[92] La grammaire maya du père Louis de Villalpando fut augmentée par Landa lui même; mais on ne sait ce que ces manuscrits sont devenus. Pinelo cite de Villalpando un Arte, i Vocabulario, qui auraient été imprimés, mais ne dit ni où ni quand.
[93] Landa parle ici d’après son expérience personnelle dans la matière.
[94] Ce mot est le même que les écrivains yucatèques, successeurs de Landa, écrivirent than, où le th a un son tout particulier, et qui n’est pas le th anglais.
[95] Si nous comprenons bien ce que veut dire l’auteur, c’est que les religieux adoptèrent les lettres latines pour les mots nouveaux que l’espagnol introduisit dans la langue maya; ou bien signifie-t-il qu’on ajouta à l’alphabet latin les lettres dont le son manquait en espagnol?
[96] L’auteur dit les trois Pàques, suivant l’usage espagnol, la Noël, Pàque et la Pentecôte.
[97] Cet auto da-fé, où personne toutefois ne fut brûlé, ce fut le père Landa lui-même qui le célébra, usurpant, comme on l’en accusa bientôt après, les droits épiscopaux. Voir à ce sujet, pour les détails, Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. VI, cap. 1 et 6.
[98] Dans le nouveau Royaume de Grenade.
[99] Il y a dans le texte catedratico de Scoto, qui tient la chaire de l’enseignement de Scot, le célèbre professeur de philosophie scolastique du moyen âge.
[100] On voit que ces seigneurs indiens savaient au besoin flatter leurs vainqueurs.
[101] C’est encore aujourd’hui de cette manière que se construisent à la campagne les maisons non-seulement des indigènes, mais encore de la plupart des autres habitants du pays, au Yucatan et ailleurs.
[102] On en verra plus loin la description.
[103] On en verra plus loin la description.
[104] Suivant d’autres auteurs ils auraient eu quelquefois des vêtements plus complets et de plus de luxe.
[105] Cette boisson est en effet fort rafraîchissante et aussi nourrissante qu’agréable: on l’appelle tisté au Nicaragua.
[106] Celle-ci est une sorte de chocolat, tel que le préparaient les indigènes, de qui l’Europe l’a reçu.
[107] Ou plutôt les Espagnols et leurs descendants ont emprunté des Yucatèques et ceux-ci des Espagnols leurs coutumes mutuelles, surtout quant à la nourriture, ce dont s’aperçoivent fort facilement les voyageurs qui parcourent ces contrées.
[108] C’était un véritable hydromel, comme on le voit. Dans la suite de ce récit le mot vin, qui se représente souvent, ne doit pas être pris dans un autre sens.
[109] Ce livre est rempli de vieux provincialismes souvent introuvables et encore plus intraduisibles; il y a ici cimitaras, peut-être pour cimitarras, cimeterres, mais que veut-il dire? Nous avons traduit l’idée, sinon le mot.
[110] «Au temps de leur idolâtrie, ils dansaient et encore actuellement ils dansent et chantent suivant l’usage des Mexicains: ils ont un chanteur principal qui donne le ton et enseigne ce qu’il faut chanter; ils le vénèrent et le respectent, lui donnant sa place à l’église, dans les fêtes et assemblées. Ils le nomment Holpop, et c’est à ses soins que sont confiés les tambours ou tunkules et autres instruments de musique, tels que flûtes, trompettes, conques marines et autres choses dont ils se servent. Le tunkul (en mexicain teponaztli) est de bois creux, et il y en a de si grands qu’on en entend le son à deux lieues de distance, quand vient le vent du même côté. Ils chantent avec ces instruments leurs fables et leurs antiquités. Ils avaient et ils ont encore des comédiens qui représentent les fables et les histoires antiques, que je crois qu’il serait bon de leur ôter, au moins les costumes avec lesquels ils les représentent; car, à ce qu’il paraît, ils sont comme ceux de leurs prêtres idolâtres... Ils mettent de la grace dans les plaisanteries et les bons mots qu’ils adressent à leurs anciens et aux juges, figurant leur rigueur, leur ambition ou leur avarice, imitant leurs gestes et leurs manières, disant les vérités à leur propre curé, devant lui-même, souvent dans un seul mot. Mais pour les comprendre, il faut bien posséder leur langue et être très-attentif. Ces représentations sont d’ailleurs fort dangereuses, surtout si elles ont lieu de nuit dans leurs maisons; car Dieu sait ce qui s’y passe. Balzam est le nom qu’ils donnent à ces comédiens et par extension à l’homme d’esprit, au bouffon; car ils imitent aussi fort bien les oiseaux dans ces représentations.» (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 5.)
[111] Il y a cependant quelques exceptions, comme on le verra plus loin au § XXXII.
[112] «La monnaie dont ils se servaient, c’étaient des clochettes et des grelots de cuivre, dont la grandeur fixait le prix, et quelques coquillages rouges qu’ils apportaient du dehors et qu’ils enfilaient comme les grains d’un chapelet. Les grains de cacao servaient également de monnaie; c’était ce qu’il y avait de plus en usage dans leurs achats et ventes, ainsi que certaines pierres de prix et de petites haches de cuivre qu’ils tiraient de la Nouvelle-Espagne, etc. (Cogolludo, Hist. du Yucatan, lib. VI, cap. 3.)
[113] On sait qu’en Espagne et dans les pays espagnols, les noms absurdes de Pilar, Pilier, Soledad, Solitude, etc. sont fort communs pour Maria del Pilar ou de la Solitude, à cause des sanctuaires dédiés à la Sainte Vierge.
[114] Ceci est une erreur de Landa, qui ne paraît guère avoir été au courant des coutumes du Mexique où l’enfant était lavé quelques jours après sa naissance et purifié par l’invocation de la déesse Chalchiuhlicué, etc.
[115] Chac ou Chaac, ainsi qu’on le verra plus loin, était aussi le nom générique des dieux protecteurs de la campagne et des moissons, comme les tlaloque au Mexique.
[116] L’encens dont il s’agit ordinairement dans ce livre, c’est le copal, en usage encore dans toutes ces contrées.
[117] Echuah, signifie marchand; au dire de Las Casas, c’est la divinité que les Mayas invoquaient en chemin (Cogolludo, Hist. de Yucatan, lib. vi, cap. 6.)
[118] A l’exception des masques servant aux représentations scéniques, je n’ai jamais vu de ces idoles de bois, les missionnaires ayant brûlé toutes celles dont ils ont pu s’emparer.
[119] Le Nacon dont le titre se donnait à deux différents chefs, se donnait aussi à la supérieure ou abbesse des vestales ou vierges consacrées au service des temples, laquelle prenait le titre de Ixnacan ou Xnacon Katun. (Cogolludo, Hist. du Yucatan, lib. IV, cap. 2.)
[120] L’historien général des Indes dont il s’agit ici était Gonçalo Fernandez de Oviedo, dont l’erreur, si erreur il y a, comme l’affirme ici Landa, a été reproduite par Herrera et beaucoup d’autres écrivains. Cogolludo ajoute à son tour le témoignage de tous les moines de son ordre et de Las Casas qui n’ont jamais remarqué rien qui rappelât la circoncision; il dit aussi avoir interrogé un grand nombre de vieillards qui ne se souvenaient d’aucune coutume semblable. (Hist. de Yucatan, lib. IV, cap. 7.)
[121] Il s’agit ici de la pierre des sacrifices.
[122] A Tyr, et dans les pays chananéens, à Carthage, etc., des mères portaient leurs petits enfants en holocauste à Baal, à Moloch, etc. Quant aux sacrifices du sang humain, ils existaient chez la plupart des peuples de l’antiquité.
[123] Un sacrifice analogue avait lieu à Quauhtitlan, près de Mexico. (Torquemada, Monarq. Ind. lib. X, cap. 30.)
[124] On retrouve ce sacrifice avec tous ses détails barbares au Mexique où il parait avoir été apporté par une population étrangère, à Tollan, vers la fin de l’empire toltèque de l’Anahuac, au milieu du XIᵉ siècle. C’était ce qu’on appelait à Mexico la fête de Xipe-Totec.
[125] Hostia, ab hoste sacrificato... Pour nous la victime la plus sainte n’est pas seulement un homme, c’est un Dieu, immolé pour nous sauver.
[126] Dans le drame quiché de Rabinal-Achi que j’ai recueilli et traduit à Rabinal, au Guatémala, l’un des héros, Queché-Achi, fait allusion à cette coutume d’une manière poétique: «Or voici, s’écrie-t-il, ce que dit ma parole à la face du ciel, à la face de la terre: Sont-ce là votre table et votre coupe? Mais c’est la tête de mon aïeul, mais c’est la tête de mon père que je vois et que je considère! Ne serait-il donc pas possible qu’on en fasse de même et que l’on travaille ainsi l’os de mon front, le cràne de ma tête, qu’on le cisèle et le peigne de couleurs en dedans et en dehors? Alors quand on descendra en mes montagnes et en mes vallées, pour négocier des sacs de peck ou de cacao avec mes fils et mes vassaux, dans mes montagnes et dans mes vallées, mes fils, mes vassaux diront: «Voilà la tête de notre aïeul, de notre père.» Ainsi le répéteront mes fils et mes vassaux en mémoire de moi, aussi longtemps que le soleil éclairera.... Voici donc l’os de mon bras, voici donc la baguette montée en argent, dont le bruit retentira, en excitant le tumulte au dedans des murailles du grand château; voici l’os de ma jambe qui deviendra le battant du teponovoz (ou teponaztli, tambour de bois creux) et du tambour et qui fera trembler le ciel et la terre...» (B. de B. Rabinal-Achi, ou drame-ballet du Tun, etc. scène IV, pages 103 et 105.)
[127] Voir la gravure de la hache au texte espagnol.
[128] A l’époque où Landa écrivait, les Mayas, ainsi que la plupart des nations voisines, dont la civilisation était analogue, avaient déjà perdu l’usage de leurs armes anciennes; il est loin de les énumérer toutes ici. Comme elles étaient les mêmes dans le Mexique et l’Amérique centrale, le lecteur qui voudrait en avoir une idée peut consulter mon Hist. des nations civilisées du Mexique et de l’Amérique centrale, etc. tom. III, liv. XII, chap. 5, pag. 591.
[129] Ce détail confirme ce qui se trouve plus haut, § VIII, sur l’usage du sel dans la doublure piquée de coton de ces sayes.
[130] On assure que la chair de l’iguane, qu’on dit d’ailleurs d’un goût fort agréable, a la propriété de refroidir les sens.
[131] Ceci ferait croire qu’il s’agit d’une sorte de garde analogue à la landwehr en Suisse, quoique un peu plus loin le texte ferait penser qu’il s’agit de mercenaires payés par le prince. Quant au titre de holcan donné à son chef, son étymologie paraît être hol, tête, et can, serpent, tête de serpent, peut-être à cause des insignes qu’il portait.
[132] Ce bain au feu, était probablement le bain de vapeur dont les Mexicains faisaient usage, appelé chez eux temazcalli et chez les Quichés tuh.
[133] Quel aveu pour un évêque, surtout pour un évêque espagnol et un homme du caractère généralement attribué à Landa! Il prouve, du reste, en faveur de sa véracité, mais il est bien triste pour la civilisation européenne.
[134] Martyre de la chasteté et de la fidélité conjugales, persécutées par des hommes qui avaient la prétention d’introduire l’Evangile.
[135] L’espagnol dit «conter des nouvelles et par moments un peu de murmures,» sans dire contre qui, mais le reste du texte semble indiquer que c’était contre leurs maris.
[136] Le nom naual donné à ce ballet appartient à la langue mexicaine. On sait, d’ailleurs, que certaines populations d’origine nahuatl, à Panuco, à Teo-Colhuacan, etc., avaient des mœurs fort dissolues et des fêtes très-lascives, d’où cette danse peut avoir été empruntée ou apportée au Yucatan.
[137] Landa, en faisant, d’un côté, l’éloge de leur économie, de l’autre de leur générosité, ne pouvait mieux dépeindre la femme de ménage par excellence, la femme forte dont il est question dans les saintes Écritures, à propos de Judith. (Proverb. cap. 31.)
[138] Ixchel, mieux Xchel, suivant la grammaire du P. Beltran, est tout simplement le féminin de Chel, indéfini dont le masculin est Ahchel ou Hchel, nom patronymique de la famille sacerdotale qui régnait à Tecoh, capitale de la province d’Izamal. Voir le § IX.
[139] On sait d’ailleurs que les Mayas embaumaient à leur manière les cadavres, lorsqu’ils ne les brûlaïent point; qu’ils les déposaient, comme on le voit quelques lignes plus bas, dans des sarcophages en terre cuite ou en bois, dont le couvercle représentait l’image du défunt, peinte de couleurs vives, et qu’ils enfermaient avec lui ses livres, s’il était prêtre, et d’autres objets rappelant sa profession et son rang. C’était exactement ce qui avait lieu dans l’ancienne Égypte.
[140] Ces paroles indiquent suffisamment l’usage primitif des pyramides d’Izamal et l’intérêt qu’il y aurait à fouiller dans leurs entrailles.
[141] Tout à fait comme les cercueils ou les sarcophages du même genre trouvés en Etrurie, dans la Babylonie et en Égypte.
[142] Le Yaxché, qui signifie arbre vert, est probablement le même que le tonacaste ou tonacazquahuitl, arbre au tronc puissant et élevé, au feuillage immense, mais menu et serré, dont la beauté et l’extrême fraîcheur lui ont fait donner le nom d’arbre de la vie; pour moi je n’en ai jamais vu dont la fraîcheur fût plus délicieuse.
[143] Mitnal, quelquefois écrit metnal, qui parait dériver du mictlan ou mitlan de la langue nahuatl.
[144] Hun-hau pour hun-ahau, suivant la prononciation maya où le son guttural de la lettre h se prononce autant que possible sans voyelle. Ce mot signifie un seigneur, un roi, etc. Il est probable qu’il fait allusion au personnage nommé Hun-Camé dans le Livre sacré. (Popol-Vuh.)
[145] Du 30 novembre au 13 décembre.
[146] C’est la première fois que je trouve des mois de trente jours chez une nation où le calendrier ordinaire et la civilisation paraissent être d’origine toltèque. Il n’est probablement pas question de mois lunaires; car dans ce cas ils n’eussent pas été de trente jours et n’auraient pas complété le 360.
[147] On omettait de nommer alors les cinq jours supplémentaires, comme le dit ici l’auteur, en ce sens qu’étant en dehors des dix-huit mois de l’année, ils ne pouvaient avoir le nom d’aucun d’eux: mais en tant que jours, il explique un peu plus bas qu’ils omettaient, tout en les comptant, ceux des cinq premiers signes suivants; ainsi le 360 forment, l’année terminant avec Akbal, comme dans le calendrier présenté par l’auteur, les cinq jours supplémentaires devaient s’appeler Kan, Chicchan, Cimij, Manik, et Lamat, afin que l’année nouvelle pût commencer avec Muluc, d’après le système même de Landa qui recevra plus loin d’amples éclaircissements, dans le calendrier yucatèque, publié au Yucatan par don Pio Perez et que nous plaçons à la suite de cet ouvrage.
[148] Voir au document cité dans la note précédente relativement à la signification de ces noms, dont le sens est pour la plupart resté inconnu; au dire de l’évêque Nuñez de la Vega, ceux du calendrier tzendal qui sont presque identiques, seraient les noms des chefs qui vinrent avec Votan peupler ces contrées ou de ses premiers successeurs (Nuñez de la Vega, Const. diœces. del obispado de Chiappa, in Præamb. § XXX et XXXI.)
[149] Peut-être les mêmes qu’Oxomoco, Cipactonal, Quetzalcohuatl et Tetzcatlipoce, autrement Oxomoco, Cipactonal, Tlaltecui et Xuchicaoaca. Voir le Livre sacré (Popol-Vuh), Introd. pag. CXVII.
[150] La plupart des mots composant les noms de ces divinités sont introuvables dans les maigres vocabulaires qui sont sous nos yeux: leur orthographe, d’ailleurs, est incertaine; nous chercherons toutefois à expliquer les plus importants, mais sans rien affirmer, les étymologies que nous donnons ici ne devant servir tout au plus que comme de simples indications. L’auteur, en disant que les Bacab étaient les soutiens du ciel, permet de chercher l’étymologie du mot dans bak, qui signifie un os, un rocher, une chose fondamentale; bacab ou bakab serait peut-être un pluriel ancien: dans ce cas ce seraient les fondements ou les fondateurs du ciel. Les autres noms ont évidemment rapport aux présages annuels de chacun des quatre signes qui se suivaient continuellement: ainsi l’année du signe Kan, placé au midi, était marquée de la couleur jaune, kan ou kanal; l’année du signe Muluc, placé au levant, était marqué de la couleur rouge, chac ou chacal; l’année du signe Yx, placé au nord, était marquée de la couleur blanche, zac ou zacal; enfin celle du signe Cauac, placé au nord, était marquée de noir, ek ou ekel. Le mot pavahtun, composé de paa, édifice, de vah, passé probablement d’un verbe qui veut dire ériger, dresser, et de tun, la pierre du katun qu’on incrustait dans le mur pour rappeler la mémoire de l’année. Le mot chac, avec lequel se termine chacun des noms, rappelle sans doute la divinité protectrice des champs, et dans ce cas il faudrait l’écrire çhac, avec le ch barré ou cédillé.
[151] Les mêmes noms de couleurs se représentent ici avec u-Uayeyab, mieux u uayeb haab, les lits ou les couches de l’année; ces noms sont donnés aux jours supplémentaires, ainsi désignés parce qu’ils étaient comme les jours de repos de l’année.
[152] Bolon est l’adjectif numéral neuf, zacab, dont la racine est zac, blanc, est le nom d’une sorte de maïs moulu, dont on fait une espèce d’orgeat. Cette statue était-elle une image allégorique de cet orgeat offert en cette occasion?
[153] Kanté, bois jaune; c’est probablement le cèdre.
[154] Nous avons déjà parlé de Zamna, au Itzamna, § V, note 5; son nom se retrouve dans celui d’Izamal, dont il fut peut-être le fondateur et qui s’appelait, ainsi que lui-même, Itzamatul; mais je ne trouve pas dans Lizana le nom d’Yzamna-Kauil, mais bien Kab-ul; c’est peut-être encore une faute du copiste de Landa (Lizana, Hist. de N. S. de Ytzamal. Part. I. cap. 4.)
[155] L’original du manuscrit de Landa était partagé en un grand nombre de petits chapitres, dont les divisions ont été à peu près partout omises par le copiste, ce qui fait que nous n’avons pu les suivre. La division présente est la nôtre. Le chapitre 100 de l’original correspondant à un des alinéas du § XXVIII.
[156] Je trouve ce nom écrit alternativement Kinch-Ahau et Kineh-Ahau, ailleurs Kinich-Ahau, qui serait le seul acceptable: kin, soleil, ich, œil et visage, et ahau, seigneur; ce qui reviendrait à dire seigneur au visage de soleil, ou suivant Lizana qui l’appelle Kinich Kakmó, soleil au visage et rayons de feu, bien que kakmó ait la signification d’Ara-de-feu, ainsi qu’il le donne à entendre lui-même un peu plus loin. (Hist. de N. S. de Yzamal, Part. I, cap. 4.)
[157] Plus haut il est parlé de quatre cent vingt-cinq grains de maïs grillé composant le zacah.
[158] Holcan, tête de serpent, titre des chefs inférieurs de la milice, et okot, danse ou ballet.
[159] Ici le nombre des grains de maïs grillé pour la boisson change de nouveau.
[160] Ce nom est écrit plus haut Chac-Acantun.
[161] Ce nom est écrit tantôt canziemal, canzicmal et canzienal. Je n’ai pu jusqu’ici vérifier quelle était la véritable orthographe.
[162] Yax-Coc-Ahmut était le même que Zamná et considéré comme fils de Hunabku, le seul saint, le dieu suprême.
[163] Ce nom est écrit plus haut Zac-Zini.
[164] Yax-ek doit signifier vert et noir.
[165] Kach doit être l’oiseau carnassier nommé zopilote au Mexique.
[166] C’est la traduction du mot espagnol cazcarientas qui se trouve dans le manuscrit; serait-ce le nom d’une danse qui se trouve au pays de l’auteur?
[167] Ceci rappelle l’antique empire dont le nom est resté pour signifier l’enfer chez les uns et les démons ou plutôt d’effrayants fantômes chez les autres.
[168] Ek-balam-chac signifie tigre noir dieu des champs: ce sont du reste des noms donnés au tigre encore aujourd’hui. Ahcan est le serpent mâle en général. Ahbuluc-Balam signifie Celui des onze tigres.
[169] Ne croirait-on pas lire la description de cette fête des Scythes, rapportée par Hérodote, et que M. Viollet-Leduc a insérée dans ses Antiquités mexicaines, formant l’introduction de l’ouvrage de M. Désiré Charnay: Cités et Ruines américaines, page 16?
[170] Voir au § XXXIV.
[171] En effet, le premier jour du premier mois ne se retrouvait d’accord avec le premier jour de l’année qu’une fois au commencement de chaque cycle de cinquante-deux ans.
[172] C’est ce dont le lecteur pourra se rendre un compte plus exact en jetant les yeux sur l’explication du calendrier maya, d’après le travail de don Pio Perez, à la suite de cet ouvrage.
[173] Hun-Ymix correspond au Ce-Cipactli du calendrier mexicain, qui se trouve dans les tables de Veytia, au 9ᵉ jour du mois Micailhuitzintli, XIIᵉ de l’année mexicaine, correspondant alors au 18 septembre. (Veytia, Hist. antig. de Mexico, tom. 1, cap. 10.)
[174] L’auteur se rapporte à quelque commentaire de l’Écriture sainte où il est question du calendrier des Hébreux, comparé à celui de diverses nations.
[175] L’auteur, en joignant ici au calendrier romain le calendrier maya, n’a pas remarqué qu’il en a interverti l’ordre, en commençant son calcul par la dernière moitié, ce qui fait qu’en arrivant à la fin de cette moitié avec le dernier des jours supplémentaires, on aurait, s’il fallait le suivre, pour premier jour du mois maya Popp, le jour Muluc au lieu de Kan, ce qui est impossible. Ce qui fait voir clairement d’ailleurs que Landa a fait ces choses sans y réfléchir, c’est qu’il commence en janvier avec la continuation des explications relatives à des fêtes commencées dans le mois précédent de décembre, ce qui n’ajoute pas à leur clarté. Il aura évidemment pris le calendrier maya et l’aura copié, en commençant par la fin, n’attachant d’importance qu’au romain. Mais le lecteur peut facilement réparer ce manque d’attention, en prenant à son tour le calendrier romain par le milieu avec le 1ᵉʳ jour du mois Popp.
[176] On conçoit ici les plaintes de Landa; il écrivait au milieu de l’époque la plus ardente de la réforme en Allemagne et en Angleterre.
[177] Voir à la fin du calendrier le commencement de ce mois et des solennités dont la suite seulement se trouve ici. Quant à l’étymologie des noms des mois, elle se trouvera plus loin avec celle des jours.
[178] Voir les §§ XXXV, XXXVI, XXXVII et XXXVIII.
[179] De là le nom de katun ou kat-tun, pierre appelée ou qu’on interroge, du verbe kaat, appeler, donner un nom, interroger, demander, etc. et de tun, pierre. Voir le § IX, note 4.
[180] Ce qui, d’accord avec divers autres indices, annoncerait bien que l’effusion du sang, et surtout du sang humain, dans les sacrifices, était d’origine étrangère, nahuatl probablement.
[181] Tupp-kak, c’est-à-dire extinction du feu.
[182] Landa écrit alternativement les chaces et las chaques, pour pluraliser le mot chac, nom commun aux dieux protecteurs des campagnes et aux aides des prêtres.
[183] Ekchuak, écrit ailleurs Echuah, était le patron des marchands et naturellement des cacaos, marchandise et monnaie à la fois.
[184] Cit paraît être une sorte de cochon sauvage; chac est le nom générique des dieux de la pluie, des campagnes, des fruits de la terre, etc. Coh est le puma ou lion américain; suivant d’autres, chaccoh est le léopard.
[185] Voir le § XXVII.
[186] Landa s’est préoccupé fort peu de l’exactitude du calendrier qu’il donne ici: il est évident qu’il n’a eu d’autre intention que d’en signaler les fêtes, de faire connaître les caractères correspondants, et de montrer en général comment il pouvait correspondre avec le calendrier romain; car, ainsi que je l’ai remarqué plus haut, il commence par la seconde partie, laquelle devrait être, dès le 1ᵉʳ janvier, placée à la fin. Il n’a donné, d’un autre côté, que 28 jours à février; mais l’année dont il a pris le calendrier pour modèle était évidemment une année bissextile où février avait 29 jours; car au lieu de terminer par XII Lamat, le calendrier maya devait pour être juste finir avec XIII Lamat; car cette année ayant commencé par le signe Kan, la suivante devait commencer avec Muluc qui suit Lamat. Mais Landa ne s’est guère préoccupé de ces choses qui nous intéressent tant aujourd’hui. Se fiant également sur le titre sans nom qu’on donnait aux jours supplémentaires, il les omet entièrement, se contentant de mettre des vides à la place de leurs signes respectifs, ce qui serait une nouvelle source d’embarras, si nous n’avions le travail de don Pio Perez, qui met tout à sa place, et qu’on peut voir dans ce volume à la suite de l’ouvrage de Landa.
[187] Cinchau-Yzamná est une orthographe erronée, si l’on en juge d’après les leçons précédentes; c’est probablement une mauvaise abréviation de Kinich-Ahau-Ytzamná, donné, d’ailleurs, comme l’inventeur des lettres et de l’écriture, l’auteur de tous les noms imposés au Yucatan.
[188] Ainsi les prêtres de la déesse Centeotl, retirés dans les montagnes des Totonaques, étaient chargés «d’écrire en figures et de mettre en bon style un grand nombre d’histoires qu’ils donnaient après les avoir coordonnées, aux grands-prêtres, qui les racontaient dans les sermons qu’ils prêchaient dans les assemblées publiques.» (Torquemada, Monarquia Indiana, lib. IX, cap. 8.)
[189] Ac paraît être une sorte de plante commune au pays.
[190] C’était le ballet que dansaient les pêcheurs.