au théâtre le personnage de Pulchérie s'est présentée à notre poëte.
[366] Dans sa Préface de Pulchérie, Voltaire dit que Martian ou Marcien avait «soixante et dix» ans au moment où il se maria. C'est une assez grave erreur. Marcien, né en 391, n'avait que neuf ans de plus que l'Impératrice. Marcien, qui avait passé dix-neuf ans au service domestique et militaire d'Aspar (patrice et général romain) et de son fils, et qui avait fait sous leurs ordres les guerres de Perse et d'Afrique, était parvenu, grâce à leur protection, au rang de tribun et de sénateur. Théodose mourut le 20 juin ou le 28 juillet 450; Marcien, déclaré empereur le 24 ou le 25 août, épousa ensuite Pulchérie.
[367] Léon Ier, dit le Thrace, l'Ancien ou le Grand, régna de 457 à 474. Il avait été intendant d'Aspar, qui par son crédit le fit parvenir à l'empire.
[368] Aspar, Alain de naissance et arien de religion, fit ses premières armes sous la conduite de son père, Ardaburius, général de Théodose II, qui commandait en 421 l'armée qui marcha contre les Perses. Il devint à son tour général de Théodose, conserva son crédit sous Marcien, et en 457, à la mort de ce prince, il était le personnage le plus considérable de l'Empire. Il fut massacré en 471.
[369] Aye été.... ait passé: tel est le texte des deux éditions publiées du vivant de Corneille; voyez tome VI, p. 611, note 2.
[370] Voyez ci-dessus la Notice, p. 376.
[371] Thomas Corneille (1692) et Voltaire (1764) donnent: «qu'il l'a été.»
[372] Presque tous les personnages de cette pièce sont historiques. Voyez ci-dessus, p. 376-378, l'avis Au lecteur et les notes qui l'accompagnent.
[373] Dans l'édition de 1692 il y a simplement: «sous Théodose.»
[374] Voyez ci-dessus la Notice, p. 373.
[375] Non pas quinze ans, mais plus de trente, ainsi qu'il résulte du propre témoignage de Corneille (voyez ci-dessus, p. 376 et note 2). Comme il donne de l'amour à Pulchérie, il cherche à dissimuler son âge aux spectateurs. Quinze ans ne marque pas la durée du gouvernement de Pulchérie, mais c'est l'âge qu'elle avait lorsqu'elle «empiéta le gouvernement sur son frère.»
[376] L'édition de 1682 donne seule ici le singulier vouloit.
[377] L'édition de 1692 a changé nous eu vous; Voltaire (1764) a gardé nous.
[378] On a rapproché de ce passage ces vers de Voltaire (Mort de César, acte III, scène IV):
Ce colosse effrayant dont le monde est foulé,
En pressant l'univers, est lui-même ébranlé.
[379] Procope, Aréobinde et Ardabure, qui est nommé trois vers plus loin, avaient commandé les troupes romaines dans la guerre de 421 contre les Perses. Voyez l'Histoire ecclesiastique de Socrate, livre VII, chapitres XVIII et XX. Aréobinde figure avec Aspar dans les Fastes consulaires, à l'année 434.
[380] Si nous en croyons Socrate (au chapitre xviii déjà cité), c'est Aréobinde qui tua en combat singulier le plus brave des Perses. Quant à Ardabure, il surprit et fit périr dans une embuscade sept des principaux officiers de leur armée.
[381] Athénaïs, fille du sophiste athénien Léontius, embrassa le christianisme, prit le nom d'Eudoxie, et, grâce à l'influence de Pulchérie, épousa Théodose II le 7 juin 421. Soupçonnée d'infidélité par son mari, elle se retira à Jérusalem, où elle mourut en 460.
[382] On lit Vous m'aimiez, pour Vous m'aimez, dans l'édition de 1682.
[383] Ælia Eudoxia, mère de Pulchérie, épousa Arcadius en 395 et mourut en 404. Galla Placidia Augusta, sœur d'Arcadius et d'Honorius, et par conséquent tante de Pulchérie, épousa un général d'Honorius, Constance III, qui reçut le titre d'Auguste en 421, et dont elle eut Honoria (voyez ci-dessus, p. 104, note 1) et Valentinien III.
[384] Dans l'édition de 1692:
Vous avez mes souhaits, vous avez mes amis.
[385] Il y a ici une faute commune aux deux éditions de 1673 et de 1682: le pronom vous manque dans l'une et dans l'autre.
[386] Les deux éditions publiées du vivant de Corneille (1673 et 1682) ont ici encore une même faute: Porcope, pour Procope; partout ailleurs elles portent Procope.
[387] Dans l'édition de 1692 et dans celle de Voltaire (1764):
Et les plus écoutés sont les plus mal suivis.
[388] Suivant Fontenelle, Corneille parle ici de lui-même. Voyez ci-dessus, p. 374.
[389] L'édition de 1682 a ici une faute qui dénature le sens: digne, au singulier, au lieu de dignes.
[390] Voyez tome 1, p. 205, note 3.
[391] Tel est le texte des deux éditions publiées du vivant de Corneille (1673 et 1682). Thomas Corneille (1692) donne promettre; Voltaire (1764) a gardé permettre.
[392] Voyez ci-dessus, p. 381, note 375.
[393] On lit Qu'a fait, sans accord, dans l'édition de 1682.
[394] Dans l'édition de Voltaire (1764), il y a sauvez, au lieu de sauver.
[395] Voltaire (1764) a changé l'envoira en l'enverra.
[396] Thomas Corneille (1692) et Voltaire (1764) ont substitué vous plains à nous plains, qui est la leçon des deux éditions publiées du vivant de l'auteur (1673 et 1682).
[397] L'édition de 1682 porte seule emplir, au lieu de remplir.
[398] Garder a été changé en gagner dans l'édition de 1692.
[399] Le démon, le génie.
[400] Var. Je vous vois un cœur grand, une vertu sublime. (1673)
[401] Il y a digne, au singulier, dans toutes les éditions anciennes, y compris celles de 1692 et de Voltaire (1764).
[402] Voyez ci-dessus l'avis Au lecteur, p. 377: «Elle proposa son mariage à Martian, à la charge qu'il lui permettroit de garder sa virginité, qu'elle avoit vouée et consacrée à Dieu.»
[403] Voici pour ce vers la leçon de 1692:
Mais si vous la piquiez un peu de jalousie.
—L'édition de 1682 a piquez et brouillez, au présent.
[404] Dans l'édition de 1692: «Voilà ce que je sais.»
[405] Thomas Corneille (1692) a remplacé en vain par enfin.
[406] Cet hémistiche se trouve dans Polyeucte. Voyez tome III, p. 501, vers 323.
[407] On lit: «Qu'ainsi de lui,» dans les deux éditions de 1673 et de 1682.
[408] Théodose le Grand et Arcadius.
[409] L'édition de 1682 porte par erreur Quand, pour Que.
[410] On lit: «Je pourrois,» pour «Et pourrois,» dans l'édition de 1692.
[411] Après la mort de Valens, Gratien proposa à Théodose de partager l'empire et le proclama empereur d'Orient.
[412] L'édition de 1692 porte, par erreur: «et voir d'un œil d'envie.»
[413] On lit Et, pour En, dans l'édition de 1682.
[414] Cette expression a été blâmée par Boubours (Remarques nouvelles sur la langue françoise, 1675, in-4o, p. 385). Non-seulement Ménage en fait l'éloge, mais il ajoute: «J'ai ouï dire plus d'une fois à M. Corneille que ce vers:
Prêtez-moi votre main, je vous donne l'empire,
étoit un des plus beaux qu'il eût jamais faits.» (Observations de M. Ménage sur la langue françoise. Segonde partie, 1676, in-12, p. 149.) Voyez le Lexique.
[415] L'édition de 1682 a la leçon impossible: notre, pour votre.
[416] Cet hémistiche termine la scène III dans l'édition de 1692, ainsi que dans celle de Voltaire (1764), qui donne entrer, pour rentrer.
[417] «On ne manque jamais à leur applaudir (aux rois) quand on entre dans leurs sentiments; et le seul moyen de leur contredire avec le respect qui leur est dû, c'est de se taire.» (Examen du Cid, tome III, p. 93.)
[418] Tel est le texte de l'édition de 1682 et de celles de Thomas Corneille (1692) et de Voltaire (1764). L'impression originale (1673) donne seule: «penchés vers le tombeau.»
[419] Comparez à ce vers le vers 430 de Polyeucte:
De son dernier soupir puisse lui faire hommage!
[420] Voyez ci-dessus, p. 377, et la note 367 de la p. 378.
[421] On lit dans l'édition de 1692 et dans celle de Voltaire (1764): LÉON, à Justine.
[422] D'une autre est la leçon de Thomas Corneille et de Voltaire. Les éditions antérieures (1673 et 1682) ont d'un autre. Voyez tome 1, p. 228, note 3-a.
[423] Avertissement du Théâtre de P. Corneille, p. LXXI.
[424] Voyez l'histoire de la Chine, par le P. du Halde, jésuite. (Note de Jolly.)—L'ouvrage de du Halde n'a été indiqué dans cette note qu'à titre de renseignement et non comme la source à laquelle Corneille aurait puisé; son histoire ou plutôt sa Description géographique, historique, etc., de l'empire de la Chine et de la Tartarie chinoise, n'a paru qu'en 1735. Il y est question en divers endroits, aux tomes I et III, d'Usangey (Ou san guey), ce fameux général chinois qui ayant introduit les Tartares dans la Chine pour exterminer les rebelles, et contribué, sans le vouloir, à la conquête qu'ils en firent, forma le projet de délivrer sa patrie du joug tartare. (Tome III, p. 113.) Il mourut accablé de vieillesse, après avoir reçu la dignité de roi et le titre de Ping si, «pacificateur d'Occident.» (Tome I, p. 467 et 476.) Le livre où Corneille avait pris ce sujet chinois est sans doute celui du missionnaire jésuite Martin Martini, qui fut publié à Rome en 1654, sous ce titre: De Bello Tartarico in Sinis (in-12), qui fut traduit, dès cette même année 1654, et en italien, et en français (sous ce titre: Histoire de la guerre des Tartares contre la Chine, traduite du latin du P. Martini), puis de nouveau en français par le P. Semedo, à la suite de l'Histoire de la Chine (Lyon, 1667 in-4o).
[425] Histoires, livres II, III et IV.
[426] Tome III, feuillet 1329 recto.
[427] Lettres de M. Bayle, publiées sur les originaux par des Maizeaux, Amsterdam, 1729, tome I, p. 61 et 62.
[428] Voyez la Vie de Crassus de Plutarque. Quant à Appien, s'il a réellement écrit l'histoire de la guerre des Parthes, comme il promet de le faire au chapitre XVIII du livre II de ses Guerres civiles, où il mentionne en deux mots la défaite et la mort de Crassus, cette partie de son ouvrage n'est point parvenue jusqu'à nous. Le livre de la Guerre des Parthes qu'on a mis sous son nom est tout simplement un extrait des Vies de Crassus et d'Antoine, de Plutarque.
[429] Voltaire reproche à Corneille de s'être mépris: «Suréna, dit-il, n'est point un nom propre; c'est un titre d'honneur, un nom de dignité.» Cette critique ne fait que reproduire l'opinion adoptée par tous les modernes sur la foi de Zosime; mais cette opinion est une erreur. Saint-Martin, dans ses notes sur l'Histoire du bas empire de le Beau (tome III, p. 79), a prouvé, par le témoignage des auteurs arméniens, que Suréna était bien un nom propre.
[430] «Surena n'estoit point homme de basse ou petite qualité, ains le second des Parthes après le Roy, tant en noblesse qu'en richesse et en reputation; mais en vaillance, suffisance et experience au fait des armes, le premier personnage qui fust de son temps entre les Parthes, et au demourant en grandeur et beaulté de corps ne cedant a nul autre.» (Plutarque, Vie de Crassus, chapitre XXI, traduction d'Amyot.)—Un peu plus loin, dans le même chapitre, Plutarque dit que Suréna n'avait pas encore trente ans.
[431] Ce roi, que Plutarque nomme Hyrodes (Vie de Crassus, chapitre XXI), est appelé Orodes par Appien (Guerres de Syrie, chapitre LI), et par la plupart des auteurs, et cette dernière forme a prévalu. Il était fils de Phraate III et mourut l'an 36 avant Jésus-Christ. Voyez ci-après, p. 498, note 466, et p. 530, note 488.
[432] Pacorus, fils aîné d'Orode, contribua à la victoire de Carrhes (en Mésopotamie), remportée sur Crassus l'an 53 avant Jésus-Christ. Défait en l'an 38 par Ventidius, il périt dans la bataille.
[433] Voyez ci-dessus, p. 460, notes 429 et 430.
[434] Dans le récit de Plutarque, c'est Sillace qui apporte la tête de Crassus et la jette aux pieds du roi Orode, au milieu d'une représentation des Bacchantes d'Euripide. Voyez la Vie de Crassus, chapitre XXXIII. Plus haut, au chapitre XXI, Sillace est nommé avec Suréna, comme un des généraux des Parthes.
[435] Personnage d'invention. Dans l'histoire ce n'est pas la fille, mais la sœur d'Artabase (successivement Artabaze et Artavasde dans Plutarque) qui est fiancée à Pacorus, et elle n'est point nommée: voyez Plutarque, Vie de Crassus, chapitre XXXIII. Peut-être Corneille a-t-il pris l'idée de ce changement dans une indication marginale fautive de l'Appien de Tollius (Amsterdam, 1670), où l'on lit Artabazis filia (au lieu de soror) Pacoro desponsata. Quant aux deux derniers personnages, ils n'ont rien d'historique.
[436] «(Suréna) auoit remis le Roy Hyrodes.... en son royaume, duquel il auoit esté dechassé, et luy auoit conquis la grande cité de Seleucie.» (Plutarque, Vie de Crassus, chapitre XXI, traduction d'Amyot.)—Séleucie était située dans la Babylonie, sur un canal qui joignait le Tigre à l'Euphrate.
[437] Hécatompylos, ville de l'ancienne Hyrcanie, était devenu la capitale de Parthes, et la résidence ordinaire des Arsacides.
[438] «On blasme aussi grandement les occupations ausquelles il vaqua pendant qu'il fut de sejour en la Syrie, comme tenant plus du marchand que du capitaine.» (Plutarque, Vie de Crassus, chapitre XVII, traduction d'Amyot.)
[439] Voyez plus haut, p. 462, note 436.
[440] Le questeur Cassius était un des principaux officiers de Crassus; il est nommé plusieurs fois dans Plutarque: voyez la Vie de Crassus, chapitres XVIII et XXII.
[441] Thomas Corneille (1692) et Voltaire (1764) ont remplacé l'infinitif par l'imparfait: «avoit le même emploi.»
[442] Voyez ci-dessus, p. 460, note 430.
[443] «Ce qui plus l'asseura (Crassus) et l'encouragea, fut Artabazes le roy de l'Armenie, lequel vint deuers luy en son camp avec six mille cheuaux.» (Plutarque, Vie de Crassus, chapitre XIX.)
[444] Voyez le récit de la mort de Publius, fils de Marcus Crassus, au chapitre XXV de la Vie de Crassus par Plutarque, et celui de la mort de Marcus Crassus lui-même au chapitre XXXI du même ouvrage.
«Hyrodes ayant.... diuisé ses forces en deux, luy auec vne partie alloit destruisant le royaume d'Armenie pour se venger du roy Artabazes, et auoit enuoyé Surena à l'encontre des Romains.» (Plutarque, Vie de Crassus, chapitre XXI.)
[445] Plutarque mentionne ce traité: «Hyrodes, dit-il, auoit desia fait appointement et alliance auec Artabazes le roy d'Armenie.» (Vie de Crassus, chapitre XXXIII.) Mais, comme nous l'avons déjà remarqué (ci-dessus, P.462, note 5), il s'agissait du mariage de la sœur, et non de la fille d'Artabase, avec Pacorus.
[446] On lit: «d'aimer ou de haïr,» dans l'édition de 1692. Voltaire (1764) a gardé ni.
[447] L'édition de 1692 a changé la en le: «qui vous le sacrifie.» Voltaire (1764) a gardé la.
[448] Par une singulière erreur, la première édition (1675) porte Madame, pour Mandane.
[449] L'édition de 1692 et celle de Voltaire (1764) portent en leur main, au singulier.
[450] On lit: «pour tout autre,» au masculin, dans l'édition de 1682. Voyez tome I, p. 228, note 3-a.
[451] Voyez ci-dessus, p. 474, vers 268.
[452] Il y a toute, au féminin, dans toutes les éditions anciennes, y compris celles de Thomas Corneille (1692) et de Voltaire (1764).
[453] Voltaire (1764) a substitué l'aimer à m'aimer, qui est la leçon de toutes les éditions antérieures.—Dans le second hémistiche, l'édition de 1682, par une erreur évidente, a le, pour la.
[454] L'édition de 1682 porte: «A vous le refuser.»
[455] Thomas Corneille (1692), et Voltaire après lui (1764), ont corrigé tous prêts en tout prêts; et un peu plus loin, au vers 610, Tous maîtres en Tout maîtres
[456] Voyez tome I, p. 150, note 1-a.
[457] On lit: «un autre vous-même,» dans l'édition de 1692. Voltaire a conservé la leçon des éditions antérieures: «une autre.»
[458] L'édition de 1692 porte: «S'être emparé du bien....»
[459] La même situation et une pensée analogue se trouvaient déjà dans Tite et Bérénice. Domitian y dit à Bérénice (acte III, scène II, vers 799 et 800):
Les scrupules d'État, qu'il falloit mieux combattre,
Assez et trop longtemps nous ont gênés tous quatre.
[460] Corneille avait dit au Ier acte, scène II, de Cinna (vers 73 et 74):
Les bienfaits ne font pas toujours ce que tu penses;
D'une main odieuse ils tiennent lieu d'offenses;
et Racine, au IVe acte, scène VI, de son Iphigenie, qui fut jouée plusieurs mois avant Suréna, en février 1674:
Un bienfait reproché tint toujours lieu d'offense.
[461] Voyez ci-dessus, p. 462, note 436.
[462] Voyez ci-dessus, p. 466, note 444.
[463] Cette scène rappelle en plus d'un endroit la 1re scène du IIIe acte d'Agésilas.
[464] Ici encore Thomas Corneille (1692) et Voltaire (1764) donnent: «tout prêts.» Comparez plus haut, p. 488, vers 600 et 610.
[465] Dans les auteurs anciens la forme ordinaire de ce nom est Phraates, Phrahates; cependant on trouve Phradates dans Quinte-Curce (livre VI, chapitre V). Le frère de Pacorus fut, après la mort de celui-ci, associé au trône par Orode, et régna après lui sous le nom de Phraate IV. Voyez plus loin, p. 530, la note (487) du vers 1648.
[466] Mithridate III, fils et successeur de Phraate III, et frère d'Orode, était monté sur le trône par l'assassinat de son père, l'an 58 avant Jésus-Christ. Orode ayant voulu s'emparer de la couronne, fut d'abord vaincu par lui, puis le vainquit plusieurs fois à son tour sans pouvoir le réduire, et finit par le faire mettre à mort. Corneille, qui nous a prévenus dans l'Avertissement de Rodogune qu'il avait évité de nommer dans ses vers la Cléopatre qu'il introduit dans cet ouvrage, de peur qu'on ne la confondît avec la reine d'Égypte (voyez tome IV, p. 416), a, sans doute par un scrupule analogue, changé le nom de Mithridate, que Racine avait l'année précédente remis en mémoire à tous, en celui de Mithradate, qui ne peut donner lieu à aucune confusion, et qui du reste se trouve sur des médailles.—Les éditions anciennes donnent trois fois dans cette scène Mitradate, sans h; mais plus loin, aux vers 1445 et 1644, elles portent Mithradate.
[467] Thomas Corneille (1692) a ainsi modifié ce vers:
Que vouloir ou me perdre ou la faire régner.
[468] «Il (Suréna) faisoit en tout de ses subjects et vassaux plus de dix mille cheuaux.» (Plutarque, Vie de Crassus, chapitre XXI.)
[469] Dans l'édition de 1692: «on eût eu tant d'esprit.»
[470] L'édition de 1692 a changé plus en point.
[471] Dans l'édition de Voltaire (1764): PALMIS, seule.
[472] On lit: «Et que ne nous dit point,» dans l'édition de 1692.
[473] Antigone, dans la tragédie de Sophocle qui porte son nom (vers 901 et suivants), exprime avec plus de force la même idée, et dit que la perte d'un frère est plus grande que celle d'un fils et d'un époux, parce qu'elle est plus irréparable.—Voyez aussi la tragédie d'Horace, vers 895-916.
[474] L'édition de 1682 porte: «Et de trop d'union....»
[475] Voltaire (1764) a remplacé moi-même par vous-même.
[476] L'édition de 1692 a changé veuilliez en vouliez.
[477] L'édition de 1692 et celle de Voltaire (1764) ont changé plus en point.
[478] Thomas Corneille (1692) et Voltaire (1764) ont modifié ce vers par une inversion:
C'est de quoi de nouveau tout mon cœur vous conjure.
[479] On lit dans l'édition de 1692 et dans celle de Voltaire (1764): «de n'en pas triompher.»
[480] L'édition de 1682 porte, par erreur, renonce, pour retourne.
[481] L'édition de 1692 a changé Qu'il aimoit en Qu'il aime.
[482] L'édition de 1692 porte: «ne font que mieux leur cour.»
[483] Dans l'édition de Voltaire (1764): «qu'on voit y succéder.»