Lisez: imposait.
| Locut. vic. | L’incendie est éteinte. |
| Locut. corr. | L’incendie est éteint. |
«Dans les provinces méridionales, dit Féraud, plusieurs font incendie féminin, et disent une grande incendie, au lieu de dire un grand incendie.» (Dict. crit.)
| Locut. vic. | Vous trouverez ci-inclus la copie de leur lettre. | |
| Vous trouverez ci-incluse copie de leur lettre. | ||
| Locut. corr. | Vous trouverez ci-incluse la copie de leur lettre. | |
| Vous trouverez ci-inclus copie de leur lettre. | ||
«Inclus, placé avant un nom dont le sens est vague, est invariable; vous trouverez ci-inclus copie, etc. Mais quand le sens est précis, inclus prend le genre et le nombre du substantif: vous trouverez ci-incluse la copie, etc. Inclus, placé après un nom, quel qu’il soit, se rapporte nécessairement à ce nom, et doit en adopter le genre et le nombre; une copie de ma lettre, une promesse de mariage est ci-incluse.» (Laveaux, Dict. des diff.)
| Prononc. vic. | Il voyage incog-nito. |
| Prononc. corr. | Il voyage inco-gnito. |
Il est fort heureux, pour notre langue, que ce mot se prononce en italien comme en français, car il est plus que probable que, dans le cas contraire, certains grammairiens auraient encore, selon leur pédantesque habitude, essayé de nous imposer un petit joug étranger. Si nous leur échappons cette fois-ci, rendons-en grâces au hasard.
| Prononc. vic. | Il a reçu une indem-nité. |
| Prononc. corr. | Il a reçu une indamnité. |
Prononcez aussi indemniser, comme s’il était écrit indame-niser. Em dans indemne, terme de jurisprudence, doit, selon l’Académie, se prononcer comme dans Jérusalem. Rien de plus sensé; c’est la règle générale, et nous regrettons vivement qu’on s’en soit mal à propos écarté pour les mots indemnité et indemniser. Des mots d’une même famille devraient assurément avoir une prononciation uniforme.
| Locut. vic. | Ils commercèrent à la Guiane avec les Indiens. |
| Locut. corr. | Ils commercèrent à la Guiane avec les naturels. |
Un nom pour chaque chose, et chaque chose désignée par son nom. Tant que ce principe d’ordre ne sera pas observé avec le plus grand soin par nos écrivains, il ne sera réellement possible d’empêcher le chaos de s’introduire dans la langue qu’à force de résistance de la part des grammairiens.
Un Indien est un naturel de l’Inde, et l’on conviendra qu’il y a quelque ridicule à vouloir en faire un Guianais, un Brésilien, etc. Nous savons qu’on donne généralement le nom d’Indes occidentales aux Amériques, mais nous savons aussi que la justesse de cette dénomination a déjà été attaquée. Le fleuve Indus, après avoir arrosé l’Asie, ne va point sans doute, à travers la mer des Indes et celle du Sud, continuer son cours dans le Nouveau-Monde. Pourquoi donc donnerait-il son nom à cette partie de la terre? La sotte puérilité des Espagnols qui, maîtres de l’Amérique, ne crurent pouvoir balancer complètement la puissance des Portugais qu’en donnant à leur conquête le nom que leurs rivaux avaient donné à la leur; cette puérilité, disons-nous, pourrait-elle être raisonnablement pour nous une loi? Non certainement; aussi l’usage abandonne-t-il cette manière de parler, que la routine seule emploie maintenant.
| Locut. vic. | Des voleurs infectent cette forêt. | |
| Cette odeur infeste l’air. | ||
| Locut. corr. | Des voleurs infestent cette forêt. | |
| Cette odeur infecte l’air. | ||
Infester, c’est piller, ravager, dévaster, etc. Infecter, c’est rendre infect, empuantir, corrompre par le venin, etc.
| Prononc. vic. | Prenez ces ingrédi-ins. |
| Prononc. corr. | Prenez ces ingrédi-ans. |
| Prononc. vic. | C’est in-hérent à son sexe. |
| Prononc. corr. | C’est i-nérent à son sexe. |
| Prononc. vic. | Intertices. |
| Prononc. corr. | Interstices. |
| Locut. vic. | Une longue intervalle. |
| Locut. corr. | Un long intervalle. |
J. J. Rousseau a fait intervalle féminin: «Il y a une intervalle de dix ans. (Nouv. Héloïse, liv. III.)» Lisez un intervalle.
| Locut. vic. | Vous les avez invectivés. |
| Locut. corr. | Vous avez invectivé contre eux. |
L’usage fait assez généralement invectiver verbe actif, et quelques dictionnaires récens lui ont même donné cette qualification; mais nos meilleurs grammairiens la lui refusent positivement.
| Locut. vic. | Cet homme est irréprochable. |
| Locut. corr. | Cet homme est irrépréhensible. |
Le verbe reprocher, ne pouvant avoir pour régime direct qu’un nom de chose, l’adjectif irréprochable ne doit en conséquence s’appliquer aussi qu’à un nom de chose. Nous savons que, sur ce point, presque tous les grammairiens sont contre nous, mais nous persistons à croire que nous avons raison, et que notre remarque ne sera pas dédaignée par les gens de goût. Il ne s’agit pas d’ailleurs de priver la langue d’un mot utile, car ce serait là ce qu’on pourrait nommer du purisme ridicule, purisme dont nous avons malheureusement déjà assez d’exemples: nous ne voulons qu’enlever à un adjectif la qualification de certains substantifs, qualification que la grammaire lui refuse évidemment.
| Locut. vic. | Le Vésuve vient de faire une irruption. | |
| Les barbares firent alors une éruption à Rome. | ||
| Locut. corr. | Le Vésuve vient de faire une éruption. | |
| Les barbares firent alors une irruption à Rome. | ||
Ce qui va du dedans au dehors, fait éruption; ce qui va du dehors au dedans, fait irruption.
| Locut. vic. | C’est noir comme un jais. |
| Locut. corr. | C’est noir comme du jais, comme jais. |
On ne peut pas dire noir comme un jais, par la raison que le jais n’est pas un nom de choses qui se comptent. Le jais est une substance bitumineuse, solide et d’un noir luisant.
| Locut. vic. | Le trois de janvier. |
| Locut. corr. | Le trois janvier. |
A quoi sert la préposition de dans cette locution: le trois de janvier, approuvée par l’Académie et quelques grammairiens? Cette locution, dira-t-on, est elliptique; la construction pleine est: le trois (ou plutôt le troisième jour du mois) de janvier. Mais dès qu’on supprime tant de mots dans cette locution, qui peut empêcher d’en supprimer un de plus? Le trois janvier sera toujours, si l’on veut, une expression elliptique, mais plus courte, non moins claire, et surtout plus conforme à l’usage bien constaté de nos bons écrivains modernes. De, enfin, est un mot inutile; et tout mot inutile est une faute en grammaire. Laveaux (Dict. des Diff., art. Mois) est aussi d’avis qu’on doit dire le trois janvier ou le troisième jour de janvier.
«Les noms de mois, précédés des noms de nombres cardinaux, s’emploient sans préposition: le trois janvier, le six mai, le quinze avril; mais avec des noms de nombres ordinaux, la préposition de doit les précéder: le troisième jour de janvier, le sixième de mai ou du mois de mai, etc. La première manière est plus du style familier; la seconde du style relevé.» (Féraud, Dict. crit.)
On trouve dans J. J. Rousseau le quatorze de mars (Trad. de Tacite, liv. I), le treizième d’octobre (Trad. de l’Apocolokintosis), et enfin le treize octobre (Ibid.). Voilà des autorités pour tous les goûts, si des contradictions peuvent rien autoriser.
| Locut. vic. | Ce jeu d’eau est très-beau. |
| Locut. corr. | Ce jet d’eau est très-beau. |
Un jet d’eau est certainement un jeu; mais ce n’est pas ce qu’on a considéré dans la formation de ce mot; on n’y a vu que le jet de l’eau.
| Locut. vic. | Il a épousé une jeunesse. |
| Locut. corr. | Il a épousé une jeune personne. |
L’extension de signification donnée au mot jeunesse, dans notre phrase d’exemple, ne méritait pas, selon nous, d’être accueillie dans un dictionnaire. Les éditeurs de celui de Rivarol ont pensé différemment. Il est certain que cette nouvelle acception peut donner lieu à des équivoques. Dans cette phrase: il avait chez lui une jeunesse que je n’avais jamais vue, comment saurez-vous s’il est question d’un certain nombre de jeunes gens ou seulement d’une jeune fille? Donnons le moins possible aux mots, dans l’intérêt de la clarté du langage, des sens détournés; et comme jeunesse en a déjà un dans sa valeur de jeunes gens, de grâce, tenons-nous-en là.
| Locut. vic. | Je vous envoie ci-joint ma procuration. | |
| Je vous envoie ci-jointe procurat. pour toucher. | ||
| Locut. corr. | Je vous envoie ci-jointe ma procuration. | |
| Je vous envoie ci-joint procurat. pour toucher. | ||
«L’usage veut qu’on écrive: vous trouverez ci-joint copie de ce que vous me demandez; et vous trouverez ci-jointe la copie de ce que vous me demandez. Joint, placé devant un nom dont le sens est vague, comme copie, une copie, etc., paraît s’accorder avec ceci sous-entendu. Mais quand l’énonciation est précise, comme la copie, ma promesse, etc., l’esprit plus attentif voit mieux le rapport qui est entre joint et le nom, et l’accord a lieu. Le vague de l’énonciation n’empêche pas d’écrire une copie de ma lettre, une promesse de mariage est ci-jointe. Joint, placé après un nom, quel qu’il soit, se rapporte nécessairement à ce nom, et doit en adopter le genre et les inflexions.» (Laveaux, Dict. des diff.)
| Prononc. vic. | Nous sommes sous le jou. |
| Prononc. corr. | Nous sommes sous le jougue. |
| Locut. vic. | Il jouit d’une mauvaise réputation, d’une mauvaise santé. |
| Locut. corr. | Il a une mauvaise réputation, une mauvaise santé. |
Chaque sorte de jouissance a ses amateurs; mais où trouverait-on des êtres, ayant jouissance de raison, qui pourraient se délecter d’une mauvaise réputation et surtout d’une mauvaise santé?
| Locut. vic. | Ces gens-là vivent au jour le jour. |
| Locut. corr. | Ces gens-là vivent au jour la journée. |
«On dit qu’un homme vit au jour la journée quand il dépense chaque jour ce qu’il a gagné, quand il n’épargne rien.» (Furetière, Dict. universel.)
Cet exemple et le suivant, que nous trouvons dans Regnier:
prouveront qu’autrefois on disait: vivre au jour la journée. L’Académie adopte aussi cette leçon. Il n’y a que quelques dictionnaires modernes qui se soient avisés d’écrire vivre au jour le jour, et nous ne savons en vérité ce qui a pu les engager à le faire. Vivre au jour la journée, c’est employer à la dépense du jour ce qu’on a reçu pour sa journée; et tout le monde sait que ce dernier mot s’emploie pour travail d’un jour, salaire d’un jour de travail: cet ouvrier n’a fait que deux journées, qu’une demi-journée, cette ouvrière va en journée. Vivre au jour le jour ne nous paraît pas offrir de sens, et nous sommes un peu étonné que Laveaux permette l’emploi de cette vicieuse locution.
| Locut. vic. | Ce malfaiteur a été jugé à mort. |
| Locut. corr. | Ce malfaiteur a été condamné à mort. |
Juger à mort est une locution qui n’est plus employée aujourd’hui que par les personnes qui parlent mal. C’est un archaïsme dont les vers suivans nous fournissent un exemple:
Juger et condamner doivent être deux choses tout-à-fait distinctes, à moins que celui qui juge ne soit un Jefferys ou un Laubardemont. En bonne justice, on commence par juger; on condamne ensuite, s’il y a lieu. Pourquoi donc confondre ces deux actions, et n’en faire qu’une seule par cette monstrueuse locution de juger à mort? Il y a là quelque chose qui doit révolter tout homme qui pèse un peu la valeur des mots. Et il est si essentiel, en matière légale surtout, de parler clairement! Il est des gens qui eussent peut-être été bien heureux, dans l’intérêt de leur fortune, de leur liberté et même de leur existence, que la grammaire eût été mieux observée dans la rédaction de telle ou telle loi. Les plus graves résultats tiennent quelquefois à fort peu de chose!
| Locut. vic. | C’est un juif; il prête à trente pour cent. |
| Locut. corr. | C’est un usurier; il prête à trente pour cent. |
Selon la grammaire et la raison, et l’une et l’autre sont inséparables, comme l’a dit Dumarsais (Encycl. méth., art. Grammaire), un Juif est un Français, un Allemand, un Anglais, etc., professant la religion juive, et rien autre chose; et désormais tout dictionnaire qui saura se mettre à la hauteur de l’époque de tolérance où nous vivons, répudiera les définitions suivantes: juif, usurier, trompeur, fripon, etc., qui étaient tout au plus à leur place dans le dictionnaire de Trévoux, qui étaient déjà ridicules dans le dictionnaire de l’Académie de 1798, et qui sont tout-à-fait inconvenantes dans le dictionnaire de M. Raymond (1832), si l’on ne considère que l’esprit des époques où ces différens ouvrages ont paru, et qui sont toutes détestables, en se plaçant au point de vue de la raison. Rien n’est plus absurde, et quelquefois plus méchant, que de faire un objet de ridicule d’une classe entière de citoyens. Les railleurs, qui ne sont pas toujours les gens qui ont le plus de portée dans l’esprit, s’imaginent n’avoir jeté en avant qu’une plaisanterie, et c’est souvent un germe de haine qu’ils ont semé. Le devoir des honnêtes gens est donc de s’opposer à la propagation d’une locution qui tend à consacrer l’insulte gratuite, et de refuser au mot juif l’extension de signification que nous blâmons ici.
| Prononc. vic. | Le mois de ju-un. |
| Prononc. corr. | Le mois de ju-in. |
| Locut. vic. | Attendez jusqu’à tant qu’il arrive. |
| Locut. corr. | Attendez jusqu’à ce qu’il arrive. |
Le dictionnaire de l’Académie donne jusqu’à tant que, mais il est certain que nos bons écrivains modernes évitent de se servir de cette expression irrégulière, depuis long-temps hors d’usage.
| Locut. vic. | Si vous n’avez pas été payé jusqu’ici, etc. |
| Locut. corr. | Si vous n’avez pas été payé jusqu’à présent, etc. |
Jusqu’ici ne peut désigner le temps, cette locution ne s’applique qu’au lieu. La balle a porté jusqu’ici.
La première phrase pourrait cependant être employée, mais elle aurait alors une signification autre que celle qu’on vient de lui donner. Si vous n’avez pas été payé jusqu’ici signifierait, si vous n’avez pas reçu de frais de route jusqu’à cet endroit-ci.
| Locut. vic. | Je vous le donnerai, comme de juste. |
| Locut. corr. | Je vous le donnerai, comme je le dois. |
«Comme de juste est une expression aussi vicieuse que le seraient comme de vrai, comme de faux; dites: comme il est juste.» (Marle, Précis d’orthologie.)
| Locut. vic. | Voyez ces chevaux de labourage. |
| Locut. corr. | Voyez ces chevaux de labour. |
Le labour est la façon qu’on donne aux terres en les labourant; le labourage est plus particulièrement l’art de labourer la terre.
| Locut. vic. | C’est une laideronne. |
| Locut. corr. | C’est une laideron. |
«L’Académie donne pour exemple, une jolie laideron. Il nous semble au contraire que laideron ajoute à l’idée de laide quelque chose de bas et de méprisable; et nous ne pensons pas qu’on puisse dire, une jolie laideron.» (Laveaux, Dict. des diff.)
| Prononc. vic. | Dormir comme un lair. |
| Prononc. corr. | Dormir comme un loir. |
La vicieuse prononciation de lair pour loir paraît être au reste fort ancienne, car on lit dans Villon:
| Locut. vic. | Laissez-le-moi de vingt francs. |
| Locut. corr. | Laissez-le-moi à vingt francs. |
Laisser, dans le sens de vendre, doit être suivi de la préposition à ou pour.
| Locut. vic. | Je me suis laissé dire que vous ne le vouliez pas. |
| Locut. corr. | On m’a dit que vous ne le vouliez pas. |
«Il y a beaucoup de gens qui disent, je me suis laissé dire, pour signifier on m’a dit, j’ai ouï dire. Cette expression est tout-à-fait mauvaise, dit Th. Corneille; et La Touche était surpris que l’Académie ne la condamnât pas dans les nouvelles éditions, et qu’elle se contentât de dire que cette expression est du style familier.» (Féraud, Dict. critique.)
| Locut. vic. | Cela ne laisse pas que de le fâcher. |
| Locut. corr. | Cela ne laisse pas de le fâcher. |
«Thomas Corneille pensait que ce que est inutile, et tout le monde est aujourd’hui de cet avis.» (Laveaux, Dict. des Diff.)
| Locut. vic. | Blanc comme un lait. |
| Locut. corr. | Blanc comme du lait, comme lait. |
On ne dit pas: un lait, deux laits, trois laits, etc.; il est donc absurde de dire: blanc comme un lait. Mais on dirait fort bien blanc comme un cygne, blanc comme un linge, parce qu’on peut au moins compter des cygnes, des linges, etc.
| Locut. vic. | Le doigt me lance, j’ai des lancemens dans l’oreille. |
| Locut. corr. | Le doigt m’élance, j’ai des élancemens dans l’oreille. |
| Locut. vic. | Voulez-vous voir la lanterne-magie? |
| Locut. corr. | Voulez-vous voir la lanterne magique? |
Magique est un adjectif qui qualifie le substantif lanterne.
| Locut. vic. | Vous êtes une larronne. |
| Locut. corr. | Vous êtes une larronnesse. |
| Locut. vic. | Êtes-vous la marchande?—Oui, je le suis. | |
| Vous êtes malade, madame?—Je la suis depuis hier. | ||
| Locut. corr. | Êtes-vous la marchande?—Oui, je la suis. | |
| Vous êtes malade, madame?—Je le suis depuis hier. | ||
Le relatif le s’accorde en genre et en nombre avec le nom qu’il représente, quand ce nom est un substantif: Êtes-vous la marchande?—Oui, je la suis, c’est-à-dire: je suis elle; si ce nom était un adjectif ou un substantif employé adjectivement, le pronom resterait invariable: Vous êtes malade, Madame?—Je le suis depuis hier, c’est-à-dire, je suis cela, malade. Madame de Sévigné n’a jamais voulu observer cette dernière règle qui la choquait beaucoup. Je croirais, disait-elle, avoir de la barbe au menton si je disais: je le suis.
Il y a aussi une distinction à faire dans l’emploi du pronom relatif le, au pluriel. Avec un substantif il faut les: Vous paraissez être les camarades de mon fils.—Oui, nous les sommes; avec un adjectif, il faut le: Seriez-vous choqués, Messieurs, de mes paroles?—Oui, nous le sommes. Dans la première phrase les est mis pour eux, dans la seconde le est mis pour cela.
D’après ce que nous venons de dire il y a un solécisme dans ce vers de Piron:
et dans cette phrase de Marivaux:
Moins gênée! Madame, il ne faut pas que vous la soyez du tout.
C’est le qu’il faut dans ces deux exemples.
| Orth. vic. | J’ai vu ledit sieur N...; j’ai parlé audit sieur N... |
| Orth. corr. | J’ai vu le dit sieur N...; j’ai parlé au dit sieur N... |
L’article doit toujours être séparé du participe dit, au masculin comme au féminin, au singulier comme au pluriel.
| Prononc. vic. | On lui a fait un lègue. |
| Prononc. corr. | On lui a fait un lè. |
| Locut. vic. | Ces légumes sont excellentes. |
| Locut. corr. | Ces légumes sont excellens. |
Quelques anciens auteurs ont fait légume féminin; ce mot est aujourd’hui masculin pour tous ceux qui connaissent tant soit peu le français.
| Locut. vic. | C’est ici que l’histoire devient la plus intéressante. |
| Locut. corr. | C’est ici que l’histoire devient le plus intéressante. |
«Le ne prend ni genre ni nombre, lorsque, joint avec plus, moins ou mieux, il forme avec eux un superlatif adverbe. C’est la chose que j’aime le plus et non la plus. Ce sont les biens que je désire le moins et non les moins. Nous devons parler le plus sagement, et nous énoncer le plus clairement qu’il est possible. Il en est de même lorsque ces adverbes sont suivis d’un adjectif, et qu’il n’y a pas dans la phrase une idée de comparaison. Nous ne pleurons pas toujours lorsque nous sommes le plus affligés. Dans cet exemple, on ne veut point comparer son affliction à celle de quelques autres personnes. Mais si une comparaison était indiquée dans la phrase, le pronom reprendrait sa fonction ordinaire, et s’accorderait avec le substantif. Ainsi l’on dirait: la personne qui pleure moins que les autres n’est pas la moins affligée.» (Laveaux, Dict. des Diff.)
| Locut. vic. | Sa tête est couverte de lendes. |
| Locut. corr. | Sa tête est couverte de lentes. |
Quelques dictionnaires modernes écrivent lende qui serait plus selon l’étymologie que lente; mais ils renvoient à lente que l’usage paraît effectivement avoir préféré.
| Locut. vic. | Une h, une l, une m, une n, une s, etc. |
| Locut. corr. | Un h, un l, un m, un n, un s, etc. |
Toutes les lettres sont maintenant du genre masculin. Cette réforme grammaticale est d’autant plus juste que la plupart des lettres étaient déjà de ce genre. C’est un hommage rendu au principe de l’analogie.
| Locut. vic. | J’ai le premier levé de la seconde partie. |
| Locut. corr. | J’ai la première levée de la seconde partie. |
| Locut. vic. | Mettez cette assiette sur le lévier, sur le lavier. |
| Locut. corr. | Mettez cette assiette sur l’évier. |
Un Évier est un conduit par où s’écoulent les eaux, les lavures d’une cuisine. Ce mot vient du vieux substantif eve ou esve, eau.