[1] G. Mouravit, le Livre, p. 370.
[2] Le Gallois, auteur d'un Traité des plus belles bibliothèques de l'Europe (Paris, Michallet, 1680).
[3] Rien ne réussit mieux en France que ce qui n'est pas français: on l'a dit souvent et depuis longtemps: «Les François ont toujours eu cela de bon (entre autres mauvaises graces) de prester plus voulentiers audience et faveur aux estrangers qu'aux leurs propres». (Bonaventure des Periers, Nouvelles Récréations, Nouv. 88, p. 222. Paris, Delahays, 1858.)
[4] «France must be regarded as the real mother of bibliography… The labours of French bibliographers, especially after Naudé, converted a study, more or less desultory, into a science and a systematic pursuit.» (E. F. Taylor, Encyclop. britannica, art. Bibliography, t. III, p. 651, col. 2.) «La France doit être considérée comme la vraie mère de la bibliographie… Les travaux des bibliographes français, surtout après Naudé, ont converti une étude plus ou moins décousue en une science et un travail systématiques.»—Cf. aussi Constantin, Bibliothéconomie, p. 6.—«Paris is much better provided than London or any other city in the world with great public libraries.» (H. R. Tedder et E. C. Thomas, Encyclop. britannica, art. Libraries [Bibliothèques], t. XIV, p. 525, col. 2.) «Paris est bien mieux pourvu que Londres ou que toute autre ville du monde en grandes bibliothèques publiques.»—Et, de l'aveu des Allemands eux-mêmes, parmi tous les systèmes de classification qu'on possède, le moins imparfait est encore le nôtre, celui de Brunet.
[5] Gabriel Naudé, Advis pour dresser une bibliothèque, p. xv.
[6] Selon les Règles typographiques de la librairie Hachette (pp. 1, 22 et 50), nous écrivons «Chapitre I», comme on écrit «Chapitre II, III, IV,» etc., et non «Chapitre premier», forme employée par la plupart des imprimeurs. Autant que possible, nous suivrons d'ailleurs, dans le cours du présent livre, la marche (c'est-à-dire l'ensemble des règles typographiques) de la librairie Hachette, qui est aussi la marche adoptée par l'imprimerie Lahure. Quantité de ces règles sont non seulement très minutieuses, mais aussi très variables et sujettes à caution et à discussions. Sans parler de la ponctuation, l'emploi des lettres majuscules et des caractères italiques donne lieu notamment à des incertitudes et des tâtonnements continuels. Écrira-t-on: Ministère de l'Intérieur, ou Ministère de l'intérieur, ou ministère de l'Intérieur, ou ministère de l'intérieur? Bibliothèque Nationale, ou Bibliothèque nationale, ou bibliothèque nationale? L'architecture du Moyen Age, ou du moyen âge? De même, à quels mots mettra-t-on des majuscules dans: le Traité des études de Rollin, la Nouvelle Héloïse de Rousseau, les Précieuses ridicules de Molière, De l'esprit des lois de Montesquieu? Les titres des livres, journaux, etc., devant toujours être composés en italique (caractères penchés) lorsque le texte est en romain (caractères droits, analogues à ceux-ci), nous avons le choix entre: Je lis le Temps, Je lis le Temps, et Je lis Le Temps. Cette dernière marche, très justifiable, puisqu'elle reproduit le titre exact du journal, est suivie par de bonnes imprimeries et d'excellentes publications, comme la Revue universelle, que dirige avec tant de compétence et de goût M. Georges Moreau. La seconde marche: Je lis le Temps, conserve l'italique au titre entier, mais met une minuscule à l'article, ce titre se trouvant compris dans le texte, et la majuscule à l'article n'étant de règle qu'au début de la phrase. C'est la marche que nous adoptons, tout en reconnaissant que la précédente est tout aussi défendable et satisfaisante. Quant à la première: Je lis le Temps, elle a encore des partisans; ils considèrent ici l'article, non comme appartenant au titre du journal, mais «comme partie intégrante de la phrase, et il est évident alors qu'il faut l'exprimer comme elle, c'est-à-dire en romain,» selon le conseil de Daupeley-Gouverneur, dans son manuel le Compositeur et le Correcteur typographes, p. 119. Au début d'un ouvrage concernant «le Livre», ces courtes observations typographiques ne paraîtront sans doute pas inopportunes. (Outre les deux sources citées ci-dessus, voir sur ces questions: Auguste Tassis, Guide du correcteur, passim;—Émile Leclerc, Typographie (Manuels Roret), chap. V, pp. 111-198;—E. Desormes, Notions de typographie à l'usage des écoles professionnelles: Lecture des épreuves, pp. 280-321;—etc.)
[7] Osymandias. Cf. Diodore de Sicile, Biblioth. histor., I, 49; et Bossuet, Discours sur l'hist. univers., III, 3. Dans le texte de Diodore, il y a simplement ἰατρεῖον, officine médicinale.
[8] Et combien de livres sont «journaux» en ce point! Mais ici la rapidité et la négligence ne sont pas essentielles à l'œuvre, elles ne proviennent que du fait de l'auteur; tandis que le journal, pressé par l'actualité, aiguillonné par la concurrence, est tenu de se hâter avant tout.
[9] Théophile Gautier, Mademoiselle de Maupin, préface, p. 34. (Paris, Charpentier, 1866.)
[10] «Aimer à lire, c'est faire un échange des heures d'ennui que l'on doit avoir en sa vie contre des heures délicieuses.» (Montesquieu, Pensées diverses, Variétés.—Œuv. compl., t. II, p. 431. Paris, Hachette, 1866. 3 vol. in-18.)
[11] Le mot est de Gilles Ménage. Cf. Octave Uzanne, Du prêt des livres, in Miscellanées bibliogr., t. I. p. 35.
[12] Cf. Bollioud-Mermet, Essai sur la lecture et De la bibliomanie;—Gabriel Peignot, Œuv., passim, et notamment Manuel du biblioph., Discours prélimin.;—Jules Janin, l'Amour des livres (plaq. de 61 pp.) et le Livre;—Jean Darche, Essai sur la lecture;—Mouravit, le Livre;—B.-H. Gausseron, Bouquiniana, notes et notules d'un bibliologue, ouvrage destiné à «tous les amants du livre, curieux des opinions et des impressions de ceux qui l'ont aimé avant eux» (p. 6), où l'auteur a réuni, comme nous allons le faire, un grand nombre de maximes et pensées sur les livres et la lecture. M. Gausseron a glané de préférence parmi les écrivains anglais.—Etc., etc.
[13] «Hæc studia adolescentiam alunt, senectutem oblectant, secundas res ornant, adversis perfugium ac solatium præbent, delectant domi, non impediunt foris, pernoctant nobiscum, peregrinantur, rusticantur.» (Cicéron, Pro Archia, VII.) C'est encore Cicéron qui a dit (Ad Famil. [Varroni], IX, 4): «Si hortum in bibliotheca habes, deerit nihil.» M. Octave Uzanne (Nos amis les livres, p. 268) a délicatement commenté cette sentence: «Seigneur, s'écriait un ancien, accordez-moi une maison pleine de livres, un jardin plein de fleurs!» Il semble que dans cette prière soit contenue toute la quintessence de la sagesse humaine: les fleurs et les livres masquent les tristesses de cette vie, et nous font aller en souriant, l'œil égayé, l'esprit bienheuré, jusqu'au jour de la grande échéance définitive, au vrai quart d'heure de Rabelais.»
[14] Sénèque, Lettres à Lucilius, 82.—Pour abréger, je m'abstiens de citer le texte original, mais en maintenant l'indication de la source, qui permet de s'y référer sans difficulté.
[15] Id., De la tranquillité de l'âme, III. Cf. aussi De la brièveté de la vie, XIV et XV, etc.
[16] Lettres, I, 13.
[17] Pline le Jeune, Lettres, III, 5.
[18] Montaigne, Essais, II, 2; t. II, p. 109. (Paris, Charpentier, 1862.)
[19] Plutarque, Vie de Coriolan. Voir aussi les Œuv. morales, pass.
[20] § XVII.
[21] Histoire ecclésiastique des Francs, préface.
[22] Le mot bibliothèque (de βιβλίον, livre, et θήκη, lieu de dépôt) s'emploie dans quatre acceptions différentes. Il signifie: 1o un édifice ou une salle servant à contenir une collection de livres: la bibliothèque Sainte-Geneviève; cet écrivain vit enfermé dans sa bibliothèque; 2o les tablettes ou le meuble garni de tablettes sur lesquelles les livres sont rangés: une bibliothèque en chêne; 3o une collection de livres: posséder une nombreuse bibliothèque; 4o une série d'ouvrages ayant un caractère commun: la Bibliothèque bleue, la Bibliothèque des voyages. Au lieu de bibliothèque, on disait autrefois librairie: la librairie du roi Charles V. (Littré et Hatzfeld, Dictionn.)
[23] Cf. Lalanne, Curiosités bibliogr., pp. 29 et suiv., 150 et suiv., 186 et pass.; Lecoy de la Marche, les Manuscrits et la Miniature, p. 90; etc.—Lalanne ajoute (p. 32) que, dans beaucoup de couvents, cette règle de la copie des manuscrits «n'était guère mieux observée que les vœux de pauvreté, de chasteté et d'obéissance».
[24] Vers 39.
[25] M. Hippolyte Cocheris en a donné une excellente édition avec traduction. (Paris, Aubry, 1856. In-16.)
[26] Lalanne, loc. cit., p. 186.
[27] Philobiblion, chap. I, pp. 16-17.
[28] Loc. cit., chap. III, p. 28.
[30] Lalanne, loc. cit., pp. 226-227.
[31] Voir Peignot, Manuel du biblioph., t. I, pp. XXXI et suiv.; Lalanne, loc. cit., pp. 191 et suiv.
[32] Poésies pour Hélène, X, Élégie. (Œuv. chois., p. 64. Paris, Garnier, 1841. In-18.)
[33] Montaigne, Essais, III, 3; t. III, pp. 360-367. (Paris, Charpentier, 1862.)
[34] Ibid., pp. 365-366.
[35] Cf. Voltaire, Siècle de Louis XIV, chap. XXVI. (Œuv. compl., t. II, p. 446. Paris, édit. du Siècle, 1867-1870. 8 vol. in-4.)
[36] Gui Patin, Lettres choisies, lettre VIII, p. 27. (Paris, Jean Petit, 1688.) Littérairement, Gui Patin devrait se placer avant l'avènement de Louis XIV. «Gui Patin se croyait sorti du XVIe siècle, et il ne l'était qu'à demi,» dit fort bien Sainte-Beuve. (Caus. du lundi, 3e édit., t. VIII, p. 97.)
[37] Lettre du 14 décembre 1689. (Lettres de Mme de Sévigné, t. VI, p. 58. Paris, Didot, 1867. 6 vol. in-18.)
[38] Lettre du 15 juin 1689.
[39] Lettre du 17 juillet 1689.
[40] Lettre du 23 septembre 1671.
[41] Lettre du 15 janvier 1690.
[42] Lettre du 16 novembre 1689.
[43] Les Aventures de Pyrrhus. (Œuv. compl., t. IX, p. 463. Paris, Garnier, 1876. 20 vol. in-8.)
[44] Liv. II, p. 28. (Paris, Dezobry, s. d.)
[45] Pensées diverses, Portrait. (Œuv. compl., t. II, pp. 419-420. Paris, Hachette, 1866. 3 vol. in-18.)
[46] Montesquieu, Discours sur les motifs qui doivent nous encourager aux sciences. (Œuv. compl., t. II, p. 402.)
[47] Pensées diverses, Portrait. (Œuv. compl., t. II, p. 424.)
[48] Cf. Sainte-Beuve, Caus. du lundi, t. III, p. 411.
[49] Réflexions et Maximes, p. 276. (Paris, Didot, 1858. In-18.)
[50] Lettre de décembre 1744. (Œuv. compl., t. VII, p. 651. Paris, édit. du Siècle, 1867-1870.)
[51] Lettre au cardinal de Bernis, 18 janvier 1764.
[52] Dictionn. philos., art. Livres.
[53] L'Homme aux quarante écus, chap. X.
[54] Dialogue XXIV. (Œuv. chois., t. I, p. 184. Paris, Biblioth. nation., 1866, 3 vol. in-16.) Cf. la réponse de l'oracle à Zénon le Stoïcien sur le meilleur genre de vie et la règle capitale de conduite à adopter: «Converse avec les morts» (avec les livres).
[55] Paul et Virginie, pp. 93-94. (Paris, Didot, 1859, In-18.)
[56] Ap. Lubbock, le Bonheur de vivre, trad., p. 54. (Paris, Alcan, 1891.)
[57] Walter Scott, notice sur Le Sage, ap. Sainte-Beuve, Caus. du lundi, t. dernier (sans numéro), table, p. 28.
[58] Vic. de Wakef., trad. Fournier, chap. XX, p. 144. (Paris, M. Lévy, 1869.) Et, un siècle avant Goldsmith et Gray, Milton disait, «en un latin superbe» (B.-H. Gausseron, loc. cit., p. 46):
Et totum rapiunt me, mea vita, libri.
[59] Cf. Sainte-Beuve, Caus. du lundi, t. VIII, p. 436.
[60] Comme écrivain, P.-L. Courier (1772-1825) appartient bien au XIXe siècle, mais la lettre d'où est extrait cet éloge des livres et de la «relecture» est datée du 10 septembre 1793. Voir P.-L. Courier, Œuv., p. 425. (Paris, Didot, 1865. In-18.)
[61] Pensées, CCXI, t. II, p. 146. (Paris, Didier, 1861. 2 vol. in-8.)
[62] Ibid., CCVIII, t. II, p. 145. Cf. aussi pp. 133, 136 et pass.
[63] Soirées de Saint-Pétersbourg, t. I, p. 11. (Lyon, Pélagaud, 1870, 10e édit.)
[64] Dans le chap. VI, De l'achat des livres, nous examinerons cette question: De la quantité de volumes que doit posséder une bibliothèque particulière.
[65] Courrier de la librairie, mai 1858. Cf. aussi l'Amour des livres, du même écrivain, pp. 35 et 59: «O mes livres! mon juste orgueil! ma fête suprême! Oraison funèbre qui ne saurait périr!» Etc. C'est dans ce petit livre que je trouve (p. 54) l'anecdote suivante: «M. le chancelier Séguier causait avec le roi [Louis XIV] dans sa chambre. On parlait de la vénalité des juges. «Monsieur le chancelier, disait le roi, à quel prix vendriez-vous la justice?—Oh! Sire, à aucun prix!… Pour un beau livre, je ne dis pas!»
[66] De l'éducation qu'on se donne à soi-même, in Revue des Cours littér., t. III, 24 mars 1866, pp. 281-288. Voir aussi d'Éd. Laboulaye une conférence sur les Bibliothèques populaires, loc. cit., 30 décembre 1865, pp. 83-88; et in Revue des Deux Mondes, 1er septembre 1859, pp. 212-224, un très intéressant article sur la Manie des livres, à propos d'un catalogue (le catalogue de la bibliothèque du trop fameux «collectionneur» G. Libri).
[67] Poésies, t. I, préface, p. 7. (Paris, Lemerre, 1890.) Cf. Ponsard, l'Honneur et l'Argent, III, VI:
L'art, ce consolateur des misères humaines!
[68] Remarquons en passant que Sainte-Beuve a soin d'écrire Lettres (dans le sens de connaissances que procure l'étude des livres) avec une majuscule: homme de Lettres, gens de Lettres, la république des Lettres, les Belles-Lettres, etc. (Cf. Caus. du lundi, 3e édit., t. VI, pp. 463 et 474; t. VIII, p. 112; etc., etc.)
[69] Caus. du lundi, t. XV, p. 362.
[70] Tome III, pp. 54-55.
[71] Ils font partie de l'Épître à Horace (1772). (Voltaire, Œuv. compl., t. VI, p. 575. Paris, édit. du Siècle, 1867-1870.)
[72] Page 410. (Paris, Lemerre, 1889.)
[73] Grammaire des arts décoratifs, p. 336. (Paris, Laurens, s. d.)
[74] Cette même sentence se rencontre sous la plume d'un autre historien, critique et polygraphe, M. Jules Claretie, et avec les légitimes restrictions suivantes: «Dis-moi ce que tu lis, et je te dirai qui tu es. L'axiome peut être vrai pour un particulier qui choisit selon ses goûts, pour un amateur qui se compose une bibliothèque comme on composerait un bouquet… mais la vérité n'est plus stricte lorsqu'il s'agit d'un homme de lettres, tenu à tout garder, après avoir tout lu.» (Causerie sur ma bibliothèque, in Annales littéraires des bibliophiles contemporains, 1890, p. 5.) C'est dans la même Causerie (p. 21) que se trouve cette très belle profession de foi, que je me reprocherais de passer sous silence: «J'aime les Lettres, je les aime uniquement, profondément, passionnément, et je les aime par-dessus tout. Je les aime sous toutes leurs formes, avec toutes leurs luttes, toutes leurs rancœurs, tous leurs déboires. Elles consolent même des tristesses qu'elles font naître, comme cette lance d'Achille qui guérissait les blessures qu'elle pouvait faire. «La littérature mène à tout, disait Villemain, à la condition qu'on en sorte.» Quel paradoxe! La littérature peut ne mener à rien, mais elle rendra heureux jusqu'à la fin celui qui l'adore, à la condition qu'il n'en sorte jamais.»
[75] Ou le marquis d'Argenson? Dans ses Mémoires (t. V, p. 255.—Paris, P. Jannet, 1857-1858), il s'attribue la même proposition de la même plaisante devise: Multi vocati, pauci lecti.
[76] Ap. Mouravit, le Livre, pp. 170-172.
[77] L'Art de former une biblioth., pp. 152-153.
[78] Paris, Aug. Aubry, s. d.—Lorenz (Catalogue général, t. VI, p. 309) donne 1870 comme date de publication, et ajoute que ce livre n'a été tiré qu'à 200 exemplaires. C'est ce qui en explique le peu de diffusion et la rareté.
[79] Pages 3-4.
[80] Loc. cit., pp. 403-404.
[81] Ibid., pp. 341-342.
[82] Ibid., p. 362.
[84] Bulletin du bibliophile, 17e sér., p. 323.
[85] Ibid., pp. 356-357.
[86] Parmi les écrivains modernes qui ont le mieux célébré le livre et l'amour de la lecture, il nous faudrait citer encore: Goethe, Entretiens avec Eckermann;—Alexandre Vinet, Études sur la littérature française, etc., et X. Doudan, Mélanges et Lettres, etc. (deux noms peu connus, mais chers à tous les amis des Lettres);—Charles Asselineau, dont l'opuscule le Paradis des Gens de Lettres contient un vrai chant de triomphe du livre;—Ernest Legouvé, l'Art de la lecture et la Lecture en action;—Mgr Landriot, Conférences sur l'étude des Belles-Lettres, etc.;—Antony Méray, les Diverses Façons d'aimer les livres (in Annuaire du bibliophile, 1861, pp. 142-157);—François Fertiault, les Amoureux du livre, sonnets d'un bibliophile; les Légendes du livre (autre recueil de sonnets); Drames et Cancans du livre, anecdotes bibliographiques, dont le meilleur chapitre est intitulé: Comment j'aime mes livres;—Gabriel Hanotaux, la Seine et les Quais, promenades d'un bibliophile;—Albert Collignon, la Vie littéraire, notes et réflexions d'un lecteur;—etc.
[87] Et tant de fois altérée et faussée, car cette admirable page a eu le sort des Provinciales et des Pensées de Pascal, «qu'on tronque toujours quand on le cite», selon la piquante réflexion de M. Ferdinand Brunetière (Histoire et Littérature, t. I, p. 314). Comme exemples de ces inexactitudes et déformations, cf. Fontaine de Resbecq, Voyage litt. sur les quais de la Seine, p. 134;—Rouveyre, Connaissances nécessaires à un biblioph., 3e édit., t. II, pp. 163-164;—etc. Le pieux Jean Darche a fait mieux: il s'est approprié le texte, l'a démarqué et rebaptisé, puis l'a terminé en sermon: «Mais, ô mon Dieu! rien n'est stable en ce monde! et ce sera bien ma faute si… Amen!» (Essai sur la lecture, pp. 374-375.)—Cet article de Silvestre de Sacy a paru dans le Journal des Débats du 25 octobre 1853, et il fait partie des Variétés littéraires, morales et historiques de cet écrivain (Paris, Didier-Perrin, 1884; 2 vol. in-12; 5e édit.: la 1re édit. est de 1858), t. I, pp. 242-255. «L'article mémorable… chef-d'œuvre de M. de Sacy, a été celui du mardi 25 octobre 1853, sur le Catalogue de la bibliothèque de feu J.-J. de Bure.» (Sainte-Beuve, Caus. du lundi, t. XIV, p. 191.)
[88] Cf. le mot du sage Valincour (1653-1730), à qui Boileau a dédié sa satire XI, sur l'Honneur. Ayant perdu sa bibliothèque, détruite par un incendie, Trousset de Valincour répondait à ses amis qui le plaignaient: «Je n'aurais guère profité de mes livres, si je n'avais appris d'eux à m'en passer». (Cf. Charles Nodier, Mélanges tirés d'une petite bibliothèque, Préface, p. III; et Sainte-Beuve, Caus. du Lundi, t. XII, p. 465.)
[89] Chevillier, Origine de l'imprimerie de Paris, p. 60.
[90] Loc. cit., pp. 158-159.
[91] Mouravit, loc. cit., pp. 162-163.
[92] Dans son récit la Nouvelle Ecbatane, in Bagatelles, par le Comité de la Société des Gens de Lettres, p. 302. (Paris, Dentu, 1892.)
[93] Cf. les journaux de février 1896, principalement l'Événement du 19, et l'Éclair du 23 février. Cf. aussi la Revue scientifique du 4 février 1899, pp. 153-154, les Papiers dangereux et leur désinfection. Voici un extrait de ce dernier article: «Le Bulletin mensuel de l'Œuvre des enfants tuberculeux nous apprend que la Caisse d'épargne de Bruxelles vient d'installer un service pour la désinfection des livrets et autres papiers qui affluent dans l'établissement. Tous les documents sont exposés maintenant pendant quelques heures aux vapeurs de l'aldéhyde formique… Mais il est un danger de contamination beaucoup plus grand encore, et dont le public ne semble pas s'émouvoir: c'est celui que présentent les livres des bibliothèques publiques ou des cabinets de lecture. Tel roman populaire, tel bouquin à succès passe par mille ou quinze cents paires de mains, avant d'être absolument trop crasseux ou trop fripé pour être hors d'usage. Dans ce nombre de lecteurs, il y a des convalescents, des malades, des tuberculeux. Or le papier est un excellent véhicule à microbes, et un livre, passant de main en main, peut apporter dans une famille un choix très complet de maladies transmissibles, depuis la rougeole, la scarlatine et la variole, jusqu'au choléra asiatique et la peste, en passant par le typhus, le croup et la diphtérie, la coqueluche, la gale, le charbon, les septicémies, les affections puerpérales et la tuberculose pulmonaire. Il y a là des mesures à prendre d'urgence, et nous nous étonnons que les services compétents n'y aient pas encore songé, d'autant plus que le remède est d'application facile, comme le prouve l'expérience de la Caisse d'épargne de Bruxelles.» Nous reparlerons, dans le chapitre IX, de l'emploi de l'aldéhyde formique (p. 325), et des risques de propagation de la tuberculose par les livres (pp. 371-373).
[94] Larcher, qui travaillait alors à sa traduction d'Hérodote, reçut un jour un ouvrage des plus rares, et précieux pour ses études, que Langlès venait d'acquérir et qu'il s'empressait de lui communiquer. Se retournant vers le porteur du message et lui rendant le livre avec humeur: «Remportez cet ouvrage, dit le docte bibliomane: apprenez que je n'ai pas l'habitude de travailler avec «des livres qui ne sont pas ma propriété». (Mouravit, loc. cit., pp. 125-126.)
[95] Cf. Lalanne, loc. cit., p. 286.
[96] Le Livre, p. 264.
[97] Gustave Brunet, Fantaisies bibliogr., p. 293, donne: Ingratis servare nephas.
[98] Intermédiaire des cherch. et cur., 10 juillet 1879, col 402.
[99] Cf. Gustave Brumet, loc. cit., pp. 271 et 296. De même, M. J. Gomez de la Cortina, dont plusieurs volumes se trouvent à la bibliothèque universitaire de Douai, faisait graver sur le plat de ses livres, au-dessus de ses armoiries: J. Gomez de la Cortina et amicorum, et au-dessous: Fallitur hora legendo. (Cf. Jules Cousin, De l'organisation… des biblioth., p. 160, n. 1.) Et Jacques Denyau, bibliophile angevin: Sum Jacobi Denyau et amicorum, non omnium. (Intermédiaire des cherch. et cur., 10 juillet 1879, col. 390.)
[100] Cf. Peignot, Dictionn. raisonné de bibliol., t. II, p. 361. C'est en l'honneur de Michel Bégon et en souvenir du bon accueil qu'avait reçu de lui le botaniste Plumier que celui-ci donna le nom de bégonia à un genre de plantes d'Amérique.
[101] Intermédiaire des cherch. et cur., 10 juillet 1879, col. 401.
[102] Cf. Gustave Brunet, Dictionn. de bibliol., col. 519.