§ XXXII.—Castitad de las mugeres y su educacion. Sus grandes calidades, su economia, etc. Su devocion y sus partos.

Preciavanse de buenas y tenian razon, porque antes que conociessen nuestra nacion, segun los viejos aora lloran, lo eran a maravilla y desto traere dos exemplos. El capitan Alonso Lopez de Avila cuñado del adelantado Montejo prendio una moça india y bien dispuesta y gentil muger, andando en la guerra de Bacalar. Esta prometio a su marido temiendo que en la guerra no le matassen de no conocer otro si el no, y assi no basto persuasion con ella paraque no se quitasse la vida, por no quedar en peligro de ser ensuziada de otro varon, por lo qual la hizieron aperrear.

A mi se me quexo una india por baptizar de un indio baptizado, el qual andando enamorado della, ca hermosa era, aguardose ausentasse su marido, y se le fue una noche a su casa y despues de manifestarle con muchos requiebres su intento, y no bastarle, provo a dar dadivas que para ello llevava, y como no aprovechassen, intento forçarla, y con ser un giganton y travajar por ello toda la noche no saco della mas de darle enojo tan grande que se me vino a quexar a mi de la maldad del indio, y era assi lo que dezia.

Acostumbravan a volver las espaldas a los hombres, quando los topavan en alguna parte, y hazerles lugar paraque passassen, y lo mesmo quando les davan a bever, hasta que acabavan de bever. Enseñan lo que saben a sus hijas, y crianlas a su modo bien, ca las riñen y las doctrinan y hazen trabajar, y si hazen culpas las castigan, dandoles pellizcos en las orejas, y en los braços. Si las ven alçar los ojos, las riñen mucho y se los untan con su pimienta que es grave dolor, y si no son honestas, las aporrean y untan con la pimienta en otra parte por castigo y afrenta. Dizen por mucho valdon y grave reprehension a las moças mal disciplinadas que parecen mugeres criadas sin madre.

Son zelosas y algunas tanto que ponian los manos a las de quien tenian zelos, y tan colericas, enojadas, aunque harto mansas, que solian dar buelta de pelo algunas a los maridos con hazerlo ellos pocas vezes. Son grandes travajadoras y vividoras, porque dellas cuelgan los mayores y mas trabajos de la sustentacion de sus casas y educacion de sus hijos, y paga de sus tributos y con todo esso si es menester llevan algunas vezes mayor carga, labrando y sembrando sus mantenimientos. Son a maravilla grangeras, velando de noche el rato que de servir sus casas les queda, yendo a los mercados a comprar y vender sus cosillas.

Crian aves para vender de Castilla, y de las suyas y para comer. Crian paxaros para su recreacion y para las plumas para hazer sus ropas galanas, y crian otros animales domesticos de los quales dan el pecho a los corços, con lo qual los crian tan mansos que no saben irseles al monte jamas, aunque los llevan y traigan por los montes y crien en ellos.

Tienen costumbre de ayudarse unas a otras a las telas y al hilar, y paganse estos trabajos como sus maridos los de sus eredades, y en ellos tienen siempre sus chistes de mofar y contar nuevas, y a ratos un poco de murmuracion. Tienen por gran fealdad mirar a los hombres y reirseles, y por tanto que solo esto bastava para hazer qualquiera fealdad, y sin mas entremeses hazianlas ruines. Vailavan por si sus vailes y algunos con los hombres, en especial uno que llamavan Naual no muy honesto. Son muy fecundas y tempranas en parir, y grandes criaderas por dos razones, la una porque la bevida de las mañanas que beven caliente cria mucha leche y el continuo moler de su maiz y no traer los pechos apretados les haze tenerlos muy grandes donde les viene tener mucha leche.

Emborachavanse tambien ellas con los combites, aunque por si, como comian por si, y no se emborachavan tanto como los hombres. Son gente que dessea mucho hijos la que carece dellos, y que los pedian a sus idolos con dones y oraciones, y aora los piden a Dios. Son avisadas y corteses y conversables, con que se entienden, y a maravilla bien partidas. Tienen poco secreto y no son tan limpias en sus personas ni en sus cosas con quanto se lavan como los ermiños.

Eran muy devotas y santeras, y assi tenian muchas devociones con sus idolos, quemandoles de sus enciensos, ofreciendoles dones de ropa de algodon, pero con todo esso no tenian en costumbre derramar su sangre a los demonios, ni lo hazian jamas; ni tampoco las dexavan llegar a los templos a los sacrificios, salvo en cierta fiesta que admitian ciertas viejas para la celebracion della. Para sus partos acudian a las hechizeras, las quales les hazian creer de sus mentiras y les ponian debaxo de la cama un idolo de un demonio, llamado Ixchel, que dezian era la diosa de hazer las criaturas.

Nacidos los niños, los bañan luego y quando ya los avian quitado del tormento de allanarles las frentes y cabeças ivan con ellos al sacerdote para que los viesse el hado y dixesse el officio que avia de tener y pusiesse el nombre que avia de tener el tiempo de su niñez, porque acostumbravan llamar a los niños nombres differentes hasta que se baptizavan o eran grandecillos, y despues dexavan aquellos y començavan a llamarlos el de los padres, hasta que los casavan, que se llamavan el del padre y de la madre.

§ XXXII.—Chasteté des femmes yucatèques. Leur éducation; leurs grandes qualités. Economie du ménage, etc. Leur caractère dévot et leurs couches.

Elles se vantaient d’être bonnes et avec raison: car, avant qu’elles connussent notre race, au dire des vieillards qui en gémissent aujourd’hui[133], elles l’étaient merveilleusement, ce dont j’apporterai ici deux exemples. Le capitaine Alonso Lopez de Avila, beau-père de l’adelanto Montejo, avait fait prisonnière, durant la guerre de Bacalar, une jeune Indienne aussi belle que gracieuse et élégante. Craignant pour son mari le danger de la mort, elle lui avait fait la promesse de ne jamais appartenir à un autre: aussi rien ne put-il la persuader de consentir à se laisser flétrir, pas même la perte de la vie, et ainsi on la livra aux chiens qui la dévorèrent[134].

Quant à moi, j’eus occasion d’entendre les plaintes d’une Indienne catéchumène que poursuivait de ses sollicitations un Indien déjà baptisé, amoureux d’elle; car elle était belle. L’Indien ayant attendu l’absence de son mari, se présenta une nuit chez elle, et, après lui avoir témoigné ses désirs de toutes les manières, voyant qu’il n’arrivait à aucun résultat, la tenta par des présents; ne réussissant pas davantage par ce moyen, il voulut lui faire violence. Mais, avec sa grande taille et une lutte qui dura la nuit entière, il n’obtint autre chose que d’exciter la colère de cette femme; elle vint se plaindre à moi le lendemain des tentatives coupables de l’Indien, et je vérifiai effectivement l’exactitude de son récit.

Entre autres usages, les femmes avaient celui de tourner le dos aux hommes, chaque fois qu’elles venaient à rencontrer l’un ou l’autre dans le chemin, et se mettaient de côté pour les laisser passer. La même chose avait lieu, lorsqu’elles leur donnaient à boire, jusqu’à ce qu’ils eussent vidé la coupe. Elles instruisent leurs filles de ce qu’elles savent, les élèvent très-bien à leur manière, les enseignent et les grondent et les font travailler: si elles commettent quelque faute, elles les punissent, en les pinçant aux bras et aux oreilles. Si elles leur voient lever les yeux, elles les reprennent fortement et les leur frottent avec un peu de leur piment, ce qui leur cause beaucoup de souffrance; si elles sont peu honnêtes, elles les battent et leur frottent une autre partie du même piment, ce qui est à la fois un châtiment et un affront. C’est une réprimande fort sévère et un reproche très-dur que de dire aux jeunes filles désobéissantes «qu’elles ressemblent à des femmes élevées sans mère.»

Les Indiennes sont très-jalouses, et quelques-unes le sont au point qu’elles mettent les mains sur celles qu’elles soupçonnent; elles sont si colères alors et si irritables, quoique généralement d’un caractère fort doux, qu’il y en a qui arrachaient les cheveux à leurs maris, pour peu qu’ils leur fussent infidèles. Elles sont grandes travailleuses et excellentes pour l’administration intérieure: car c’est d’elles que dépendent la plupart et les principaux travaux du ménage pour le support de leurs maisons, l’éducation de leurs enfants et le payement des tributs; avec tout cela, si le besoin s’en fait sentir, ce sont elles qui souvent encore portent à dos les plus fortes charges, qui travaillent la terre et y sèment les graines dont ils se nourrissent. Elles sont merveilleusement économes, veillant de nuit, durant les instants qui leur restent après le service de la maison, allant au marché de jour pour acheter et vendre les choses qui sont à leur usage.

Elles élèvent la volaille, soit celle de Castille ou du pays, pour la vendre ou pour s’en nourrir: elles élèvent également des oiseaux pour leur amusement, comme aussi pour en retirer les plumes qui servent à leurs ornements; elles élèvent également d’autres animaux domestiques, allaitant même des chevreaux et les apprivoisant de telle sorte que, bien qu’elles les emmènent dans les bois, où souvent elles les nourrissent, ils n’y resteraient jamais sans elles.

A toutes ces coutumes elles ajoutaient celles de s’entr’aider mutuellement, quand elles filaient ou tissaient: elles s’acquittaient par ces mêmes travaux les unes envers les autres, comme leurs maris de ceux de leurs champs. Elles avaient leurs saillies et leurs bons mots pour railler et conter des aventures et par moment aussi pour murmurer de leurs maris[135]. Elles regardent comme une fort vilaine chose de fixer les yeux sur les hommes et de rire avec eux; cela seul suffisait pour amener du désordre et sans plus de cérémonie les rendre un objet de mépris. Elles dansaient entre elles des danses qui leur sont propres; quelquefois elles en avaient en commun avec les hommes, entre autres le ballet, nommé Naual qui n’est guère décent[136]. Elles sont très-fécondes et enfantent de bonne heure; elles sont excellentes nourrices et pour deux raisons: la première, parce que la boisson qu’elles prennent au matin toute chaude donne beaucoup de lait; la seconde, que l’usage où elles sont de moudre continuellement le maïs et de ne pas se tenir les mamelles serrées, les rend fort grandes et de lait très-abondantes.

Il leur arrivait aussi de s’enivrer dans les festins, mais toutes seules; car elles mangeaient à part et, d’ailleurs, elles s’enivraient rarement autant que les hommes. Ces femmes yucatèques tiennent beaucoup à avoir des enfants: celle qui n’en avait pas, les demandait avec de grandes supplications et des présents aux idoles; aujourd’hui elles les demandent à Dieu. Elles sont prudentes, polies, de très-bonne conversation, quand on les comprend, et extrêmement généreuses[137]. Elles gardent difficilement un secret et ne sont pas sur leurs personnes et dans leurs maisons aussi propres qu’elles devraient l’être, en se baignant comme des hermines.

Elles étaient fort dévotes et affectionnées à leurs idoles: aussi avaient-elles à leur égard une foule de pratiques, leur brûlant de l’encens, leur offrant des présents d’étoffes de coton; elles n’avaient, néanmoins, pas la coutume de se tirer du sang en leur honneur, et jamais elles ne le faisaient. Du reste, on ne leur permettait point d’assister aux sacrifices dans les temples, à l’exception d’une fête spéciale où l’on admettait certaines vieilles que demandait la circonstance. Au temps de leurs couches, elles avaient recours à des sorcières qui leur faisaient accroire toute sorte de mensonges et leur mettaient sous le lit une idole appelée Ixchel, qu’on disait être la déesse fécondatrice des enfants[138].

Dès que ceux-ci étaient venus au monde, on s’empressait de les laver: quand elles avaient fini de les tourmenter avec les planchettes où on leur déprimait le front et la tête, elles allaient trouver le prêtre, afin qu’il consultât leur horoscope et leur désignât leur future profession. Il devait en même temps leur imposer le nom qu’ils devaient porter durant leur enfance; car ils donnaient aux enfants des noms différents, sous lesquels on les désignait jusqu’à ce qu’ils eussent été baptisés ou qu’ils devinssent plus grands; à cette époque seulement, ils les laissaient pour prendre celui de leur père qu’ils gardaient jusqu’à leur mariage, et alors ils prenaient conjointement ceux de leur père et de leur mère.

§ XXXIII.—Duelo para los muertos en Yucatan. Entierro de los sacerdotes. Estatuas con las cenizas de los señores. Reverencia para ellas. Su gloria e infierno.

Que esta gente tenia mucho temor y excessivo a la muerte, y esto muestravan en que todos los servicios que a sus dioses hazian no eran por otro fin ni para otra cosa sino para que les diessen salud y vida y mantenimientos. Pero ya que venian a morir, era cosa de ver las lastimas y llantos que por sus difuntos hazian, y la tristeza general que les causavan. Lloravanlos de dia en silencio, y de noche a altos y muy dolorosos gritos que lastima era oirlos. Andavan a maravilla tristes muchos dias: hazian abstinencias y ayunos por el difunto, especial el marido a la muger, y dezian se lo avia llevado el diablo porque del pensavan les venian los males todos y especial la muerte.

Muertos los amortajavan hinchandoles la boca del maiz molido que es su comida y bevida que llaman koyem, y con ello algunas piedras de las que tienen por moneda, para que en la otra vida no les faltasse de comer. Enterravanlos dentro en sus casas o a las espaldas dellas, echandoles en la sepultura algunos de sus idolos, y si era sacerdote algunos de sus libros, y si hechizero de sus piedras de hechizos y peltrechos. Comunmente desamparavan la casa y la dexavan yerma despues de enterrados, sino era quando avia en ella mucha gente con cuya compañia perdian algo de miedo que les quedava de la muerte.

A los señores y gente de mucha valia quemavan los cuerpos y ponian las cenizas en vasijas grandes y edificavan templos sobre ellos como muestran aver antiguamente hecho los que en Yzamal se hallaron. Aora en este tiempo se hallo que echavan las cenizas en estatuas hechas huecas de barro, quando eran muy señores.

La demas gente principal hazian a sus padres estatuas de madera a las quales dexavan hueco el colodrillo, y quemavan alguna parte de su cuerpo, y echavan alli las cenizas y tapavanlo, y despues desollavan al defunto el cuero del colodrillo y pegavanselo alli, y enterrando lo residuo como tenian de costumbre guardavan estas estatuas con mucha reverencia entre sus idolos. A los señores antiguos de Cocom avian cortado las cabeças, quando murieron, y cozidas las limpiaron de la carne y despues aserraron la mitad de la coronilla para tras dexando lo de adelante con las quixadas y dientes, a estas medias calaveras suplieron lo que de carne les faltava de cierto betun y les dieron la perfeccion muy al propio de cuyos eran, y las tenian con las estatuas de las cenizas, lo qual todo tenian en los oratorios de sus casas con sus idolos en muy gran reverencia y acatamiento, y todos los dias de sus fiestas y regozijos les hazian ofrendas de sus comidas para que no les faltassen en la otra vida donde pensavan descanzavan sus almas y les aprovechavan sus dones.

Que esta gente an siempre creido la immortalidad del alma mas que otras muchas naciones, aunque no ayan sido en tanta policia, porque creian que avia despues de la muerte otra vida mas excellente de la qual gozava el alma, en apartandose del cuerpo. Esta vida futura dezian que se dividia en buena y mala vida, en penosa y llena de descansos. La mala y penosa dezian era para los viziosos, y la buena y delectable para los que uviessen vivido bien en su manera de vivir; los descansos que dezian avian de alcanzar si eran buenos eran ir a un lugar muy delectable donde ninguna cosa les diesse pena y donde uviesse abundancia de comidas de mucha dulçura, y un arbol que alla llaman Yaxché muy fresco, y de gran sombra que es zeyva, debaxo de cuyas ramas y sombra descansassen y holgassen todos siempre.

Las penas de la mala vida que dezian avian de tener los malos eran ir a un lugar mas baxo que el otro que llaman Mitnal que quiere dezir infierno, y en el ser atormentados de los demonios y de grandes necessidades de hambre y frio y cansancio y tristeza. Tenian avia en este lugar un demonio principe de todos los demonios al qual obedecian todos y llamanle en su lengua Hunhau, y dezian no tenian estas vidas mala y buena fin, por no lo tener el alma. Dezian tambien, y tenian por muy cierto ivan a esta su gloria los que se ahorcavan, y assi avia muchos que con pequeñas occasiones de tristezas, travajos o enfermedades se ahorcavan para salir dellas, y ir a descançar a su gloria, donde dezian los venia a llevar la diosa de la horca que llamavan Ixtab. No tenian memoria de la resureccion de los cuerpos, y de que ayan avido noticia desta su gloria y infierno no dan razon.

§ XXXIII.—Deuil chez les Yucatèques. Enterrement des morts, des prêtres, etc. Statues renfermant les cendres des princes. Vénération qu’ils avaient pour elles. Idées de leur paradis et de leur enfer.

Les Yucatèques avaient une crainte excessive de la mort: aussi reconnaît-on que dans tous les services qu’ils célébraient en l’honneur de leurs dieux, ils n’avaient d’autre fin que d’en obtenir la santé et la vie, ainsi que le pain quotidien. Aussi, dès que l’un d’eux venait à mourir, fallait-il voir la douleur et les gémissements dont les défunts étaient l’occasion et la tristesse générale qui se montrait au moment où ils cessaient de vivre. Le jour ils pleuraient en silence; mais la nuit c’étaient des cris douloureux et perçants à briser le cœur de ceux qui les entendaient. Ils portaient pendant longtemps les marques d’une profonde tristesse, observant des abstinences et des jeûnes pour le défunt, spécialement le mari pour la femme, ajoutant que c’était le mauvais esprit qui avait enlevé le défunt; car ils s’imaginaient que c’était de lui que venaient tous les maux, et en particulier la mort.

Une fois morts, ils les ensevelissaient, leur remplissant la bouche du même maïs moulu qui leur sert à boire et à manger, et qu’ils appellent koyem: avec cela ils leur mettaient quelques-unes des petites pierres qui leur servaient de monnaie, afin qu’ils eussent de quoi manger dans l’autre vie. Ils les enterraient en dedans de leurs maisons ou sur les derrières, renfermant avec eux dans la tombe quelques-unes de leurs idoles, et, si c’était un prêtre, quelques-uns de ses livres[139]; si c’était un sorcier, quelques objets servant à la divination et des babioles mêlées d’étaim. D’ordinaire alors ils abandonnaient la maison et la laissaient déserte après l’enterrement, à moins qu’il ne s’y trouvât beaucoup de monde, habitant ensemble, de manière à ce que ceux qui restaient pussent se rassurer les uns par les autres contre la peur de la mort.

Quant aux seigneurs et aux gens de condition supérieure, ils brûlaient leurs cadavres et déposaient leurs cendres dans de grandes urnes: ils édifiaient ensuite des temples au-dessus, comme on voit qu’on le faisait anciennement d’après ceux qu’on trouva à Izamal[140]. On a découvert de notre temps que, lorsque c’étaient des princes de haute catégorie, on renfermait leurs cendres dans des statues creuses en terre cuite[141].

Le reste des gens de condition fabriquaient pour leurs parents des statues en bois, dont l’occiput seul était creux: ils brûlaient une partie du cadavre, en déposaient les cendres dans ce vide, et le bouchaient, après quoi ils enlevaient au défunt la peau de l’occiput qu’ils y appliquaient. Ils enterraient le reste comme de coutume et conservaient les statues avec beaucoup de vénération entre leurs idoles. Concernant les princes de l’ancienne maison de Cocom, on leur avait coupé la tête après leur mort: on les avait fait cuire pour en enlever la chair; et on en avait scié la partie de derrière, laissant celle de devant avec les mâchoires et les dents. On avait ensuite remplacé sur ces demi-têtes de mort la chair qui leur manquait, à l’aide d’un mastic particulier, leur rendant en perfection l’apparence qu’elles avaient de leur vivant: ils avaient ces images entre les statues aux cendres, ainsi que leurs idoles, dans les oratoires de leurs maisons, où ils les gardaient avec une tendresse mêlée de révérence. Aux jours de fête et aux réjouissances de toute sorte, ils leur faisaient des offrandes de mets, afin qu’il ne leur manquât rien dans l’autre vie, où ils croyaient que reposaient leurs âmes, tout en profitant des dons qui leur étaient offerts.

Ce peuple a cru toujours à l’immortalité de l’âme, bien plus que beaucoup d’autres nations, quoiqu’il n’ait pas eu une aussi grande civilisation. Car ils croyaient à l’existence d’une autre vie, meilleure après la mort et dont l’âme jouissait en se séparant du corps: ils disaient que cette vie future se partageait en bonne ou en mauvaise vie, la première pénible et la seconde remplie de délices. La mauvaise et la pénible, disaient-ils, était pour les gens vicieux; la bonne, la délectable, pour ceux qui auraient bien vécu, suivant leurs idées. Les délices qu’ils attendaient, au cas qu’ils eussent été bons, consistaient à vivre dans un endroit délicieux, où ils n’auraient à souffrir de rien, où il y aurait en abondance de quoi boire et manger les choses les plus savoureuses. Là se trouvait un arbre qu’ils appelaient Yaxché, d’une admirable fraîcheur, aux branches ombreuses comme le ceyba[142], sous lequel ils jouiraient d’une volupté et d’un repos éternels.

Les peines de la vie mauvaise consistaient à aller dans un lieu plus bas que l’autre et qu’ils nommaient Mitnal, ce qui veut dire enfer[143]; d’y être tourmentés par les démons, souffrant tous les tourments de la faim, du froid, de la fatigue et de la tristesse. Ils ajoutaient qu’en ce lieu commandait un démon, chef de tous les autres, qui lui obéissaient, et que dans leur langue ils appellent Han-hau[144]. Cette vie, bonne et mauvaise, disaient-ils, n’avait point de fin, l’âme n’en ayant point. Ils prétendaient encore et tenaient pour une chose fort certaine que ceux qui se pendaient allaient dans leur paradis: aussi y avait-il bien des gens qui, pour une légère contrariété, un chagrin ou une maladie, se donnaient la mort de cette manière, afin d’en finir et d’aller jouir des joies du repos éternel, où la déesse des pendus, appelée Ixtab, venait les recevoir. Ils n’avaient aucune idée de la résurrection des corps et ne pouvaient donner raison de ceux qui leur avaient apporté les notions relatives à leur paradis et à leur enfer.

§ XXXIV.—Cuenta del año yucateco. Caracteres de los dias. Agueros de los años. Los cuatro Bacabes y sus nombres. Dioses de los dias aciagos.

No se esconde ni aparte tanto el sol desta tierra de Yucatan que vengan las noches jamas a ser mayores que los dias, y quando mayores vienen a ser, suelen ser iguales desde St Andres a Sta Lucia, que comiençan los dias a crecer. Regian de noche para conocer la hora que era por el luzero y las cabrillas y los artilejos. De dia por el medio dia, y desde el al oriente y poniente tenian puestos a pedaços nombres con los quales se entendian y para sus travajos se regian.

Tienen su año perfecto como el nuestro de CCC y LXV dias y VI horas. Dividenlo en dos maneras de meses, los unos de a XXX dias que se llaman U, que quiere dezir luna, la qual contavan desde que salia nueva hasta que no parecia.

Otra manera de meses tenian de a XX dias, a los quales llaman Uinal-Hun-Ekeh: destos tenia el año entero XVIII, y mas los cinco dias y seis horas. Destas seis horas se hazian cada quatro años un dia, y assi tenian de quatro en quatro años el año de CCCLXVI dias. Para estos CCCLX dias tienen XX letras o carateres con que los nombran, dexando de poner nombre a los demas cinco, porque los tenian por aciagos y malos. Las letras son las que siguen y llevara cada una su nombre en cima, porque se entienda con los nuestros.

Kan. Chicchan. Cimi. Manik. Lamat.
Symbole: Kan Symbole: Chicchan Symbole: Cimi Symbole: Manik Symbole: Lamat
Muluc. Oc. Chuen. Eb. Ben.
Symbole: Muluc Symbole: Oc Symbole: Chuen Symbole: Eb Symbole: Ben
Ix. Men. Cib. Caban. Ezanab.
Symbole: Ix Symbole: Men Symbole: Cib Symbole: Caban Symbole: Ezanab
Cauac. Ahau. Ymix. Ik. Akbal.
Symbole: Cauac Symbole: Ahau Symbole: Ymix Symbole: Ik Symbole: Akbal

Ya e dicho que el modo de contar de los indios es de cinco en cinco, y de quatro cincos hazen veinte; assi en estos sus carateres que son XX sacan los primeros de los quatro cincos de los XX y estos sirven cada uno dellos un año de lo que nos sirven a nosotros nuestras letras dominicales para començar todos los primeros dias de los meses de a XX dias.

Kan. Muluc. Ix. Cauac.
Symbole: Kan Symbole: Muluc Symbole: Ix Symbole: Cauac

Entre la muchedumbre de dioses que esta gente adorava, adoravan quatro llamados Bacab cada uno dellos. Estos dezian eran quatro hermanos a los quales puso Dios quando crio el mundo a las quatro partes del, sustentando el cielo no se cayesse. Dezian tambien destos Bacabes que escaparon quando el mundo fue del diluvio destruido. Ponen a cada uno destos otros nombres y señalanle con ellos a la parte del mundo que Dios le tenia puesto, tiniendo el cielo y apropianle una de las quatro letras dominicales a el y a la parte que esta; y tienen señaladas las miserias o felices successos que dezian avian de succeder en el año de cada uno destos, y de las letras con ellos.

Y el demonio que en esto, como en las demas cosas los engañava, les señalo los servicios y offrendas que para evadirse de las miserias le avian de hazer. Y assi si no les venian dezian era por los servicios que le hazian y si venian hazian entender y creer al pueblo los sacerdotes era por alguna culpa o falta de los servicios o los que los hazian.

La primera pues de las letras dominicales es Kan. Kan El año que esta letra servia era el aguero del Bacab que por otros nombres llaman Hobnil, Kanal Bacab, Kan-pauahtun, Kan-xibchac. A este señalavan a la parte de medio dia. La segunda letra es Muluc Muluc señalavanle al oriente, su año era aguero el Bacab que llaman Canzienal, Chacal Bacab, Chac pauahtun, Chac-xib-chac. La tercera letra es Yx. Yx Su año era aguero el Bacab que llaman Zaczini-Zacal-Bacab, Zac-pauahtun Zac-xibchac, señalavanle a la parte del norte. La quarta letra es Cauac: Cauac su año era aguero el Bacab que llaman Hozanek, Ekel-Bacab, Ek-pauahtun, Ekxibchac; a este señalavan a la parte del poniente.

En qualquiera fiesta o solemnidad que esta gente hazian a sus dioses, començavan siempre del echar de si al demonio para mejor la hazer. Y el echarle unas vezes eran con oraciones y bendiciones que para ello tenian, otras con servicios y offrendas y sacrificios que le hazian por esta razon. Para celebrar la solemnidad de su año nuevo esta gente con mas regocijo y mas dignamente, segun su desventurada opinion, tomavan los cinco dias aciagos que ellos tenian por tales antes del primero dia de su año nuevo y en ellos hazian muy grandes servicios a los Bacabes de arriba y al demonio que llamavan por otros quatro nombres como a ellos, es a saber Kan-u-Uayeyab, Chac-u-Uayeyab, Zac-u-Uayeyab, Ek-u-Uayeyab. Y estos servicios y fiestas acabadas y alançado de si, como veremos, el demonio, començavan su año nuevo.

§ XXXIV.—Computation de l’année yucatèque. Signes qui président aux années et aux jours. Les quatre Bacab et leurs noms divers. Dieux des jours néfastes.

Le soleil ne se cache et ne s’éloigne jamais assez de cette terre de Yucatan, pour que les nuits viennent à être plus longues que les jours, et lorsqu’elles s’allongent, c’est pour être égales de la Saint-André à la Sainte-Lucie[145], où les jours commencent à croître. Pour connaître les heures durant la nuit, les Yucatèques se guidaient sur l’étoile du matin, sur les Pléiades et les Gémeaux. De jour, ils se réglaient sur le midi, et, du levant au couchant, ils avaient donné des noms aux différentes parties de la journée, au moyen desquels ils s’entendaient et d’après lesquels ils conduisaient leurs travaux.

Ils ont leur année parfaite, comme la nôtre, de trois cent soixante-cinq jours et six heures: ils la divisent en mois de deux manières, les uns sont de trente jours qu’ils appellent U, ce qui veut dire lune, et ils la comptaient depuis le moment où sortait la nouvelle lune, jusqu’à l’instant où elle ne se montrait plus[146].

Les autres étaient de vingt jours qu’ils nommaient Uinal-Hun-Ekeh: de ces mois, il en fallait dix-huit pour faire l’année entière, plus cinq jours et six heures. De ces heures, ils faisaient tous les quatre ans un jour, ce qui donnait, de quatre en quatre ans, une année de trois cent soixante-six jours. Pour ces trois cent soixante-six jours, ils ont vingt lettres ou caractères, sous les noms desquels ils les connaissent, omettant toutefois de donner un nom aux cinq supplémentaires[147]; car ils les regardaient comme sinistres et de mauvais augure. Ces lettres sont les suivantes; chacune d’elles montrera son nom au-dessus, afin qu’on comprenne leur corrélation avec les nôtres:

Kan, Chicchan, Cimi, Manik, Lamat, Muluc, Oc, Chuen, Eb, Ben, Yx, Men, Cib, Caban, Ezanab, Cauac, Ahau, Ymix, Yk, Akbal[148].

J’ai déjà remarqué que la manière de compter de ces Indiens est de cinq en cinq, et de quatre fois cinq ils font vingt; ainsi de ces caractères qui sont au nombre de vingt, ils ôtent les premiers de chaque quint entre les vingt, lesquels servent tour à tour durant un an, de la même manière que les lettres dominicales nous servent à nous, afin de désigner le premier de chacun des mois de vingt jours.

Kan, Muluc, Yx, Cauac.

Entre la multitude de dieux que cette nation adorait, il y en avait quatre auxquels on donnait le nom de Bacab. C’étaient, disait-on, quatre frères que Dieu avait placés aux quatre coins du monde, en le créant, pour soutenir le ciel et l’empêcher de tomber. On disait également de ces Bacab qu’ils étaient de ceux qui s’étaient sauvés, lorsque le monde fut détruit par le déluge[149]. A chacun d’eux on donne d’autres noms, avec lesquels on les met chacun à la section du monde que Dieu leur avait attribuée, portant le ciel et signalé par une de leurs quatre lettres dominicales du côté où il se trouve: ils signalent ainsi les événements heureux ou malheureux qui doivent arriver durant leur année, qui est celle du caractère qui accompagne chacun d’eux.

Le démon, qui les trompait en ceci comme en tout le reste, leur avait fait connaître les cérémonies et les offrandes au moyen desquelles ils pouvaient échapper à ces misères: aussi les prêtres disaient-ils, quand il ne survenait aucune calamité, que c’était à cause des sacrifices qu’ils avaient offerts, et, en cas de malheur, ils faisaient accroire au peuple que c’était le châtiment de quelque péché ou d’un défaut dans la manière dont ils s’étaient acquittés de leur devoir.

La première de ces lettres dominicales est Kan. Kan L’année dont ce caractère était le principe avait pour présage le Bacab, dont les autres noms étaient Hobnil, Kanal-Bacab, Kan-Pauah-Tun, Kan-Xib-Chac. On plaçait celui-ci du côté du midi. La seconde lettre est Muluc Muluc qu’on mettait du côté du levant, et son année avait pour présage le Bacab, qu’ils appellent Canzicnal, Chacal-Bacab, Chac-Pauah-Tun, Chac-Xib-Chac. La troisième de ces lettres est Yx. Yx Le présage durant son année était le Bacab, qu’ils nomment Zac-Zini, Zacal-Bacab, Zac-Pauah-Tun, Zac-Xic-Chac, et on lui signalait le côté du nord. La quatrième lettre est Cauac. Cauac Le présage de son année est le Bacab, qu’ils appellent Hozan-Ek, Ekel-Bacab, Ec-Pauah-Tun, Ek-Xib-Chac, à qui ils assignaient le côté du couchant.[150]

Quelle que fût la fête ou la solennité que les Yucatèques célébrassent en l’honneur de leurs dieux, ils commençaient toujours par chasser le mauvais esprit, afin d’y arriver d’une manière plus convenable. Ces exorcismes se faisaient tantôt par des prières et des bénédictions, dont ils avaient les formules toutes préparées, tantôt par des sacrifices et des oblations qu’ils offraient à cet effet. Pour célébrer chez cette nation la solennité du nouvel an avec plus d’allégresse et de dignité, dans leur malheureuse idée, ils profitaient des cinq jours supplémentaires, regardés par eux comme néfastes, pour faire de grandes fêtes aux Bacab, dont on a parlé plus haut, et au dieu qu’ils désignaient, ainsi que ces derniers, sous quatre noms différents qui sont Kan-u-Uayeyab, Chac-u-Uayeyab, Zac-u-Uayeyab et Ek-u-Uayeyab[151]; ces fêtes et cérémonies terminées, et le mauvais esprit chassé de chez eux, comme nous verrons, ils commençaient l’année nouvelle.

§ XXXV.—Fiestas de los dias aciagos. Sacrificios del principio del año nuevo en la letra de Kan.

Uso era en todos los pueblos de Yucatan tener hecho dos montones de piedra, uno en frente de otro, á la entrada del pueblo, por todas las quatro partes del pueblo, es a saber a oriente, poniente, septentrion y medio dia, para la celebracion de las dos fiestas de los dias aciagos los quales hazian desta manera cada año.

El año que la letra dominical era de Kan era el aguero Hobnil, y segun ellos dezian, reynavan ambos a la parte del medio dia. Este año pues hazian una imagen o figura hueca de barro del demonio que llamavan Kan-u-Uayeyab, y llevavanla a los montones de piedra seca que tenian hechos a la parte de medio dia. Elegian un principe del pueblo, en cuya casa se celebrava estos dias esta fiesta, y para celebrarla hazian una estatua de un demonio que llamavan Bolon-Zacab, al qual ponian en casa del principal, adereçado en un lugar publico y que todos pudiessen llegar.

Esto hecho se juntavan los señores y el sacerdote y el pueblo de los hombres, y teniendo limpio y con arcos y frescuras adereçado el camino hasta el lugar de los montones de piedra donde estava la estatua, ivan todos juntos por ella con mucha de su devocion: llegados la sahumava el sacerdote con quarenta y nueve granos de maiz molidos con su encienso y ellos lo repartian en el brasero del demonio y le saumavan. Llamavan al maiz molido solo zacah, y a lo de los señores chahalté. Sahumavan la imagen, degollavan una gallina y se la presentavan o offrecian.

Esto hecho metian la imagen en un palo llamado Kanté, y puniendole acuestas un angel en señal de agua y que este año avia de ser bueno, y estos angeles pintavan y hazian espantables; y assi la llevavan con mucho regocijo y vailes a la casa del principal donde estava la otra estatua de Bolonzacab. Sacavan de casa deste principal a los señores y al sacerdote al camino una bevida hecha de CCCC y XV granos de maiz tostados que llaman Picula Kakla y bevian todos della; llegados a la casa del principal, ponian esta imagen en frente de la estatua del demonio que alli tenian, y assi le hazian muchas offrendas de comidas y bevidas de carne y pescado, y estas offrendas repartian a los estrangeros que alli se hallavan y davan al sacerdote una pierna de venado.

Otros derramavan sangre, cortandose las orejas, y untando con ella una piedra que alli tenian de un demonio Kanal-Acantun. Hazian un corazon de pan, y otro pan con pepitas de calabaças y offrecianlos a la imagen del demonio Kan-u-Uayeyab. Tenianse assi esta estatua y imagen estos dias aciagos, y sahumavanla con su encienso y con los maizes molidos con encienso. Tenian creido si no hazian estas cerimonias avian de tener ciertas enfermedades que ellos tienen en este año. Passados estos dias aciagos llevavan la estatua del demonio Bolonzacab al templo y la imagen a la parte del oriente para ir alli otro año por ella, y echavan la ay, y ivanse a sus casas a entender en lo que les dava a cada uno que hazer para la celebracion del año nuevo.

Dexando con las cerimonias hechas, echado el demonio, segun su engaño, este año tenian por bueno, porque reynava con la letra Kan el Bacab-Hobnil, del qual dezian no avia peccado como sus hermanos y por esso no les venian miserias en el. Pero porque muchas vezes las avia, proveyo el demonio de que le hiziessen servicios paraque assi quando las uviesse, hechassen la culpa a los servicios o servidores y quedassen siempre engañados y ciegos.

Mandavales pues hiziessen un idolo que llamavan Yzamna-Kauil y que la pusiessen en su templo, y que le quemassen en el patio del templo tres pelotas de una leche o resina que llaman kik y que le sacrificassen un perro o un nombre, lo qual ellos hazian, guardando la orden que en el capitulo ciento dixe, tenian con los que sacrificavan, salvo que el modo de sacrificar en esta fiesta era diferente, porque hazian en el patio del templo un gran monton de piedras y ponian al hombre o perro que avian de sacrificar en alguna cosa mas alta que el, y echando atado al patiente de lo alto a las piedras le arrebatavan aquellos officiales y con gran presteza le sacavan el corazon y lo llevavan al nuevo idolo y se le ofrecian entre dos platos. Ofrecian otros dones de comidas y en esta fiesta vailavan las viejas del pueblo que para esto tenian elegidas, vestidas de ciertas vestiduras. Dezian que descendia un angel y recibia este sacrificio.

§ XXXV.—Fêtes des jours supplémentaires. Sacrifices du commencement de l’année nouvelle au signe Kan.

L’usage, dans toutes les villes du Yucatan, était qu’il y eût, à chacune des quatre entrées de la localité, c’est-à-dire à l’orient, au couchant, au nord et au midi, deux massifs de pierre, en face l’un de l’autre, destinés à la célébration des deux fêtes des jours néfastes; ces fêtes avaient lieu de la manière suivante.

L’année dont la lettre dominicale était Kan, le présage était Hobnil, et, suivant ce que les Yucatèques disaient, ils dominaient tous les deux dans la région du midi. Cette année-là donc ils fabriquaient une image ou figure de terre cuite creuse de l’idole qu’ils appelaient Kan-u-Uayeyab et la portaient aux massifs de pierre sèche qu’ils avaient faits du côté du midi. Ils choisissaient un chef de la ville, dans la maison duquel ils célébraient ces jours-là la fête; à cet effet, ils façonnaient aussi la statue d’un autre dieu nommé Bolon-Zacab[152], qu’ils plaçaient dans la maison du chef élu, exposé dans un endroit où tout le monde pût arriver.

Cela fait, les nobles, le prêtre, et les hommes de la population se réunissaient tous ensemble; ils se rendaient par un chemin balayé et orné d’arcs et de verdure, aux deux massifs de pierre où se trouvait la statue, autour de laquelle ils se rassemblaient avec beaucoup de dévotion. Le prêtre alors l’encensait avec quarante-neuf grains de maïs moulu, mêlés avec de l’encens; les nobles mettaient ensuite leur encens dans la cassolette de l’idole et l’encensaient à leur tour. Le maïs avec l’encens du prêtre s’appelait zacah, et celui que les nobles présentaient chahalté. Ayant encensé l’image, ils coupaient le cou à une poule et la lui présentaient.

Cela terminé, ils plaçaient la statue sur un brancard, appelé Kanté[153], et, sur ses épaules, un ange, comme signe de l’eau et de la bonne année qu’on devrait avoir; quant à ces anges, ils les figuraient épouvantables à voir. Ils emportaient ensuite la statue en dansant avec beaucoup d’allégresse, à la maison du chef, où se trouvait l’autre statue de Bolon-Zacab: pendant qu’ils étaient en chemin, on en apportait aux nobles et au prêtre un breuvage fait de quatre cent vingt-cinq grains de maïs grillé, qu’ils appellent Picula-Kakla, dont tous aussitôt buvaient. Arrivés à la demeure du chef, ils plaçaient l’image qu’ils apportaient vis-à-vis de la statue qui s’y trouvait déjà, et lui faisaient beaucoup d’offrandes de boissons et de mets, de viande, de poisson; ces offrandes étaient partagées, après cela, entre les étrangers qui étaient présents et on ne donnait au prêtre qu’un gigot de daim.

D’autres se tiraient du sang, scarifiant leurs oreilles, et en oignaient une pierre qu’il y avait là, idole nommée Kanal-Acantun. Ils modelaient un cœur de la pâte de leur pain, ainsi qu’un autre pain de graines de calebasses qu’ils présentaient à l’idole de Kan-u-Uayeyab. C’est ainsi qu’ils gardaient cette statue et l’autre durant les jours néfastes, les enfumant de leur encens et d’encens mêlé de grains de maïs moulu. Ils tenaient pour certain que s’ils négligeaient ces cérémonies, ils seraient sujets à des maladies qui étaient du ressort de cette année. Les jours malheureux passés, ils portaient la statue du dieu Bolon-Zacab au temple et l’image de l’autre à la sortie orientale de la ville, afin de l’y aller prendre l’année suivante: ils l’y laissaient et s’en retournaient chez eux, chacun s’occupant de ce qu’il pouvait avoir à faire pour la célébration du nouvel an.

Une fois les cérémonies terminées et le mauvais esprit chassé, dans leur fausse manière de voir, ils tenaient cette année pour bonne, parce qu’avec le signe Kan dominait le Bacab-Hobnil, qui, à ce qu’ils disaient, n’avait pas péché comme ses frères, et c’était à cause de cela qu’il ne leur en venait aucune calamité. Mais comme il arrivait fréquemment d’y en avoir également, le démon s’était arrangé à leur faire établir des cérémonies, de façon à ce qu’en cas de malheur, ils en attribuassent la faute à leurs cérémonies et à ceux qui en étaient les serviteurs, et qu’ainsi ils demeurassent toujours dans l’erreur et dans l’aveuglement.

A son instigation, donc, ils fabriquaient une idole, nommée Yzamna-Cauil[154], qu’ils plaçaient dans son temple, et lui brûlaient dans la cour trois pelotes d’un lait ou résine qu’ils appelaient kik: ils lui sacrifiaient un chien ou un homme, ce qui se faisait avec l’apparat dont il a été parlé au chapitre cent[155] au sujet de ces victimes. Il y avait toutefois quelque différence dans la manière d’offrir ce sacrifice: on établissait dans la cour du temple un grand massif de pierre, et l’homme ou l’animal qui devait être sacrifié était attaché à une sorte d’échafaud plus élevé d’où ils le lançaient sur le massif: les officiers aussitôt le saisissaient et lui arrachaient avec prestesse le cœur, qu’ils portaient à la nouvelle idole, en le lui offrant entre deux plats. On faisait encore d’autres offrandes de comestibles. Dans cette fête, des vieilles femmes, choisies à cet effet, dansaient revêtues d’habillements particuliers. On ajoutait qu’un ange descendait alors et recevait le sacrifice.