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Fig. 21.—Crâne du Crossope aquatique.

Dents rouge orangé au bout, les incisives supérieures très recourbées en hameçons, sans dentelures, les inférieures longues et un peu recourbées; canines petites, molaires surmontées de tubercules aigus. Yeux très petits; oreilles arrondies, à peu près cachées sous le poil. Museau long et mobile. Corps allongé, membres courts. Queue quadrangulaire, presque aussi longue que le corps sans la tête, ciliée en dessous. Pieds forts, larges, pourvus de soies raides. 30 dents.

Crossope aquatique. Crossopus fodiens.
(Voir la plance 9.)

Ordre III.Rongeurs.

Les Rongeurs sont des Mammifères terrestres, tous de taille petite ou moyenne, ayant quatre pattes pourvues d’ongles, avec le pouce parfois rudimentaire, les oreilles et les yeux variables, ainsi que le nombre des mamelles: la queue tantôt très longue, tantôt courte ou très courte.

Leur caractère principal réside dans la dentition; leurs incisives sont très développées et arquées, leurs molaires à tubercules plus ou moins aplatis ou à proéminences formant des lignes brisées, et ils n’ont pas de canines. La place des canines est occupée par un grand espace vide auquel on a donné le nom de barre. Leurs incisives croissent sans cesse et s’usent en proportion.

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Fig. 22.—Crâne du Castor ordinaire.

Ils vivent de substances végétales ou sont omnivores, sont tantôt diurnes et tantôt nocturnes; quelques-uns ont un sommeil hibernal. Chez eux, la gestation est particulièrement courte, car elle dure seulement de trois à six semaines; les petits, sauf exception, naissent nus, sourds et aveugles. Plusieurs ont l’instinct d’amasser des provisions, d’autres de voyager et au besoin de faire une longue émigration.

La plupart ont une clavicule destinée à maintenir écartés les membres de devant, et ils se servent de leurs pattes antérieures pour porter leur nourriture à la bouche; d’autres n’ont qu’une clavicule rudimentaire.

Cinq familles de cet ordre ont en France des représentants indigènes, quatre seulement en Belgique et en Suisse.

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Fig. 23.—Crâne de l’Écureuil commun.

Les Castoridés, avec une clavicule, deux incisives supérieures, quatre molaires par mâchoire, non tuberculées, mais présentant des replis inversement contournés en haut et en bas, en tout 20 dents; le crâne fort, large et court, cinq doigts à tous les pieds; la queue en large palette écailleuse.

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Fig. 24.—Crâne de la Marmotte vulgaire.

Les Sciuridés, qui ont une clavicule, deux incisives supérieures, quatre molaires simples en bas et quatre ou cinq en haut par mâchoire, soit 20 ou 22 dents; le crâne fort, large et court; quatre doigts avec un pouce rudimentaire aux pieds; la queue touffue de la longueur du corps dans le groupe des Écureuils, ou courte dans le groupe des Marmottes.

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Fig. 25.—Crâne du Rat surmulot.

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Fig. 26.—Crâne du Campagnol Rat d’eau.

Les Myoxidés ayant pour caractères principaux une clavicule, deux incisives supérieures, deux prémolaires et six molaires à chaque mâchoire, en tout 20 dents; le crâne un peu allongé, quatre doigts avec un pouce rudimentaire devant et cinq derrière; la queue longue et poilue; les yeux grands, les oreilles moyennes et l’habitude d’un sommeil hibernal.

Les Muridés dont les caractères sont: une clavicule, deux incisives supérieures, pas de prémolaires, en tout 16 dents chez les Muridés d’Europe; le crâne assez allongé; quatre doigts avec un pouce rudimentaire devant et cinq derrière; la queue longue dans le groupe des Rats, courte dans celui des Campagnols.

Les Léporidés ou Duplicidentés, n’ayant pas de clavicule, quatre incisives supérieures, en tout 28 dents; ordinairement cinq doigts devant et quatre derrière; les oreilles longues et la queue très courte.

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Fig. 27.—Crâne du Lièvre commun.

Nous ne ferons que mentionner une autre famille, celle des Cavidés, qui ne comprend pas d’espèce française, belge ou suisse, mais à laquelle appartient une espèce américaine acclimatée en Europe, le Cochon d’Inde.

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FAMILLE DES CASTORIDÉS

Genre Castor.—Castor Linné.

Corps gros et épais; membres, surtout les antérieurs, courts; yeux très petits, oreilles courtes, queue écailleuse ovalaire, très large et très aplatie en forme de battoir; les pieds postérieurs palmés. Près de l’anus, deux paires de glandes sécrétant la matière dite «castoreum».

Castor ordinaire. Castor fiber Linné.
(Voir la plance 10.)

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FAMILLE DES SCIURIDÉS

Genre Écureuil.—Sciurus Linné.

Tête large à museau court, oreilles moyennes surmontées de longs poils en hiver; yeux grands; deux incisives légèrement brunâtres à chaque mâchoire, les molaires blanches; corps allongé avec une queue touffue.

Écureuil commun. Sciurus vulgaris Linné.
(Voir la plance
11.)

Genre Marmotte.—Arctomys Schreber.

Tête large, plus allongée que celle des Écureuils; membres trapus et forts, façonnés pour creuser la terre; oreilles courtes; yeux très gros; queue courte et poilue; 10 mamelles. Deux incisives jaunes à chaque mâchoire. En tout 22 dents.

Marmotte vulgaire. Arctomys marmotta Linné.
(Voir la plance 12.)

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FAMILLE DES MYOXIDÉS

Genre Loir.—Myoxus Schreber.

Museau plutôt conique, oreilles assez petites; yeux grands; quatre incisives et seize molaires, en tout 20 dents; queue touffue et épaisse, soit dans toute sa longueur, soit seulement vers le bout. 8 mamelles. Animaux se rapprochant des Écureuils par l’espèce du Loir et tenant des Rats par la forme des espèces du Lérot et du Muscardin.

Loir commun. Myoxus glis Linné.

Loir lérot. Myoxus nitela Schreber.

Loir muscardin. Myoxus avellanarius Linné.
(Voir les planches 13-14 et 15.)

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FAMILLE DES MURIDÉS

Genre Hamster.—Cricetus Pallas.

Tête assez grosse, museau peu allongé, oreilles moyennes, yeux plutôt petits; corps massif; membres courts, les postérieurs un peu plus longs; queue arrondie, très courte. A l’intérieur de la bouche, des cavités ou abajoues pouvant servir de réceptacles.

Hamster commun. Cricetus frumentarius Pallas.
(Cricetus vulgaris Desm.).

Pelage formé d’un duvet brun roussâtre surmonté de longs poils à bout noir, avec la bouche blanche, un trait noir au front, une tache fauve aux joues, les flancs fauves; le ventre noir ainsi que les jambes, mais les pieds blancs.

Longueur de corps 0m33.

C’est une espèce qui n’était, pour ainsi dire, pas française, il y a quelques années, car elle n’habitait que les Vosges sur notre territoire, tandis qu’elle était commune en Alsace et en Allemagne, mais, depuis 1870, on la rencontre en Lorraine, en Champagne et jusque dans les environs de Paris. Elle n’est pas indiquée dans la Suisse Romande, mais assez commune autrefois dans la province de Liège, en Belgique, elle s’est répandue aussi dans les provinces voisines. On la trouve dans les champs où elle mange toutes sortes de grains, des racines, des légumes, des insectes et même les oisillons qu’elle peut attraper; les Hamsters se dévorent même entre eux.

Elle creuse des terriers profonds à galeries multiples, ceux des mâles étant généralement plus simples, avec seulement des ouvertures, ceux des femelles plus creux, avec de nombreux conduits et plusieurs ouvertures de sortie. Aussi les deux sexes vivent-ils séparés pendant la plus grande partie de l’année.

L’accouplement se fait en mai et, dès le mois de juin, la femelle met bas dans son terrier 6 à 10 petits, puis il y a un nouvel accouplement, et, en août, une nouvelle portée. Peut-être les vieilles femelles font-elles trois portées.

Cette petite bête extrêmement nuisible amasse dans son trou des provisions considérables qu’elle transporte dans sa bouche à abajoues, et le tas de grains qu’elle met ainsi de côté est tellement volumineux qu’on cite des cas où on a découvert des réserves pesant jusqu’à 50 ou même 100 kilogrammes. Les grands froids venus, les Hamsters bouchent l’orifice de leurs terriers et vivent de grains amassés, s’engourdissant plus ou moins, lorsque l’hiver est de longue durée.

Grâce à leur fécondité, ils sont toujours nombreux, malgré la guerre que leur font les hommes, les chiens, les renards, les fouines et les putois, voire même les Rapaces.

Genre Rat.—Mus Linné.

Tête moyenne à museau plutôt allongé; oreilles plus ou moins grandes, yeux assez grands; corps allongé; membres courts. Queue très longue, couverte d’écailles.

Rat surmulot. Mus decumanus Pallas.

Rat noir. Mus rattus Linné.

Rat souris. Mus musculus Linné.

Rat mulot. Mus sylvaticus Linné.

Rat des moissons. Mus minutus Linné.
(Voir les planches 16-17-18-19 et 20.)

Genre Campagnol.—Arvicola Lacépède.

Tête assez épaisse, à museau court; oreilles petites, cachées sous le poil chez certaines espèces; yeux assez petits ou même très petits; corps épais; membres courts; doigts armés d’ongles peu recourbés et taillés pour creuser la terre; 16 dents dont deux incisives et six molaires avec proéminences en zigzags. 8 mamelles, sauf chez le Campagnol souterrain qui n’en a que 4.

Campagnol roussâtre. Arvicola rutilus Pallas.
(Arvicola glareolus Schreber.—A. rubidus Baillon.—A.
rufescens Selys, etc.).

Si on séparait le genre Campagnol en sous-genres, cette espèce serait le type du sous-genre Myodes ou Hypudœus, le Rat d’eau et le Campagnol des neiges seraient alors les types du sous-genre Hemiotomys ou Paludicola, le Campagnol souterrain serait le type du sous-genre Microtus ou Terricola, les autres formeraient le sous-genre Arvicola ou Agricola. Cette distinction est inutile ici.

Le Campagnol roussâtre a le dessus du corps d’un roux vif, fauve ou marron, les flancs gris et le dessous du corps grisâtre ou roussâtre; les pieds blanchâtres, la queue un peu plus courte que la moitié du corps, brune dessus, blanche dessous. Il a, plus que les autres, la forme d’un petit Rat, les oreilles poilues assez grandes et une coloration qui le fait de suite reconnaître.

Répandu partout en France, en Belgique et en Suisse, il n’est généralement pas très commun; il habite les prés, les bois, les jardins, le bord des étangs et se creuse un terrier peu profond où la femelle fait son nid feutré d’herbes et de mousse, lorsqu’elle ne place pas seulement ce nid sous des herbes épaisses, dans une anfractuosité du sol. Dans ce nid, elle fait chaque année de deux à quatre portées, chacune de 4 à 8 petits.

Il mange des grains, bourgeons, fruits, légumes et racines, aussi des insectes, des œufs ou les petits des oiseaux nichant à terre. Les dégâts qu’il commet au détriment des cultivateurs ne sont généralement pas importants. Il est détruit par tous les carnassiers, les oiseaux de proie, et dans les pays marécageux par les hérons qui en prennent beaucoup. On trouve fréquemment son crâne dans les nids des hérons et dans les pelotes rejetées par les Rapaces.

Des variétés à coloration très tranchée sur les flancs ont été décrites sous les noms de A. Nageri Schinz et A. bicolor Fatio.

En captivité, il refuse souvent les grains qu’on lui offre.

Campagnol des neiges. Arvicola nivalis Martin.
(Arvicola Lebruni Crespon.—A. leucurus Gerbe).

Pelage gris cendré ou brunâtre fauve en dessus, flancs jaunâtres, le dessous blanchâtre; oreilles plutôt courtes, ovales, assez larges. Queue épaisse, grise ou blanchâtre, égale à la moitié du corps.

Longueur du corps 0m19.

Il n’habite que les pays montagneux, soit en France, les Alpes et les Pyrénées, ainsi que quelques points du Midi; il est commun en Suisse. Volontiers il demeure à une grande élévation, jusqu’à plus de 3.500 mètres. L’hiver, il ne s’engourdit pas, mais se retire dans ses terriers où il mange les provisions qu’il y a entassées, bien que certains observateurs affirment qu’il ne fait aucune provision, ou bien il pénètre dans les chalets ensevelis sous la neige. En été, il vit de grains, de racines, de fleurs et de feuilles des plantes alpestres et entre volontiers dans les cabanes des bergers où il cherche à subsister.

La femelle fait deux ou trois portées, de chacune 3 à 7 petits.

On a décrit comme variété une forme, habitant plus spécialement les coteaux de la Provence et du Roussillon, remarquable par ses oreilles un peu noirâtres, sa couleur plus claire et sa queue tout à fait blanche.

Campagnol rat d’eau. Arvicola amphibius Pallas.

Campagnol des champs. Arvicola arvalis Pallas.

Campagnol agreste. Arvicola agrestis Linné.
(Voir les planches 21 et 22.)

Le Campagnol agreste n’est peut-être qu’une forme plus septentrionale du Campagnol des champs. Il est généralement de taille un peu plus forte, plus brun clair, sans ligne jaune aux flancs. D’après Fatio, il aurait toujours cinq espaces cémentaires à la seconde molaire supérieure, les oreilles égales au tiers de la tête, garnies de grands poils épais, tandis que celui des champs n’aurait jamais que quatre espaces cémentaires à la seconde molaire supérieure, les oreilles plus grandes que le tiers de la tête, couvertes de poils très courts.

Campagnol souterrain. Arvicola subterraneus
Selys.
(Voir la plance 23.)

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FAMILLE DES LÉPORIDÉS

Genre Lièvre.—Lepus Linné.

Tête assez petite avec de très longues oreilles; yeux grands, museau court; quatre incisives et douze molaires à la mâchoire supérieure, deux incisives et dix molaires à la mâchoire inférieure. Corps allongé. Membres de devant assez courts avec cinq doigts, membres postérieurs beaucoup plus longs ayant quatre doigts.

Lièvre commun. Lepus timidus Linné.

Lièvre changeant. Lepus variabilis Pallas.

Lièvre lapin. Lepus cuniculus Linné.
(Voir les planches.)

Ordre IV.Carnivores.

Mammifères terrestres ayant quatre pattes pourvues d’ongles, avec quatre ou cinq doigts; trois sortes de dents, des incisives petites, les canines généralement fortes et saillantes, les prémolaires petites avec une dent plus grande dite «carnassière».

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Fig. 28.—Crâne du Chat sauvage.

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Fig. 29.—Crâne de la Marte fouine.

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Fig. 30.—Crâne de la Belette Putois.

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Fig. 31.—Crâne du Blaireau commun.

Ils vivent de substances animales ou sont omnivores, sont tantôt diurnes et tantôt nocturnes. Aucun n’a un sommeil hibernal. Les petits naissent faibles, couverts de poils et aveugles.

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Fig. 32.—Crâne d’un vieil Ours brun.

Cinq familles de cet ordre ont des représentants en France, quatre seulement en Suisse, trois seulement en Belgique.

Les Félidés ont la tête large et arrondie; de chaque côté, quatre molaires sur trois, pointues et tranchantes; en tout trente dents; le corps allongé et souple, cinq doigts aux membres de devant et quatre à ceux de derrière, des ongles puissants, acérés et rétractiles. Ils sont digitigrades.

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Fig. 33.—Crâne du Loup commun.

Les Viverridés ont la tête allongée, quarante dents; cinq doigts à tous les membres, la queue extrêmement longue. Ils sont digitigrades.

Les Mustelidés ont la tête ovalaire, peu allongée, bien que leur museau soit souvent pointu; trente-quatre à trente-huit dents; cinq doigts à tous les membres; le corps très allongé et ordinairement très souple, les membres courts, des ongles parfois rétractiles, la queue variable. Ils sont semi-plantigrades.

Les Ursidés ont la tête allongée et bombée, quarante-deux dents, cinq doigts à tous les membres, le corps et les membres forts et trapus, des ongles puissants, mais non rétractiles, les oreilles courtes, la queue rudimentaire. Ils sont franchement plantigrades.

Les Canidés ont la tête allongée et assez étroite, quarante-deux dents, les membres longs, les ongles non rétractiles. Ils sont digitigrades.

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FAMILLE DES FÉLIDÉS

Genre Chat.—Felis Linné.

Tête courte et arrondie, oreilles assez grandes, museau très court; pattes longues armées d’ongles rétractiles très pointus.

Ce genre ne comprend que deux espèces indigènes, l’une à peu près disparue, l’autre devenue très rare ou au moins rare. Chacune peut être placée dans un sous-genre spécial, l’une dans le sous-genre Chat, caractérisé par les oreilles sans pinceau de poils au bout et la queue aussi longue que la moitié du corps; l’autre dans le sous-genre Lynx, caractérisée par les oreilles terminées par un pinceau de poils et la queue moins longue que le quart du corps.

Chat sauvage. Felis catus Linné.
(Voir la plance
27.)

Chat lynx. Felis lynx Linné.

Chat lynx.Felis lynx Linné.

Le pelage du Lynx est doux et soyeux, fauve moucheté de brun en dessus, fauve clair en dessous; la gorge est blanche, les oreilles grandes, pointues, portant au bout un pinceau de poils d’environ cinq centimètres, les pieds de devant très velus, la queue assez courte, épaisse, noirâtre au bout.

Longueur du corps: 1m05 jusqu’à 1m20, queue 0m20, hauteur au garrot 0m60.

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Fig. 34.—Chat Lynx.

Excessivement rare, tellement rare qu’on pourrait se demander si l’espèce existe encore en France. Elle n’existe plus en Suisse et en Belgique. Il y a quelques années, on a constaté, dit-on, la présence de quatre ou cinq individus dans le département de l’Isère et dans ceux des Hautes et Basses-Alpes, même dans les Pyrénées, de même qu’on a trouvé, en Corse, un animal qui doit être cette espèce. Mais, depuis cette époque, ni les zoologistes, ni les chasseurs ne rencontrent plus le Lynx et tout faisait supposer que le dernier représentant avait disparu, quand on vient de signaler, en décembre 1907 et février 1909, dans les Hautes-Alpes, la présence de trois Lynx, dont un a été tué.

Il habite les forêts les plus sauvages, les cavernes et les rochers, et, à la nuit, se met à l’affût dans une touffe de ronces ou sur une branche d’arbre, pour, de là, se précipiter sur tout animal passant à sa portée: jeunes cerfs, chamois, chevreuils, lièvres, marmottes, oiseaux; il attaquerait même parfois les chèvres et les moutons.

Très prudent, il fuit l’homme, mais blessé, il devient dangereux et fait tête au chasseur. Il vit solitaire ou par petites troupes de deux ou trois.

L’accouplement se fait en hiver et après six semaines de gestation, la femelle met bas, sur un lit de mousse et d’herbe, dans une caverne ou un grand trou bien caché.

Dans la faune du Jura, le frère Ogérien cite le Lynx comme ayant été tué dans ce département en 1834; Fatio l’indique comme tué dans le Valais en 1867, Heldreich comme capturé en Grèce en 1862. D’après Réguis, il en existait quelques rares individus en Provence en 1878. Encore aujourd’hui, on en trouve quelques-uns en Autriche, et peut-être, très exceptionnellement, on le rencontrerait dans les Hautes-Alpes françaises.

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FAMILLE DES VIVERRIDÉS

Tête longue et fine, museau allongé, oreilles longues. Corps long et souple. Membres assez hauts avec des ongles à demi-rétractiles pointus.

Genette vulgaire. Genetta vulgaris Cuvier.
(Voir la plance
28.)

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FAMILLE DES MUSTELIDÉS

Genre Marte.—Martes Ray.

Tête assez large avec le museau un peu pointu, les oreilles assez courtes, arrondies, les yeux moyens. Corps long et souple, queue longue; membres plutôt courts; marche semi-plantigrade, presque digitigrade. 38 dents.

Fourrure composée de poils longs et fins, de couleur brune un peu violacée, sous un pelage de poils très fins et très serrés.

Marte fouine. Martes foina Gmelin.

Marte des sapins. Martes abietum Ray.
(Voir les planches
29 et 30.)

Genre Belette.—Mustela Linné.

Tête assez courte, oreilles petites et arrondies, yeux moyens; queue courte ou assez courte; corps très allongé; membres courts, marche presque digitigrade. 34 dents.

Belette commune. Mustela vulgaris Brisson.

Belette hermine. Mustela herminea Linné.

Belette putois. Mustela putorius Linné.

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Fig. 35. Pied de la Belette vison

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Fig. 36. Pied de la Belette putois.

Belette vison. Mustela lutreola Linné.
(Voir les planches 31-32-33-34-35.)

Genre Loutre.—Lutra Brisson.

Tête large, museau très large et assez court; yeux petits; oreilles très petites et arrondies; membres courts, pieds palmés, queue très large à sa base, très robuste, longue, amincie peu à peu au bout. Marche à peu près plantigrade. 36 dents.

Loutre vulgaire. Lutra vulgaris Erxleben.
(Voir la plance 36.)

Genre Blaireau.—Meles Brisson.

Tête assez petite relativement au corps qui est trapu, gros, assez allongé; museau assez long; yeux assez petits; oreilles petites et rondes; membres courts et forts; pieds longs et nus en dessous, armés d’ongles robustes; queue très courte; marche presque plantigrade. 38 dents.

Blaireau commun. Meles taxus Schreber.
(Voir la plance 37.)

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FAMILLE DES URSIDÉS

Genre Ours.—Ursus Linné.

Tête voûtée et grosse; yeux petits; oreilles courtes et velues; museau allongé. Corps lourd et massif, membres épais, les postérieurs un peu plus courts; ongles forts, non rétractiles; queue presque nulle. 6 mamelles. Marche plantigrade. Normalement 42 dents, mais souvent moins, à cause de la caducité des premières prémolaires.

Ours brun. Ursus arctos Linné.
(Voir la plance
38.)

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FAMILLE DES CANIDÉS

Genre Chien.—Canis Linné.

Tête large à museau acuminé; yeux assez grands, oreilles plutôt grandes, terminées en pointe; corps allongé avec membres assez longs et élancés, ongles non rétractiles; queue longue et touffue; marche digitigrade. 42 dents, dont 20 à la mâchoire supérieure et 22 à l’inférieure.

Loup commun. Canis lupus Linné.

Renard commun. Canis vulpes Linné.
(Voir les planches
39 et 40.)

Ordre V.Pinnipèdes.

Mammifères organisés pour la vie aquatique, ayant quatre membres pourvus d’ongles, avec cinq doigts, disposés plutôt pour la nage que pour la marche; le corps couvert de poils courts et doux, très allongé, un peu en forme de poisson; trois sortes de dents: incisives, canines et molaires; queue très courte. Ce sont en réalité des carnivores aquatiques, ceux de France connus sous le nom de Phoques, tous adaptés à la vie maritime, bien qu’ils puissent séjourner dans les eaux douces.

Leur nourriture consiste exclusivement en poissons qu’ils attrapent facilement, car ils plongent admirablement et circulent sous l’eau avec aisance et rapidité, ayant de plus la faculté de suspendre leur respiration pendant un temps relativement très long et de fermer hermétiquement leurs narines. Ils passent néanmoins une partie de leur vie à l’air et marchent alors avec une certaine facilité.

Ce sont des animaux très intelligents qu’on pourrait éduquer aussi bien que les chiens, qui préfèrent les climats froids aux pays chauds et qui entreprennent volontiers de longues migrations.

Quatre genres de Phoques appartenant à la même famille habitent les côtes de France ou y font des apparitions momentanées et accidentelles. Les Phoques se distinguent des Otaries que nous voyons en France dans les cirques et les jardins zoologiques parce qu’ils n’ont pas d’oreilles, tandis que les Otaries ont de petites oreilles parfaitement visibles.

Genre Phoque.—Phoca Linné.

Museau conique et étroit, à moustaches ondulées; 5 incisives supérieures simples, coniques; ongles longs; doigts des pieds du devant décroissant progressivement de longueur à partir du premier au cinquième; doigts des pieds de derrière tous égaux. 2 mamelles; 34 dents.

Phoque veau marin. Phoca vitulina Linné.

Phoque marbré. Phoca fœtida Fabricius.
(Voir description et plance 41.)

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Fig. 37.—Crâne du Phoque veau marin.

Le premier a le nez assez large, le corps lourd et épais, à membres courts; le pelage variant du brun clair au jaune grisâtre, avec ou non des taches brunes en dessus, le dessous d’un blanc jaunâtre. Le second qui n’est peut-être qu’une variété, a le nez un peu plus allongé, le corps un peu moins épais et les membres peut-être plus longs, les dents plus faibles, les molaires moins serrées. Son pelage est gris brun ou noirâtre parsemé de grandes maculatures fauves ou blanchâtres, souvent noirâtres au centre, le dessous jaunâtre, et une tache noirâtre autour des yeux.

Genre Erignathus Gill.

Museau large, un peu convexe en dessus, à moustaches droites; 6 incisives supérieures, simples, coniques; ongles longs; doigt médian des pieds de devant plus long que les autres; doigt externe des pieds de derrière analogue aux autres. 4 mamelles. 34 dents.

Erignathe ou Phoque barbu.

Erignathus barbatus Fabricius.
(Phoca leporina Lepechin.—Phoca Lepechini Lesson.—Phoca barbata Müller.)

Tête ronde à museau large, corps long assez massif, à membres courts. Dents petites, relativement aux espèces du genre Phoque. Pelage assez variable, ordinairement gris brunâtre en dessus, sans taches apparentes, d’un blanc jaunâtre en dessous. Taille très grande, dépassant deux mètres en longueur et arrivant chez le mâle adulte à plus de trois mètres, en remarquant que, chez cette espèce, comme chez tous les Phoques, la femelle est toujours plus petite que le mâle. On le distingue des autres espèces par les très longues soies couvrant de plusieurs rangs sa lèvre supérieure. Quant au jeune, il est revêtu d’abord d’une épaisse toison blanche.

C’est une espèce des mers du Nord qui s’égare très accidentellement dans la Manche, mais ne vit pas sur nos côtes. M. Baillon et ensuite M. Marcotte l’énumèrent parmi les animaux du département de la Somme et M. Trouëssart cite la capture d’un jeune individu pris également sur les côtes de la Somme qui vécut au Jardin des Plantes de Paris et devint assez apprivoisé. Il refusa toujours les poissons d’eau douce et ne voulait manger que les poissons d’eau de mer. Irrité, il ne chercha jamais à mordre, mais se défendait avec ses ongles.

La femelle met bas, en avril, un seul petit qu’elle dépose ordinairement sur la glace.

Genre Pelage.—Pelagius F. Cuvier.

Museau allongé, à moustaches droites; seulement quatre incisives supérieures, échancrées transversalement, les molaires épaisses, serrées et trilobées à la couronne, implantées obliquement; ongles petits et courts, plats. Pieds de devant courts, le doigt externe le plus long, les autres de plus en plus courts; 4 mamelles, 32 dents.

Pelage ou Phoque moine.

Pelagius monachus Hermann.
(Phoca bicolor Shaw.—Phoca albiventer Boddaërt.)

Tête courte arrondie, mais le museau allongé. Pelage tranché, noirâtre dessus, blanchâtre dessous; ce qui lui a fait donner les noms de Moine et de Bicolor; grande taille.

Longueur du mâle adulte: 2m25 à 3m.

Le Phoque moine est l’espèce de la Méditerranée, comme les précédents sont les espèces de l’Océan. Assez commun sur les rivages de l’Archipel, il est plutôt très rare sur nos côtes, où pourtant il se reproduit. Risso l’indique comme se montrant au printemps dans les Alpes-Maritimes, Crespon parle d’un individu capturé sur le littoral du Languedoc. Ces constatations démontrent combien peu il a été observé.

On l’a élevé en captivité et on sait que, contrairement à l’espèce ci-dessus indiquée, il accepte comme nourriture les poissons d’eau douce aussi bien que les poissons de mer. Il se montre alors docile et intelligent. Heldreich, dans sa faune de la Grèce, le dit fréquent aux îles de l’Archipel, mais d’une chasse très difficile. Ce qui explique pourquoi on connaît si peu ses mœurs.

Genre Cystophore.—Cystophora Nilsson.

Tête ronde, museau peu allongé. Chez le mâle adulte une sorte de large béret sur toute la tête ou de chaperon dilatable sur le nez et la tête. Ongles longs. 4 incisives supérieures, molaires simples, à couronne raccourcie, faiblement crénelées au bord triturant. 30 dents.

Cystophore ou Phoque à capuchon.

Cystophora cristata Erxleben.
(Phoca mitrata Cuvier.—Stemmatopus cristatus F. Cuvier.)

Corps épais et massif. Pelage gris clair ou noirâtre, plus ou moins marbré et tapissé de plaques plus foncées, avec la tête et les pieds noirs. Le mâle remarquable par le bonnet ou ampoule qu’il porte sur la tête. Cet appendice ressemble à une très large casquette plate ou à un grand bonnet noirâtre qui coiffe la tête entière et porte sur le devant les deux trous des narines. Il cache les yeux par devant, si bien que l’animal ne doit voir que par les côtés.

Longueur de l’adulte, 2m10 à 2m40.

Comme les espèces précédentes, le Phoque à capuchon, originaire des mers du Nord, s’est égaré très accidentellement sur nos côtes; on a cité deux ou trois captures, mais comme il émigre régulièrement, venant du Groënland pour se reproduire sur les côtes de Norvège, où la femelle fait son petit vers le mois d’avril et qu’il n’hésite pas à entreprendre de lointains voyages, il n’est pas étonnant que, de loin en loin, on puisse observer un individu venu jusque sur les rivages de l’Allemagne, de l’Angleterre, de la Belgique ou de la France. Quand une espèce a coutume d’émigrer à des distances considérables, il arrive toujours qu’à certains moments un sujet s’égare et, une fois égaré, périt en route ou se laisse entraîner sur des points énormément éloignés de son habitat habituel.

A l’époque du rut, les mâles sont extrêmement batailleurs et s’attaquent, en poussant des mugissements qui s’entendent à des distances considérables.

Ordre VI.—Ongulés.

Mammifères terrestres ayant les quatre pieds ongulés, c’est-à-dire terminés par des sabots cornés. Cet ordre comprend trois sous-ordres, ou plutôt est la réunion de trois groupes que la plupart des zoologistes considèrent comme des ordres, le sous-ordre des Solipèdes (groupe des Chevaux) caractérisé par les sabots pleins, non séparés; le sous-ordre des Ruminants (groupe du Bœuf, du Cerf, etc.) et le sous-ordre des Pachydermes (groupe du Sanglier, etc.)

Au sous-ordre des Solipèdes n’appartient aucun animal sauvage de France, Suisse et Belgique; le sous-ordre des Ruminants comprend plusieurs genres et plusieurs espèces; celui des Pachydermes ne comprend que le Sanglier.

SOUS-ORDRE DES RUMINANTS

Mammifères ayant les sabots fourchus, soit deux doigts terminés par des sabots en corne qui s’appliquent sur le sol, et, par derrière le pied, deux autres petits appendices ou sabots rudimentaires en corne, qui ne portent généralement pas sur le sol.