(3e Placet au Roi.)

Je ne lui demandois pas tant, et je serois satisfait de lui, pourvu qu’il s’obligeât de ne me point tuer.

(Ibid.)

S’OBLIGER QUE, pour à ce que:

Il s’obligera, si vous voulez, que son père mourra avant qu’il soit huit mois.

(L’Av. II. 2. )

Remarquez que cette locution admet le second verbe au futur de l’indicatif, tandis qu’avec la tournure ordinaire il le faudrait au présent du subjonctif: «Il s’obligera à ce que son père meure.» C’est par où l’autre façon, employée par Molière, peut être utile.

L’analyse d’ailleurs la démontre excellente. Elle revient à ceci: Son père mourra avant huit mois, et à cet égard il s’obligera, il prendra un engagement positif. Cette forme exprime bien mieux la certitude du fils de la mort de son père, que si l’on y employait le conditionnel.

OBSCÉNITÉ, néologisme en 1663:

ÉLISE.

Comment dites-vous ce mot-là, madame?

CLIMÈNE.

Obscénité, madame.

ÉLISE.

Ah! mon Dieu, obscénité! Je ne sais ce que ce mot veut dire, mais je le trouve le plus joli du monde!

(Crit. de l’Éc. des fem. 3.)

OCCISEUR, meurtrier:

MASCARILLE.
Faisons l’olibrius, l’occiseur d’innocents.
(L’Ét. III. 5.)

Occiseur n’a été recueilli ni dans Trévoux ni dans le supplément au Dictionnaire de l’Académie. Aussi paraît-il forgé par Mascarille, d’après le latin.

ŒIL; CONDUIRE DE L’ŒIL:

Je conduis de l’œil toutes choses.

(Pourc. II. 11.)

ŒIL CONSTANT (D’UN), sans se troubler, avec fermeté:

J’attendrai d’un œil constant ce qu’il plaira au ciel de résoudre de moi.

(Scapin. I. 3.)

OI rimant avec È:

Ho, ho! les grands talents que votre esprit possède!
Diroit-on qu’elle y touche avec sa mine froide?
(Dép. am. I. 1.)

Oi sonnait dans l’origine oué[64]. On prononçait donc frouéde, d’où, par allégement, fréde, comme on prononce encore roide, que l’on commence à écrire raide. C’est une inconséquence de prononcer, comme nous faisons, froide et rède.

VALÈRE.
Que vient de te donner cette farouche bête?
ERGASTE.
Cette lettre, monsieur, qu’avecque cette boîte
On prétend qu’ait reçue Isabelle de vous.
(Éc. des mar. II. 8.)

On prononçait bouéte. Quelques textes imprimés du XVIe siècle l’écrivent même de la sorte, ainsi que les mots vouele, mirouer, etc., pour voile, miroir.

Une tête de barbe, avec l’étoile nette;
L’encolure d’un cygne, effilée et bien droite.
(Fâcheux. II. 7.)
D’abord j’appréhendai que cette ardeur secrète
Ne fût du noir esprit une surprise adroite.
(Tart. III. 3.)
Qui va là?—Hé! ma peur à chaque pas s’accroist!
Messieurs, ami de tout le monde.
Ah! quelle audace sans seconde
De marcher à l’heure qu’il est!
(Amph. I. 1.)

Toutes ces rimes eussent été exactes au moyen âge, et même encore au XVIe siècle, lorsque Marguerite d’Angoulême, Saint-Gelais et les autres faisaient rimer étoiles et demoiselles, paroisse et pécheresse. Alors on rimait encore pour l’oreille seule; c’est seulement au XVIIe siècle que s’introduisit la coutume vraiment barbare de rimer pour les yeux. La prononciation de la syllabe oi avait changé; mais les poëtes ne voulurent pas renoncer aux anciens priviléges, et ils sacrifièrent la rime véritable pour garder la facilité de rimer en apparence.

OMBRAGE; UN OMBRAGE, un soupçon, ou plutôt la disposition à soupçonner:

Quand d’un injuste ombrage
Votre raison saura me réparer l’outrage.
(D. Garcie. I. 3.)

OMBRAGES, au pluriel, dans le même sens:

Et que de votre esprit les ombrages puissants
Forcent mon innocence à convaincre vos sens...
(D. Garc. IV. 8.)
Qu’injustement de lui vous prenez de l’ombrage.
(Mis. II. 1.)

OMBRE; A L’OMBRE DE, figurément, sous la protection de...:

Je souhaiterois que notre mariage se pût faire à l’ombre du leur.

(B. gent. III. 7.)

OMBRES, apparences:

Mais aux ombres du crime on prête aisément foi.
(Mis. III. 5.)
Vos mines et vos cris aux ombres d’indécence
Que d’un mot ambigu peut avoir l’innocence.
(Ibid.)

ON; deux ON se rapportant à deux sujets différents:

Cette faute est très-fréquente dans Molière:

Au moins en pareil cas est-ce un bonheur bien doux
Quand on sait qu’on n’a pas d’avantage sur nous.
(Dép. am. II. 4.)
Moins on mérite un bien qu’on nous fait espérer,
Plus notre âme a de peine à pouvoir s’assurer.
(D. Garcie. II. 6.)
Je ne sais point par où l’on a pu soupçonner
Cette assignation qu’on m’avoit su donner.
(Éc. des fem. V. 2.)
Et l’ennui qu’on auroit que ce nœud qu’on résout
Vînt partager du moins un cœur que l’on veut tout.
(Tart. IV. 5.)

Le premier et le dernier on désignent Elmire elle-même; l’intermédiaire se rapporte à Orgon, et au mariage qu’il a résolu de Marianne avec Tartufe.

Mais puisque l’on (Orgon) s’obstine à m’y vouloir réduire,
Puisqu’on ne veut point croire à tout ce qu’on (Elmire) peut dire,
Et qu’on (Orgon) veut des témoins qui soient plus convaincants,
Il faut bien s’y résoudre et contenter les gens.
(Ibid. IV. 5.)

L’embarras d’Elmire, obligée de parler à double sens, peut servir peut-être d’excuse à cet endroit, et donner du moins à cette ambiguïté un air très-naturel.

Que chez vous on vit d’étrange sorte,
Et qu’on ne sait que trop la haine qu’on lui porte.
(Ibid. V. 3.)

On vit chez vous d’étrange sorte, et je ne sais que trop la haine que vous lui portez.

On n’attend pas même qu’on en demande (du tabac).

(D. Juan. I. 1.)
Veut-on qu’on rabatte,
Par des moyens doux,
Les vapeurs de rate
Qui nous minent tous?
Qu’on laisse Hippocrate,
Et qu’on vienne à nous.
(Am. méd. III. 8.)

Le premier on désigne le malade, le second, le médecin qui rabat les vapeurs. Ou bien les deux on se rapportent tous deux au malade, et la phrase revient à celle-ci: veut-on rabattre? Dans ce dernier cas, la tournure est entortillée, inusitée. Molière ne donnait pas beaucoup d’attention au style de ces divertissements.

Et la plus glorieuse (estime) a des régals peu chers,
Dès qu’on voit qu’on nous mêle avec tout l’univers.
(Mis. I. 1.)

Celui qui se voit mêlé n’est pas celui qui mêle.

Et qu’eût-on d’autre part cent belles qualités,
On regarde les gens par leurs méchants côtés.
(Ibid. I. 2.)

La personne qui a cent belles qualités n’est pas celle qui regarde les gens par leurs méchants côtés. Molière a parlé plus correctement dans cet autre passage:

Et l’on a tort ici de nourrir dans votre âme
Ce grand attachement aux défauts qu’on y blâme.
(Ibid. II. 5.)

Parce qu’il est possible que Célimène soit blâmée par ceux même qui en sa présence ont le tort de nourrir son penchant à la raillerie.

Les exemples suivants sont irréprochables:

En vain de tous côtés on l’a voulu tourner;
Hors de son sentiment on n’a pu l’entraîner.
(Ibid. IV. 1.)
Et lorsque d’en mieux faire (des vers) on n’a pas le bonheur,
On ne doit de rimer avoir aucune envie,
Qu’on n’y soit condamné sur peine de la vie.
(Ibid.)

La faute reparaît dans:

Mais croyez-vous qu’on l’aime, aux choses qu’on peut voir?
(Ibid.)
On lève les cachets, qu’on ne l’aperçoit pas.
(Amph. III. 1.)

Ces grands hauts-de-chausses sont propres à devenir les receleurs des choses qu’on dérobe, et je voudrois qu’on en eût fait pendre quelqu’un.

(L’Av. I. 3.)

On ne peut servir à désigner tout à la fois le voleur et le juge qui le fait pendre.

Molière, parlant en prose, et pour son propre compte, commet cette faute; ce qui achève de montrer combien elle lui était familière, ou que ce n’était point alors une faute reconnue:

On n’ignore pas que souvent on l’a détournée de son emploi (la philosophie) ............... Mais on ne laisse pas pour cela de faire les distinctions qu’il est besoin de faire: on n’enveloppe point dans une fausse conséquence la bonté des choses que l’on corrompt, avec la malice des corrupteurs................... Et puisque l’on ne garde point cette rigueur à tant de choses dont on abuse tous les jours, on doit bien faire la même grâce à la comédie.

(Préf. de Tartufe.)
Est-on d’une figure à faire qu’on se raille?
(Psyché. I. 1.)

Aglaure veut dire: Suis-je d’une figure à faire qu’on se raille?

Et, pour donner toute son âme,
Regarde-t-on quel droit on a de nous charmer?
(Ibid. I. 2.)

Cette négligence est très-commune dans les premiers écrivains du XVIIe siècle; c’est un des progrès incontestables de l’époque suivante de l’avoir proscrite.

«On amorce le monde avec de tels portraits;
«Pour les faire surprendre on les apporte exprès:
«On s’en fâche, on fait bruit, on vous les redemande;
«Mais on tremble toujours de crainte qu’on les rende.»
(Corn. La Suite du Menteur. II. 7.)

«Si ces personnes étoient en danger d’être assassinées, s’offenseroient-elles de ce que on les avertiroit de l’embûche qu’on leur dresse?... S’amuseroient-elles à se plaindre du peu de charité qu’on auroit eu de découvrir le dessein criminel de ces assassins?»

(Pascal. 11e Prov.)

«En vérité, mes pères, voilà le moyen de vous faire croire jusqu’à ce qu’on vous réponde; mais c’est aussi le moyen de faire qu’on ne vous croie jamais plus après qu’on vous aura répondu.»

(15e Prov.)

Celui qui répond aux jésuites, et celui qui leur ajoutait foi jusqu’au moment de cette réponse, sont évidemment deux personnes différentes.

ON DIRAIT DE..., cela ressemble à:

Et l’on diroit d’un tas de mouches reluisantes
Qui suivent en tous lieux un doux rayon de miel.
(Mélicerte. I. 3.)

Ce n’est pas que le verbe dire s’emploie jamais pour ressembler. Cette formule on dirait de, correspondant au présent cela ressemble à, suppose une ellipse: On dirait (la même chose) de... donc, cela ressemble à...

OPÉRA, en langage de gastronome:

... Et pour son opéra, d’une soupe à bouillon perlé, etc.

(B. gent. IV. 1.)

Son opéra signifie ici son chef-d’œuvre. «Opéra, dit Bouhours, se prend encore pour une chose excellente et pour un chef-d’œuvre.» Scarron écrit: «Toutes vos lettres sont admirables! ce sont ce qu’on appelle des opéra

Capi d’opera, des chefs-d’œuvre.

OPÉRER, amener un résultat:

Vous avez bien opéré avec ce beau monsieur le comte, dont vous êtes embéguiné!

(Bourg. gent. III. 3.)

OPÉRER DANS QUELQUE CHOSE:

AGNÈS.
Vous avez là-dedans bien opéré, vraiment!
(Éc. des fem. V. 4.)

OPINIATRETÉ CIVILE:

Vous avez une civile opiniâtreté qui, etc.

(B. gent. III. 18.)

ORDRE; PAR ORDRE, comme en latin ex ordine:

Eh bien! qu’est-ce? M’as-tu tout parcouru par ordre?
(Amph. III. 2.)

Des pieds à la tête, en détail.

ORDURES, au figuré:

Chaque instant de ma vie est chargé de souillures;
Elle n’est qu’un amas de crimes et d’ordures.
(Tart. III. 6.)

Pascal a employé ordure au singulier, dans le même sens:

«Que le cœur de l’homme est creux et plein d’ordure

(Pensées. p. 175.)

Ordure est formé de l’ancien adjectif ord, qui vient lui-même de sordidus, en lui ôtant la première lettre et les deux dernières syllabes. Nicot donne les verbes ordir et ordoyer, qui signifient salir, souiller. Ordir est le latin sordere, devenu de verbe neutre verbe actif:

«Trop grande privauté et accointance d’hommes derechef engendre diffame, et ordoye la renommée des femmes très-honnestes.»

(Anc. trad. de Boccace, Des Nobles malheureux. liv. 9.)

OU, ubi:

Molière paraît avoir eu une aversion décidée pour lequel, comme relatif. (Voyez LEQUEL.) On ne rencontre presque jamais chez lui ces façons de parler, auquel, par lequel, dans lequel, vers lequel, à l’aide duquel, au sujet desquels, etc.; au lieu de ces détours et de ces syllabes vides, Molière emploie brusquement .

se place chez lui toutes les fois qu’il s’agit d’exprimer la relation du datif ou de l’ablatif.

A, Y, où, sont pour Molière trois termes corrélatifs. Toute phrase qui admettrait l’un, admettra les deux autres.

Comme cet emploi de est très-commode, très-vif, et tout à fait condamné ou perdu de nos jours, j’ai cru devoir en rassembler tous les exemples fournis par Molière, pour bien faire apprécier ce parti pris du grand écrivain, et les avantages qu’il en tire. La série sera un peu longue: je la divise en exemples dans les vers, et exemples dans la prose.

Exemples dans les vers:

Nous avons eu querelle
Sur l’hymen d’Hippolyte, je le vois rebelle.
(L’Ét. I. 9.)
Je sais un sûr moyen
Pour rompre cet achat, tu pousses si bien.
(Ibid. 10.)
Mais cessez, croyez-moi, de craindre pour un bien
je serois fâché de vous disputer rien.
(Ibid. III. 3.)
Vous avez vu ce fils mon espoir se fonde?
(Ibid. IV. 3.)
Mon âme embarrassée
Ne voit que Mascarille jeter sa pensée.
(Dép. am. III. 6.)
Mais suis-je pas bien fat de vouloir raisonner
, de droit absolu, j’ai pouvoir d’ordonner?
(Sgan. 1.)
... Un cœur qui jamais n’a fait la moindre chose
A mériter l’affront ton mépris l’expose.
(Ibid. 16.)
Rien ne me reprochoit
Le tendre mouvement mon âme penchoit.
(D. Garcie. I. 1.)
Puisque chez notre sexe, l’honneur est puissant...
(Ibid.)
Ah! souffrez, dans les maux mon destin m’expose.
(Ibid. III. 2.)
Oui, le trépas cent fois me semble moins à craindre
Que cet hymen fatal l’on me veut contraindre.
(D. Garc. III. 1.)
Entretenir ce soir cet amant sous mon nom,
Par la petite rue ma chambre répond.
(Ibid. III. 2.)
Et pour justifier cette intrigue de nuit
me faisoit du sang relâcher la tendresse.....
(Ibid.)
Elle pourroit se plaindre
Du peu de retenue j’ai su me contraindre.
(Ibid.)
Les noces j’ai dit qu’il vous faut préparer.
(Éc. des fem. III. 1.)
Considérez un peu, par ce trait d’innocence,
l’expose d’un fou la haute impertinence.
(Ibid. V. 2.)
Elle a de certains mots mon dépit redouble.
(Ibid. V. 4.)
Et qu’un premier coup d’œil allume en nous les flammes
le ciel en naissant a destiné nos âmes.
(Pr. d’Él. I. 1.)
L’estime je vous tiens ne doit pas vous surprendre.
(Mis. I. 2.)
J’estime plus cela que la pompe fleurie
De tous ces faux brillants chacun se récrie.
(Ibid.)
Des vices l’on voit les humains se répandre.
(Ibid. II. 5.)
Enfin, toute la grâce et l’accommodement
s’est avec effort plié son sentiment,
C’est de dire, etc.
(Ibid. IV. 1.)
Pour moi, plus je le vois, plus surtout je m’étonne
De cette passion son cœur s’abandonne.
(Ibid.)
Et je sais encor moins comment votre cousine
Peut être la personne son penchant l’incline.
(Ibid.)
Je vous promets ici d’éviter sa présence,
De faire place au choix vous vous résoudrez.
(Mélicerte. II. 4.)
Vous devez n’avoir soin que de me contenter.
—C’est je mets aussi ma gloire la plus haute.
(Tart. II. 1.)
Fort bien! c’est un recours je ne songeois pas.
(Ibid. II. 3.)
Au plus beau des portraits lui-même il s’est peint.
(Ibid. III. 3.)
De vos regards divins l’ineffable douceur
Força la résistance s’obstinoit mon cœur.
(Ibid.)
Il suffit qu’il se rende plus sage,
Et tâche à mériter la grâce je m’engage.
(Ibid. III. 4.)
Et ce sont des papiers, à ce qu’il m’a pu dire,
sa vie et ses biens se trouvent attachés.
(Ibid. V. 1.)
Aux différents emplois Jupiter m’engage.
(Amph. Prol.)
Si votre cœur, charmante Alcmène,
Me refuse la grâce j’ose recourir...
(Amph. II. 6.)
Non, il faut qu’il ait le salaire
Des mots tout à l’heure il s’est émancipé.
(Ibid. III. 4.)
Ayez, je vous prie, agréable
De venir honorer la table
vous a Sosie invités.
(Ibid. III. 5.)
J’aurois mauvaise grâce
De maltraiter l’asile et blesser les bontés
je me suis sauvé de toutes vos fiertés.
(Fem. sav. IV. 2.)
Et les soins je vois tant de femmes sensibles
Me paroissent aux yeux des pauvretés horribles.
(Ibid. I. 1.)
Mais vous qui m’en parlez, la pratiquez-vous?
(Ibid. I. 2.)
Et l’hymen d’Henriette est le bien j’aspire.
(Ibid.. I. 4.)
Et la pensée enfin mes vœux ont souscrit....
(Ibid. III. 6.)
Cette pureté
du parfait amour consiste la beauté.
(Ibid. IV. 2.)
Et madame doit être instruite par sa sœur
De l’hymen l’on veut qu’elle apprête son cœur.
(Ibid. IV. 7.)
Il est une retraite notre âme se donne.
(Ibid. IV. 8.)
C’est sur le mariage ma mère s’apprête
Que j’ai voulu, monsieur, vous parler tête à tête.
(Ibid. V. 1.)
Le don de votre main l’on me fait prétendre.
(Ibid.)
Deux époux!
C’est trop pour la coutume.— vous arrêtez-vous?
(Ibid. V. 3.)
Suivez, suivez, monsieur, le choix je m’arrête.
(Ibid.)

Molière a même employé , rapporté à un nom de personne, pour à qui:

Et ne permettez pas.......
Que votre amour, qui sait quel intérêt m’anime,
S’obstine à triompher d’un refus légitime,
Et veuille que ce frère l’on va m’exposer
Commence d’être roi pour me tyranniser.
(D. Garcie. V. 5.)
Et je n’en veux l’éclat que pour avoir la joie
D’en couronner l’objet le ciel me renvoie.
(Ibid.)
Le véritable Amphitryon
Est l’Amphitryon l’on dîne.
(Amph. III. 5.)

, dans ce dernier exemple, est adverbe de lieu: dans la maison de qui.

Les Latins de même ont quelquefois employé ubi en relation avec un nom de personne: «Neque nobis præter te quisquam fuit ubi.....» (Cicéron), pour apud quem.

Exemples dans la prose:

C’est elle (la contrainte) qui me fait passer sur des formalités la bienséance du sexe oblige.

(Éc. des mar. II. 8.)

Est-il rien de si bas que quelques mots tout le monde rit?

(Crit. de l’Éc. des fem. 7.)

Eh! sans sortir de la cour, n’a-t-il pas (Molière) vingt caractères de gens il n’a point touché?

(Impromptu. 3.)

Vous ne sauriez m’ordonner rien je ne réponde aussitôt par une obéissance aveugle.

(Pr. d’Él. II. 4.)

Et rends à chacune les tributs la nature nous oblige.

(D. Juan. I. 2.)

Laissons là la médecine, vous ne croyez point.

(Ibid. III. 1.)

Une grimace nécessaire je veux me contraindre.

(Ibid. V. 2.)

Tous les dérèglements criminels m’a porté le feu d’une aveugle jeunesse.

(Ibid. V. 3.)

Serait-ce quelque chose je vous puisse aider?

(Méd. m. lui. I. 5.)

Je viens tout à l’heure de recevoir des lettres par où j’apprends que mon oncle est mort.

(Ibid. III. 11.)

Je te pardonne ces coups de bâton, en faveur de la dignité tu m’as élevé.

(Ibid. III. 11.)

Vous repentez-vous de cet engagement mes feux ont su vous contraindre?

(L’Av. I. 1.)

C’en est assez à mes yeux pour me justifier l’engagement j’ai pu consentir.

(Ibid.)

C’est une chose vous ne me réduirez point.

(Ibid. I. 6.)

C’est un parti il n’y a point à redire.

(Ibid.)

C’est une chose l’on doit avoir de l’égard.

(Ibid. I. 7.)

Elle n’aime ni les superbes habits, ni les riches bijoux, ni les meubles somptueux, donnent ses pareilles avec tant de chaleur.

(Ibid. II. 6.)

Les alarmes d’une personne toute prête à voir le supplice l’on veut l’attacher.

(Ibid. III. 8.)

C’est ici une aventure sans doute je ne m’attendais pas.

(Ibid. III. 11.)

C’est un mariage vous imaginez bien que je dois avoir de la répugnance.

(Ibid.)

Quand je pourrois passer sur la quantité d’égards notre sexe est obligé...

(Ibid. IV. 1.)

Ce sont des suites fâcheuses je n’ai garde de me commettre.

(L’Av. IV. 31)

Ce ne sont point ici des choses les enfants soient obligés de déférer aux pères.

(Ibid.)

C’est une chose tu m’obliges par la soumission et le respect tu te ranges.

(Ibid. IV. 5.)

Je ne vois pas.... le supplice vous croyez que je puisse être condamné pour notre engagement.

(Ibid. V. 5.)

Une journée de travail je ne gagne que dix sols.

(G. D. I. 2.)

Si j’avois étudié, j’aurois été songer à des choses on n’a jamais songé.

(Ibid. III. 1.)

Voilà un coup sans doute vous ne vous attendiez pas!

(Ibid. III. 8.)

C’est une chose je ne puis consentir.

(Ibid. III. 12.)

Voilà une connoissance je ne m’attendois point.

(Pourc. I. 7.)

C’est une chose il y va de l’intérêt du prochain.

(Ibid. II. 4.)

Les sentiments d’estime et de vénération votre personne m’oblige.

(Ibid. III. 9.)

Je renonce à la gloire elles veulent m’élever.

(Am. magn. III. 1.)

Le ciel ne sauroit rien faire je ne souscrive sans répugnance.

(Ibid.)

Un mariage je ne me sens pas encore bien résolue.

(Ibid. IV. 1.)

Une aventure merveilleuse personne ne s’attendoit.

(Ibid. V. 1.)

Que vous arrive-t-il à tous deux vous ne soyez préparés?

(Ibid. V. 4.)

Je ne veux pas me donner un nom d’autres en ma place croiroient prétendre.