§ XXXVI.—Sacrificios del año nuevo de la letra Muluc. Bailes de los Zancos. Otro de las viejas con perros de barro.

El año en que la letra dominical era Muluc era el aguero Canzienal. Y a su tiempo elegian los señores y el sacerdote un principal para hazer la fiesta, el qual elegido hazian la imagen del demonio como la del año passado, a la qual llamavan Chac-u-Uayeyab y llevavanla a los montones de piedra de hazia la parte del oriente donde avian echado la passada. Hazian una estatua al demonio llamado Kinch-Ahau, y ponianla en casa del principal en lugar conveniente y desde alli, teniendo muy limpio y adereçado el camino, ivan todos juntos con su acostumbrada devocion por la imagen del demonio Chac-u-Uayeyab.

Llegados la sahumava el sacerdote con LIII granos de maiz molidos y con su encienso, a lo qual llaman zacah. Dava el sacerdote a los señores que pusiessen en el brasero mas encienso de lo que llamamos chahalté, y despues degollavanle la gallina, como al passado, y tomando la imagen en un palo llamado Chacté, la llevavan accompañandola todos con devocion y vailando unos vailes de guerra que llaman Holcan-Okot, Batel-Okot. Sacavan al camino a los señores y principales su bevida de CCC y LXXX maizes tostados como la de atras.

Llegados a casa del principal ponian esta imagen en frente de la estatua de Kinch-Ahau y hazianle todas sus ofrendas, las quales repartian como las demas. Ofrecian a la imagen pan hecho como yemas de uevos, y otros como coraçones de venados, y otro hecho con su pimienta desleida. Avia muchos que derramavan sangre, cortandose las orejas, y untando con la sangre la piedra que alli tenian del demonio que llamavan Chacan-cantun. Aqui tomavan mochachos y les sacavan sangre por fuerça de las orejas, dandoles en ellas cuchilladas. Tenian esta estatua y imagen hasta passados los dias aciagos, y entre tanto quemavanle sus enciensos. Passados los dias, llevavan la imagen a echar a la parte del norte por ay donde otro año la avian de salir a recibir, y la otra al templo, y despues ivanse a sus casas a entender en el aparejo de su año nuevo. Avian de temer, si no hazian, las cosas dichas, mucho mal de ojositos.

Este año en que la letra Muluc era dominical y el Bacab Canziemal reynava, tenian por buen año, ca dezian que era este el mejor y mayor destos dioses Bacabes; y ansi le ponian en sus oraciones el primero. Pero con todo eso, les hazia el demonio hiziessen un idolo llamado Yax-Coc-Ahmut, y que lo pusiessen en el templo y quitassen las imagenes antiguas, y hiziessen en el patio de delante del templo un bulto de piedra en el qual quemassen de su encienso, y una pelota de la resina o leche kik, haziendo alli oracion al idolo, y pidiendole remedio para las miserias que aquel año tenian; las quales eran poca agua, y echar los maizes muchos hijos y cosas desta manera; para cuyo remedio, les mandava el demonio ofrecerle hardillas y un paramento sin labores; el qual texessen las viejas que tienen por officio el bailar en el templo para aplacar a Yax-Coc-Ahmut.

Tenian otras muchas miserias y malos señales, aunque era bueno el año, sino hazian los servicios que el demonio les mandava; lo qual era hazer una fiesta y en ella vailar un vaile en muy altos zancos y ofrecerle cabeças de pavos y pan y bevidas de maiz; avian de ofrescerle perros hechos de barro con pan en las espaldas, y avian de vailar con ellos en las manos las viejas y sacrificarle un perrito que tuviesse las espaldas negras y fuesse virgen, y los devotos dellos avian de derramar su sangre y untar la piedra de Chacacantun demonio con ella. Este servicio y sacrificio tenian por agradable a su dios Yax-Coc-Ahmut.

§ XXXVI.—Sacrifices de l’année nouvelle au signe de Muluc. Danse des Échasses. Danse des vieilles femmes aux chiens de terre cuite.

L’année dont la lettre dominicale était Muluc avait pour présage Canzienal. Quand le temps en était venu, les nobles et le prêtre élisaient le chef qui devait célébrer la fête. Cela fait, ils moulaient, comme l’année précédente, l’image de l’idole, appelée Chac-u-Uayeyab, et la portaient aux massifs de pierre vers la partie de l’orient où ils avaient laissé celle de l’année d’avant. Ils fabriquaient une statue du dieu, nommé Kinch-Ahau[156], qu’ils plaçaient en lieu convenable dans la maison du chef: puis, de là, s’acheminant par une rue proprement balayée et ornée, ils se rendaient tous ensemble, avec leur dévotion accoutumée, à l’endroit de la statue de Chac-u-Uayeyab.

En arrivant, le prêtre l’encensait avec son encens et ses quarante-trois[157] grains de maïs moulu, qu’ils nomment Zacah: il donnait aux nobles de l’encens appelé Chahalté pour le mettre dans l’encensoir, après quoi ils coupaient le cou à une poule, comme l’autre fois. Ils enlevaient ensuite la statue sur le brancard, nommé Chacté, et l’emportaient avec dévotion, tandis que la foule exécutait à l’entour quelques danses de guerre, appelées Holcan-Okot, Batel-Okot[158]. On apportait en même temps aux seigneurs et aux principaux habitants leur boisson composée de trois cent quatre-vingts grains de maïs grillés, comme auparavant[159].

Arrivés à la maison du chef, ils plaçaient la statue en face de celle de Kinch-Ahau et lui faisaient les oblations accoutumées, qu’ils partageaient ensuite comme la dernière fois. Ils lui offraient du pain fait en forme de jaunes d’œuf et d’autres comme des cœurs de cerf et un autre composé avec du piment délayé. Il y avait, comme d’ordinaire, bien des gens qui se tiraient du sang, en se scarifiant les oreilles, et en oignaient la pierre de l’idole appelée Chacan-Cantun[160]. Ici ils prenaient des petits garçons et leur tiraient par force du sang des oreilles, en leur faisant des incisions avec des couteaux. Ils gardaient cette statue jusqu’à la fin des jours néfastes et entre temps lui brûlaient de leur encens. Ces jours passés, ils la portaient au côté du nord où ils devaient aller la prendre l’année suivante, et déposaient l’autre dans son temple, après quoi ils retournaient chez eux, pour se préparer aux solennités de l’an nouveau. Ils tenaient pour certain que s’ils négligeaient de célébrer les cérémonies susdites, ils seraient exposés à avoir de grands maux d’yeux.

Cette année, dont la lettre dominicale était Muluc et dans laquelle dominait Bacab-Canziemal[161], ils la regardaient comme bonne; car ils disaient que celui-ci était le plus grand et le meilleur de ces dieux Bacab; aussi le mettaient-ils le premier dans leurs prières. Avec tout cela, cependant, le démon leur avait inspiré de fabriquer une idole nommée Yax-Coc-Ahmut[162], qu’ils plaçaient dans le temple, après en avoir enlevé les anciennes statues: ils érigeaient dans la cour qui est au-devant du temple un massif en pierre sur lequel ils brûlaient de l’encens avec une pelote de la résine ou lait kik, invoquant l’idole et lui demandant de les secourir contre les misères de l’année courante. Ces misères devaient être la rareté de l’eau, l’abondance des rejetons dans le maïs et autres choses du même genre; pour avoir un remède à ces maux, le démon leur commandait d’offrir des écureuils et un parement sans broderies, tissé par les vieilles, dont l’office était de danser dans le temple, afin d’apaiser le dieu Yax-Coc-Ahmut.

On les menaçait encore d’une foule d’autres misères et de mauvais signes relativement à cette année, bien qu’elle fût réputée bonne, s’ils n’accomplissaient les devoirs que le démon leur imposait: l’un entre autres était une fête, avec un ballet qu’ils exécutaient montés sur de très-hautes échasses, et un sacrifice où ils offraient des têtes de dindons, du pain et des boissons de maïs. Il leur était imposé de présenter également des chiens en terre cuite, portant du pain sur le dos: les vieilles étaient obligées de danser, ces chiens entre les mains, et de sacrifier au dieu un petit chien aux épaules noires, et qui fût encore vierge; ceux qui étaient les plus dévots à cette cérémonie devaient tirer le sang de l’animal et en frotter la pierre du dieu Chac-Acantun. Ces rites et ce sacrifice passaient pour être fort agréables au dieu Yax-Coc-Ahmut.

§ XXXVII.—Sacrificios del año nuevo de la letra Yx. Pronosticos malos y modo de remediar sus efectos.

El año en que la letra dominical era Yx y el aguero Zacciui, hecha la eleccion del principal que celebrasse la fiesta, hazian la imagen del demonio, llamado Zacu-Uayeyab, y llevavanla a los montones de piedra de la parte del norte, donde el año passado la avian echado. Hazian una estatua al demonio Yzamna y ponianla en casa del principal, y todos juntos, y el camino adereçado, ivan devotamente por la imagen de Zac-u-Uayeyab. Llegados la sahumavan como lo solian hazer, y degollavan la gallina y puesta la imagen en un palo llamado Zachia, la trayan con su devocion y bailes los quales llaman Alcabtan-Kamahau. Traian les la bevida acostumbrada al camino, y llegados a casa ponian esta imagen delante la estatua de Yzamna, y alli le offrecian todas sus offrendas, y las repartian, y a la estatua de Zac-u-Uayeyab ofrescian una cabeça de un pavo, y empanados de codornices y otras cosas y su bevida.

Otros se sacavan sangre y untavan con ella la piedra del demonio Zac-Acantun y tenianse assi los idolos los dias que avia hasta el año nuevo, y saumavanlos con sus saumerios hasta que llegado el dia postrero llevavan a Yzamna al templo y a Zac-u-Uayeyab a la parte del poniente a echarle por ay para recibirla otro año.

Las miserias que tenian este año si eran negligentes en estos sus servicios eran desmayos y amortecimientos y mal de ojos. Tenianle por ruyn año de pan, y bueno de algodon. Este año en que la letra dominical era Yx, y el Bacab Zacciui reynava, tenian por ruyn año, porque dezian avian de tener en el miserias muchas, ca dezian avian de tener gran falta de agua, y muchos soles, los quales avian de secar los maizales, de que se les seguiria gran hambre, y de la hambre hurtos, de hurtos esclavos, y vender a los que los hiziessen. Desto se les avian de seguir discordias y guerras entre si propios o con otros pueblos. Dezian tambien avia de aver mudança en el mando de los señores o de los sacerdotes, por razon de las guerras y discordias.

Tenian tambien un pronostico de que alguños de los que quisiessen ser señores no prevalescerian. Dezian ternian tambien langosta, y que se despoblarian muchos de sus pueblos de hambre. Lo que el demonio les mandava hazer para remedio destas miserias las quales todas o algunas dellas entendian les vernian, era hazer un idolo que llamavan Cinch-Ahau Yzamna, y ponerle en el templo, donde le hazian muchos saumerios y muchas ofrendas y oraciones, y derramamientos de su sangre, con la qual untavan la piedra de Zac-Acantun demonio. Hazian muchos vailes, y vailavan las viejas como solian, y en esta fiesta hazian de nuevo un oratorio pequeño al demonio, o le renovavan, y en el se juntavan a hazer sacrificios y offrendas al demonio, y a hazer una solemne borachera todos; ca era fiesta general y obligatoria. Avia algunos santones que de su voluntad, y por su devocion hazian otro idolo como el de arriba y le ponian en otros templos, donde se hazian ofrendas y borachera. Estas boracheras y sacrificios tenian por muy gratos a sus idolos, y por remedios para librarse de las miserias del pronostico.

§ XXXVII.—Sacrifices de l’année nouvelle au signe d’Yx. Pronostics sinistres; comment on en conjurait les effets.

L’année dont la lettre dominicale était Yx et le présage Zac-Ciui, l’élection du chef qui célébrait la fête étant terminée, ils fabriquaient l’image du dieu appelé Zac-u-Uayeyab et la portaient aux massifs de pierre où ils avaient laissé l’autre, l’année d’avant. Ils modelaient une statue du dieu Yzamna et la plaçaient dans la maison du chef, après quoi, par une rue ornée, suivant la coutume, ils se rendaient dévotement à l’image de Zac-u-Uayeyab. A leur arrivée, ils l’encensaient comme l’autre fois et y coupaient le cou à une poule; l’image ayant été mise ensuite sur un brancard, appelé Zachia, ils l’emportaient dévotement, l’accompagnant de danses nommées Alcabtan-Kam-Ahau. On leur portait la boisson accoutumée dans le chemin, et, en arrivant à la maison, ils colloquaient l’image devant celle d’Yzamna et lui faisaient leurs oblations, pour les partager ensuite: à la statue de Zac-u-Uayeyab, ils présentaient une tête de dindon, des pâtés de cailles, des boissons diverses, etc.

Comme toujours, il y en avait parmi les spectateurs qui se tiraient du sang, dont ils oignaient la pierre du dieu Zac-Acantun. De cette manière, ils gardaient les idoles durant les jours précédant l’année nouvelle, et les encensaient suivant leurs coutumes jusqu’au dernier: alors ils portaient Yzamna au temple et Zac-u-Uayeyab à l’orient de la ville, l’y laissant jusqu’à l’année suivante.

Les misères auxquelles ils étaient exposés cette année, s’ils venaient à négliger ces diverses cérémonies, étaient des défaillances, des pamoisons et des maux d’yeux. Ils la tenaient pour une année mauvaise quant au pain, mais abondante en coton. C’était celle qu’ils signalaient avec le caractère Yx et où dominait le Bacab Zac-Ciui[163], qui n’annonçait rien de bien bon: suivant leur manière de voir, l’année devait entraîner des calamités de toute espèce, un grand manque d’eau, des jours où le soleil serait d’une ardeur excessive, qui dessécherait les champs de maïs; la conséquence en serait la famine; de la famine naîtraient les vols et des vols l’esclavage pour ceux qui s’en rendraient coupables. Tout cela, naturellement, devait être la source de discordes et de guerres intestines entre les citoyens et entre les villes. Ils ajoutaient qu’en l’année, marquée par ce signe, il arrivait d’ordinaire aussi des changements dans les princes ou les prêtres, par suite des guerres et des discordes.

Un autre pronostic qu’ils avaient également, c’est que quelques-uns de ceux qui recherchaient le commandement, n’arriveraient pas à leurs fins. Cette année était signalée parfois aussi par une irruption de sauterelles, dont la conséquence serait la famine et la dépopulation d’un grand nombre de localités. Pour remédier à ces calamités, qu’ils craignaient du tout ou en partie, ils fabriquaient, à l’instigation du démon, la statue d’une idole nommée Kinch-Ahau-Yzamna; ils la plaçaient dans le temple où ils lui offraient toutes sortes d’encens et d’oblations, se tirant du sang dont ils frottaient la pierre du dieu Zac-Acantun. Ils exécutaient diverses danses, les vieilles dansant comme de coutume: dans cette fête ils faisaient à neuf un petit oratoire au démon; ils s’y réunissaient pour lui offrir des sacrifices et lui faire des présents, et terminaient par une orgie solennelle où tout le monde s’enivrait; car cette fête était générale et obligatoire. Il y avait également quelques fanatiques qui, de leur propre volonté et par dévotion, fabriquaient une autre idole, comme celle dont il est parlé plus haut, qu’ils portaient dans d’autres temples, lui faisant des offrandes et s’enivrant en son honneur. Ils regardaient ces orgies et ces sacrifices comme très-agréables à leurs idoles et comme des préservatifs capables de conjurer les calamités dont ils se croyaient menacés.

§ XXXVIII.—Sacrificios del año nuevo en la letra Cauac. Pronosticos malos y su remedio en el baile del fuego.

El año que la letra dominical era Cauac y el aguero Hozanek, hecha la elecion del principal, para celebrar la fiesta hazian la imagen del demonio llamado Ekuvayeyab, y llevavanla a los montones de piedra de la parte del poniente, donde el año passado la avian echado. Hazian tambien una estatua a un demonio llamado Uacmitun-Ahau, y ponianla en casa del principal en lugar conveniente, y desde alli ivan todos juntos al lugar donde la imagen de Ekuvayeyab estava, y tenian el camino para ello muy adereçado; llegados a ella saumavanla el sacerdote y los señores, como solian y degollavanle la gallina. Esto hecho, tomavan la imagen en un palo que llamavan Yaxek, y ponianle acuestas a la imagen una calabera y un hombre muerto y en cima un paxaro cenicero llamado kuch, en señal de mortandad grande, ca por muy mal año tenian este.

Llevavanla despues desta manera, con su sentimiento y devocion, y bailando algunos vailes, entre los quales vailavan uno como cazcarientas y assi le llamavan ellos Xibalba-Okot, que quiere dezir baile del demonio. Llegavan al camino los escancianos con la bevida de los señores, la qual bevida llevavan al lugar de la estatua Uacmitun-Ahau, y ponianle alli en frente la imagen que traian. Luego començavan sus ofrendas, saumerios y oraciones, y muchos derramavan la sangre de muchas partes de su cuerpo, y con ella untavan la piedra del demonio llamado Ekel-Acantun, y assi passavan estos dias aciagos, los quales passados, llevavan a Uacmitun-Ahau al templo, y a Ekuvayeyab a la parte de medio dia, para recibirla otro año.

Este año en que la letra era Cauac y reynava el Bacab-Hozanek tenian, allende de la pronosticada mortandad, por ruyn, por que dezian les avian los muchos soles de matar los maizales, y comer las muchas hormigas lo que sembrassen y los paxaros, y porque esto no seria en todas partes avria en algunos comida, la qual avrian con gran trabajo. Haziales el demonio para remedio destas miserias hazer quatro demonios llamados Chichac-Chob, Ek-Balam-Chac, Ahcan-Uolcab, Ahbuluc-Balam, y ponerlos en el templo donde los saumavan con sus saumerios, y les ofrecian dos pellas de una leche o resina de un arbol que llaman kik, para quemar y ciertas iguanas y pan y una mitra y un manojo de flores, y una piedra preciosa de las suyas. Demas desto, para la celebracion desta fiesta, hazian en el patio una grande boveda de madera, y henchianla de lena por lo alto y por los lados, dexandole en ellos puertas para poder entrar y salir. Tomavan despues los mas hombres de hecho sendos manojos de unas varillas muy secas y largas atadas, y puesto en lo alto de la leña un cantor, cantava y hazia son con un atambor de los suyos, vailavan los de abaxo todos con mucho concierto y devocion, entrando y saliendo por las puertas de aquella boveda de madera, y assi vailavan hasta la tarde, que dexando alli cada uno su manojo, se ivan a sus casas a descansar y comer.

En anocheciendo volvian y con ellos mucha gente, porque entre ellos esta cerimonia era muy estimada y tomando cada uno su hacho lo encendian y con ellos cada uno por su parte pegavan fuego a la leña, la qual ardia mucho y se quemava presto. Despues de hecho toda braza, la allanavan y tendian muy tendida y juntos los que avian bailado, avia algunos que se ponian a passar descalços y desnudos como ellos andavan por encima de aquella braza de una parte a otra y passavan algunos sin lesion, otros abraçados, y otros medio quemados, y en esto creian estava el remedio de sus miserias y malos agueros, y pensavan era este su servicio muy agradable a sus dioses. Esto hecho se ivan a bever y hazerse cestos, ca assi lo pedia la costumbre de la fiesta, y el calor del fuego.

§ XXXVIII.—Sacrifices de l’année nouvelle au signe de Cauac. Pronostics sinistres, conjurés par la danse du feu.

L’année dont la lettre dominicale était Cauac et le présage Hozanek, après qu’on avait élu le chef de la fête, on fabriquait pour la célébrer l’image du dieu nommé Ek-u-Uayeyab: on la portait aux massifs de pierre du côté du couchant, où on l’avait laissée l’année d’avant. On moulait en même temps la statue d’un dieu appelé Uac-Mitun-Ahau, que l’on plaçait, comme d’ordinaire, dans le lieu le plus convenable de la maison du chef. De là ils se dirigeaient tous ensemble à l’endroit où se trouvait l’image d’Ek-u-Uayeyab, ayant soin préalablement d’orner le chemin: en arrivant, les seigneurs et le prêtre l’encensaient, suivant l’usage, et coupaient le cou à une poule. Cela fini, ils prenaient la statue sur un brancard nommé Yaxek[164], en lui mettant sur les épaules une calebasse avec un homme mort, et par-dessus un oiseau cendré, qu’ils appelaient Kuch[165], en signe de grande mortalité; car cette année était tenue pour fort mauvaise.

Ils l’emportaient ensuite de cette manière, avec une dévotion mêlée de tristesse, en exécutant quelques danses, entre lesquelles il y en avait une qui était comme les crottées[166], qu’ils appelaient Xibalba-Okot, ce qui signifie danse des démons[167]. Dans l’intervalle, les échansons arrivaient avec la boisson des seigneurs, que ceux-ci buvaient au lieu où était la statue de Uac-Mitun-Ahau et mettaient vis-à-vis d’elle l’image dont ils étaient chargés. Aussitôt commençaient les oblations, les encensements et les prières; un grand nombre se tiraient du sang de diverses parties du corps et en oignaient la pierre de l’idole, appelée Ekel-Acantun. Ainsi passaient les jours néfastes, à la suite desquels on portait Uac-Mitun-Ahau au temple et Ek-u-Uayeyab du côté du midi, où on devait le retrouver l’année suivante.

Cette année, signalée par le caractère Cauac et où dominait le Bacab-Hozanek, outre la mortalité dont elle était menacée, était particulièrement regardée comme fatale: on disait que les ardeurs extrêmes du soleil détruiraient les plantations de maïs, sans compter la multiplication des fourmis et des oiseaux qui allaient dévorer le reste des semailles; cependant, ajoutait-on, ces calamités ne devant pas être tout à fait générales, il y aurait quelques endroits où l’on trouverait des subsistances, quoique avec un grand travail. Pour conjurer ces fléaux, ils faisaient, à l’instigation du démon, quatre idoles nommées Chichac-Chob, Ekbalam-Chac, Ahcan-Uolcab et Ahbuluc-Balam[168]: après les avoir colloquées dans le temple, où ils les encensaient, comme de coutume, ils leur présentaient deux pelotes de la résine nommée kik, afin de les brûler, quelques iguanes, du pain et une mitre, avec un bouquet de fleurs et une pierre dont ils faisaient grand cas. En outre, ils élevaient, pour la célébration de cette fête, une grande voûte de bois dans la cour, la remplissant de bois à brûler en haut et sur les côtes, en y laissant toutefois des issues pour pouvoir entrer et sortir. La plupart des hommes prenaient ensuite, chacun en particulier, des faisceaux de longues baguettes fort sèches, et, tandis qu’un musicien, monté au sommet du bûcher, chantait en battant du tambour, tous dansaient avec beaucoup d’ordre et de dévotion, entrant et sortant l’un après l’autre de dessous le bûcher; ils continuaient ainsi à danser jusqu’au soir que, laissant leurs faisceaux, ils rentraient chez eux pour se reposer et manger.

A la nuit tombante, ils retournaient accompagnés de beaucoup de monde; car cette cérémonie était tenue en grande estime parmi eux. Chacun, prenant alors son faisceau, l’allumait et mettait le feu au bûcher, qui prenait aussitôt et brûlait rapidement[169]. Du moment qu’il n’y avait plus qu’un brasier, ils l’étendaient au large, et ceux qui avaient dansé se réunissaient à l’entour: les uns se mettaient à passer pieds nus sur la braise ardente, les autres à courir d’un bord à l’autre, plusieurs réussissant à faire la traverse sans aucun mal, plusieurs se brûlant en partie ou en totalité, s’imaginant ainsi conjurer les fléaux qu’ils redoutaient et détourner l’effet des pronostics sinistres de l’année, dans la persuasion que rien ne pouvait être plus agréable à leurs dieux que cette sorte de sacrifice. Cela fini, ils s’en allaient chez eux pour boire et s’enivrer; car ainsi l’exigeaient à la fois et la coutume de la fête et l’ardeur du feu.

§ XXXIX.—Esplica el autor varias cosas del calendario. Su intento al dar estas noticias.

Con las letras de los indios puestas atras en el capitulo CX, ponian a los dias de sus meses nombres, y de todos juntos los meses hazian un modo de calendario, con el qual se reglan assi para sus fiestas como para sus cuentas y tratos y negocios, como nosotros nos regimos con el nuestro, salvo que no començavan el primero dia de su calendario en el primero dia de su año, sino muy adelante; lo qual hazian por la dificultad con que contavan los dias de los meses todos juntos, como se vera en el proprio kalendario que aqui porne; porque aunque las letras y dias para sus meses son XX, tienen en costumbre de contarlas desde una hasta XIII. Tornan a començar de una despues de las XIII, y assi reparten los dias del año en XXVII trezes y IX dias sin los aciagos.

Con estos retruecanos y embaraçosa cuenta es cosa de ver la liberalidad con que los que saben cuentan y se entienden, y mucho de notar que salga siempre la letra que es dominical en el primero dia de su año, sin errar ni faltar, ni venir a salir otra de las XX alli. Usavan tambien deste modo de contar para sacar destas letras cierto modo de contar que tenian para las edades y otras cosas que aunque son para ellos curiosas, no nos hazen aqui mucho al proposito; y por esso se quedaran con dezir que el caracter o letra de que començava su cuenta de los dias o kalendario, se llama Hun-Ymix y es este Hun-Ymix el qual no tiene dia cierto ni señalado en que caiga. Porque cada uno le muda la propia cuenta y contado esso no falta el salir la letra que viene por dominical el primero del año que se sigue.

El primer dia del año desta gente era siempre a XVI dias de nuestro mes de julio, y primero de su mes de Popp, y no es de maravillar que esta gente, aunque simple que en otras cosas les emos hallado curiosidad en esta la tuviessen tambien, y opinion como la an otras naciones tenido; ca segun la glossa sobre Ezechiel henero es segun los Romanos el principio del año, segun los Hebreos abril, segun los Griegos março y segun los Orientales octubre. Pero aunque ellos comiençan su año en julio, yo no porne aqui su Kalendario sino por la orden del nuestro y junto con el nuestro, de manera que iran señaladas nuestras letras y las suyas, nuestros meses y los suyos, y su cuenta de los trezes sobre dichos, puesta en cuenta de guarismo.

Y porque no aya necessidad de poner en una parte el calendario y en otra las fiestas, porne en cada uno de sus meses sus fiestas, y las observancias y cerimonias, con que las celebravan, y con esto cumplire lo que en algunas partes atras e dicho que hare su calendario, y en el dire de sus ayunos y de las cerimonias con que hazian los idolos de madera y otras cosas, las quales todas y las demas que desta gente e aqui tratado no es mi entento sirvan de mas de materia de alabar a la bondad divina que tal ha sufrido y tal ha tenido por bien de remediar en nuestros tiempos; para que advirtiendolo con entrañas christianas le suplique mas por su conservacion y aprovechamiento en buena christiandad, y los que a cargo lo tienen, lo favorescan y ayuden, porque, por sus peccados desta gente o los nuestros no les falte el ayuda, o ellos no falten en lo començado, y assi buelvan a sus miserias y gomitos de hierros; y les acaescan las cosas peores que las primeras, tornando los demonios a las casas de sus almas, de donde con trabajoso cuidado hemos procurado echarlos, limpiandoselas y barriendolas de sus vicios y malas costumbres passadas. Y esto no es mucho temerlo, viendo la perdicion que tantos años ay en toda la grande y muy christiana Asia, y en la buena y catholica y augustissima Africa, y las miserias y calamidades que el dia de oy passan en nuestra Europa, y en una nacion y casas por lo qual podriamos dezir se nos an cumplido las evangelicas prophecias sobre Iherusalem, de que la cercarian sus enemigos y ensangostarian y apretarian tanto que la derrocassen por tierra. Y esto ya lo avria Dios permittido segun somos, sino que no puede faltar su yglesia ni lo que della dixo: Nisi Dominus reliquisset semen, sicut Sodoma fuissemus.

§ XXXIX.—Explications de l’auteur sur le calendrier yucatèque. Son dessein, en écrivant ces diverses notices.

Avec les caractères de ces Indiens, placés plus bas au chapitre CX[170], ils imposaient aux jours de leurs mois des noms, et de tous les mois réunis ils formaient une sorte de calendrier, à l’aide duquel ils se réglaient tant pour leurs fêtes que pour leurs comptes, contrats et affaires, ainsi que nous le faisons avec le nôtre. Il y avait toutefois cette différence que le premier jour de leur année ne s’accordait pas avec le premier du calendrier, qu’ils laissaient bien en arrière[171]. Elle provenait de la difficulté avec laquelle ils comptaient les jours de leurs mois tous ensemble, comme on le verra dans le calendrier que je joindrai ici: car, encore que les caractères et jours de leurs mois soient au nombre de vingt, ils ont la coutume de ne les compter que de un à treize; ils recommencent ensuite à compter après ces treize, partageant ainsi les jours de l’année en vingt-sept trezaines et neuf jours, sans compter les supplémentaires.

Malgré ces retours périodiques et cette computation embarrassante, c’est une chose merveilleuse de voir avec quelle rapidité ceux qui sont au courant savent compter et s’entendre; ce n’est pas une chose moins notable, que la lettre qui est la dominicale est toujours celle qui sort avec le premier jour de leur année, sans manque ni erreur, et sans qu’il en vienne aucune autre des vingt dont se compose le mois[172]. Ils se servaient aussi de cette manière de compter, pour établir une sorte de computation des cycles et d’autres choses qui, bien qu’intéressantes pour eux, ne le sont pas pour notre sujet: nous nous bornerons donc à dire que la lettre ou le caractère avec laquelle commençait leur computation des jours ou calendrier, s’appelle Hun-Ymix, qui est celui-ci: Hun-Ymix il n’y a du reste aucun jour particulièrement signalé où il doive tomber[173]; car chacun modifie son propre compte, et, avec tout cela, la lettre qui doit être la dominicale ne manque jamais de venir pour la première de l’année à suivre.

Le premier de l’année, chez les Yucatèques, était invariablement le seizième jour de notre mois de juillet, premier de leur mois Popp: il n’y a pas de quoi s’étonner que cette nation, chez qui nous avons trouvé, malgré sa simplicité, des connaissances de diverse nature, ait possédé également celle-là, puisque nous voyons que d’autres peuples l’ont eue; car, selon la glose sur Ezéchiel[174], janvier est, suivant les Romains, le commencement de l’année; suivant les Hébreux, c’est avril; suivant les Grecs, mars, et selon les Orientaux, octobre. Mais, quoique ceux de ce pays commencent leur année en juillet, je ne mettrai toutefois ici leur calendrier que suivant l’ordre du nôtre, auquel je le joindrai, de manière à ce que nos lettres et les leurs soient signalées ensemble, nos mois et les leurs, ainsi que leur compte de treizaines, dans l’ordre de leur progression[175].

Mais, comme il n’y a aucune nécessité de placer en un endroit le calendrier et dans un autre les fêtes, je joindrai celles-ci à chacun de leurs mois, avec les observances et cérémonies qui en accompagnaient la célébration, gardant ainsi la promesse que j’ai faite ailleurs de donner leur calendrier: je dirai avec quels jeûnes et quels rites ils fabriquaient leurs idoles de bois, ainsi que d’autres choses; bien entendu que toutes ces notions, ainsi que celles que j’ai déjà données sur ce pays, n’ont d’autre fin, dans mon esprit, que de rendre grâces à la bonté divine qui les a tolérées et a tenu à bien d’y remédier en notre temps. C’est pour cela qu’y portant notre attention avec des entrailles chrétiennes, nous la supplions pour ces peuples, pour leur conservation et leur avancement dans la bonne doctrine du christianisme, et pour que ceux qui ont la charge de leurs âmes, les favorisent et les aident, afin que, pour leurs propres péchés ou les nôtres, le secours ne vienne pas à leur manquer, ou qu’ils ne tombent pas dans la voie, après avoir commencé à y marcher, et qu’ainsi ils ne retournent point aux misères et aux vomissements de leurs erreurs; que leur condition ne soit pas pire qu’auparavant, par le retour des démons aux maisons de leurs âmes, d’où nous avons travaillé si péniblement à les chasser, les purifiant de leurs vices et de leurs mauvaises coutumes passées. Et ce n’est certes pas trop nous avancer que d’exprimer une telle crainte, quand nous voyons la perdition qu’il y a depuis tant d’années dans la grande et chrétienne Asie, ainsi que dans la bonne, catholique et très-auguste Afrique, les misères et calamités qui aujourd’hui affligent notre Europe, dans une nation et des maisons, dont nous pourrions dire en effet que se sont accomplies à notre égard les prophéties évangéliques sur Jérusalem[176]; que ses ennemis l’environneraient de toutes parts et la presseraient jusqu’à ce qu’elle tombât par terre. Or, tout cela Dieu l’aurait déjà permis, sinon que son Église ne peut manquer, non plus que ce qui est dit d’elle: Nisi Dominus reliquisset semen, sicut Sodoma fuissemus.